Archives pour la catégorie Musique

Notes de musiques

BAIJU BHATT & RED SUN. – PEOPLE OF TOMORROW (Neuklang NCD4269 – 15 titres)
Le violoniste Baiju Bhatt est né de père Indien (Rajasthan) et sitariste, et de mère Suisse. La vie s’ouvrait pour lui sur les mélanges. Ce qu’on retrouve dans sa musique qui repose sur un fond de musiques indiennes qui se mêlent à différents styles musicaux : musiques classiques, traditionnelles, rocks, orientales, vaguement jazz. C’est un arc en ciel de tours du monde, de tourbillons chatoyants, partagés par son groupe habituel : Valentin Conus (ss, ts), Mark Priore (p, clav), Blaise Hommag (eb), Paul Berne (dm), plus quelques invités de marque : Nguyên Lê (g), Raphëlle Brochet (voc) , Robinson Khoury (tb), Prabhu Edouard (tablas) et d’autres.
Baiju Bhatt  a étudié au Conservatoire de Lausanne et à l’École des hautes études de musique. Il découvre le jazz au piano, mais swingue au violon dans les bars. Il a également étudié avec Didier Lockwood et Jean-Luc Ponty ; le jeu de violon de celui-ci, et la sonorité de celui-là, sans parler, et surtout, des inflexions indiennes.
On a affaire ici avec une musique brillante, vibrante, reposant sur 15 nouvelles compositions du leader qui emportent aussi bien le groupe Red Sun en osmose totale qu’un joli nombre d’invités. A noter un morceau duo piano-violon pizzicato « Postlude » très réussi. Et encore le morceau titre, qui décale « The People of Tomorrow » dans lequel le violon marie l’indien au celtique.
Un disque pour amateur de mélanges savants. Mais à mélanger les cultures que restera-t-il à mélanger pour les prochaines générations ?

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LEHMANNS BROTHERS – THE YOUNGLING (vol 2
(Alhambra Studios Live session (10H36) – 5 titres)
Revoici le quintette de base des Lehmanns Brothers avec une kyrielle d’invités. Eux aussi sont des adeptes (air du temps oblige) du mélange des cultures musicales et des influences multiples. Ceci posé ils s’en sortent bien.
Un début à la Beatles. En 2012, cinq Lycéens d’Angoulême se réunissent dans un garage pour créer leur propre son en partant de  leur passion du funk et du hip-hop. Ce sont Clément Jourdan à la basse, Alvin Amaïzo à la guitare, Dorris Biayenda à la batterie, Jordan Soivin au trombone, Julien Anglade au chant et aux claviers.
Ils ont un son de groupe qui fait plaisir à entendre. Julien Anglade est à la charnière du funk, de la soul, du gospel et de Sting, dont il a hérité du timbre de velours et du charme, avec un excellent groove ; écouter par exemple « Rain ». Les Brothers ont su s’accaparer avec maestria des courants actuels, par exemple le Hip-Hop complètement renouvelé dans « Picture Perfect », ou le jazz avec « Far Into The Jungle’s Depth » où domine un beau solo de sax.
Les cuivres des invités, les chanteurs du chœur, tout ce beau monde se lance en background façon big band sur des tenues à l’unisson. Effets garantis, avec une rythmique défonce.
KIMYA ENSEMBLE – BETWEEN MIST AND SKY
(Urborigène Records 005 – Inouïe Distribution – 7 titres)
Amir Amiri (santour) et Olivier Marin (alto et viole d’amour) viennent de la scène montréalaise. A Paris ils fondent le groupe  Kimya en accueillant Roméo Monteiro (perçus indiennes) et Andrew Briggs (violoncelle). Ce quatuor de chambre mêle musiques classique et contemporaine européenne, du Moyen-Orient et de l’Inde. La pochette nous indique que Kimya signifie alchimie en Arabe. Reste à savoir si ces musiciens réussissent l’alliage des musiques pour obtenir de l’or ? Rien n’est moins sûr.  Entre « La brume et le ciel » je reste dans la brume.
Certes ce sont d’excellents musiciens, munis d’une technique sans failles et d’une culture musicale sans reproches. Mais je préfère l’original aux triturations Musiques du monde. Je ne suis pas compétent pour juger du rapport aux musiques indiennes, bien que je les aime beaucoup, ici ça manque de vie, c’est très, trop, appliqué. Seule l’interprétation de « Les folies d’Espagne » de Marin Marais, et « Habib » (parce que j’adore le santour) me titillent l’oreille.

Serge Baudot

 

La Seyne sur Mer – Casino Joa : Les Rockers ont du cœur

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A l’origine, les Rockeurs ont du cœur est un festival musical qui a lieu chaque année à Nantes depuis 1988 à l’initiative de groupe Elmer Food Beat. Sous l’impulsion de leur guide, Manou, ils décidèrent de réunir dans une même soirée d’autres adeptes de leur adoration « rock’n roll » pour permettre à des enfants, dont l’adresse a été égarée par le Père Noël, d’avoir quelques cadeaux en fin d’année…. « Les Rockeurs ont du cœur » étaient nés ! Ce sont quelques 2000 jouets neufs qui sont récoltés chaque année à Nantes et redistribués !
Ce festival a ensuite été décliné en région dans d’autres formats. Depuis sept ans, l’association les Rockeurs ont du Coeur dans le Var font vivre cet événement avec une équipe de plus de 40  bénévoles solidaires pour une belle cause et passionnés.

Plein son sur la 7éme édition des Rockeurs ont du Cœur :
Un concert solidaire organisé le samedi 26 novembre à la Joa de la Seyne, destiné à récolter des jouets neufs pour les enfants, à l’approche de Noël !
Le principe de cette nouvelle édition comme chaque année est assez simple : pour assister au concert, il suffit de ramener un jouet neuf. A l’occasion de cette future manifestation caritative, le président des Rockeurs ont du Cœur Var, Martial Feniou, et son équipe organisent une conférence de presse le mardi 15 novembre au casino la Joa de la Seyne pour lever le rideau sous la programmation et échanger sur les coulisses d’un concert qui se veut avant tout caritatif et rockn’roll !
Le rendez-vous est officiellement lancé ! Le samedi 26 novembre prochain, la 7ème édition des Rockeurs ont du Cœur va faire du bruit. Au programme, des artistes résolument rock qui feront sonner les guitares au profit d’enfants n’ayant pas la chance de voir souvent la hotte du Père Noël pleine. Depuis plus de sept années, le concept reste le même, les spectateurs doivent se munir d’un jouet neuf d’une valeur de 10 euros qui fait office de place. Une manifestation qui réunit des artistes et des bénévoles au grand cœur avec comme seul diapason celui d’offrir du plaisir et du partage aux petits comme aux grands. Un événement en partenariat avec la commune de la Seyne, le Casino Joa la Seyne, et de nombreuses entreprises locales.

