J’ai connu Stéphan il y a…des années alors qu’il était un jeune homme fou de cinéma et… de Louis de Funès, déjà ! Quand je dis « fou », c’est « fan » que je devrais dire. Un fan sympa, gentil, souriant mais obsédé par ce comédien qui a fait rire le monde entier. Pourquoi ? Parce que, disait-il, derrière les grimaces et le talent comique du comédien, il y découvrait un homme simple, humain, sensible, timide, réservé. A 15 ans, il s’intéressait déjà à lui. Il en a aujourd’hui 50 et il a toujours en lui ce feu pour celui en qui il a voué une admiration sans borne.
Et de ce jour, il a commencé une collection : photos de films, affiches, scénarii, objets divers et pour cela, il n’a pas hésité à frapper à toutes les portes et écrit à tous ceux qui ont approché l’artistes : comédiens, scénaristes, réalisateurs, techniciens, décorateurs, musiciens, costumiers… Bref, les abordant et les approchant, séduit pas cette admiration, chacun lui a offert quelque chose qui avait touché de Funès de près ou de loin. Et d’année en année, sa collection a grossi, entassant ses trésors qui sont aujourd’hui « de l’or, monsignor » !, des synopsis, des lettres, des photos de tournage, des maquettes de décors… Parmi tous ces gens, une personne a été touchée par cette admiration sans borne : Danièle Thompson, fille de Gérard Oury, réalisateur avec qui de Funès a tourné ses succès énormes comme « Rabbi Jacob », « La folie des grandeurs », « Le corniaud », « La grande vadrouille ».
Alexandre Doriol, maire de la Ciotat, Stéphan et Danièle Thompson, Nathalie Lainé adjointe déléguée à la culture, Jean-Louis Tixier,adjoint au patrimoine, au cinéma et à l’éducation
Danièle lui a ouvert beaucoup de portes, lui a fait connaître plein de gens ayant travaillé avec l’acteur, donné pas mal d’objets et elle l’a beaucoup soutenu dans ses pérégrinations à la recherche de documents de toutes sortes. Et voilà que la ville de la Ciotat « berceau du cinéma », d’où Stéphan est natif et où il vit, lui ouvre la porte de la Chapelle des Pénitents Bleus, où il a pu exposer ses trésors amassés durant des décennies, en présence de celle qui l’a toujours soutenu : Danièle Thompson ainsi que Jean-Louis Tixier, adjoint à la culture de la ville qui a toujours été là pour lui. Au moment de cet hommage, Stéphan est heureux et fier de pouvoir montrer ses trophées et en même temps, dans son beau regard bleu, l’on sent une tristesse aussi : « Je suis très ému et à la fois très nostalgique en ce moment car je repense à tous ces amis artistes disparus : Annie Girardot, Pierre Mondy, Michel Galabru, Gérard Oury, qui me recevait chez lui à Montmartre ou à Saint Tropez… Nous célébrerons les 20 ans de sa disparition en juillet prochain et Danièle Thompson fête les 60 ans de « La grande vadrouille »
Il faut dire qu’à force de les rencontrer, de leur écrire, ceux-là, au fil des ans, sont devenus des amis. L’expo est magnifique et on y découvre un homme, un artiste qui fait partie de la mémoire collective cinématographique et dont la carrière est éblouissante. « L’exposition est un immense succès – dit-il ému et heureux – les visiteurs sont heureux de retrouver ce grand acteur. C’était le but et c’était aussi celui de Louis de Funès de nous divertir, de nous faire rire et en ce moment, dans ce monde bien triste, on en a besoin plus que jamais. Louis l’avait compris depuis longtemps ». Merci à Stéphan de nous permettre de découvrir tous ces documents rares qui te sont chers.
