FRANCE 2 – CANDICE RENOIR Saison 10
À partir du vendredi 20 mai à 21h10

CANDICE RENOIR

Après le succès de la précédente saison qui avait réuni en moyenne 5,6 millions de téléspectateurs (25,6 % de parts de marché), Candice Renoir revient pour une saison 10 inédite où se mêleront émotion et humour et ou les téléspectateurs découvriront une Candice plus intime.
Nous retrouverons par la suite « Candice Renoir » dans un format réinventé avec des épisodes spéciaux.
Si l’épisode de la dernière saison se terminait sur un coup de feu, les scénaristes s’étaient bien gardés de relever l’identité de la victime qui n’était autre que… Candice !
Nous retrouverons donc la policière plongée dans le coma. Se réveillant comme par magie, elle prendra peu à peu conscience que la vie ne tient qu’à un fil et décidera de savourer chaque instant de son existence. Pas question de perdre du temps, ni au travail ni en amour.
A noter : le tournage d’un épisode spécial débutera le 11 mai en Corse.
Un cadavre dans le coffre, une famille vengeresse, un harpon dans les fesses, les vacances qu’Antoine et de Candice se sont enfin décidées à prendre ensemble, deviennent une dangereuse catastrophe où tous les déguisements sont permis.
Avec : Cécile Bois (Candice Renoir), Raphaël Lenglet (Antoine Dumas), Ali Marhyer (Mehdi Badou), Yeelem Jappain (Valentine Atger, Olivier Cabassut (Armand Marquez), Marie Vincent (Nathalie Delpech), Clara Antoons (Emma Renoir), Christophe Ntakabanyura (Ismaël Ndongo), Quentin Michaël (Sacha)
Réalisation : Pascal Lahmani (Ep 1 & 2) – Raphaël Lenglet (Ep 3 & 4)

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Épisode 1 : Un seul être vous manque et tout est dépeuplé 
Auteurs : Pascal Lahmani, Ludovic Ory et Fabienne Facco
C’était en fait Candice la destinataire mystérieuse d’un des coups de feu de la fin de saison précédente. En blouse médicale rose, elle s’observe avec perplexité, dans un bloc opératoire, mal coiffée, mal fichue  et opérée en urgence. Elle encourage les intervenants, mais… ils ne l’entendent pas. Une « sortie de corps » curieusement propice à une résolution d’enquête et une urgence de vivre propice à tout !
Episode 2 : Le mal porte le repentir en croupe 
Auteurs : Marie-Alice Gadéa et Fabienne Facco
Candice, sortie de l’hôpital, est en convalescence. Elle surjoue les malades pour se faire servir comme une princesse par ses enfants qui sont aux petits soins. Son prince charmant et son métier lui manquent mais Candice et Antoine ont plus d’un tour dans leurs besaces respectives pour contourner la loi qu’ils incarnent.
Tandis qu’Antoine assiste à la reconstitution du meurtre d’un assistant familial, découvert huit mois plus tôt dans son potager, le crâne fracassé et le visage en bouillie, Candice suit l’affaire en douce et par Ipad interposé avec une certaine maladresse, mais elle comprend vite que le coupable n’est pas forcément celui qui a avoué. L’occasion pour elle de s’infiltrer de façon cocasse dans l’hôtel de police dont elle est interdite de séjour, tant qu’elle est en arrêt maladie.

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Episode 3 :
 On n’est jamais mieux trahi que par les siens 
Auteur : Marie-Alice Gadéa, Fabienne Facco et Lionel Moreau
Le corps de Mélanie Meyrieux, la quarantaine, est découvert gisant en contrebas d’une carrière, et ce n’est clairement pas un accident. Un rapport avec l’entreprise de déménagement et de stockage qu’elle gérait avec son mari et son beau-frère, et qui cache peut-être des activités illicites ? Ou une dérive dans le milieu scolaire ? L’enquête va révéler une Mélanie, prototypique du parent intrusif, omniprésent et insupportable.
La sagacité de notre héroïne est mise à rude épreuve, mais un cours de conduite peut s’avérer dans le regard de Candice plus efficace qu’un ADN.
Episode 4 : Tout ce qui brille n’est pas d’or 
Auteurs : Fabienne Facco et Pascal Perbet
Zoé Sénéchal, 15 ans, vient encore de fuguer et cette fois cela fait plus d’une semaine qu’elle est partie… Prostitution adolescente, vrais et faux proxénètes, sirènes de la téléréalité, que de dangers pour ceux que tout ce qui brille impressionne, et donc que d’urgence pour Candice ! Elle qui doit aussi négocier un énorme malentendu avec Antoine, et une cérémonie de remise de médaille alors qu’elle fuit les honneurs plus que tout. Un réjouissant moment « catastrophe » en perspective.

CANDICE RENOIR



« C’est magnifique ! » un petit miracle de film
signé Clovis CORNILLAC

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Il était une fois…
Le nouveau film de Clovis Cornillac, scénariste, réalisateur et comédien, pourrait débuter comme un conte de fée.
Pierre (Clovis Cornillac) à 40 ans, ne vit que pour ses hibiscus, ses abeilles et son miel. Garçon solitaire, sinon autiste, du moins naïf, candide, intelligent Il vit avec ses parents, il n’est jamais sorti de son paradis, n’a jamais connu que cette vie heureuse. Jusqu’au jour où ses parents sont écrasés par un arbre. En dehors de sa peine, il apprend qu’il a été adopté.
Il va partir à la recherche de ses origines, n’ayant aucun nom, aucun papier découvrant Lyon une ville qui est loin de son paradis.
Heureusement, il va rencontrer Anna (Alice Paul) fille paumée, ex alcoolique sortant d’une cure de désintoxication qui l’a privée de sa fille, qui recherche désespérément à trouver du boulot, un toit pour pouvoir récupérer sa fille.
Clovis, gentil et innocent lui propose de venir habiter avec lui sans arrière pensée (Il n’a jamais connu de fille) et elle lui propose de partir avec lui sur les traces de ses vrais parents.
Le chemin est bourré d’espoir, de déceptions et à chacune d’elle, Pierre se décolore… Jusqu’au jour où…

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Clovis Cornillac signe là un film inattendu, original, entre conte pour enfants sans l’être vraiment et une espèce de road movie plein d’humour, d’amour, de tendresse auquel on se laisse prendre, charmer, dans des paysages merveilleusement filmés du vieux Lyon et d’un jardin qu’aurait aimé Charles Trenet. Mais  c’est un autre chanteur qui chante le générique du film au titre éponyme, « C’est magnifique » : Dario Moreno !
C’est un peu aussi une histoire de famille puisque Clovis s’est entouré de sa femme, Lilou Fogli qui joue et cosigne le scénario, sa mère Myriam Boyer et son père Roger Cornillac qu’il emploie pour la première fois et Alice Paul que l’on retrouve souvent dans ses films.
En fait c’est une belle fable, loin des polars, des films d’action dans laquelle nous entraîne Clovis, avec ce personnage attachant, que l’on retrouve avec plaisir pour parler de cet OVNI. Film dont il nous avait parlé lors de notre dernière rencontre aux Six N’Etoile de Six-Fours dont une salle qui porte son nom , où il était venu présenter « Si on chantait ».
Mais pris par la promo (Toulon – Draguignan – Nice le même jour !), Six-Fours n’a pu être au programme.

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« Clovis, ce joli film est un peu une histoire de famille !
Et ça n’était pas prémédité ! Ce n’est pas parce que mes parents sont comédiens que je les fais jouer. C’est d’ailleurs la première fois. Quant à Lilou, elle est comédienne et liée au projet car nous écrivons ensemble les scénarios… Enfin, je parle et elle écrit ! J’ai trop de respect pour les spectateurs pour imposer ma famille dans mes films. Ça s’est fait petit à petit et j’ai pensé à eux parce que c’était un rôle pour eux et que c’était absurde de ne pas les engager parce que ce sont mes parents. Même moi au départ je n’imaginais pas jouer car je n’écris pas pour moi. J’avais pensé à Stromaé qui, trop pris par son retour, a décliné l’offre, puis à Vincent Lacoste mais il voulait sortir des rôles d’ados qu’on lui a trop fait jouer. Chacun ayant refusé le producteur m’a dit : « Pourquoi pas toi ? ». J’ai réfléchi au fait que, si l’on m’avait proposé ce rôle, aurais-je eu envie de le faire ? Et j’ai dit oui. Quant à Alice, c’est une comédienne qui a un talent fou, qui est lumineuse et j’ai pensé que ce rôle de fille cabossée Tu filmes un Lyon presque irréel et surtout intemporel…
C’est ma ville, je l’aime et je voulais justement qu’elle ne soit pas datée et surtout que Pierre, qui n’est jamais sorti de sa campagne, la découvre avec bienveillance, malgré la violence qu’il peut y rencontrer et tout ce qu’il ne connait pas de la vie et de son modernisme. Je voulais donc la filmer au mieux, avec une certaine intemporalité.

