Archives mensuelles : février 2026

Isabelle BOUVIER… Une série « Du Sud » !

Isabelle Bouvier a le regard bleu Provence, un sourire lumineux, une vie de passion et de détermination qui, de danseuse, est devenue comédienne avant de devenir scénariste et réalisatrice.
Tous ces arts, elle les pratique chez nous dans le Sud, à Six-Fours car elle a décidé de ne pas faire comme tout le monde : « Monter » à Paris pour réussir. Réussir, pour elle, n’a jamais été de devenir star ni de gagner beaucoup d’argent, mais simplement de vivre de ses passions chez elle.
C’est plus difficile mais elle se voit mal vivre à Paris. Le soleil et la mer lui manqueraient trop !
Elle vient de terminer le tournage d’une série, « Happy reset », qui participe au seizième concours Nikon.
En chemin, elle a connu quelques difficultés et du coup, la série n’est pas exactement ce qu’elle avait écrit.
Elle nous raconte tout cela.

« Isabelle, le cinéma, pour vous, ça représente quoi ?
C’est une passion qui m’a été transmise par mon papa, qui a exprimé beaucoup de choses à travers les films qu’il me proposait de voir. Il a été journaliste, il avait une appétence pour tout ce qui était artistique et,  si par pudeur, il ne se manifestait pas, c’est par les films que nous allions voir qu’il laissait passer des messages.
Vous avez commencé par la danse ?
Oui, j’étais danseuse dans différentes troupes, divers orchestres comme K-Danse qui est à Six-Fours, les orchestres de Claude Girard, André Auzias, je me suis arrêtée lorsque j’ai eu mes filles, j’ai alors donné des cours de danse, puis je me suis tournée vers l’art dramatique et je suis devenue comédienne de théâtre.
Et le cinéma dans tout ça ?
Il y a eu le Covid où l’on ne pouvait plus rien faire et alors, comme j’avais fait une formation de scénariste, j’ai commencé à écrire, pendant le confinement.
Qu’en est-il sorti ?
Beaucoup de choses, j’ai notamment scénarisé une série qui s’appelle « 63 minutes », premier pilote que j’ai réalisé. J’ai d’ailleurs eu un prix. Ça m’a pris beaucoup de temps car c’était en autoproduction et qu’à côté de ça, il faut gagner sa vie.  J’ai aussi écrit deux gros scénarii  qui sont très importants pour moi mais j’ai bien compris que pour avoir des aides, entre autres du CNC, il fallait que  je montre ce que je faisais dans des festivals et recevoir des prix . Entretemps j’ai écrit « Happy reset » que j’ai totalement autoproduit mais les gros autres projets, je ne pourrai pas les financer sans aide ni si le CNC ne m’octroie pas des fonds.
Donc c’est en stand bye ?
Si l’on veut mais en ayant fait « Happy reset », j’ai de l’espoir car la série fait partie des vingt meilleurs projets soutenus par Nikon Festival. Ce festival est de plus en plus prestigieux. Je fais partie des vingt soutenus et j’espère que nous serons dans les huit sélectionnés. Nous le saurons en avril.
C’est par petits pas qu’on avance, avec beaucoup de ténacité et j’espère que des gens seront sensibles à mon univers.

