Archives mensuelles : août 2025

« Une place pour Pierrot », le film bouleversant
d’Hélène MEDIGUE

Camille, (Marie Gillain) est avocate. Elle vit avec sa fille Emma (Mathilde Labarthe), son frère ainé Pierrot (Grégory Gadebois) qui est autiste et vit dans un centre où on lui injecte des tas de médicaments pour avoir la paix.
Elle décide alors de le prendre chez elle, un petit appartement où ils vivent donc à trois l’un sur l’autre.
Dans un sentiment de déni, obsédée, elle pense qu’elle va s’en sortir et veut à tout prix le protéger, au point qu’elle a quitté son mari Adrien (Vincent Elbaz) tant elle est centrée sur ce frère gentil mais encombrant et sa fille est elle aussi en train de craquer.
La vie devient infernale pour tout le monde et son ami Gino (Patrick Mille) lui propose de le faire entrer dans une ferme tenue par sa sœur Mathilde (Marianne Basler) et son compagnon, Adrien (François Vincentelli) qui s’occupent de jeunes handicapés et les forment aux métiers de l’agriculture.
Est-ce que Pierrot va accepter de se séparer de « sa sœur Camille et sa nièce Mathilde ?
Une nouvelle vie pourrait s’ouvrir pour lui et elles.
Ce film, signé d’Hélène Médigue (qui joue un petit rôle dans le film) est bouleversant. La partie où tous trois vivent dans ce minuscule appartement est oppressante, chacun vivant mal l’un sur l’autre.
Et puis, c’est la campagne qui s’ouvre à Pierrot, un travail, des gens nouveaux qu’il côtoie et il peut même aller à la mer. Mais il est séparé de sa famille et a du mal à le supporter. Pierrot va-t-il trouver sa place ?
L’histoire nous laisse dans l’incertitude tout au long du film avec cette peur que Pierrot, pas toujours maître de lui, fasse des bêtises, Camille étant toujours sur le qui-vive et faisant des erreurs dans son métier pendant que les notes d’école d’Emma s’effondrent.
Un magnifique film sur la vie d’une famille qui est chamboulée par cette maladie et Hélène Médigue n’a pas cherché loin son sujet, son frère étant atteint d’autisme.
Des comédiens magnifiques, Grégory Gadebois qui nous offre une performance incroyable, Marie Gillain qui est à la fois attachante et énervante, tant elle obsédée par ce frère, et l’on retrouve dans des seconds rôles de magnifiques comédien, dont un François Vincentelli hirsute et barbu loin de ses rôles de mec beau et élégant et une Marianne Basler sans fard, belle aussi, qu’on retrouve avec plaisir.
Et encore un plaisir : la venue au Six N’Etoiles de Six-Fours d’Hélène Médigue, comédienne, réalisatrice, auteure que l’on a pu voir au théâtre, au cinéma, à la télévision… Avec qui j’ai beaucoup d’amis en commun.

« Je voudrais tout de suite préciser – nous confie-t-elle – que ce n’est pas un film sur l’autisme. La thématique du film est sur les aidants et c’est toujours comme ça que je le présente. Ce film existe parce que j’ai voulu parler de ce qui nous relie. Les aidants, ça relie à la fois dans un rapport avec une personne différente une personne malade, ou en fin de vie, qui traverse une dépression, que l’on aide. C’est ce que j’ai essayé de traiter en demi-teinte avec Marie Gillain. Si l’on n’accepte pas sa nature profonde, ses émotions, on ne peut pas être là pour l’autre.
C’est pour cela que j’ai créé ce personnage de femme avocate qui a besoin de faire justice, qui est beaucoup dans le contrôle, qui a quitté le père de sa fille pour de mauvaises raisons, qui est dans ne forme de déni, parce qu’elle priorise en fait ce qui l’a construite. Lorsqu’on grandit avec ce type d’épreuve, ça bâtit souvent notre identité.
A quel moment, dans l’existence – et ça c’est totalement universel – peut-t-on être libre de sa filiation, de l’environnement dans lequel on a grandi. A quel moment on s’en rend vraiment compte. C’est tout cela qui a motivé ce film.
Et surtout, aussi, ce que vous avez vécu avec un frère autiste ?
J’ai bien sûr vécu avec mon frère, notre différence d’âge a été un cadeau. Lorsque je suis née il avait 11 ans et j’ai découvert le monde à travers lui. Ce lien est très poétique et n’a rien à voir avec Pierrot. Pierrot est un autiste typique, ce n’est pas un petit génie mais ce que m’a vraiment apporté mon frère, c’est sa vérité, sa fragilité qui apporte quelque chose d’authentique. Ma façon d’aborder le monde, mon métier.
Les autres personnages du film sont tous en quête d’une transformation, se cherchent et les deux personnes qui dirigent cette ferme, sont des personnes brisées, fragiles, qui vont se reconstruire avec les autres, tous ensemble.
Il y a en fait deux étapes dans le film : Pierrot en ville, avec son casque puis à la campagne, sans casque, qui découvre autre chose
L’image, en fait, délivre ce qui n’est pas dit. C’est ça qui fait que j’ai envie de faire du cinéma.. Je crois que je fais un vieux cinéma car mes référence sont par exemple Claude Sautet, qui film merveilleusement les groupes. C’est Woody Allen qui tourne la caméra dans le couloir, qui part d’un huis clos pour s’ouvrir à la vie.