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Gaelle Buswell : elle est une chanteuse française, auteure et compositrice d’Alfortville. Son style musical s’inspire du blues, de la folk et du rock des années 70. Finaliste à l’European blues union au Danemark en avril 2017, elle a été révélation française à Cognac Blues Passions, et prix national France Blues en 2016 et elle a reçu en 2015 le Prix coup de cœur de Cahors Blues Festival et Le prix All That Jazz en 2015. Son dernier clip « Freedom Tonight » a reçu le 1er prix du meilleur clip à l’Azalea Film Fest d’Alabama aux Etats-Unis en avril 2018.
Will Barber, son visage vous dit peut être quelque chose ? Il a participé récemment à l’émission The Voice. Son univers particulier est tourné vers la country, le blues. Depuis cette expérience, Will Barber enchaîne les concerts en France et en Europe, toujours dans sa salopette, guitare Weissenborn à la main. C’est Ben Harper qui lui a fait découvrir cet instrument , un musicien dont Will Barber s’inspire.
Mireil m’a tuer  est un groupe de rock varois déjanté qui chante dans la langue de molière  !C’est comme si Mireille Mathieu avait rencontré les Clash, si Demis Roussos avait chanté avec Green Day, si Nana Mouskouri avait flirté avec Marilyn Manson ! C’est un show plein de dérision mais aussi de poésie et de textes en français soutenus par une musique rock’n roll.

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Samedi 26 novembre 2022, Casino Joa, la Seyne sur Mer, 340 CRS Toussaint Merle
Entrée / heure :  accès moyennant un cadeau de 10 euros  / à partir de 19h30 
Réservations sur place le jour J

Sanary – Théâtre Galli
Jean-François ZYGEL , conteur et musicien

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Une scène noire où l’on aperçoit l’ombre d’un piano à queue.
Une salle noire où l’on entend, plus qu’on ne le voit, Jean-François Zygel qui règle, avec les techniciens du théâtre Galli, les lumières du spectacle avec minutie et exigence.
Directif mais toujours aimable et poli, il demande un soleil plus jaune, un éclairage rasant, une scène plus bleue. Il sait ce qu’il veut et veut travailler dans le silence et le noir.
Il vient me saluer, je lui rappelle notre rencontre au conservatoire de Toulon et dans la foulée, je lui demande si l’on pourra faire quelques photos.
« Tout ce que vous voudrez mais après le spectacle. On pourra même faire un numéro ensemble, si vous le voulez ! »
J’acquiesce… pour les photos, après, pour le numéro, on verra une autre fois !
Françoise Gnéri, belle musicienne sanaryenne et présidente du collectif « Fractales » grâce à qui notre artiste est là, est aux petits soins et le mène à la baguette, ce qui le fait rire.
Voici trois jours qu’il a débarqué à Sanary pour préparer ce concert, certes improvisé, comme il le fait toujours, mais celui-ci sera un hymne à Sanary et il a voulu s’imprégner de la ville pour adapter ses improvisations.

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Ce qu’il fera en évoquant musicalement les éléments, la mer, les vagues, le vent, les pointus dont le maire, Daniel Alsters, lui a fait connaître l’histoire, les fonds marins, la tour et ses marches qui ressemblent à la gamme musicale au fur et à mesure qu’on les monte, le chanoine Galli, qui fut comédien avant d’être prêtre et grâce à qui on a cette belle salle, qui aurait eu 100 ans cette année, qui porte les trois prénoms de ses oncles et qui sont nés tous les deux le même jour… à quelques années près !  Michel Pacha, le fameux manège qui est sur la place depuis la première fois qu’il est venu à Sanary, les intellectuels allemands qui sont venus se réfugier à Sanary durant la guerre, le musée océanographique Frédéric Dumas, le chemin de croix, le jardin des oliviers… Bref, c’est une plongée dans la ville qui va l’inspirer tout au long de ce concert où il mêle habilement l’Histoire et les histoires de la cité, avec humour et volubilité, avec des apartés, des parenthèses (« Vous avez cinq minutes ? » demande-t-il à la salle) et dont vont naître sous ses doigts des musiques dont seul le public de ce soir se souviendra.
Une imagination musicale débordante, une érudition sans failles… Le spectacle fut magnifique, original, passionnant, malgré une bronchite qui le tient depuis une semaine et une toux qu’il mêlera aux applaudissements pour que ça ne s’entende pas !

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Avec le Chanoine Galli et avec Françoise Gnéri !

« Le pouvoir de l’improvisation ? – nous avoue-t-il – c’est que l’on n’a jamais de trou de mémoire et que s’il y a une fausse note on peut dire qu’on l’a fait exprès ! »
Il n’y eut pas de fausse note… sinon l’orage qui surprit tout le monde à la sortie.
Mais malgré cela et sa bronchite, durant une heure il signa programmes, CD*, DVD, avec des marqueurs de toutes les couleurs et en discutant avec chaque personne avec une gentillesse extrême.
Au XVIIIème siècle, on l’aurait certainement appelé « un honnête homme » !

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Jacques Brachet
* Son dernier CD « L’alchimiste », dans une magnifique pochette, réunit des chansons comme « Mistral gagnant », « Y a d’la joie », « Lucie », « Ne me quitte pas », « Amsterdam » « Jacques a dit », façon classique, contrairement à nombre de morceaux classiques qui sont devenus des chansons.

Vladimir COSMA l’as des as de la musique !

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Vladimir Cosma est né le 13 avril 1940 à Bucarest.
Hasard des événements : ses parents ayant fui leur pays, étaient venus s’installer en France où sa mère s’est retrouvée enceinte. Normalement, il aurait donc dû naitre en France mais la mort de son grand-père les a ramenés en Roumanie… où il est né. Et d’où ils n’ont pu ressortir.
Il lui faudra attendre 22 ans pour se retrouver à Paris. Mais déjà, dans son pays, à 8 ans, super doué, il était devenu violoniste soliste. Il avait de qui tirer car sa grand-mère et sa tante étaient pianistes, un de ses oncles était chef d’orchestre, son père était musicien de jazz.Il n’y a que sa mère qui, elle, était… championne de natation !
Inutile de préciser qu’il fut baigné… de musique. De toutes les musiques, du jazz au classique en passant par la musique folklorique et la variété, la musique était omniprésente. Et tout au long de sa vie, il a su mêler toutes ces musiques entendues depuis son enfance. S’il a appris le violon c’est qu’à la maison où ils vivaient il n’y avait pas de place pour un piano… A quoi ça tient !
S’il fallut que, de retour en France, il recommence à zéro, très vite il trouva sa place grâce à de grands musiciens qui l’y ont aidé, comme Jean Wiener ou Michel Legrand qui le prit sous son aile et lui fit faire les arrangements de ses musiques.

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En 67 il commença à signer des musiques de films mais c’est en 68 qu’il rencontre le réalisateur Yves Robert, qui lui demande de signer la musique du film « Alexandre le bienheureux ». L’amitié et l’admiration partagée en firent qu’ils ne se quittèrent plus et qu’il signa toutes les musiques de ses films, du « Grand blond avec la chaussure noire » à « Montparnasse-Pondichery » en 94, en passant par « Salut l’artiste », « Un éléphant ça trompe énormément, « Nous irons tous au paradis », « Courage fuyons » sans oublier les magnifiques musiques que sont « La gloire de mon père » et « Le château de ma mère ».
Il eut ainsi d’autres beaux compagnonnages avec Gérard Oury (« L’as des as », «Rabbi Jacob » qui le fit connaître internationalement), Jean-Pierre Mocky pour qui il écrivit les musiques de tous ses films,  Claude Zidi, Claude Pinoteau et la fameuse « Boum », Molinaro, Francis Veber avec qui ça ne fut pas de tout repos, Beneix et l’admirable « Diva »… Bref, son talent fit que nombre de réalisateurs et producteurs firent appel à lui…
Aimant toutes les musiques (C’est une incroyable mémoire musicale), il côtoya et travailla avec le nec plus ultra des musiciens de jazz (Ivry Gitlis, Chet Backer, Claude Bolling, Stan Getz, Bill Evans, Joss Baseli, Sidney Bechet, Tont Benett, Jean-Luc Ponty, Stéphane Grapelli… A chaque film il trouva l’originalité qui faisait de ses musiques un succès. Car en plus, il connaît tous les instruments du monde entier, donnant à chaque fois une couleur à nulle autre pareille : la flûte de pan pour l’une, la guimbarde pour l’autre, le kazoo, le bandonéon, le cromorne, le banjo les pipes écossaises,  l’harmonica, le glockenspiel (faut connaître !) et nombre d’instruments, indiens, chinois, africains que le simple mortel ne connait pas, jusqu’à tous les appareils électroniques. Et même… les cigales dont il fit un instrument de musique pour les souvenirs d’enfance de Pagnol !

