Archives mensuelles : juillet 2026

Jacqueline FRANJOU… La folle histoire de Ramatuelle

Etant ami avec Jean-Claude Brialy, nous nous rencontrions souvent lors de ses tournées théâtrales.
En 1983, je crois, il passe à l’Opéra de Toulon où nous nous retrouvons.
Là, il me dit qu’il a une nouvelle à m’annoncer : Il va créer à Ramatuelle un festival en hommage à Gérard Phillipe qui y a vécu et y est enterré.
Pourquoi Ramatuelle ?
Tout simplement parce qu’une conseillère municipale, vice-présidente de l’Office du Tourisme, nommée Jacqueline Franjou, vient lui demander d’être le directeur artistique d’un festival qu’elle veut y monter dans un théâtre… qui n’existe pas !
Il pense avoir affaire à une folle et pourtant, quelques mois plus tard elle fait surgir de terre un théâtre, deviendra présidente du festival et Biraly la suivra, y devenant le directeur artistique, avec pour marraine Anne Philipe, l’épouse de Gérard.
Il est vrai qu’ayant un nombre incalculable d’amis artistes, le programme est vite conçu, le festival démarre alors qu’il n’y a pas encore de loges et Jean-Claude m’entraîne dans l’aventure.

Le succès est aussitôt au rendez-vous, il est et reste l’un des seuls festivals à avoir tenu la route puisqu’il existe depuis plus de 40 ans !
Entretemps l’ami Jean Claude nous a quittés, remplacé par Michel Boujenah qui a repris les rênes dans la lignée de son créateur.
Jacqueline est toujours là, fidèle au poste et elle a ajouté, juste avant le festival, trois belles nuits classiques, avec des artistes prestigieux.
« Je voulais ajouter ces trois soirées parce que je pense que la musique classique est un prologue et un atout supplémentaire au festival, la musique faisant partie des arts et de la culture et je pense qu’il n’y a pas de séparation avec les autres arts. Ca ajoute même un plus au festival et je crois que Gérard Philipe et Jean-Claude auraient apprécié, tous deux aimant cette musique ».
Avec Jacqueline, on se rencontre donc au festival mais aussi en tant que présidente de l’association « L’œil en scène », où elle nous propose, avec Cyril Bruneau, de magnifique expos photos, à la Villa Tamaris à la Seyne et à la Villa Simone à Six-Fours (Voir article rubrique expos)
Encore une beau programme que nous a concocté Michel qui a dit adieu l’an dernier à Maxo, Julot, Guigui, ses « Magnifiques » adorés, au festival et revient cette année avec une pièce de théâtre qui n’engendre pas la mélancolie.
Jacques Brachet

PROGRAMME 2026

Les nuits classiques
29 juillet : 9ème symphonie de Beethoven. Opéra de Toulon
30 juillet : « Misatango/Boléro) – Ballet Julien Lestel
31 juillet : Lambert Wilson, Pierre Génisson, Bruno Fontaine : « Songbook », les incontournables de la chanson française et les grands standards américains.
Le festival
1er août : « Emmanuel 2 » Manu Payet
2 août : « Le bourgeois gentilhomme » de Molière avec Jean-Paul Rouve
3 août : « Toute la famille que j’aime »de Sacha Judszko & Fabrice Donnio, avec Michel Judaszko avec Michel Boujenah
4 août : »Dolores » de Stéphane Laporte, avec Olivier Sitruk
5 août : «  La Joconde parle enfin » de Laurent Ruquier avec Marina Karimon
6 août : « Une heure à t’attendre » de Sylvain Meynac avec Thierry Frémont & Nicolas Vaude
7 août : « Je m’appelle Georges, et vous ? » de Gilles Dyrek avec Mélanie Page et Mathieu Coniglio
8 août : Jeanne Cherhal en concert
9 août : « Ça va, ça va » de et avec Camille Chamoux
10 août : « Dans le couloir » de et avec Jean-Pierre Daroussin, avec Christine Murillo
11 août : « Douze hommes en colère » de Reginald Rose
12 août : Bénabar

Avec Cyril Bruneau



La Napoule Art Foundation reçoit
Erin Leann Mitchell & Kaitlyn Tucek

Nichée entre les roches rouges de l’Estérel et la Méditerranée, La Napoule Art Foundation offre un cadre unique où patrimoine, création contemporaine et paysage se rencontrent. Le vernissage sera également l’occasion de découvrir ce lieu de résidence et de création exceptionnel dans une atmosphère conviviale, sur les terrasses du Château face à la mer.
La Napoule Art Foundation accueille cet été une nouvelle exposition
Dans ce lieu magnifique, les expositions ne sont pas simplement installées : elles se construisent au fil des rencontres, des résidences et du dialogue avec le Château. C’est dans cet esprit qu’est née « Mise en abyme »,une exposition réunissant pour la première fois Erin Leann Mitchell et Kaitlyn Tucek, deux artistes ayant séjourné en résidence à La Napoule Art Foundation.