Tous vos comédiens de second plan sont magnifiquement choisis, dont votre fille Mathilde…
(Rires)… Qui n’est pas mal ! J’ai eu de la chance que tous disent oui.
Quant à Grégory Gadebois, il est époustouflant !
Je ne suis pas certaine que j’aurais fait le film, s’il avait dit non ! Je lui tout de suite proposé le rôle car je crois que c’est le seul acteur en France qui pouvait incarner un tel rôle. Il a un regard. C’est un Stradivarius.  D’ailleurs, on ne le dirige pas vraiment… Ce qui était merveilleux c’est qu’on était d’accord sur le fait qu’il ne jouait pas une personne autiste. On a travaillé à travers la sensorialité la temporalité, la poésie, la part d’enfance. Je voulais qu’on puisse l’identifier à ce personnage. C’est un acteur organique.
Et Marie Gillain, qui est aussi magnifique ?
Elle aussi a été la première à qui j’ai fait lire le scénario. Lorsque Grégory a dit oui, je lui ai dit que je voulais Marie. En fait, ils avaient déjà tourné ensemble dans « Les choses simples ». Ils avaient une scène où ils dansaient, ce qui était un supplice pour lui mais le regard de Marie l’avait entièrement libéré. J’avais très envie d’elle et elle m’a comblée car ce qu’elle fait dans le film est très difficile…
Et alors qu’elle n’est pas maquillée, qu’elle les cheveux tirés, elle est belle, lumineuse…
… Et bien filmée !!! Les mots sont une chose mais moi je veux toute l’intériorité de ça. C’est très difficile, ça demande de vraiment construire le sous-texte d’une séquence. J’ai pu faire avec elle (et avec les autres) un travail très précis, le parcours de chacun, le lien avec chacun. Sans vraiment de répétition, on creusait et Marie qui est sans cesse « up and down », il fallait qu’elle aille très loin, qu’elle s’abandonne Elle travaille sans béquille. Elle est exceptionnelle. C’est un cadeau, cette femme !

Pour moi, ils sont tous artistes dans ce film ! A partir du moment où ils sont dans mon film, ce sont des artistes ! D’autant qu’il n’y a aucune improvisation. J’ai mis en place un dispositif qui a fait qu’ils puissent être à la fois en immersion, dans les séquences, dans les décors, dans le travail qu’ils devaient accomplir, avoir des liens tous ensemble et avec l’équipe. Ils ont vraiment fait un travail d’interprètes. Il n’y a pas d’impro.
Le choix de la chanson de Julien Clerc « Ce n’est rien » ?
C’est la chanson de Pierrot, lorsqu’il monte un peu en tension, ça l’apaise, ça le fait redescendre. Et ça, je l’ai observé chez beaucoup de personnes. C’est une chanson thérapeutique et je trouve ça très  cinématographique. Et « Ce n’est rien », c’est une chanson qui rassemble dans l’inconscient collectif. C’est la métaphore de comment on traverse  l’ombre et la lumière. Ce n’est rien, tout passe… Et je trouve qu’il a une voix rassurante. C’est une chanson joyeuse qui est dans une cadence de vie et elle dit quelque chose de très spirituel.
En  dehors de ce premier long métrage de fiction, je trouve que vous avez un cursus remarquable entre cinéma, documentaires, théâtre, télévision, écriture…
Vous êtes gentil mais vous savez, je fais surtout beaucoup de projets liés à une nécessité. Déjà, en tant que réalisatrice, je ne pourrais pas réaliser une commande. Ce film n’était pas pour moi une nécessité au départ. Si ce film existe c’est grâce à mon producteur Christophe Rossignon. Lorsqu’il a vu « On a 20 ans pour changer le monde », il m’a proposé de passer à la fiction. J’ai dit « banco » mais on n’a pas eu les droits pour un livre que je voulais adapter. Du coup, pas de sujet et au bout d’un an il m’a proposé de faire un film autour de la petite fille que j’étai, qui observait son grand frère autiste. Et vraiment, je n’avais pas du tout envie de faire ça. Pourtant, au bout de trois semaines, un sujet est né, qui avait une dimension universelle et surtout pas réduit à un film sur l’autisme »

