Archives pour la catégorie Musique

NOTES de MUSIQUES

CLAUDIO FASOLI
Claudio Fasoli est l’un des plus intéressants saxophonistes du moment, un leader et et un compositeur émérites. L’homme est d’une gentillesse et d’une délicatesse extrêmes.
Le musicien fait preuve d’une grande sensibilité et d’un lyrisme à fleur de peau, très bel canto, pas étonnant car il est italien. Il fut d’ailleurs sacré Musicien de l’Année 2017 par Musica Jazz.
Le compositeur joue de la subtilité des harmonies, des couleurs et de la beauté des mélodies. Il sait s’exprimer avec élégance et sensualité pour traduire les « émotions et les couleurs ». C’est un musicien  minimaliste qui ne joue que l’essentiel, mais avec un enthousiasme, une sensibilité et un dépouillement qui n’excluent pas la véhémence, et qui vous plongent dans une sereine béatitude
Au ténor il peut être rêveur ou fougueux, rageur, et grandiose au soprano quand il part dans un solo puissant, ardent, avec un son droit, vers des aigus diaboliques. On trouve chez lui une pureté de son et un phrasé délié, au service d’une expression toujours émouvante, basée avant tout sur la mélodie.
Il est toujours dans le partage avec ses musiciens, qu’il sait choisir, même et surtout parmi les jeunes générations, car, dit-il,  ça évite de se répéter, de se scléroser. Pas de frime, de la musique avant toute chose.
Que ce soit dans ses disques ou dans ses concerts Claudio Fasoli offre une musique limpide, belle et forte. Il poursuit son chemin créateur, tranquillement et sereinement, hors des modes, pour le bonheur du jazz.
CLAUDIO FASOLI N.Y.4ET -SELFIE
Pour ce « Selfie » Claudio Fasoli s’est entouré de quatre « stars » américaines : Matt Mitchell au piano, Matt Brewer à la basse et Justin Brown à la batterie.
C’est un Fasoli fringant qui apparaît ici, majestueux au ténor et au soprano, avec une sonorité ample et chaude, une puissance qui pourtant laisse au son sa beauté.
Matt Mitchell est un pianiste straight-ahead dans la grande lignée de Bud Powell à Herbie Hancock. Il déploie un jeu très aéré, écouter « Parson’s Green », ou alors avec des notes en grappes, dans « Far », ou encore le très chantant « Legs » ; un feeling qui colle en tout point à celui de Fasoli. Matt Brewer est plus connu chez nous, ayant fait parler sa contrebasse dans pas mal de lieux référencés ; un gros son, sans parasites, des attaques nettes et précises, et le goût de la mélodie, « Différence of Emphasis ». Justin Brown est le batteur attitré du trompettiste Ambrose Akinmusire ; c’est dire qu’on est en plein dans la modernité, mais celle qui connaît encore le jazz. Batteur qui pratique lui aussi le jeu en grappes sonores et sait tenir la dynamique, pousser le swing du Quartet. Un des plus beaux disques de Claudio Fasoli, qui en compte déjà un nombre certain.
Enregistré à Brooklyn le 8 juin 2017 – Durée : 59’ 38’’ – Abeat ABJZ 189

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CLAUDIO FASOLI 4TET – NEXT
Voici le nouvel opus de Claudio Fasoli, cette fois avec des musiciens italiens : Simone Massaron à la guitare électrique, Tito Mangialajo Rantzer à la contrebasse et Stefano Grasso à la batterie. Ce Quartet est une splendeur. On retrouve toutes les qualités de Claudio Fasoli au ténor et au soprano. Les autres sont à la hauteur. Que ce soit à la guitare saturée ou purement électrique, Simone Massaron fait des étincelles hors des sentiers battus, avec le même lyrisme que le leader. On s’en rendra compte sur « XAS ». Le contrebassiste joue avec des notes rondes et claires, il fait chanter l’instrument en solo ; c’est un roc dans l’accompagnement. Le batteur travaille la beauté des sons, on entend la peau vibrer comme une chair de poule. Il atteint parfois une quasi mélodie. Le tout porté par le swing. « Ali » est l’expression d’une grande douleur qui vous prend aux tripes. Et si vous voulez savoir ce qu’est le grand lyrisme au ténor, écoutez « Sad », où l’on rencontre la saudade portugaise.
Voici de nouveau un grand disque de Claudio Fasoli, toujours à la pointe en 2021. Tous les morceaux et arrangements sont de sa plume, brillante et subtile, sans conteste.
Enregistré en Italie en mai 2021 – Abeat ABJZ 234 (contact@abeatrecords.com)
K L E I N – SONDER
« Sonder » est un titre assez mystérieux puisqu’il signifie pas mal de choses dont une prise de conscience et des chemins qui peuvent ou non se croiser. Ce qui donne la couleur de cet album. Le pianiste,  claviériste et compositeur (8 titres sur 9 sont de sa plume) se lance ici dans une aventure électrique en utilisant les « Programming and Sound Design ».
Le disque démarre sur « Catharsis », tout un programme, avec un mélange de rythme boléro et pop. Puis on a des ensembles, des nappes, ou les instruments acoustiques, les voix, se mêlent aux effets des machines, sur des rythmiques  plutôt mécaniques.
Le jazzman Klein refait surface avec bonheur dans le dernier morceau « Sonder », piano, vibraphone, sur rythmique.
Avec ce disque on entre dans des ambiances de sérénades, calmes, mélancoliques, sombres parfois, des nocturnes électriques.
Cristal Records  CR 343 (l’Autre Distribution) – 9 titres – Sortie décembre 2021

Serge Baudot

 

 

 

 

 

 


La Seyne sur Mer – Fort Napoléon

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ART BOP – 1° TRIMESTRE 2022
14 janvier «Duo Virginie Teychene/ Gérard Maurin»

Virginie Teychené – chant – Gérard Maurin – guitare & basse
Virginie est  l’une des meilleures chanteuses de jazz d’aujourd’hui. Un duo grandiose avec Gérard Maurin. Comme on dit, à ne pas manquer.
28 janvier «Ananda»
Rudy Piccinelli – batterie – voix – Romain Thivolle –  guitare –  Nicolas Grassone – contrebasse –  Guquet Calendau Peire Damian – claviers
On connaît le «Sub Jazz Project» de l’excellent batteur Rudy Piccinelli, qui chante aussi d’une façon très personnelle, et qui n’est plus à présenter dans la région.  Une autre facette de ce créateur avec ce nouveau groupe
25 février «Yves Scotto Trio»
Yves Scotto – piano – Christophe Le Van – contrebasse –  Philippe Le Van – batterie
Yves Scotto vient de la classe de Guy Longnon. C’est un lyrique plein d’énergie. Avec la Rolls des rythmiques, fidèle s’il en est d’Art Bop, ça devrait groover au sommet.

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11 mars «OriGinE» Christian Brazier Trio
Christian Brazier – contrebasse – Gérard Murphy – saxophones – Nicolas Aureille – batterie
La fine fleur du jazz qu’on connaît bien dans la région. On se régale de la sensibilité du bassiste, de son phrasé lumineux de ses inventions et de sa sonorité profonde avec des notes rondes qui vous entrent par le ventre, de son phrasé viscéral, qui vient de l’intérieur. Notre franco-irlandais Gérard Murphy, l’un des meilleurs saxes  d’aujourd’hui, avec lui c’est l’art de la chauffe. Ajoutez le batteur qui vient du groupe Africa Express, et c’est le feu dans le fort assuré.
25 mars «Paul Desmond Songbox»
Jean Philippe Sempéré – guitare –  Gérard Murphy – sax alto – Christophe Le Van – contrebasse – Philippe Le Van – batterie
On retrouve les musiciens présents dans le Fort en d’autres concerts de ce trimestre, cette fois sous la houlette de du guitariste JP Sempéré, qui venant du rock s’est fixé en jazz, dans la lignée de Kenny Burrell. Cette fois c’est un hommage à Paul Desmond, le célèbre et excellent sax alto du mythique Dave Brubeck Quartet.

Serge Baudot
Ouverture des ortes à 21h – Xoncert à 21h30
Renseignements : 06 87 71 59 30 – michel.le.gat@orange.fr

 

 

 


