
Pelagos est un sanctuaire méditerranéen créé par la France, l’Italie et Monaco afin de sauvegarder la biodiversité marine et de protéger les mammifères marins.
Frédéric Larrey, réalisateur, photographe animalier est un sanaryen qui, avec ses complices Thomas Roger, réalisateur et Jean-Michel Bompard, auteur, ont parcouru la Méditerranée du Var à la Grèce, de la Corse à l’Italie pour filmer tous ces animaux qui souffrent du changement de climat mais aussi des chalutiers, des porte containers et autres paquebots qui sillonnent la Méditerranée, causant des dégâts sur la faune et la flore marines
Invités de l’association Phot’Azur, ils nous ont offert un splendide film, fait d’images somptueuses et incroyables en s’approchant de toute cette faune de cétacés, baleines, orques, dauphins, cachalot, requins, calocéphales, mais aussi tortues, méduses et autres poissons qui peuplent notre mer, comme les poissons lune, les poissons volants, qu’il faut protéger.
Ils en ont donc tiré un livre, énorme et magnifique et ce film qui a obtenu un nombre incalculable de prix et récompenses dans le monde entier.
« Nous avons eu un grand bonheur – nous dit Frédéric – de passer tout ce temps à rechercher tous ces animaux, même si, quelquefois, le temps était un peu long car on part en mer, souvent au large de Sanary et on ne sait pas ce qu’on va rencontrer. Avec Jean-Michel et Thomas, nous avons commencé à faire un reportage photo, ce qui nous a donné l’occasion de publier ce livre intitulé, comme le film « Pelagos ». Ça a été le démarrage de ce projet. C’est Jean-Michel qui a travaillé sur les textes de cet ouvrage paru en 2013. Nous avons passé ensemble de chouettes moments sur le bateau.
Jean-Michel : Lorsqu’il dit que j’ai participé, les photographes et cameramen, c’est eux ! Le mérite, à 99% leur revient.
Ce film est né comment ?
Frédéric : C’est après ce livre qu’on a décidé de se lancer dans ce projet de film qui nous a pris quelques années car là, vous ne voyez qu’une heure de tournage, ce n’est qu’un condensé mais il y a eu des heures d’observation. On a essayé de raconter une fresque de cet écosystème à 2500 mètres de profondeur, car lorsqu’on plonge au large, au niveau du Var, on arrive rapidement dans ces canyons pour découvrir un écosystème très, très riche.
En dehors de toutes ces espèces, nous avons vu aussi des calamars volants ! Il faut nous croire sur parole car nous n’avons pas réussi à les filmer ! Il y a un réservoir incroyable de diversités des faunes. Ca mériterait de faire d’autres films.
Jean-Michel : Ce qui était important, justement, c’était de montrer la richesse de la Méditerranée car on a trop longtemps entendu qu’il n’y avait plus rien à cause de tous les saccages, tous les abus, tous les excès. Le film montre qu’on peut encore faire quelque chose, pour protéger tout ce qu’on trouve encore.
Frédéric : C’est un peu le but de ce sanctuaire, au départ pour protéger les mammifères marins de ce périmètre qui, durant un temps, n’étaient pas bien vus car ils semblaient être les concurrents des pêcheurs alors qu’ils font partie de l’écosystème et peuvent être menacés de disparaître. Le but était donc de mieux les connaître, de les prendre en compte et de s’intéresser à leur préservation.
Combien de temps avez-vous mis pour faire ce film ?
Frédéric : Pour le film, on a travaillé comme pour les photos, en apnée car on se déplaçait dans les premiers mètres de la surface. Nous étions souvent avec un petit navire et nous plongions avec palmes et combinaison, nous cherchions des journées où la mer était très calme. Nous avons travaillé sur plusieurs saisons. Au départ, nous étions assez mauvais car pour faire des images on tâtonnait. Nous nous sommes améliorés sur la fin du projet par rapport aussi à un autre matériel plus perfectionnés, qui nous a permis de faire de belles images dans les premiers mètres, en lumière naturelle, avec ces faisceaux de lumière qui donnaient des images un peu irréelles. Nous avons ainsi pu nous perfectionner dans l’approche mais ça a quelquefois été très long et nous avons repoussé la sortie du projet en expliquant entre autres à nos partenaires financiers que c’était dans l‘intérêt du projet d’avoir l’occasion de faire ces rencontres qui ne sont pas toujours évidentes. Plus nous passions de temps en mer, plus nous avions des chances de pouvoir apporter des témoignages »
Mission accomplie grâce à ce superbe film, aussi bien d’une grande beauté esthétique que pédagogique car, en plus d’être éblouis par ces images, nous apprenons beaucoup de choses sur notre faune, les cétacés en particulier, sans oublier la très belle musique de Gwen Masseglia qui ajoute à la féérie des images et sa voix qui dit les textes de Jean-Michel.
Nous avons passé une heure de rêve dans ce Grand Bleu qui est le nôtre !
Jacques Brachet

















