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Avec ce film qui as-tu voulu toucher… Les enfants ? Les adultes ?
Ça m’est difficile de définir ce film car c’est avant tout un film sur la bienveillance dont nous avons beaucoup besoin en ce moment. C’est aussi un film plein de fantaisie avec quelque chose de fantastique. Il pourrait faire références à des films comme « Amélie Poulain », « Zelig », les films de Jacques Tati ou « Tim Burton »… Comment appeler ce genre de films ? Et pour qui ont-ils été écrits ?
C’est en fait un conte philosophique qui génère beaucoup de choses avec l’envie de réunir des gens dans une salle. C’est un film pour les grands qui retrouvent leur enfance… et leurs enfants, même si ce n’est pas vraiment un film spécialement pour les enfants, mais qu’on peut voir en famille. Et ça parle de beaucoup de choses. C’est un film inter-générations, un film de partage, qui ressemble à tous pour diverses raisons.
Lesquelles ?
Aujourd’hui on ricane de tout, on se méfie de tous et ça diffuse sur la façon d’agir. Il y a de moins en moins de bienveillance, de confiance, de plus en plus de cynisme, même chez les gens intelligents, de moins en moins d’humour et de gentillesse, le mot « gentil » devenant péjoratif, de plus en plus d’égoïsme. Ce film est une autre manière de regarder la vie et de ce qu’elle pourrait être, d’envoyer des signaux positifs. Il faut qu’on retrouve une humanité qu’on perd peu à peu, sinon on disparaîtra.
Ce n’est pas pour rien que j’ai intitulé « C’est magnifique », la seule chanson que Pierre écoute à longueur de journée sur un électrophone.
Justement, la chanson générique « C’est magnifique » est chantée par Dario Moreno. Pourquoi ne pas avoir choisi la version de Luis Mariano ?
Dario Moreno n’est pas un chanteur de notre époque. Je l’ai découvert dans un film de John Berry (qui fut le compagnon de Myriam Boyer ndlr) « Oh que mambo » Il y jouait auprès de Magali Noël, Alberto Sordi, Poiret et Serrault). Je ne le connaissais pas du tout et j’ai été saisi par son talent, sa façon de se mouvoir, son élégance… J’ai donc découvert « C’est magnifique » qu’il chante dans le film, avec beaucoup de fantaisie et de swing, j’ai même acheté le vinyle. Puis j’ai découvert la version de Luis Mariano que j’ai trouvé plus « Cole Porter », plus précieuse.  J’ai préféré la version un peu décalée de Dario Moreno.

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Vous travaillez donc en équipe avec Lilou Fogli et Tristan Schulmann. Comment cela se passe-t-il ?
Je leur soumets une idée qu’ils aiment ou pas et puis je leur parle beaucoup, je leur dessine l’histoire et eux écrivent. Moi je n’écris pas, je leur soumets mes idées et peu à peu le scénario se construit. C’est un vrai travail d’équipe.
Difficile d’être à trois postes différents ?
Pour moi non car c’est une passion et je ne compte pas mes heures, ma fatigue, je suis totalement dans une bulle je n’ai aucune pression. Je l’ai déjà fait plusieurs fois. Et je ne le fais pas pour me vanter de le faire, j’aime vraiment ça et de plus, je suis entouré de comédiens, de techniciens qui me suivent, me font confiance, croient en moi.
Passer sur un plateau de comédien à réalisateur ça ne te rends pas schizophrène ?
Non car d’abord je suis bien entouré, je connais mes équipes, je travaille elles eux, je sais le film que je veux faire et eux aussi. Du coup on gagne du temps. C’est une belle aventure humaine, c’est hyper gratifiant. Je connais les deux côtés de la caméra, je sais « lire » les comédiens et je vois très vite si quelque chose ne va pas. C’est l’intérêt d’être comédien. Je les ressens, je les regarde, je les aime. Pareil pour les techniciens.
Es-tu ouvert à d’éventuelles propositions de leur part ?
Toujours et même s’ils ont une idée, on la tourne afin qu’ils s’en débarrassent et après on vérifie cette idée. Comme je ne suis pas un génie, je bosse deux fois plus. Mais je sais tellement ce que je veux faire que je me trompe rarement et que souvent ils en conviennent !
Je suppose que déjà, il y un film en préparation ?
Mieux : mon prochain film sortira le 9 novembre !
Je ne veux pas en dire beaucoup mais ce sera un film historique qui se passe dans les années 1930. Il s’intitule « La couleur de l’incendie et c’est tiré d’un roman de Pierre Lemaître ».

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Ajoutons qu’il offre un magnifique rôle à sa mère, Myriam Boyer, qui est lumineuse et belle et qu’il s’offre et nousoffre un personnage attachant plein de poésie, que vous pourrez découvrir le 1er juin sur les écrans.

Propos recueillis par Jacques Brachet


Un « Ténor » magnifique !

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Raphaël Benoliel co-scénariste et producteur, MB14, Michèle Laroque, Claude Zidi Jr

Je vais vous faire un aveu : il y a très, très, très longtemps que je n’avais pas pleuré au cinéma !
Et ce sont trois artistes qui en sont la cause, le réalisateur Claude Zidi Junior, la comédienne Michèle Laroque et la révélation de « The Voice » de la saison 5 : MB14.
Tous trois réunis sur le film « Ténor » que Claude Jr a écrit et réalisé et ses deux interprètes.
Antoine vit dans une cité parisienne, essayant tant bien que mal de suivre des études comptables sans conviction, alors que le rap est sa passion. Pour payer ses études,aidé de son frère ainé, il travaille chez un traiteur de sushis.
Un jour qu’il doit les livrer à l’Opéra Garnier, il découvre les fastes de ce splendide lieu et surtout, il surprend un cours de chant qui le renverse. Après une algarade avec un élève, il veut montrer qu’il a  de la voix, sous le regard étonné de Mme Loyseau, la professeure du cours, qui lui propose aussitôt d’entrer dans son cours.
Ce sera pour lui le départ d’une aventure où vont se disputer la musique classique et le rap, la cité et l’opéra, les cours de chant et les « battles » de rap. Et surtout la peur d’avouer cette nouvelle passion à son frère, ses copains qui ne comprendraient pas sa nouvelle orientation.
Bien évidemment, il faudra qu’un jour la vérité éclate.
On suit donc le chemin de ce jeune pris en étau mais qui va développer une passion dévorante pour ce nouveau mode d’expression musicale.
Claude Zidi Junior réalise là son premier film en solo et c’est une réussite totale à tous niveaux : le sujet est original, plein d’émotion, de tendresse, sans une once de pathos, où la musique est omniprésente et les personnages attachants : Michèle Laroque, l’une de nos plus grandes comédiennes françaises et d’une justesse, d’une retenue face à l’adversité car on apprend qu’il lui reste peu de temps à vivre, minée par un cancer mais qui, contre l’adversité, reste immuablement belle et sereine grâce à sa passion et cette envie de sortir ce jeune garçon de l’ombre. Elle a rarement été aussi émouvante. MB14 qu’on redécouvre après « The voice » beau, charismatique et avec une voix exceptionnelle, dont le talent de comédien est très prometteur. Il crève l’écran

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Claude Zidi Junior filme le magnifique Palais Garnier comme on ne l’a jamais fait, avec somptuosité et a su mêler deux mondes, celui du rap et celui de l’Opéra, avec une harmonie incroyable.
Cette première scène du film où le frère d’Antoine, boxeur, combat sur fond de musique classique, est un ballet à magnifique. Le duo d’Antoine avec Roberto Alagna sur la scène du Palais Garnier vous laisse les frissons et que dire de la scène finale où Antoine concourt pour entrer dans ce temple de la musique avec, en voix off, la lettre que lui a laissé Mme Loyseau… Et c’est là que toute la salle se met à pleurer !
Il y a fort longtemps que le cinéma français ne nous avait offert un moment aussi fort.
Et l’on est heureux de retrouver nos trois artiste au Pathé la Valette, à peine remis que l’on était et essuyant nos dernières larmes !
D’autant plus heureux que j’avais tourné tourné avec Claude Zidi sénior, que je suis ami avec sa mère, la productrice Marie-Dominique Zidi-Girodet avec qui, entre autre, nous avions passé une folle soirée lors de la sortie de « Pédale douce » qu’elle produisait, avec Patrick Timsit et… Michèle Laroque, que je croise depuis longtemps, dont à Six-Fours où elle était venue tourner « Enfin veuve ».
Quant à MB14, je l’avais suivi et remarqué dans ses pérégrinations de « The voice » où il était arrivé en finale.
A noter aussi que j’ai connu Julien Zidi, frère de Claude Jr qui réalisait la série « Section de recherches » avec mon ami Xavier Deluc, Julien hélas décédé voici quelques mois.
Nous étions donc en pays de connaissances.

