Dans le cadre du festival « Femmes ! », Emmanuelle Béart et Anastasia Mikova, brisent le silence : l’inceste, avec ce film bouleversant « Un silence bruyant ». Toutes les deux ont décidé de faire parler des victimes sur ce sujet qui reste encore hélas, tabou sinon nié mais qu’elles ont décidé de révéler au grand jour en rencontrant des victimes – hommes et femmes – pour parler des effets destructeurs qui ont bousillé leurs vies, en particulier Emmanuelle Béart qui en a été victime. Ces personnes marquées à vie avouent avoir eu peur d’en parler, pire d’en parler sans que leurs propres familles les croient ou préfèrent rester ans le déni, pour sauver les apparences. Témoignages poignants de ces victimes qui vivent toujours dans la peur ou la honte, qui ne se remettent jamais de ce crime, souvent accompagné de viol, qui les laissent anesthésiés et qui auront toute leur vie à vivre « avec ». Ces deux artistes, l’une réalisatrice, l’autre comédienne, nous offrent de remarquables témoignages de ceux qui « osent » en parler, car ça leur est à la fois très difficile de revenir sur ces actes qui les ont démolis à jamais mais c’est aussi un courage et une force, de pouvoir être enfin écoutés sans paraître les coupables. Et peut-être aussi délivrés… Encore que…
Ces actes sont révoltants mais la justice aussi peut être révoltante lorsqu’on voit souvent le peu de cas qu’elle fait de ces déclarations, aussi bien d’enfants que d’adultes qui ont un mal fou à se faire entendre, prenant souvent ces aveux comme des affabulations ou prétextes à se faire remarquer. Ces deux magnifiques artistes ont osé briser les tabous en faisant ce film qui nous émeut, qui nous révolte, qui nous glace. Et que le festival « Femmes ! » nous a présenté au Six-N ’Etoiles en la présence d’Emmanuelle Béart
Les ambassadrices du festival : Virginie Perret…
… Béatrice Metayer
En attendant Emmanuelle… Nous devions nous rencontrer à 19h30. Mais à 20h, les discours de Luc Patentreger, président du festival, de Jean-Sébastien Vialatte, maire de Six-Fours et de Noémie Dumas, directrice du Six N’Etoiles se sont faits sans elle, avant qu’elle n’arrive, le regard bleu Méditerranée, sinon triste, du moins absent, sans un mot pour personne. A-t-elle souri ? On ne le sait, la moitié de son visage étant recouvert d’une écharpe qu’elle n’aura enlevé que pour aller vapoter sur la terrasse avec une amie et grignoter quelques petites choses qui étaient proposées aux invités. Pas un mot pour personne. Donc… pas d’interview, qu’elle a d’ailleurs refusée en précisant qu’il y aurait un débat après la projection du film. Mais le film, nous l’avions vu la veille afin d’en parler avec elle. Le public aura eu plus de chance que nous ! Dommage.
L’association Les Chantiers du Cinéma présente la 23e édition de FEMMES ! Festival du cinéma Toulon-Provence-Méditerranée sur le thème « Éclat d’elles » qui met à l’honneur la création au féminin. Le festival a lieu du 29 octobre au 23 novembre 2024 dans six salles de quatre villes du territoire de la Métropole TPM : Théâtre Liberté et cinéma Le Royal à Toulon, cinéma Six n’étoiles à Six-Fours, Casino Joa et centre culturel Tisot à La Seyne-sur-mer et pour la première fois cinéma Le Rocher à la Garde. Des invités marqueront cette édition cinématographique et artistique avec entre autres les deux invitées d’exception : Emmanuelle Béart, actrice de renommée internationale défenseure des droits des femmes, Laetitia Marty, auteure BD et comédienne, Malou Khebizi, jeune comédienne varoise, et Marie-Hélène Lafon, écrivaine à l’écriture puissante et singulière.
La partie artistique s’annonce riche et diversifiée : 26 films de 16 pays en compétition pour le Prix du Public 7 avant-premières et 7 films en sortie nationale (pas encore sur les plateformes TV) ; Le Prix du Jury, avec les 7 films en avant-première en compétition ; le jury est composé de professionnels du 7e art ; 1 film documentaire sur la famille, la maternité et l’adoption avec débat en présence de la co-autrice Laëtitia MARTY ; Des séances scolaires pour collégiens et écoles primaires avec débat ; Des soirées spéciales événementielles : « Soirée inauguration » en présence d’Emmanuelle BEART, film documentaire et débat sur l’incest « Soirée Khmer » : musique + danse + film + cocktail « Soirée mexicaine » : musique + danse + film + cocktail «Soirée flamenco» : musique + danse + film « Soirée clôture» : Prix du Public Crédit Mutuel + récital chants lyriques + film + cocktail
10 débats animés par des professionnels du cinéma, l’Ong Soroptimistet l’association Unis Cité ; 3 spectacles de danses : ballet royal cambodgien avec la compagnie Ballet Classique Khmer, danses mexicaines avec Sayuri Canto et Mariachis Corason de Mexico, danse Flamenco avec la Compagnie Rosa Negra ; 1 concert : Ensemble Vocal de Tamaris 1 séance dédicace avec Marie-Hélène Lafon « Nos adoptions » Planches de bandes dessinées de Laëtitia Marty et Jung sur le thème de l’adoption : vernissage le 6 novembre 11H, Galerie Perrin, place Perrin à la Seyne-sur-Mer Et toujours la convivialité, marque de fabrique de l’équipe du festival.
Dans un monde où les voix féminines résonnent avec toujours plus de puissance, il est essentiel de leur offrir un espace de liberté et d’expression. Chaque film, chaque exposition, chaque débat de cette programmation sont un éclat de lumière, une invitation à repenser notre rapport à la féminité, à l’art, et à la vie elle-même. Le festival est soutenu depuis le début par l’État pour la cohésion sociale et les droits des femmes et aussi dans le cadre de la politique de la ville, la Région Sud, la Métropole Toulon Provence Méditerranée, la ville de La Seyne sur Mer la ville de Six-Fours les Pages, la ville de La Garde, le Théâtre Liberté les cinémas Six N’Etoiles Le Royal et Le Rocher, le groupe Joa, le Centre Tisot, Ciné83, des partenaires mécènes Domaine d Terrebrune, le Crédit Mutuel, La Piazza et Rives d’Or Hôtel, la librairie Charlemagne Grâce à de solides partenariats, Femmes Festivalpropose : L’entrée à 7 euros pour chacune des séances, La carte PASSà30 euros les 5 films, Les soirées événementielles à10€. Toutes les informations sur le site www.femmesfestival.fr Ensemble, célébrons la force et l’inventivité des femmes à travers le monde.