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Quel que soit le style de musique demandé, il s’adapte, aux desiderata du réalisateur, Au sujet, à l’époque, il trouve toujours l’habillage haute couture du film, qui fait qu’aucune musique ne se ressemble, que ce soit dans la comédie ou le drame… et même l’érotique ! Il a même écrit un opéra autour de « Marius et Fanny » de Pagnol, interprété par Roberto Alagna et Angela Ghorghio
Il a une culture musicale à nulle autre pareille et… une mémoire d’éléphant car il nous signe aujourd’hui, non pas une musique mais un livre, une bible de 500 pages, où il nous raconte près de 70 ans de musique et de passion en disséquant toutes les musiques qu’il a écrites, le pourquoi du comment et plein d’anecdotes autour de tous ces artistes avec lesquels il a collaboré.
Il y a beaucoup de musiciens de films mais il se compte sur les doigts ceux qui ont fait une carrière aussi prolifique que Vladimir Cosma.

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 Rencontre à la Ciotat avec Nicole Croisille
Rencontre à Ste Maxime avec Vincent Perrot (Photo Christian Servandier)

Le titre de ce magnifique livre qu’il signe avec passion et humour : « Mes mémoires », tout simplement, avec en sous-titre « Du rêve à Reality » (Ed Plon). « Réality » étant le titre de chanson de « La boum » que chantait et chante toujours Richard Sanderson, qui a fait le tour du monde et continue une magnifique carrière.
Je voudrais vous raconter aussi mes rencontres avec Vladimir Cosma.
Nous étions en 2005 et j’étais alors directeur artistique du Festival du premier film de la Ciotat, durant lequel, en dehors des films en compétition, nous rendions chaque année hommage à un réalisateur, un comédien, un musicien de film. Ainsi sont venus Claude Lelouch, Robert Hossein, Annie Cordy, Claude Pinoteau, Michel Jonasz, Michel Galabru et en 2005, j’invitais Vladimir Cosma qui avait dit oui à condition de venir en train car il détestait l’avion. Ça tombait bien car le train en gare de la Ciotat fut le premier film des frères Lumière.
Le mois de juin approchait lorsque sa compagne m’appela pour me dire qu’il ne viendrait pas car il était fatigué. Panique à bord, je le rappelle et il me dit : « J’ai promis, je viendrai ».
Me voilà rassuré et, le jour de son arrivée, je reçois un appel de lui et là, re-panique. Je me dis qu’il a raté le train ou simplement qu’il a changé d’avis… Je le rappelle et il me dit : « Désolé… je suis dans le train mais… j’ai oublié mon slip de bain… Pourriez-vous m’en trouver un ??? »
Promis, juré, c’est vrai !
Me voilà rassuré et lui aussi, trouvant un slip dans sa chambre. Et, vous me croirez ou pas, il a posé ses valises et est parti se baigner, l’hôtel donnant sur la plage !
Il fit ça durant les cinq jours où il fut présent. Lorsqu’on ne le trouvait pas, on allait à la plage ! Et, comme c’est un homme qui ne sait pas ce qu’est l’heure, nous avons passé notre temps à aller le chercher ! Nous déjeunions au bord de l’eau et entre deux plats, il allait plonger… Jusqu’au dernier jour où, le car attendant les invités pour les ramener au train, il se pointa juste à temps pour ne pas le manquer, car il était allé prendre un dernier bain !
Par contre, au contraire de grandes stars très exigeantes, la seule exigence de Vladimir fut… un slip !
Étant un magnifique conteur, nombre de choses qu’il raconte dans ce magnifique livre, il nous les racontait avec la joie d’un enfant qui s’amuse avec un jouet depuis des décennies. Il retrouva mon amie Nicole Croisille que j’avais aussi invitée et qui a chanté le générique de la série TV « Les cœurs brûlés », qui s’intitule « Je n’ai pas dit mon dernier mot d’amour », chanson, nous raconte-t-il dans ce livre, qui n’a pas été gardée lors de la sortie de la série mais dont Nicole a fait malgré tout un succès !
Je devais rencontrer à nouveau Vladimir le 17 juillet 2012 lors d’un concert qu’il donnait à Ste Maxime et où je le retrouvai avec Vincent Perrot qui venait de nous offrir un magnifique album sur le musicien et Richard Sanderson que Vladimir avait invité pour chanter cette chanson de « La boum » « Reality ».

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Nous avons passé une brillante soirée et je suis prêt à recommencer.
Alors quel plaisir de le retrouver dans ce superbe pavé qu’il nous offre, nous contant presque au jour le jour, le parcours d’un petit roumain qui aurait pu devenir français à sa naissance, disséquant chaque film, nous en racontant la genèse, avec un certain humour slave, une façons de s’exprimer, beaucoup mieux de certains artistes français, avec aussi beaucoup d’émotion lorsqu’il parle de ses chers disparus, Jean-Pierre Mocky ou Gérard Oury.
A noter au passage que s’il est surtout connu pour ses musiques de films, il a écrit des œuvres symphoniques, des musiques de chambre, des œuvres scéniques, des œuvres pour piano et orchestre, des musique de jazz car Vladimir Cosma est un compositeur prolifique et polychrome !.
Ses deux derniers CD, dont je vous ai parlé, en dehors de nombre de compilations de musiques de films sont : « 24 caprices pour mandoline solo » et « Suite populaire et œuvres pour mandolines et accordéon ».
Sans compter que Nana Mouskouri, Nicole Croisille, Lara Fabian, Guy Marchand, Marie Laforêt, Mireille Mathieu, Herbert Léonard, sans compter Richard Sanderson, l’ont chanté avec succès.
Lire ses mémoires, c’est traverser les décennies avec ses musiques qui sont toujours dans nos têtes et c’est découvrir une œuvre immense d’un homme qui est resté d’une simplicité désarmante.

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Jacques Brachet

Jean-François ZYGEL… Tout pour la musique !