Hélène Médigue en compagnie du Dr Curti qui a animé le débat après la projection

Vous avez aussi créé « La Maison de Vincent ». Vous pouvez nous en parler ?
Ce sont des lieux comme celui du Lubéron, à taille humaine. Il y a entre sept et dix résidents, en internat ou en accueil de jour, ou encore en stage et la mission de l’association est d’entourer ces gens par des personnes formées à l’autisme, en lien avec un projet inclusif qui soutient la condition écologique où ils vendent les produits sur le marché. Il y a dans la première maison une épicerie au rez-de chaussée de la maison, afin de leur permettre de prendre leur place dans la vie de tous les jours, accompagnés par des équipes et tout cela permet la réduction de la médication, des troubles et le développement de l’autonomie »

Propos recueillis par Jacques Brachet


Paprika, le drôle de petit chien rouge
 de Luc PATENTRIGER

Paprika est né de l’imagination de Luc Patentreger.
Qui est Luc ? Un médecin à la retraite, un ancien politique,  à la fois philosophe et plasticien, amateur de photo et de cinéma au point de créer un festival et créateur de Paprika 
Qui est Paprika ? Un drôle de petit chien rouge  devenu son compagnon de route avec qui il philosophe, il poétise, il joue les journalistes, les penseurs et tous les deux explorent l’univers, témoins de la vie sur terre et sous terre.
Le voici installé  jusqu’au 30 août dans une belle galerie, la Maison Pouillon, dans le parc Fernand Braudel, face à la plage des Sablettes et dans lequel, Paprika est sorti de ses BD pour devenir un personnage en papier mâché et déambuler à travers ce lieu paisible et beau.
Je ne pouvais pas manquer cette invitation à ce voyage philosophique et spirituel, en rouge et blanc d’abord jusqu’à ce que déboulent toutes les autres couleurs, témoins de la vie d’au-dessus etd’en-dessous, d’hier et d’aujourd’hui en suivant les traces de ce petit chien rigolo et facétieux, plein d’humour et d’ironie… Mais pas que.
C’est une exposition drôle, ludique et pleine d’enseignements.
Sans compter l’amitié que je porte à Luc, j’admire sa vie si pleine et si riche faite de passion et de curiosité.

« Luc, raconte-moi cette exposition…
Elle s’appelle « Paprika, invisible présent »
D’abord, pourquoi Paprika ?
Paprika est né il y a dix ans et demi, le 7 janvier 2015, suite aux attentats de « Charlie Hebdo » dont je suis un fidèle lecteur depuis 40 ans et ça a été pour moi un véritable traumatisme, pour moi comme de nombreux Français d’ailleurs, J’ai vraiment eu du mal en m’en remettre. Je suis médecin, le sujet de ma thèse a été « Maladie et création picturale » J’y traitais d’art thérapie. Le jour suivant ce 7 janvier, je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose de cet art thérapie.
C’est là qu’est né Paprika ?
Oui. J’ai repris mes crayons, mes papiers et j’ai commencé à dessiner, faire des livres en compagnie d’Yves Benhamou qui écrit les textes, comme ce que faisait Charb, le directeur de Charlie Hebdo avec son petit chien et son petit chat, Maurice et Patapon. J’ai trouvé ce chien comme ça. Etant écolo, il ne pouvait pas être vert, c’était trop évident. J’ai choisi le rouge car on le repère de loin et surtout parce que ma femme, Martine, que j’ai connue il y a trente ans, m’a fait découvrir le paprika, ce piment doux qu’elle utilise beaucoup. Je me suis dit que ce serait Paprika car c’est un « piment de chien », il ne mord pas, il mordille, il alerte sur l’état de la planète.
Et que faites-vous ensemble ?
Nous nous parlons de la Nature, de la vie et du lien entre les gens, les éléments, les plantes. Trois thèmes qui me tiennent à cœur. Depuis dix ans je crée des bandes dessinées, des romans graphiques et illustrés, qui parlent de ces liens.