A-t-il 40 ans ou est-il dans la 40ème année ? C’est la question que se posait en riant son directeur artistique Michel Boujenah, car il est né en août 1985, créé par Jacqueline Franjou et Jean-Claude Brialy. Essayez d’y réfléchir ! Mais, trêve de billevesées, aurait dit ma grand-mère, du 29 juillet au 12 août ce sera la fête dans ces gradins recouverts de coussins rouges… qui, chaque soir, se retrouveront sur la scène, jetés aux artistes pour leur montrer la satisfaction des spectateurs ! C’est une tradition qui était née spontanément et qu’essaya en vain d’interdire Jean-Claude suite à quelques petits accidents, certains spectateurs ayant la main lourde pour viser l’artiste ! Bref, les coussins voleront encore, et si cela ne se faisait pas, les artistes eux-mêmes se poseraient la question de savoir s’ils avaient plu ou pas ! Lors du repas de presse de cette saison, Jacqueline revint à l’historique de ce festival qui fut créé en quelque six mois, après que le maire d’alors, Albert Raphaël, eut trouvé un lieu où naquit ce beau théâtre. Fidèle au poste, lorsque Jean-Claude disparut, la question ne fut pas : « On arrête ? » mais, « Qui prendra la suite ? ». Et ce fut Michel Boujenah qui, fidèle à son créateur, en garda la substantifique moelle tout en y apportant sa patte, entre autre celle d’ouvrir la porte à des humoristes.
Avec Jean-Sébastien Vialatte
Avec Jean-Claude Brialy
Avec Michel Boujenah
Ainsi se continue la tradition, théâtre-musique qui nous apporte chaque été une gerbe de spectacles aussi éclectiques que passionnants. Jacqueline, qui adore la musique classique, y a, depuis quelques années, ajouté un avant-goût du festival avec trois dates consacrées à cette musique, avec des artistes de haut niveau, « Les nuits classiques », concoctées avec Jean-Michel Dhuez. A noter que, dans le cadre de « La vague classique », autre festival qui se déroule à Six-Fours entre la Maison du Cygne, la Maison du Patrimoine et le Collégiale, son maire, Jean-Sébastien Vialatte offre, depuis l’an dernier, la sublime Villa Simone à Jacqueline pour une exposition disséminée dans ce beau lieu. Cette année, elle a choisi un thème élégant puisqu’on y découvrira des photos issues des studios iconiques Harcourt, qui ont photographié le monde artistique international. L’expo aura lieu du 6 juillet au 15 septembre. Mais fermons la parenthèse pour vous présenter le programme du festival de Ramatuelle 2024. JB
29 juillet : Le Pianiste aux 50 doigts. Pascal Amoyel, héritier spirituel de György Cziffra, offre un spectacle mêlant répertoire classique, piano préparé, et scie musicale, plongeant le public dans la vie du légendaire pianiste hongrois. 30 juillet : Classico Broadway. L’Orchestre de l’Opéra de Toulon, dirigé par Larry Blank, présente une soirée dédiée à la comédie musicale, avec les talents de Jasmine Roy, Margaux Poguet, Sinan Bertrand, et Guillaume Andrieux. 31 juillet : La clôture des Nuits classiques avec la présence exceptionnelle de Roberto Alagna, accompagné du pianiste Yvan Cassar, promet une soirée d’émotion avec une sélection d’airs d’opéra et de mélodies italiennes. 1er août : CHRISTOPHE MAE, Carnet de Voyage. Christophe Maé nous embarque dans un voyage musical aux rythmes solaires et inspirations africaines. 2 août : UNE IDÉE GENIALE. Une comédie hilarante de Sébastien Castro, sur les quiproquos d’un sosie inattendu. 3 août : POIRET SERRAULT – Extraits extra. François Berléand et Nicolas Briançon rendent hommage au duo mythique du théâtre français à travers une série de sketchs irrésistibles et actuels. 4 août : SIMONE VEIL, Les combats d’une effrontée. Cristiana Réali incarne Simone Veil dans une adaptation émouvante et contemporaine de « Une Vie », explorant les combats politiques de cette femme exceptionnelle. Une exposition de photos, qui l’ont accompagnée dans son entrée au Panthéon, seront exposés à Ramatuelle. 5 août : VIDEO CLUB. Yvan Attal et Noémie Lvovsky se confrontent à la transparence totale dans une comédie surprenante de Sébastien Thiéry. 6 août : LE JOUR DU KIWI. Arthur Jugnot, Florence Pernel, et Elsa Rozenknop présentent une comédie surprenante où un simple yaourt peut changer une vie, mise en scène par Gérard Jugnot.
7 août : BUNGALOW 21. Emmanuelle et Mathilde Seigner incarnent Simone Signoret et Marilyn Monroe dans une histoire d’amour, d’orgueil, d’adultère, et de pardon. 8 août : CHERS PARENTS. Une comédie irrésistible d’Emmanuel et Armelle Patron, explorant les liens familiaux et les faux semblants. 9 août : SANDRINE SARROCHE. Un spectacle d’humour féminin et engagé, précédé d’un hommage à Raymond Devos avec la participation de François-Xavier Demaison, Michel Boujenah, et Nicole Ferroni. 10 août : LES PIGEONS. Michel Leeb et Francis Huster partagent rires et émotions dans une comédie sur l’amitié et la rivalité entre deux acteurs de second plan. 11 août : MC SOLAAR. Figure emblématique du rap français, il nous offre une performance exceptionnelle avec son style poétique et ludique. 12 août : MICHEL BOUJENAH, « Adieu les Magnifiques »
Le festival de Ramatuelle fêtera cette année ses 40 ans. Michel Boujenah fêtera, lui, ses 17 ans en tant que directeur artistique du festival, prenant la suite de son créateur Jean-Claude Brialy. Et comme à chaque année, avec sa présidente Jacqueline Franjou, nos deux amis nos réunissent dans un lieu magnifique, au bord de la mer et au soleil de préférence, pour nous annoncer le programme. Cette année c’était sur la plage de Tahiti ou mer et soleil était de connivence, un peu chahutés par un vent rafraichissant qui ne nous a pas gênés pour prendre l’apéro, tellement bien au soleil que Michel a failli y rester pour faire la sieste ! Nous étions donc au bar du soleil, reçu par le bien méridional Bernard Silhol avec qui j’ai souvent fait la fête avec notre amie commune Nicole Croisille. Michel, il faut le dire, était un peu exténué par sa tournée avec « L’avare » de Molière puis l’autre tournée, suite et fin des « Magnifiques » et bien sûr l’organisation du festival qui se déroulera du 29 juillet au 12 août. Mais c’est devant une glace au citron, abrités du vent, sous le soleil exactement, que nous avons fait notre petit point traditionnel avec l’ami Boujenah.