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« Claude, comment est venue cette idée de scénario ?
Il y a très longtemps, une dizaine d’années déjà,  que j’avais en tête de réaliser un film autour de la musique, avec un contraste entre deux styles. Comme j’aime toutes les musiques, mon idée s’est arrêtée sur le rap et l’opéra. Ça a été assez long à faire admettre à un producteur que ce pouvait être une bonne idée, sans compter qu’il fallait trouver un jeune artiste qui sache jouer mais aussi chanter à la fois du rap et de l’opéra.
Et alors ?
C’est mon producteur, Raphaël Benoliel, qui a eu l’idée de me faire découvrir l’émission « The voice ». On a écouté nombre de jeunes chanteurs et lorsqu’on est tombé sur MB14, on s’est très vite dit que c’était lui. Encore fallait-il qu’il sache jouer car il était inconnu et devait tenir le rôle principal ! Mais ça a très vite été une évidence.
Et le choix de Michèle Laroque ?
Il nous fallait une comédienne qui ait à la fois cette fantaisie mais aussi cette gravité que comporte le rôle. Etant professeur de musique classique, il fallait aussi de l’élégance, un grain de folie, un certain recul puisqu’elle est malade. Michèle est une actrice populaire mais on ne jamais vue dans un rôle aussi grave. Sans compter que leur rencontre a aussitôt fait mouche.
MB14, d’abord pourquoi de pseudo ?
Les initiales sont celles de mon nom : Mohamed Belkhir. J’ai ajouté le 14 car c’est un chiffre qui m’a toujours porté bonheur. Dans ma vie, il m’est arrivé beaucoup de belles choses un 14.
Comment passe-t-on de chanteur à comédien-chanteur ?
En dehors du fait que mon père désirait que je devienne avocat, je voulais devenir footballeur… Jusqu’à ce que, très jeune, je me rende compte que j’étais nul ! J’étais très attiré par la musique, les mots et j’ai même fait quelques mois de conservatoire. Puis je me suis lancé dans le rap mais j’ai toujours écouté et aimé toutes les musiques. Et j’ai toujours eu envie d’être comédien.
« The voice a été une grande chance pour moi puisque ça m’a permis d’être connu en tant que chanteur. J’ai pu faire des galas et un disque.

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Et le cinéma ?
Ça m’est tombé dessus puisque le producteur de Claude m’a un jour appelé pour me demander si ça m’intéresserait. J’ai dit oui mais… j’ai attendu six ans qu’il me rappelle. Je pensais que le film ne se ferait pas où qu’on avait choisi quelqu’un d’autre. Lorsque l’on m’a rappelé, j’étais fou de joie.
Michèle, comment avez-vous appréhendé ce rôle qui sort un peu de ce qu’on connait de vous ?
C’est ce qui m’a tout de suite plu. Mme Loyseau est une femme passionnée de musique, elle a été une grande cantatrice et elle est tout aussi passionnée de transmettre ses connaissances. Elle est fantasque, aime les jeunes hommes, le bon vin. Elle aime la vie mais elle apprend qu’elle a in cancer et décide de vivre sa vie jusqu’au bout. Et ce jeune garçon qui arrive par hasard dans sa vie, elle décide que ce sera son dernier élève, sa dernière réussite.
Pour elle, la transmission est importante et j’ai été à bonne école car, lorsque je débutais, j’ai tourné « Le mari de la coiffeuse » avec Jean Rochefort qui a été aux petits soins pour moi, qui, à chaque prise, venait s’asseoir auprès de moi pour me donner des conseils. Je lui en suis toujours été reconnaissante et aujourd’hui je le fais à mon tour avec mes master-class. Ce que je retrouve d’ailleurs dans ce film. Et ce que j’ai aussi fait avec MB14 dont c’était le premier rôle et un rôle redoutable car il est l’acteur principal du film, doit jouer et sortir du rap pour attaquer les grands airs d’opéra.
MB14, quelle a été la plus grande difficulté ?
Le premier jour de tournage où je me suis retrouvé sur la scène du Palais Garnier avec Michèle et… Roberto Alagna, l’un des plus grands ténors du monde ! C’était très impressionnant. Mais il a été tellement simple et gentil que très vite il m’a mis à l’aise. Après ça, je pouvais y aller sans crainte… ou presque, car il y avait quand même un peu de stress de savoir que le film se jouait en partie sur moi.

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Claude, tourner dans un lieu aussi prestigieux doit être émouvant ?
Très… D’autant que nous l’avons eu rien qu’à nous durant une semaine. Et nous en avons profité au maximum. Jai pu le filmer comme je le voulais !
– Et j’ai eu la chance – dit Michèle en riant – d’avoir la loge de l’impératrice !
Est-ce facile d’ avoir l’acceptation de Roberto Alagna ?
Il nous fallait un ténor et j’ai tout de suite pensé à lui tout en sachant que ça risquait d’être difficile car ce n’est pas n’importe qui, il joue dans le monde entier. Et tout s’est fait dans la plus grande simplicité. Il a très vite dit oui, il est venu tourner, l’alchimie s’est faite tout de suite, il était très accessible et a joué le jeu, d’autant plus facilement qu’il jouait son propre rôle.
Claude, comment s’est fait l’enregistrement de la musique ?
Tout s’est fait en « live » sauf la dernière scène que MB14 a enregistrée.
Même vous Michèle ? C’est vous qui chantez ?
(Elle rit). Tout s’est fait en « live » comme le dit Claude. Je n’en dirai donc pas plus ! »

Que vous dire d’autre que nous avons vécu une journée de charme et d’émotion grâce à ce film qui est un petit chef d’œuvre et à nos trois complices adorables, passionnés, heureux et émus de l’accueil de leur film qui sortira le 4 mai sur les écrans.

Jacques Brachet
Photocrations.fr




« Hôtel du Temps » : Lundi 2 mai 21h10 sur France 3

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Première invitée : Dalida

Dans la lignée de ses émissions cultes qui ont marqué notre télévision et notre mémoire collective, Thierry Ardisson fait son retour à la télévision avec un nouveau concept d’émission pour France 3 totalement inédit : « Hôtel du Temps », coproduit par Ardimages et 3ème Oeil Productions.
« Hôtel du Temps » est un biopic, d’un genre nouveau, qui utilise l’intelligence artificielle pour recréer des légendes disparues et leur faire raconter leur vie.
Le temps d’une soirée, Thierry Ardisson va ainsi faire revivre des stars de la culture et du spectacle. Il invite les téléspectateurs à redécouvrir ces personnalités cultes sous leur apparence la plus iconique à l’occasion d’interviews, de duplex avec d’autres légendes, ainsi que d’archives professionnelles, familiales ou historiques.
Grâce aux procédés Face Retriever et Voice Cloning, deux réelles avancées technologiques made in France, et à un travail documentaire exigeant qui a permis de collecter exclusivement des propos avérés, Thierry Ardisson offre un véritable voyage dans le temps, au gré des étages et des époques, à la rencontre de nos grandes stars disparues.

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 Thierry Ardisson : No Culture, no Future.
La télévision publique peut être un puissant vecteur de savoir : l’École du Peuple. Encore faut-il que ses programmes culturels soient suffisamment divertissants pour être accessibles au plus grand nombre. Avec « Hôtel du Temps », j’utilise l’intelligence artificielle pour « spectaculariser » la Culture et rendre le Savoir captivant.
Interviewer des légendes disparues, voilà l’idée. Il faut dire que j’avais interviewé tout le monde. Il me restait l’autre monde. » 
Premier « Hôtel du Temps » : Dalida
A l’occasion des 35 ans de sa disparition, nous partons à la rencontre de Dalida, toujours présente dans le cœur et la mémoire des Français.