Donc, ton chien s’est échappé de tes BD ?
Depuis deux ans, je me suis lancé dans la sculpture, et Paprika est né dans cette autre forme et fait l’objet d’un triptyque. Le premier chapitre est né l’an dernier intitulé « La croisée des chemins » dans lequel je parlais des cinq éléments : terre, feu, eau, air, espace. Cette année je parle de « L’invisible présent ». L‘an prochain, le troisième s’intitulera « synapse »
Parle-nous donc de celui qu’on découvre aujourd’hui…
Ce sont les trois éléments qui nous animent, trois récits.
Dans le premier, on découvre Paprika dans différentes situations : il marche, il vole, il médite, il fait du skate, il s’éclate, il est pris dans des vagues d’eau, de vent. C’est le mouvement des êtres vivants sur cette planète. Et on le retrouve entre autres aux Sablettes, lieu que j’apprécie particulièrement.
Dans le second récit, je raconte ce qui se passe sous terre car 90% du vivant est sous nos pieds. Les humains, les animaux, les plantes, ne représentent que 10%. Donc le reste est invisible et pourtant essentiel. Pour parler du sous-sol de manière artistique, je pars des graines, des racines, des filaments, des feuilles et la canopée..
Enfin, la troisième histoire, c’est le cycle du langage, celui qui est immatériel, en partant des lettres de l’alphabet, qui sont comme les graines, les ponctuations et les chiffres sont les filaments qui donnent du rythme, on arrive aux mots dans les feuilles, ces mots organisés forment des pensées et c’est la canopée.

C’est très symbolique… C’est de la philosophie…
Oui car ces trois récits forment comme les trois brins de l’ADN entremêles et l’ADN est le symbole de la vie.
C’est bien joli tout ça mais comment les enfants et les communs des mortels peuvent-ils comprendre ton cheminement ?
Rassure-toi, lorsque viennent des enfants (et même de leurs parents !) je me mets à leur niveau, pour leur explique la Nature de la façon la plus simple possible. Mais je serai là tout le temps. La première salle est pour les gens du cru qui adorent les Sablettes et Paprika y est présent. A côté, nous sommes dans l’invisible présent. Présent signifie que nous sommes dans ce lieu, c’est l’espace. C’est aussi par rapport au passé et à l’avenir, c’est le temps. Mais le troisième sens est « cadeau » et la vie est un véritable cadeau et la plus belle des richesses.
Et cette toile pleine de pensées multicolores ?
Ce sont des messages comme « En politique la fidélité est plus rare que l’amour » Et je parle en connaissance de cause ! Celle qui est au milieu « Je t’aime et en plus je suis amoureuse » est de Martine. C’est un hommage à ma femme. Mais les gens peuvent écrire un mot, mettre leur adresse sur une table et à la fin de la journée, lorsque les feuilles sont remplies de mots, il y a un tirage au sort et celui qui est tiré au sort peut emporter l’œuvre.
En fait, je veux que les gens soient en immersion, que ce soient des relais, du partage, des échanges entre les gens et les œuvres. C’est aussi pédagogique car je continue mon militantisme défenseur de la Nature par l’art ».

Nadia Garnier, responsable de la galerie, Luc Patentriger, Fergie Loricort,
bénévole de l’association Cité Conviviale

Propos recueillis par Jacques Brachet
Exposition jusqu’au 30 août
Maison Pouillon – Parc Fernand Braudel – Les Sablettes
06 09 53 75 60 – www.paprikart. org


ALTIERA… Tant pis ?… Non, tant mieux !

