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Éric LEVI… « Era »… c’est lui !

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Éric Levi… Qui connait son visage, et à la limite, son nom, sinon ceux qui vont voir le spectacle magique qu’est « Era » puisqu’il en est le créateur. Sur scène, lui n’a pas de masque mais il se cache derrière sa musique et tout le monde connaît « Era » qui a fait le tour du monde.
Curieux cheminement que celui d’Éric qui a débuté par du hard rock, puis du rock, ce qui l’a fait travailler avec des artiste comme Corinne et Bertignac, Higelin, écrire une douzaine de musiques de films dont celle des « Visiteurs », loin du rock mais tout aussi efficace et devenue aujourd’hui indissociable du film, musique d’ailleurs nommée aux César en 93.
Il a même écriot un morceau pour le pape, chanté, excusez u peu, par Dee Dee Bridgewater et Andrea Bocelli « I believe » !
« Era » c’est un virement, sinon à 180 mais au mois à 9O° douze millions de disques vendus de par le monde puisqu’Eric nous plonge dans le monde de l’Héroïc Fantaisy, mélange de musique moyenâgeuse et de rock aux solos de guitares saturées, de batterie, de voix de femmes angéliques et d’hommes à la voix puissante. Sans compter que le spectacle est féérique où l’on en prend plein les yeux et les oreilles. Il y adapte aussi des morceaux classiques comme « Carmina Burana » de Karl Off devenu « The mass », ou encore le fameux adagio d’Albinoni devenu « Abbey Road Blues » et ça s’adapte magnifiquement.
Vous pouvez déjà en avoir un aperçu avec ce double album qui vient de sortir « Live expérience » (Sony Music) qui vous offre un concert live  et une reprise de trois succès dont « Ameno », revus et corrigés.
A la suite de cette sortie et après près de deux ans de covid, Eric-Era sera en tournée en France, suisse, Belgique, Italie, avec arrêt au Nikaïa à Nice le mardi 13 décembre.
Il faut le voir et l’écouter pour le croire.

ERA-TLE-VISUEL3000 - Crédit Denis Tribhou.jpg 3

Rencontre avec Eric Levi
« Eric, comment se fait-il qu’Era soit connu du monde entier et pas Éric Levi ?
C’est un choix. Je ne suis ni chanteur ni comédien et « Era » est au départ un projet. Je ne vois donc pas l’intérêt d’une présence frontale de ma part.
C’est en fait un projet de musique de film… sans film !
Comment définiriez-vous votre musique ?
C’est un OVNI ! Une musique mélange d’Héroïc Fantaisy, de rock qui est cohérent, que j’ai eu du mal à faire accepter aux maisons de disques qui n’y croyaient pas et qui a aujourd’hui une résonnance universelle. Mais ce n’est pas moi qui ai inventé cette musique, je l’ai seulement remise à la mode avec des sons d’aujourd’hui. Et le public, même jeune, s’y retrouve.
Sans compter le nombre de films qui ont adopté cette musique come « Games of thrones » et quelques autres.
C’est grâce aux « Visiteurs » qu’on vous a connu ?
Pas vraiment car au départ, nous n’avons vendu que 35.000 albums de la B.O, malgré sa nomination aux César. Sans compter qu’elle n’a pas dépassé la France.  Aujourd’hui le film est devenu mythique et la musique en est indissociable.
J’ai dû attendre quatre ans pour que naisse « Era ». J’avais cette idée en tête depuis longtemps mais comme personne n’en voulait j’ai fini par produire le premier disque… sans maison de disques !

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Que signifie « Era »
C’est une reine, un règne, une période, avec pour notion le bien contre le mal.
En fait, avant « Era », vous avez eu une période rock…
Et même hard rock ! J’avais créé un groupe nommé Shakin’n Street dans lequel sont venus jouer Bertignanc et Corinne du groupe Téléphone. Nous avons fait une immense tournée aux Etats-Unis avec des groupes comme Blue Oyster Cult, AC/DC, Black Sabbath, Trust… A l’époque le rock français ne marchait pas en France. Du coup nous avons fait beaucoup de choses aux USA.
Mais l’on retrouve du rock dans le spectacle que je considère comme un opéra-rock avec cette chorale mobile, ces chanteurs. C’est plus qu’un simple concert, il y a un son plus costaud et des lumières incroyables. C’est un univers particulier et là encore, j’ai eu du mal à trouver un producteur car je ne voulais pas d’un spectacle à l’économie.
Au départ, « Era » était un clip…
Oui et c’est lui qui nous a fait connaître Beaucoup de gens l’ont découvert sur TF1 et c’est vrai que ça a été un tremplin pour nous, même si c’était alors considéré comme un projet marginal.
Vous repartez donc en tournée.
Oui, après deux ans d’arrêt qui nous a fait tout annuler puisque lorsque le covid a démarré, notre tournée internationale démarrait aussi. Nous avions des dates dans le monde entier, même à Moscou… Je  pense que nous n’irons pas !
Nous commençons déjà une tournée française, puis européenne et nous sommes en train de récupérer les autres dates. C’est assez difficile car aujourd’hui tout le monde se précipite pour faire de même… Ça se bouscule.
Deux ans et demi d’arrêt, ça a été frustrant pour tout le monde !

5 Era Live Experience - Arkea Arena - Photo : Benjamin Pavone

Pour en revenir à la Russie, Vincent Niclo a enregistré « Ameno » avec les Chœurs de l’Armée Rouge. Qu’en avez-vous pensé ?
Il a eu la gentillesse de m’envoyer le disque et ce qu’il a fait est très bien, dans un autre style, plus martial ! Mais il n’y a pas que lui, il y a aussi le nigérien Goya Menor qui en a fait une version rap africain qui a fait le tour de la planète.
Beaucoup d’autres l’ont enregistré dont Janet Jackson. C’est bien qu’une musique vive et voyage, car la musique, c’est intemporel ».