Quel est votre univers ?
Il y a beaucoup de questionnements comme le temps qui  passe, et « Si c’était à refaire » . Il y a aussi la place de la femme de plus de cinquante ans dans la société et aussi l’intelligence artificielle.
C’est-à-dire ?
La place qu’elle prend aujourd’hui. Le modernisme ça a évidemment des avantages mais jusqu’où est-ce que peut aller ce pouvoir ? Tous mes projets sont des dystopies qui se passent dans un futur proche. Et le futur est de plus en plus proche, il nous rattrape vite ! Lorsque j’ai écrit, c’était de la science-fiction et ça l’est de moins en moins.
Bon, alors parlons de « Happy reset » !
La série se passe  en 2035, cinq jours avant la fin de l’année, une intelligence artificielle avertit les gens que le pire parasite de la terre a été identifié : Ce sont les êtres humains !
Dans la nuit du 31 décembre 2036 à 2037, l’humanité sera éradiquée. On va suivre le comportement de quelques personnages qui n’ont plus que cinq jours à vivre.
Il y a à la fois de la science-fiction et quelque chose de philosophique. La série  interroge vraiment sur le sens des priorités lorsqu’on sent qu’on va mourir.
En dehors de la science-fiction, c’est vraiment une fiction ?
Il y a beaucoup de fragments de ma vie et j’ai l’énorme bonheur d’avoir écrit en pensant à des gens que je connais, dont mes filles, mon gendre, des amis. Et ce n’est pas parce que ce sont des gens de ma famille mais tous sont comédiens… Et talentueux ! Mais en écrivant ce scénario, c’est venu tout seul. Après, il fallait qu’ils acceptent.
Et s’ils n’avaient pas accepté ?
Le problème est que lorsqu’on écrit en pensant à quelqu’un, on a du mal à penser à d’autres comédiens ! J’ai eu beaucoup de chance, tous ont dit oui. C’est vraiment mon bébé, si comme j’avais accouché !
Et ça se passe où ?
Tout se passe dans la région car je voulais  que ce soit vraiment une série du Sud.
Nous avons tourné du 2 au 4 janvier, entre Fabrégas, la Verne, Sanary, Six-Fours, la plage de Bonnegrâce, le parc de la Méditerranée, que des sites magnifiques. Nous avons aussi tourné à la Bibliothèque pour tous les Gémeaux à Six-Fours, l’Ehpad  du Verger à Sanary et l’école de danse Team Pôle Addict à la Seyne  qui nous ont ouvert leurs portes et que je remercie. Je remercie également tous les comédiens magnifiques dont l’âge varie entre 4 mois et 90 ans, dont les doyens de la maison de retraite ! C’est toute une représentation de l’humanité.
Et tous sont du Sud ! Je veux le souligner car c’est vrai que beaucoup de parisiens viennent tourner chez nous alors que, si nous avons de beaux paysages, nous avons aussi des comédiens talentueux. Les comédiens-vedettes sont souvent castés à Paris et l’on prend les nôtres pour faire de la figuration !

Parlez-moi de ce concours Nikon…
C’est un concours qui devient de plus en plus important. Il y a aujourd’hui des têtes d’affiche qui viennent avec de gros moyens. Cette série que j’ai autoproduite entièrement, passe sur le site de Nikon festival et les gens doivent voter jusqu’au 26 mars. Le fait d’être sélectionnée en catégorie A, c’est-à-dire sélectionné dans un grand festival comme Lille, Clermont-Ferrand, Nikon en faisant partie et d’avoir un prix implique que le CNC  s’y intéresse et puisse m’aider.
Mais… Il y a un mais …
Oui car aujourd’hui je rencontre un problème. J’ai fait venir un chef opérateur de Paris que connaissait ma fille.. Surpris par le côté qualitatif de la série, il m’a proposé de faire le montage à Paris, faisant en sorte que n’y participe pas au montage et qu’il coupe quelques parties importantes. Et il a inscrit la série à son nom et celui de son assistant avec le nom de sa boîte de production et sur l’affiche je figure en quatrième place ! Alors que tous les droits à l’image sont à mon nom. Il a coupé certains moments poétiques qui font que ça dénature mon histoire. Et avec ça, il donne des interviewes en parlant de « sa » série, sans stipuler que j’en suis l’autrice, alors que jusqu’ici, il n’a fait que des publicités et des clips. Le festival Nikon est au courant.
J’espère qu’il va rectifier et inscrire mon nom pour que je puisse intégrer la sélection « Regard de femmes ».
A propos de projets, puisque cette série va vivre sa vie,  malgré tous ces aléas, je pense que vous n’allez pas en rester là ?
Oui, j’ai plusieurs projets. D’abord les deux dont je vous ai parlé mais là, j’ai besoin de producteurs. Les deux projets se passent encore dans le milieu de l’intelligence artificielle. Le long métrage aura un casting presque exclusivement féminin et la série sera autour de la pédo-criminalité et de l’IA.
Je suis également sur un court-métrage qui va traiter des foyers pour jeunes filles et de la résilience à travers la boxe. Il va se faire dans les trois mois qui viennent. Je lance aussi des ateliers d’écriture qui auront lieu entre Toulon et Six-Fours. Chacun va raconter un bout de sa vie, une anecdote qui sera lue par un autre. Et j’aimerais pouvoir entrer dans des écoles pour parler du harcèlement scolaire.
Et la comédienne de théâtre, où en est-elle ?
Je vais reprendre en avril, une pièce, « Derrière la porte » de Claude Broussouloux… Qui est en voyage de noces sur l’Île Maurice ! C’est l’histoire d’un couple qui rentre chez lui en fin d’après-midi et dont la femme croit avoir vu un homme rôder dans le jardin. Au départ c’est sur le mode de la comédie style « Scènes de ménages »  et peu à peu, il y a une montée en tension. Ca évoque les secrets qu’il peut y avoir dans un couple.
Et puis, j’ai écrit une pièce et je recherche un comédien de 20/25 ans pour jouer mon fils. Une pièce sur les liens familiaux.
Et à part ça ???
(Elle rit) A part ça… Je ne m’ennuie pas !
Mais aujourd’hui, je cherche des producteurs ou des mécènes pour pouvoir continuer à tourner ! »

