Archives mensuelles : avril 2026

Solliès-Pont, Festival du Château
Portrait de femme avec hommes

Déjà une chaleur estivale dans le parc du château Forbin de Solliès-Pont, où nous accueillait son maire, le docteur André Garron, Stéphanie Bovero, sa nouvelle adjointe à la Culture et l’incontournable Rabah Houia, directeur de Sud Concert qui, depuis plus de vingt ans, nous offre dans ce lieu magnifique un festival réunissant le nec plus ultra de la chanson française.
Deux revenants, deux nouveaux et, comme à l’accoutumée des premières partie révélant des artistes en devenir, c’est la recette réussie de ce festival qui, chaque été réunit un public divers et varié.
Les trois coups seront frappés le mercredi 15 juillet par le retour pour la troisième fois de Christophe Mahé qui vient de terminer une tournée triomphale et va donc la continuer au château dans ce nouveau spectacle. Nul doute qu’il va encore nous emporter dans ce monde original qu’est le sien et qui, d’un spectacle à l’autre est toujours différent et original
Le jeudi 16 juillet, et pour la première fois, le festival recevra Calogero, l’un des plus grand auteur-compositeur-interprète dont les succès, pour lui et pour ceux à qui ont eu la chance de le chanter, ne se comptent plus. Ses chansons, il a décidé de les offrir au public dans une version inédite et plus intimiste.

Elle est l’une des plus prometteuses chanteuse de sa génération. Belle Belge aux yeux bleus et à la voix de cristal, finaliste de la « Star Académie, elle réussit à rafler en un an une moisson de prix, chose rare à notre époque. Sa tournée fut un énorme succès et l’on est heureux de découvrir Héléna le 17 juillet au château Fobin.
Enfin, pour clore en beauté, voici le retour, pour la seconde fois, de Kenji Girac, le 18 juillet qui, avec ses airs et sa voix venus de sa culture « gitano » fait se lever le public pour danser sur ses musiques issues de ses lointains ancêtres.

Chacun des quatre artistes parrainera un jeune chanteur, ce qui est la moindre des choses, lorsqu’on est devenu un grand de la chanson, se rappelant qu’ils eux aussi débuté un jour et qu’ils est bon de donner sa chance aux artistes de demain.
Nous découvrirons donc avec Christophe Mahé Jules Loewert, qui a déjà tourné avec Jenifer et Barbara Pravi, nous offrant des textes engagés sur des musiques qu’il accompagne au piano.
Calogero donnera sa chance à Cobalt, arrivé en finale de l’émission « La France a un incroyable talent » et qui cartonne avec son premier titre « Trop tôt ».
Au tour de Lenaig, une lyonnaise ouvrant le spectacle d’Héléna, découverte sur les réseaux sociaux avec des titres comme « Je ne pense qu’à ça » ou encore « Vas-y ! ». Et elle y va !
C’est la rappeur Chiloo qui débutera le concert de Kenji Girac et il a déjà deux jolis succès à son actif : « Au bord de la mer » et « Tout finit par s’arranger »
Que voilà quatre belles affiches pour ce festival qui se déroulera dans ce cadre bucolique qu’est le château Forbin.
A ne pas manquer !

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

Six-Fours
Des photographes chinois à la Villa Simone 

Je vous ai déjà présenté la très belle expo photo que notre ami Henri Chich, président de l’association Phot’Azur présente  à la Villa Simone de Six-Fours, regroupant les œuvres de ses adhérents.
Et, oh surprise, voilà que dimanche dernier Henri et Francine Chich recevaient une délégation chinoise de photographes, venue découvrir l’association et l’exposition, en cette journée printanière.
Inutile de vous dire que ça photographiait à tour de bras, les chinois étant spécialistes en la matière,  et même moi, simple journaliste inconnu d’eux, je n’ai jamais été autant photographié de ma vie ! Que feront-ils de moi chez eux, je n’ose penser que je vais y devenir une star !
Cette sympathique équipe était guidée par Huang Afang, interprète et traductrice vivant dans le Var car nous ne pouvions communiquer qu’en sourires et révérences, alors qu’une collaboratrice de l’association leur présentait les œuvres affichés traduites par elle.

« Afang, pouvez-vous nous dire comment s’est faite la visite de cette association venue de ce lointain pays ?
Cette association s’appelle l’Association Photographique Culturelle et Touristique et nous vient de Tianjin. Elle se compose de photographes amateurs et professionnels, de débutants aussi et elle est présidée par Tiejun Duan.
Et vous, vous venez aussi de là-bas ?
Non, j’habite dans le centre Var, à  Flassans sur Issole, je suis traductrice, interprète et formatrice en langue chinoise.
Comment le contact s’est-il fait ?
Tout simplement parce que le Centre d’Echanges Culturels entre les entreprises chinoises et Internationales de Tianjin m’en a fait la demande. Ces photographes voulaient découvrir le Sud, rencontrer des associations photographiques et si possible pouvoir y exposer. J’ai donc contacté des clubs locaux et par chance, je suis tombée sur le numéro de téléphone de Monsieur Chich. Je l’ai donc appelé et il a tout de suite été d’accord pour nous recevoir.