Propos recueillis par Jacques Brachet





Notes de musique

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JAZZ OUT OF NORWAY- (Jazz CD.NO 10th set 2022) – Coffret 2 CD – 30 titres.
Comme tous les pays scandinaves la Norvège est terre de musique ; elle a donné naissance à nombre d’excellents jazzwomen et jazzmen dont le saxophoniste Jan Garbarek, et le guitariste Terje Rypdal pour n’en citer que deux parmi les plus connus chez nous. Ce phénomène est d’autant plus surprenant au vu d’une population de seulement 5 millions d’habitants.
Music Norway présente dans un élégant et riche coffret 15 groupes, allant du duo au quintette pour le CD 1, et 15 autres groupes regroupant de plus grandes formations jusqu’au Big band dans le CD 2.
C’est donc un panorama exhaustif de la scène du jazz en Norvège. On constatera qu’elle est active avec un très grand nombre de groupes de grande qualité musicale. Il serait fastidieux de citer tous les musiciens et tous les morceaux, d’autant que tous les renseignements souhaitables sont sur le livret : composition des groupes, exposé de chaque projet musical, le tout enrichi de belles photos.
Si vous voulez découvrir ce jazz venu du Grand Nord, ce coffret est pour vous. Tous les styles de jazz y sont représentés, jusqu’à des créations personnelles parfaitement dans le jazz de pointe d’aujourd’hui
COCO MÉLIÈS – Nothing Goes to Waste – (Big in the Garden)
Une rencontre fortuite entre les auteurs-compositeurs-interprètes Francesca Como et David Méliès près de Montréal, et le groupe Coco Méliès était né. En 2011 après « The Walking Birds » et leur premier album « Lighthouse » en 2014, le duo canadien voguait vers le succès international et remportait le Prix Groupe Vocal au Canada en 2017.
Voici donc leur nouvel album dans lequel le duo est accompagné par Simon Bilodeau (dm, perc), Charles Robert-Gaudette (b, synth, p), Julien Thibault (b), Sara Jasmin (vln, viola), Julie Jamin (vln), Bertrand Margelidon (tp, flh) pour interpréter des arrangements très diversifiés qui non seulement mettent la chanteuse en valeur mais font de chaque chanson une œuvre complète, sous une forte influence jazz. Ajoutons que toutes sont interprétées sur des tempos médiums ou lents, ce qui crée une atmosphère envoutante.
Dans une tessiture médium la voix de Francesca Como est émouvante et grave, sensuelle, avec des reflets métalliques qui lui donnent du caractère et du mordant ; sans oublier un charme indéniable. A vos platines !

Serge Baudot


Six-Fours – Maison du Cygne
Nemanja RADULOVIc et Laure FAVRE-KAHN
ouvrent le bal de la Vague classique

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Physiquement, c’est le yin et le yang.
Nemaja Radulovic, crinière à la Samson petites lunettes qui lui donnent un air romantique, est violoniste. Il est franco-serbe.
Laure Favre-Kahn, blonde Ophélie aux yeux couleur de Provence, est pianiste. Elle est arlésienne.
Ils forment un couple magnifique, un couple musical romantique à souhait et ce sont eux qui ouvrent le bal de la saison musicale « La vague classique » à la Maison du Cygne de Six-Fours.
Doués et talentueux, lui a commencé le violon à 7 ans, elle a débuté le piano à 4 ans.
C’est à la Maison du Cygne, en plein midi, qu’on les rencontre alors qu’ils terminent leur répétition. Ambiance on ne peut plus décontractée, souriante. On sent tout de suite une grande complicité.
Et en toute simplicité, ils rencontrent quelques musiciens en herbe issus du Conservatoire de Musique de Toulon Et Laure aura ce joli geste de demander à l’un d’eux de tourner les pages des partitions lors du concert.
Après quoi, ils me concèdent un moment d’entretien avec une gentillesse infinie.

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« Nemanja, Laure, depuis combien de temps travaillez-vous ensemble ?
Nemanja : Cela fait 18 ans. Nous nous sommes rencontrées au MIDEM à Cannes grâce à Frédéric Lodéon, violoncelliste et chef d’orchestre. On jouait chacun en solo, il nous a fait nous rencontrer, nous nous sommes tout de suite entendus, nous nous sommes dit : pourquoi ne  pas jouer ensemble ?
Nemanja, vous êtes serbe, vous avez commencé le violon à 7 ans. Aviez-vous des parents musiciens ?
Pas du tout même, même si j’ai un oncle chanteur et si mes parents ont toujours aimé la musique. Du coup, mes deux sœurs et moi avons baigné dans la musique, même s’ils ne pratiquaient pas. Pourquoi le violon ? Je ne sais pas trop mais l’instrument m’a plu et j’ai continué.
Et vous Laure ?
C’est un peu la même chose, mes parents n’étant pas musiciens mais aimant beaucoup la musique, ils m’ont toujours encouragée, n’ont jamais mis un frein à ma passion. J’ai découvert le piano à 4 ans sans au départ avoir la pensée d’en faire mon métier et comme Nemanja, je ne l’ai jamais quitté.
L’un vient de Serbie, l’autre de Provence et vous voilà tous deux à Paris !
Semanja : Après le conservatoire de Sarrebruck et la Faculté des Arts de Belgrade, j’ai quitté la Serbie à 15 ans  avec toute ma famille. Car nous sommes très unis et ils m’ont tous suivi ! Je suis entré au Conservatoire National de Musique de Paris avec pour professeur le violoniste Patrice Fontanarosa.
Laure : Je suis entré au conservatoire d’Avignon puis j’ai continué au Conservatoire de Paris, mon professeur étant le pianiste Bruno Rigutto. Mes parents, eux, ne m’ont pas suivie mais m’ont permis de pouvoir suivre mon chemin. C’était en 91, j’ai obtenu le premier prix en 93, j’avais 17  ans. Je suis alors devenue parisienne d’adoption mais je reviens le plus souvent possible chez moi… C’est moins loin que la Serbie !
Et vous, Nemenja ?
Moi aussi je reviens  chez moi quand je peux… Même, comme le dit Laure, si c’est un peu loin ! J’’ai la double nationalité franco-serbe.