Avis aux amateurs !
Propos recueillis par Jacques Brachet


Notes de lectures

Letizia GORETTI : Le vertige du jeu ( Ed de l’atelier – 184 pages )
Avec cet ouvrage, l’autrice retrace l’histoire de l’Internationale Situationniste depuis sa création dans les années 1950 par un groupe de philosophes et d’artistes jusqu’à sa disparition, ainsi que des inspirations modernes qu’elle a suscitées.
Letizia Goretti propose une lecture contemporaine axée sur un des piliers centraux du situationnisme : le jeu, envisagé comme une manière de se réapproprier sa vie et de rompre avec les cadres imposés.
Le vertige du jeu est un ouvrage exigeant mais stimulant par sa capacité à nous amener à réfléchir aux questions de société.

Martine-Marie MULLER : Les amants du gaillard (Ed Terre de France – 422 pages).
Au commencement, il s’agit d’un chalutier qui rentre au port après plusieurs mois passés en mer. Mais il arrive à marée haute et passe donc la nuit à l’entrée du port, faute de pouvoir y amarrer. C’est au milieu de la nuit que va disparaitre le capitaine du chalutier, un homme, en théorie, apprécié de tous.
Petit à petit, le récit remonte les souvenirs de sa femme et de son entourage : leur première rencontre, la guerre contre l’Allemagne Nazi qui éclate et assiège ce port de pêche… Les secrets longtemps gardés se dévoilent et révèlent la véritable personnalité de tous ces gens confrontés à l’horreur de la guerre.
Ce livre est autant une histoire d’amour que de courage et d’humanité. Il sonde le cœur des hommes et femmes, pour y confronter la complexité des sentiments où l’amour et la haine sont inextricablement liés.
L’écriture de ce livre est très bien menée. J’y ai trouvé beaucoup de poésie et je me suis laissée transporter dans cet univers de pécheurs de morue normands. Leur accent, leur expression, tout y est retranscrit avec une précision donnant à ce récit une authenticité remarquable

Magali Baccino

Luc PATENTREGER, utopiste & visionnaire

Luc Patentreger est médecin, plasticien, homme d’art et de politique, écologiste, il sculpte, peint, écrit des livres, des BD – Il a créé un curieux et sympathique petit personnage nommé Paprika – et chaque année il organise le festival de cinéma « Femmes ! » qui rayonne sur plusieurs villes varoises.
Il est ce qu’on appelait au XVIIème siècle « un honnête homme », cultivé, curieux de tout, humaniste et il est aussi un amoureux de la Seyne-sur-Mer où il vit.
A tel point qu’il nous offre aujourd’hui un livre « La Seyne, la mer » où il défend sa ville qui en a aujourd’hui bien besoin et que, en utopiste et optimiste qu’il est, il espère voir naître un jour, belle et fière. C’est, dit-il, un livre d’espérance magnifiquement illustré de superbes photos de notre ami Pascal Scatena, et de dessins signés de l’auteur lui-même. Un livre plein d’amour et de poésie qui a cette originalité de laisser parler sa ville au singulier, dont chaque chapitre est une escale, l’Histoire se mêlant à l’histoire dans une écriture simple et belle.