Tiejun Duan
Henti Chich & Florence Lunardelli, adjointe à la Culture
Henri Chich

Ont-ils vu d’autres associations ?
Oui, avant j’ai contacté un club à Marseille qui a aussi accepté de nous recevoir et d’exposer une vingtaine de photos à Plan de Cuques. Comme ils restaient quelques jours, ils en ont profité pour visiter notre région et faire connaissance avec d’autres clubs et associations. D’où notre venue à Six-Fours.
Vous êtes spécialisée dans la photographie ?
(Elle rit). Non, je peux être contactée par différentes entreprises ou associations. Quelquefois ce sont des géologues, des businessmen, des sociétés organisant des colloques avec la Chine.
A l’origine, il devait y avoir une autre association de Tianjin, le Centre d’Echanges International de Culture et d’Entreprises qui organise des sorties photos pour les amateurs et ils n’ont pas pu venir pour des délais de visas.
Comment se passe la journée en dehors de cette visite ?
D’abord, ils ont beaucoup apprécié l’accueil qu’ils y ont eu, ils ont beaucoup aimé l’exposition, le lieu et le beau temps et ont décidé de pique-niquer dans le parc ! Et aujourd’hui, ils ont envie d’y revenir pour présenter une exposition ! »

Par ailleurs, après ce pique-nique, Henri et Francine Chich leur proposait une balade au Brusc et sur l’île du Gaou, qu’ils ont beaucoup appréciée… Et photographiée !
Nul doute qu’on les reverra bientôt pour présenter leur propre exposition !

Jacques Brachet

Jean-François MUTZIG…
La passion des animaux et des hommes

Frédéric Massé, Henri Chich, Jean-François Mutzig

Jean-François Mutzig est journaliste, reporter, photographe.
Homme passionné s’il en est, après avoir travaillé sur plusieurs journaux, il passe aujourd’hui sa vie à courir le monde, afin de l’appréhender et surtout de suivre la vie des animaux car c’est aussi sa grande passion, comme les éléphants d’Asie ou les chevaux sauvages de Galice entre autres, face aux humains.
Auteur de plusieurs livres, aujourd’hui il expose un peu partout ses photos, dont certaines ont obtenu des prix, après avoir tiré longtemps les photos des autres. Photos qui furent longtemps en noir et blanc, avant qu’il ne vienne à la couleur. Ses photos ont été connues grâce à de nombreux magazine et jeudi soir, Henri Chich, président de l’association « Phot’Azur » l’avait invité pour nous présenter plusieurs diaporamas édifiants comme « Les éléphants d’Asie », en Birmanie, qui servent au débardage et sont souvent maltraités par des cornacs violents mais il faut savoir que le dicton « Avoir une mémoire d’éléphant » est véridique, un éléphant se souvenant, plus de vingt ans après et le fait quelquefois payer au cornac qu’il reconnait. Heureusement aujourd’hui des gardiens les récupèrent dans des sanctuaires pour les soigner jusqu’à leur mort.

Le second diaporama, « Pêcheurs d’Asie » nous montre comment les plus pauvres pêchent artisanalement le poisson pour leur survie alors que des chaluts raclent les fonds marins pour en faire un juteux commerce. Ils sont transformés en farines pour nourrir les bovins de nombreux pays.
Puis il nous fait voyager, avec son compère Frédéric Massé, avec qui il travaille depuis des années, en Galice pour découvrir « Des chevaux et des hommes » lors du « A rapa das bestas » qui réunit tous les ans quelques vingt-mille personne autour d’une tradition qui date du Moyen Âge et qui rassemble près de deux-cents chevaux sauvages dans l’arène afin de les soigner, de les recenser, leur couper les crinières. Plus de mille cinq cents inscrits sont rassemblés.
Retour sur l’éléphant, avec un reportage, en couleurs cette fois, « L’éléphant en fête », fête printanière au Rajasthan, où sont peints cinq cents éléphants qui promènent le public venu nombreux. Musique, processions, ballades, concours de beauté, près de mille deux cents figurants venus du Sri Lanka, de Thaïlande, du Laos, et des milliers de spectateurs venus se joindre aux fêtes. Après ces superbes images, je voulais en savoir sur ce reporter sans frontières, avec qui j’ai retrouvé des points communs, même si je suis loin d’avoir fait, ne serait-ce que la moitié de ses voyages !