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Tous deux vous avez été à bonne école avec deux superbes professeurs !
Laure : Oui, nous avons eu beaucoup de chance. De plus, tous deux sont très amis.
Pour jouer ensemble, il faut avoir les mêmes goûts musicaux… Comment ça se passe ?
Nemanja : Heureusement, nous avons les mêmes goûts communs à 80%, ce qui nous laisse un grand choix, même si nous avons quelques différences.Moi, j’aime jouer Mozart, Beethoven, elle pas spécialement
Laure : Ça ne veut pas dire que je n’aime pas. J’aime et j’écoute mais je n’aime pas les jouer ; Par contre, j’aime beaucoup Brahms. A tous les deux, nous arrivons à trouver des musiques en commun.
Aujourd’hui beaucoup de musiciens dits « classiques » font des incursions dans d’autres musiques. Est-ce que ça vous arrive ? En avez-vous envie ?
Laure : C’est vrai que notre génération peut aujourd’hui aller dans d’autres univers musicaux, ce qui n’aurait pas pu se faire avant. J’aitrès envie d’enregistrer un jour un disque de jazz manouche, musique que j’adore. Ou encore de tango argentin.
Nemanja : Moi, j’adorerais jouer avec le groupe japonais News !
Mais tout cela se fait au hasard de rencontres et nous sommes ouverts à ces échanges, ces différences. La preuve : durant le Covid, je me suis lancé dans l’enregistrement de musiques traditionnelles de 67 pays. Le disque devrait sortir à l’automne chez Warner.
Laure : J’ai sorti un disque chez Naïve, avec des œuvres de Liszt, Haendel, Borodine et quelques autres, intitulé « Vers la flamme » d’après une œuvre de Scriabin que je joue. Je prépare un nouveau disque dont je ne peux pas encore dévoiler grand-chose mais qui sera particulier, avec d’autres musiques interactives.
Vous avez enregistré des disques, chacun de votre côté mais pas encore ensemble !
Nemanja : C’est vrai que nous jouons beaucoup ensemble lors de tournées et de concerts, cela ne s’est pas encore fait mais nous en avons très envie.
Laure : Le problème est pour le moment le manque de temps et aussi que nous ne sommes pas dans la même maison de disques, ce qui complique un peu les choses… Mais ça se fera ! ».

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En ce premier soir de festival donné en la cour d’honneur de la maison du Cygne, Nous avons donc eu droit à un duo plein de charme, de beauté, où leurs deux instruments nous ont offert un joli voyage, débutant avec « Romanian dances » du hongrois Béla Bartok, suivi de « Nigun », une partie de l’œuvre « Baal Shem » du suisse Ernest Bloch, puis nous partîmes sur les traces de l’allemand Johannes Brahms et son magnifique « Scherzo », la « Sonata » du français César Franck fut un beau moment d’émotion, pour se terminer avec « Les scènes de ballet », belles mélodies rythmées du français Charles de Bériot.
Terminé ? Non, car le public nombreux et très à l’écoute en redemanda. Et les voilà tous deux partis pour l’incroyable « Czardas » de l’italien Vittorio Monti qui demande une dextérité incroyable tant le rythme est effréné et qui fit « un tabac ». Et cette fois, pour clore ce magnifique concert, nos deux virtuoses partirent sur le « Clair de lune » de Debussy.
On ne pouvait mieux démarrer une saison, sous le signe de l’émotion et du talent, avec ce duo de charme qui, avec passion et maestria, nous a offert l’aubade sous un superbe clair de lune, où de temps en temps se sont mêlés les piaillement des  oiseaux et les coassements de grenouilles.
Grand moment de charme grâce à ce couple aussi beau que talentueux.

Jacques Brachet






Notes de musiques

Marcia HIGELIN – Prince de Plomb – Blue Line 2022 – (6 titres)
Foin de ces chanteuses à voix de gamine incolore, voici une vraie chanteuse qui chante avec une voix de femme, de la puissance, du grain, une large tessiture et une diction impeccable. Elle a du mordant, de la pêche, de la tendresse aussi, de la sensualité, et un engagement total. Elle puise son inspiration dans sa vie, elle dit qu’elle « veut proposer quelque chose d’unique ». Certes il y a encore quelques tics d’inflexions de nombre de chanteuses d’aujourd’hui dont il faudra se débarrasser. D’ailleurs il y en a moins qu’à ses débuts. Pas de blablabla amoureux avec elle, elle se révolte et crie sa vérité comme dans le morceau culte « Prince de plomb ».
Marcia Higelin est sur les traces d’Arthur H, son père, et de Jacques Higelin, son grand père. Comme quoi il y des familles génétiquement artistes. A star is born.
Regrettons que les musiciens qui l’accompagnent ne soient pas mentionnés.
Sortie du EP le 13 mai 2022, suivi d’une tournée dans quelques villes de France jusqu’en septembre.
SANS PRÉTENTION – le vent des jours heureux  (Bio label 2021 & Tms productions)
Voilà un groupe de joyeux drilles qui affiche 3 millions de vues sur YouTube et des passages télé pour leur premier titre éponyme « Sans prétention ». Leur premier disque était une nécessité !
Six copains exerçant différents métiers : agriculteur, vendeur de légumes sur les marchés, carreleur, commercial et qui sont aussi chanteurs musiciens amateurs (qui aiment) se sont réunis « Sans Prétention » pour faire partager leur joie. Dans leur chansons il y a « d’la joie », de l’amour, de l’optimisme, comme chez Charles Trénet, sans toutefois le sens du tragique, mais tout de même des injonctions graves comme dans « Le vent des jours heureux » : Relève un peu la tête/Ouvre grand les yeux/Et laisse venir le vent. Il y a du punch, du peps. Les paroles sont amusantes, bien articulées, les airs sont sans prétentions avec des arrangements simples et bien enlevés.  On trouve aussi une tonalité Renaud comme avec « Alors valsons ». Le disque se termine par une chanson peu connue du Gainsbourg 1965 « Un violon, un jambon » qu’il interprétait façon western. Nos lascars en font une autre approche très dynamique.
Ils reprennent une tradition très française de chansons gaies et dansantes. Un disque parfait pour les fêtes collectives, les rencontres champêtres.