Une rencontre s’imposait, avec toute l’amitié et l’admiration que je lui porte.
« Luc, parle-moi de la genèse de ce livre…
Je suis arrivé à le Seyne-sur-Mer en 1981 et, moi parisien, je découvre la mer Méditerranée et je tombe immédiatement amoureux de cet espace car je suis un passionné de la beauté et la mer fait évidemment partie de la beauté de notre planète. Je m’y installe en tant que médecin en 1984. En 1985, il y a la fermeture des chantiers navals et tous les licenciements qui en découlent. De ce moment, je vois débarquer dans ma clientèle les conséquences sanitaires d’une crise sociale et économique : la dépression, des femmes battues,  des enfants qui font pipi au lit, de l’alcoolisme, je vois des suicidés et je ne me sens pas d’être un simple prescripteur d’antidépresseurs mais je veux faire quelque chose pour cette ville…
Et faire quoi alors ?
A partir de 1989, j’ai commencé à écrire des articles, des réflexions sur comment reconvertir cette ville, comment peut-elle rebondir alors que les politiques avaient out misé sur les chantiers navals sur un plan électoraliste, économique, social. Mais ils n’avaient pas diversifié les activités comme à La Ciotat. J’ai donc réfléchi sur la dimension maritime à travers ma clientèle, les associations, les chefs d’entreprises, des politiques aussi. Etant aussi écologiste je me suis dit que l’avenir de cette ville nécessiterait une dimension maritime et écologique nécessaire.

Tous ces articles, tu les donnais à qui ?
Au parti des écologistes qui m’ont demandé, à partir de 92, de les représenter. Ne sachant pas dire non, j’ai donc dit… oui et ça m’a permis de construire une vie d’homme, de citoyen engagé. En 95, je me suis retrouvé élu, adjoint à la culture avec aussi en charge l’aménagement du territoire où j’ai monté des dossiers européens dont le parc Fernand Braudel aux Sablettes. Mon concept était de créer trois parcs car c’était la seule ville à ne pas avoir de parcs. Mais ce n’étaient pas des parcs pour verdir, comme un écolo primaire, mais des parcs pour l’emploi. Un parc balnéaire, un parc culturel et un parc de la rade, ce  dernier étant un parc économique et d’agrément, un bassin d’emploi avec des arbres, des pelouses. Mais j’ai très vite été débarqué par le maire d’alors qui voulait construire une cité HLM sur le site des chantiers, ce que je refusais.
Alors, revenons à ce livre !
C’est avant tout une réflexion par rapport à un constat, un vécu, à une souffrance. En tant que médecin, citoyen et humain, je ne pouvais pas rester insensible à cette souffrance humaine mais aussi urbaine. La Ciotat a réussi à se reconvertir, la Seyne n’arrêtait pas de plonger. J’ai donc voulu apporter ma petite contribution à la reconversion de cette ville avec la dimension maritime et écologique.
Aujourd’hui, en 2026, la dimension maritime, tous les candidats l’ont oubliée, je n’entends pas de discours par rapport à la mer. Quant à la dimension écologique, elle est inexistante alors que nous vivons un dérèglement climatique.
Ce livre est onc un récit, un mémoire de la ville et ses avenirs basés sur les solutions liées à la nature.
Il est né d’une passion pour elle, pour les gens, pour mes patients, desquels j’ai appris beaucoup de choses et j’ai voulu leur rendre hommage.

George Sand à Tamaris

Lorsque tu parles d’avenir de cette ville… Y crois-tu vraiment ?
Si j’écris « La Seyne, la mer », c’est que je crois en cette ville qui, depuis quarante ans, a beaucoup de difficultés mais il va bien falloir qu’un jour, il y ait des politiques qui prennent la ville en main par rapport aux urgences, aux nécessités et tout simplement à une logique de bon sens dans la dimension maritime et écologique. C’est notre identité.
Il faut accepter la nature et nous mettre, nous les humains, à sa hauteur.
Je donne donc quelques exemples sur les posidonies, qui sont très importantes, sur les cargos à voiles réalisés par la CNIM.
On ne peut pas revenir en arrière, on s’adapte. A la Seyne, on n’a rien, on part de pas grand-chose mais on peut proposer un modèle de ville qui soit original, singulier, qui se démarque du reste. Donc on a encore la possibilité de faire en sorte que cette ville ait cette dimension à la fois maritime et à taille humaine.
Tout ça, ce sont de bonnes intentions…
Evidemment, mais ce sont des alertes et je suis un messager, un lanceur d’alerte, je transmets par l’Histoire, la mémoire, les années-lumière, les années d’acier, les années de plomb. Il y a eu les bombardements, le choléra mais depuis quarante ans ce sont des années de boue.
C’est tout ça que j’ai voulu raconter, illustré par des photos de Pascal Scatena et de mes dessins.
C’est un livre singulier car je fais parler la Seyne comme un bateau à voile. C’est un navire à trois mâts puisque nous avons trois quartiers, Berthe, centre-ville et le Sud.
Il parle de l’Histoire, de la préhistoire, de demain, qui met en avant la conscience écologique, qui parle de la mer, des océans, de la Méditerrané dont la surface maritime est la plus grande après les Etats-Unis. La Méditerranées est une mer d’une très grande richesse par sa biodiversité mais c’est la mer la plus fragile de la planète car c’est une mer fermée qui souffre du plastique et du réchauffement climatique.
Pour les politiques, la mer est plus qu’un décor qu’une partenaire. Il faut la respecter et faire avec ».