C’est une jolie jeune femme du nom d’Altiera.
De ses origines corso-polonaises, elle a le regard à la fois ensoleillé et nostalgique et sa première chanson, écrite et composée par elle-même « Tant pis », possède ce que l’on trouve dans les chansons brésiliennes, à la fois musicales et rythmées, saupoudrées de mélancolie, de « sausade ».
Mais dans la vie, elle garde ce soleil qu’on attrape de côté de la Méditerranée.« Altiera… D’où vient ce prénom ?
C’est en fait mon nom de scène qui m’a été suggéré par un tableau que j’avais fait, où j’avais écrit ce mot. Altiera en corse c’est tout simplement l’adjectif « Altière » c’est-à-dire « fière » et pour moi, ça a été une évidence.
Du Nord au Sud, vous avez donc deux origines très différentes. Qu’avez-vous de chacune ?
De Pologne, pas grand ’chose car, justement, ne n’en connais pas grand-chose. Peut-être l’âme slave qui m’apporte un peu de nostalgie. Et mon amour pour Chopin !
De la Corse j’ai la culture, j’ai grandi avec cette langue, j’ai donc ce côté insulaire.
Chantez-vous en corse ?
Oui, beaucoup. J’ai même eu un projet qu’un jour certainement je réaliserai.
Alors au départ, vous avez appris le piano classique puis vous vous êtes tournée vers l’histoire de l’art. La chanson dans tout ça ?
La chanson est venue bien avant tout ça, et même la composition. Dès l’âge de dix ans j’écrivais des chansons. J’avais même écrit une chanson pour ma jument ! Mais j’étais bien trop trouillarde pour chanter devant les gens. Donc je me suis tournée vers l’histoire de l’art et le piano avec lequel j’ai été professeur. Même si ça ne se dit pas, j’avais des préférences pour certains élèves avec lesquels j’ai gardé des liens !
J’ai eu aussi des projets de peinture mais le Covid a beaucoup changé de choses. Et la musique était une évidence. Depuis 23/24, avec le recul, j’ai compris que ce serait la musique.

Et voilà donc la première chanson qu’on peut entendre. Pourquoi une seule chanson ?
Au départ c’était l’écriture J’adore écrire, j’ai énormément de textes, de poésie que j’adorerais recueillir un jour dans un livre.
Vous pourriez en faire des slams !
C’est drôle que vous disiez cela car j’adore le slam et même le rap… Pas le rap « gangsta » mais il y a de merveilleux rappeurs qui sont des poètes magnifiques, dont les textes sont très écrits, comme le groupe I Am. Ce sont de vrais poètes. J’ai d’ailleurs une nouvelle chanson qui est plus dans ce style-là, avec un côté sociologique que j’aime bien.
J’ai aussi participé à une rencontre de rap dans laquelle j’étais la seule fille et j’ai beaucoup aimé.
Dans votre première chanson, pas de slam , pas de rap…
(Elle rit) Non, pour la première, j’ai pensé à deux chansons mais celle-ci me semblait plus logique, plus été, plus espoir.
Elle est pourtant plutôt triste…Le titre déjà est un peu fataliste…
Vous trouvez ? Je la trouve plutôt optimiste. Elle a un côté positif. Elle décortique l’amour, les sentiments. Elle a peut-être quelque chose qui ressemble à mon côté slave.
Pour en revenir à cette chanson, c’est un peu difficile de se faire une idée de votre personnalité, ce que vous êtes vraiment en une seule chanson, de votre univers.
C’est vrai mais à la rentrée, sortira un EP avec quatre ou cinq chansons. Il faut dire que j’avais un peu abandonné les réseaux sociaux et qu’il faut que je relance un peu tout ça et j’ai préféré commencer par une chanson pour qu’elle puisse être entendue et pas être perdue au milieu d’autres chansons.
A propos, quelles sont vos influences ?
Oh, il y en a beaucoup… Sade, Barbara, Lana del Rey, Billy Ellish… Et beaucoup d’autres chanteuses…
Comment définiriez-vous votre musique ?
Justement avec toutes ces influences, pop, électro, RnB. C’est ce qu’on trouvera dans mon EP.

N’avez-vous pas pensé tenter une émission comme «  The voice » ?
J’ai failli ! J’y ai pensé un temps mais rien que d’imaginer qu’aucun fauteuil ne se retourne, c’était très angoissant pour moi. Mais en fait, c’aurait été aussi angoissant si quelqu’un se retournait !
Ah bon, pourquoi ???
Parce qu’alors il aurait fallu que je me dévoile, que je parle de moi et ça aussi ça m’aurait beaucoup angoissée. C’est quelque chose qui m’aurait dérangée, de me dévoiler devant des milliers de téléspectateurs.
Dans ce cas, c’est vrai, ça devient impossible pour vous !
(Elle rit) Vous voyez, je suis un peu compliquée ! Je suis une grande traqueuse et travailler dans mon coin me désangoisse. Peut-être aujourd’hui, ayant pris confiance en moi, ce serait plus facile. Finalement, je préfère travailler à l’ancienne.
Alors, après ça, quels sont les projets ?
Un premier EP. Peut-être un second et aussi penser à la scène car je pense déjà au printemps prochain et tenter de faire de la scène, peut-être des festivals. Et pour cela il faut que j’aie d’autres chansons à faire entendre. Mais déjà, après près de deux mois de promo je vais m’octroyer quelques semaines de vacances en famille en Corse et retrouver mon piano et mon studio ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet

Jean-Pierre SAVELLI…
Un vibrant hommage à Michel Legrand

Concert JP Savelli – 2 aout 2025

C’est dans le magnifique domaine de Beaudouvin à la Valette, que Jean-Pierre Savelli nous avait donné rendez-vous pour un spectacle-hommage à Michel Legrand.
Il faut savoir que le fameux Peter, du duo Peter et Sloane n’est autre que ce toulonnais, parti un jour à Paris pour chanter, qui y devait rencontrer son Pygmalion, un certain compositeur, musicien international Michel Legrand. Rencontré par hasard, il lui propose de le produire et de chanter une de ses compositions : la chanson du prince, issu du film de Jacques Demy « Peau d’Âne ». Suivra son premier succès « Un goût de soleil, de pomme et de miel » qui a fait le tour du monde, chanté par les plus grands chanteurs.

Répétitions dans le vent
La famille réunie

De là, un fil rouge a lié jusqu’à la fin les deux artistes et on les a souvent retrouvés liés à Jacques Demy ou Claude Lelouch, de « Peau d’Âne » à « Les uns et les autres » où son duo avec Nicole Croisille fut un énorme succès, en passant par « Un parfum de fin du monde », « Il était une fois l’espace », « Un été 42 », « Et demain que feras-tu de ta vie »….
Revenu dans le Var, à la Valette, voici quelques années, après cinquante ans de métier, il a décidé de rendre hommage à son maître en enregistrant un CD de ses plus belles chansons, dont celles qu’il a créées, et de lui consacrer un spectacle, celui qu’il nous a offert en ce samedi à Beaudouvin.

Laurent, Mattéo, Alexandra, Jean-Pierre, Antoine, Lilian, Mathis

Durant un moment, on a eu peur qu’un vent violent ne vienne annuler le concert mais il a eu la délicatesse de s’arrêter au moment où Jean-Pierre entrait en scène, entouré de cinq musiciens qui, hormis un nordiste, sont tous de la région. Et quels beaux musiciens !
Laurent au piano, Matéo au sax, Mathis à la trompette, Antoine le bassiste et guitariste, Lilian le batteur. La grande classe : tous sont vêtus d’une chemise parme, Jean-Pierre de blanc vêtu, lunettes noires. Et cerise sur le gâteau, Alexandra Milesi une magnifique chanteuse qui fera un superbe duo avec Jean-Pierre
Mais avant le spectacle, consciencieusement Jean-Pierre s’accorde avec ses musiciens, vérifie le moindre son afin que le spectacle soit parfait.

Duo avec Alexandra
Duo avec Lola

Et ce fut un magnifique feu d’artifice, un incroyable bouquet de chansons signées Legrand, dont les mélodies sont toutes dans la tête. L’âge passant JP a gardé sa superbe voix aux accents bluesy et jazzy, souvent aux intonations à la Legrand et l’on comprend pourquoi celui-ci a choisi de lui offrir ces belles chansons.
Un concert à la fois plein d’énergie et aussi d’émotion, surtout lorsque sa fille Lola monte sur scène faire un duo avec son père.
Ce fut une belle et émouvante soirée, sous le regard bienveillant de Sandry, son épouse, danseuse et chorégraphe, qu’on retrouvera dans un show exceptionnel le 29 août place Jean-Jaurès, à la Valette où toute la famille sera réunie sur scène avec une pléiade d’artistes issus de leurs studios.
A ne pas manquer.
Par contre, si vous avez raté ce concert, vous pourrez le retrouver le dimanche 9 novembre au Palais Neptune de Toulon.

Duo d’amour, de musique & de danse

Jacques Brachet
Photos Alain Lafon
Merci à Bernard Roux qui nous a fort gentiment accueillis sur le domaine