Paprika, le drôle de petit chien rouge
 de Luc PATENTRIGER

Paprika est né de l’imagination de Luc Patentreger.
Qui est Luc ? Un médecin à la retraite, un ancien politique,  à la fois philosophe et plasticien, amateur de photo et de cinéma au point de créer un festival et créateur de Paprika 
Qui est Paprika ? Un drôle de petit chien rouge  devenu son compagnon de route avec qui il philosophe, il poétise, il joue les journalistes, les penseurs et tous les deux explorent l’univers, témoins de la vie sur terre et sous terre.
Le voici installé  jusqu’au 30 août dans une belle galerie, la Maison Pouillon, dans le parc Fernand Braudel, face à la plage des Sablettes et dans lequel, Paprika est sorti de ses BD pour devenir un personnage en papier mâché et déambuler à travers ce lieu paisible et beau.
Je ne pouvais pas manquer cette invitation à ce voyage philosophique et spirituel, en rouge et blanc d’abord jusqu’à ce que déboulent toutes les autres couleurs, témoins de la vie d’au-dessus etd’en-dessous, d’hier et d’aujourd’hui en suivant les traces de ce petit chien rigolo et facétieux, plein d’humour et d’ironie… Mais pas que.
C’est une exposition drôle, ludique et pleine d’enseignements.
Sans compter l’amitié que je porte à Luc, j’admire sa vie si pleine et si riche faite de passion et de curiosité.

« Luc, raconte-moi cette exposition…
Elle s’appelle « Paprika, invisible présent »
D’abord, pourquoi Paprika ?
Paprika est né il y a dix ans et demi, le 7 janvier 2015, suite aux attentats de « Charlie Hebdo » dont je suis un fidèle lecteur depuis 40 ans et ça a été pour moi un véritable traumatisme, pour moi comme de nombreux Français d’ailleurs, J’ai vraiment eu du mal en m’en remettre. Je suis médecin, le sujet de ma thèse a été « Maladie et création picturale » J’y traitais d’art thérapie. Le jour suivant ce 7 janvier, je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose de cet art thérapie.
C’est là qu’est né Paprika ?
Oui. J’ai repris mes crayons, mes papiers et j’ai commencé à dessiner, faire des livres en compagnie d’Yves Benhamou qui écrit les textes, comme ce que faisait Charb, le directeur de Charlie Hebdo avec son petit chien et son petit chat, Maurice et Patapon. J’ai trouvé ce chien comme ça. Etant écolo, il ne pouvait pas être vert, c’était trop évident. J’ai choisi le rouge car on le repère de loin et surtout parce que ma femme, Martine, que j’ai connue il y a trente ans, m’a fait découvrir le paprika, ce piment doux qu’elle utilise beaucoup. Je me suis dit que ce serait Paprika car c’est un « piment de chien », il ne mord pas, il mordille, il alerte sur l’état de la planète.
Et que faites-vous ensemble ?
Nous nous parlons de la Nature, de la vie et du lien entre les gens, les éléments, les plantes. Trois thèmes qui me tiennent à cœur. Depuis dix ans je crée des bandes dessinées, des romans graphiques et illustrés, qui parlent de ces liens.

Donc, ton chien s’est échappé de tes BD ?
Depuis deux ans, je me suis lancé dans la sculpture, et Paprika est né dans cette autre forme et fait l’objet d’un triptyque. Le premier chapitre est né l’an dernier intitulé « La croisée des chemins » dans lequel je parlais des cinq éléments : terre, feu, eau, air, espace. Cette année je parle de « L’invisible présent ». L‘an prochain, le troisième s’intitulera « synapse »
Parle-nous donc de celui qu’on découvre aujourd’hui…
Ce sont les trois éléments qui nous animent, trois récits.
Dans le premier, on découvre Paprika dans différentes situations : il marche, il vole, il médite, il fait du skate, il s’éclate, il est pris dans des vagues d’eau, de vent. C’est le mouvement des êtres vivants sur cette planète. Et on le retrouve entre autres aux Sablettes, lieu que j’apprécie particulièrement.
Dans le second récit, je raconte ce qui se passe sous terre car 90% du vivant est sous nos pieds. Les humains, les animaux, les plantes, ne représentent que 10%. Donc le reste est invisible et pourtant essentiel. Pour parler du sous-sol de manière artistique, je pars des graines, des racines, des filaments, des feuilles et la canopée..
Enfin, la troisième histoire, c’est le cycle du langage, celui qui est immatériel, en partant des lettres de l’alphabet, qui sont comme les graines, les ponctuations et les chiffres sont les filaments qui donnent du rythme, on arrive aux mots dans les feuilles, ces mots organisés forment des pensées et c’est la canopée.

C’est très symbolique… C’est de la philosophie…
Oui car ces trois récits forment comme les trois brins de l’ADN entremêles et l’ADN est le symbole de la vie.
C’est bien joli tout ça mais comment les enfants et les communs des mortels peuvent-ils comprendre ton cheminement ?
Rassure-toi, lorsque viennent des enfants (et même de leurs parents !) je me mets à leur niveau, pour leur explique la Nature de la façon la plus simple possible. Mais je serai là tout le temps. La première salle est pour les gens du cru qui adorent les Sablettes et Paprika y est présent. A côté, nous sommes dans l’invisible présent. Présent signifie que nous sommes dans ce lieu, c’est l’espace. C’est aussi par rapport au passé et à l’avenir, c’est le temps. Mais le troisième sens est « cadeau » et la vie est un véritable cadeau et la plus belle des richesses.
Et cette toile pleine de pensées multicolores ?
Ce sont des messages comme « En politique la fidélité est plus rare que l’amour » Et je parle en connaissance de cause ! Celle qui est au milieu « Je t’aime et en plus je suis amoureuse » est de Martine. C’est un hommage à ma femme. Mais les gens peuvent écrire un mot, mettre leur adresse sur une table et à la fin de la journée, lorsque les feuilles sont remplies de mots, il y a un tirage au sort et celui qui est tiré au sort peut emporter l’œuvre.
En fait, je veux que les gens soient en immersion, que ce soient des relais, du partage, des échanges entre les gens et les œuvres. C’est aussi pédagogique car je continue mon militantisme défenseur de la Nature par l’art ».

Nadia Garnier, responsable de la galerie, Luc Patentriger, Fergie Loricort,
bénévole de l’association Cité Conviviale

Propos recueillis par Jacques Brachet
Exposition jusqu’au 30 août
Maison Pouillon – Parc Fernand Braudel – Les Sablettes
06 09 53 75 60 – www.paprikart. org