« Alors Michel, 40 ans… Ça se fête ? On continue à espérer que la vie continue, qu’on continue à vivre le rêve. Évidemment, c’est une date importante mais ce qui m’importe, c’est que chaque année lorsque j’arrive ici, je me dis « C’est incroyable, encore un an, encore une fois ! » C’est la chanson de Céline Dion qui dit ça. Encore une fois, avant la fin. Je trouve ça très joli et c’est vraiment mon sentiment. Par exemple, lorsque je joue sur scène, avant d’entrer je me dis « Encore une fois, c’est la dernière fois ». Et lorsque je sors de scène je me dis : « Bon, je l’ai fait encore une fois ». Il y a quelque chose à la fois d’éphémère et d’éternel et ce festival ressemble à ça, parce que c’est de l’art vivant, du spectacle vivant. Mais 40 ans, c’est quand même important ? Mais il faut que chaque année soit le 40ème… Ou le premier ! Je n’ai pas dans ma tête une attitude différente que ce soit le 40ème ou le 39ème, je m’en fous, en fait. Ce que je veux c’est que ça soit, que ça existe parce que c’est une belle aventure. Ce festival est une belle histoire. Dans le passé on a pu penser qu’un jour il pourrait s’arrêter. Il y a une phrase de Chaplin qui disait, lorsqu’on lui demandait s’il avait le trac : « Je déteste ce métier, je déteste aussi la vue du sang et pourtant il coule dans mes veines ». Cette phrase est magnifique. Bon, chez toi, il coule dans tes veines sans problème ! Bien sûr, ce métier coule dans mes veines et ce festival aussi alors qu’au départ ça n’allait pas du tout. Au départ, c’était une greffe et ça fait 17 ans que ça dure… Déjà ! Ça passe à une vitesse incroyable et je suis très content de participer à la pérennité de cette histoire. C’est très important pour moi. J’adore jouer, évidemment mais j’adore aussi cette idée du partage. C’est quelque chose d’incroyable.
Avec Jacqueline, vous êtes les deux têtes pensantes. Comment ça se passe ? C’est collégial chacun a ses idées, ses envies, j’ai même des copains qui me disent « Vas voir ça, c’est génial ». Jacqueline ou moi nous allons « voir ça » ! Il y a des années où l’un en voit plus que d’autres. Cette année j’ai beaucoup été en tournée, alors Jacqueline va voir un spectacle puis on en parle ensemble. On se connaît suffisamment pour savoir ce qu’on aime ou pas, ce qu’on prendra ou pas. Par exemple le spectacle Simone Veil par Christiana Réali, il y a deux, trois ans je l’avais vu. Nous avions été nommés au Molière tous les deux et je la voulais. Puis il y a des choses que l’on découvre. Et tu arrives à récupérer les spectacles que tu aimes ? J’ai toujours le choix de le proposer. Déjà, si on ne le demande pas, on ne l’aura pas, c’est certain. Il y a ceux qu’on ne peut pas avoir, comme Johnny Hallyday qu’on n’a pas pu faire venir car c’étaient des spectacles trop énormes pour le lieu. Et puis il y a de belles surprises comme la fois où ma fille et moi sommes à un spectacle. Elle voit Christophe Maé dans la salle. Elle me dit « Vas lui demander, qu’est-ce que tu risques ? ». Je vais le voir et c’est lui qui me dit : « Je voudrais venir à Ramatuelle ! » Il y a beaucoup de gens qui veulent y venir… Et y revenir ! Les artistes qui y sont venus une fois en parlent à d’autres artistes. Ca fait boule de neige parce qu’il y a une magie qui opère autour du festival. Pour revenir au 40ème, il y a peu de festivals aujourd’hui qui tiennent le coup ! Oui et ça prouve une chose : c’est qu’après tant d’années, le festival est vivant. Et moi, ce qui m’intéresse, c’est le cinquantième, le soixantième, c’est tous ces festivals à venir pour que Ramatuelle soit éternel, après Jacqueline et moi quand nous n’y serons plus. Il faut qu’il perdure au-delà de nous. Quelle a été ta réaction lorsqu’on te l’a proposé ? Au départ j’ai dit non ! « Vous êtes fous, allez chercher quelqu’un d’autre » ! Tu le sais, je suis un méditerranéen et à partir du mois de juin je ne veux plus travailler ! C’était mal parti !!! Tu peux le dire mais là, à partir de pas longtemps, j’arrête !
Il faut quand même préparer le festival ! D’accord mais je suis en vacances dans pas longtemps, c’est important pour moi, surtout que l’an dernier je n’ai pas eu de vacances. J’ai fait le film de Lelouch puis j’ai enchaîné avec « Les Magnifiques ». Du coup, cette année, pêche, sieste, re-pèche, re-sieste…… Revenons donc aux « Magnifiques… C’est vraiment terminé ? Oui, c’est le dernier volet d’un tryptique. A un moment donné, il faut savoir s’arrêter. Je n’ai pas envie de continuer en jouant mal, en n’ayant plus la force. Là j’ai encore la force de bien jouer et ce qui m’a intéressé c’était d’affronter cette nouvelle génération car il y a un tel décalage entre « Les magnifiques » et les petits enfants qui parlent le langage d’aujourd’hui, que ce soit grave, cool, ouf, chelou… Ils sont complètement en décalage avec leurs petits-enfants, comment veux-tu qu’ils comprennent ça ? C’était en fait intéressant car cette version m’a permis de parler d’aujourd’hui. Le thème du spectacle est toujours le même car on ne peut pas savoir où l’on va si on ne sait pas d’où l’on vient. Alors, ça se termine quand ? Dans six mois après cette tournée dans toute la France, avec arrêt à Ramatuelle le 12 août. Et après ? Dans l’immédiat, je travaille la prochaine pièce d’Ivan Calbérac qu’on jouera dans un peu plus d’un an, et d’ici quelque temps j’aimerais m’attaquer à « Georges Dandin » de Molière. Mais avant je vais faire l’adaptation des « Magnifiques » au cinéma. Une suite ? Non… Un testament ! (Rires)… C’est Yvan Attal qui m’a suggéré de les faire au cinéma. J’ai beaucoup reculé d’abord mais si je fais ça, ce sera ma manière de m’en séparer définitivement mais de ne pas les tuer. Je mettrai le film en scène mais pour la première fois je jouerai dans un de mes films. Je travaille sur le scénario. Et l’année prochaine je viendrai à Ramatuelle avec la pièce de Calbérac. Et ce sera en ouverture car je déteste jouer en clôture.