Propos recueillis par Jacques Brachet

Six-Fours Téléthon 2025… Enoooorme !

On le sait, le Téléthon est le bébé de Dany Cayol, chargée de mission de la Mairie de Six-Fours.
D’une année sur l’autre, sans souffler un seul instant, elle part tout azimut chercher des sponsors, des spectacles, des animations, des bénévoles. Infatigable, elle se livre corps et âme avec passion, avec empathie car c’est sa fonction principale et naturelle : Aider les autres.
Cette année encore, elle a fait des prouesses, elle a battu tous les records et aujourd’hui, on ne peut plus fière du résultat, elle s’adresse à toutes ces personnes de bonne volonté qui l’ont aidée à franchir le seuil des 30.000 Euros.

Chère Madame, Cher Monsieur,
VOUS avez fait exploser le record !!!!!!!!!!!!!
Si en 2024 nous avions déjà eu un montant jamais atteint, en 2025 la ville de Six Fours vient de remettre au Téléthon la somme de 30 036,81 €, soit 1 576,49 € de plus que l’année dernière !!!! Les diverses manifestations se déroulent dans notre ville sur 3 mois ½, et j’ai reçu le dernier chèque lundi 2 février !!
Un ENORME merci à tous. C’est à la fois un engagement auquel vous répondez tous, depuis une crèche, les deux Collèges et le Lycée, les associations patriotiques, culturelles, sportives, les maisons de retraite, entre autres, et encore je sais que quelques-uns n’ont pu faire comme ils le souhaitaient, pour raisons personnelles. Il y eut aussi des actions menées conjointement par plusieurs associations, et vous savez que je suis très sensible à ce rapprochement.
La recherche médicale progresse, avec des résultats fiables, et vous en êtes les contributeurs.
Grâce à vous aussi la ville de Six Fours se situe dans le peloton de tête de notre Région.

Encore bravo, merci………….. Et à bientôt
Amicalement
Dany Cayol
Chargée de Mission Mairie de Six Fours
Coordonnatrice du Téléthon

Et aussi bravo Dany !
Jacques Brachet

De Sanary à Solliès-Pont : le talent au féminin

Sanary : Christiane Boussard entre terre & mer
Voilà des années que je suis cette belle artiste et à chacune de ses expositions, j’y retrouve le même bonheur de peindre, d’assembler les couleurs, de représenter des paysages de sa région, entre autres la Seyne , où elle vit. A chaque fois, elle surprend par l’évolution de sa peinture qui va de l’expressionnisme à l’impressionniste et aujourd’hui la voilà qui se lance dans l’abstrait avec un chatoiement de couleurs « qui vont si bien ensemble ».
Sortie de nombreux mois de maladie dont elle est aujourd’hui convalescente, elle n’a jamais baissé les bras, jamais lâché son pinceau, ce qui lui a permis de résister avec un beau courage à toutes les pressions médicales qu’elle a enduré.