« Pourquoi avoir choisi Dalida pour ma première visite à l’Hôtel du Temps ?
Tout simplement parce qu’elle est une étoile qui brille encore, 35 ans après son arrivée ici… Je veux qu’on écoute ensemble ses chansons et qu’elle nous raconte son incroyable destin : la gamine du quartier populaire du Caire, la guerre, et la prison qui tue son père, la reine de beauté des bords du Nil, l’atterrissage au Bourget, un soir de Noël, les ritournelles italiennes, le twist, les grands textes, le raï, la disco, le triomphe et la gloire sur les cinq continents, avant la descente aux enfers des amours mortes… Dalida, icône tragique. »
« Hôtel du Temps » : un hommage aux légendes et une approche éthique
La loi n’oblige pas à avoir l’accord des héritiers pour réaliser un Hôtel du Temps sur une légende disparue. Il n’y a pas de droit à l’image pour les personnes qui nous ont quittées. Mais, par respect, les héritiers sont informés et valident la modélisation numérique du visage. Ils ont accès au scénario et visionnent l’émission finalisée avant sa diffusion.
Ainsi que cela est clairement indiqué au début d’Hôtel du Temps, tous les propos tenus par la légende interviewée sont absolument authentiques. Elle ne se prononce évidemment jamais sur ce qui s’est passé après sa mort. Ce n’est pas une fiction, c’est un documentaire.
L’ambition d’«Hôtel du Temps n’est autre que de créer un véritable « mausolée numérique » pour rendre hommage aux légendes disparues.

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Prochain invité : Jean Gabin

Photos Francis Roelants



Solliès-Pont : Festival du château : 2Oème !

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En dehors d’une année sabbatique due au Covid les festival du Château de Solliès-Pont se succèdent depuis maintenant 20 ans, nous ayant offert les plus grands noms de la chanson française, de Véronique Sanson en passant par Patrick Bruel, Zazie, Christophe Maë, Pascal Obispo, Patrick Fiori, Vianney, Mat Pokora, Francis Cabrel, Julien Doré… et bien d’autres.
C’est donc pour ce dix-neuvième festival que nous nous retrouvons, toujours avec le même plaisir, dans ce lieu magnifique avec un superbe soleil et la première chaleur annonçant l’été qui augure bien de cette édition qui aura lieu du 27 au 31 juillet.
Avec plaisir encore que nous retrouvons les trois mousquetaires qui ont fait de ce festival l’un des plus renommés de notre région : le maire de Solliès-Pont, André Garron, son adjointe à la Culture Marie-Aurore Gotta-Smadja et le magicien de ces nuits sous les étoiles avec pour décor le château: Rabah Houia.
L’on sentait la joie du maire de retrouver une manifestation « normale », sans masque, sans contrainte et sans appréhension et l’on découvrait donc cette nouvelle programmation.

 « Programmation – nous disait Rabah – qui défend la chanson française, que nous voulons la plus éclectique possible afin qu’elle s’adresse à tous les publics car la Culture s’adresse à tous, et elle est le pilier de la démocratie. Ce festival doit être une grande fête pour tous et les artistes aujourd’hui y viennent et pour certains, y reviennent avec plaisir ».
C’est le cas de Bernard Lavilliers, qui fut l’un des premiers à venir et qui, après un long séjour en Argentine, nous revient avec un nouveau disque et un nouveau spectacle. Il ouvrira le festival le 27 juillet.
Vous savez qu’en dehors des têtes d’affiches, le festival pour objectif de donner la chance à des jeunes artistes prometteurs. La sélection est en train de se faire, nous précise Rabah, mais déjà, sera programmée en première partie  de Lavilliers, Barbara Pravi, qui a  hissé la France à la deuxième place à l’Eurovision l’an dernier, qui vient de nous offrir son premier CD qui cartonne.
Un autre revenant qui, depuis 15 ans, cartonne à chacun de ses disques : Christophe Maë. Il a ce don, ce talent de se renouveler à chacun d’eux et de nous offrir à chaque fois des spectacles originaux et hauts en couleur.  Il sera donc au château le 28 juillet.

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Suivra celui qui s’est imposé tout seul après son succès avec le groupe Section d’Assauts : Gims qui, même s’il a laissé en route le titre de maître, le reste toujours et fait partout carton plein. L’auteur du générique de la série TV « Ici tout commence » « Jusqu’ici tout va bien », va électriser le château le 29 juillet.
Le 30 juillet
, c’est la benjamine de ce programme qui se produira : Oshi, qui signifie lumière au Japon, pays qu’elle adore et où hélas, elle peut aller, la maladie de Ménière l’empêchant de prendre l’avion.
Elle est en train de faire une montée spectaculaire dans le milieu de la chanson où elle nous entraîne dans son monde de poésie.
Enfin, les festival se terminera sur un feu d’artifice de rires et d’humour avec la venue de Gad Elmaleh le dimanche 31 juillet.
« On nous a reproché – nous confie Rabah – que le festival manquait d’humour. Nous avons donc remédié à ce problème ».
Et quelle meilleure manière de clore ce festival en invitant l’un des plus talentueux comédiens et humoristes.
Un vingtième anniversaire qui va se fêter joyeusement durant cette dernière semaine de Juillet.

Jacques Brachet
Festival du château : 04 94 28 92 35

Notes de lectures

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Frédéric BEIGBEDER : Un barrage contre l’Atlantique (Ed Grasset-267 pages)
Frédéric Beigbeder a fréquenté toute sa vie la jet set, il a aujourd’hui cinquante-trois ans, une grande fille d’un premier mariage et deux très jeunes enfants, et s’est installé au Cap Ferret pendant l’épidémie de covid. Parfait pour se mettre à sa table de travail, raconter sa vie, faire une sorte de bilan qu’il livre au lecteur, cœur à nu et construire enfin quelque chose de solide. Il peut prendre exemple sur son ami Benoît Bartherotte qui depuis des années lutte contre l’érosion des dunes en empilant des tonnes et des tonnes de gravats, ou Marguerite Duras qui avait écrit « Un barrage contre le Pacifique ». A chacun sa manière de se protéger, pour l’auteur désormais une vie apaisée, loin des mondanités parisiennes.
Et dans une prose élégante, aérée car les espaces entre les lignes permettent la respiration, Frédéric Beigbeder raconte simplement « J’ai débuté comme chroniqueur de gauche publié par un éditeur de droite…. Je finis feuilletoniste de droite s’exprimant sur une radio de gauche. » Ce livre dit beaucoup sur l’influence du divorce de ses parents, sur l’éducation dans des écoles religieuses très cotées, sur la liberté sexuelle des années soixante-dix. Ajoutons à cela la culture, l’ironie, l’autodérision de l’auteur qui se résume ainsi  « j’ai fui l’embourgeoisement en choisissant une vie d’artiste, fréquenté des gauchistes, flingué tous mes employeurs tout cela pour épouser une Genevoise, vivre à la campagne et fonder une famille et écrire au Figaro. »
On prend un plaisir immense à lire ses vraies ou fausses confessions, qu’importe, d’un amoureux de la vie bien sympathique, lucide et à qui l’on souhaite beaucoup de bonheur
Laura TROMPETTE : Huit battements d’ailes (Ed. Charleston -320 pages)
Nouveau roman de Laura. Trompette dédié à la place des femmes lors du confinement.
Alors que la population universelle est confinée l’autrice choisit huit d’entre elles : une conductrice de poids lourd sur les routes de France, une prisonnière en Chine ou encore une orpheline en Inde dont nous allons entendre la voix. Sur une seule journée en plein Covid, durant le mois d’Avril 2020, nous allons partager la vie de ces femmes aux quatre coins du globe, vivre, vibrer, pleurer peut être avec elles.
Tous les grands sujets relatifs aux problèmes des filles, des femmes, des mères seront abordés. C’est le véritable combat mené par l’autrice que l’on partage, qui émeut, qui fait sourire, qui ravage.
Un livre dur et doux à la fois, habilement présenté en courts paragraphes, en mails, en courriers, en brèves nouvelles. Sujet grave mais qui laisse le cœur léger grâce à la justesse des mots, la force des propos.
Roman bouleversant.