Retrouvailles avec Jacqueline Franjou
Retrouvailles avec Bernard Sllhol
Pourtant, cette année… Oui mais je n’aime pas car les spectateurs se tapent Boujenah tous les soirs et ils terminent avec moi ! J’espère qu’ils ne m’enverront pas des tomates !!! »
Propos recueillis par Jacques Brachet Photos Alain Lafont (Voir programme du festival 24)
Si l’an dernier, entre la Maison du Cygne, la Collégiale, la Maison du Patrimoine et le Parc de la Méditerranée, nous avons fêté avec faste les 10 ans de ce magnifique festival « La Vague Classique », Fabiola Casagrande, adjointe à la Culture et Jean-Sébastien Vialatte, Maire de Six-Fours, nous ont dévoilé cette semaine la onzième mouture qui, comme chaque année, sera encore exceptionnelle avec, cette année, un Parc de la Méditerranée repensé et encore plus beau et un rajout à tous ces rendez-vous : la Villa Simone devenue aujourd’hui un lieu de culture incontournable. Si nos deux amis étaient heureux de nous dévoiler le programme, une petite ombre au tableau en l’absence de celle qui aurait dû être la marraine et qui, après avoir reporté sa venue l’a définitivement annulée. Il s’agit d’Eve Ruggieri. Eh bien tant pis pour elle, elle ne sait pas ce qu’elle perd de snober ce festival qui fait aujourd’hui parti des plus grands festivals de musique classique.
Khatia Buniatisshvili
Lucas & Arthur Jussen
Renaud Capuçon
Par ailleurs, deux fidèles, qui sont un peu les parrains et qu’on a toujours plaisir à retrouver : les frères Capuçon qui, eux, ne rateraient pas ce rendez-vous. Les trois coups seront frappés le 18 mai à la Maison du Cygne, par une immense pianiste géorgienne, aujourd’hui installée à Paris : Khatia Buniatishvili. Un autre grand pianiste lui succèdera le 25 mai : l’Argentin Nelson Goerner. Du piano toujours, le 31 mai, Alexandre Kantorow qui, comme son nom ne l’indique pas, est Français, né à Clermont Ferrand ! Piano toujours mais à quatre mains, le 1er juin : les jeunes virtuoses néerlandais Lucas & Arthur Jussen. Avant de rejoindre les frères Capuçon, petit arrêt à la Collégiale le 2 juin avec le clarinettiste Pierre Genisson qui, avec le quatuor Métamorphoses, inaugurera les nouveaux et somptueux éclairages qui vont totalement changer l’atmosphère de ce lieu. Et voici que le 5 juin arrive le premier frère : le violoniste Renaud Capuçon, qui sera accompagné de son complice pianistique, Guillaume Bellom mais aussi de Paul Zientara, alto et Yan Levionnois, violoncelliste. Autre violoncelliste qui s’installera le 8 juin, accompagné au piano par Sélim Mazari dans les jardins du Cygne : Aurélien Pascal, révélation des Victoires de la Musique 2023. Et voici qu’arrive Gautier Capuçon le 10 juin, accompagné de Lucas et Léo Ispir, respectivement violon et violoncelle, lauréats de sa fondation et bien sûr Jérôme Ducros, qui l’accompagne au piano depuis des années. Un concert particulier puisque, issu de son dernier album « Destination Paris », il mêlera musiques classique et populaire, Piaf et Ravel, Legrand et Brassens, Morricone et Renaud, Dassin et Lai, Cocciante et Brahms… Et quelques autres artistes issus de musiques et de styles différents.
Nicolas Folmer
Gautier Capuçon
Pierre Genisson
Le lendemain, on retrouve Gautier accompagné de deux pianistes : Frank Braley et Karen Kuronuma, lauréate de sa fondation : Au programme, les intégrales des sonates pour violon et piano de Beethoven. Et voilà qu’on va faire une pose à la Villa Simone le 6 juillet, avec le pianiste couvert de prix, Paul Lay, qui sera accompagné par le contrebassiste Simon Tailleu et le batteur Donald Kantomanou. On y reviendra le 23 juillet avec le chanteur et trompettiste Nicolas Folmer pour un concer thommage à Michel Legrand, accompagné de Tony Sgro, bassiste, Luc Fenoli, guitariste et Jérôme Achat, batteur. Et voilà qu’on rejoint la Collégiale Saint-Pierre où nous attend le maître de lieux Jean-Christophe Spinosi qui nous a encore concocté, avec l’ensemble Matheus, de magnifiques soirées : Le 16 juillet accompagnant la mezzo-soprano Marina Viotti, Victoire de la musique 2023 Le 18 juillet, accompagnant le contre-ténor Rémy Bres-Feuillet Le 20 juillet, avec son ensemble pour deux œuvres de Haendel « Watermusic » et « Fireworks » Le dernier épisode de la saga musicale estivale, direction la Maison du Patrimoine, où nous pourrons découvrir le 31 août la pianiste Shani Dikula pour une soirée romantique, une autre jeune pianiste le 7 septembre, Nour Ayadi, lauréate de la fondation Gautier Capuçon et nommée aux Victoires de la musique. Et enfin l’ultime pianiste et non la moindre puisqu’elle est la plus jeune pianiste de la saison : Arielle Beck, prodige de 15 ans. Et un autre grand moment de ce festival : l’inauguration de l’agrandissement et de l’embellissement du Parc de la Méditerranée le 8 septembre avec l’orchestre de l’Opéra de Toulon, dirigé par Victorien Vanoosten, Adriana Gonzàlez, soprano et Freddie de Tommaso, ténor qui nous offriront des duos d’opéras célèbres. Le spectacle sera suivi d’un feu d’artifice. Feu d’artifice tout au long de cet été qui nous emmènera de vague en vague, à travers toutes les musiques, tous les pays et grâce à des artistes de haut niveau international. Le dernier mot reste à Jean-Sébastien Vialatte : « La Culture, c’est le sel de la vie » N’oublions pas l’exposition qui, du 6 juillet au 15 septembre, s’installera à la Villa Simone, en partenariat avec le festival de Ramatuelle : « L’âge d’or du Studio Harcourt »
Déjà… Que de souvenirs pour des gens comme moi qui ont vu naître Chateauvallon. Que de soirées passées à la belle étoile, les fesses endolories par les pierres encore chaude, mais heureux de voir le nec plus ultra du jazz, du théâtre, de la danse… 2025 sera donc la soixantième année de sa création. Et voilà que nous est annoncée la programmation de cet été. C’est donc Chateauvallon qui tire le premier avec un magnifique programme qui démarrera le 29 juin et ce jusqu’au 23 juillet.
