
Ce beau garçon aux yeux bleus est comédien… Et ardéchois !
Il vit de ses passions, le cinéma et le théâtre, qui le font vibrer, l’Ardèche, son pays natal dont il s’éloigne quelquefois pour aller voir du côté de l’Amérique, pour s’y installer quelques années mais revenir vers son Ardèche qui lui manque dès qu’il est aux Etats-Unis, comme les Etats-Unis lui manquent dès qu’il est en Ardèche !
Mais l’Amérique est toujours là et, chaque année le voilà qui s’envole vers Los Angeles.
Etant tous les deux « Ardéchois cœur fidèle et Gémeaux de surcroit, nous aimons nous retrouver dans notre région de prédilection et nous faisons le point sur sa vie d’artiste qui aime prendre des chemins divers.
« Alors… Les nouvelles ?
Chaque année, fin octobre, début novembre à Los Angeles, se déroule le festival du film français. J’ai un ami, Randal Kleiser, dont l’un des premiers films qu’il a réalisé est « Grease » Il était alors à l’école du cinéma USA, il était le colocataire d’un certain George Lucas avec lequel il était pote à l’université. « Grease » a été son premier gros succès puis il a poursuivi sa carrière avec des films comme « Croc Blanc », « Le lagon bleu ». Il adore le festival du film français et c’est là que nous nous sommes rencontrés. Ça fait deux ans que, pendant le festival, je loge chez lui, dans une super « barraque » hollywoodienne fantastique et du coup, ça me permet de rencontrer des cinéastes importants.
Et ça a donné quoi ?
(Sourire) De faire de belles rencontres avec des cinéastes français, de prendre leurs contacts, de leur envoyer des infos en espérant que ça débouchera sur d’autres choses. J’ai fait de belles rencontres mais après, ça prend du temps Je pense y retourner l’année prochaine car je dois t’avouer que, après y avoir vécu quelques années, Los Angeles me manque, les amis que je m’y suis fait, la façon de faire les choses à la californienne, à la hollywoodienne.
Bon, je peux en savoir plus où bien tu es superstitieux ?
Ce n’est pas que je sois superstitieux, mais je trouverais bizarre que certains puissent lire l’article qu’ils pensent que je leur force la main ou simplement que je me fasse des illusions.
Hollywood c’est quand même très loin de de l’Ardèche !
Oui, mais si je m’y installais, l’Ardèche me manquerait encore plus !
C’est beau l’Ardèche mais c’est un peu limité pur y faire une carrière, non ?
C’est vrai qu’ici, les contacts, c’est un peu difficile.
Et tu n’as toujours pas envie d’aller au moins à Paris ?
Si… Ça commence… Enfin, je suis prêt à ne plus être basé qu’en Ardèche mais…
Mais ?
Je suis très bien en Ardèche ! J’y donne un cours de théâtre, je retape une maison de famille et je t’assure, je vais très, très bien et ça, c’est le plus important. A partir de là, je développe des projets qui prendront le temps qu’il faut. Au travers de ces projets, en allant à Avignon, de temps en temps à Paris, je rencontre des artistes dans le théâtre et j’aimerais qu’il y ait un débouché qui m’emmène sur Paris… Tout en gardant la moitié de ma base en Ardèche !
Il y a des choses qui se concrétisent ?
Il y a un long métrage qui sort le 7 août, qui s’intitule « Les gendarmes », avec Arnaud Ducret, Alice David et Fred Testot, réalisé par Stéphan Archinard et François Prévos-Leygonie. C’est tiré d’une BD à succès et produit par Bamboo Prod.
Et avec ton cours de théâtre ?
Nous avons une représentation de fin d’année à Aubenas, le titre en est « Fragments … De Rabelais 0 Brecht en passant par Almodovar ». Ce sont des extraits de scène, On a un bout de « Gargantua » de Rabelais, « La bonne âme de Set chouan » de Brecht, « En attendant Godot », « Qui a peur de Virginia Woolf »…
Tu n’as pas choisi les plus faciles !
Du tout, du tout ! Ça a été énormément de travail.
Mais lorsque je suis parti aux Etats-Unis, j’ai perdu une grosse partie de mon répertoire de travail…
C’est-à-dire ?
En cours, en école de théâtre, à Hollywood en général tout acteur continue toujours à prendre des cours avec des profs très « Actor Studio ». J’ai pris quelques cinq, six années de cours là-bas avec des profs qui comptent dans leur répertoire des scènes de travail hyper appropriées sur un mois. Nombre de ces pièces ne sont pas, ou sont mal traduites et pour cinq à dix minutes d’une scène il me semble que j’ai perdu 80% de mon répertoire de travail. Toutes les pièces qu’on fait, sont des pièces sur lesquelles je n’ai jamais bossé, ça a donc été un énorme travail, une espèce de saut dans l’inconnu mais c’est la plus belle chose à faire.
Tu y es là en tant que quoi ? Comédien ? metteur en scène ?
En tant que metteur en scène. Je ne joue pas.
Et le comédien n’est pas frustré ?
Non, là je suis prof de théâtre, je les mets en scène, je les coache, je les dirige, je les encourage, je les pousse à aller aussi loin qu’ils peuvent dans la démarche théâtrale et j’aurai d’autres occasions de jouer.

Avec deux des élèves, on songe à monter une pièce mais c’est compliqué à monter, manque de temps, d’argent. Mais on reste sur l’idée de monter cette pièce autour d’un peintre, Rothko, un peintre new-yorkais émigré de Russie. Une pièce magnifique qu’avait jouée Niels Arestrup, que j’avais vue à Paris, j’ai vu aussi vu une version anglaise à Broadway. Je devrais la jouer avec un mec fantastique, David Albrand, qui est bouquiniste au marché d’Aubenas, est passionné de peinture et qui connaît ce peintre.
Il est parfait pour le rôle mais c’est un travail de dingue. Ça fait deux ans que nous bossons dessus et l’on n’en est qu’à la moitié. Mais, bon, je ne désespère pas d’y arriver.
Et avec tes élèves, tournes-tu le spectacle ?
Avec ce spectacle de fin d’année, on va voir comment ça va se passer. Il se jouera au centre Le Bournot à Aubenas.Après, il faudrait monter une pièce. A la rentrée, je vais aussi animer des stages en entreprises.
Mais enfin, Paris, ce ne serait pas mieux pour toi ? Rester à Aubenas, ça ne restreint pas ton panorama ?
(Il rit) Je sais que tu te fais du soucis pour moi mais Jacques, j’insiste, je t’assure, je vais très, très bien !
Justement, tes projets ?
Il y a un gros projet mais je préfère ne pas en parler. Peut-être que d’ici la fin de l’année, j’aurai quelque chose à te dire.
Propos recueillis par Jacques Brachet