NOTES de MUSIQUES

Dalida Leroy

DALIDA : Les belles chansons ne meurent jamais (Orlando)
Surprise : dans le dernier «James Bond», qui entend-t-on ? Dalida !
Incroyable mais vrai et même si ce n’est pas la chanson générique, entendre tout à coup «Dans la ville endormie», ça fait tout drôle ! D’autant qu’il existe la version anglaise que William Sheller avait écrite pour le groupe The Irresistibles «My year is a day». WilliamSheller qui lui avait aussi écrit «Je me repose»
Cette chanson a une petite histoire : William Sheller demande à Claude Lemesle, célèbre parolier, de lui écrire un texte. Ce sera « Dans la ville endormie ». Mais il l’oublie et lorsqu’il la donne aux Irresistible, Dalida entend la chanson, veut l’enregistrer et Orlando demande à Lemesle d’écrire les paroles… qui sont déjà la vraie version de la chanson !
Donc, plaisir et émotion à la fois de voir que plus de 30 ans après sa disparition, elle reste toujours présente.
Du coup, Orlando profite de cette aubaine pour nous offrir un disque avec des chansons magnifiques mais qui ne font pas particulièrement partie des grands titres de l’artiste.
On trouve donc entre autres «L’amour qui venait du froid» que lui écrivit Patrick Juvet et qu’il a lui-même reprise, «Je reviens te chercher» que Bécaud lui offrit pour sa rentrée à l’Olympia après son suicide manqué et qu’il a également reprise. Pour ce même Olympia, c’est Michel Legrand qui lui avait écrit «Une vie» . On retrouve aussi une belle chanson d’Alice Dona et Pascal Sevran «Tables séparées» et puis plein d’autres chansons signées de belles plumes, de Domenico Modugno «Ma vie je la chante», Toto Cotugno « Et la vie continuera», Michaëlle et Lana Sébastian à qui elle devait «Gigi l’amoroso», qui lui ont écrit d’autres belles chansons comme « Et puis c’est toi », «Julien» de Sergio Endrico, «Eux» de Pierre Barough qu’on retrouve dans le film «L’inconnue de Hong Kong», où elle joue auprès de Gainsbourg… On devrait toutes les citer mais il y en a 22 et c’est un plaisir très nostalgique que de retrouver ces magnifiques chansons comme «Je m’endors dans tes bras», «Parlez-moi de lui» qu’a aussi chanté Françoise  Hardy… Bref, un très joli disque pour les fêtes même si la pochette avec une photo trafiquée n’est pas vraiment la Dalida qu’on aime. Mais bon, il y a d’autres «vraies» photos à l’intérieur de l’album qui nous rappellent la «vraie» Dalida !
Nolwenn LEROY : La cavale (Polydor)
Un album très attendu que celui de Nolwenn, comme à chaque fois.
Après de grandes chansons «à voix» et une période on ne peut plus bretonne et celtique, elle a choisi de tourner une nouvelle page avec Benjamin Biolay, qui a écrit nombre de ses nouvelles chansons et réalisé l’album avec Pierre Jaconnelli.
Ouverture en fanfare où, contre toute attente, c’est une chanson signée par Adélaïde Chabannes, « Loin » avec fond musical celtique… On ne se refait pas !
On la retrouve encore avec «La houle», «Abysses».
Tout le reste est du pur Biolay, hormis «La cavale», qu’elle a écrit avec lui.
Évidemment, avec Biolay, on entre plus dans un disque intimiste, son image de marque mais on aurait peut-être aimé un peu moins d’uniformité.
Malgré tout, il y a, c’est un fait, de très belles chansons, dont celle, émouvante car dédiée certainement à son fils «Mon beau corsaire».
«Brésil-Finistère» nous envoie un grand bol d’air, d’aventure et de mers mêlées… On revient toujours à la mer ! Comme avec «La houle», encore écrite par Adelaïde Chabannes.
Les chansons de Biolay ont ceci de particulier que des tas de chanteuses différentes peuvent les chanter, de Vartan à Birkin en passant par Carla Bruni.
En fait, c’est la voix de cristal de Nolwenn qui fait toute la différence et qui en fait de petites perles venues de la mer.
En prime, un poster fort original de la belle endormie.

Nicoletta Lenorman

NICOLETTA : Amour & pianos (Pias-Parce que)
50 ans de carrière. Des succès qui ne se comptent plus et pour fêter l’événement, nôtre Nico nous offre son premier disque piano voix, d’ailleurs intitulé «Amour et pianos» accompagnée de deux beaux pianistes : Johan Dalgaard et Jean-Jacques Genevar. A chaque fois qu’ils attaquent une chanson, c’est un tube et ce sont de beaux souvenirs pour des gens comme moi qui sont de la même génération.
De «Mamy Blue» à «La musique» en passant par «Ma vie c’est un manège», «Il est mort le soleil» sur lequel elle a invité la chanteuse Marina Kaye, «Mon Saint-Germain des Près», accompagnée du trompettiste Erik Truffaz, «La solitude ça n’existe pas» de Bécaud et bien d’autres qui sont dans toutes nos oreilles.
Et surprise, une chanson inédite signée Carla Bruni : «Mon Jésus Christ».
Il y a dans ce disque beaucoup de nostalgie, même si la voix de Nico n’est plus aussi puissante qu’avant et dont on entend quelquefois la fragilité.
Mais ça rend le disque émouvant et la photo de la pochette en noir et blanc est très belle et très classe.
Gérard LENORMAN : Le goût du bonheur (GL prod)
Celui qu’on appelait le petit prince, a mis vingt ans pour revenir sur le devant de la scène.
Après de nombreux tubes, de millions de disques vendus, silence radio.
Puis un CD de duos qui mêlait anciens et nouveaux chanteurs et il n’en fallait pas plus pour qu’il nous revienne. Entretemps, il a beaucoup voyagé, hormis deux années de Covid qui lui ont peut-être donné envie de revenir.
Et ce «Goût du bonheur» à un joli goût de retour, de joie, de plaisir.
11 titres, tous plus beaux les uns que les autres, qu’il a composés avec des amis, là encore anciens et nouveaux qui se mêlent dans une fraternité et des moments de charme, d’émotion, comme cette magnifique chanson signée avec Serge Lama «Ma mère», d’autant plus émouvante que celle-ci ne fut pas toujours une mère aimante.
L’ayant connu au début de ses premières chansons, je sais qu’il a toujours été un écorché vif et qu’il lui a fallu beaucoup de résilience pour sortir du chaos que fut son enfance.
Voilà donc que viennent vers lui Vianney  et Bénabar, Nicolas Peyrac et Claude Lemesle, tous tombés en amour pour cet ado de 76 ans à la voix éraillée mais tellement chargée d’humanité.
Peyrac lui envoie du Québec «Et si seulement c’était vrai», Vianney signe «Regarder s’en aller les choses» et «Changer», Bénabar signe «Le cul entre deux chaises», Lemesle «Baby cool».
De petits morceaux de vie, de sa vie, un peut comme une autobiographie musicale.
On partage ce bonheur avec lui.

Niclo Vassili

Vincent NICLO : 10 ans déjà (Play two)
En France aujourd’hui, nous avons deux jeunes voix sublimes qui sont dans l’actualité de cette fin d’année : Amaury Vassini et Vincent Niclo qui fête déjà dix ans de carrière et le fête par ce triple album qui contient toutes les étapes d’une carrière impressionnante, trois titres inédits et un poster.
Un coffret très riche et l’on est époustouflé par tout ce qu’il a fait, de ses albums variété, à ses titres classiques en passant par l’Orchestre de l’Armée rouge, un disque en Espéranto, des duos magnifiques dont l’un des plus beaux est avec Nathalie Dessay avec qui il a interprété «Les parapluies de Cherbourg», choisi par Michel Legrand in person ! Mais n’oublions pas aussi ceux avec Tony Carreira ou encore Sarah Brightman, Nana Moukouri. Charles Aznavour, Julia Migenes…
Alors qu’il était doublure sur la comédie musicale «Roméo et Juliette», il fut le héros de «Autant en emporte le vent»,  «Tristan et Yseult», «West side story».
De la variété à l’Opéra, il peut se permettre de tout chanter tant sa voix est ample et belle… Et il ne s’en prive pas, tant il aime varier les plaisirs, passant de Piazzola à Puccini, de Luis Mariano à,Verdi, de Serge Lama à Haendel, de Lucio Dalla et son fameux «Caruso» à Musumara, jusqu’à Rouget de Lisle et sa «Marseillaise»…
Un magnifique coffret
Amaury VASSILI : We Love Christmas (E47 records)
Comme chaque années nombre nous avons droit aux chants de Noël. Mais celui que nous offre Amaury  a ceci d’original qu’il puise ses chants dans ceux du monde entier, qu’il les a réorchestrés et qu’il nous offre trois duos formidables : Le premier avec Jean-Baptiste Guégan «Silent Night» où leurs deux voix puissantes s’harmonisent merveilleusement. Johnny aurait aimé !
Et puis voilà qu’il nous offre «Have Yourself a merry little Christmas» cette chanson devenue célèbre par Judy Garland puis plus tard, par Sinatra, avec encore une voix incroyable, celle de Roberto Alagna, sur la rythmique de «Boléro» de Ravel. Troisième duo avec une chanteuse peu connue  mais à la voix superbe : Nouheila Capron. Et c’est «Happy X-mas (war is over) plus connue sous la version française d’Hugues Aufray «Stweball».
Après quoi Amaury nous entraîne sur une version originale de l’éternel et increvable succès de Tino Rossi «Petit Papa Noël» auquel il donne un joli coup de jeune. On retrouve l’Amérique à travers «Let is snow» de Sinatra, «Last Christmas» de Georges Michaël (que Dalida chanta sous le titre «Reviens-moi) ou encore « All I want for Christmas is you», le tube de Mariah Carey, chanté aussi en duo avec Elton John et Ed Sheridan. «O Christmas Tree» (Mon beau sapin) que chanta Aretha Franklin devient une très jolie ballade country.  Un brin de rythme jazzy-comédie musicale avec «Jingle bells» et enfin passé la neige de Noël, on se retrouve côté Caraïbes avec « Feliz Navidad» de José Feliciano.
Des classiques, des moins classiques mais tous revus et corrigés par notre ténor à la voix d’or. Voilà un disque qui sort des compils de Noël habituelle.
A noter que vous pourrez retrouver Amaury Vassili le 21 décembre, salle Gérard Philippe à la Garde