Stéphane de Belleval
Jérôme Brunetière
Il y en aura pour tous les goûts, de la danse à l’opéra, de spectacles musicaux au cirque… En cette belle soirée, nombre de personnalités de la culture étaient présentes ainsi que les équipes des deux théâtres Chateauvallon-Liberté réunis autour d’une affiche originale signée de Jesus Cisneros en fond d’écran et de Stéphane de Belleval, directeur des relations avec le public. Le seul absent : Charles Berling, le grand patron de la scène nationale Liberté-Chateauvalln, car il était auprès de la famille Badinter. On se souvient qu’il avait incarné à l’écran Robert Badinter et avait tissé de liens avec lui. Et c’est par de l’opéra que démarrera la saison, les 29, 30 juin et 2 juillet. On le sait, l’Opéra est fermé pour travaux et les spectacles ont été disséminés un peu partout. Jérôme Brunetière, son directeur nous a annoncé deux ouvrages très méditerranéens puisqu’il s’agit de « Cavalleria Rusticana » de Pietro Mascagni et « Pagliacci » de Ruggero Leoncavallo, œuvres courtes souvent données ensemble. C’est l’Italienne Silvia Paoli qui en assurera la mise en scène et Valerio Gall qui dirigera l’orchestre et le chœur de l’Opéra de Toulon.
Exit Above
François Morel
Encore de la danse, du 18 au 20 juillet avec un immense hommage à Maurice Béjart que nous avions eu la chance rencontrer à Chateauvallon avec George Dunn. Le Béjart Ballet Lausanne s’installera donc quatre jours pour nous redonner le merveilleux « Boléro » de Ravel. Béjart en avait fait deux versions : masculine et féminine. On ne sait pas encore quelle sera la version proposée. Au même programme « L’oiseau de feu » de Stravinski et un hommage à Patrick Dupont proposé par Gil Roman « Alors on danse… ! » Du cirque pour terminer, le 23 juillet avec la compagnie circassienne Cicus Baobab qui nous proposera « Yé ! (L’eau) » autour de treize virtuoses venus de Conakry passant du corps à corps à la pyramide humaine sur fond de musiques africaines. Que voilà un programme alléchant ! Les réservations sont ouvertes, la billetterie dématérialisée également. A noter que le réseau Mistral proposera des navettes gratuites Toulon-Chateauvallon durant tout le festival. Que la fête commence pour fêter 60 ans d’un lieu magique né d’un génie nommé Henri Komatis.
Alors on danse
Circus Baobab
Jacques Brachet Je voudrais en profiter pour rendre hommage à un grand photographe et ami : Elian Bacchini qui nous a quittés voici quelques mois et qui a photographie tous les immenses danseurs et chorégraphes qui sont passés durant décennies à Chateauvallon. Grâce à lui tous les articles que j’ai pu écrire étaient illustrés de sublimes photos. Merci à lui.
Le Boléro de Ravel par la Compagnie Béjart-Lausanne
Benoît, Stéphane & Cynthia présentent le programme d’été de Chateauvallon 2024
« Femmes »… 22ème ! Eh oui, le festival varois a aujourd’hui 22 ans et, après loucha Dassa qui l’a créé, c’est, depuis quelques années, Luc Patentreger qui l’a repris de main de maître, mettant toujours dans les projecteurs, la femme dans tous ses états. Du Six N’Etoiles au Liberté en passant par le Casino Joa, le Royal, le centre Tisot, le centre Nelson Mandella ou encore le Chapiteau Circoscène, la femme est sur les écrans varois, venue de tous les pays, avec de belles ambassadrices telles que Virginie Peyre, présidente de l’association « Les amis de Romy » qui œuvre contre les violences faites aux enfants, Béatrice Metayer Chargée de mission politique de santé publique à Six-Fours et partie prenante de ce festival et celui-ci a été inauguré au Six N’Etoiles par la lumineuse comédienne Vahina Giocante. De racines corse et andalouse, ayant vécu à Aix-en-Provence, cette belle femme blonde au regard bleu horizon est on ne peut plus méditerranéenne. Après une carrière débutée à 13 ans, cet ex danseuse a tourné avec les plus grands réalisateurs : Benoit Jacquot, Claude Chabrol, Gabriel Aghion, François Ozon, Philippe Lellouche… et bien d’autres. Partenaire de Depardieu, Bruel, Emmanuelle Béart, Sandrine Bonnaire et aussi bien d’autres, elle a un jour décidé de tout arrêter pour aller se reposer, faire un retour sur elle-même et pour cela, elle a choisi Los Angeles où elle est restée sept ans. Sept ans de réflexion dit en riant l’invitée du festival
Soirée d’inauguration…
… Avec Luc Patentreger
Aujourd’hui elle s’en revient pleine d’usage et raison, pleine de projets, pleine d’énergie… Et toujours aussi belle !« Vahina, vous voilà redevenue méditerranéenne. Est-ce que cela vous a manqué ? Evidemment car mon cœur est attaché à la région. Ici, je me sens chez moi. Je me sens d’ailleurs chez moi sur tout le pourtour de la Méditerranée ! Aujourd’hui j’habite à Paris, après être passée sept ans aux Etats-Unis dont je suis revenue en mai dernier mais il se trouve que mon compagnon est de Nice et l’on se débrouille toujours pour venir y passer du temps. Votre premier amour n’a pas été le cinéma mais la danse… C’est vrai, ça a commencé par la danse à l’Opéra de Marseille, avec les ballets Roland Petit. La danse a été mon premier amour, je me rêvais en danseuse étoile, puis mon chemin a bifurqué. Pour l’avoir rencontré, Roland Petit n’était pas un gentil ! (Elle rit) Oui, bien sûr, mais la danse est un métier de rigueur. Il faut accepter d’être formatée pour ça, mais en même temps, c’est très constructif. C’est important d’avoir ce cadre très jeune. C’est beaucoup de travail et je suis partisane de la discipline. Sans cela on n’arrive pas à grand-chose. En tout cas, cette discipline m’a beaucoup aidée pour la suite. Elle m’a donné une structure. La danse ne vous a pas manqué ? Oui, beaucoup car ça m’a appris à avoir un rapport au corps. Il y a mille façons de marcher, de se mouvoir, de bouger, de se tenir. J’ai continué les pratiques de la danse, avec plus de souplesse, moins de rigidité.