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Paule CONSTANT : La cécité des rivières (Ed. Gallimard – 179 pages)
La cécité des rivières c’est le nom donné à l’onchocercose, une maladie parasitaire transmise par de petites mouches, vivant dans les cours d’eaux de l’Afrique subsaharienne et qui peut rendre aveugle. Éric Roman, le héros de cet ouvrage, connait parfaitement cette maladie. Spécialiste des maladies coloniales, il a fait une découverte révolutionnaire dans la génétique des virus, récompensée par le prix Nobel de médecine. Sa vocation est née d’un séjour de trois ans effectué avec son père, médecin militaire, dans la brousse aux confins du Cameroun et de la Centrafrique alors qu’il avait douze ans. Des années plus tard alors qu’il est connu dans le monde entier, il accepte de retourner en Afrique sur les lieux de son adolescence à l’occasion d’un voyage diplomatique du Président de la République et d’un reportage sur sa vie pour le journal « Le Grand Magazine ».
Accompagné de Ben, un photographe et d’Isabelle une jeune journaliste, escorté par des gendarmes assurant sa sécurité, Éric dit partir pour un « petit voyage sentimental ». Mais ce sera plus que cela alors qu’il se remémore ces années primordiales.
Ces trois personnages vont finir par arriver à communiquer et à entrer dans le passé intime d’Éric qui a déterminé son avenir. De beaux et rudes moments d’émotion, de magnifiques descriptions des paysages et des animaux africains, des personnalités complexes, font de ce roman un agréable moment de lecture.
Eric GRANGE : Et mon cœur attira les richesses du monde (Ed Leduc – 159 pages)
Avec le grand principe de « Plus tu donnes, plus tu reçois » Tony assiste à une conférence qui va lui faire prendre conscience de sa valeur et de son potentiel.
Maintenant qu’il est sorti d’un vilain problème cardiaque, il doit prendre sa vie en main, aller de l’avant mais mesurer les risques encourus, faire confiance et reprendre le parcours d’une vie qui a failli s’interrompre brutalement. Cette quête va le mener au Canada, au Bhoutan, au Népal, à Bali et se terminera en Egypte.
Des rencontres pittoresques comme celle de Marie-Louise, la généreuse propriétaire d’une superbe jaguar verte mythique, Gary, l’escroc sympathique mais escroc tout de même, Tim, le milliardaire optimiste et sans rancune, et Yasmina, la belle orientale, espoir d’une vie heureuse et comblée.
Un livre qui peut porter le lecteur à la vision d’un monde meilleur à condition d’y mettre du sien, de persévérer et d’entreprendre. Reste le côté farfelu, utopique, irréaliste qui peut laisser le lecteur plutôt sceptique, si ce n’est déconcerté par ce conte de fée où vous trouverez les bons et les méchants.
5 Présentation PowerPoint

Cédric de BRAGANCA : Alter Ego (Ed. Une seule vie – 249 pages)
Au cimetière de Clamart, c’est l’enterrement d’un homme mort à 49 ans d’un cancer de la prostate.
Sa femme Judith et ses deux filles sont là devant la tombe. Elles sont observées par Roméo. C’est le défunt qui assiste à sa propre mise en terre. Pourtant ce n’est pas lui qui est dans le cercueil mais celui qu’il appelle l’Autre.
Aurait-il eu plusieurs vies ? Ne rêve-t-il pas plutôt des vies qu’il aurait voulu avoir et qui n’ont pas pu se réaliser ?
L’auteur nous entraine dans le passé de son personnage où le lecteur se perd.
Un roman à l’atmosphère particulière.
Gilles PARIS : Le bal des cendres (Ed Plon – 292 pages)
Ils sont une poignée de gens venus d’un peu partout.
Ils se prénomment Giulia, Anton, Lior, Sevda, Thomas, Ethel, Elena, Guillaume, Abigale…
Certains vivent sur l’île de Stromboli, d’autres y sont en villégiature.
Au départ peu se connaissent mais dans ce microcosme qu’est cette île avec  l’omniprésence du Volcan, des amours, des amitiés, des relations vont se former.
C’est l’été et l’on pourrait imaginer la douceur de vivre sous le soleil italien, au bord de l’eau, une certaine insouciance, mais chaque personnage renferme son secret.
Ces secrets qui empoisonnent leur vie, certains inavouables, d’autres dramatiques, à l’ombre d’un volcan mystérieux qui contient lui aussi ses secrets.
C’est lui qui va les réunir puisque, décidant de tous partir au sommet du Stromboli, celui-ci va choisir ce jour pour rentrer en éruption.
Et le drame éclate.
Cette éruption va changer les donnes et la vie de chacun va aussi changer et faire remonter et exploser leurs secrets.
C’est là tout l’intérêt de ce nouveau et excellent roman de Gilles Paris, tous vivant au départ dans ce huis clos enchanteur qui va exacerber les pensées et faire que, comme le Stromboli, tout va se fissurer et exploser.
Au départ, on est un peu perdu car il y a un grand nombre de personnages, chacun relatant des bribes de sa vie et l’on s’y perd un peu. Mais tout se met peu à peu en place, on les découvre  au fur et à mesure jusqu’à ce que chaque secret vienne au grand jour et cette parenthèse idyllique se transforme en mini drames.
Certains s’en tireront, d’autres moins et, tel un thriller, la vérité se fait jour pour chaque personnage, les histoires s’emboîtent comme dans un puzzle autour de celui qui est l’instigateur de ces drames et mélodrames : le Stromboli.
Comme toujours, Gilles Paris nous infuse à petites doses, chapitre après chapitre, la vie de chacun dans une écriture très personnelle, très limpide et très sensuelle.
On suit tous ces personnages avec intérêt, avec curiosité et l’on ne lâche plus ce roman tant il nous tient en haleine jusqu’à connaître l’âme et le secret de chacun.

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Jean-Paul DELFINO : Isla Negra (Ed. Héloïse d’Ormesson – 232 pages)
Jonas Jonas, dit le Vieux, habite un manoir néogothique juché sur le sommet d’une dune surplombant la plage d’une ville quelque part en France. Il regarde au loin avec sa longue vue de marine sans se préoccuper de ce qui se trame contre lui et des courriers qu’il reçoit depuis des mois.
Mais deux huissiers viennent lui notifier une ordonnance d’expropriation. Cette propriété que Jonas a nommé Isla Negra en hommage à Pablo Neruda va passer à l’Etat moyennant une indemnité de huit cent mille euros et Jonas va en être bientôt expulsé. Va-t-il arriver à contrecarrer les perfides manœuvres de Charles Dutilleux, le promoteur immobilier véreux ? Il a le soutien de ses amis : Georges, dit l’Argentin de Carcassonne et aussi celui qu’on nomme l’Africain, haut de ses deux mètres dix et fort de ses cent soixante kilos. Et à la ville, quelqu’un veille sur Jonas, une vieille femme indigne et ancienne mère maquerelle, nommée Gaia qui connait les secrets de tous les habitants.
Avec tous ces personnages excentriques, tendres et bourrus, l’auteur nous emmène dans une fable assez drôle, dénonçant un monde gouverné par l’argent et la corruption mais dans lequel l’espoir est toujours à l’horizon et où les irréductibles n’hésitent pas à tout lâcher et à partir «droit devant» sans peur ni regrets.
Ariane BOIS : Éteindre le soleil (Ed Plon-174 pages)
Ariane Bois a intitulé son récit « Éteindre le soleil », c’est en effet ce que le lecteur ressent au fil des pages.
Une fille, Ariane sans doute, raconte l’emprise d’une femme sur son père, veuf, médecin dans l’humanitaire, éprouvé par la mort de sa femme et celle de son fils. Cette fille ne reconnait plus son père, il va leur falloir se cacher pour se retrouver et surtout ne pas succomber à la perversité, la jalousie de cette Édith, désormais propriétaire d’un homme devenu sa chose. Heureuse en couple, avec trois, quatre puis un cinquième enfant, l’auteur souffre de cette distance entretenue mais jamais expliquée frontalement. Les coups bas sont volontaires mais exécutés discrètement. Puis la maladie du père ne permettra plus de possible communication. A qui la faute ? Sans doute un père fuyant la confrontation comme il l’a toujours fait sans se soucier des dégâts derrière lui, et peut-être une fille possessive encore trop éprouvée par la mort de sa mère et de son frère.
Ce récit laisse toutefois le lecteur très perplexe. Le manque de réaction, d’explication directe entre adulte est assez gênante. Un père sous emprise sans doute mais qui n’assume jamais les dures réalités de la vie car pour les assumer il faudrait les reconnaitre et les accepter. C’est beaucoup de souffrance.
Il y a, heureusement pour la jeune mère, une vie de couple heureuse et épanouie, c’est ce que l’on préfère retenir de ce récit.