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Jean-François Zygel est un maelstrom musical qui va de Brel à Mozart, de Barbara à Beethoven, en passant par le jazz et toutes les musiques du monde.
Mélange familial entre la grande chanson française qu’aimait sa mère et la musique dite «classique » qu’aimait son père.
Du coup, il n’a pas eu à choisir et s’y est engouffré, le piano a fait le reste, vite assimilé, vite improvisé,
Ce musicien et compositeur en est devenu un vrai grand spécialiste reconnu, pratiquant également les ciné-concerts qui consistent, comme dans le temps des balbutiement du cinéma, d’accompagner les films muets.
Sa vie est riche d’expériences musicales car il est curieux de tout. Touche à tout de génie, il a conquis un énorme public, aidé par l’émission de France 2 «La boîte à musique», où il recevait musiciens et chanteurs de tous bords. Il a l’art de décortiquer la musique quelle qu’elle soit, il sait la transformer et l’amener au public, du plus branché au plus néophyte, toujours avec une passion infinie car en plus, il est un magnifique raconteur d’histoires et sait éveiller l’intérêt et la curiosité.
Nous le retrouverons le jeudi 17 novembre à 20h30, au Théâtre Galli de Sanary, invité par Françoise Gnéri, directrice artistique de l’association « Fractales » où il improvisera, dans un voyage insolite, une évocation musicale de Sanary

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«La scène c’est la vraie vie, c’est l’essence de la vie». C’est la première phrase qu’il nous assène lors de notre rencontre.
«L’improvisation – nous confie-t-il – est souvent assimilée au jazz alors que déjà, les musiciens classiques du XVème siècle improvisaient sur leurs propres musiques. On peut improviser sur tous les genres de musiques, c’est une question de changement de vocabulaire.
N’importe quel musicien peut-il improviser ?
Non, ça s’apprend, ça… ne s’improvise pas ! Depuis 15 ans, j’ai fondé une classe d’improvisation et aujourd’hui nombre de conservatoires ont une classe d’improvisation. Car on ne peut pas faire n’importe quoi, il faut connaître le sujet, travailler sur des automatismes, connaître tous les styles de musiques. Il faut un travail préalable.  Beethoven a donné à Vienne trois concerts improvisés qui restent dans les annales. Beaucoup d’autres grands compositeurs ont fait de même. Bien sûr, on connaissait leurs œuvres mais le public était friand d’entendre quelque chose de nouveau, d’inédit.
Ça a été un peu oublié un certain temps ?
Oui, durant la moitié du XIXème siècle, ça s’est perdu. Ca n’a perduré que dans les concerts liturgiques et les églises pour les messes dont on ne connaissait jamais la longueur et où alors, il fallait improviser. Aujourd’hui, l’improvisation revient en force car la musique dite «classique» connaît une mutation forte. Le rituel est remis en question et, modestement, j’y suis un peu pour quelque chose Déjà, parler durant un concert ne s’était jamais fait et j’ai eu envie de le faire pour éclairer les spectateurs et avoir un autre rapport avec lui plutôt que d’arriver sur scène, saluer et jouer.
Musique moderne, classique… Qu’en pensez-vous ?
Ce titre de musique classique est assez récent car durant des siècles, il y avait «la» musique, «les» musiques et tout à coup il y a eu cette dénomination qui partage la musique d’hier et celle d’aujourd’hui. Pour moi, quelle qu’elle soit, c’est toujours de la musique.
Alors, comment définiriez-vous la musique d’improvisation ?
C’est la fraîcheur, la liberté, c’est l’émotion. C’est l’art de la conséquence. Souvent je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais faire.
C’est aussi un art éphémère ! N’est-ce pas frustrant ?
C’est vrai puisqu’on improvise et qu’il n’en restera rien que des souvenirs, des émotions mais c’est ce qui en fait sa beauté un peu comme lorsque Claudel parle de l’odeur d’une fleur. C’est un moment éphémère et il n’en restera que le souvenir et l’émotion que l’on aura eus sur l’instant.

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Et puis, aujourd’hui, il y a l’enregistrement, si l’on veut en garder une trace.
Mais vous savez, combien de compositeurs ont écrit des partitions qui sont aujourd’hui oubliées ?
Le problème de l’éphémère, moi je l’ai totalement intégré. On joue, c’est bien, moins bien, c’est fait, ça ne sera plus. C’est un instant, un moment et là, on ne peut pas jeter la partition si l’on n’est pas content !
Mais c’est le plaisir de la création en direct qui offre au public la garantie d’un œuvre unique. C’est ce que j’appelle l’art de la scène.
Et le ciné-concert ?
C’est une rencontre avec une œuvre cinématographique. C’est un art du spectacle à part entière. Au début du muet, il y avait déjà un pianiste qui improvisait et le pianiste était différent dans chaque cinéma. Donc à chaque fois c’était une autre musique. C’est un spectacle ouvert vers l’avenir et c’est un vrai travail de création et j’aime ça. J’ai improvisé sur quelque trois cents films et c’est toujours un plaisir renouvelé. «Le fantôme de l’Opéra» j’ai dû l’illustrer une vingtaine de fois avec un plaisir chaque fois renouvelé ».sur scène, saluer et jouer.
Un plaisir que nous allons partagr avec cet authentique «Honnête Homme» qui nous a éblouis par ses connaissances, son talent de conteur et de musicien et, après plus d’une heure et demi, on en redemandait encore et on avait du mal à le quitter tant il est fascinant.
Ne le ratez pas !

Jacques Brachet

Sanary – Théâtre Galli : Garou… Un karaoké ?

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Ce samedi, Garou arrivait enfin au théâtre Galli après avoir été reporté pour cause de Covid.
Et c’était sa dernière date.
Sourire ravageur, œil pétillant, voix grave et rocailleuse, c’est avec « Sous le vent », chanson qu’il enregistra avec Céline Dion, qu’il entama son concert.
Décor de barricades, spots tamisés, accompagné de quatre musiciens qui assurent « grave », le voilà qui s’assoit sur un tabouret qu’il ne quittera pas souvent, guitare en bandoulière.
Entre deux chansons, il parle beaucoup, avec humour et cet accent à nul autre pareil, racontant des anecdotes, comme sa rencontre avec Plamondon-Cocciante, auteurs-compositeurs de « Notre Dame de Paris » qu’il a eu du mal à convaincre d’être de l’aventure… non pas comme jeune premier mais pour le rôle du plus moche : Quasimodo !
Il nous précise que son concert sera folk, country et familial. Il sera un peu bluesy à un moment.
Il continue avec « La rivière de mon enfance », autre duo qu’il a enregistré avec Michel Sardou et enchaîne avec « Celui qui n’a jamais été seul »… Jusqu’ici tout va bien mais la suite va me rendre perplexe : A partir de là, il va chanter des chansons des autres : « I put a spell on you » de Jay Hawkins, « Love me do » des Beatles, « Avec le temps » de Ferré, « Amsterdam » de Brel », « Santiano » d’Hugues Aufray, « Jobi Joba » des Gypsies, « Emmenez-moi » d’Aznavour, il tiendra 20 minutes » avec tous les tubes de Joe Dassin… Quand même deux chansons du folklore québécois et enfin » Belle » de « ND de Paris ». Un maelstrom de chansons tous azimuts. On est loin du folk et de la country promis…

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Même s’il a su subjuguer son public, le faire lever et taper des mains, on se serait cru dans un grand karaoké ou chacun chantait avec lui. Je sais qu’il adore la chanson française mais à ce point…
On est quand même venu voir et entendre Garou avec des chansons de Garou et on le retrouve avec des chansons des autres. Il a quand même fait quelques albums, pourquoi aller chercher ailleurs ? N’a-t-il pas assez de belles chansons plus personnelles ?
J’avoue que c’est un peu déroutant et que je suis resté sur ma faim.
Dommage car il est terriblement sympa, il a le feeling avec le public mais il nous a donné un concert que les débutants issus de « The voice » font en « récital » avec les chansons des autres, faute de ne pas encore avoir de répertoire. Ce qui ‘est pas son cas.
Dommage…