Pêcheurs d’Asie
Des éléphants et des hommes

Jean-François, comment est venu cet amour mêlé de la photographie, du reportage, des animaux ?
Juste après la terminale, j’ai arrêté mes études, je n’avais pas envie d’aller en fac et j’avais déjà le désir de devenir journaliste-reporter. J’ai donc fait une école de photographie à Lille où je suis né. Puis j’ai émigré  dans le sud de la France où j’ai commencé à « piger » pour le Provençal, la Marseillaise, Nice-Matin… En 90 j’ai été professionnalisé au Dauphiné où j’ai fait toute ma carrière en tant que journaliste sur les Alpes de Haute Provence.
Vous étiez alors journaliste ou photographe ?
Je faisais les deux. Mais en parallèle, j’ai toujours voulu aller plus loin car je ne suis jamais satisfait de ce que je fais. Je voulais monter de gros projets. Donc, j’ai commencé à voyager, beaucoup en Asie, où je me suis spécialisé. Dans les années 2000, j’ai découvert l’éléphant d’Asie et c’est ce qui m’a lancé dans ma carrière. J’ai fait un gros travail sur la relation entre les hommes et les éléphants en Asie. Une relation qui se pérennise depuis plus de cinq-mille ans que l’éléphant est domestiqué en Asie.
Vous faisiez ces reportages pour le journal ou pour un magazine ?
Au départ, je le faisais pour moi et petit à petit, en 2010, on a lancé ce projet en réalisant une exposition, j’ai eu la chance d’avoir plusieurs portfolio, tout c’est alors enchaîné, entre autre les voyages. J’ai eu la chance de voir mon travail sur les éléphants, présenté au Japon où j’ai eu un prix sur le travail projeté ce soir, puis j’ai travaillé sur les chevaux de Galice en Espagne où j’ai eu aussi la chance d’être primé. Cette thématique entre les animaux et les hommes me plaît  car elle est exceptionnelle dans le sens large du terme. Les animaux, on les aime, on les chérit mais on les tue également. C’est un peu ce paradoxe que l’on peut découvrir dans mon travail et dans tout ce que j’ai pu faire ces vingt dernières années.

Au départ, ce sont les éléphants… Pourquoi ?
C’est un peu par hasard. Comme tout journaliste qui se respecte, je me documente toujours beaucoup et je me suis rendu compte qu’il y avait assez peu de travaux réalisés par des photographes, sur l’éléphant d’Asie et sur la relation homme-éléphant. J’ai donc essayé d’écrire cette histoire et d’en faire un livre, voici dix ans et de faire dans le même temps, une exposition à Monaco qui a été inaugurée par le prince Albert. Moi, l’éléphant m’a tout donné, je lui dois tout ! C’est lui qui a lancé ma carrière… C’est mon imprésario !
En dehors des éléphants et des chevaux, il y a d’autres animaux qui vous intéressent ?
Depuis une vingtaine d’années, je travaille sur cette relation homme-animal. Je me suis intéressé aux serpents, aux cochons, aux singes. Je les choisis par thématiques et par la relation qu’ils peuvent avoir avec les hommes. J’ai par exemple travaillé sur les relations entre les hommes et les singes en Thaïlande et en Inde où les singes ont carrément accaparé un quartier jusqu’à en faire partir les humains. C’est la relation ambigüe  d’un animal sauvage qui reprend le terrain.
Alors, comment l’humain que vous êtes se retrouve face à l’animal ?
J’ai une relation privilégiée avec les gens, j’ai fait ce métier pour le contact, pour rencontrer, essayer de comprendre comment ça se passe. C’est ça, je crois, le métier de journaliste, on ne comprend pas toujours mais on essaie ensuite de retracer le mieux possible au public. C’est pareil pour les animaux.
Vous avez longtemps travaillé sur le noir et blanc
Mais là, j’ai lancé un nouveau projet sur les éléphants en couleur mais c’est l’éléphant dans la fête et il était difficile de le faire en noir et blanc !
Et d’autres projets ?
Oui, en 2027… Mais on n’en parle pas encore

Jacques Brachet

Des chevaux et des hommes
Jean-François Mutzig & Henri Chich

Notes de lectures – Ecrits de femmes

Zoé BRISBY : Les femmes du France (Ed Albin Michel – 370 pages)
Zoé Brisby est une merveilleuse conteuse d’histoires tournant souvent autour d’héroïnes. « Hollywoodland », « La double vie de Dina Miller », « Les mauvaises épouses » qui nous emmènent dans leur monde et dans le sien.
Ce roman est l’histoire de quatre petites filles, Rose, Charlie, Jeanne, Alice. Toutes quatre orphelines, elles échappent à l’incendie de l’orphelinat dans lequel on les a oubliées. Toutes quatre vont être séparées mais ce sont fait une promesse : Ne jamais se quitter ni divulguer leur secret. Lequel ? On le saura plus tard.
Quelques années après, elles se retrouvent embarquées sur le France, qui sera, personne ne le sait encore, son dernier voyage.
Jeanne est devenue Jane, épousée par un sale mec, riche, snob et violent. Charlie est coiffeuse, Rose, femme de chambre et elles se retrouvent en secret sur le France pour tenter de retrouver Alice, qui y travaillait, mystérieusement disparue. Sur le France également, Mathieu, journaliste à l’ORTF, ancien amant de Charlie, qui va tenter de faire un reportage sur la grève qui se déclare sur le France et la disparition d’Alice qui lui donne de beaux sujets journalistiques.
Chacune des trois filles commence à recevoir des menaces de mort par un corbeau qui a l’air de bien connaître leur histoire.
On va suivre, à travers le « plus beau bateau du monde », dans les dédales de ses couloirs, de ses différents lieux, ce thriller mené, par nos trois « sœurs » pour retrouver la quatrième, sur fond de grève, ce qui nous permet par la même occasion de découvrir la vie, l’histoire de ce bateau devenu iconique, qui fut un temps la fierté de la France.
Si l’histoire est haletante elle se déroule sur fond d’événements réels, ce qui donne encore plus de poids à ce thriller haletant, qui laisse le mystère jusqu’à la fin de l’histoire. Une histoire oppressante, haletante, pleine de coups de théâtre, vécue par ces trois femmes très attachantes, aux personnalités très différentes mais unies par le cœur, par la vie, par le drame qu’elles ont vécu.
Zoé Brisby s’est beaucoup attachée aux faits réels de ce dernier voyage, en plongeant dans les archives de ce « bateau gigantesque » comme le chante Michel Sardou.
Un roman dans l’Histoire qui ne nous laisse pas un moment de répit, grâce au rythme soutenu et au suspense que lui donne Zoé Brisby.