Après des camaïeux de bleus qui représentent cette Provence qu’elle aime et qui l’inspire, enfermée dans son atelier, elle s’est jetée dans l’abstrait et l’on ressent dans ses toiles, toute l’énergie, toute la force qu’elle a gardée dans ces mois sombres.
Et de l’ombre vient la lumière qu’elle pose sur ses toiles avec, on le sent, une joie de peindre irrépressible. Et comme par hasard, ses nouvelles toiles s’agrandissent dans des explosions de couleurs, très différentes de ses premières toiles dans lesquelles on trouvait un calme, une sérénité qui s’est aujourd’hui accrue dans la joie de continuer à peindre.
Joie qu’elle nous communique dans cette belle exposition qu’elle nous offre à la galerie Barthelemy de Don jusqu’au 15 février.

Solliès-Pont : Portraits de Femmes avec homme
Voilà donc la galerie peuplée de femmes dans tous leurs états, pulpeuses, mystérieuses, poétiques, sculpturales, stars, androgynes… Toutes plus belles les unes que les autres, sublimées par des femmes avec une exception : un homme qui les aime, Olivier Vinet, d’autant plus qu’il est à bonne école avec son épouse, Yannick, qui expose auprès de lui.

Photo Serge Allègre

Bénédicte Le Moigne-Grijol, Cette grande voyageuse nous propose la beauté, la grâce, la féminité, le mystère, la douceur dans ces femmes perdues sous des fleurs et des feuilles, qui, comme des elfes, semblent s’envoler, nimbées de teintes pastel. Tout comme ses sculptures, longilignes et tout aussi mystérieuses, semblables à des icônes.
Allez, on passe au couple toulonnais : Olivier et Yannick Vinet dont les styles sont à la fois différents et approchants puisqu’ils présentent les femmes comme des divas, des stars inabordables, sophistiquées, dans des décors géométriques psychédéliques, très seventies, qui peuvent faire penser à Warhol pour cet ex mathématicien, et à la star séductrice et intouchable pour cette artiste, mère de ses cinq enfants.

Marie-Aurore Smadja
&Bénédicte Le Moigne-Grijol


Rosa Vanmarcke-Gilissens, est une vieille connaissance, car cette belge installée à Solliès-Pont, vient en voisine et nous a déjà offert ses sculptures monumentales aussi originales qu’elle, qui nous invitent à entrer dans la galerie. Ses œuvres peuvent aller de la femme réelle à la femme abstraite mais toujours d’une beauté hiératique.
AK La Rousse a un nom qui est déjà tout un poème. Cette femme de feu, comme son nom l’indique, née du côté de Signes idéalise la femme avec à la fois de la poésie, de la liberté, de l’exubérance. En découvrant certaines de ses toiles, on ne peut s’empêcher de penser à Cocteau, couleurs chatoyantes en plus.
La toulonnaise Odile Fayon balance entre classique et imaginaire. Elle peut en même temps nous offrir une femme nue bien en chair, comme les peignaient les anciens, puis partir sur une guitare peuplée de personnages inattendus et colorés.
Comme on peut le voir, la Var ne manque pas de beaux et belles artistes dont vous pouvez découvrir un magnifique échantillon jusqu’au 15 février dans ce lieu superbe qu’est le château de Solliès-Pont.

Jacques Brachet

Angelin PRELJOCAJ… Danser pour grandir… Un hymne à la danse signé Julien BENGEL & Marie-Anne SORBA