Jacques Brachet
Photoscreations.fr

Notes de musiques

LOÎS LE VAN – VIND 2.0 – Cristal Records – 13 titres.
La découverte de Loïs Le Van au Festival Jazz en Revermont à Cousance en 2017 m’avait fort impressionné. Il était accompagné par un Big Band et faisait déjà preuve d’une maîtrise absolue. A ses début il a remporté le concours de Jazz Vocal « Voicingers » à Zory en Pologne. Le voici avec un nouvel album.
Il est un vocaliste à part parmi les chanteurs de jazz masculins, un peu entre Mark Murphy et David Linx (il a d’ailleurs étudié avec lui) pour les modulations et la technique, et Kurt Kobin pour la puissance de la voix. Il sait se placer, chante avec de longues tenues, modulées en différents voicings. La voix s’est faite plus chaude, plus profonde, même dans l’aigu. Il y a aussi du Chet Baker en lui, pour la densité intérieure, et l’émotion. Il est accompagné par Sandrine Marchetti, fidèle et remarquable pianiste, et Paul Jarret à la guitare, auteur de « Ghost Songs » album très remarqué. Ces deux musiciens sont plus que deux accompagnateurs, les lignes se partagent, s’échangent, se complètent. C’est un véritable trio pour un jazz qui se détache de la production habituelle. Une voix qui n’a pas fini de nous étonner.
CHICO CÉSAR – VESTIDO DE AMOR –  ZAMORA LABEL – 11 Titres.
On présente le nouvel et dixième album, « Vestido de Amor », du brésilien Chico César, en disant qu’il creuse le sujet du panafricanisme du point de vue de la diaspora. C’est assez juste, surtout qu’il s’entoure de musiciens africains : Sekou Kouyaté (kora), Etienne M’Bappé (basse), plus deux invités : Salif Keita et Ray Lema.
Aujourd’hui nombre de musiciens cherchent leur inspiration à travers toutes les musiques, en l’occurrence ici, des rythmes, brésiliens, africains, jamaïquains.
C’est ainsi qu’on a une approche reggae : « Corra Linda » ; fado : « Amorinhia » avec une belle intro du piano et cette saudade dans la voix de Chico César ; samba : « Reboliço » ; ainsi de suite.
Chico César possède une voix dans le médium aigu, bien dans la chaîne des célèbres chanteurs brésiliens, avec quelque chose d’acidulé et beaucoup de charme. Personnalité riche, puisqu’il est aussi écrivain, engagé culturel, social et politique. Il  est l’auteur de « Mama Africa », ode à la femme noire.
Voici un disque qui offre un bel aperçu d’une musique qui, puisant ses racines dans différentes cultures, réussit à être personnelle, neuve et roborative. Tout en restant brésilienne.

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THOMAS KAHN – THIS IS REAL – Musique Sauvage – 12 titres plus bonus.
Pour ce second album le label nous présente Thomas Kahn comme un chanteur gospel ; ce n’est pas faux, mais je trouve qu’il est plus ancré dans le rock-pop et le rhythm and blues des années 70. Sa musique me fait penser à celle de The Band, célèbre groupe des années 70, qui vit défiler le gratin du rock.
On nous dit qu’après un parcours de vie assez perturbé il fait le point et se sert de tout son vécu pour concocter cet album.
Il chante avec une grande sincérité d’une voix dans le médium aigu, très puissante, une voix pleine avec du grain et des brisures. Assez proche de Robbie Robertson qui chantait aussi « Out of the Blue » avec The Band.
Il fait également preuve d’une belle maîtrise dans la masse orchestrale-chœur comme dans « More than Sunshine ».
Les morceaux lents sont gospel, tels « Hope » ou « Brother I Miss You » dans lequel toute la saveur de la voix se dévoile ; intro a cappella tempo lent, puis duo sur quelques accords avec du piano, et ça part avec de grandes envolées, puis retour au duo, au calme.  De ces morceaux très recueillis se dégage une grande émotion.
C’est un chanteur qui arrive à sa pleine maturité (34 ans). Il a su intégrer cette culture américaine, se l’approprier  pour en faire sa musique.
A noter la qualité de l’enregistrement.
Si ce garçon n’est pas Top of the Charts, c’est à désespérer.

Serge Baudot

Florence DAVIS, artiste tous azimuts !

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Elle est chanteuse, danseuse, auteure, compositrice, coach vocal… Bref l’artiste dans toute sa splendeur, dans toutes ses passions qui la poussent là où on ne l’attend pas.
J’ai connu Florence Davis en 85 grâce à Jean-Claude Brialy et Catherine Lara.
Jean-Claude créait son festival et m’y invitait. Catherine Lara y participait et, l’ayant connue grâce à Denise Glaser qui m’avait offert son premier album, j’étais devenu un vrai fan et par la suite, son ami.
Elle venait accompagnée d’une choriste magnifique, cheveux courts, regard bleu, une pêche pas possible et une voix extraordinaire. Sur scène, malgré Catherine, on ne pouvait pas la rater tant elle avait de charisme.
Elle aurait pu devenir une grande star mais elle préféra prendre, au gré du temps, des chemins de traverse.
Elle est née au Cap d’Antibes. Elle est la fille d’Andrée Davis-Boyer qui fut à l’origine des scopitones, (On l’appelait Mamy Scopitone !) qui était programmatrice de spectacles et vivait au milieu des chanteurs, de Piaf à Pétula Clark en passant par Frehel, Mistinguet, Mouloudji, Trenet Line Renaud, Annie Cordy, Johnny  Hallyday, Sylvie Vartan, Julien Clerc, Dick Rivers … Son père, Roby Davis, était un grand saxophoniste de jazz et chef d’orchestre et évoluait au milieu des plus grands jazzmen, de Django Reinhardt à Kenny Clarke, en passant par Count Basie, Bill Coleman, Eddie Barclay, Salvador, Gillespie… Comment ne pas aimer la musique et ne pas avoir envie d’être de ce milieu ?
Et pourtant…

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Son père, sa mère avec Django Reinhardt, ses sœurs  Liliane, Micheline, épouse de Dick Rivers et elle toute pitchoune

Je retrouve Florence chez une amie commune, Chantal, à Toulon. Il y a un moment qu’on ne s’était retrouvés tous les trois, –quatre, devrais-je dire car il y a aussi son compagnon, Olivier Danloup, lui aussi grand et beau musicien aux yeux bleus (auteur, compositeur, guitariste, pianiste,) et ils ne se quittent jamais, à la ville comme à la scène.
« Alors, Florence, la musique, ça n’a pas été pour tout de suite ?
Pas du tout. J’aimais évoluer avec tous ces artistes venus d’horizons différents, c’était mon milieu naturel, mais j’étais loin de ça car je voulais devenir psy, philosophe, bref je voulais comprendre les mécanismes de la psychologie !
Et comment est venue la chanson ?
Je préférais danser que chanter mais je me débrouillais bien et j’aimais chanter aussi. C’est alors que Vangelis (l’un des trois Aphrodit’s Childs, qui a entre autre écrit la musique du film « Chistophe Colomb)) qui devait passer à l’Olympia, m’a proposé de chanter dans son spectacle. C’est ainsi que j’ai fait mes premiers pas de chanteuse… direct Olympia !
A partir de là tu as fait beaucoup de choses… On s’y perd un peu !
Même moi je m’y perds et ne me demande pas une chronologie, je n’ai aucune mémoire des dates !