Jacques Brachet
Avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel Pagnol, & Laurent de Funès, petit-fils de louis de Funès
Avec Gérard Oury dans sa maison de Montmartre
France Rumilly, la fameuse nonne à la 2CV du « Gendarme »
Aurélie HADERLE : Un Noel à Cameline ( Edition Terres de France : 304 pages ) Avec ce roman, l’auteure nous invite à suivre Naïs, une jeune femme psychologue qui a quitté Paris à la mort de sa mère pour reprendre l’exploitation familiale au cœur de la Provence dans un petit village juché entre le Ventoux et le Luberon. Elle se jette à corps perdu dans le travail à la ferme ainsi que dans la vie de la mairie, notamment pour l’organisation des animations du village à l’approche des fêtes de noël . Elle vit avec son amie Emilie, mère célibataire avec deux enfants mais petit à petit, la maison va se remplir d’étranges occupants, un mystérieux ouvrier, une jeune fille tourmentée ou bien encore un vieil ami avec un terrible secret. Enfin le retour d’Italie de son ami d’enfance, va rouvrir d’anciennes blessures. Ces jours d’hiver sont rythmés par leurs histoires de vie, entre révélations, rebondissements et arrivées inattendus ; faisant de ce Noël un moment riche en émotion. Ce roman s’inscrit dans la lignée des romans de terroir, avec une volonté de faire vivre la Provence et ses coutumes. Chaque chapitre s’ouvre d’ailleurs sur une citation provençale et sa traduction ! Au fil des pages, le lecteur découvre ou redécouvre les traditions provençales liées à Noel. Cela donne au livre une véritable valeur de transmission. L’auteure aborde aussi dans ce roman différents sujets de société comme le réchauffement climatique, la perte des traditions, la quête du bonheur ou encore la crise de la covid-19. Ce livre s’inscrit dans le registre des belles histoires de Noël malgré une intrigue très balisée et un peu naïve. Un noël à Caméline plaira aux lecteurs sensibles aux traditions régionales et aux récits doux et rassurants. Pour ma part, j’y ai davantage trouvé un voyage culturel qu’une expérience émotionnelle ; mais cette immersion en Provence reste, à elle seule, un intérêt certain du roman. Magali Baccino
Fawzia KOOFI (Avec la collaboration de Noor Zahaeer) : Lettres à mes sœurs ( Ed Michel Lafon – 350 pages) – Traduit de l’anglais par Cyrille Rivallan Après « Lettres à mes filles », Fawzia Koofi s’adresse aujourd’hui non seulement aux femmes afghanes mais à toutes les femmes de la planète dans un ouvrage à la lecture exigeante car il déroule de façon très précise l’histoire politique de l’Afghanistan de ces trente dernières années à travers la propre histoire de l’auteur. Cette femme intelligente et déterminée a embrassé une carrière politique pour servir son pays et la cause des femmes que les talibans veulent effacer systématiquement de toutes les sphères de la vie. Elle réussira à devenir la vice-présidente de l’assemblée afghane et à diriger le parti Mouvement pour le changement en Afghanistan. Elle participera aux réunions diplomatiques avec les talibans. Elle se bat avec courage alors qu’elle reçoit des intimidations, des humiliations et subira deux tentatives d’assassinat et alors qu’elle est assignée à résidence. Mais elle devra pour sa sécurité s’exiler en Grande Bretagne. Elle continue de lutter pour la reconnaissance des droits des femmes afghanes auprès des Nations Unies et des puissances internationales. Un livre dont il faut recommander la lecture pour que les yeux de tous s’ouvrent sur la situation des femmes en Afghanistan et sur ce qui peut leur advenir quand le pouvoir passe dans les mains de rigoristes islamistes. Jacqueline Flandin