S’il a un nom difficile à retenir au premier abord, son succès, fait qu’aujourd’hui, pour tous les amoureux de la danse du monde, il est devenu un danseur et chorégraphe incontournable. Et on a la chance qu’il se soit installé à Aix-en-Provence, dans ce lieu magique qu’est le Pavillon Noir.
Je l’ai rencontré, il y a quelques décennies à Châteauvallon avant qu’il ne parte à Aix. On aurait pu le garder chez nous alors qu’il devait créer en 1995, le Ballet National Contemporain. L’arrivée du FN à Toulon a changé la donne et il a fait d’Aix-en-Provence, le siège de sa compagnie avec le succès que l’on connaît.
Il crée en 2015 la section junior, afin d’ouvrir les portes à de jeunes artistes en herbe. L’école a un succès énorme, les apprentis danseurs viennent aussi bien de France que d’Italie, du Portugal, d’Angleterre, de Belgique, Espagne… And so on.
Le réalisateur Julien Bengel, qui a créé la Société « Mise en boîte » est, depuis quelques années, un fidèle de la compagnie, collaborant avec Angelin. Et il décide de monter un documentaire sur cette école exemplaire, en compagnie de Marie-Anne Sorba, productrice et créatrice de la société Fred Hilgemann Films.
Le film s’intitule « Danser pour grandir », un magnifique film qui nous montre combien la danse est art merveilleux mais difficile. Nombre de danseurs s’y cognent car il faut de la détermination, de la passion, de la ténacité, du talent évidemment peut-être du courage aussi car lorsqu’on aime, le courage est omniprésent.
C’est tout ce que nous montre le film de Julien qui a su magnifiquement filmer les danseurs durant leur période test, les découragements, les blessures, les corps qui souffrent, mais aussi l’espoir au bout duquel ils seront pris dans la compagnie. Ils lui ont confié leurs doutes, leurs espoirs mais aussi leur foi en cet art qui est leur vie, avec des confidences très émouvantes.
Le film nous montre aussi ce qu’est le collectif, l’entraide de ces jeunes à la fois concurrents et devenus amis malgré leurs différences de langue, de mode de vie… Le vivre ensemble est important lorsqu’on se retrouve loin de son pays, de sa famille et Angelin, qui est d’une grande humanité, est toujours à leur écoute avec une gentillesse extrême.
C’est tout cela que nous montre ce film que Julien Bengel et Marie-Anne Sorba sont venus présenter dans le cadre de l’association « Lumière(s) du Sud » présidée par Pascale Parodi.


« Julien, Marie-Anne, deux entités, deux sociétés qui s’épousent pour nous donner ce magnifique film… Racontez-nous… Et racontez-vous !
Marie-Anne : Je suis auteure, réalisatrice et productrice de films documentaires depuis quinze ans. Je suis de la région, j’ai passé mon bac au lycée Dumont d’Urville de Toulon, puis je suis partie à Marseille puis à Paris où j’ai passé vingt ans. Je suis d’abord passée par le journalisme, entre autres à Libération, au Figaro Economie, les anciennes pages saumon, pour faire des reportages dans les pays de l’Est, j’ai écrit quelques livres sur la Russie. J’avais appris la langue au lycée. Et puis je me suis mise à faire des documentaires pour la télévision. J’ai alors créé ma propre maison de production pour avoir plus d’autonomie et d’indépendance En 2017, je suis revenue chez moi en famille, et j’ai rapatrié ma société à Toulon.
Julien : J’ai fait le contraire de Marie-Anne, Je suis arrivé de Paris à Toulon en 2005. J’ai fait des études de cinéma, puis je me suis lancé dans la vidéo institutionnelle. J’ai travaillé en tant que monteur sur des documentaires et nous nous sommes rencontrés avec Marie-Anne. Elle m’a demandé si j’avais une idée de film documentaire. Je lui ai parlé de ce projet qui consistait à suivre des jeunes en formation chez Angelin Preljocaj. Nous avons écrit ce projet ensemble, avec nos deux boîtes de production.
Pourquoi la danse et pourquoi Preljocaj ?
Julien : Cela fait plus de quinze ans que je travaille avec Preljocaj en tant que vidéaste. Je fais des captations de ses spectacles, des coulisses, je suis ses créations. C’est un milieu qui me passionne. Ce n’était pas quelque chose qui m’intéressait au départ mais que j’ai découvert au fur et à mesure. Je suis tombé dedans !
Alors, comment est né ce projet ?
A force de voir tous ces jeunes passionnés et travailler d’arrache-pied, j’ai eu envie d’aller un peu plus loin et de les suivre, durant une année de formation, comment ils peuvent arriver à ce niveau-là.