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CANNONBALL ADDERLY – Live In Paris : 1960 / 1961 – Coffret de 3 CD
Frémeaux & Associés (FA5809).

Frémeaux & Associés ont édité, avec une qualité exceptionnelle, ce qu’on pourrait appeler la bibliothèque sonore du monde. Pour ce qui est du jazz leur catalogue est époustouflant, c’est toute l’histoire de cette musique.
Le saxophoniste alto Cannonball Adderley et son frère Nat le trompettiste-cornettiste ont porté le Hard Bop au sommet, ce mouvement majoritairement l’œuvre des Afro-Américains pour  revitaliser  le jazz qui avait tendance à s’affadir avec la récupération commerciale. La base en est le blues, le gospel, le bebop, et un retour à l’expressionnisme lyrique avec une chauffe et un swing déments. Les frères Adderley en seront l’un des plus prodigieux phares, et ce disque est un sommet.
Michel Brillé, directeur de la collection Live in Paris, a fait un travail remarquable pour nous offrir ce chef d’œuvre d’une qualité sonore irréprochable, l’un des grands moments du jazz.
Les Frères Adderley étaient en compagnie de Victor Feldman au piano, Louis Hayes à la batterie et Sam Jones à la contrebasse pour les CD 1 et 2. Même personnel sur le CD 3 avec en invités Ron Carter (b), ou Sam Jones (b, cello).
Si j’avais un conseil à donner aux élèves qui forment des groupes à la sortie du conservatoire, ce serait d’écouter ce disque jour et nuit, au lieu de se perdre dans des complexités et des mélanges trop souvent ennuyeux.

 

Serge Baudot


Solliès-Pont : Festival du château : 2Oème !

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En dehors d’une année sabbatique due au Covid les festival du Château de Solliès-Pont se succèdent depuis maintenant 20 ans, nous ayant offert les plus grands noms de la chanson française, de Véronique Sanson en passant par Patrick Bruel, Zazie, Christophe Maë, Pascal Obispo, Patrick Fiori, Vianney, Mat Pokora, Francis Cabrel, Julien Doré… et bien d’autres.
C’est donc pour ce dix-neuvième festival que nous nous retrouvons, toujours avec le même plaisir, dans ce lieu magnifique avec un superbe soleil et la première chaleur annonçant l’été qui augure bien de cette édition qui aura lieu du 27 au 31 juillet.
Avec plaisir encore que nous retrouvons les trois mousquetaires qui ont fait de ce festival l’un des plus renommés de notre région : le maire de Solliès-Pont, André Garron, son adjointe à la Culture Marie-Aurore Gotta-Smadja et le magicien de ces nuits sous les étoiles avec pour décor le château: Rabah Houia.
L’on sentait la joie du maire de retrouver une manifestation « normale », sans masque, sans contrainte et sans appréhension et l’on découvrait donc cette nouvelle programmation.

 « Programmation – nous disait Rabah – qui défend la chanson française, que nous voulons la plus éclectique possible afin qu’elle s’adresse à tous les publics car la Culture s’adresse à tous, et elle est le pilier de la démocratie. Ce festival doit être une grande fête pour tous et les artistes aujourd’hui y viennent et pour certains, y reviennent avec plaisir ».
C’est le cas de Bernard Lavilliers, qui fut l’un des premiers à venir et qui, après un long séjour en Argentine, nous revient avec un nouveau disque et un nouveau spectacle. Il ouvrira le festival le 27 juillet.
Vous savez qu’en dehors des têtes d’affiches, le festival pour objectif de donner la chance à des jeunes artistes prometteurs. La sélection est en train de se faire, nous précise Rabah, mais déjà, sera programmée en première partie  de Lavilliers, Barbara Pravi, qui a  hissé la France à la deuxième place à l’Eurovision l’an dernier, qui vient de nous offrir son premier CD qui cartonne.
Un autre revenant qui, depuis 15 ans, cartonne à chacun de ses disques : Christophe Maë. Il a ce don, ce talent de se renouveler à chacun d’eux et de nous offrir à chaque fois des spectacles originaux et hauts en couleur.  Il sera donc au château le 28 juillet.

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Suivra celui qui s’est imposé tout seul après son succès avec le groupe Section d’Assauts : Gims qui, même s’il a laissé en route le titre de maître, le reste toujours et fait partout carton plein. L’auteur du générique de la série TV « Ici tout commence » « Jusqu’ici tout va bien », va électriser le château le 29 juillet.
Le 30 juillet
, c’est la benjamine de ce programme qui se produira : Oshi, qui signifie lumière au Japon, pays qu’elle adore et où hélas, elle peut aller, la maladie de Ménière l’empêchant de prendre l’avion.
Elle est en train de faire une montée spectaculaire dans le milieu de la chanson où elle nous entraîne dans son monde de poésie.
Enfin, les festival se terminera sur un feu d’artifice de rires et d’humour avec la venue de Gad Elmaleh le dimanche 31 juillet.
« On nous a reproché – nous confie Rabah – que le festival manquait d’humour. Nous avons donc remédié à ce problème ».
Et quelle meilleure manière de clore ce festival en invitant l’un des plus talentueux comédiens et humoristes.
Un vingtième anniversaire qui va se fêter joyeusement durant cette dernière semaine de Juillet.