« 99 francs » avec Jean Dujardin
« Secret défense »
« Bellamy » avec Gérard Depardieu
Alors, pourquoi avoir arrêté ? Parce qu’à 13 ans, on m’a proposé un premier rôle dans un film. J’en ai parlé à la directrice qui m’a dit de faire un choix : faire la belle devant une caméra ou être présente 22 heures par semaine pour m’entraîner ! Faire un choix si jeune a été un peu compliqué mais comme j’avais l’esprit rebelle, j’ai choisi le cinéma, la liberté, sans savoir où ça allait me mener. Mais c’est pareil en danse, devenir étoile n’est pas une promesse. Je ne regrette absolument pas d’avoir fait ce choix. Alors, ce premier film ? « Marie, baie des anges » de Manuel Pradal. Ce qui est drôle c’est que nous avons tourné dans les parages et il y a une scène où l’on voit en fond les deux frères… comme aujourd’hui ! Retour au bercail ! Après ce premier film ? Tout a continué, je me suis retrouvée face à Emmanuelle Béart et Sandrine Bonnaire dans « Voleur de vie » d’Yves Angelo, ont suivi « Le libertin » de Gabriel Aghion, « Pas de scandale » de Benoît Jacquot, tout a continué avec « Un lever de rideau » de François Ozon, « Bellamy » de Claude Chabrol… J’ai vraiment eu de la chance, sans jamais devoir frapper aux portes, même s’il y a quand même eu beaucoup de travail. Et tout s’est enchaîné jusqu’à mes 35 ans. Là j’en ai eu marre d’être toujours exposée sur les plateaux, dans les médias. J’ai voulu prendre du recul, savoir qui j’étais vraiment en dehors du cinéma. Et alors ? Je suis partie à Los Angeles pour me faire oublier, pour me retrouver… Plutôt pour me trouver, me découvrir. A Los Angeles il y a quelque chose de très léger, les gens sont accueillants et n’ont pas de jugement de valeur sur vous. C’était une page blanche pour moi, même si la page blanche pouvait être dangereuse. Mais ça m’a fait du bien.
Sept ans, c’est long ! (Elle rit) Sept ans de réflexion ! Ce qui m’a fait revenir en France et tourner de nouveau avec plaisir et gratitude. Avez-vous tourné là-bas ? Oui, dans des films indépendants, dans une autre langue, dans d’autres structures, d’autres façons de faire. Mais mon cœur est ici ! Vous n’aviez pas peur d’être oubliée ? Non, car je n’ai jamais été rongée par l’ambition. La célébrité ne m’a jamais vraiment excitée. J’ai toujours eu envie de jouer, de m’amuser. Et si l’on m’a oubliée, ce n’est pas grave. C’est même bien car aujourd’hui je ne suis plus la même, je suis plus solide, je me connais mieux. Je suis sereine et cette parenthèse, ça a été quelque chose d’extrêmement salvateur. Je prends les choses avec recul et j’ai des projets à moi ! Parlons-en Je n’ai pas encore envie d’en parler car c’est en phase de développement. Je vous en parlerai en temps utile ! Ce que je peux vous dire c’est que ce n’est pas seulement en tant que comédienne mais aussi scénariste, réalisatrice et possiblement productrice. J’ai plein d’envies, il y a mille manières de raconter des histoires. Jusqu’ici j’ai toujours raconté les histoires des autres, il est temps que je raconte mes propres histoires.
Bientôt sur les écrans : « Valensole 65 »
Depuis votre retour, une série est sortie ? Oui, « La jeune fille et la nuit » de Bill Eagles qui a d’ailleurs été tournée dans la région, et qui a eu une belle audience. Et puis, j’ai tourné dans un film « Valensole 65 », de Dominique Filhol, avec Mathias Van Khach. C’est tiré d’une histoire vraie où un couple d’agriculteurs a vu ou cru voir un engin au milieu de leurs lavandes, à Valensole le 1er juillet 65. On en a beaucoup parlé à l’époque. Parlons un peu de ce festival « Femmes » qui vous a amenée chez nous en tant qu’invitée. J’y ai été invitée par Virginie Peyre, qui est ambassadrice du festival. J’ai trouvé le concept extraordinaire car il y a de plus en plus de réalisatrices et qu’elles ont une façon différente de travailler. C’est pour moi un festival précurseur car on y voit les choses, les problèmes, la façon de faire de façon différente. Evidemment, au niveau des femmes, il y a encore beaucoup de travail mais on y arrive plus facilement par le dialogue. Ce genre d’événement nous offre la possibilité d’échanger et pas nécessairement en étant en colère, même si quelquefois il y a de quoi l’être. On a la chance que le cinéma soit pour les femmes un vecteur important. Au bout de sept ans d’absence, comment trouvez-vous le cinéma français ? Je le trouve encore vivant, diversifié, je pense qu’il a bien résisté à la pandémie. Il reste toutefois encore un peu frileux mais il n’est pas formaté. Il se tourne encore de belles œuvres. Je pense qu’en France nous sommes des chanceux et c’est de vivre aux Etats-Unis que ça m’a permis de m’en rendre compte ! Aujourd’hui je reprends le chemin de ce cinéma pour pouvoir explorer toutes mes envies avec plein d’autres bagages. »
Comme les mousquetaires, ils sont quatre : David Brécourt, Mélanie Page, Clémence Thioli, Benjamin Boyer. Quatre comédiens complices venus à Sanary pour présenter la pièce de Michaël Sadler « Brexit sentimental », mise en scène par Christophe Lidon. C’est dans le cadre de ce festival estival de Théâtre dont l’idée est venue de Claudine d’Arco, directrice du Théâtre Galli, qui a proposé à David de monter celui-ci et d’en devenir le parrain. Boris Soulage, de Prométhée Productions a tout de suite aimé l’idée et s’est associé à eux pour présenter, depuis trois ans, des pièces en plein air, dans le cadre de « Sanary sous les étoiles ». Mais le vent en ayant décidé autrement, c’est en fait au théâtre Galli que les pièces ont été jouées. Avec le succès que l’on sait. Rencontre avec nos quatre complices, qui n’a pas été sans bonne humeur ni rigolade.