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Avec Catherine Lara à Ramatuelle

Bon alors, tu as accompagné nombre de chanteurs, hormis Catherine Lara.
Oui, Lara, ça a duré dix ans et c’est Joenice Jamison qui m’a remplacée. J’ai fait le tour de France et le tour du monde même avec Charles Aznavour, Michel Sardou, Clo Clo avec qui j’étais choriste avec les Fléchettes, Sylvie Vartan, Berger-Gall, Dick Rivers, qui a épousé ma sœur Micheline, Didier Lockwood et nombre de musiciens de jazz.
Et Guesh Patti !
Nous avons fait beaucoup de choses ensemble. Nous étions toutes deux chanteuses et danseuses, nous avons joué dans des comédies musicales, nous avons créé, avec Lydie Callier, le groupe Dacapo avec lequel nous avons remporté un prix au MIDEM. Notre titre était « Somnifère ». Et puis, j’ai été appelée ailleurs et c’est là que Guesh a décidé de chanter en solo et a fait un carton avec « Etienne ». Si l’on ne s’était pas quittés, peut-être n’aurait-elle chanté ce qui est devenu un tube.
On t’a vu aussi dans nombre de comédies musicales.
Oui, j’étais à la création de « Starmania » au Palais des Congrès, j’étais la doublure de tous les rôles féminins et j’ai eu le bonheur de remplacer » Nanette Workman, puis, 20 ans après Michel Berger m’a rappelée pour la reprise auprès de Maurane.
Il y a eu d’autres comédies musicales !
Oui, « Les misérables » de Robert Hossein. J’y jouais, une fois sur trois, le rôle de Gavroche car j’étais petite et je pouvais jouer le rôle de ce gosse. Je me souviens d’un soir où Il y avait 5000 mômes qui tapaient dans leurs mains comme à un concert de rock et j’arrive sur scène en chantant « Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire… » Et d’un coup, troublée… un trou. J’ai balbutié n’importe quoi… et ça a été un triomphe !
Et puis il y a les retrouvailles avec Catherine Lara pour « Revue et corrigée »
Oui, c’est Annie Girardot qui voulait rouvrir le Casino de Paris et qui a demandé les chansons du spectacle à Catherine. J’étais là donc et nous avons souvent joué pour… dix personnes ! Il y avait eu un quiproquo avec le public qui pensait que ce serait un spectacle traditionnel avec plumes et strass, alors qu’on imaginait mal Girardot dans ce rôle. La critique a commencé à… critiquer avant de savoir ce que c’était. Et ça a été un four. Girardot a  vendu tout ce qu’elle avait, Catherine est tombée malade. Reste ce superbe disque avec « Lara torio » qui est un chef d’œuvre.

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As-tu fait d’autres comédies musicales ?
Oui, aux Folies Bergère, j’ai joué dans « Nine » tirée du film de Fellini « 8 1/2» J’y jouais deux rôles : la porca (la cochone !) et la mère de Fellini. A part celui qui jouait Fellini, il n’y avait que des femmes !
Ça a été une expérience extraordinaire mais aussi douloureuse. Je suis tombée à 8 1/2 de tension… J’étais raccord !!!
J’ai retrouvé des photos du MIDEM de la Bande à Basile… Et tu y es !
Oui, j’ai même fait ça à mes débuts. Et ça a marché, J’avais un immense tutu rose et une culotte de french cancan… C’était très seyant !
Autre surprise, on te retrouve sur le concours Eurovision !
Enfin, on ne m’y retrouve justement pas. Une maison de disque a décidé de créer un groupe pour l’Eurovision : deux filles, deux garçons, nous nous appelions « Alphabet ».

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Une de ses œuvres, avec son compagnon Olivier Danloup

Autre étape : coach de « Star Academy »
Oui, j’ai été appelée pour la première Star Ac’ comme coach. J’ai donc coaché Jenifer, Mario, Jean-Pascal, Olivia Ruiz… et les autres !
Bon, difficile de te suivre… Qu’as-tu fait et que fais-tu encore ?
Je peins, je dessine, je crée des aquarelles.
Côté chansons, j’ai enregistré et produit un disque « French songs » avec le Paris Jazz Big Band .  J’ai produit le disque moi-même et j’ai pris des grandes chansons françaises avec des orchestrations jazzy comme « Dans la maison vide » de Michel Polnareff, « Requiem pour un con » de Serge Gainsbourg, « La déclaration » de Michel Berger, « Le Cœur Volcan » de Julien Clerc et surtout « Les Marquises » de Jacques Brel.
Pourquoi « surtout » ?
Parce qu’elle a été sélectionnée pour l’album « Tribute to Jacques Brel »
Ah et puis, s’il vous plait, j’ai chanté à l’Elysée devant le président Mitterrand, Charles et Diana… Pas mal non ? Une anecdote, j’ai eu le culot de demander à Mitterrand ce qu’il aurait fait s’il n’avait pas été président. Il m’a répondu d’un seul mot : « Pape » !!!
Et aujourd‘hui ?
Je me produis avec Olivier Danloup en duo et en plus grande formation à travers le monde, nous nous sommes produits entre autre au Cotton Club de Tokyo, au Festival de Jazz de Séoul devant 20.000 personnes, en Chine, au Festival jazz de Juan les Pins.
Nous préparons un album de compositions. Et puis j’ai un autre projet de spectacle intitulé « Ainsi parlait Nostradamus ».

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Avec la Bande à Basile

Voilà la vie d’une artiste hors pair, qui est toujours là où on ne l’attend pas, une vie de passionnée de musique qui n’a jamais choisi de devenir « star », terme aujourd’hui galvaudé mais est toujours allée là où sa passion la menait.
Alors qu’elle était toute jeune, Nougaro lui avait prédit : « Toi, tu seras quelqu’un »
Et c’est vraiment quelqu’un de talentueux, d’original qui vit à fond ses passions, ses multiples talents avec une joie et une sérénité qui ne se démentent jamais.

Propos recueillis par Jacques Brachet















Hyères – François FELDMAN-Joenice JAMISON
dans la chaleur de la nuit

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A Hyères – ce qui n’est pas le cas partout ! – on est toujours reçu avec le sourire, d’autant que le producteur de la tournée Robert Maurel est un vieux complice avec qui on a beaucoup bourlingué.
Soleil de folie, ce qui n’est pas de tout repos pour nos artistes du jour, François Feldman et Joenice Jamison. Et puis, catastrophe, Joenice est fatiguée, elle pense tout de suite au Covid et part aussitôt se faire faire un test. Fausse alerte, au bout d’un moment elle est rassurée mais s’excuse aussitôt pour l’interview prévue car elle doit se reposer. Mais elle sera toute belle pour faire les photos avec Feldman, le temps que je lui rappelle qu’on s’est retrouvés sur les tournées de Sardou et de notre amie Catherine Lara.
« Oh my god ! mais ce n’était pas hier ! Que de beaux souvenirs… »
Pendant ce temps, François Feldman répète, sa fille Joy l’appelle et du coup il lui fait faire le tour de la scène et du lieu où va se passer le spectacle.
Et l’on se pose pour bavarder tranquillement à l’ombre des coulisses avec une bouteille d’eau bien fraîche indispensable et… une nuée de mouches qui nous attaquent.