Jacques Brachet
Festival du château : 04 94 28 92 35

NOTES de MUSIQUES

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EDGÂR – Secret ( Grabuge Records (10 titres)
Antoine Brun et Ronan Mezière, deux garçons qui viennent de la scène amiénoise, forment le groupe Edgär en 2015, groupe qu’on peut référer dans la musique électro-pop. On y sent beaucoup d’influences, les grands groupes anglais, un peu Indochine ; bref, entourés de tous les instruments électroniques d’aujourd’hui ils fabriquent une musique très agréable à entendre, mais qui pourtant n’a pas grande originalité. Les arrangements sont simplistes, reposant sur des nappes de claviers, certes efficaces et porteuses, et des boums boîte à rythme sur le temps qui relie forcément ce disque au disco. Serait-ce une réponse à Juliette Armanet qui chante « Le dernier jour du disco » ?
Les paroles sont souvent intéressantes, les deux chanteurs restent dans le médium et chantent avec conviction ; les morceaux sont des compositions du groupe sauf celui intitulé « Secret » qui n’est autre que « The Sound of Silence » de Paul Simon chanté par Simon and Garfunkel. Ils s’en sortent correctement.
Une tournée est prévue jusqu’en juillet 2022. Alors souhaitons leur bonne chance en attendant le deuxième opus.
Chet BAKER -Sings – La genèse (Jazz Images 83312 (www.jazzimagesrecords.com)
Réédition avec 6 titres en bonus de ce célèbre Chet Baker Sings enregistré entre 1954 et 1956 à Los Angeles. Cette réédition accompagne un livre de 80 pages écrit par Brian Morton qui rapporte brillamment le genèse de ce disque qui fut best seller et eut le plus de succès parmi toutes les productions de Chet Baker (1929-1988). On y trouve aussi un hommage de Ricardo Del Fra, longtemps contrebassiste du trompettiste. Livre illustré de magnifiques photos rares ou inédites, œuvres de grands photographes.
Brian Morton rappelle que « cet album vocal fut instantanément, chose étrange et embarrassante, une œuvre détestée par la critique (et par de nombreux musiciens, y compris certains de ceux qui étaient directement impliqués) mais adorée par le public ». « Chet Baker Sings » a été son album le plus réussi. Il a été réédité plus de cinquante fois, dans presque tous les pays.
Chet Baker était entouré de Jimmy Bond ou Carson Smith ou Joe Mondragon à la contrebasse, Russ Freeman au piano et au célesta,  Peter Littman, ou Lawrence Marable, ou Bob Neel ou encore Shelly Manne à la batterie (Détails dans le livre).
Oui ce disque est un chef d’œuvre ».
Chet Baker fut un trompettiste Bebop de grand cru, à la hauteur des plus grands, puis il eut une deuxième période où le jeu se fit plus doux, plus profond, plus sensuel, voire vaporeux dans la chanson. C’est un murmure à l’oreille qui touche droit au cœur, qui bouleverse. Son phrasé vocal est tout à fait à l’image du phrasé à la trompette, ils sont dans un continuum émotionnel.
20 des plus grands standards du jazz composent ce CD, dont « My Funny Valentine » qui était son morceau phare, sur lequel il y fait sentir tous les mystères de l’amour. Un objet et un cadeau exceptionnels.
Barney WILEN – French Ballads (Elemental Music www.elemental-music.com)
Barrney Wilen, saxophoniste, est né à Nice en 1937 où il étudia le saxophone dès 1946. Après avoir joué dans un orchestre familial il monte à Paris en 1953. Il gagne un concours, joue au Tabou, et ce sera la gloire : il va jouer avec tout le gratin du jazz, dont Miles Davis pour le film de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud ».
En 1987 Barney Wilen réunit Michel Graillier au piano, Ricardo del Fra à la contrebasse et Sangoma Everett à la batterie pour enregistrer ces French Ballads, c’est à dire des grandes chansons françaises telles que par exemple « Sous le ciel de Paris – l’âme des poètes – Les feuilles mortes – Seule ce soir – La vie en rose – Le moulin de mon cœur – Syracuse … etc », soit 17 plages dont quatre bonus qui n’apparaissaient pas dans l’édition originale.
C’est une réédition somptueuse avec une sensationnelle photo de couverture.
Tout le groupe joue d’un lyrisme beau à pleurer d’émotion et de plaisir. Au charme de la musique s’ajoute la réminiscence des paroles que tout le monde connaît, du moins les plus de 30 ans !
Son phrasé se rapproche du chant. Il cisèle chaque syllabe, chaque note. Il brode des embellissements, avec une belle décontraction. Nous avons affaire à un grand classicisme, c’est dire que cette musique est intemporelle. Elle est aussi suave, aussi prenante en 2022 qu’en 1987. La rythmique colle à la peau du saxophone. Ce disque est un chef-d’œuvre, assurément. Et qui ne peut que plaire à tout amateur de musique.