Mitchell Vartan

Eddy MITCHELL : Country rock (Polydor)
L’idole des sixties est aujourd’hui devenue un beau patriarche barbu, peut-être plus beau qu’à 18 ans lors de ses débuts.
Mais la voix est toujours identiquement la même.
Avec le temps, le rocker s’est assagi et c’est pour cela que le titre de ce nouvel album «Country rock» annonce la couleur car plus country et bluesy que rock n’roll.
Nombre de ses chansons, qu’il signe comme toujours avec son complice Pierre Papadiamandis, sont plutôt de la veine de «Couleur menthe à l’eau» ou de «La dernière séance».
Ouverture de l’album avec hommage à son ami de toujours, Johnny, avec qui il a débuté et fait la dernière tournée de ce dernier avec Dutronc, la fameuse tournée des Vieilles Canailles. «Un petit peu d’amour» est plein de nostalgie et d’amitié.
Tout comme Sylvie, il y a beaucoup de nostalgie dans ce disque, ce qui n’empêche qu’il y a quelques tempos plus rock comme «Garde tes nerfs» et surtout «C’est la vie, fais la belle», le tube de Chuck Berry «You never can tell» que nombre d’artistes ont repris et même Tarantino dans «Pulp Fiction»
Une très émouvante chanson «Droite dans ses bottes» qui raconte la vie d’une adolescente qui a été violée et qui reste debout malgré tout.
C’est un disque de crooner pour une voix de rocker.
Même s’il termine en feu d’artifice avec… un charleston endiablé : «Ne parle pas de moi» !
Sylvie VARTAN : Merci pour le regard (Sony)
Sylvie Vartan revient avec un album de 14 chansons, on ne peut plus intimistes, nostalgiques, et surtout on ne peut plus personnelles.
On est loin de la Sylvie étincelante de paillettes et de strass et de robes somptueuses, loin de ces shows monumentaux qu’elle nous a offert tout au long d’une carrière incroyable.
Tout comme nous, elle a mûri et elle commence à se remémorer des instants de vie, heureux ou moins heureux. Les au-revoir, les séparations, les souvenirs reviennent et autour d’elle des auteurs, des compositeurs qu’elle aime, qui l’aiment, ça se sent et qui, tel de géniaux couturiers, lui ont cousu des chansons au petit point. Et hormis Dave et Patrick Loiseau qui signent «Ma tendre enfance», à mon avis la plus émouvante, en hommage à ses parents, un duo devenu habituel chez Sylvie, Eric Chemouny et Michel Amsallem qui signent «On s’aime encore mais autrement», «ce jour-là» et «Dernière danse», elle s’est entourée de «petits nouveaux» qui l’ont cernée et lui ont offert des chansons qui s’adaptent à elle comme une seconde peau : «Le bleu de la mer noire» de Clarika, «A deux pas de vous» signée Clara Luciani, «Du côté de ma peine» que lui a offert la Grande Sophie, Elisa Point qui lui a écrit , avec Léonard Lasry «Avec tous ces ne me quitte pas», «Merci pour le regard» qui donne le titre à l’album, «J’emporterai»… Beaucoup de femmes qui ont compris ses joies, ses tristesses, ses failles, ses états d’âme…
Un très beau disque  tout en demi-teinte et loin de ce que Sylvie jusqu’ici nous a donné à écouter.
Mais comme elle le chante pour clore cet opus «Tout reste à dire» (Léonard Lasry) et à chanter certainement.



Notes de Musiques

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Renaud CAPUCON : Un violon à Paris (Erato)
L’on se souvient du magnifique concert que Renaud Capuçon nous a offert l’été dernier à la Maison du Cygne de Six-Fours.
Nous sortions alors du confinement, l’artiste était heureux de retrouver son public et nous annonçait un nouveau disque… Sans plus.
Ce nouveau disque le voici, superbe double album conçu durant le confinement avec son complice Guillaume Bellom et enregistré dans la foulée.
A heure fixe, durant 56 jours, comme un rituel, les deux musiciens se retrouvaient pour travailler de petites pièces qu’ils offraient sur les réseaux sociaux et qui, au fil des semaines, ont constitué de quoi proposer aujourd’hui ce double album.
Album original, dont on avait eu quelques passages lors de sa venue à Six-Fours et constitué d’œuvres diverses et variées, allant de Haendel à Morricone, de Debussy à Chaplin, de Brahms à Grapelli, d’Elgar à Tchaïkovsky et encore bien d’autres ? En tout 22 pièces où le violon de Capuçon répond avec finesse et dogté au piano de Bellom.
C’est un CD pour tous, mélomanes et néophytes, qui nous offre la joie de la découverte de ces morceaux connus ou inconnus  qu’on ne cesse d’écouter.
Jacques Brachet
VICENTE e MARIANNA (Pan Piper)
De Paris à Salvador Vincent Muller et Marianne Feder nous font voyager par le truchement des rythmes sud américains, essentiellement brésiliens
Un beau sens du rythme, une parfaite diction, la note tenue, la mise en place, voilà pour les qualités de base.
Marianne Feder est chanteuse, autrice compositrice, chef de chœur pour la Philarmonie de Paris. Ici elle joue aussi des claviers, du sax, et se sert de la beatbox et de diverses machines Elle a enregistré avec Daniel Yvinek, Romane, et quelques autres, elle a participé au Festival Banlieues Bleues.
Vincent Muller est chanteur et multi instrumentiste : guitare, cavaquinho, basse, percussions. Il s’est produit au sein de plusieurs batucadas. Lui aussi a participé à  quelques festivals, notamment avec Marianne.
Les deux chanteurs s’expriment sobrement, avec décontraction et beaucoup de charme, en restant dans le médium des voix, si bien qu’on se laisse envoûter. Marianne possède une voix un peu acidulée qui vibre adorablement dans l’aigu, l’écouter sur « Absinthe absence ». Vincent possède, lui, une voix chaude, caressante ; l’écouter sur « Les bras de Poséidon ». Les deux voix associées fonctionnent comme un instrument, séparément elles sont en contrastes séduisants. Un bel exemple avec « Un amour d’hiver », qui fait penser au « Jardin d’hiver », chanté par le regretté Henri Salvador.
Un morceau bienvenu, qui décale, non chanté, un poème dit à deux voix, « L’attente », accompagné par la seule rythmique.
Les morceaux sont chantés en français, sauf « O xote do peixe e da borboleta » en bilingue français-portugais. A noter que le livret donne les paroles des chansons.
Un disque charmeur, réjouissant, solaire, qui entraîne au rêve.

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Yves CARINI : The Way You Are (Yesansa)
On présente partout Yves Carini comme un crooner. Je veux bien mais c’est n’avoir jamais entendu Frank Sinatra, Nat King Cole, Dean Martin, Leonard Cohen ou chez nous Sacha Distel, Yves Montand, par exemple. Les crooners ont en général une voix de baryton, profonde et chaude. Or Yves Carini possède une voix placée du côté ténor, voire ténor léger.
Yves Carini n’est pas un débutant puisqu’il a sorti son premier album en 2005, celui-ci est le troisième. Il a participé à des festivals, chanté avec nombres de musiciens. La mise en place est impeccable, les arrangements sont faits pour lui, pourtant je suis loin d’être convaincu. Je lis des tas de louanges, de références et d’influences grandioses sous la plume de nombreux chroniqueurs, loués soient-ils !
Yves Carini s’attaque à des thèmes éternels (9 sur 11 titres) comme l’ « Hymne à l’amour », interprété hélas d’une façon assez mièvre. Et d’autres avec plus de réussite. Pour moi les moins intéressants sont ceux avec grand orchestre. Je le trouve bien meilleur en tempo rapide sur les thèmes en compagnie d’un petit ensemble qui groove parfaitement, par exemple « Sous les mains d’Elsa ». Une belle réussite avec « Les mots bleus », qu’il chante d’une façon très proche de celle de Christophe.
Le chanteur a des qualités indéniables, mais de là à crier au chef d’œuvre.
David LINX : Be my Guest – The Duos Project
J’écoute le chanteur (et aussi pianiste) belgo-parisien, David Linx, depuis ses débuts dès les années 90. Lors de ses premiers concerts sa façon sinusoïdale de chanter la mélodie en se baladant sur une grande tessiture, le plus souvent vers l’aigu m’agaçait assez. Mais j’avais déjà le sentiment d’entendre quelque chose de nouveau. Puis le temps passant, les concerts et les disques se succédant, la voix a muri, prit du grave, du grain, s’est assagie, et on peut dire que David Linx a inventé une nouvelle et belle façon de chanter le jazz, avec une voix puissante, sans vibrato, à l’image du son de trompette de l’une de ses idoles, Miles Davis
D’abord batteur, élève de Kenny Clarke, il passe au chant en 1988. Il connaît ses premiers succès à la fin des années 90 en duo avec le pianiste Diderik Wissels. S’y ajoutera parfois un autre fidèle, le batteur Christophe Walemme, avec lesquels il continue à chanter. Puis il parcourt le monde en chantant avec les plus grands.
Le revoici pour une série de 15 duos, avec à chaque fois un invité différent, le duo étant une de ses formations favorites.
Il serait trop long de présenter chaque duo, et pourtant ils le mériteraient tant ils sont denses et différents chacun, montrant toutes les facettes de David Linx.J’en sélectionnerai quelques-uns qui me semblent mettre en avant la diversité de l’art du chant du jazzman. Un des thèmes les plus joués, marqué par les plus grands jazzmen de l’histoire, « ‘Round Midnight », en faire une approche nouvelle ? Mission impossible, et pourtant notre chanteur y réussit en beauté avec la complicité expressive du pianiste Tigran Hamasyan. C’est le modèle du chant linxien. Longues tenues filées, arabesques sur une grande tessiture, éclats subits, émotion retenue. « Vanguard » avec le pianiste Ran Blake, minimaliste ici, avec des accords très personnels, des petites phrases, en contraste avec le chant. « Emportez-moi », le poème d’Henry Michaux, derrière lequel le guitariste Marc Ducret peaufine un contrechant à la guitare saturée. « Letter to Trevor » qui débute le disque, un texte de James Baldwin, dit par son neveu Trevor Baldwin, enluminé par la voix de David Linx. « Tonight you belong to me » avec le banjoïste chanteur Rani Weatherby, ambiance country avec un scat (rare chez lui) de David Linx. « The Bystander Effect » avec Diderick Wissels au piano et aux effets, un rap complètement déjanté. « Pagina de dor », chanté en portugais, accompagné par Hamilton de Holanda à la guitare portugaise. Un véritable fado qui dégage une grande émotion avec son parfum de saudade.
Ce disque est peut-être l’œuvre majeure de David Linx ; en tout cas une des grandes voix d’aujourd’hui.

