
Avec Anthony Joubert, c’est une vieille complicité qui s’est créée au bord d’une piscine où j’ai mis deux heures à faire mon interview, tant, après une question-réponse, il partait plonger, alors que je l’attendais en plein cagnard !
C’est un garçon volubile, d’une grande gentillesse, qui a toujours la pêche et chaque rencontre est un vrai plaisir, surtout lorsqu’on se retrouve en plus avec deux amis six-fournais : Eddy Benalal, réalisateur et scénariste et Franck Trapelas, scénariste, de la série « Drôle de zinc » que vous pouvez retrouver sur You Tube.
Avec son bel accent bien de chez nous que l’on prend du côté d’Arles, il me raconte sa vie à cent à l’heure car c’est un fada de travail et de passions qu’il enchaîne et même qu’il cumule sans jamais respirer et en dormant peu. Un vrai stakhanoviste qui passe d’un one man show à une pièce de théâtre, d’une série à la chanson… Bref, comme le furet, il passe partout avec une incroyable énergie.
Je pensais qu’il était en tournée avec la fameuse reprise de la pièce iconique « Un dîner de cons « … Oui mais… Pas que !
« Alors, je viens parler d’une pièce avec toi et voilà que tu m’énumère un tas d’activités !
(Il rit)… Non… Pas tant que ça ! Mais je m’amuse surtout et j’ai plein d’envies et de projets.
Alors, commençons par ce « Dîner de cons » que tu emmènes en tournée. C’est nouveau pour toi !
Ce n’est pas si nouveau que ça, car ça fait un peu plus de trois ans que je fais aussi du théâtre. J’ai commencé avec une petite compagnie. Mais j’ai toujours rêvé de jouer ce personnage de François Pignon. Tout le monde a vu la pièce ou le film et on ne peut pas faire mieux que Jacques Villeret. Il est et restera le meilleur con qui existe. Par contre, on peut nuancer le personnage. Je le voulais un peu plus naïf et à la sauce provençale. C’est un nouveau François Pignon et apparemment le public adhère. La pièce commence à devenir ancienne et je la dépoussière un peu. Par exemple, à la création, le portable n’existait pas et comme on est sur un téléphone, j’essaie de l’exorciser pour faire comprendre au public pourquoi le téléphone est là. Et plein de petits détails de ce genre pour mettre la pièce au goût du jour.
C’est donc toi qui as monté la pièce ?
Oui car j’étais avec une compagnie et on me la demandait un peu partout. J’ai donc demandé les droits qu’on m’a donnés. Ca a tout de suite accroché. Et ça marche ! Je suis très heureux.
C’est donc une compagnie que tu as montée, entièrement provençale !
Oui, ils sont de Montpelier, d’Alès, de Marseille. Ça reste très méridional et ça marche du feu de Dieu, Nous venons de Corse où nous avons ajouté des dates, je n’ai pas le temps de m’ennuyer, d’autant que je joue aussi une autre pièce…
Raconte…
C’est une nouvelle pièce que j’ai écrite, « Le sosie ». J’y ai mis tout ce que je voulais mettre dans « Le dîner de cons », que je n’ai pas pu mettre, du coup, j’ai réécrit une nouvelle histoire avec plein de clins d’œil. C’est l’histoire d‘un mec qui va se marier et qui dit à sa future femme qu’il est le meilleur ami de Ricky Jones, sorte de Johnny Hallyday. Elle veut le rencontrer et comme il ne le connaît pas, il cherche un sosie qu’il va trouver, une sorte de François Pignon et qui se trouve être un ami d’enfance.
C’est pour quand ?
C’est déjà parti ! On va la jouer à Alès, au Festival d’Avignon, Châteauneuf-les-Martigues….
Et tu mènes les deux de front ?
Oui… Avec aussi mon one man show « A quel moment ça a merdé ? » Et puis je vais prendre un troisième spectacle que je vais jouer à Paris « La photo de mon pote »
Et c’est tout ??? Quand tu as un creux, tu fais quoi ?
Il y a aussi les vidéos que je fais avec mes deux potes Eddy et Franck. Et je vais retourner sur « la série « Plus belle la vie » ! Je joue un rôle à la fois drôle et touchant, qui cherche l’amour. C’est un personnage qui me correspond et qui touche les gens. Amour/Humour, ça me va bien.
Mais, même si c’est quelquefois un peu fatigant, tous les jours sont différents, ma vie n’est pas monotone. C’est une passion et j’aime passer d’une pièce à l’autre, d’une série à une chanson…
La seule chose qui m’ennuie c’est de ne plus avoir le temps de jouer à la Play station !
Ton one man show est toujours le même ?
Oui, le personnage est un peu plus élaboré que dans la saison 2, un peu plus piquant. Il évolue. J’ai grandi, j’ai pris de l’âge et j’en parle, par rapport à ce que je faisais avant, ce que je vis aujourd’hui. A 40 ans passés, je fais un vrai bilan de vie

’âge a l’air de te préoccuper !
Oui, énormément. Je me rends compte qu’aujourd’hui, pour les jeunes nous sommes des darons et je me dis qu’en fait, je n’ai pas grandi dans ma tête. J’ai connu l’époque où on pouvait aller aux toilettes sans téléphone. Si un jeune ne l’a pas, il fait une occlusion intestinale !!! On est tous menés par le téléphone, on filtre avec ça. On peut rire de tout ça mais ma jeune génération, pour moi, a été la plus belle. En boîte de nuit, on sautait ensemble mais on se prenait dans les bras. Ça, c’est fini. Je me rends compte que je suis un vieux con. Du coup, j’en ai fait une chanson qui s’intitule d’ailleurs « Vieux con »
Ah… Parce que tu chantes aussi ! A quand le disque ?
Il est déjà sorti ! Nous avons fait six millions de vues. Je ne suis pas chanteur, je ne finirai jamais chanteur mais j’aime bien pousser la chanson de temps en temps. J’adore créer.
On parle aussi de « Drôle de zinc » que tu fais avec tes deux complices ici présents …
C’est une petite série qui m’a énormément plu car le producteur laisse faire le personnage, le laisse vivre. Si on ne dit pas le bon mot, ce n’est pas grave, du moment que ça reste humain et c’est ce qui est sympa. On a fait une petite séquence avec le comédien Moussa Maaskri qui a été formidable. Au tournage, il faisait tout pour me faire rire et j’aurais pu exploser mais j’ai tenu le coup.
Vous allez continuer ?
On voudrait, mais le problème est qu’il faut aller à Paris car les décideurs sont là-haut !
Tu y vas quand même ?
Malheureusement oui !
Bon, on a fait le tour ?
Ah, j’ai oublié : J’ai deux livres en préparation !
A part ça… Heureux ?
Oui, je m’amuse beaucoup et L’essentiel est de toujours prendre du plaisir et de ne pas aller au bout de ses rêves…
Pourquoi ???
Pour pouvoir aller beaucoup plus loin !!! »
A noter que nous ne pouvons pas vous parler de ce « Dîner de con » car dans certains salles de spectacles à Six-Fours, la presse est personna non grata. Donc, on ira voir la pièce ailleurs !
Propos recueillis par Jacques Brachet







