
Un jour, mon amie Mick Micheyl – chanteuse, auteure, compositrice, meneuse de revues, productrice et animatrice d’émissions de télé mais aussi sculptrice sur acier – m’envoie un CD d’un jeune chanteur qu’elle parraine, nommé Michel Monaco.
Il est jeune, il est beau et, sans sentir le sable chaud il a une voix de velours, une voix de chanteur romantique, teintée de nostalgie, à l’image des Jean-Jacques Lafon, Franck Michaël, Pascal Danel, Frédéric François, Hervé Vilard…
Notre rencontre est aussitôt amicale et depuis quelques décennies, je suis son voyage musical avec intérêt.
Et voilà que je reçois aujourd’hui son nouveau CD « Michel Monaco, ses chansons romantiques », Vingt chansons, dont sept nouvelles et toutes signées, pa lui et son complice Pascal Ritter, les autres par des pointures comme Jean-Paul Cara, Eric Charden, Guy Mattéoni, Jean-Jacques Lafon justement, Didier Barbelivien, Alain Turban et quelques autres, toutes… plus romantiques, tu meurs !
Empreintes de nostalgie, elles nous font remonter le temps où l’on pouvait serrer sa partenaire dans un slow langoureux… « Où sont passés nos slows d’été » chante-t-il d’ailleurs. Il chante l’amour comme personne, de « Comme un toréador » à « Vieillir ensemble » ou encore « Les couleurs de l’automne ».
Les paroles sont belles, les musiques planantes et sa voix les sert de façon magnifiques.
Un peu de romantisme et de douceur dans ce monde de brutes, ça ne fait pas de mal !
Bien entendu je veux en savoir un peu plus.
Et l’on se retrouve au téléphone (en « phoning » comme on dit aujourd’hui !) et durant une heure on s’est tout raconté comme on le fait à chaque fois.
Michel, une question tout d’abord : Tu avais sorti, il y a quelque temps, un album « Mes plus elles chansons d’amour » sur lequel tu proposais anciennes et nouvelles chansons. Et là, pour « Ses chansons romantiques », en dehors des sept nouvelles chansons on retrouve des anciennes du précédent album. Pourquoi pas « que » de nouvelles chanson ?
Il se trouve qu’un producteur du Nord m’a proposé de sortir un CD de ces anciennes chansons, pour le distribuer dans le Nord et la Belgique. J’ai été un peu étonné mais je me suis dit « pourquoi pas ? » à condition d’y ajouter de nouvelles chansons pour un public qui connaît toutes les autres. Voilà comment cela s’est fait, alors qu’au départ je n’y pensais pas !
On le sait, tu aimes la chanson française à laquelle tu rends hommage. Il y a bien sûr ta marraine en chanson Mick Micheyl mais il y aussi Piaf, Ferrat, Dassin pour lesquels tu as consacré des chansons. Comment cela te vient-il. ?
Par admiration mais aussi par hasard. Par exemple, j’ai d’abord écrit « Joe » pour rendre hommage à Dassin. J’ai alors l’occasion de rencontrer l’auteur-compositeur Claude Lemesle avec qui Joe a travaillé, qui a aimé cette chanson et qui m’a donné l’idée d’écrire la vie de Joe Dassin à travers ses chansons. J’ai fait un choix en y incorporant trois chansons moins connues de lui. Claude m’a conseillé de ne pas les mettre et de n’enregistrer que des chansons plus connues. Ce que j’ai fait. Sans compter que Claude m’a raconté des anecdotes sur Joe qu’il m’a donné l’autorisation d’incorporer dans mon spectacle.
Pour Ferrat ?
C’est un peu la même chose après que je lui aie rendu hommage à travers une chanson : « Monsieur Jean ». Ça a été pour moi une belle rencontre musicale et j’ai eu envie de faire un disque et un spectacle autour de ses chansons. C’est un spectacle qui a très bien marché.
Puis il y a eu Piaf…
Oui, mais c’est différent. J’avais fait un album pour rendre hommage à Mick, « De Mick à Michel » et Je suis sur le point d’enregistrer une chanson « On n’est pas prêt d’oublier » sous le regard de Mick. J’avais quelques problèmes et je demande à Mick comment elle l’aurait chanté. Elle qui n’avait plus chanté depuis quelques années, se met à la chanter et l’ingénieur du son l’enregistre. A la suite de ça il fait un mix de nos deux voix et le lui fait écouter. Au départ elle n’est pas convaincue mais finalement nous l’enregistrerons pour les 40 ans de la disparition de Piaf ! Et elle viendra la chanter sur scène avec moi !
Puis tu enregistrera son énorme succès « Un gamin d’Paris »… version dance !
(Il rit). C’était totalement déjanté mais drôle à faire !
Après quoi tu vas faire deux tournées des églises avec Michèle Torr et Natasha Saint-Pier.
C’est une idée de Michel Algay, le producteur des tournées « Age Tendre » qui me les a proposées. Pour les dix ans d’Age Tendre, en 2015, il m’incorpore dans le programme mais la tournée va cesser brutalement car il est endetté et on l’oblige à arrêter les spectacles..
Du coup il me propose la tournée dans les églises avec Michèle en 2015 et celle avec Natasha en 2018.
Alors aujourd’hui tu prépares une nouvelle tournée intitulée « On a toujours 20ans ». Raconte…
C’est un spectacle où je chante toutes mes chansons mais où, entre elles, je raconte des anecdotes, mes rencontres avec tous ces artistes avec qui j’ai collaboré, comment sont nées ces chansons…
Tu n’arrêtes jamais ?
Tant qu’on me demande et que le public est là, je n’ai pas envie d’arrêter. Je continuerai tant que je serai en forme et en voix. C’est ma vie. C’est ma passion.

Propos recueillis par Jacques Brachet