Serge Baudot

 

Cristal Records CR 345 – « The Duos Project » sorti en novembre 2021.

 

 

Serge Baudot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yves CARINI : The Way You Are (Enregistré en France et USA en 2021 – Yesansa 171746)
On présente partout Yves Carini comme un crooner. Je veux bien mais c’est n’avoir jamais entendu Frank Sinatra, Nat King Cole, Dean Martin, Leonard Cohen ou chez nous Sacha Distel, Yves Montand, par exemple. Les crooners ont en général une voix de baryton, profonde et chaude. Or Yves Carini possède une voix placée du côté ténor, voire ténor léger.
Yves Carini n’est pas un débutant puisqu’il a sorti son premier album en 2005, celui-ci est le troisième. Il a participé à des festivals, chanté avec nombres de musiciens. La mise en place est impeccable, les arrangements sont faits pour lui, pourtant je suis loin d’être convaincu. Je lis des tas de louanges, de références et d’influences grandioses sous la plume de nombreux chroniqueurs, loués soient-ils !
Yves Carini s’attaque à des thèmes éternels (9 sur 11 titres) comme l’ « Hymne à l’amour », interprété hélas d’une façon assez mièvre. Et d’autres avec plus de réussite. Pour moi les moins intéressants sont ceux avec grand orchestre. Je le trouve bien meilleur en tempo rapide sur les thèmes en compagnie d’un petit ensemble qui groove parfaitement, par exemple « Sous les mains d’Elsa ». Une belle réussite avec « Les mots bleus », qu’il chante d’une façon très proche de celle de Christophe.
Le chanteur a des qualités indéniables, mais de là à crier au chef d’œuvre

 

 


NOTES de MUSIQUE

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RODOLPHE LAURETTA – KREOLIA
Rodolphe Lauretta, de parents guyano-antillais, est un jeune saxophoniste bien dans la lignée de certains jazzmen d’aujourd’hui qui puisent dans différentes cultures musicales pour faire leur cuisine, sans échapper aux modes. Pour son deuxième opus il a fait appel à quelques invités de sa sphère. La chanteuse Geneviève Artadi qui s’exprime gentiment sur « Anticipation ». Une autre chanteuse, Ruppert Pupkin,  qui s’exprime elle aussi gentiment sur une rythmique intéressante. On a droit à un rappeur, Med, mode oblige, sur « Brazilian Truth ». Un autre chanteur, Dwight Trible,  apparaît sur « We all are one ». La plupart des thèmes écrits par le leader lui-même (sauf « Haïti » d’Alain Jean-Marie) reposent sur des arrangements de cuivres à l’unisson, qui échauffent les morceaux. Les rythmiques son assez mécaniques. A noter de bons solos du trompettiste Olivier Laisnay et du ténor Rodolphe Lauretta. Ajoutons qu’il fut l’invité de quelques grands festivals dont Jazz à Vienne, Jazz in Marciac, Jazz sous les Pommiers, Martinique Jazz Festival…
KREOLIA – 11 titres – Cristal Records CR 344 (l’AUTRE distribution)

TIM CHESLEY – THE LAST BLUE SKY
Tim Chesley est un auteur compositeur, interprète, guitariste franco-américain. Il apprend le solfège dès l’âge de 6 ans, à 15 il fonde Macbeth, un groupe de métal, puis ce sera Aloxe. Premier album solo en 2006, année où il est sur la scène australienne. En 2018 il signe chez Cristal Records, et voici en 2021 son premier CD avec ce label.
Une voix virile, bien timbrée, souple, qui reste dans le médium, avec du charme. A la guitare il fait preuve d’un jeu sobre, sans effets inutiles, accompagnement en accords, arrangements simples, belles lignes mélodiques, un peu toutes semblables. Il joue aussi de la basse et des claviers. Il est bien entouré par Julien Vonarb (g, clav, effets), Aurélien Ouzoulias (dm, perc), Céline Radlo (voc), Eva P de la Chapelle (voc sur Dreamers).
Voilà un musicien qui fait revivre le slow,« When Love Will Reign », qui n’est pas sans évoquer les Platters, ou encore « Dreamers ».
Un disque agréable, d’une atmosphère automnale, parfait pour la saison.
The Last Blue Sky – 5 titres – Revolver Records (www.timchesley.com)

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ARWAH HURRA – SARAB
On nous dit qu’en arabe Arwah Hurra signifie âmes libres et Sarab mirage. Est-ce à dire que les âmes libres sont des mirages. Non, on est bien sur terre, avec une musique totalement libre, jouée et créée par les fondateurs du groupe, la chanteuse et musicienne franco-syrienne Climène Zarkan et le guitariste Baptiste Ferrandis.  Pour ce nouvel opus ils ont étoffé « Sarab » en ajoutant 4 musiciens : Thibault Gomez (piano Fender Rhodes, voix) Robinson Khoury (trombone, voix) Timothée Robert (basse électrique) et Paul Berne (batterie), plus quelques invités sur quelques thèmes ;  tous musiciens venus d’univers divers.
Climène Zarkan possède une voix de soprano pleine de charme, de tendresse et chargée d’émotion, avec quelques fois des inflexions qu’on trouve dans les voix des Balkans. Qu’on l’écoute sur « Yally shaghalt al bal » qui démarre sur une prenante plainte orientale et qui se termine en rock oriental. Les arrangements sont souvent dans l’esprit des arrangements à l’unisson des violons dans la musique égyptienne, par exemple, créant ainsi des sonorités nouvelles. A noter un excellent tromboniste, Robinson Khoury, très jazz, dans le style de Gary Valente, et qui est pour beaucoup  dans le réussite de nombreux morceaux.
« Nanuh Haraq » débute en français nous disant que le mot étranger est un verbe ; un morceau étrange avec un beau passage de Climène, puis c’est un rock très en colère.  « Ma bahwa had » est une sorte de rap très enlevé, entrecoupé  d’unissons de tout le groupe, et ça chauffe. Le morceau éponyme qui termine le disque démarre rubato piano-voix, suit un long solo guitare saturée, on revient voix et groupe pour finir sur un beau solo de trombone. Une fin en beauté pour ce disque, qui marie savamment diverses atmosphères pour donner un coup de neuf à la musique orientale.
L’Autre Distribution – 12 titres enregistrés à Bruxelles.

OCTANTRION II
Octantrion est un groupe de néo folk avec pour bagage musical des musiques de Scandinavie et d’Islande. Voici son deuxième disque après Octantrion I en 2014.
Le groupe se compose de Eléonore Billy et Gaëlic Chambrier à la voix et aux différentes harpes et autres instruments. Ils se sont étoffés en invitant 6 musiciens
Blandine Champion (basse), Cécile Corbel (harpe celtique), Julien Lahaye (tombak), Xavier Milhou (contrebasse), Eric Pariche (voc) et Christophe Piot (batterie), qui tous chantent en solo ou dans les chœurs.
Par le choix des instruments anciens, des mélodies, des légendes nordiques, et des éléments atmosphériques comme inspiration, on entre dans un univers dépaysant et très prenant. A rebours de l’utilisation du folklore celtique tel que l’a fait, par exemple Alan Stivell qui joue la carte pop-rock, on reste près des traditions avec cependant un traitement rythmique souvent assez pop-rock, et des ensembles qui sonnent country, ou irlandais.  Mais toutes ces musiques ont des points de rencontre. On pourrait parler de country nordique.
Les arrangements sont denses et servent excellemment la mélodie, brisant souvent le côté répétitif des airs. Il y a de la profondeur et du charme dans tous les morceaux. Peu importe les intentions premières, la musique est là. Et puis quelle belle occasion d’écouter toutes ces harpes merveilleuses et cristallines qui vous emporteront au pays d’Odin et de ses corbeaux.
Octantrion II  – (15 titres) – Quart de Lune – UVM distribution/IDOL

Serge Baudot

 

 

 

 

 

 

 



La Seyne sur Mer – Fort Napoléon
Art Bop – 12 novembre 2021

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Deuxième concert de la saison pour la reprise d’Art Bop sous le label « Jazz sur la Ville » avec 10 concerts à venir jusqu’en mai 2022. Pour ce 12 novembre c’est un « Tribute to Steve Swallow » qui est l’un des plus grands bassistes de l’histoire du jazz. Il fait chanter la contrebasse, qu’elle soit acoustique ou électrique. On sait qu’il fut le mari de Carla Bley dont il partagea l’aventure musicale des années 70, et qu’il a joué avec les plus grands dont Stan Getz, Gary Burton, Mick Goodrick, Jimmy Giuffre…. Il fit partie de notre « ONJ » (orchestre National de Jazz) en 1988 et du « Transatlantik Quartet » d’Henri Texier. Qui mieux que Jean-Marie Carniel, qui lui aussi fait chanter la contrebasse, pour rendre hommage à ce Bass Hero.