Présentée du 12 juillet au 20 septembre 2026 à la Galerie Blanche du Château de La Napoule, l’exposition explore les notions de mémoire, de répétition et de récits fragmentés à travers un dialogue entre peinture, textile, installation et pratiques expérimentales. Un finissage de l’exposition est également prévu le dimanche 20 septembre. 

La Napoule Art Foundation – Château de La Napoule – 06 22 38 01 36 – www.LNAF.org

La Roque d’Anthéron – Abbaye de Silvacane
« Murmures » – Alain de PONTAVICE

L’exposition « Murmures se déploie dans l’abbaye où la lumière joue avec subtilité sur les volumes et les œuvres selon la course du soleil.
Le décor épuré, marqué par l’absence d’ornement et de figures, instaure une atmosphère de sérénité qui enveloppe le visiteur dans un silence propice à l’apaisement, et à la contemplation des œuvres d’Alain du Pontavice.
Érigée à partir de 1175 à La Roque d’Anthéron, l’abbaye de Silvacane est un joyau de l’art roman cistercien.
Elle constitue l’un des joyaux architecturaux de Provence, parfois méconnu face à ses sœurs plus connues, Sénanque à Gordes et Le Thoronet dans le Var.
Elle a célébré l’an dernier son huit cent cinquantième anniversaire.

Un dialogue entre art et méditation

L’abbaye devient un espace immersif où patrimoine millénaire et création contemporaine se rencontrent, offrant un voyage intérieur, recueilli et serein, à la mesure de l’histoire et de la beauté du lieu.

Érigée entre le Luberon et la chaîne des Côtes, sur la rive gauche de la Durance, l’abbaye cistercienne offre un cadre unique pour l’exposition « Murmures », installée pour quatre mois dans ce lieu propice à la méditation. Les créations d’Alain du Pontavice entament un dialogue sensible avec le dessin épuré de la pierre et les variations de lumière. Elles apparaissent comme autant d’empreintes sensibles, évoquant les murmures de l’être et de la nature. Ces traces vibrantes éveillent des impressions intimes et vivantes chez le visiteur, invitant à une expérience contemplative où art et spiritualité se répondent.
Une quarantaine d’œuvres occupe plus de 700 m² répartis dans trois espaces majeurs : le dortoir, le réfectoire et la salle capitulaire, tandis que l’armarium est consacré à une vidéo immersive visuelle et sonore. Aux trois salles répondent trois séries de peintures à l’huile sur toile et métal auxquelles font écho des installations composées de minéraux, sable, textiles, argile et métaux.

« C’est le processus, l’immersion dans l’inconnu dans l’acte de peindre, qui est ici le plus précieux, car il a force de révélation pour moi, il ne s’enferme pas dans le seul travail des formes. La peinture ouvre en moi des territoires longtemps pressentis — propres à l’être intérieur — qui demandaient à être mis au jour.
J’ai voulu mettre en miroir l’organique à l’état brut au travers de la présence de deux monolithes extraits de carrières d’ardoise avec des stèles issues de mon imagination et d’autres cultures, créées par l’homme sur toile ou métal. »

L’artiste a investi l’armarium, cette petite salle voûtée où étaient rangés les livres de prière et d’étude, pour y proposer une expérience immersive. Quatre vidéos d’une minute projetées sur écran géant invitent à un voyage sensoriel, visuel et sonore à travers une animation de toiles Murmures et une bande son inspirée des bruits de la mer, du vent dans les feuillages, du feu et de sons d’animaux.
Artiste peintre abstrait, Alain du Pontavice conçoit la peinture comme une plongée dans un monde intérieur, une exploration des possibles infinie. Son approche intuitive et expérimentale se fonde sur une relation singulière entre matière et sensible, où le travail de la texture occupe une place centrale. Ses peintures se construisent par strates successives, parfois travaillées durant de longues périodes avant que le motif n’apparaisse. Les surfaces, enrichies de pigments et matériaux — sable, gel ou métal — ou incisées, révèlent des paysages intérieurs, des formes organiques ou cosmiques. La création dépasse l’atelier : elle s’alimente de promenades, de souvenirs et même du sommeil, se déployant consciemment ou inconsciemment au fil du temps.

Marie-Paule MARTINETTI… Une espèce menacée !