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Electric Blue Cats – Live Session (Salakhaïli Music (www.salakhaïlimusic.com) 12 titres 
Electric Blue Cats fut d’abord un duo créé par Salah Khaïli à la batterie et aux machines et Christophe Taddéi à la guitare. Avec l’adjonction d’Emmanuel Sunee à la basse le duo se trouve boosté en trio, et là c’est une avance remarquable, grâce aux remarquables lignes de basse ; on s’en est aperçu dès le premier extrait Dark Floor. En gros on a affaire à du rock électrique mâtiné de funk, avec les gros boums sur chaque temps de la grosse caisse. Ça tourne bien, les gars connaissent leur affaire, certes la rythmique est assez lourde, mais c’est la loi du genre. Chose bizarre avec ce titre « Funky Mad Man », c’est le morceau le moins funk du CD. « Dark Floor » se promène agréablement au long de la guitare wawa. « African Rock » qui conclut le disque nous vaut une belle envolée du guitariste dans la tradition des grands guitaristes de rock. Ah ! si tous les morceaux étaient de ce tonneau… A suivre.
enregistré en mars 2021 au studio de la Seine.
LAÏUS – Prémices d’Avant-Midi (Cœur Musique (InOuies Distribution)
Luc Gaignard, alias LAÏUS, nom de scène étrange puisqu’il ne fait pas de laïus, qui, après une premier CD « Avant-Matin », revient avec un deuxième CD « Prémices d’Avant-Midi », preuve qu’il a de la suite dans les idées, et surtout qu’il veut construire une œuvre. Une voix virile et chaude, avec un charme certain et des inflexions, un phrasé, proches de Michel Berger ; d’ailleurs toute sa musique fait penser à ce dernier. Ce qui n’est pas un défaut. Les arrangements assurent un bon soutien à la voix y ajoutant les couleurs nécessaires.
Avec lui on est dans la « chanson française » pur jus, avec des textes bien écrits qui chantent l’espoir, l’amour déçu, le souvenir, soient les thèmes éternels, avec sa touche personnelle, faite de simplicité, d’engagement et de conviction. Un disque des plus agréable.
6 titres – Janvier 2022

Serge BAUDOT

 

 



Six-Fours… Un tsunami classique !

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Gautier Capuçon et Fabiola Casagrande

C’est la ville de Six-Fours qui a frappé les trois coups pour nous présenter le festival du printemps et de l’été 2022. Une « Vague classique »  qui va se déverser sur trois lieux emblématiques : La Maison du Cygne qui, sous le titre « Nuits du Cygne », recevra un festival de musique instrumentale avec des pointures internationales. La Collégiale où, comme à l’accoutumée, Jean-Christophe Spinosi prendra, avec l’Ensemble Mattheus, ses quartiers d’été plutôt que d’habitude et qui, lui aussi, nous amènera d’immenses artistes.  Enfin, nouveauté, la Maison du Patrimoine qui, sous le titre des « Concerts de la lagune », recevra en son jardin revu et repensé, des jeunes talents en devenir, dont des musiciens régionaux.
Fabiola Casagrande, adjointe aux Affaires Culturelles, m’accueille avec un large sourire, heureuse et excitée de nous présenter ce programme éblouissant qu’elle a concocté avec le Maire et avec son équipe.

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Gautier et Renaud Capuçon

« Nous montons vraiment en puissance en accueillant des artistes qu’au départ nous n’aurions jamais espéré recevoir. Il est vrai qu’au fil du temps, artistes et producteurs qui y sont venus, ont été heureux de la qualité du lieu et de la réception qu’ils y ont trouvée, à tel point que certains veulent revenir. Et nous devons remercier Jean-Christophe Spinosi qui nous a ouvert son carnet d’adresse pour inviter d’énormes artistes. C’est ainsi qu’il recevra à la Collégiale, le 24 juin, le contre-ténor international, Philippe Jaroussky, qui a l’habitude de jouer dans d’immenses salles devant des milliers de spectateurs. L’avoir à la Collégiale est une chance inespérée. Le 20 juillet, c’est son professeur, Andreas Scholl qui présentera son récital, accompagné de l’orchestre de Jean-Christophe.
Nous aurons également la chance de recevoir à nouveau Gautier et Renaud Capuçon.
Renaud, accompagné du pianiste Guillaume Bellom, le 6 juin au Cygne et Gautier accompagné de deux pianistes, Franck Braley et Kim Bernard, le 10 juin.
Gautier que nous retrouverons le 24 juillet au Parc de la Méditerranée. En effet, chaque année, il organise une tournée des villes et communes pour « Un été en France » et il a désiré terminer sa tournée chez nous. Ce sera un concert gratuit.
Nous avons également la chance de recevoir au Cygne trois grands pianistes : Jean-Paul Gasparian le 1er juin, David Fray le 3 juin, David Kadouch le 5 juin. Ce sont des artistes qui fréquentent d’immenses salles, des festivals internationaux, comme le Métropolitan ou la Scala de Milan.
Pour une autre grande et belle surprise, Jean-Christophe Spinosi recevra, le 17 juillet en la Collégiale, la grande comédienne Brigitte Fossey qui sera la récitante des « 7 dernières paroles du Christ en Croix » de Joseph Haydn ».

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Jean-Christophe Spinosi et Brigitte Fossey

Comme on le voit, les mélomanes vont être heureux et comblés par ce festival qui démarrera le 17 mai au Cygne avec le duo violon-piano : Nemanja Radulovic et Laure Favre-Kahn.
Quelques mois plus tard,  du 3 au 18 septembre, c’est dans le jardin réaménagé et baptisé « la Lagune », que nous pourrons découvrir de jeunes et beaux talents dont le clarinettiste de l’Opéra de Toulon Frank Russo et la soprano sanaryenne Clémence Tilquin. Ces concerts seront gratuits.
Un autre concert gratuit vous sera proposé le 4 juin à la Maison du Cygne : la Moreau Family, respectivement violoniste, pianiste et violoncelliste.
Enfin, toujours à la Maison du Cygne, une belle exposition vous sera proposée en collaboration avec le Festival de Ramatuelle que préside Jacqueline Franjou, qui recevra de beaux « Portraits de cinéma » signés Carole Ballaïche. Ce sera du 16 juillet au 18 septembre.