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Jean Marie Carniel sera accompagné de l’un des piliers d’Art Bop, José Caparros toujours aussi fougueux à la trompette, Luc Fénoli à la guitare et Jérôme Achat à la batterie.
Pour le prochain concert le 26 novembre ce sera le Christophe Dal Sasso Quartet avec Fred Pasqua à la batterie, Manuel Marches à la contrebasse et Vincent Lafont au piano.
Christophe Dal Sasso est considéré comme l’un des meilleurs compositeurs et arrangeurs de jazz d’aujourd’hui. C’est aussi un brillant chef d’orchestre et un excellent multi instrumentiste. Là, il jouera de diverses flûtes. On l’a vu à ses débuts au Fort Napoléon à la tête de son « Grand 8 ». Il est également le fondateur du Festival de Jazz de La Londes les Maures. Certainement, comme on dit, un concert à ne pas manquer.

Serge Baudot
Renseignements :
Vendredi 12 novembre 2021 : ouverture des portes à 21h, concert à 21h30
Tel : 06 87 71 59 30 – michel.legat@orange.fr



NOTES de MUSIQUES

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Philippe Crettien Nonet – The North African Suite  – www.philippecrettienmusic.com
Philippe Crettien est né dans le Sud de la France. Il a surtout vécu en Afrique du Nord, en Angleterre, et aux Etats-Unis. Dès son plus jeune âge il a écouté des styles et des genres de musiques différents, ses parents étant mélomanes. Il a étudié le piano puis s’est concentré sur le saxophone alto pendant la période de ses études au Lycée Français de Londres. Suite à la découverte de John Coltrane, Wayne Shorter et Sonny Rollins il abandonne le saxophone alto pour le saxophone ténor.
Après une année en Musicologie à la Sorbonne et au C.I. M de Paris il étudie au Berklee College of Music et au New England Conservatory à Boston. Il obtient le diplôme BA du Berklee College of Music. Pour son premier contrat professionnel il est avec le Chanteur de Blues Mr. Jelly Belly.
Il fut l’un des protagonistes du succès des premiers festivals « Jazz is Toulon » dont il fut Directeur Artistique et Directeur des Ateliers du Festival de 1991 à 2000, ayant amené avec lui les Bostoniens avec lesquels il travaille et enregistre : Bill Lowe, John Medeski, Andy Jaffe, Mario Pavone, Bob Gullotti, Rick Pekham, et Dave Zinno. Philippe Crettien vit aux Etats-Unis où en plus de ses activités de musicien il est Directeur des orchestres de jazz et Directeur du Département Jazz du Conservatoire de Musique de la Rivers School à Weston (Massachussetts).
Au départ Philippe Crettien jouait du sax ténor avec un gros son et un engagement rentre-dedans, influencé par Coleman Hawkins entre autres. Depuis il n’a cessé d’évoluer pour arriver à cette maturité qui l’a vu s’engager sur les pas de Wayne Shorter et surtout de Warne Marsh, en gardant une sonorité ronde, puissante mais avec quelque chose de fragile, et parfois un son plus râpeux, plus angulaire. Une belle évolution dans l’écriture aussi, avec des arrangements soignés et personnels
Pour ce nouveau disque Philippe Crettien retrouve ses impressions d’adolescent en Afrique du Nord : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie. Les parfums des marchés. Il dit qu’il a composé les 7 morceaux de ce disque en hommage à ces beaux paysages, à ces peuples chaleureux, et à leur riche culture. Pour ce faire il joue du ténor, du soprano ou encore de l’alto, et s’est entouré de Felipe Salles (fl), Tony d’Aveni (tp, flh), Clayton De Walt (tb), Bill Lowe (btb, tba), Patrick Mottaz (g), Géraldine Bergonzi (p), Sean Farias (b, eb), Mike Connors (dm).
D’emblée, sur « Marrakesh » on retrouve toutes les qualités du ténor, et le disque démarre fort avec une introduction très coltranienne, puis une promenade avec les solos de ténor, chaleureux ; trompette très fluide ; et trombone qui arrache.
Les arrangements sont remarquables, on y sent les influences bien digérées de Gil Evans et de Gunther Schüller (celui du Nonet de Miles Davis en 1949). Le Nonet de Crettien sonne comme un seul musicien. Mise en place, distribution des solos, tout est bien huilée avec une rythmique qui tourne à merveille. Les solos sont parfois enveloppés dans de subtils voicings, ou ponctués de petits riffs, ou tout simplement reposant sur la rythmique. De la belle ouvrage !
On se fera une idée de tout cela par exemple dans « Tipaza » particulièrement inspiré sur tempo lent, un gros son, des notes bien rondes de la contrebasse, un long solo tendre, émouvant et expressif au soprano par Philippe Crettien, suivi dans la même atmosphère par le trombone de Bill Lowe. « Blues for Valentin » s’appuie sur des réminiscences Bop, Quintettes Parker ou Gillespie, puis le cool vient s’y mélanger, on a affaire à un savant mélange de ces deux moments du jazz, à noter le solo de guitare. Un curieux morceau « Mistral » qui démarre sur un rythme de marche (rappelons qu’à ses débuts à la Nouvelle Orléans, les marches constituaient un des fonds du jazz ; retour aux racines), puis on quitte la marche pour la retrouver à la fin. La mélodie pas loin de celles de Henry Mencini (La Panthère rose), à noter un beau solo à la trompette bouchée (sourdine Harmon).
La tournure des arrangements fait que le disque est réellement construit comme une suite, avec toujours le souci de la mélodie. N’hésitez pas à faire et refaire la Promenade.

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M.O.M – Louis Moutin – Jowee Omicil – François Moutin
Laborie Jazz LJ59 ) (Socadisc-Idol) – 12 titres – 55’ 28’’
Les frères Moutin sont jumeaux, tous deux autodidactes, élévés dans une famille d’amateurs de jazz qui possèdent une belle discothèque de Jelly Roll Morton à Duke Ellington.
François se met à la guitare à l’âge de 5 ans, à onze il travaille le piano et l’harmonie, à quinze la guitare basse et enfin la contrebasse. Après un diplôme d’ingénieur il choisit de devenir musicien en 1985. Il est tout de suite reconnu par le milieu et intègre l’ONJ (Orchestre National de Jazz) en 1988. En 1995 il s’installe à New York où il joue avec la crème du jazz américain.
Louis joue du piano dès l’âge de 7 ans, mais à 20 il se met à la batterie qui sera son instrument. Lui aussi va jouer avec la crème du jazz.
Les deux frères créent le Moutin réunion Quartet en 1998 avec lequel ils vont publier 5 albums, donner 450 concerts dont 22 tournées aux Etats Unis. En 2013 ils créent un nouveau groupe, le Moutin factory Quintet avec lequel déjà 3 disques et plus de 120 concerts.
Jowee Omicil est un souffleur et poly-instrumentiste, d’origine haïtienne, né à Montréal et désormais basé à Paris. Il a travaillé dans le passé avec des artistes tels que Tony Allen, Jacob Desvarieux, Roy Hargrove, Michel Martelly et Francisco Mela. Pour ce disque il joue de la clarinette et des saxophones. Pour son dernier disque « Love Matters » Laborie Jazz lui prête tant d’influences dans lesquelles on va du gospel à Monk, Miles, en passant par le funk, les chansons des îles ou d’Afrique, sans oublier Bach et Mozart, qu’en en reste confondu.
Dès les premières notes : le choc ! On connaît les grandes qualités des Frères Moutin, mais pas celles de Jowee Omicil, qui est pour moi une découverte, et quelle découverte. Ce gars là renvoie beaucoup de saxes à leur jazz. Il a tout : La maîtrise totale sur toute la tessiture, la puissance, la chaleur, le son ample, avec du grain, qui sait aussi se faire tendre, le lyrisme, l’expression, le sens de la mélodie, de l’harmonie, et le swing. Que demander de plus. Il joue un seul morceau à la clarinette «Caresse » qui fort judicieusement est une caresse avec un joli son très boisé, morceau bâti sur de petits motifs qui se répètent entre les trois instruments. De la dentelle.
François est toujours aussi lumineux à la contrebasse, et Louis un orfèvre de la batterie.
Tous les morceaux, écrits chacun par l’un ou l’autre des musiciens, sont à citer. Je privilégierai pour l’exemple « Fly with the wind » qui démarre assez déstructuré pour se restructurer et chauffer sur des phrases courtes entrecoupées de notes tenues du sax, ce qui rend le chant très vivant. Ou « Ballade à deux notes » sur tempo lent, morceau très sensible et expressif. Et puis « Cosmic dance » où Jowee Omicil fait des étincelles dans la grande tradition des saxes hurleurs de la grande époque, se baladant du grave au suraigu avec une facilité rare. Et ça swingue ! Un autre morceau qui décale un peu « Soixante-neuf » pris sur un rythme funky par la batterie, une belle mélodie, un solo de contrebasse hors des sentiers battus, et un sacré beau feeling de la part du trio.
Dans ce disque ce n’est pas une rythmique qui accompagne un soliste mais une conception globale de l’œuvre jouée en contrepoints par les trois instruments, avec aussi des envolées du sax.
Un grand disque.