Elle est la folie et la passion.
Elle est l’énergie et la joie de vivre.
Elle fut prof de Français.
Ce qui ne l’a pas empêchée de créer dans l’enceinte du collège Reynier de Six-Fours, un cours de théâtre qui, d’année en année, a vu arriver de plus en plus d’amateurs. Ce qui lui a permis de monter des saynètes, jusqu’à des pièces de théâtre.
Mais on le sait, les écoliers deviennent un jour des étudiants qui partent chercher fortune ailleurs.
Justement, Marie-Paule a eu l’idée de créer une association, « Théâtre De Fortune » et, bon an mal an, les artistes changeant après quelques années de cours, elle a su les renouveler et se renouveler. Jusqu’au moment où, les demandeurs non scolaires sont venus à elle et alors, elle a créé une troupe d’adultes.
Depuis, elle se donne corps et âme, continuant avec les élèves de Reynier et en proposant Des avec ses adultes, toujours dans l’auditorium Reynier.

« Marie-Paule, parle-moi de la genèse de cette pièce…
Cette pièce me trotte dans la tête depuis longtemps, puisque je voulais la monter avec des jeunes. Le Covid en a décidé autrement.
Alors, tu la montes avec des vieux !
(Elle rit)… Non, je la monte avec cette nouvelle troupe d’adultes où il y a tous les âges !
Cette troupe, je l’ai constituée depuis deux ans et je suis à la fois surprise et heureuse de voir comment ils s’accrochent. Il y en a un (dont je tairai le nom !) qui s’entraîne 15 heures par semaine. Et lorsqu’on ne se voit pas… Il téléphone ! »
Alors qu’on parle, un comédien vient demander où elle a mis les pétards ! Rassurez-vous, ce sont les pétards qui vont servir au révolver. Car il y a un révolver dans la pièce.
« Je reviens à cette pièce qui était donc en sommeil car il me manquait les comédiens pour la monter. Au départ c’était avec les jeunes mais, partant en fac, je n’avais plus la troupe scolaire idéale. La troupe d’adultes se constituant, j’ai décidé de la monter avec eux. J’en avais la possibilité et le temps, puisque je ne travaille plus en classe.
La plupart sont novices, c’est la première fois qu’ils jouent  ce week-end !

Alors, heureuse ?
Evidemment ! Ils sont bons, ils s’entendent bien, et entre eux ça marche du feu de Dieu !
Ils n’ont jamais fait de scène auparavant, ils ont dû tout apprendre. Au début, ils n’était pas très sûrs d’eeux, aujourd’hui ils sont à l’aise et aiment ce qu’ils font.
Parle-moi donc de cette pièce…
Elle s’intitule « Espèces menacées », elle est de Ray Cooney. Elle a été traduite par Gérard Jugnot et jouée par lui et Michel Blanc dans les années 70. Il n’y a pas très longtemps, elle a été reprise par Arthur, son fils. A chaque fois elle a beaucoup de succès car elle est très drôle, pleine de rebondissements… »

Et nos artistes s’en donnent à cœur joie tant il est vrai que cette pièce à cent à l’heure n’arrête pas de nous surprendre. Il s’agit d’Yvan qui rentre à la maison avec une mallette dans laquelle il y a  7 millions 350.000 Euros. Il s’est trompé de mallette et il décide de partir à Buenos Aires. Mais sa femme, apeurée, ne veut pas partir et lui demande de ramener la mallette à la police. Mais il n’en démord pas : il partira. Les choses se compliquent c’est l’anniversaire d’Yvan, elle a préparé le gigot et invité leurs amis. Entretemps, un policier surgit annonçant à l’épouse que l’on a retrouvé son mari assassiné alors qu’il est là. Un second policier fait irruption, on ne sait trop pourquoi sinon qu’il n’est pas des plus honnêtes, Le couple doit alors inventer une histoire abracadabrante dans laquelle ils mêlent leurs amis. Plus personne n’y comprend rien,  la mallette va voyager de main en main, les flics ne savent plus qui est qui… Bref c’est une histoire totalement folle faite de gags,  de coups de théâtre et, grâce à ces comédiens prometteurs, on passe une heure et demie à rire et à les suivre dans cet imbroglio.