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David Kadouch et Philippe Jaroussky

Que demander de plus en cette saison où l’on baisse les masques… du moins nous l’espérons, dans des lieux magiques où nos artistes seront reçus et où le public ne pourra qu’être sous le charme des deux.
A noter que tous les spectacles, même gratuits, sont sous réservation. Il suffit d’appeler le 04 94 34 93 18. Les spectateurs de tous les concerts se déroulant à la Collégiales seront amenés par navette.
Pour plus de renseignements : www.sixfoursvaguesclassique.fr

Jacques Brachet


Coutances du 20 au 28 mai 2022
JAZZ SOUS LES POMMIERS

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En mai fait ce qu’il te plaît dit le proverbe, nous irons donc à Jazz sous les Pommiers. Coutances, chantée par Dick Annegarn dans les années 70, nichée au cœur du Cotentin avec sa célèbre cathédrale, est une agréable petite ville de 8000 habitants. Et là se déroule depuis 41 ans un festival de jazz pas comme les autres, en général pendant la semaine de l’Ascension. On se demande comment cela est possible dans une si petite ville : c’est le travail d’une foule de bénévoles menée maintenant avec fougue, passion et compétence par le directeur Denis Le Bas, épaulé par le Comité Coutançais d’Action Culturelle, l’équipe permanente du Théâtre Municipal de Coutances et une nuée de bénévoles. Ce sont 9 jours de délires depuis le matin jusque tard dans la nuit à travers toute la contrée.
Ce festival a été conçu, comme souvent, à la suite d’une rencontre entre deux amateurs, en l’occurrence Thierry Giard, enseignant, et Gérard Houssin, animateur culturel. La première édition eut lieu en 1982.
Festival hors normes donc, absolument éclectique puisque les choix vont du jazz traditionnel au jazz d’aujourd’hui le plus pointu, jusqu’aux musiques cousines, souvent même loin du jazz, comme par exemple cette année avec la fadiste Cristina Branco dans le cadre du Focus Portugal, clin d’œil à la saison France Portugal. Heureusement la variété n’y a pas encore pointé sa voix.

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Et puis c’est un envahissement total de la ville  avec des concerts payants et gratuits, des spectacles de rue, des interventions jeune public, et des points de restauration. En tout ce sont quelque  60 concerts et spectacles divers de 34 pays différents, dans 14 lieux.
Autres actions : deux résidences de chacune trois ans, afin de permettre à un artiste de préparer un projet. Cette année c’est le tour du tromboniste Fidel Fourneyron et du violoniste Théo Ceccaldi.
Devant l’ampleur du programme, je me contenterai de quelques-uns des musiciens et groupes de jazz les plus connus : Laurent Coulondres Trio, Emile Parisien Sextet, Mélodie Gardot, Michel Portal, Lionel Loueke, Louis Winsberg, Thomas de Pourqueriy & Supersonic, Brad Mehldau Trio, Jasper van’t Holf Duo, Louis Sclavis-Michel Godard Duo, Avishai Cohen Trio et un All Stars avec Dave Liebman, Randy Bracker, Marc Copland, Drew Gress & Joey Baron….
Certainement un grand moment de jazz

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A noter deux événement rares : un concert avec des chants de baleines et un basson, au fond d’une piscine, et une « Battle » improvisée entre « deux quintets qui vont s’affronter dans un match d’improvisation musicale : l’un emmené par le trompettiste Médéric Collignon, et l’autre par le saxophoniste Pierrick Pédron. Un duel amical à partir d’un thème et d’une consigne imposée, sous l’œil de deux animateurs-arbitres, Nathalie Piolé et Alex Dutilh.
La présentation avec vidéos et extraits musicaux fut suivie par un concert du groupe de jazz du Conservatoire de Cherbourg en Cotentin, preuve que le jazz vit dans la Manche.
Assurément, Coutances sera ville en jazz et ville en fête pendant neuf jours.
Pour les 40 ans du festival fut édité un abécédaire illustré écrit par « ceux qui on inventé, fabriqué le festival », c’est-à-dire un collectif d’auteurs et plus de 120 photos et illustrations (Big Red 1 éditions)

Serge Baudot (Correspondant en Normandie)
Festival « Jazz sous les pommiers »
Les Unelles – BP 524 – 50205 Coutances cedex
fax +33 (0)2 33 45 48 36 – jslp@jazzsouslespommiers.com
Renseignements : 02 33 76 78 50
Billetterie par téléphone : 02 33 76 78 68



PRESQU’ÎLE IMPRO JAZZ
Cotentin Jazz Musique Improvisée

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A Cherbourg en Cotentin, le 27 juillet 2019, un trio d’enfer créait l’association Presquîle Impro-Jazz dans le but d’offrir des concerts de jazz improvisé. Ce sont Guy Risbec (Président), Irène Levaufre (secrétaire) et Philippe Letimonnier (trésorier).
Pas de chance pour un départ, la Covid allait tout mettre en veilleuse. Heureusement ces fous de jazz ne se sont pas laissés abattre ; ainsi la saison 2022 a démarré sur les chapeaux de roue avec un duo au sommet : Sylvain Kassap (clarinettes, flûte) et Benjamin Duboc (contrebasse).
Sur la scène deux petites tables, une pour les clarinettes, l’autre pour les instruments divers du contrebassiste. Pas de micros, pas d’amplis, pas de retour ; une scène dépouillée pour un magnifique concert acoustique. Le bonheur d’entendre le véritable son des instruments, chose rare de nos jours. Très bonne acoustique de la salle si bien qu’on entendait le moindre souffle des clarinettes, le moindre frottement sur la contrebasse. Car Benjamin Duboc ajoute à son jeu de contrebasse tout une gamme de percussions, allant jusqu’à chanter dans la basse, les sons se mêlant pour un effet impressionnant.