The Volunteered Slaves – SpaceShipOne – Day After Music (dist : kuroneko) –
Disque enregistré de mars à septembre 2021 à Sarzeau – 11 titres –  Durée : 64’
Ces Volunteered Slaves, nommés ainsi à leur fondation à Jazz in Marcillac en 2002 en hommage à la « « Volunteered Slavery » de Roland Kirk (et Il y a du Kirk, et aussi du Coltrane dans le saxophone de Temime) s’expriment dans un creuset où se fondent l’ouverture du jazz fusion, la transe coltranienne, l’impact du rock, le feeling du funk, la force du hard bop, et la charge de l’électro, qui domine le disque: le tout dans un partage généreux et un plaisir de jouer ensemble, de s’éclater, qui vous emporte. Quand la musique est vraie, forte, expressive, belle, alors tous les clivages s’abolissent dans la communion du plaisir partagé.
Ces Volunteered Slaves réussissent ce que beaucoup essaient et ratent, le mélange des styles, des cultures dans le creuset jazz, car ils sont d’authentiques jazzmen. Ils ont d’abord beaucoup joué live avant d’enregistrer. Ils sont maintenant à la tête d’une dizaine de disques. Le groupe a un peu changé de personnel, mais l’influx, la chauffe, le délire, l’expression body and soul y sont toujours présents.
J’ai connu Olivier Temime à ses débuts à Toulon ; il m’avait déjà impressionné par ses immenses qualités, qu’il n’a cessé de développer. C’est un fou passionné de ténor. Je l’ai revu au Festival de Saint Louis du Sénégal en 1997, encore meilleur ; il allait jouer toutes les nuits dans les bars du coin. Insatiable ce mec ! Je l’ai revu encore à Jazz à Toulon en 2012 ; il accompagnait une chanteuse, heureusement qu’il était là.
Autour de lui le pianiste Emmanuel Duprey, l’organiste Emmanuel Bex (Django d’or/Victoires du jazz) – tous deux à différents claviers – le batteur Julien Charlet, et le bassiste Akim Bournane. Du beau monde s’il en est. Tous ont joué avec la crème du jazz en France et d’ailleurs. Les claviéristes manient les sons comme Jupiter la foudre.
Ça tourne, ça chauffe, ça déménage (Ursa Major)  mais ça plane aussi (Ballade pour Laïka) ;  en route pour l’espace avec ce SpaceShipOne. C’est dire qu’on décolle, et pourtant on reste fixé au sol par la rythmique béton.
N’hésitez pas à prendre place dans ce vaisseau spatial : transes et vertiges garantis pure  musique sur les 11 thèmes composés chacun par des musiciens du groupe

Serge Baudot

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La chronique de Serge Baudot

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Eric Séva – Triple Roots – Résonnances (Laborie-Socadisc)
Eric Séva est un saxophoniste et un compositeur reconnu dans les domaines du jazz et autres musiques.
En 1990 il fonde le groupe « Yes Yes Yes » avant de rejoindre en 1995 le quintette de Didier Lockwood. Fort de cette reconnaissance il va parcourir les scènes et les studios pendant une quinzaine d’années, enregistrant une centaine de disques avec entre autres pour le jazz Chris Réa, Franck Tortiller, Eric Longworth, Sylvain Luc. Il fera partie de l’ONJ (Orchestre National de Jaz De 2005 à 2008).
Musicien éclectique il collabore également avec de nombreux artistes de variété, comme par exemple Henri Salvador, Jean-Michel Jarre, Michel Sardou, Les Rita Mitsouko, Maxime Le Forestier, Sanseverino, Thomas Fersen, Dick Annegarn…
Son disque Nomade Sonore a été Disque choc de l’année 2015  pour Jazz Magazine.Mother of Pearl a été noté « 4 étoiles » par le même Jazz Magazine et a reçu le « Choc » de Classica, la mention « indispensable » et Paris Move pour Jazz News
Eric Séva s’est produit en concert dans de nombreux festivals en France et à l’étranger.
Voilà qu’il vient de sortir « Résonnances » chez Laborie Jazz avec son nouveau trio composé de Kevin Reveyrand (b) et Jean-Luc Di Fraya (dm).
Musicien éclectique lui aussi, Kevin Reveyrand promène sa basse électrique et sa contrebasse depuis plus de 20 ans pour accompagner aussi bien des jazzmen (Billy Cobham, Olivier Ker Ourio, Mike Stern, Nguyen Lê) que des chanteurs (Paul personne, Patrick Bruel, Patricia Kaas)
Jean-Luc Di Fraya est un cas à part. Il est non seulement batteur, percussionniste, compositeur, mais aussi  chanteur de jazz, haute contre en musique religieuse. Il a reçu une formation solide auprès du conservatoire de batterie Giacontino, du C.N.R. Marseille Classique, de l’I.M.F.P. il est sorti Premier prix du C.N.R. Marseille Jazz promotion 98. Il est également, créateur de spectacles de rue (Compagnie Shaan), à l’origine en 2002 de « l’Odyssée de la Cannebière ». Il est musicien permanent de la Compagnie Nine Spirit de Raphaël Imbert à Marseille. Il serait trop long d’énumérer toutes ses participations et créations. Que ce soit à la batterie ou au chant c’est un musicien qui « chauffe » un groupe comme personne.
Voici donc ce nouveau disque aux triples racines (Triple Roots), un trio acoustique donc, sur des thèmes du leader, sauf « Reason And Heart » du bassiste.
Disons le d’emblée, c’est un disque magnifique, du beau, du grand jazz dans toute sa pureté, son dépouillement. Des belles et somptueuse mélodies, tendres et émouvantes, jouée avec délicatesse, subtilité sur des arrangements limpides.
Eric Séva alterne le ténor et le soprano, qui a quand même la priorité. Parfois Jean Luc Di Fraya chante à l’unisson des saxes, de l’un ou de l’autre, effet garanti. La rythmique ne se contente pas d’accompagner, ce qu’elle fait très bien, mais les trois musiciens jouent en contrepoint  comme sur « Les Roots d’Alicante ». Si on veut se faire une opinion avant d’acheter le disque écouter « Luz De Port Coton », la contrebasse chante, notes rondes, son pur pas un bruit parasite. Il y a du blues dans les saxophones, et ces enchanteurs unissons voix/sax. Ecouter aussi « Le Village d’Aloya », mêmes qualités avec un batteur qui se déchaine vers la fin.
Tous les morceaux sont du même tonneau. Un grand disque, pas du tout musique du monde, mais du pur jazz d’aujourd’hui dans ses triples racines : mélodie, blues et swing.
Erol Josué – Pelrinaj (Geomuse)
N’étant pas spécialiste des musiques d’Haïti et ne connaissant pas ce chanteur, je préfère citer un article de Publik’Art pour les présentations:
« Erol Josué invoque le patrimoine haïtien dans son nouvel album Pelerinaj. A la fois prêtre vaudou, comédien, chanteur et danseur, il provoque un bouillant télescopage des cultures et des géographies. Plus surprenant, il est également directeur général du Bureau National d’Ethnologie d’Haïti depuis 2012, de quoi le motiver encore plus à transmettre et préserver le patrimoine culturel de son pays.
« Pelerinaj » englobe le travail de pas moins de 13 années pour livrer des morceaux entre transe, musique traditionnelle et tube électronique. Le disque se laisser aller dans des directions étonnantes en y incorporant l’apport essentiel des musiques d’Haïti. Différents invités interviennent sur l’album, Philippe Cohen Solal, Jacques Schwarz-Bart, Ben Zwerin, Mark Mulholland et le producteur américain Charles Czarnecki au mixage des sons traditionnels du Bénin et d’Haïti. Le premier extrait Erzulie évoque une divinité du vaudou haïtien, déesse de l’amour et de la beauté. Erol Josué est connu pour être un des plus grands adeptes du Vaudou en Haiti. C’est le séisme de janvier 2010 en Haïti qui a été la première inspiration de cet album et l’album offre un voyage qui fait référence aux expériences personnelles du chanteur autant qu’aux mythes de son île. Né en 1974 dans une famille vaudou, Erol Josué a quitté Haïti en 1993 pour la poursuite de son étude en Histoire de l’art en France. Parallèlement à sa carrière artistique, Erol Josué est directeur du Bureau National d’Ethnologie, poste qu’il occupe depuis 2012. Ses Musiques de vaudou préférées sont les musiques d’Ogou, celles qui parlent de résistance et de force. »
Mais les titres personnels ne font pas la musique ; alors qu’en est-il de celle-ci?
C’est effectivement un voyage à travers divers styles. Le chanteur possède une voix chaude, bien timbrée, puissante ; il sait tenir la note. Il est accompagné par différents musiciens, de styles divers, selon les morceaux. Quelques exemples : « Erzulie », hymne à la déesse de l’amour, assez funk. « Rèn sobo a », très chant africain. J’ai un faible pour « Chango » et surtout « Gede nibo » avec l’excellent saxophoniste ténor de jazz Jacques Schwarz-Bart, qui prend un beau solo sur ce morceau. A noter un curieux Ave Maria intitulé « Palave Maria ».
Cet album est fait de mélanges curieux qui finalement produisent une unité par la voix et l’engagement du chanteur. A écouter sans à priori d’étiquettes, simplement se laisser porter l’esprit ouvert.
Un livret fourni tous les renseignements : musiciens, paroles, etc.