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« François, ta rencontre avec Joenice ne date pas non plus d’hier !
C’était en 89, nous nous sommes connus pour l’enregistrement de « Joue pas ». Depuis, nous ne nous sommes jamais quittés… sauf pour dormir ! Nous avons fait beaucoup de concerts, d’autres duos. C’est une amitié qui dure.
Et tu n’as pas eu l’idée de faire un disque pour elle ?
Non car d’abord, en dehors de nos duos, elle chante en anglais. Elle aime être libre pour faire ses trucs, elle est indépendante et nos styles sont très différents. Et puis ce n’est pas parce que nous avons fait quelques duos qu’on doit toujours travailler ensemble.
Ton premier succès date de 86 … Déjà !
Et oui, c’était « Rien que pour toi » et c’est un grand souvenir. C’était mon premier succès commercial et c’est très important pour un artiste. Souvent on n’a que des succès d’estime et ça a du mal à démarrer. Et là, ça a été le bonheur.
Suivi de nombreux autres succès !
86/94 ont été mes années lourdes de succès. Il y en a eu 14 en tout, comme « Valses de Vienne », « Joue pas », « Joy », « Petit Franck », « Magic Boulevard », « J’ai peur », « Slave », « Je te retrouverai », « Parfum de vanille…  et je les chante tous ce soir.
Que gardes-tu de ces années ?
De chouettes souvenirs, de nombreuses tournées… Tout ça c’est fini. Je ne veux plus faire que des concerts, avec des musiciens top, comme ceux que j’ai ce soir. Ils sont de Toulon, Nice, Marseille. Ce sont des pointures et je m’éclate avec eux, avec Joenice, lorsqu’elle n’est pas libre, c’est avec Sarah Cooper qui qui est une très grande chanteuse. Je ne veux plus rien à voir avec les maisons de disques.
Aujourd’hui, je ne veux rien faire d’autre que du live. Du LIVE … Tu comprends ?
Je comprends, ce qui ne t’empêche pas de faire des disques !
Bien sûr mais c’est de l’autoproduction. J’en ai fait trois : « Vivant », « Latino », « L’origine »…

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Avec une photo… originale !
Bien sûr puisque c’est l’origine et que la photo, qui est d’Alain Marouani est une photo de l’époque où je débutais !. Ce disque s’est fait en plusieurs étapes : les basses ont été faites à New-York, les guitares à Los Angeles, les chœurs à Bruxelles, les cuivres, les cordes et la voix de Joenice à Avignon… C’est pas beau Internet ? Je me suis éclaté, j’ai tout mixé chez moi. Et toutes les chansons sont funky, ce que j’aime.
On est loin des valses de Vienne !
Ça, c’est mon côté slave qui vient de mon père. Et mon côté Gémeaux. Mais ceux qui aiment cette chanson ne se retrouveront pas dans « L’original ». Par contre, sur scène, je même les deux styles qui sont ce que je suis. Je chante « Ressuscité » avec Joenice, « Ma douce » et « Can You feel it » que tu retrouves sur le disque en duo avec Guy Waku, un chanteur zaïrois qui vit en Belgique.
En 1990 tu as écrit une chanson pour Mireille Mathieu « Ce soir je t’ai perdu ». Tu n’as jamais écrit d’autres chansons pour d’autres chanteurs. Pourquoi ?
Parce que ça ne s’est pas présenté. Mireille, c’est une rencontre, comme l’a été ma rencontre avec Annie Girardot pour le clip de « Magic Boulevard. Et puis, je ne me considère pas comme un vrai auteur-compositeur…
Quand même ! Vu toutes les chansons que tu as écrites !
Oui, pour moi. Et je les écris quand j’en ai envie… Je ne suis pas Barbelivien ou Goldman qui passent leurs journées à écrire ou composer. Moi, je prends le temps de vivre et quand ça me prend, j’écris. Je peux rester des mois sans le faire.
Ton côté slave ?
Je ne sais pas.
Ton côté… fainéant ?
(Il rit)… Tu l’as dit mais c’est ce que tu voulais me faire dire !
Tu sais, je vis dans un village à 8 kilomètres de Cannes. Dans la montagne. Je vis à mon rythme et c’est là que je suis bien quand je ne suis pas en concert ».

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Et à propos de concert, il nous a donné celui-ci devant trois mille personnes dont les premiers rangs se sont levés comme un seul homme à la troisième chanson, au grand dam de ceux qui n’y voyaient plus rien. Ça a été difficile de venir à bout de cette foule excitée qui chantait avec lui toutes les chansons. Difficile aussi parce qu’il faisait tout pour les faire bouger !
Ainsi, avec Joenice, il a enchaîné tous ses succès, de nouveaux titres et, moment très joli, lorsque seul au piano il a chanté de belles mélodie émouvantes comme « Petit Franck »  « Le mal de toi » ou ces chansons pour son père ou pour sa fille Joy.
Ce fut un grand moment de communion et une vraie fête funky, comme seul l’ami Feldman sait nous les offrir.

Jacques Brachet
Photoscréations.fr

VANILLE & ENZO ENZO
Une soirée sous le signe de la femme et de la poésie

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Deux magnifiques femmes. Deux chanteuses, auteurs, compositrices : vanille et Enzo Enzo.
Toutes deux dans le même programme à Sanary, nous ont offert un spectacle intimiste, fait de belles mélodies et de mots simples et beaux.
Vanille est la fille de Julien Clerc qui a suivi les traces de son père avec bonheur. Elle s’est éveillée à la chanson en composant des textes qui racontent les histoires des  gens de tous les jours, les préoccupations des femmes d’aujourd’hui.
Enzo Enzo est celle qui, grâce à une chanson « Juste quelqu’un de bien » a démarré une carrière qui n’a jamais arrêté et elle a suivi son chemin avec douceur, avec tendresse, sans esbroufe, toujours avec cette force tranquille qui est la sienne.
C’est la première fois qu’elles se rencontraient, ça a fait tout de suite « tilt » entre elles et elles nous ont toutes deux offert une soirée faite de jolies ballades et de poésie.
On a eu la joie de rencontrer deux femmes simples, joyeuses, passionnées. Ce fut un grand moment de charme.

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VANILLE : La pêche et l’énergie
Elle est grande, belle, souriante et volubile. Un vrai bonheur que de parler avec elle, chanson ou littérature. Malgré les moustiques, ce fut un vrai moment de plaisir !

« Vanille… Vous avez failli ne pas vous appeler Vanille !
Et malgré tout on m’a toujours appelée Vanille ! Lorsque je suis née et que mon père a voulu déclarer ce prénom, il lui a été refusé. Du coup il est inscrit en second après Elisa ! Mais jamais personne ne m’a appelée ainsi. Plus tard, j’ai pu récupérer mon vrai prénom… Je suis bien Vanille !
Grâce à votre père, vous avez été baignée de musique et puis il y a eu la découverte de la littérature…
C’est arrivé un peu plus tard, vers mes 22/23 ans, lorsque j’ai découvert Françoise Sagan. C’est elle qui m’a donné envie, d’abord de lire puis d’écrire des textes. J’ai ainsi découvert la littérature française, anglaise, russe (pas dans leur langue, je précise !), Tolstoï, Alberto Moravia, Steinbeck… et j’ai commencé à lire tous les classiques. Puis je me suis mise à la littérature contemporaine en découvrant Nicolas Mathieu et d’autres auteurs.
Dans un autre genre, il y a eu Marguerite Duras !
Oui, c’est vrai que c’est plus ardu que Sagan et que je comprends qu’on puisse s’ennuyer mais je crois que toutes deux se rejoignent par la voix, la manière de s’exprimer. Lorsque j’ai lu « Barrage contre le Pacifique », j’ai totalement été habitée par cet aller-retour de la mer à la mère. J’ai eu des sensations extrêmes en  lisant aussi « Les petits chevaux de Taquinia », cette ambiance étouffante, mystérieuse…
Du coup, la lecture devenu une passion ?
Totalement et un entraînement dont je ne me lasse pas. Je suis capable de « m’envoyer » un roman en un seul jet !
Et la chanson alors ?
J’ai commencé à m’entraîner dans mon coin sur ma guitare, à écrire des mots et surtout à rencontrer des gens comme le rappeur Lomepal. Mes textes viennent de ma vie de tous les jours, de mes émotions vécues, de mon ressenti, des faits dont je suis témoin.

