
C’est vrai que je ne m’attendais pas à ce que j’ai vu et entendu durant ces deux concerts au Festival du Château de Solliès-Pont !
En effet, pour avoir suivi « Star Academy », j’avais découvert une belle jeune femme au regard infiniment bleus, un peu tristes, un peu timides mais avec une voix forte et nuancée à la fois, qui vous donnait les frissons.
Sortie de l’émission, même si elle ne fut que seconde, son destin était là et très vite, les prix, des NRJ Music Awards aux Victoires de la Musique, ont plu sur la chanteuse.
Bien sûr, comme dans tout concours, de la « Star Ac’ » à « The Voice », on fait très vite partir les apprentis en titre en tournée, malgré le peu de chansons à leur actif et de présence sur scène. Certains ne s’en sont pas relevés mais business is business, aujourd’hui le métier exige un rapport qualité-prix immédiat.
Avant… Mais je vous parle d’un temps !… l’artiste passait en lever de rideau puis en vedette dite « anglaise » avec trois chansons, puis en vedette dite « américaine », faisant la première partie d’un artiste confirmé, puis en vedette avant d’atteindre, quelques années plus tard, le récital.
Aujourd’hui, grâce à ces émissions et aux réseaux sociaux, l’artiste est propulsée en star en quelques semaines et c’est la folie. Quelquefois, hélas, épuisés car sans métier bien solide, c’est en trois ans la fin de l’histoire.
Mais bon, ne soyons pas pessimistes et lorsqu’on voit Héléna sur scène, pleine de joie et d’énergie, sans compter une voix sublime, on se dit qu’elle est faite pour durer.
Contrairement à la fille timide de l‘émission, on découvre une femme belle, qui tient la scène avec quatre musiciens d’enfer et huit danseurs qui l’accompagnent.
Elle a un contact immédiat avec un public acquis, en majorité de filles, qui connaissent toutes ses chansons par chœur. Je dois dire que je n’en connaissais que deux ou trois de son répertoire mais toutes ses chansons sont efficaces, que ce soient des mélodies romantiques ou des chansons très énergiques. Les mélodies sont belles, les textes sont intéressants, abordant des sujets d’aujourd’hui et de sa génération… Et ça marche du feu de Dieu !
Le lendemain, autre style, autre ambiance mais un public tout aussi volcanique, pour accueillir Kenji Girac.
Là aussi, je l’avoue humblement, je m’attendais à des espagnolades et pourtant…
Pourtant, déjà il a pour lui un capital sympathie énorme. Il est beau, il est chaleureux et sa voix est superbe.

Il a évidemment plus de métier qu’Héléna et l’on ne compte plus les succès qu’il a accumulés au fil des ans. Depuis sa découverte dans « The Voice » qu’il gagna haut la main, il n’a cessé de nous surprendre avec des tubes plein de punch ou des chansons plus intimistes que reprend en chœur tout le public avec lui.
On sent le plaisir qu’il a à chanter, à communiquer avec son public, sans compter qu’il a un talent fou de guitariste et que sa voix et pleine de chaleur. Un bel orchestre de cinq musiciens l’accompagne, à noter un superbe trompettiste complètement en osmose avec lui.
J’avais peur que toutes les chansons se ressemblent un peu mais elles n’ont en commun que l’énergie d’un chanteur-guitariste accompagné d’un chœur de fans qui ne cessera, d’un bout à l’autre du concert, de chanter avec lui, de crier, de lever les bras, de danser.
Bref, ce fut une véritable fête.
Dommage qu’aujourd’hui tous ses artistes très encadrés refusent toute rencontre, toute interview. La presse régionale, l’entourage ne connait pas ! Certains ne savent même pas qu’on leur a demandé une interview !
Mais les interviewes, c’était une autre époque, ma bonne dame !
Jacques Brachet

