Solliès-Pont, Festival du Château
Du très grand Sardou

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Il est venu nous faire ses adieux à la scène « chantante » avec une « Dernière danse », à 70 balais et pour clore 50 ans de scène.
Mais attention : s’il arrête simplement de chanter – et c’est bien dommage ! – il va se consacrer au théâtre où il sévit avec succès depuis quelques années.
« Je ne veux pas vous quitter – nous avoue-t-il – mais je veux vous faire rire ».
En attendant, il nous a totalement charmés avec un récital somptueux à tous niveaux : la voix, qui reste solide et ample, un orchestre de quelques 25 musiciens, cordes, cuivres, percus, claviers et trois superbes voix féminines… Presque un orchestre symphonique. Quant aux lumières, elles sont somptueuses, magiques, se projetant sur le mur du splendide château de Solliès-Pont.
Malgré une position on ne peut plus statique, la tête engoncée dans le costume, à peine si les mains se meuvent, notre « Tino Rossi des sixties » (Voix en plus) a su nous faire la démonstration de ce qu’est un véritable artiste, un vrai chanteur à voix comme on en a peu aujourd’hui dans la chanson française, hormis Amaury Vassili et Vincent Niclo.
Il arrive « façon Emmanuel Macron » sur une musique d’enfer, le pas lent, s’avançant en bord de scène. Il « salut » avec cette chanson éponyme et sourit (mais oui !) au public venu par milliers, réunissant trois générations qui connaissent ses chansons par cœur et les chantent avec lui, du « Rire du sergent » à « Je vole », redevenu un tube grâce à Louane, en passant par « Le France », « Musulmanes », « Les bals populaires », « La maladie d’amour », « Dernière danse » qui le voit repartir de dos d’un même pas lent, pour mieux revenir avec « Les lacs du Connemara »… Deux très belles nouvelles chansons, la première, inattendue sur le Pape François, la seconde, vécue par tous les artistes « Figurant ». Entre deux chansons, il se raconte avec humour, rend hommage à Barbara en nous offrant une splendide interprétation de « L’aigle noir », vient interpréter avec ses cuivres et son inséparable ami des débuts, le chanteur, auteur, compositeur Pierre Billon (fils de Patachou) qui lui a écrit tant de belles chansons dont cet « En chantant » qu’ils interprètent façon jazzy, « Je ne suis pas mort, je dors », « Je vole », « Femmes des années 80″, « Dix ans plus tôt » et bien d’autres que Michel a gardé dans son tour.
Et puis, moment à la fois de rire et d’émotion avec la voix de sa maman, Jackie Sardou, qui vient l’interrompre dans son interprétation de « Comme d’habitude ». Un grand moment avec le plaisir de retrouver le ton gouailleur de cette « titi » parisienne qui fut sa mère et une grande comédienne. Papa n’est pas oublié puisque la chanson « Le spectateur du premier rang » lui est dédiée.

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Que dire de plus sinon que la soirée fut grandiose et que s’il arrête la chanson, nous allons perdre l’un de nos plus grands, devenu un mythe, un incontournable de la chanson française dont nombre de ses succès font partie de son patrimoine.
En fait, la passion, le talent, sont indémodables lorsqu’on s’appelle Sardou et Hallyday et nos septuagénaires de ces années dites « yéyé » se portent bien et peuvent en remontrer à beaucoup de jeunes chanteurs d’aujourd’hui qui se prennent pour des stars dès le premier (et souvent le seul !) succès de leur fragile carrière.
En écoutant Sardou, il n’y a aucune nostalgie mais le plaisir de retrouver des chansons qui ont marqué nos vies et ont traversé les décennies sans prendre une ride.
A Solliès-Pont, ce fut du grand, du très grand Sardou.
Petit… tu nous a bien fait plaisir…

C

Suite au spectacle, le maire de Solliès-Pont, André Garron nous offrait le traditionnel cocktail dans la belle cour du château, entouré de nombreux édiles, de son équipe et de l’auteur inspiré de cette programmation Rabah Houia, mais… pas de Sardou, qui était déjà parti. Nous n’avons donc pas eu la tout aussi traditionnelle photo du maire et de l’artiste comme pour Dany Brillant, les Chevaliers du Fiel et quelques autres.

Jacques Brachet
Photos : elles sont ce qu’elles sont quand on les prend du fond de la salle avec interdiction de s’approcher de la scène. Seul bémol de la soirée.