Frédéric POUHIER & Susie JOUFFA : Perles de Truffaut (Ed Leduc humour – 189 pages) 40 ans déjà que François Truffaut nous a quittés, laissant derrière lui une vingtaine de films, de « Les quatre cents coups » en 1959 à « Vivement dimanche » en 1983, en passant par « Baisers volés », « Le dernier métro », « La sirène du Mississipi », « Jules et Jim »… Une belle œuvre et je suis heureux d’avoir pu participer au dernier de ses films tourné à Hyères. Truffaut ne parlait pas beaucoup mais c’était un homme simple, proche des gens avec qui l’on aimait discuter, d’autant que, comme Trintignant, c’était un homme plein d’humour qui, avec juste un sourire, une phrase, pouvait être drôle ou définitif. Mais il savait avoir la plume acérée, comme ce courrier qu’il envoya à Jean-Luc Godard : « Jean-Luc, pour ne pas t’obliger à lire cette lettre désagréable jusqu’au bout, je commence par l’essentiel : Je n’entrerai en coproduction dans ton film. Deuxièmement, je te retourne ta lettre à Jean-Pierre Léaud ; Je l’ai lue et je la trouve égueulasse. C’est à cause d’elle que je sens le moment venu de te dire, longuement, que selon moi tu te conduis comme une merde. » Dans ce livre, nos deux auteurs ont donc recherché la phrase qui faisait mouche, dans sa vie comme dans ses écrits ou dans ses films, comme « La vie est dure mais elle est belle puisqu’on y tient tellement » (Film « L’argent de poche »). Et cette phrase à méditer : « C’est l’idée de frontière qu’il faut abolir pour détruire l’esprit de Babel et réconcilier les hommes que séparera toujours, cependant, leur naissance ». Tout au long de ce petit livre, illustré de très jolis portraits de lui ou d’autres artistes, on navigue au milieu de ses citations, tirées de ses films ou de ses pensées. Comme « L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire ». Toutes ses phrases pêle-mêle nous rapprochent de l’homme qu’il était et peuvent nous rappeler des souvenirs de scènes de films, avec le regret que les auteurs n’aient pas ajouté aux phrases tirées des films le nom, du personnage qui les dit. Il est aussi très dur avec le festival de Cannes : « Cannes : un échec constant dominé par les compromis, les combines et les faux pas… » Allez, une dernière pour la route : « Mes 200 premiers films, je les ai vus en état de clandestinité, à la faveur de l’école buissonnière, ou en entrant dans la salle sans payer ». Ça ne vous rappelle pas « Les 400 coups » ? Jacques Brachet
Howard Zinn est l’auteur d’un immense bestseller mondial : « Une histoire populaire américaine ». Lorsque cet émigrant d’Europe de l’Est découvre l’Amérique, il désire connaître son histoire et pour lui elle n’est pas celle que les Américains décrivent et connaissent. Il décide alors de leur faire découvrir leur vraie histoire depuis Christophe Collomb : des indiens aux esclaves, des ouvriers à tous ceux qui ont souffert dans l’ombre et n’avaient pas d’avenir. C’est un énorme succès même si l’Amérique n’était pas l’Eldorado que l’on croit connaître. Alors, deux hommes, deux français, décident de rencontrer cet homme et d’évoquer son livre par une grande interview et de nombreuses archives. Ces deux hommes sont Daniel Mermet, journaliste, grand reporter, écrivain, animateur radio, et Olivier Azam, acteur, réalisateur et producteur. L’un a longuement interviewé l’auteur, l’autre s’est plongé dans les documents d’archives. Ils nous ont déjà offert un premier volet, le second vient de sortir et un troisième devrait suivre. C’est une véritable saga, aussi dense que le livre qui nous apprend plein de choses sur ce pays peut-être pas si mythique que ça. Et quel plaisir de rencontrer au Six N’Etoles, Daniel Mermet, volubile et passionnant (Tout aussi passionnant qu’Howard Zinn !) avec qui l’on aurait encore pu passer des heures !