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Les deux compères se connaissent bien, ils jouent ensemble depuis plusieurs années, ce qui permet cette osmose parfaite. Leur musique est totalement improvisée, et pourtant on la dirait écrite tant l’échange est subtil, mêlant contrepoints, répons, envolées lyriques, souffles et silences. Du grand art.
Le public (la salle était pleine) leur fit une longue et forte ovation ; ce qui nous valut un rappel généreux et enflammé.
Souhaitons un succès mérité à Presquîle Impro-Jazz qui prend le risque de programmer du jazz improvisé, ce qui n’est pas toujours facile pour un public non habitué. Ils programment quatre concerts par an dans des lieux et villes différents afin d’effectuer un maillage territorial, et d’apporter cette musique près des gens.
Pour l’exemple, en 2021 ils ont programmé les duos Guillaume Estace (g) / Magic Malik (fl, voc) ; Sébastien Boisseau (b) / Matthieu Donarier (s) ; Bruno Angelini (p) / Daniel Erdmann (s) ; et Caude Tchamitchian en contrebasse solo pour « In Spirit ». Concerts à venir cette année :
Le 10 juin, salle Paul Eluard à Cherbourg en Cotentin, Didier Ithursarry à l’accordéon et Christophe Monniot aux saxophones pour des « Hymnes à l ‘amour ».
Et du beau monde pour continuer : Vincent Courtois (violoncelle) / Dominique Pifarély (violon) en septembre, et Samuel Blaser (trombone) / Marc Ducret (guitare) en décembre.

Serge Baudot (correspondant en Normandie)
Renseignements :  presquileimprojazz@gmail.com – tel : 06 18 42 41 93




NOTES de MUSIQUES

RENÉ BOTTLANG
René Bottlang est né en Suisse mais a construit l’essentiel de sa carrière en France. Doué dès l’enfance pour le piano il sera l’élève de Pierre Cerf et José Iturbi. A l’adolescence il découvre Les Beatles, la chanson française. Il se rend compte qu’avec trois accords on peut faire des chansons ; il se met à écrire des textes et la musique. Le père voyait le fils reprendre l’affaire familiale mais à 17 ans il choisit le conservatoire. Puis après un séjour au Canada ce sera la Suiss Jazz School de Berne où il découvre Keith Jarrett. Ensuite il forme des groupes, est invité à Radio France par André Francis. En 1982 paraît son deuxième disque « At the Movies » qui reçoit les éloges de Martial Solal. En 1983 c’est parti. Il enchaîne les festivals en Europe, même à Moscou sous le rideau de Fer. Il joue avec les plus grands, enregistre une quinzaine de disques, et continue en beauté. La preuve : les trois disques suivant.
Biographies  – René Bottlang – Ralph Altrieth
Un compositeur de mélodies riches et captivantes posées sur une harmonie complexe et simple à la fois, et tout à fait personnelle
Un pianiste corps et âme dans sa musique qui lui donne la lumière, la fulgurance, l’émotion, par la limpidité cristalline de son  phrasé duquel s’échappent main droite, de-ci de-là, ses envolées triomphantes
Il y a du Bach et du blues sous-jacent dans cette « Danse solitaire » à deux.
Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie, disait l’ami Blaise Pascal, il ne connaissait pas ce Duo qui affirme que le silence est l’espace de la musique. Ils ont raison ; le silence habité des sons du piano et du saxophone. La musique est éternelle, elle durera tant qu’il y aura des oreilles sur la terre.

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Et après ?
Après, Celui qui se tient seul dans son Paradis, au dessus des traces d’avion, dans les rêves du ciel, écoutera en boucle, éternellement, les mélodies d’Altrieth sous les doigts de Bottlang. Leur musique est un envol d’oiseaux en fleurs.
Metarecords : Meta 085 (Dist :Socadisc) – 19 titres enregistrés en 2020
Numbers – René Bottlang – Ralph Altrieth
Savez-vous compter jusqu’à 20 avec 18 morceaux ? C’est la quadrature de la musique, c’est toute la subtilité de René Bottlang flanqué de son alter ego Ralph Altrieth aux saxes. Il faut dire que le rosé de Provence a brouillé les nombres, mais pas l’inspiration de nos deux pèlerins du jazz.
C’est une connexion lumineuse et puissante entre les compositions et les improvisations, tellement bien construites et interprétées qu’on entre au septième ciel  avec ce mariage d’entrelacs et d’envolées, et qu’on y reste, jusqu’à la fin. Alors remettre le disque au début, et tout recommence : pour le bonheur de l’âme.
Sortie officielle le 11 avril 2022 – Metarecords : Meta 087 (Dist :Socadisc) – 18 titres enregistrés en 2021
Buenos Aires – René Bottlang
René Bottlang est  sans conteste un grand pianiste solo, et cette réédition qui vient bien à point le prouve. Il a composé tous les morceaux, sauf « Blowing in the Wind » de Bob Dylan, qui devient sous ses doigts une méditation romantique ; on y admirera la tendresse du toucher. « Nostalgia in Time Square » de Thelonious Monk est  complètement réinventé avec des contrepoints étranges de la main gauche ; le thème n’est cité que sur quelques mesures. « Dernier thème » est un résumé du style Bottlang. Et aussi la main gauche percussive sur « Le carnet à spirales ».
Tous les thèmes sont joués sur de tempos médium/lent dans une atmosphère empreinte de nostalgie et d’impressionnisme.
A noter un splendide livret composé d’œuvres picturales du pianiste car il est également peintre et photographe.
Metarecords : Meta 086 (Dist :Socadisc) – 15 titres enregistrés en 2015

Serge Baudot