Clémentine CELARIE : Ce feu qui me brûle (Ed Cherche-Midi – 184 pages)
Clémentine Célarié est  l’une des comédiennes les plus populaires, les plus aimée du public, grâce à son talent bien sûr mais aussi parce qu’elle est une femme sincère, à la fois fantasque et émouvante, brut de décoffrage, ce qui plaît au public.
Ce livre n’est pas une biographie mais des propos autour de son métier, qui est sa vie et sa passion, qui parle du théâtre comme une personne avec qui elle vit, qui parle au public en le tutoyant, ce public qui la guérit de tout, entre autre de sa grande solitude, à la fois recherchée et redoutée, qui reste elle-même en devenant quelqu’un d’autre et qui vit de l’amour sous toutes ses formes.
Ainsi elle nos entraîne sur des chemins de traverse, nous expliquant comment elle aborde un texte, un personnage, avec la tête, avec le cœur, avec les tripes. Et elle analyse magnifiquement le métier d’actrice.
Si elle avoue croire toujours au père Noël, elle avoue aussi qu’elle aime qu’on l’aime. Elle nous raconte comment ses loges de théâtre sont des cocons, des moments sacrés pour « avaler » son rôle et entrer en lui.
Elle parle aussi des comédiennes prisonnières de leur physique, paniquées par les premières rides, surtout au cinéma et déclare qu’il faut accepter la vieillesse, accepter son physique.
Elle nous parle aussi de son cancer, un drame qui change une femme (ou un homme) à tous les niveaux, qui permet de reconsidérer sa vie, de la voir autrement de la relativiser avec plus de joie, de recul, même si l’inquiétude est toujours là et le sera pour le reste de sa vie car on garde dans un coin de la tête qu’il peut revenir à tout instant.
Et puis, le fil conducteur est ce rôle qui l’a marquée à jamais : Celui de Gabrielle « La maman du bourreau », tiré du roman de David Lelait-Helo qui raconte l’histoire bouleversante de cette femme très catholique qui apprend que son fils, curé, dont elle est si fière, est un pédophile. Ce rôle a failli être pour Line Renaud qui l’a refusé vu le poids du texte et l’obligation de rester une heure et demi seule en scène et a fait aussi l’objet d’un téléfilm interprété par  Marie-Christine Barrault
Ce rôle, il vit avec elle, elle le joue à Paris, en province, elle le lâche puis le reprend. Difficile de s’en séparer. Il lui arrive d’en rêver et il restera l’une de ses plus grandes émotions de sa carrière.
Et une performance qui lui a valu les plus grands éloges du public et de la presse. Même si le métier l’a ignorée aux César.
Le théâtre, pour elle est un feu de l’enfance qui ne s’est jamais éteint, qui la fait vivre, qui lui a sauvé la vie et l’illumine depuis toujours.
On connaît la Clémentine drôle, primesautière, qui appelle un chat un chat. On découvre la femme sensible, attachante, émouvante, vibrante et on l’en aime encore plus

Elodie GOSSUIN : Miss à nu (Ed Leduc – 183 pages)
Une Miss France, qu’est-ce que c’est ? Un belle femme souriante, brushing et sourire impeccables, paillettes et strass ?
Eh bien non, et c’est Elodie Gossuin, Miss France 2001 qui nous le jure avec ce livre où elle dit toute la vérité, rien que la vérité, des plus belles joies aux plus sombres histoires… Elle a décidé de tout dire et elle démarre en force avec un sujet encore tabou : la ménopause, dont elle subit aujourd’hui les effets… Comme toutes les femmes.
A contrario des hommes, le corps de la femme change avec la perte de virginité, les règles, les grossesses, les mises au monde, les rides du temps… Et la ménopause qui démarre avec ses écrits. Mais ne croyez pas que c’est un livre seulement dédié aux femmes car, s’il est vrai que nous ne subissons pas tous ces inconvénients, il est bon de se rappeler que nos amies, nos compagnes vivent tous ces changement avec difficulté.
Même si, avec la volubilité et l’énergie qu’elle possède, elle grossit peut être le trait car, à l’écouter, elle est devenue vieille et moche… A vérifier !
Elle a un style bien à elle pour décrire tout ça avec de longues phases, des suites de mots, d’adjectifs, des énumérations, des jeux de mots… Quelquefois on s’y perd un peu.
Elle nous parle de son avortement à 17 ans, de ce Bob qui lui a bousillé la vie avant et après son élection, du comité Miss France qui l’a black listée durant dix ans, mais aussi de sa famille, son mari ses deux paires de jumeaux et elle en parle avec beaucoup de feu, de flamme d’étincelles, de chaleur, de cendre aussi… Car il est beaucoup question de ce feu intérieur qui l’anime.
Loin de la femme paillettes elle est maman, femme, épouse avant tout, nous parlant du déchirement de voir les enfants quitter le foyer (Les premiers jumeaux ont 18 ans). Mais elle nous parle d’amour avec sincérité, même si quelquefois elle est abrupte. Elle parle de l’UNICEF avec une grande émotion et empathie avec lequel elle a découvert des choses abominables, une détresse infinie, au Cambodge, en Mauritanie, à Djibouti, au Sénégal.
Elle déballe tout avec sincérité et, pour reprendre une chanson de Gréco, nous avoue « Je suis comme je suis »
Elle termine par une lettre d’amour chargée d’émotion à chacun de ses quatre enfants
En fait, on découvre les hauts et les bas, le joies et les drames d’une femme comme toutes les autres car si elle a été Miss, elle reste néanmoins cette femme comme toutes les autres.

