
C’est dans la pinède de l’Argentière à la Londe, les pieds dans l’eau, que le festival « Jazz à la Londe » fêtait sa dix-septième année.
Chaleur intense, heureusement la brise marine nous apportait un peu de fraîcheur sous un ciel menaçant.
Le camp de base regroupe les artistes, l’équipe du festival et les bénévoles, les journalistes et les photographes, sous le regard du directeur artiste et fondateur du festival, néanmoins flûtiste et trompettiste émérite, Christophe del Sasso.
On y rencontre les musiciens de l’Opéra de Toulon, ceux du Big Band « Big Sud » créé par Christophe et Nicolas Folmer, trompettiste, auteur, compositeur et chanteur, tout cela dans une ambiance cordiale que l’on trouve aujourd’hui rarement dans les festivals ou tout le monde fait la gueule ou a des difficultés à porter leur melon !
Ici tout le monde rigole, parle ensemble autour d’un tiramisu « de ouf » comme disent les jeunes.
Côté scène ça répète. Côté coulisses ça se retrouve en trinquant avec les vins de Provence.
On croise Andréa Caparros et Nicolas Folmer, buvant un verre entre amis et avec la famille. Seul Christophe se démène pour régler tous les problèmes.
Ambiance familiale et amicale donc où l’on vientde temps en temps nous demander si tout va bien… Et comment en serait-il autrement ?
Le temps de faire quelques photos, de discuter avec les uns et les autres, l’heure est à la préparation et les artistes partent se préparer.
Les partitions sont installées sur les pupitres, les musiciens, tout vêtus de noir, s’installent, seul Christophe arrive avec un polo vert !
Tout pourrait aller le mieux du monde quand un contretemps voit s’éparpiller les spectateurs comme une volée de moineaux pour aller s’abriter d’une averse impromptue.
Le concert est-il compromis ? Dans l’attente, on se retrouve au catering pour boire un verre.
Mais l’averse n’aura pas duré longtemps et, le temps de sécher les partitions, les artistes reprennent leur place et Christophe revient frapper les trois coups, présenter les deux orchestres et le concert peut alors débuter sous la pinède où les immenses pins se colorent de rouge et de bleu, créant un décor inattendu et féerique.
Auparavant, un peu plus loin, des spectateurs avaient pu se régaler d’un « apéro jazz », assis dans l’herbe, sirotant un verre de vin blanc.
Revenons au concert. Un concert inhabituel puisque trente-cinq musiciens se mêlent dans une musique classico-jazzy, mélange des musiques venues de Broadway et… de Provence puisque nos amis ont revu et corrigé nos chants traditionnels comme « Le Coupo Sante » couleur jazzy mais en provençal ! Nicolas et Christophe ont écrits des musique qui sonnent aussi bien dans les trois langues, le français, l’anglais, le provençal. Nicols nous charme même avec ses propres compositions qu’il a créée dans le petit village des Alpes Maritimes, Guillaumes à qui il rend hommage à son château chanté par Andréa Caparros, belle sirène venue du Brésil toute de strass vêtue, à la voix ensorcelante, sous le regard de José son guitariste de père qui joue dans le Big Sud.
Ce métissage est une belle réussite et cette soirée restera un grand moment musical de ce sympathique festival fait de passion, d’amitié, de rencontres inattendues. Nougaro chantait « Le jazz et la Java », nos amis chantent « Le jazz et la Provence ».
A noter encore le talent multiple de Nicolas Folmer qui, auteur-compositeur doué, les chante avec une voix et une rythmique incroyablement ressemblantes à celles de Michel Legrand dont il est un fervent admirateur.
Et ce duo fort émouvant, le traditionnel provençal « Se canto » qu’ont interprété en provençal Andréa et la trompettiste Shekina Rodz qui a également une voix d’ange.
On se souvient de cet hommage qu’il nous avait offert l’an dernier à la Villa Simone de Six-Fours.
Malgré l’averse qui a failli tout gâcher, ce fut une éblouissante soirée sous les pins de l’Argentière.
Jacques Brachet