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Pierre LE FRANC : La montée à l’Empyrée (Ed. Deville – 347 pages)
Dans ce roman historique, l’auteur nous raconte comment les médecins, scientifiques et ingénieurs ont réussi à comprendre la stimulation électrique du cœur et à mettre au point le pacemaker.
De 1756 à nos jours, c’est un magnifique aboutissement grâce à l’intelligence, la rationalité mais aussi la curiosité et l’association d’idées de ces hommes et femmes du monde entier qui ont également su partager leurs expériences et leurs compétences.
Pierre Le Franc célèbre cette révolution de la pensée qu’a été la démarche logique déductive.
A la fin de l’ouvrage un index renseigne le lecteur sur les personnages qu’ils soient réels le plus souvent ou de fiction. Vous découvrirez l’origine de la pile électrique, de la galvanisation, de Frankenstein, des entreprises Medtronic et Ela. Enfin vous comprendrez à quoi correspond la scène du célèbre tableau de Jérôme Bosch : La montée à l’Empyrée.
Un récit tout à fait passionnant.
Jean-Marie ROUART de l’Académie française : Mes révoltes  (Ed. Gallimard – 273 pages)
Livre autobiographique de l’auteur qui scrute les évènements contrastés de sa vie depuis sa jeunesse jusqu’à aujourd’hui.
Issu d’une famille bourgeoise célèbre, fréquentant le monde de la peinture, il ressasse néanmoins son insatisfaction d’une vie privée d’horizon et se réfugie dès l’âge de 12 ou 13 ans dans une boulimie de lectures qui lui apportent les lumières d’une vie idéale. L’auteur se questionne sur ses choix, ses échecs scolaires, le rejet de son 1er roman, son renvoi du collège. Puis après ce parcours scolaire hésitant il débute une carrière mouvementée de journaliste au journal le Figaro ou il fait la connaissance de moult personnalités du monde littéraire, journalistique et politique avant de s’engager dans des combats contre l’injustice sociale avec l’affaire Gabrielle Russier et celle d’Omar Raddad .
Enfin, miracle de la vie, le succès est là et très présent
Ainsi, l’auteur évoque au travers de ses déconvenues, déceptions et bonheurs, le mystère de la destinée et le lien entre littérature et justice.
Ce livre, centré sur l’auteur est de fait quelquefois un peu pesant ; le nombre de rencontres, de portraits de personnalités hautement connues, de descriptions d’iles paradisiaques et de références littéraires dénotent d’une certaine appétence  à exposer ses connaissances culturelles et un goût probable pour les mondanités.
S’agit-il de l’expression d’un besoin de reconnaissance sociale, voire même d’une revanche sur les blessures du passé ?

 

 

 


Jacques GAMBLIN, François UZAN, Pablo PAULY
sourient pour la photo

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Dans la famille Hamelin il y a Thierry, le père (Jacques Gamblin) nostalgique de la vie d’avant, le nez dans ses photos, devenues son obsession, qu’il a décidé de scanner, oubliant quelque peu sa famille. Puis il y a Karine, la fille (Agnès Hurstel) embrigadée entre sa nouvelle vie d’avocate qu’elle assume mal et son compagnon, Christophe (Ludovik) avec qui elle s’ennuie et qui, lui, essaie de s’immiscer dans cette famille où il est mal perçu. Il y a encore Antoine (Pablo Pauly), éternel adolescent, paresseux, dolettante qui a mille projets qui n’aboutissent jamais. Enfin Claire (Pascale Arbillot) qui vit à côté de deux enfants particuliers et un mari qui est enfermé dans son passé.
Du coup, elle décide de divorcer, ce qui est un coup de tonnerre dans la vie de Thierry qui décide alors de revivre leur plus belles vacances en Grèce en 98 et de refaire le voyage à l’identique en reprenant toutes les photos des lieux où ils sont passés.
Mais voilà, on ne peut jamais revivre la même chose à 25 ans d’intervalle, d’autant que chacun va le suivre contre son gré, pour des raisons diverses.
Et bien sûr tout va foirer dans ces lieux idylliques mais ce sera peut-être un mal pour un bien, chacun se remettant en question.
Ce pourrait être un drame, c’est une comédie écrite et réalisée par François Uzan (scénariste de « Stars 80 », « Le mac ») qui signe là son premier film. Une comédie enlevée, truffée de gag, de répliques accrocheuses, avec des personnages hauts en couleur qui nous font partager leur vie de famille où chacun d’entre nous peut se retrouver. En effet, qui n’a pas connu ces voyages en famille avec toutes leurs péripéties, leurs joies et leurs problèmes ?
C’est à Toulon sous un ciel couvert et un vent glacé, que nous rencontrons le réalisateur, encadré du père et du fils de cette comédie ensoleillée intitulée : « On sourit pour la photo »

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Jacques Gamblin, Pascale Abillot, Agnès Hurstel, Pablo Pauly

François Uzan, qui vous a donné l’idée de cette comédie ?
J’ai toujours été nostalgique de mes souvenirs d’ado en vacances avec mes parents. Souvenirs que j’aime raconter, entre autre à un de mes amis, qui est aussi producteur du film, Anthony Lancret et qui un jour, fatigué de toujours les entendre, m’a dit : « Plutôt que de les rabâcher, pourquoi n’en ferais-tu pas un scénario ? ».
Je m’y suis donc mis, racontant anecdotes et péripéties et en y ajoutant ce rapport photos/souvenirs, ce qui donne un côté nostalgique mais une nostalgie souriante. C’aurait pu être un film triste ou mélancolique mais j’ai préféré «pleurer ces jolies choses » avec optimisme. Jacques a un côté touchant avec ce rapport particulier qu’il a  aux souvenirs, à ce côté obsessionnel avec les photos mais il aime sa famille et va tout faire maladroitement pour la ressouder. Surcout, je voulais qu’on l’aime à travers ces conflits d’énergie, aux côtés d’une femme qui veut sortir de la routine qui l’étouffe et qui n’est plus en phase avec son mari.
Jacques Gamblin, le scénario vous a-t-il tout de suite accroché ?
Oui car c’est très bien écrit, les répliques font mouche, ça tape, ça sonne, c’est plein de sentiments et j’ai bien aimé jouer ce personnage un peu mou, un peu pathétique, qui veut se battre pour le meilleur et surtout reconquérir sa femme en croyant qu’en revenant en arrière tout va s’arranger… Surtout avec toujours cette même obsession de la photo. En fait, il se bat pour l’amour et a envie de déplacer des montagnes pour que tout redevienne comme avant.
Et puis, tourner dans ces lieux idyllique, même si c’était du travail c’était aussi un peu les vacances !

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Jacques Gamblin avec Pascale Arbillot et Ludovik

Et vous, Pablo Pauly ?
J’ai aimé cet espèce d’enfant éternel malgré ses trente ans. C’est un grand bébé qui doit s’émanciper et je le trouve touchant dans sa maladresse, dans ses projets fous qui n’aboutissent pas, qui compte beaucoup sur papa pour s’en sortir. Je suis un peu le mouton noir de la famille. Je l’ai joué au premier degré. J’ai été content de rencontrer François Uzan et surtout de retrouver jacques avec qui j’avais tourné « De toutes nos forces » de Niels Tavernier.
François, avez-vous écrit en pensant à ces comédiens ?
Non, je n’aime pas agir ainsi car ce peut être frustrant si l’on écrit pour quelqu’un qui après, pour diverses raisons, ne jouera pas le rôle. J’ai donc écrit sans pense à personne et une fois écrit je l’ai proposé en sachant qu’après ça j’adapterais des situations à la personnalité, le caractère des comédiens qui joueront le rôle. J’ai donc, une fois que je savais qui allait jouer, réécrit des scènes, j’en ai rajouté, j’ai vraiment adapté le scénario à mes comédiens.
Et ce qui est drôle c’est que je me retrouve dans tous mes personnages, pour des raisons diverses, entre la nostalgie de l’un, l’immaturité de l’autre, les problèmes pour savoir ce que je voudrais faire, mes interrogations, mes hésitations, mes envies… Il y a un peu de moi dans tous et c’est pour ça que je les aime.
C’est votre premier long métrage. Comment l’avez-vous appréhendé ?
Avec un peu de stress car il y a eu quelques problèmes au départ mais une fois que j’ai été sur le tournage tout s’est envolé, d’autant que j’étais avec des comédiens à l’écoute, qui m’ont aidé, soutenu. C’était une vraie famille.
Et vous Jacques ?
Moi, dans la mesure où je donne mon accord pour un tournage, je fais confiance au réalisateur. Il y a eu une entente qui s’est tout de suite installée. Ce qui me permettait quelquefois de proposer  quelque chose sans pour cela jamais imposer quoi que ce soit. Chacun son rôle et j’ai toujours fait ce que François proposait. D’autant qu’il est d’une grande gentillesse, très près de ses acteurs.