Catherine CEYLAC : Intime (Ed Cherche Midi – 249 pages)
Elle est l’une des plus talentueuses mais en même temps l’une des plus discrètes des journalistes et des animatrices radio et télé. Et pourtant…
Et pourtant, voilà qu’elle se dévoile dans une autobiographie à la fois sincère et passionnante.
Et elle démarre fort en nous avouant qu’elle a avorté à 15 ans alors qu’elle était enceinte d’un homme de 27 ans !
Et puis elle devient speakerine de Radio Armorique et de FR3 Rennes d’où elle est native et sa première interview a été catastrophique. Il s’agissait de Georges Brassens qui fut des plus gentils et compréhensifs. Il faut dire qu’alors elle ne connaissait même pas son existence !
Et ce sera « A nous Paris » où elle a la chance de rencontrer Jacqueline Joubert (femme de Georges de Caunes et mère d’Antoine) qui lui propose d’entrer dans l’équipe de « Récré A2 » avec Dorothée.. Puis ce sera Radio Bleue avec Thierry Beccaro avec, là, l’interview du couple Renaud-Barrault… Avec un magnéto qui n’a rien enregistré !
Et la voilà avec Jacques Martin qui, en bon macho qu’il était, l’ignore totalement.
De radios en télés, en 1995 elle décide de proposer une émission matinale le week-end, à l’époque où la télé n’émettait pas ces jours-là. Le projet sera long à être accepté, d’autant que c’est une femme qui le propose !
Cette émission sera intitulée « Thé ou café », on connaît la suite et le succès qui durera 23 ans avec 1752 émissions à la clef où le nec plus ultra de la chanson, du cinéma, du théâtre, de la musique, de la politique, du sport se précipitera pour faire l’émission, avec cette interview « Dos à dos » iconique.
C’est tout cela qu’elle nous raconte avec des rencontres drôles, inattendues, émouvantes, sympathiques, quelques problèmes avec des stars, souvent à cause des attachés de presse quelquefois plus stars que les stars. Tous les journalistes connaissent ça !
Et puis, ses nombreux voyages, son expérience avec la Patrouille de France.
Tout cela avec un succès incroyable jusqu’au jour où, sous prétexte qu’il faut trouver de l’argent pour lancer la série « Un si grand soleil », elle apprend par hasard que l’émission s’arrête… Toute la délicatesse des chaînes dont elle n’est pas la seule victime d’ailleurs.
Aujourd’hui, elle a pris du recul avec cette trahison et du coup, la voici nous offrant cette passionnante bio qui prouve qu’on peut aller très haut jusqu’à ce qu’une poignée de personnes décide de votre vie.
Catherine Ceylac reste malgré tout une femme aussi discrète que populaire et ce livre est une belle leçon d’une femme courageuse, énergique,  qui n’a jamais lâché l’affaire et a mené une carrière passionnante.

Jacques Brachet

La Londe prépare son 17ème festival de jazz

C’est au « Canevas », un très joli et sympathique lieu au bord de l’eau, que toute l’équipe du festival de Jazz de la Londe se retrouvait pour découvrir la programmation que Christophe Dal Sasso, le directeur artistique et fondateur de cet événement – qui fêtera sa 17ème année – nous proposera du 30 juillet au 2 août.
Christophe, qui est aussi un talentueux flûtiste et trompettiste, compositeur et arrangeur, était entouré de nombreux amis musiciens avec qui il collabore, de nombreux bénévoles toujours fidèles au poste, autre fidèle, le maire, François de Cançon, la chanteuse Andréa Caparros, issue du Brésil par sa mère, le trompettiste Nicolas Folmer, la percussionniste Nadia Tighidet, …
C’est en 2009 que le festival a vu le jour et chaque année il marque un pas de plus en recevant de superbes artistes sous le soleil… et dans la nuit, la musique et les vagues faisant bon ménage.