David, Philippe, Mélanie et Christian Vadim
« Qui nous raconte l’histoire ? Mélanie : C’est moi qui m’y colle ! Il s’agit d’un couple d’Anglais qui rencontre un couple de Français le soir de l’élection du brexit. Ils vivent en France et c’est le choc des cultures. Ce sont deux couples en crise, en parallèle avec la crise en Angleterre et ils vont vivre des moments savoureux. Quelle est la genèse de cette pièce ? David : Le projet vient du metteur en scène, Christophe Lidon, qui a fait son casting. Mélanie était sur le coup depuis longtemps. Quand elle a vu la taille du rôle, elle s’est dit qu’elle ne pouvait pas passer à côté ! (rires). A partir de là, Christophe a choisi de petits comédiens pour l’entourer : Benjamin, Clémence… Et moi ! On a aussitôt formé une belle équipe et la pièce a eu un franc succès. Cet été nous ferons trois étapes : Sanary, Ramatuelle et Eze. Autre genèse : ce festival. David : J’en suis le parrain depuis trois ans suite à la proposition de Claudine et de la ville de Sanary… Et ça marche de mieux en mieux. Il faut se donner une ligne de conduite pour fidéliser le public. Avec Boris, nous choisissons les pièces et ici nous sommes plus sur un festival de comédies. Nous travaillons tous ensemble en ce sens. Depuis trois ans nous présentons trois spectacles. Nous espérons pouvoir en présenter quatre ou cinq dans les prochaines années. David et Mélanie, vous avez tous deux joué dans la série « Sous le soleil ». Vous étiez-vous rencontrés ? Mélanie : On s’était croisé, on se connaissait mais on n’y jouait pas ensemble. A l’époque, nous n’étions pas amis. Depuis, on s’est rapprochés et c’est notre quatrième pièce ensemble. Maintenant on se connaît très bien et je l’aime fort !
David : Moi aussi ! Mélanie : Redis-le plus fort ! Dans cette pièce, il joue mon mari mais il a tendance, comme tous les Français – c’est ce qu’on dit ! – à draguer sur tout ce qui bouge. Clémence : Et il a bon goût puisqu’il est attiré par moi qui suis une femme très pétillante (dans la pièce !), très extravertie, ce qui va créer des fictions entre les deux couples. Mélanie : Et comme je m’ennuie un peu, je vais aller vers son mari. Et vous, Benjamin ? Je suis un auteur qui a un peu de mal à écrire. Ma femme, qui est très exubérante, m’empêche quelque part de créer. Je cherche l’inspiration que je vais peut-être trouver en me rapprochant de cette jolie Française qui m’apporte un peu d’imprévu. Mélanie et Benjamin, vous avez dû prendre un accent anglais. C’était difficile ? Benjamin : Yes ! On essaie de parler le français comme des anglais mais comme je suis un intellectuel, je m’adapte et j’essaie de me faire comprendre. Mélanie : J’ai la chance d’être franco-anglaise, donc ça m’a été plus facile. Je me suis inspiré de l’accent de ma mère et je parle le français à la façon de Jane Birkin. Mélanie, à vos tout débuts vous avez démarré avec Shakespeare et Molière, excusez du peu ! Pui, j’avoue que ce n’est pas mal pour des débuts. J’ai joué « Roméo et Juliette » puis « l’avare » avec Francis Perrin. C’est beau de jouer des classiques. J’aimerais y revenir d’ailleurs. Justement, nous avons un petit projet tous les quatre. J’espère qu’il se réalisera. Benjamin, parlez-nous un peu de vous. J’ai surtout fait beaucoup de théâtre depuis trente ans. Avec David on se connaît depuis longtemps car nous avons tourné ensemble pour la télévision. Cette année j’ai joué « Le menteur » de Corneille au Petit Montparnasse 280 fois… Un beau succès .
Et vous Clémence ? Moi, je ne joue pas depuis trente ans mais j’ai aussi fait beaucoup de théâtre. J’ai joué avec Stéphane Freiss « Comédie romantique », justement mise en scène par Stéphane Lidon, puis j’ai participé à l’émission de France Inter « Affaires sensibles » que je reprendrai à la rentrée. David : Ce qu’elle ne dit pas c’est qu’elle a plusieurs cordes à son arc ! Clémence : Oui, je suis auteure, metteuse en scène. C’est vrai que j’adore les comédiens et j’aime autant jouer avec eux que les faire jouer ou écrire pour eux. David, quant à toi, tu es débordé de projets ! Déjà je fais ce festival à Sanary, j’en monte « Les Théâtrales d’Eze » où là, la programmation sera plus diversifiée, nous monterons des spectacles dans lesquels on peut rire, sourire, pleurer, être ému… Je serai à la rentrée aux Mathurins avec « En ce temps-là, l’amour » puis je jouerai un seul en scène à la Madeleine. Et « The mandalorian » ? Ah, tu sais ça ? C’est une série tirée de « Stars War » mais je n’y joue pas, je prête ma voix à un comédien de la série. C’est vrai, c’est inattendu mais j’aime varier les plaisirs. On m’appelle souvent à la télé mais ma passion reste le théâtre, jouer, mettre en scène… Avoir des projets divers, travailler avec des copains, être en osmose avec une équipe. Mélanie, on parlait tout-à-l ’heure de Molière et Shakespeare mais vous avez aussi joué avec Robert Hossein, Claude Lelouch, Luc Besson… C’est pas mal non plus ! J’avoue, j’avoue ! Ah, Hossein c’est une rencontre magnifique, aussi bien professionnelle qu’humaine. J’ai eu la chance de jouer deux fois avec lui, entant que metteur en scène mais aussi en tant qu’acteur. Il m’a beaucoup appris. Tous les soirs on jouait différemment, on jouait autre chose selon son humeur du jour. On ne savait jamais comment ça allait se passer. Ce pouvait être une comédie, un drame selon comment il avait vécu sa journée. Mais on le suivait avec plaisir car c’était un renouvellement permanent. Ça a été une très bonne école et il me manque beaucoup. J’avais une très grande tendresse pour lui.