Et vous, Marie-Anne, la danse vous intéressait ?
J’ai toujours été fascinée par les danseurs, ce sont pour moi des êtres surnaturels, ils ont quelque chose que les autres n’ont pas, la grâce, la souplesse, la beauté, des choses dont on a besoin plus que jamais dans ce monde d’aujourd’hui. On a besoin de ces émotions liées à la beauté, à l’art. Et de voir tous ces jeunes entre dix-huit et vingt ans qui sont dans leur passion, dont leur vie est dédiée à leur art, c’est à la fois très rare et très beau. C’est magnifique de voir ces êtres passionnés… Et qui ne sont pas fixés sur leur téléphone ! J’ai beaucoup d’espoir que la jeunesse d’aujourd’hui s’intéresse à la danse, ou à tout autre art d’ailleurs.
Julien, comment avez-vous travaillé avec Angelin ?
Déjà, il nous a fait entièrement confiance. Lorsque je lui ai parlé de ce projet, il m’a seulement dit : « Fais-le comme tu le sens ». On l’a également interviewé vers la fin pour qu’il nous donne son regard sur cette jeunesse. Par contre, il ne nous  jamais demandé de voir ce que nous faisions. Il connaissait mon travail, quant aux élèves, recrutés pour un an, je les ai découverts le premier jour et on s’est apprivoisé !
Je n’ai jamais empiété sur leur travail et très vite ils ont oublié ma caméra.
Y avait-il quand même un scénario au départ ?
Marie-Anne : Nous avons pas mal écrit au départ en fonction du planning en cours de formation car on savait qu’ils reprenaient  un ballet « Après la bataille », qu’ils devaient aller travailler à Paris pour répéter. Nous avons écrit des séquences pour savoir vers quoi on voulait aller.

Julien : Ça reste quand même un documentaire et il est difficile de savoir comment les jeunes vont se comporter durant une année. Nous avons eu quelques belles surprises, l’idée était de montrer comment ces jeunes qui sortent d’un cocon familial s’adaptent à un milieu professionnel, de les voir évoluer, prendre confiance et de voir comment, malgré des langues différentes, ils arrivent à travailler ensemble, à se comprendre et apprendre à être ensemble. D’ailleurs, ceux qui ne parlaient pas français ont pris des cours, car chez Preljocaj, les répétitions se font en français. Reçus en France, la moindre des choses est qu’ils s’adaptent. Il y avait aussi cette idée d’intégration.
Le film dure 52 minutes. Comment s’est fait le montage ?
Nous avons tourné deux à trois fois par mois, de septembre 2024 à fin juillet 2025. Nous avions à peu près cinquante heures d’interviewes, chacun des danseurs l’ayant fait dans sa langue. Il a fallu tout traduire et tout sous-titrer par la suite. Nous avons également fait une mini-série de huit fois huit minutes diffusée avant le journal de 19 heures
Ont-ils vu le film ?
Julien : Oui. On l’a projeté en septembre 2025 en avant-première au Pavillon Noir, quelques jours avant son passage sur France 3 Marseille, et ils ont découvert le film en présence d’un public. Ils avaient beaucoup d’appréhension et ils ont été très heureux du résultat. C’était fidèle à ce qu’ils sont.
Marie-Anne : Ce projet est soutenu dans le cadre d’un dispositif qui permet à France 3 et à la région Sud de financer de nouvelles écritures qui s’appelle « Med in doc » ce qui nous a permis l’apport de France 3 et le soutien de production de la Région.
Ce film, en dehors de France 3, va-t-il passer ailleurs ?
Le film leur appartient mais ils nous ont donné l’autorisation de le présenter dans des festivals ou dans des salles comme ce soir.

La page Preljocaj se tourne… Et maintenant… Qu’allez-vous faire ?
Marie-Anne : On travaille sur un projet, dont on a commencé le tournage. Il s’agit d’une classe de théâtre du collège Joliot-Curie à Carqueiranne. Il y a une petite compagnie nommée « L’Etreinte » qui fait des ateliers avec des ados de 3ème et 4ème’, l’an dernier ils ont écrit une pièce qui s’appelle « Le destin de feu Carotte », l’ont mise en scène et l’ont jouée une fois sur l’Espace des Arts du Pradet avec un certain succès car elle est intelligemment écrite. C’est une comédie et le professeur de Français du Collège, Roger-Michel Allemand a décidé de reprendre cette pièce. Autour de ces communes, il se passe plein de choses avec ces jeunes de 12/15 ans qui font autre chose que de regarder des écrans. Le théâtre est un outil formidable de communication, pour apprendre à s’exprimer, avoir confiance en soi, faire du collectif, du lien social, chacun ayant quelque chose à apporter.
Les choses se font au fil de l’eau, plein d’idées arrivent et on cherche des partenaires, du financement, un diffuseur. Le projet est en route… Et vous en avez la primeur car vous êtes la première personne à qui l’on en parle ! On espère le concrétiser avant la fin de l’année… » Eh bien Pascale… Voilà une soirée à proposer à l’association, pour la rentrée prochaine !

Propos recueillis par Jacques Brachet