Christophe Dal Dasso & François de Canson

« Cette 17ème édition, – nous confie Christophe Dal Sasso – s’annonce plutôt pas mal. Nous avons dû repousser la programmation plus tard, à cause des élections municipales. Pour être franc, au niveau des budgets ça a été un peu compliqué mais nous avons réussi à équilibrer. Nous attendions que passent les élections, nous n’avons pas changé de maire, il y a deux ans, nous avions dû faire sans quelques subventionnaires qui nous avaient lâchés au dernier moment, cette année nous repartons avec un budget un peu moins élevé que l’an dernier, nous avons dû compresser beaucoup de choses mais dans le prévisionnel nous arrivons à un équilibre très correct. Bien sûr, je ne désespère pas de trouver quelques sponsors avant le festival, vers mai-juin.
Le festival reste gratuit ?
Oui, c’est comme ça depuis 17 ans et il se déroulera sur quatre jours, avec les apéros à 19h avec l’association des vignerons londais, vers 21h30, le concert principal et à partir de 23h15 le jazz club recevra des artistes pour des concerts où se réussissent des musiciens en sessions…

Nicolas Folmer

Les cachets des artistes montent-ils ?
Non… Je les descends plutôt ! Je plaisante. Les cachets restent à peu près les mêmes depuis une dizaine d’années. Nous sommes, de toutes manières, tenus  par le syndicat des musiciens la SNAM. Ce qui a augmenté, ce sont les frais de transport, les frais de logement.
Le logement des artistes est à votre charge ?
Oui, nous avons des partenariats avec l’hôtel « La Calanque » au Lavandou,  des chambres d’hôtes au Château Maravenne de la Londe. Ce qui augmente aussi, c’est la restauration, la décoration pour enjoliver le site…
Vous avez combien de places sur celui-ci ?
En général la mairie installe entre 800 et 1.200 chaises et on accueille à peu près 2.000 personnes par soir, les autres s’installant avec leurs chaises, sur la plage de l’Argentière, c’est une ambiance conviviale qui se crée
Venons-en au nerf de la guerre : la programmation !
Pour les « Apéros-jazzzzz », on donne, comme d’habitude, la place aux musiciens locaux. Cette année ce sera de la musique du monde, de l’afro-jazz, avec Radio Mezcal le 30 juillet, un « Tribute to Nina Simone » le 31 juillet avec Clémence Tournemire Quartet, de l’afrio-bresilo-flamenco avec Georges Caparros Quartet le 1er août, le Suricats septet qui nous offrira du jazz des années 20, le2 août.

Et pour les grands concerts ?
Le premier soir, jeudi 30 juillet à 21h30, je vais jouer avec mon groupe… Ca fait cinq ans que je n’ai pas joué au festival et du coup, j’y viendrai deux fois cette année !Avec la chanteuse portoricaine Shekinah Rodz, nous venons de sortir un CD « Spirit of 3 » que nous jouerons.
Le second soir , le vendredi 31 juillet, nous jouerons avec une formation que nous avons monté avec Nicolas Folmer, avec Andréa Caparros intitulée « Big Sud », et l’orchestre de l’Opéra de Toulon. Nous serons à peu près trente-cinq sur scène. Ce sera une soirée événement intitulée « De Broadway à la French Riviera » un mélange de standards de jazz, avec des chansons en Provençal arrangées dans l’idée de Broadway ! Nous l’avons joué à Bandol et c’est génial !
Le troisième soir, samedi 1er août, nous recevons une formation constituée  par « Abraham Réunin », deux soeurs et un frère, Cynthia, Célia et Zachary, qui viennent du Bénin, et nous offrirons une musique afro-caribéenne, accompagnés par le batteur Arnaud Dolmen, Victoire du jazz 2025
Enfin, le dernier soir, dimanche 2 août, nous recevrons un groupe qui vient de Lyon, les Buttshakers, mené par une chanteuse américaine, Ciara Thompson pour une soirée très soul ».

Mais ce n’est pas tout, puisque, tous les soirs à partir de 23h/23h15, la formation Olivier Lalauze Trio ouvrira le jazz club réunissant musiciens amateurs et professionnels dans un esprit de partage
Le maire, tout nouvellement réélu dans ses fonctions, est on ne peut plus heureux du succès de ce festival et, avec humour, il avoue le reconnaitre au nombre de plaintes qu’il reçoit des habitants alentour : « De dix au départ, aujourd’hui c’est 150 plaintes par festival »… On progresse !!! 
Mais surtout, venez donc vous faire plaisir car ce festival a le mérite d’exister. »
C’est ce qu’on fera !

Et après un apéro, nous avons eu droit à un beau spectacle où chacun des artistes présents est venu à son tour nous offrir un grand moment de plaisir, en solo, trio et avec l’orchestre de Christophe Dal Sasso.
Bel avant-goût de ce qui nous attend durant le festival.

Jacques Brachet

Six-Fours… Villa Simone :
Phot’Azur fête ses 50 ans d’émotions !

Voilà 50 ans que l’association Phot’Azur nous initie à la photographie, nous régale d’expositions magnifiques, nous fait connaître de beaux photographes qui, s’ils ne sont pas célèbres, n’en sont pas moins talentueux. Et le président, Henri Chich n’en est pas le dernier, tout comme son épouse, Francine, qui est également présidente de l’Union Régionale de la Fédération Photographique de France.
Ces deux six-fournais passionnés  vivent photo, voyagent photo, enseignent photo, exposent photo… Bref, ils baignent dans cette passion commune depuis des décennies et cette année, ils fêtent les 50 ans de ce club qu’Henri dirige de main de maître depuis 27 ans.
Et ils ont choisi la Villa Simone, devenue lieu culturel dans un cadre idyllique parrainés par le tout nouveau maire de la commune, Frédéric Boccaletti, venu avec un aréopage d’élus pour en faire la connaissance, dont l’adjointe à la culture Florence Lunardelli.
Temps ensoleillais pour ce vernissage qui, une fois de plus, nous révèle des photographes et nous fait admirer leurs œuvre au milieu de la nature printanière.