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Beaucoup de textes parlent de la femme aussi…
Je vis à Bordeaux avec ma mère et je suis entourée de femmes. Je connais leurs joies, leurs problèmes, j’ai été soutenu par elles, elles me font du bien, je suis devenue naturellement féministe et il y a entre toutes ces femmes qui m’entourent, un naturel, une sororité. Mais, vivant à la campagne, je suis aussi très concernée par l’écologie. C’est un choix que de m’installer au bord de la Dordogne. Je suis entourée de potagers, d’arbres fruitiers, de poules. La manière de consommer est différente qu’à Paris !
Comment composez-vous vos chansons ?
Il y a d’abord la musique. Partout où je vais, il y a ma guitare et je compose souvent, un peu partout. Pour les paroles, c’est différent car c’est un travail de solitaire. Il me faut absolument m’isoler. Mon inspiration me vient de l’humanité sentimentale ! J’ai envie de toucher les gens, être avec eux la plus honnête possible. A la source, il y a un travail d’introspection, sur mes propres failles que j’essaie d’expliquer. Et puis, pour finaliser mes chansons, j’ai besoin d’un endroit.
Comment votre père a-t-il pris le fait que vous vouliez chanter ?
Il a d’abord été très inquiet ! Il a débuté dans les années 68, c’était une période où il y avait beaucoup moins de chanteurs qu’aujourd’hui. Il m’a mise en garde mais il a très vite compris qu’il n’y avait plus rien à faire… sinon que d’accepter ce fait !
Vous avez même chanté en duo avec lui !
Oui, ça s’est passé durant le confinement. Il avait décidé de faire un disque de duos et il m’a proposé d’en faire un. On a choisi « Fais-moi une place », en hommage à ma grand-mère maternelle. De plus j’étais enceinte de mon fils… C’était une histoire de transmission.

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Pourriez-vous composer avec lui ?
Rien n’est impossible mais jusqu’ici ça ne s’est pas fait. Mais j’aime beaucoup co-composer avec d’autres artistes, comparer et mêler nos univers car beaucoup de choses passent par les mots et par les rencontres.
Comme avec Gaël Faye que vous aimez beaucoup ?
Oui c’est vrai, j’adore ce qu’il écrit et j’aimerais travailler avec des gens comme lui. Il suffirait peut-être d’une rencontre car à ce jour ça ne s’est pas fait. Et je ne vais pas spontanément vers ces gens.
Alors, aujourd’hui, heureuse ?
Oui, très heureuse car j’aime ce que je fais. Et vivre de son art, même modestement, c’est une bénédiction ! »

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ENZO ENZO : Juste une femme bien !
Elle est toute menue derrière ses lunettes rondes qui fait penser à une institutrice qu’on aimait bien et avec qui on a envie de faire un bout de chemin.

Question incontournable, Enzo Enzo… Pourquoi ce pseudo ?
Evidemment, je ne peux y couper ! D’abord, je trouve que c’est joli, et puis, je ne me voyais pas chanter avec mon nom (Körin Ternovtzell) difficile à prononcer. Enfin, ce nom englobe tous les gens avec qui je vis, auteurs, compositeurs, musiciens, techniciens. C’est pour leur rendre hommage et leur dire qu’ils sont indispensables à ma vie.
Vous avez démarré avec « Juste quelqu’un de bien » tiré d’une œuvre de Brahms (Le 3ème mouvement de la symphonie N°3)*
C’est vrai mais avant tout, cette chanson faite avec Kent a plu aux gens plus par les paroles que par la musique. C’est un hommage à tous ces gens inconnus, simples, qui ne sont pas des héros mais des gens comme tout le monde. Des gens bien et qui le sont sans tapage. J’avoue qu’au départ c’est le texte que j’ai entendu. Et puis il y a eu ces arrangements un peu jazzy, intimistes, qui ont plus aux gens. Savez-vous que pas tout le monde connaît Brahms et qu’on m’a beaucoup dit que la chanson faisait penser à celle de Montand « A bicyclette ». C’est du même ordre d’intimité. Le public s’est retrouvé dans ces propos et chacun peut s’y voir. D’ailleurs, cette chanson, qui date de 94, traverse le temps. C’est pour cela que je l’ai reprise dans mon dernier album « Eau calme », qui est sorti il y a quelques mois.
Elle vous colle à la peau ?
Oui, c’est vrai, depuis le départ je la chante toujours, elle colle à mon atmosphère musicale, c’est net, sobre, simple, elle a pris plu de profondeur car aujourd’hui je la chante avec la voix d’une femme de 60 ans, qui a vécu des joies et des tempêtes. Dans un climat plus lent, plus latin. Dans un cheminement plus personnel, j’ai appris à mieux me comporter. J’ai aujourd’hui une aptitude à la joie. A force d’avancer, il n’y a plus de temps à perdre. Je me sens plus joyeuse, plus calme, plus sereine.

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Il y a quelque temps, vous avez fait un spectacle musical autour de Marie Nimier. Pourquoi elle ?
Tout d’abord parce qu’on me l’a demandé et que j’ai adoré découvrir à la fois ses chansons et la femme. J’ai pu la rencontrer et si j’aime ce qu’elle écrit, que ce soient ses romans ou ses chansons, d’une manière tellement simple, j’ai pu aussi apprécier la femme formidable qu’elle est. Art Mengo s’est rapproché de moi  puis des gens comme Alain Lantier et Daniel Lavoie avec qui j’ai collaboré.
Ce sont des gens dont je me sens proche, comme Allain Leprest, Romain Didier, Kent..
Kent avec qui vous collaborez toujours ?
Nous nous sommes perdus de vue mais nous retrouvons toujours avec plaisir, comme avec toutes ces personnes que je vous ai citées.
Qu’on retrouve sur « Eau calme »
« Eau calme » est un disque qui m’a donné envie de me poser. C’est un disque enveloppant, doux, rassurant, porté à ce sentiment de sérénité et on y retrouve plusieurs chansons justes portées par ma voix et deux guitares. C’étaient des chansons que je n’avais pas osé enregistrer. Et j’ai sauté le pas. On peut penser que c’est osé ou courageux que d’arriver sur scène avec juste deux guitaristes mais je voulais des textes poétiques porteurs de sens, sans une grande orchestration. Je trouve qu’aujourd’hui on a besoin de choses qui reposent, de choses limpides, logiques.

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Et il se trouve que, que ce soit dans un théâtre ou en plein air, ça marche. Les gens apprécient cette simplicité, cette intimité que l’on a tendance à perdre et qui est propice à l’écoute
L’été, il y a beaucoup de musiques festives, au demeurant très honorables mais ce n’est pas si mal que l’on puisse aussi entendre des musiques propices à être écoutées. Et chaque soir je sens le public captif de ces mots, de ces petites musiques, de cette légèreté, de cette joie qu’ils ont à écouter et pas seulement entendre.
C’est une musique qui rend apte au bonheur ».

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photoscreations.fr
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