
Lara, je l’ai connue grâce à Denise Glaser qui était une admirable animatrice d’une émission très courue : « Discorama ». Par ses regards et ses silences, elle arrivait à faire dire des choses aux artistes qu’ils n’auraient jamais pensé dire.
Nous avions des rapports amicaux et nous retrouvions toujours avec plaisir lors d’événements musicaux comme le MIDEM ou la Rose d’Or d’Antibes. Et c’est à Antibes qu’elle m’a confié le premier album de Catherine en me disant : «Ça vous plaira, j’en suis sûre»
Du jour où elle m’a offert son premier album, je suis devenu fan. Lorsque je l’ai écouté, avec cette voix mélodieuse, qui ressemblait alors au violon qu’elle jouait depuis plus de vingt ans, j’ai adoré ce qu’elle faisait.
De ce jour, j’ai suivi cette artiste qui faisait des disques sans faire de tournées et très peu de galas. Les disques se succédaient, toujours beaux, toujours originaux mais il y manquait quelque chose qui faisait que ça ne prenait pas avec le public. Les mélodies étaient aussi belles que la voix mais on ne mettait pas un physique sur ce nom qui pourtant était signe de qualité. Il faut dire que son style n’était pas encore très affirmé. Elle apparaissait brune, une raie sur un brushing très sage, puis toute frisée, très baba cool, avec robe longue, puis les cheveux gominés et la poitrine à l’air, puis dans un flou artistique signé David Hamilton, avant de devenir enfin ce qu’elle était : une fille décontractée et sans tabous, avec sa démarche en canard, avec une coiffure en pétard. Avant ces » reconversions physiques » qu’elle a gardées depuis, elle eut enfin son premier tube : « Johan ».
J’ai fait sa connaissance sur ce succès-là et dans les pires conditions. Elle était la vedette d’un concert du Parti Socialiste, dans une pinède varoise soufflée par le vent, envahie de voix de mentors criant leurs convictions politiques, dans le vent, un nuage de sable et de poussière, devant chanter après quelques homériques discours, dans les odeurs de transpirations, de beignets, de frites et de merguez. Tout était réuni pour faire de ce concert un moment d’intimité, un après-midi… magique !!!
Elle qui avait été bercée par le violon classique, avait créé un quatuor, était loin de cette nuit magique qu’elle allait nous offrir plus tard. A noter qu’elle a obtenu son premier prix de violon à l’âge de 5 ans, suivi d’un autre à 13 ans, d’un troisième en 65 puis d’un premier prix de musique de chambre en 66, enfin faisant les premières parties de Jean Ferrat et Claude Nougaro avec le Quatuor Lara dans les années 70… Je la retrouve donc sur une table branlante, pour un repas avec quelques olibrius » qui, à l’heure qu’il est, ont les idées encore plus teintées du vin qu’ils viennent d’ingurgiter et, comme je fais « un son », c’est à dire une interview enregistrée, j’aurai sa voix mélodieuse mêlée aux voix de ces machos qui digèrent, d’un chien attaché qui ne cesse d’aboyer et d’un coq venu de l’on ne sait où, qui va « cocoriser durant toute l’interview ! En prime, la voix de la serveuse couvrant toutes les autres pour lui dem
Il nous prend un fou-rire pas possible qui scelle cette amitié naissante. La glace fut définitivement rompue lorsqu’on nous l’apporta, molle et fondante sous le chaud soleil de juin du Midi !
C’aurait pu être désolant mais c’était sans compter l’humour de Catherine qui aussitôt, prend le contre-pied de cette foire d’empoigne et commence par balancer des vannes irrésistibles. Je ne la connaissais pas mais je découvre un humour corrosif et un plaisir à faire des jeux de mots et des contrepèteries que je n’aurais alors jamais imaginés chez une personne aussi romantique. Elle n’allait pas tarder à me prouver qu’elle était plus rock que « mantique » et de cette journée s’est scellée une amitié sous le signe de la rigolade. Je découvrais une artiste magnifique doublée d’une femme drôle, à l’humour à fleur de peau, comme je les aime. Et le courant est aussitôt passé. A tel point que je décidai qu’elle serait ma prochaine tournée d’été alors que son nom commençait à devenir synonyme de succès « Johan » y contribua mais ce fut « La rockeuse de diamants » qui allait définitivement la faire connaître, , même si, pour la circonstance, elle quittait son côté romantique qu’elle ne retrouverait qu’avec « Nuit magique » qui lui permit d’obtenir une Victoire de la Musique..
Mon amitié avec Catherine est donc un vrai coup de foudre, une histoire d’humour qui a très vite tourné à l’amitié.
Lara EST musique même si elle en a bavé avec son violon, ce qu’elle ne regrette pas aujourd’hui une seule seconde
« Le violon, c’est le prolongement de ma main, de mon âme et aujourd’hui je ne pourrais plus m’en passer même si je suis passée à une autre musique entre-temps ».
Des tournées, des galas, des crises de fous-rires… avec » Lala » on a des souvenirs à la pelle du temps que notre rockeuse de diamants nous offrait des nuits magiques…
Et puis les tournées se sont espacées, nous nous sommes moins vus. Jusqu’au jour où la voilà partie avec la tournée « Age Tendre » et où l’on se retrouve comme au bon vieux temps, toujours amicale, toujours simple, toujours drôle. Autre trait de caractère de Catherine : elle est toujours positive… Il faut dire – encore un point commun que nous avons : elle est Gémeaux.
“Je me dis qu’il y a toujours un joker à jouer. Rien n’est jamais vraiment désespéré. Il faut simplement balancer des ondes positives et toujours relativiser par rapport à tout ce qui nous entoure.
Il faut aussi savoir rêver…Et comme disait Brel, l’impossible rêve, j’y crois. Je me dis que tout est possible. Le rire est aussi pour moi quelque chose d’important. Ça m’est indispensable.
Je me souviens d’une soirée à Saint-Tropez où TF1 tournait avec Stéphane Collarot une émission dans un ancien lupanar ! Déjà, c’était rigolo mais retrouver mes deux amies, Catherine et Maurane qui, elle aussi, n’avait pas sa langue dans la poche, qu’est-ce qu’on a pu rire devant le bar où le champagne coulait à flots !« J’adore rire, me moquer des gens et de moi-même. J’adore les gens qui aiment rire et qui me font rire. Ça, c’est typiquement Gémeaux et c’est certainement pour ça que nous nous aimons, toi et moi ! Nous sommes excessifs et on dit qu’on meurt toujours de ses excès… C’est sûr, j’en mourrai un jour mais que veux-tu, je n’aime pas la tiédeur, même si je pense être quelqu’un d’équilibré. Je puise là mon énergie… «
Une autre qualité chez Catherine : la franchise !
« Je ne sais pas trop si c’est une qualité ou un défaut mais j’ai une belle ( ?) réputation de franchise et tant pis si ça me joue des tours. De toute façon, je n’ai pas envie de plaire à tout le monde. Par contre, avec l’âge, je fais peut-être plus attention aux autres, j’essaie de ne pas les blesser pour rien. J’ai envie de devenir tolérante !»
Jacques Brachet