« Henri, 50 ans, qu’est-ce que ça t’évoque ?
Que je fais partie des meubles ! Puisque j’en suis un membre fondateur. J’y suis depuis que le club existe et j’en suis le président depuis 27 ans ! Nous sommes affiliés à Fédération Photographique de France Pour ces 50 ans nous avons voulu faire des tirages particuliers haut de gamme. Autrefois, les tirages étaient en impression directe sur le PVC. Ce sont les éditions de Marius Bar à Toulon qui nous a tiré les photos sur vinyle collé sur le PVC, sur les photos il y a beaucoup plus d’encre qui donne une qualité très supérieure.
Pour l’exposition combien de photos sont-elles exposées ?
Il y a 68 panneaux avec deux photos par panneau, ce qui fait 136 photos pour 36 exposants, tous membres du club, mais certains n’ont pas voulu exposer puisque nous avons quelque 40 adhérents.

Pourquoi n’ont-ils pas voulu exposer ?
Parce qu’il faut qu’ils payent leurs photos et certains ne peuvent ou ne veulent pas. Même pour les concours. Sauf pour les images projetées parce que là c’est gratuit !
Et toi, Francine, toujours fidèle au poste ?
Je suis toujours présidente de la région PACA photographique… Encore pour peu de temps car il faut laisser la place aux jeunes… Même si ça ne se bouscule pas au portillon ! Mais bon, j’ai fait mon temps et il faut bien qu’un jour ça se termine. J’ai un boulot important, sachant que l’Union Régionale PACA qui regroupe 24 unions, avec 750 adhérents, 51 clubs, est la plus grande union régionale de France. Et je gère ça depuis quatorze ans. C’est un boulot immense, qui comporte beaucoup de déplacements, la région PACA étant énorme… De Gap à Menton d’ Arles jusqu’à Saint-Martin-de-Crau et jusqu’à Monaco. Nous sommes aussi partenaires du Festival  de Camargue.
Et tu vas quitter tout ça ?
Oui, j’envisage un départ en douceur en nommant des vice-présidents dans la région car l’âge aidant ça devient un peu pesant de tout gérer et j’ai envie d’être plus disponible dans ma vie de tous les jours.

Mais toujours fidèle au poste auprès d’un certain Henri Chich !
J’ai été membre de son club en 1980, l’année où il s’est affilié à la Fédération
Photographique de France. J’avais un poste à la Fédération : Commissaire couleur papier et depuis, je n’ai pas arrêté ! Et nous fêtons les 50 ans ensemble.
Pour ces 50 ans, d’autres choses sont projetées ?
Henri : Dans quelques jours sera créé un code-barres qui permettra d’organiser des concours avec des petits cadeaux à la clef, autour des photos exposées
En attendant les petits cadeau, le grand cadeau c’est cette très belle exposition disséminée dans les jardins de la Villa Simone jusqu’au 21 juin.
Jacques Brachet

Six-Fours – Lumière(s) du Sud
Elisa M & Nicolas Boulland-Genet : Dys sur dix !

Il était une petite fille pas comme les autres. Atteinte de Dyspraxie, il semble que rien ne pourra la sortir de ce dysfonctionnement mais voilà… Joseph Mulé et son épouse, ses parents, ne baissent pas les bras et vont l’entourer d’un amour infini jusqu’à se rendre compte qu’un pinceau à la main, elle développe un talent exceptionnel et jusqu’à pouvoir exposer ses œuvres un peu partout dans la région.
Mais là ne s’arrête pas la belle histoire puisqu’elle part exposer en Allemagne au mois de mai qu’elle revient de Tokyo, d’où elle revient médaillée ! Et elle va avoir 24 ans !
Ce ne fut pas on long fleuve tranquille, mais l’amour, la persévérance et le talent font qu’aujourd’hui Elisa (son nom de guerre Elisa M) est une jeune femme rayonnante, au regard et au sourire lumineux et que du coup, le jeune vidéaste Nicolas Boulland-Genet lui consacre un film !
Un documentaire tellement beau et émouvant que Pascale Parodi décide de nous montrer, dans le cadre de son association « Lumière(s) du Sud » dont elle est présidente, devant un théâtre Daudet affiché « complet », qui a conquis un public ravi et ému de découvrir cette belle jeune femme épanouie et son réalisateur un peu intimidé car c’était la première fois qu’ils présentaient leur film.
J’avais déjà rencontré Elisa, aujourd’hui les voici tous les deux aussi émus et… stressés pour nous raconter cette belle aventure.