Howard Zinn
Daniel, c’est un film réalisé à deux… Comment est venu ce projet ? Durant 25 ans sur France Inter j’ai animé une émission qui s’intitulait « Là-bas si j’y suis » qu’écoutaient chaque jour quelque 500.000 auditeurs. Dans le cadre de ces reportages, j’ai rencontré Howard Zinn en 2023. Je l’ai trouvé absolument génial. Nous avons fait avec Olivier Azam un premier film sur Noam Chomsky. Comme nous avions sympathisé avec Howard Zinn, nous nous étions promis de travailler ensemble. Nous nous sommes rencontrés à Boston pour un très long entretien vidéo. A partir de celui-ci, qui nous a servi de colonne vertébrale, nous avons réalisé un premier film, puis le second que vous venez de voir et un troisième à venir. C’est un film très dense. Très fort. Chacun fait presque deux heures. Il en avait, des choses à dire, ce monsieur ! Il évoque l’histoire des Etats-Unis et il y a de quoi dire ! Il a enseigné l’Histoire pendant des années à Boston et il y a son histoire dans l’Histoire puisque c’est une famille d’émigrés juifs d’Europe Centrale, ces petites gens débarqués au début du siècle dernier à Brooklyn. Dans sa jeunesse il devient contestataire, trop jeune pour partir en Espagne en 36, il va travailler sur un chantier naval à New-York, la guerre arrivant il va s’engager devenir lieutenant de bombardiers. Il va notamment bombarder Royan, utilisant le napalm sans le savoir. Puis ce sera Hiroshima. Marié, il est très heureux, comme de nombreux américains, du bombardement d’Hiroshima, la guerre étant gagnée… Et il prend conscience de ce qu’il a fait ? Oui, à la faveur d’une mesure prise par le gouvernement américain pour les Gis qui reviennent de guerre pour leur permettre d’entrer à l’université sans étude préalable, le GI.Bill. Il choisit l’Histoire, deviendra historien, s’engagera beaucoup. Il enseignera dans une université d’Alabama pour jeunes filles noires, lui le blanc de Boston ! Il s’engagera dans des tas de luttes, les droits civiques, le Viet Nam. Mais il reste traumatisé par cette bombe qu’il a lancée. Il en écrira un livre. C’est un magnifique professeur, un conteur formidable qui est très suivi. Il a du talent, il est très malin, très fort pour s’exprimer. Pour réaliser ce film vous avez dû faire un travail d’archives colossal ? Déjà, lui a fait des centaines de fiches à la main. En 1980, il n’y avait pas encore beaucoup d’informatique. Il avait des tiroirs pleins et c’est avec ça qu’il a écrit son bouquin sorti à cette date. Ça a été une bombe – c’est le cas de le dire ! – aux Etats-Unis où il s’est vendu à trois millions d’exemplaire et il y a eu d’innombrables traductions dans le monde. Chomsky a dit qu’il avait changé le regard des Américains sur eux-mêmes. Nous, nous étions plus loin mais beaucoup d’Américains ont découvert des choses qu’ils ne connaissaient pas, comme l’histoire de ces Indiens décimés par l’arrivée de Christophe Colomb que l’on considère encore comme un héros ! Et il y a un « Columbus Day » tous les ans ! C’est d’ailleurs la fête des Italiens américains qui considèrent Colomb comme un Italien ! Et qui n’ont pas beaucoup apprécié le livre. C’était totalement le contraire de la pacification !
Il parle aussi du soi-disant viol de deux américaines par neuf blacks, les Scottboro boys dans les années 30. Oui, et dans ces cas-là, il aurait dû y avoir un lynchage. Mais le shérif décida qu’ils soient jugés. Ce qui leur sauvera la vie, surtout après que les deux filles avouent qu’elles n’ont jamais été violés. Mais ça durera dix ans avant que tous soient libérés, malgré un tribunal entièrement blanc ! Luttes de races et luttesde classes se rejoignent ! C’est un grand mythe américain. Il y a même eu une comédie musicale ! Une chose m’a surpris dans le film : des gens comme Ford ou Lindbergh ne sont peut-être pas les héros que l’on encense ? Surtout Ford qui est un antisémite fervent, militant qui voulait la destruction des Juifs. Il avait même édité un journal pour infuser sa prose antisémite. Il était l’ami d’Hitler qui avait son portrait dans son bureau. Et ce sont des choses que les Etats-Unis ignorent… Ou veulent passer sous silence car, pour se faire oublier, il a créé des fondations Ford, c’est le premier annonceur aux Etats-Unis, il a doublé les salaires des ouvriers mais on oublie une close : c’était en échange d’aucun mouvement de grève de