
Quentin est un jeune garçon de 18 ans dont la passion est le cinéma. Il est amoureux de Marie et lorsqu’en option du bac, il décide de tourner un court métrage, « Le scénario de l’amour » il lui propose de jouer le rôle féminin.
C’est le scénario du film de Jocelyn Ramirez qui, comme son héros, a tourné ce court métrage dans le cadre de son bac. Les ressemblances entre Quentin et Jocelyn s’arrêtent là mais ce film permet au jeune réalisateur de 18 ans, d’obtenir un prix à son propre bac.
Et sa belle histoire commence !
Du coup, Pascale Parodi, présidente de l’association « Lumières du Sud » décide de l’inviter à l’ouverture de la saison, lundi soir au Six-N ’Etoiles.
Un court métrage déjà bien maîtrisé malgré le jeune âge du réalisateur, un grand gaillard discret, encore un peu timide mais déjà très déterminé et qui est loin d’en rester là.
J’avoue que j’ai aimé son film plein de tendresse et d’émotion, dont on ressent déjà cet amour du 7ème Art. Et j’avoue aussi aimer rencontrer ce jeune sanaryen attendrissant, dont, dit-il, le cinéma est une obsession.
« Jocelyn, raconte-moi ta jeune histoire d’amour avec le cinéma
J’ai 18 ans mais j’ai fait ce film alors que j’avais 17 ans. Et depuis l’âge de 11 ans, j’ai toujours été passionné par le cinéma, sans vraiment savoir pourquoi…
Il n’y a personne dans ta famille qui te l’ait fait aimer ?
Non, personne dans mon entourage n’est cinéphile, de près ou de loin et je ne sais toujours pas pourquoi j’ai décidé d’aller voir tous les films que je pourrais voir. Je suis passé de 5 films en 2018 à 200 films en 2019 ! A partir de là je me suis dit que je serais réalisateur et scénariste. C’est une vraie passion et je ne sais pas pourquoi !
Ce premier film est donc biographique ?
Il a des aspects biographiques même si ça ne l’est pas vraiment car l’histoire d’amour n’est pas la mienne. Dans ce film, je voulais surtout montrer l’importance du cinéma, de la passion en général. Il montre à quel point ça peut nous aider à aller plus loin. Quentin à quelque chose de moi mais je pense que chaque film nous ressemble quelque part. Dans tout ce que j’ai fait à partir de ce moment, depuis mes 11 ans, toutes mes sorties, toutes mes rencontres, je les ai faites dans l’optique de pouvoir un jour vivre de ce métier.
Ce premier court métrage est venu comment ?
J’ai écrit ce scénario pour le bac, comme dans le film. Puis, j’ai essayé de le professionnaliser en lançant une campagne Ulul, sorte de cagnotte en ligne, en échange d’une contrepartie. J’ai récolté 3.000 Euros, ce qui m’a permis de payer mes acteurs, des chefs de postes et de faire un film qui soit mieux techniquement et artistiquement. C’est très peu pour un court métrage.
Ça coûte combien en général ?
En France, en moyenne, ça coûte 140.000 Euros… On en est loin !
Mais bien sûr, je l’ai fait pour mon bac mais surtout pour qu’il devienne en quelque sorte une carte de visite pour le présenter dans des festivals. Depuis, j’en ai fait un deuxième, un petit film de trois minutes , (« Le scénario de l’amour » fait un peu plus de dix minutes) que j’ai présenté au Fort Balaguier à la Seyne et qui a gagné un prix…
Mais c’est la gloire !
(Il rit) Le premier a été sélectionné au festival « Jeunesse en court », à Villeneuve les Maguelones dans l’Hérault , sur 1.200 films reçus, j’ai été sélectionné et j’ai reçu le grand prix !
Dis-donc, ça démarre fort pour toi !
Je me suis donné les moyens, c’est une vraie passion, c’est même une obsession. Le but est de pouvoir faire connaître ce film et de pouvoir continuer à faire ce que j’aime et peut-être aussi trouver un producteur. Ce film est en autoproduction grâce à cette cagnotte, mais je ne peux pas continuer comme ça si je veux en vivre.
Parle-moi de ces deux comédiens qui sont formidables
Ce sont Gaspar Zabela-Guyot et Emilie-Rose Paoli.
J’avais fait plusieurs castings sur deux semaines, avec une agence, j’avais aussi repéré des profils en ligne. Il y avait quelques profils assez intéressants mais on n’a pas eu vraiment de coup de cœur. Jusqu’à ce que je me retrouve à une conférence au festival « Tout court » d’Aix-en-Provence. Je remarque alors plusieurs profils qui pourraient ressembler à Quentin. Puis je tombe sur Gaspar et Emilie qui sont un véritable couple. Ils avaient déjà joué dans un court métrage. Coïncidence de fou car ils avaient le look que je cherchais, cette alchimie qu’il y avait entre eux dans la vraie vie. Elle est plus à l’aise que lui qui est plus timide et c’était exactement ce que je cherchais.
En plus, pour eux c’était naturel. Ils ont été d’accord pour faire un casting et d’ailleurs, ils ont même improvisé quelques dialogues qui correspondaient tout à fait au film. Ils avaient vraiment compris les personnages. Par contre, ils n’ont pas encore vu le film !
Et ce « petit » film de trois minutes sans dialogues…
Que je viendrai présenter à « Lumières du Sud » avec mon comédien. Il s’intitule « Sous tes yeux ». Il a gagné le coup de cœur du jury présidé par Chantal Fisher. Je l’ai réalisé pour le concours de l’école de la Ciné-Fabrique, en reprenant la même équipe dont mon chef opérateur Yohanan Robberechts.
Nous avons tourné cachés dans le métro car c’est interdit. Nous l’avons réalisé et terminé en moins de deux semaines !
Où « Le scénario de l’amour a-t-il été tourné ?
Sur trois lieux : Sanary, la Ciotat et Ollioules. Pour l’équipe j’ai rencontré le collectif Radio Sardines que j’ai rencontré à l’Eden à la Ciotat et au festival d’Angoulême. Ils m’ont vraiment accompagné sur la préparation du film. C’est en quelque sorte une coproduction. Nous avons tourné sur trois jours pour quatorze minutes… C’est pas mal non ? Mais ça a été intensif. »

Intensif mais on voit le résultat !
Aujourd’hui, le voici qui s’en va à Paris faire ses études à la Sorbonne Nouvelle en licence de cinéma, et en parallèle, il bûche sur un nouveau scénario sur le milieu des humoristes, un milieu qui l’intéresse et qu’ii veut traiter de manière plus dramatique, sur leur solitude et cet attachement qu’ils ont à leur personnage. Il veut développer cette idée de clown triste.
Voilà où en est ce très jeune réalisateur qui nous promet de beaux moments cinématographiques, je n’en doute pas. Quand talent et passion font bon ménage, ça ne peut que lui donner un bel avenir !
Propos recueillis par Jacques Brachet