« Alors, cette rencontre, comment s’est-elle passée ?
Elisa : On s’est rencontré… à la maison ! Je connaissais déjà la sœur de Nicolas à l’école du Brusc. Je ne connaissais pas Nicolas mais lui m’avait repérée sur Facebook et il m’a proposé de faire un reportage sur moi.
Nicolas, tu es vidéaste et réalisateur et comment t’e venue cette idée de consacrer ce portrait d’Elisa ?
A la base, il y a le fait que ma sœur et Elisa se connaissaient et je connaissais la situation d’Elisa depuis longtemps. Il y a un an et demi, pour mes études je devais réaliser un documentaire de 26 minutes, j’ai alors repensé à Elisa, je voulais savoir où elle en était de sa vie car elle avait un profil atypique. Mes parents ont pris contact avec ses parents, ils m’ont invité à venir chez eux et j’ai pensé que c’était un sujet intéressant car déjà, j’aime beaucoup l’art dans lequel j’ai fait des études. Et puis, je me retrouvais quelque part en elle car j’ai eu beaucoup de mal à trouver ma voie. Je pensais être bon dans tout mais excellent dans rien !
J’ai enfin trouvé ma voie dans la vidéo.
Qu’est-ce qui t’a touché chez Elisa ?
Dans sa situation, l’art, la peinture étaient au départ quelque chose de compliqué mais elle a su dépasser tous ses problèmes et je me suis dit que, même dans des voies qu’on choisit où on pense ne pas être capable, on peut y arriver. Et j’aime ce message qui fait qu’on arrive à quelque chose même lorsqu’on ne s’y attend pas. On est tous né pour quelque chose.

Aujourd’hui, ce film est fait, c’est la première fois qu’il est vu par un public. Que va-t-il devenir ?
Comment concevoir un tel film ?
Au début, il y a eu beaucoup de discussions pour savoir comment ça devait se passer au fil des prochains mois car on a mis un an et trois mois à réaliser ce film. Beaucoup de questions se sont posées : il fallait d’abord connaître le plus profondément ce sujet, connaître aussi Elisa, on a longtemps discuté avec ses parents. Après, il y a eu beaucoup d’écriture.
Et toi, Elisa, quelle a été ta réaction lorsqu’on t’a annoncé qu’on allait faire un film sur toi ?
Je n’ai pas eu peur. La seule chose qui me faisait peur était la caméra ! Nicolas m’a dit de l’oublier. Moi, je préfère rester dans ma bulle, je n’aime pas qu’on me regarde, d’avoir des gens autour de moi, qui me regardent travailler. Nicolas était venue me voir dans l’atelier d’Agnès, ma professeure qui m’a dit : « Ne pense pas à lui, fais comme s’il n’était pas là, tu gères ta peinture »
Nicolas : La première fois que je l’ai filmée dans son atelier en train de peindre, ses parents nous ont dit que, même eux, elle refusait qu’ils la regardent peindre !
Elisa, pour un peintre, c’est dur d’expliquer sa peinture ?
Oui et je n’aime pas ça. Je ne veux pas l’expliquer. Je n’avais pas envie d’être interviewée. J’ai accepté de faire ce film pour aider des parents et des enfants, faire passer un message, pour dire que, même si on est atteint de dyspraxie, on peut réussir à trouver sa voie.
Nicolas : On a beaucoup d’idées mais c’est toujours très difficile. Comment y répondre ? Dans l’idéal, on aimerait qu’il soit diffusé dans le plus de lieux possibles, de plus de festivals, des chaînes télé. Mais il faut beaucoup de contacts pour être connu, repéré et reconnu. On avance par petits pas. Aujourd’hui, d’être là est une énorme opportunité et grâce à Pascale, qui est la première à nous permettre de le montrer à un public. Après, on verra. C’est mon premier film réellement abouti, qui a pour but d’être diffusé.


Elisa, toi qui aujourd’hui expose un peu partout, ne peux-tu pas l’accompagner lors de tes expositions ?
Pourquoi pas le montrer ? A condition de ne pas en parler ! Je vais beaucoup travailler avec Isabelle Decitre, présidente de DFD 83 (Dyspraxie France Dys 83)
Ce soir est une première… Comment te sens-tu ?
Je n’ai pas peur, je suis heureuse… et surtout stressée car après le film, il va falloir répondre aux questions ! Mais avec Pascale, je suis en confiance. J’ai seulement envie de ne pas pleurer. Il y a des risques !
Et toi, Nicolas, des projets ?
Oui, grâce à des amis de Pascale,  J’ai rencontré un jeune surfeur qui pratique son sport au Costa Rica. J’espère pouvoir aller là-bas à sa rencontre et montrer son cheminement depuis l’Argentine d’où il est natif jusqu’aux vagues du Costa Rica. C’est une longue préparation, il me faut trouver des aides car ce n’est pas la porte à côté ! »

En attendant vous pouvez découvrir les œuvres d’Elisa  au Casino de Sanary durant tout ce mois.
Et quel bonheur et quelle émotion d’avoir découvert ce film à la fois poétique et émouvant. Les parents d’Elisa ont bien de la chance d’avoir une fille aussi talentueuse, aussi solaire, aussi attachante. Des parents qu’Elisa n’a pas manqué de remercier avec tout l’amour qu’elle a pour eux. Et en précisant pour conclure : « Je ne suis pas handicapée. Je suis seulement différente »
Ce fut une magnifique soirée.
Jacques Brachet