 

 

 

 

 

 


Les petites musiques de Sergio

Lioness Shape – Impermanence (Laborie Jazz)
Lioness Shape est un trio féminin qui a vu le jour en 2018 et qui sort son premier disque, chez Laborie Jazz. Ce trio est mené par la jeune Manon Chevalier, chanteuse, compositrice. Un nouveau groupe ça pique tout de suite la curiosité.
Après 10 ans d’études piano classique, solfège et chorale au conservatoire, Manon Chevalier se concentre sur la voix en passant une maîtrise de chant. Au cours d’un Master de musicologie elle découvre et s’éprend de la voix de Billie Holiday. On dit que ses influences premières sont l’indie pop, le rock progressif, et quelques autres. Bigre !
Elle s’entoure aux claviers de Maya Cros qui a étudié le piano classique au conservatoire d’Albi puis de Toulouse, où elle obtint le Diplôme d’Études Musicales en 2015. Puis elle étudie avec le  pianiste Denis Badault, qui entre autres dirigea l’ONJ (Orchestre National de Jazz) et s’oriente finalement vers le jazz et les musiques actuelles. Elle obtint en 2017 sa licence de musicologie jazz à l’université Toulouse Jean Jaurès et poursuivit ses études à l’Institut Supérieur des Arts de Toulouse.
Et à la batterie, qu’elle commence à 14 ans, trône Ophélie Luminati. Elle obtint son bac musique à 18 ans puis entra au conservatoire de Toulouse en batterie et en jazz. Elle intégra l’université du Mirail en musicologie jazz. A 22 ans elle obtint son DEM de jazz, ainsi que le prix de batterie à 25 ans. Elle joue dans différents groupes, tourne dans plusieurs pays et enregistre quelques disques.
Voici donc trois jolies jeunes musiciennes bardées de diplômes. Reste à faire de la musique.
Le titre « Impermanence » intrigue car c’est un mot peu employé ; rappelons  qu’il indique ce qui ne dure pas, la non éternité. Le concept d’impermanence occupe aussi une place centrale dans la pensée bouddhique. Ce pourrait être la description de la musique, qui ne dure que l’instant de l’écoute.
Le disque se compose de 10 morceaux écrits par Manon Chevalier, avec des paroles en anglais. Disons tout de suite qu’ils révèlent une compositrice intéressante, qui a déjà un style bien défini, personnel. Les morceaux sont bien construits, exécutés avec une bonne mise en place. C’est un groupe électrique avec une très bonne joueuse de claviers, une batteuse excellente avec une frappe sèche et puissante, plutôt rock que jazz : on peut se rendre compte de ses qualités sur « The Last Lullaby » avec un long solo très original. Côté style on est dans le jazz d’aujourd’hui, je dirais avec une tendance rock assez marquée, juste pour donner une petite idée.
La chanteuse possède une voix bien timbrée, avec du grain, restant sur une tessiture assez resserrée qu’elle exploite avec une parfaite maîtrise du chant. Elle a ce côté acidulé, parfois nonchalant de Amy Whinehouse ; surtout sur «The Last Lullaby». Le point faible c’est la diction, là il y a des progrès à faire. Mais la chanson est musique. Tous les thèmes sont joués en tempo lent ou médium.
Trois morceaux m’ont particulièrement retenu. « Blue Wooden Chair » avec de belles interventions de la claviériste et surtout un beau solo très sitar indien. Et aussi ce flirt avec le blues. « Self Reliance »  où l’on goûte des jolies mélodies répétitives au Fender. « The Last Lullabay », berceuse qui ne donne surtout pas envie de dormir. Elle démarre avec une longue introduction a cappella, puis le trio s’engage à fond sur des accords graves et laisse la batteuse s’exprimer seule jusqu’à la fin.
Le groupe est d’une belle fraicheur, il a son style, on y sent le plaisir de jouer.
Je voudrais maintenant faire quelques reproches à Laborie Jazz, en citant certains passages de leur présentation :
« Impermanence est un album dédié aux femmes. Un disque pour que les femmes soient plus que beauté et tranquillité. Pour qu’elles expriment leur art, et développent leur créativité. Pour qu’elles se rendent compte de cette force incroyable qu’elles ont en elles. Force qu’elles s’efforcent de réprimer chaque jour au nom de la beauté. » Qui lira rira ! Que pensent de ce discours les Féministes ? J’espère seulement que les musiciennes ne sont pour rien dans cette apothéose des déviations  contemporaines.
D’autant que le label ajoute ailleurs :
« Manon Chevalier trouve dans cette architecture une assise sur laquelle s’appuyer pour porter son discours et sa voix sur le Monde, sur la situation des Femmes, sur les violences d’aujourd’hui et sur ce qui nous construit chaque jour, l’écoute de l’un pour l’autre, l’amitié et le respect, l’amour. »
C’est grandiose ! Est-ce que vous entendrez tout ce fatras quand vous écouterez le disque ? Ah si Billie Holiday avait eu tous ces supports ! Hélas ! elle se contentait de chanter et de participer à l’invention du jazz.

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Philippe Crettien Nonet – The North African Suite ( (Philippe Crettien Music)
Philippe Crettien est né dans le Sud de la France. Il a surtout vécu en Afrique du Nord, en Angleterre, et aux Etats-Unis. Dès son plus jeune âge il a écouté des styles et des genres de musiques différents, ses parents étant mélomanes. Il a étudié le piano puis s’est concentré sur le saxophone alto pendant la période de ses études au Lycée Français de Londres. Suite à la découverte de John Coltrane, Wayne Shorter et Sonny Rollins il abandonne le saxophone alto pour le saxophone ténor.
Après une année en Musicologie à la Sorbonne et au C.I. M de Paris il étudie au Berklee College of Music et au New England Conservatory à Boston. Il obtient le diplôme BA du Berklee College of Music. Pour son premier contrat professionnel il est avec le Chanteur de Blues Mr. Jelly Belly.
Il fut l’un des protagonistes du succès des premiers festivals « Jazz is Toulon » dont il fut Directeur Artistique et Directeur des Ateliers du Festival de 1991 à 2000, ayant amené avec lui les Bostoniens avec lesquels il travaille et enregistre : Bill Lowe, John Medeski, Andy Jaffe, Mario Pavone, Bob Gullotti, Rick Pekham, et Dave Zinno. Philippe Crettien vit aux Etats-Unis où en plus de ses activités de musicien il est Directeur des orchestres de jazz et Directeur du Département Jazz du Conservatoire de Musique de la Rivers School à Weston (Massachussetts).
Au départ Philippe Crettien jouait du sax ténor avec un gros son et un engagement rentre-dedans, influencé par Coleman Hawkins entre autres. Depuis il n’a cessé d’évoluer pour arriver à cette maturité qui l’a vu s’engager sur les pas de Wayne Shorter et surtout de Warne Marsh, en gardant une sonorité ronde, puissante mais avec quelque chose de fragile, et parfois un son plus râpeux, plus angulaire. Une belle évolution dans l’écriture aussi, avec des arrangements soignés et personnels
Pour ce nouveau disque Philippe Crettien retrouve ses impressions d’adolescent en Afrique du Nord : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie. Les parfums des marchés. Il dit qu’il a composé les 7 morceaux de ce disque en hommage à ces beaux paysages, à ces peuples chaleureux, et à leur riche culture. Pour ce faire il joue du ténor, du soprano ou encore de l’alto, et s’est entouré de Felipe Salles (fl), Tony d’Aveni (tp, flh), Clayton De Walt (tb), Bill Lowe (btb, tba), Patrick Mottaz (g), Géraldine Bergonzi (p), Sean Farias (b, eb), Mike Connors (dm).
D’emblée, sur « Marrakesh » on retrouve toutes les qualités du ténor, et le disque démarre fort avec une introduction très coltranienne, puis une promenade avec les solos de ténor, chaleureux ; trompette très fluide ; et trombone qui arrache.
Les arrangements sont remarquables, on y sent les influences bien digérées de Gil Evans et de Gunther Schüller (celui du Nonet de Miles Davis en 1949). Le Nonet de Crettien sonne comme un seul musicien. Mise en place, distribution des solos, tout est bien huilée avec une rythmique qui tourne à merveille. Les solos sont parfois enveloppés dans de subtils voicings, ou ponctués de petits riffs, ou tout simplement reposant sur la rythmique. De la belle ouvrage !
On se fera une idée de tout cela par exemple dans « Tipaza » particulièrement inspiré sur tempo lent, un gros son, des notes bien rondes de la contrebasse, un long solo tendre, émouvant et expressif au soprano par Philippe Crettien, suivi dans la même atmosphère par le trombone de Bill Lowe. « Blues for Valentin » s’appuie sur des réminiscences Bop, Quintettes Parker ou Gillespie, puis le cool vient s’y mélanger, on a affaire à un savant mélange de ces deux moments du jazz, à noter le solo de guitare. Un curieux morceau « Mistral » qui démarre sur un rythme de marche (rappelons qu’à ses débuts à la Nouvelle Orléans, les marches constituaient un des fonds du jazz ; retour aux racines), puis on quitte la marche pour la retrouver à la fin. La mélodie pas loin de celles de Henry Mencini (La Panthère rose), à noter un beau solo à la trompette bouchée (Sourdine Harmon)

Serge Baudot





STONE… Vive la chanson !