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Et vous Pablo ?
Déjà, passer huit semaines dans des lieux pareils, il n’y avait pas de quoi stresser !
J’ai tout de suite été en osmose avec François, je retrouvais Jacques et l’on a très vite formé la famille qu’attendait François, d’autant que nous étions un peu la famille qu’il avait vécue avec la sienne. Beaucoup de souvenirs lui revenaient et c’était quelquefois émouvant.
Alors, les projets de chacun ?
François : Je vais retourner la suite de « Lupin » avec Omar Sy et je prépare un film que j’ai écrit avec Jean-Pascal Zadi intitulé « En place » une série pour Netflix avec Judor et Benoît Poelvoorde
Pablo : Je viens de tourner « Trois nuits par semaines » de Florent  Gouelou
Jacques : Je suis en ce moment au théâtre avec »Harvey » de Marie Chase, je prépare un spectacle avec une chorégraphe, Raphaëlle Delaunay qui s’intitule « Hop », à la fin de l’année sortira « Le tigre et le président » de Jean-Marc Peyrefitte, avec André Dussolier, face à face Deschanel-Clémenceau et j’ai un autre film en projet ».

En attendant, notez la date du 18 mai, jour où sortira « On sourit pour la photo » qui vous apportera un vent de fraîcheur et de soleil.

Jacques Brachet
Photocreations.fr




NOTES de MUSIQUES

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EDGÂR – Secret ( Grabuge Records (10 titres)
Antoine Brun et Ronan Mezière, deux garçons qui viennent de la scène amiénoise, forment le groupe Edgär en 2015, groupe qu’on peut référer dans la musique électro-pop. On y sent beaucoup d’influences, les grands groupes anglais, un peu Indochine ; bref, entourés de tous les instruments électroniques d’aujourd’hui ils fabriquent une musique très agréable à entendre, mais qui pourtant n’a pas grande originalité. Les arrangements sont simplistes, reposant sur des nappes de claviers, certes efficaces et porteuses, et des boums boîte à rythme sur le temps qui relie forcément ce disque au disco. Serait-ce une réponse à Juliette Armanet qui chante « Le dernier jour du disco » ?
Les paroles sont souvent intéressantes, les deux chanteurs restent dans le médium et chantent avec conviction ; les morceaux sont des compositions du groupe sauf celui intitulé « Secret » qui n’est autre que « The Sound of Silence » de Paul Simon chanté par Simon and Garfunkel. Ils s’en sortent correctement.
Une tournée est prévue jusqu’en juillet 2022. Alors souhaitons leur bonne chance en attendant le deuxième opus.
Chet BAKER -Sings – La genèse (Jazz Images 83312 (www.jazzimagesrecords.com)
Réédition avec 6 titres en bonus de ce célèbre Chet Baker Sings enregistré entre 1954 et 1956 à Los Angeles. Cette réédition accompagne un livre de 80 pages écrit par Brian Morton qui rapporte brillamment le genèse de ce disque qui fut best seller et eut le plus de succès parmi toutes les productions de Chet Baker (1929-1988). On y trouve aussi un hommage de Ricardo Del Fra, longtemps contrebassiste du trompettiste. Livre illustré de magnifiques photos rares ou inédites, œuvres de grands photographes.
Brian Morton rappelle que « cet album vocal fut instantanément, chose étrange et embarrassante, une œuvre détestée par la critique (et par de nombreux musiciens, y compris certains de ceux qui étaient directement impliqués) mais adorée par le public ». « Chet Baker Sings » a été son album le plus réussi. Il a été réédité plus de cinquante fois, dans presque tous les pays.
Chet Baker était entouré de Jimmy Bond ou Carson Smith ou Joe Mondragon à la contrebasse, Russ Freeman au piano et au célesta,  Peter Littman, ou Lawrence Marable, ou Bob Neel ou encore Shelly Manne à la batterie (Détails dans le livre).
Oui ce disque est un chef d’œuvre ».
Chet Baker fut un trompettiste Bebop de grand cru, à la hauteur des plus grands, puis il eut une deuxième période où le jeu se fit plus doux, plus profond, plus sensuel, voire vaporeux dans la chanson. C’est un murmure à l’oreille qui touche droit au cœur, qui bouleverse. Son phrasé vocal est tout à fait à l’image du phrasé à la trompette, ils sont dans un continuum émotionnel.
20 des plus grands standards du jazz composent ce CD, dont « My Funny Valentine » qui était son morceau phare, sur lequel il y fait sentir tous les mystères de l’amour. Un objet et un cadeau exceptionnels.
Barney WILEN – French Ballads (Elemental Music www.elemental-music.com)
Barrney Wilen, saxophoniste, est né à Nice en 1937 où il étudia le saxophone dès 1946. Après avoir joué dans un orchestre familial il monte à Paris en 1953. Il gagne un concours, joue au Tabou, et ce sera la gloire : il va jouer avec tout le gratin du jazz, dont Miles Davis pour le film de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud ».
En 1987 Barney Wilen réunit Michel Graillier au piano, Ricardo del Fra à la contrebasse et Sangoma Everett à la batterie pour enregistrer ces French Ballads, c’est à dire des grandes chansons françaises telles que par exemple « Sous le ciel de Paris – l’âme des poètes – Les feuilles mortes – Seule ce soir – La vie en rose – Le moulin de mon cœur – Syracuse … etc », soit 17 plages dont quatre bonus qui n’apparaissaient pas dans l’édition originale.
C’est une réédition somptueuse avec une sensationnelle photo de couverture.
Tout le groupe joue d’un lyrisme beau à pleurer d’émotion et de plaisir. Au charme de la musique s’ajoute la réminiscence des paroles que tout le monde connaît, du moins les plus de 30 ans !
Son phrasé se rapproche du chant. Il cisèle chaque syllabe, chaque note. Il brode des embellissements, avec une belle décontraction. Nous avons affaire à un grand classicisme, c’est dire que cette musique est intemporelle. Elle est aussi suave, aussi prenante en 2022 qu’en 1987. La rythmique colle à la peau du saxophone. Ce disque est un chef-d’œuvre, assurément. Et qui ne peut que plaire à tout amateur de musique.

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Electric Blue Cats – Live Session (Salakhaïli Music (www.salakhaïlimusic.com) 12 titres 
Electric Blue Cats fut d’abord un duo créé par Salah Khaïli à la batterie et aux machines et Christophe Taddéi à la guitare. Avec l’adjonction d’Emmanuel Sunee à la basse le duo se trouve boosté en trio, et là c’est une avance remarquable, grâce aux remarquables lignes de basse ; on s’en est aperçu dès le premier extrait Dark Floor. En gros on a affaire à du rock électrique mâtiné de funk, avec les gros boums sur chaque temps de la grosse caisse. Ça tourne bien, les gars connaissent leur affaire, certes la rythmique est assez lourde, mais c’est la loi du genre. Chose bizarre avec ce titre « Funky Mad Man », c’est le morceau le moins funk du CD. « Dark Floor » se promène agréablement au long de la guitare wawa. « African Rock » qui conclut le disque nous vaut une belle envolée du guitariste dans la tradition des grands guitaristes de rock. Ah ! si tous les morceaux étaient de ce tonneau… A suivre.
enregistré en mars 2021 au studio de la Seine.
LAÏUS – Prémices d’Avant-Midi (Cœur Musique (InOuies Distribution)
Luc Gaignard, alias LAÏUS, nom de scène étrange puisqu’il ne fait pas de laïus, qui, après une premier CD « Avant-Matin », revient avec un deuxième CD « Prémices d’Avant-Midi », preuve qu’il a de la suite dans les idées, et surtout qu’il veut construire une œuvre. Une voix virile et chaude, avec un charme certain et des inflexions, un phrasé, proches de Michel Berger ; d’ailleurs toute sa musique fait penser à ce dernier. Ce qui n’est pas un défaut. Les arrangements assurent un bon soutien à la voix y ajoutant les couleurs nécessaires.
Avec lui on est dans la « chanson française » pur jus, avec des textes bien écrits qui chantent l’espoir, l’amour déçu, le souvenir, soient les thèmes éternels, avec sa touche personnelle, faite de simplicité, d’engagement et de conviction. Un disque des plus agréable.
6 titres – Janvier 2022

Serge BAUDOT

 

 



L’été à Chateauvallon : Retour vers la danse

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Charles Berling – Yann Tainguy – Stéphane de Belleval – Françoise Baudisson