leur part. Il avait des milices musclées si ça ne marchait pas droit. Il y a un truc aussi qui explique pourquoi il a créé le travail à la chaîne ! Oui et ça c’est une trouvaille : le lien avec les abattoirs de Chicago qui coupaient la viande à la chaîne, ce qui lui a donné l’idée de monter les voitures et les boites de conserve à la chaîne. Il y a aussi une phrase que dit Zinn : « Celui qui tue les méchants n’est pas forcément un gentil. C’est une idée géniale, il faut l’inculquer aux gosses ! C’est tout à fait l’histoire des Etats-Unis. C’est vrai qu’ils ont tué le méchant, comme l’avaient fait les soviétiques à Stalingrad mais ça n’est pas forcément un gentil pour ça. On se souvient du film « Les sept mercenaires ». Ils tuent le méchant mais ils ont tendance à rester ! C’est toute l’histoire des cow boys et des Indiens ! Effectivement. On a toujours considéré les Indiens comme les méchants et les cow boys ont toujours été les héros. Lorsqu’on était gosse on allait voir ces films où les salauds étaient toujours les Indiens. Les premiers films qui ont inversé complètement la vision sont « Little Big Man » ou »Le soldat bleu ». Ça veut dire que pendant des générations, il y avait les bons cow boys et les sauvages, les barbares, les incultes Indiens. Aujourd’hui ça continue autrement entre les Américains et les Vénézuéliens, les Arabes et les Français
Célèbre photo de Charles Clyd Ebbets prise en 1932 au sommet d’un gratte-ciel du Rockfeller Center
Il y a une phrase de Trump : « La paix par la force »… C’est une façon de voir la paix ! Chacun a sa vision personnelle. L’Amérique a quand même une histoire de son Histoire particulière, non ? Vous savez, chacun a l’histoire qu’il veut. On dit que les peuples heureux n’ont pas d’histoire. C’est la façon dont ils vivent l’Histoire qui est intéressante. Nous, nous les prenons un peu comme des crétins, incultes… Parce qu’on est Français, on appartient à la race supérieure quoi !!! Ils ont une façon de vivre l’Histoire qu’ils s’accaparent plus physiquement que nous qui sommes très littéraires. Tant que notre histoire n’est pas écrite, elle n’existe pas. Eux n’ont pas besoin de ça, ils jouent leur histoire. Et les Amérindiens dans tout ça ? En ce moment, ils luttent pour reprendre leur place dans la société. Ils se retrouvent un peu partout et reprennent leur place. Il y a une espèce de réveil qui tâtonne pour retrouver leur culture, leur raison d’être. Ils sont des soutiens inconditionnels des Palestiniens car ils ont la même histoire. Il y a des gens qui fuient des conditions difficiles qui trouvent une terre sans peuple (Eux sont un peuple sans terre), ils ont une mission divine : « Croissez et multipliez-vous ». Il y a donc une analogie. Pour parler et montrer certaine choses, avez-eu des problèmes ? Bien sûr que nom, même si on dit du mal de l’Amérique. On n’a pas rencontré de gros problèmes. Le premier film circule aux Etats-Unis, dans les universités, ce qui nous a permis de financer celui-là et il est sorti voici dix ans et ce n’est pas à sa sortie qu’on pouvait avoir des problèmes. C’est maintenant avec la censure qui est aujourd’hui omniprésente avec Trump. Nous avons été surpris et très contents de l’élection du maire de New-York, Zohran Mamdani, qui a prêté serment… Sur le Coran ! Avec 1 million 500.000 juifs qui vivent à New-York ! Sa mère est une très grande réalisatrice qui a remporté beaucoup de prix dont la Caméra d’or à Cannes en 1981 avec « Salaam Bombay ». On voit quand même des trucs encourageants. Tout ça n’est pas foutu ! Dernière question : En sous-titre sous l‘affiche, on découvre cette phrase : « Tant que les lapins n’auront pas d’historien, elle sera racontée par les chasseurs… Vous pouvez expliquer ? (Il rit) Je vais vous dire la vérité : Figurez-vous que c’est une phrase de moi ! J’avais piqué une phrase dans un recueil de proverbes africains : « Tant que les lions n’auront pas de grillot, leur histoire sera racontée par les chasseurs ». Je l’ai adapté, transformant le lion en lapin pendant une émission sur Zinn ! J’ai fait ça pour rigoler et du coup, la phrase lui a été attribuée. Il n’a donc jamais dit ça. Comment une phrase piquée à la sagesse africaine et devient presque un proverbe. Et j’ai découvert un écrivain nigérian qui l’a également appliquée. A quoi ça tient, une phrase dite pour rigoler !!!