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Stone, je l’ai évidemment rencontrée… avec Charden !
C’était sur la tournée «Inventaire 66», qui réunissait quelques jeunes chanteurs prometteurs. Il y avait Michel Delpech, Pascal Danel, Stone et Charden, Noël Deschamps et quelques autres artistes qui n’ont fait que passer comme Pussy Cat ou Karine…
On devait se retrouver avec Claude François et Topaloff puis sur une tournée de folie où tous deux partageaient la vedette avec d’autres amis, C.Jérôme, Michel Jonasz… et Charlotte Jullian !
Quelques années passent avant qu’on se retrouve sur les tournées «Âge Tendre»
Embrassades et rires avec Stone, Charden restant un peu en retrait et lorsque je propose à Stone une interview, Charden, qui n’avait pas encore dit un mot, a une réaction étonnante : «Si c’est pour parler de moi, OK si c’est pour parler de Stone et Charden, la page est tournée»
J’ai d’abord cru qu’il plaisantait car alors, que faisait-il sur cette tournée ?
Mais il était sérieux et c’est donc en tête à tête avec Stone, vite rejoint par son sympathique second mari, Mario d’Alba, que je me retrouve et qu’on se retrouve comme si on ne s’était jamais quitté.
Du coup, organisant à St Raphaël «Stars en cuisine», j’invite Annie (son prénom) et Mario à y participer. Et là encore, on s’est bien marré.

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Avec Charden – Avec mario

Il y eut beaucoup d’autres rencontres, avec Michèle Torr, à Partuis sur des fêtes du livre lorsqu’elle a sorti sa bio, en tournée théâtrale avec «Les trois Jeanne» et une autre pièce où l’on retrouvait aussi Sophie Darel «Le clan des veuves»….
Le succès du couple Stone & Charden a été tellement fort durant quelques années, qu’on oublie qu’elle a quand même fait un grand nombre de disques en solo. D’ailleurs, sur «Inventaire 66», elle était déjà avec Charden mais ne chantait pas encore avec lui.
Il était donc nécessaire que Marianne Melody regroupe toutes ses chansons pour nous les offrir sur un double CD où sont regroupées… 50 chansons !
Des chansons que pour certaines, on avait oublié et qu’en écoutant, on se dit : «Ah, mais c’est vrai qu’elle a chanté ça !».
C’est ainsi que nous reviennent en tête «Le jour, la nuit», «Fille ou garçon», «Baby Stone»,
«Vive la France» qu’elle a d’ailleurs reprise ave Charden par la suite, et bien d’autres encore qui d’ailleurs ne sont pas toutes signées Charden., mais Monty, Jean-Michel Rivat, Serge Gainsbourg (Un drôle de «Buffalo Bill !»), Billy Nencioli, Ralph Bernet,  Frédéric Botton,, l’incontournable Didier Barbelivien, Billy Bridge, Jean-Marc Rivière et bien d’autres faiseurs de tubes qui ont fait les beaux jours de nos années sixties.
Même si Stone & Charden, ce sont les années 70 qui en ont fait des machines à tubes !
Et si, après leur séparation, Stone a continué en solo  jusqu’en 86 et où son mari, Mario d’Alba, lui a écrit quelques chansons.
On est donc heureux, pour les plus de…50 ans que nous sommes devenus, de retrouver notre Stone qui ne vieillit pas, qui est toujours aussi rayonnante, même si elle nous annonce sa mort prochaine en riant ! En effet, un médium l’avait prévue en 2017 !!!
Mais elle est heureusement toujours là et c’est toujours un plaisir que de la retrouver.

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«Annie, n’est-ce pas un peu pesant d’âtre toujours considérée comme une entité, une sorte d’aigle à deux têtes ?
Tu sais, ça n’a duré que quatre ans, de 71 à 75, mais quatre années intenses sans un jour de relâche et de respiration où la vie d’artistes et la vie de couple était si liée qu’à un moment on a vraiment eu besoin de respirer chacun de son côté.
Le principal est que, grâce aux enfants, on se soit quitté sans haine et qu’on ait pu, par la suite, se retrouver sereinement et sans bagarre. Moi j’ai varié les plaisirs en chantant, en jouant au théâtre, en écrivant une pièce pour Charlotte Julian. Je voulais me diversifier et surtout prendre le temps de vivre pendant qu’Éric vivait l’œuvre de sa vie avec «Mayflower». Et puis, lorsqu’un producteur nous a parlé d’une compil’ et d’un retour sur scène, au départ on n’y a pas cru. On a donc commencé à faire des télés promo puis, ponctuellement, des spectacles et l’on s’est rendu compte que ça marchait bien. Du coup, Mario a pris les choses en main et c’est reparti… comme en 74 !
Drucker, Sevran, tout le monde nous a rappelés, les disques se sont vendus à une vitesse vertigineuse On était bien entourés par Charles Talar, Jean-Pierre Pasqualini, le patron du magazine «Platine».

Lors de notre dernière rencontre à Pertuis, avec Michèle Torr, elle me disait curieusement : «Je n’ai pas de répertoire seule et ce n’est pas aujourd’hui que je vais m’en faire un, et chanter de nouvelles chansons, de faire un disque… Je me vois mal reprendre toutes ces chansons qui datent de ma jeunesse. Ca n’intéresse plus personne car déjà, plus personne n’achète de disques et on vit dans la nostalgie. Vois le nombre de chanteurs qui font des compilations, des remix, des duos avec d’anciens succès. Nous l’avons d’ailleurs fait avec Charden.
Et ça a marché !
C’est vrai mais Stone et Charden, ça fait partie de l’inconscient collectif, ça représente une époque, des chansons qui ne meurent pas, qui sont dans la nostalgie des gens de notre génération.

Christian SERVANDIER 8 10

Aujourd’hui, avec cet album, on se rend compte de toutes les chansons que tu a enregistrées seule !
Tu sais, ça a duré cinq ans et à l’époque, on faisait quatre 45 tours de quatre chansons par an. Du coup ça en fait beaucoup…
C’est toi qui en as eu l’idée ?
Pas du tout ! C’est Marianne Melody qui l’a eu et j’ai dit OK… à condition de ne rien faire ! Ils ont fait un travail de fou, recherchant toutes les chansons dont je ne me rappelle pas du quart, ils ont traité les contrats… Je n’ai rien fait. D’ailleurs, tu sais à l’époque, quand on sortait quatre chansons par saison, c’était une chance que d’avoir un tube dessus. Et puis du coup, beaucoup ne sont pas intéressantes car il fallait les trouver, ces chansons ! A te dire vrai, j’ai dit oui parce je sais que ce côté collector plaît aux fans.
Tu avais quand même de beaux auteurs et compositeurs !
C’est vrai mais c’était souvent aux même qu’on faisait appel. A cette époque, toute une génération est née. Beaucoup de chansons  étaient des adaptations mais ça ne plaisait pas beaucoup à Éric. Il disait que les français étaient aussi capables d’écrire des chansons. Il y en a donc beaucoup signées de lui.
Du coup, tu vas les rechanter ?
Tu sais, aujourd’hui, on continue à faire des petits galas parce qu’on nous demande. Sinon, je ne suis pas moi-même demandeuse, Je vis à la campagne et je ne refuse pas d’aller chanter lorsqu’on m’appelle. J’y retrouve souvent des copains Alors je chante surtout les succès qu’on a eu avec Éric. Sa voix est enregistrée sur bande et je chante en direct ma partition. Puis je chante quelques chansons, accompagné par Mario à la guitare.
Les dernières fois que nous avons chanté ensemble avec Éric c’était sur les Tournées Âge Tendre. Puis il a voulu tout arrêter et on a juste fait ce dernier disque en duo avant qu’il ne disparaisse.
Mais j’ai continué à avoir des demandes. Après, j’ai aussi varié les plaisirs. Jusqu’à ce que tout s’arrête presque deux ans avec le Covid. Aujourd’hui ça reprend un peu.
Et le théâtre ?
Pour le moment, ce qu’on me propose n’est pas très intéressant. Et puis je dois dire que le théâtre, c’est du boulot et du stress et comme je suis un peu fainéante… je ne cherche pas vraiment !
Je suppose que, même à la campagne, tu as quelques projets ?
Oui, j’ai rencontré Christian Lebon qui organisait des concours de jeunes chanteurs francophones et qui a repris le Chorus Café qui fut à Guy Mardel puis à Pascal Danel. Il reprend donc la formuler et organise des soirées «guests» où il fait venir tous les copains… Dont moi !
Dimanche dernier, c’était blindé !
Ca va faire dix ans qu’Éric nous a quitté… y a-t-il des choses qui vont se passer ?
C’est mon fils qui va s’occuper de ça. Il a un site face book et il a eu l’idée de me faire enregistrer avec lui «L’aventura». En deux jours on a eu 7.000 vues ! Du coup, on va en faire d’autres. Tu te rends compte, il a déjà 50 ans ! Il organisera aussi dans une salle à Paris, une soirée hommage avec quelques amis qui viendront chanter. Je le laisse faire !
Alors te voilà à la campagne ?
Oui, par la force des choses. Tu sais que nous habitons tous ensemble et les enfants ont voulu rénover et agrandir la maison. Du coup, ils nous ont envoyé à la campagne ! Mais on y est très bien.»

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier et Jacques Brachet