C’est toujours avec plaisir que l’on se retrouve dans ce lieu enchanteur qu’est Chateauvallon, aujourd’hui sans masques, retrouvant les sourires de tous en espérant qu’on pourra les garder définitivement
Toujours le triumvirat autour du Maître du Liberté et de Chateauvallon, Charles Berling : Françoise Baudisson, présidente de Chateauvallon, Stéphane de Belleval, directeur des relations publiques et Yann Tainguy, adjoint aux Affaires Culturelles de Toulon et néanmoins président de l’Union Chateauvallon/Liberté.
Beau soleil pour accueillir cette rencontre avec laquelle l’on a découvert la programmation estivale de cette saison 2022.
Une saison qui, nous ont confié Stéphane de Belleval et Charles Berling, revient aux premières amours de Chateauvallon : la danse qui, durant des décennies nous a fait découvrir nombre de danseurs et chorégraphe et a reçu les plus grandes pointures (sans jeu de mots !) de la danse.
Viendront donc trois très grandes compagnies et une compagnie originale :
Le Ballet National de Marseille qui, avec le collectif « La Horde », renait quelque peu de ses cendres grâce à Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Arel, sans oublier Rone, artiste phare de la scène électronique française. On découvrira leur création « Room with a view » les 1er et 2 juillet à 22H, redonnant le lustre chorégraphique à l’amphithéâtre.
Les 29 et 30 juillet, c’est Christian Ubl et Kurt Demey qui nous offriront un nocturne à 19h. Le premier est chorégraphe, le second est mentaliste et illusionniste. Un duo de choc original.
Les 22 et 23 juillet 22H, retour de Philippe Decouflé, qu’on a vu grandir à Chateauvallo,n avec son ballet « Stéréo », mêlant danseurs, circassiens et musiciens.
Grand retour d’un chorégraphe qui a fait ses premiers pas à Chateauvallon : Anjelin Preljocaj qui, avec sa compagnie, nous offrira, le 29 et 30 juillet à 22h, un ballet connu dans le monde entier mais revu et corrigé : « Le lac des Cygnes » sur la musique de Tchaïkovski et une chorégraphie quelque peu mitonnée Preljocaj, de Marius Petipa le bien nommé.
Grand moments de danse donc.

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Preljocaj Ballet National de Marseille – Cie DCA Philippe Decouflé
Christian Ubl & Kurt Demay – Ballet Preljocaj

Comme à l’accoutumée, l’ouverture du festival se fera à l’heure espagnole, cette année sans danse mais avec, le 22 juin, Sandrine Luigi et Gaëlle Solal qui, à 19h, nous proposeront un crépuscule sous le signe de la guitare classique et flamenca et à 22h en nocturne, l’amphi recevra Al di Meola Trio, maître du jazz fusion et  Juan Carmona Quintet, maître de la guitare flamenca.
Dans un tout autre registre, celle que l’on attend depuis qu’elle ne pouvait se déplacer, d’abord à cause du Covid puis d’un accident vasculaire, revient enfin en pleine forme. Il s’agit de Jane Birkin qui nous proposera son concert intitulé « Oh pardon, tu dormais… », tiré de son quatorzième album qu’elle a écrit et enregistré avec la complicité d’Etienne Daho. Ce sera le 25 juin à 22heures.
Charles Berling sera omniprésent lors de ce festival estival (Voir article et interview dans la rubrique télé) puisqu’il participera à trois lectures, superbement entouré
Cinq femmes magnifiques nous proposeront le 15 juillet à 19h « 69 minutes pour s’aimer quand même », une pièce signée, jouée et mise en scène par  l’actrice et réalisatrice Isild le Besco, en compagnie de Lolita Chammah, Suzanne de Baecque, Claire Dupont et Peggy Grelat-Dupont qui a également signé la chorégraphie
Comme on le voit, tous arts seront représentés : musique, danse, chanson, littérature.

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Jane Birkin – 69 minutes pour  s’aimer quand même

Bien d’autres spectacles vous attendent à découvrir sur le site de Chateauvallon, chateauvallon-liberté.fr – 09 80 08 40 40

Jcques Brachet


Toulon – GISCLARD, retour à la Galerie Estades

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Gisclard devant une toile que lui a inspiré Toulon

Tous les trois ans, notre ami Stéphane Gisclard nous revient à la galerie Estades et chaque retour est un éblouissement tant son œuvre est personnelle, originale, tant les couleurs éclatantes se mêlent à un certain mystère mais aussi à beaucoup de sensualité.
Ses toiles racontent une histoire dont chaque chapitre est, comme un puzzle, dans l’œuvre même.
Tout est beau chez Gisclard : les femmes filiformes et sexy au regard perdu ou caché derrière des capelines, des hommes élégants, charmeurs, même s’ils sont moins nombreux que les femmes !
Tous ces personnages s’installent dans des décors de rêve, des lieux différents comme des grandes villes, des toits, des plages, des cabarets, des champs de course, les salles de jeu, les grands hôtels…
Le style est définitivement cubiste et arts déco, les personnages issus d’une autre époque mais pourtant d’une grande modernité. Le champagne coule à flots, les éventails se manient avec élégance, les voitures sont haut de gamme.
Tout respire une atmosphère de luxe et de beauté.
Bref, on entre dans le monde de Gisclard comme dans un rêve qu’on aimerait partager.
Gisclard est venu accompagner son exposition à la Galerie Estades, exposition qu’il faut aller voir, installée dans ce lieu jusqu’au 7 mai. Parmi les toiles de magnifiques vases en céramique, des globes parfaits où l’on retrouve cette même atmosphère Arts Déco.
Il est un peu en retard à notre rendez-vous car il est allé visiter les nouvelles halles de Toulon qui s’accolent tout à fait à son œuvre puisque construites dans les années 30 et ayant gardé son cachet lors de sa résurrection.

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« C’est –me dit-il – un lieu magnifique qui me donne envie d’y installer mon chevalet !
Tout en étant un lieu populaire, j’y ai découvert un petit goût de luxe qui se rapproche de ce que je fais.
Justement, comment créez-vous vos œuvres ?
De diverses manières mais je prends souvent des photos de lieux que j’aime, qui m’inspirent, qui deviennent le décor de mes personnages à qui je fais raconter une histoire.
A ce propos, il y a souvent plusieurs tableaux en un…
(Il rit) C’est un jour ce que m’a dit mon père en ajoutant : « Si tu les coupais en morceaux » tu aurais plusieurs tableaux… et tu gagnerais plus d’argent ! »
Votre père était peintre, tout comme votre grand-mère qui était aussi musicienne, vous avez un oncle musicien également et une mère dans la littérature… Vous avez de qui tenir !
Oui, j’ai toujours été baigné dans l’art, dans la musique, la peinture… Il y a toujours eu des toiles autour de moi. C’était aussi une famille d’antiquaires et j’ai donc toujours été entouré de beaux objets. J’ai fait ma première huile à 12 ans sans savoir encore que j’en ferais mon métier.
Et le choix de la peinture ?
C’est en côtoyant mon père, ma grand-mère. J’ai très vite eu un pinceau entre les mains, j’ai très vite dessiné. Mais lorsque je crée une toile, je me fais un roman, un film et il y a souvent de la musique dans mes tableaux.

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Un livre et un vase

Avez-vous suivi des cours aux Beaux-Arts ?
Oui… trois mois – dit-il en riant – je ne m’y suis pas senti à ma place par rapport à ce qu’on m’enseignait et que je savais déjà vouloir faire. J’ai très vite travaillé dans et pour des ateliers. Je me suis aussi beaucoup intéressé à l’architecture.
Qu’est-ce qui vous a fait vous intéresser à cette période dite « Arts Déco ».
C’est un style qui me plait, qui m’a très vite influence, comme le cubisme. Et les deux se retrouvent dans les toiles. J’ai aussi été inspiré par Braque.
Quel est votre cheminement ?
J’ai commencé à peindre tout seul dans mon coin. Ce sont des acryliques que je finis à l’huile. J’ai eu une période un peu flottante mais très vite j’ai commencé à côtoyer des marchands qui se sont intéressés à mon travail. Et dans ce métier, dès que quelqu’un s’intéresse à vous, les autres viennent ! Ça a marché… Et ça continue !
Toulon est finalement devenu un de vos lieux incontournable !
Grâce à Michel Estades. Et puis le lieu est tellement beau ! A midi, j’ai du déjeuner au soleil, face à la mer. Et ça aussi c’est très inspirant. Même si à chaque fois, les visites sont courtes ».

Pour cette exposition, Michel Estades a édité un magnifique livre où l’on retrouve nombre de ses œuvres. La maquette a été faite à Toulon par une toulonnaise, Nathalie Barrère-Andrieu et si les toiles de Gisclard, à peine exposées, s’envolent, il va passer sa journée à dédicacer son livre. Déjà une vingtaine de demandes est en attente.
Je le laisse donc signer… Emportant le mien sous le bras, dument signé, avec toujours le même plaisir de le rencontrer. !

Jacques Brachet
Galerie Estades – 18, rue Henri Seillon – Toulon – 04 94 89 49 98
www.estades.com – galerie.toulon@estades.com