Inutile de vous dire que le public a passé un bon moment, grâce aussi à une espèce menacée : Marie-Paule Martinetti, qui se dévoue sans compter et qui me confie : « Je meurs si j’arrête ! »
Alors n’arrête pas, ma belle et continue à nous amuser par ton talent, ta passion, ton énergie.
Jacques Brachet

Sébastien Coste, Fabrice Steinmetz, Ludovic Teissere, Chrystel Steinmetz, Gérard Bégnis,
Olivia Coste, Franck Morel, Léo Gauthier,

Photos de stars de la Seyne à Six-Fours

Jacqueline Franjou entourée des photographes et des adjoints de la mairie de la Seyne

A la Villa Tamaris
Cette année fête les 200 ans de la photographie.
Du coup, à un jour d’intervalle, nous avons vu naître deux expositions uniques et magnifiques, l’une à la Villa Tamaris à la Seyne-sur-mer, intitulée « 200 ans de portraits ! », programmée par l’association « L’œil en Seyne » présidée par Jacqueline Franjou, la présidente d’honneur Micheline Pelletier et Cyril Bruneau, le directeur artistique. Un autre invité de marque : Gilles Désiré dit Gosset, Conservateur général du Patrimoine, directeur de la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie. Nombre de photographes avaient été invités à cette inauguration, encadrés également de nombreux adjoints de la Mairie de la Seyne.

De Victor Hugo…
… A Michèle Morgan

200 ans de photos, allant de Nadar ou Victor Hugo à des stars comme Joséphine Baker, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Claudia Cardinale, Alain Delon et même quelques « idoles de l’époque yéyé » ,Claude François, Sheila, Sylvie Vartan…
La chaleur était intenable mais une foule incroyable se pressait pour admirer ces photos, pour certaines très connues, pour d’autres inédites, de photographes qui, de décennies en décennies, œuvrent dans l’ombre pour mettre en lumière tous ces artistes. 340 œuvres signées de 40 photographes réunies dans ce lieu idyllique de la terrasse duquel on peut aussi découvrir la Méditerranée dans toute sa splendeur.

Charlotte Rampling
Les années « yéyé »

Jacqueline Franjou devait dire qu’elle était heureuse de s’associer à cet événement à l’occasion du bicentenaire qui méritait une célébration à la hauteur de l’histoire.
Une exposition exceptionnelle en couleur et en noir et blanc, une rétrospective à la fois splendide et émouvante, qui nous fait retrouver des artistes, morts ou vivants mais qui font eux aussi parti de notre patrimoine.

Catherine Deneuve
Joséphine Baker
Brigitte Bardot

A la Villa Simone

Jacqueline, le maire de Six Fours et ses adjoints, Cyril Bruneau, Françoise Kirkland, Gérald Lerda

Le lendemain, c’est à la Villa Simone, dans une ambiance moins suffocantes, dans ce beau parc ombragé, loin de la foule déchaînée, qu’on retrouvait Jacqueline Franjou, fidèle du lieu, pour une autre exposition tout aussi exceptionnelle, cette fois consacrée au photographe de plateau Douglas Kirkland, décédé en 2022, et qui a photographié les plus grandes stars du monde, d’Orson Welles à Mickaël Jackson, en passant par Maylin Monroe, Judy Garland, Andy Warhol, Mick Jagger, Sophia Lore, Elizabeth Taylor, et même nos stars comme Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau ou Romy Schneider… Difficile de toutes les nommer !

Catherine Deneuve
Dian,a Ross
Ringo Starr

Pour l’occasion, l’épouse du photographe, Françoise Kirkland, qui est française mais vit à Los Angeles, s’était déplacée pour l’occasion et me confiait en riant : « Nous avons toujours fait ménage à trois, lui, moi et la photo ! C’était un passionné dès l’âge de 10 ans, il avait installé son atelier dans une cabane et, lorsqu’il n’était pas en train de photographier, il s’y enfermait pour développer ses photos. Il a photographié nombre d’artistes dont il ne se souvenait souvent plus de leur nom mais c’était la passion de les mettre en scène qui était son plaisir. C’était un homme simple, très près des gens. Douglas aurait été absolument ravi de voir son œuvre exposée dans un tel lieu, d’autant qu’il n’avait jamais exposé en plein air, dans ce jardin magique. En regardant ces photos, essayez, d’oublier que ce sont des stars et de les voir avec toute leur humanité ».

Cyril Buneau, Françoise Kirkland, Jacqueline Franjou devant le portrait de Monica Bellucci
Mick Jagger

A noter que chaque villa a choisi pour affiche l’une de nos plus belles stars Michèle Morgan pour la Villa Tamaris,  dont l’exposition durera jusqu’au 4 octobre, Marylin Monroe pour la Villa Simone, que vous pourrez admirer jusqu’au 20 septembre.
Je retrouverai dans quelques jours mon amie Jacqueline Franjou pour nous parler entre autres du festival de Ramatuelle qui démarrera le 29 juillet, qui fut à l’origine, avec Jean-Claude Brialy, de ce festival pas comme les autres et auquel Jean-Claude me conviait dès le premier festival. J’ai continué à le suivre avec un autre ami, Michel Boujenah qui a pris la suite du créateur.
Que de souvenirs !

Sean Connery
Paul Newman

Jacques Brachet