Boris Soulage – David Brécourt – Claudine d’Arco
Et pour Besson et Lelouch ? J’avais un petit rôle dans « Jeanne d’Arc » mais de le voir travailler sur un plateau, c’était fascinant. Il tournait, tournait sans jamais couper puis il en extrayait de petits bouts. J’ai eu la même chose avec Lelouch mais là, il y avait beaucoup d’impro. Il laisse tourner la caméra puis il fait faire autre chose aux acteurs. C’est intéressant de travailler avec ces hommes-là. David, toi qui es ami avec Philippe Lellouche, as-tu entendu parler de son accident ? (Il rit) Les réseaux sociaux ont dit n’importe quoi, il n’y a jamais eu de sortie de route. Tout simplement il mangeait de la fêta allongé et a failli s’étrangler. C’est ça sa sortie de route ! Il était sur le point de s’étouffer. Heureusement, quelqu’un a réussi à lui remonter le plexus et il a pu recracher ! Il adore manger… et être couché comme dans les orgies de l’époque !!! Mélanie, on vous a vue dans la série « L’école de la vie » où vous avez un regard à faire peur ! Oui, j’ai adoré cette série et je me suis bien marrée, même si je ne souris jamais et je fais peur ! Dans la saison deux on est allé encore plus loin, il y a limite de la magie dans mon personnage. Elle fait peur à tout le monde et Mme Joubert est un rôle que j’ai beaucoup aimé interpréter. Sans compter que le tournage a été très joyeux » Joyeuse est le qualificatif qui désigne bien cette folle équipe qui a adoré flâner dans les rues de Sanary « une ville apaisante » précise David. Ils ont fait le marché des artisans le soir et David et Benjamin piétinaient pendant que les filles achetaient tout et n’importe quoi mais tout s’est passé dans les rires et la complicité. On a hâte de les revoir. Jacques Brachet
Il y a longtemps que l’on avait vu une salle déchaînée comme celle qui accueillait le prodige pianistique qu’est Sofiane Pamart. Mais avant la venue de la star, apparaissait sur scène Anabelle, issue de l’émission « La nouvelle star ». Sculpturale et belle, elle déboule avec de l’énergie à revendre, le rythme dans la peau, la voix superbe et elle accroche tout de suite le public tant elle est souriante et a le contact immédiat avec lui. Avec ses immenses tresses dont elle joue lascivement, elle nous chante la lune et le soleil, soleil qu’elle est elle-même. Il faut savoir happer le public lorsqu’on démarre un spectacle alors qu’il fait encore jour et qu’il est venu pour un autre artiste. Mais sa voix, sa beauté, son sourire, ses chansons qu’elle compose sur un rythme très actuel et surtout son dialogue avec le public nous ont séduits, totalement charmés. A suivre… De très près !
Et puis vient Sofiane Pamart qui semble arriver de la plage avec son bob, ses lunettes de soleil et sa chemise hawaïenne. Il s’avance lentement, sourit sous les applaudissements déjà bien nourris. Il s’assied au piano et, dès les premières notes, c’est l’enchantement. Ses doigts glissent sur le clavier, comme une caresse, avec légèreté et une grande dextérité. C’est du « classique » pur jus et l’on est déjà sous le charme. Mais alors qu’on se laisse bercer par sa musique intimiste, un coup de tonnerre explose et le batteur nous annonce une autre musique et piano et batterie mettent aussitôt le public en transe. Une orgie de rythme, nous submerge, appuyée par des images qui nous laissent voir « de près » ses mains qui dansent sur les notes, entremêlées de celles du batteur et d’images animées oniriques et superbes.
L’ensemble nous entraîne dans un autre monde. C’est de la haute voltige et il nous fait passer du romantisme au hip hop, du rap à la musique arabisante, il nous fait voyager et le public le suit avec bonheur. Sans dire un mot de tout le spectacle, il se lève, fait lever le public qui n’attend que ça et qui tape frénétiquement dans les mains avec lui, totalement subjugué. C’est presque irréel et on est totalement sous le charme de cet artiste hors du commun qu’on ne veut plus laisser partir. Une voix s’élève : « Reviens, on n’en a… pas marre !!! » Il y a longtemps que je n’avais vu un tel engouement pour un artiste qui ne chante pas et l’on se dit que, lorsque le talent est là, un piano et une batterie… Ca suffit largement ! Un moment magique : lorsque, du piano, il s’installe au synthétiseur et nous joue une partition qui semble émaner de Brahms… Impressionnant ! Ce fut une soirée à laquelle il y a longtemps que je n’avais participé, pleine de talent, d’énergie et de folie, à l’unisson d’un public déchaîné. Un pianiste venu d’ailleurs dont on se souviendra longtemps.
En pleine saison de la programmation « Sanary sous les étoiles », alors qu’il y manquait quelque chose, Claudine d’Arco, directrice du théâtre Galli de Sanary, a décidé d’y ajouter du théâtre. Il est vrai qu’à part le festival de Ramatuelle et après l’abandon du Théâtre In Situ de Carqueiranne, les amateurs de théâtre étaient quelque peu frustrés. C’est ainsi que Claudine a demandé à un comédien d’organiser un mini-festival. Ce comédien est connu des téléspectateurs pour avoir, durant quelques années, joué dans la série « Sous le soleil » puis, après quelques beaux rôles à la télé, s’est acoquiné avec l’équipe Lellouche-Vadim-Gélin pour nous offrir une série de pièces à succès ; « Le Jeu de la vérité, « L’appel de Londres », « Boire, fumer et conduire vite », « Le temps qui reste ».
Beau palmarès, et il a très vite été convaincu de venir tous les étés parrainer ce festival et même y jouer. Le voici donc entre Eze, où il prépare aussi un festival de théâtre et Sanary où il présente trois pièces dont la première a eu lieu mercredi soir : « Pour le meilleur », jouée par ceux qui l’ont écrite : Arnaud Gidoin et Gaëlle Gauthier. En présence du maire, Daniel Alsters, de nombreux élus, Arnaud a présenté la pièce lors d’un très sympathique cocktail, avant de faire rire le théâtre qui, à cause du vent, recevait la pièce impossible à jouer à l’extérieur. Ce qui, entre nous, n’était pas plus mal.
David présenta alors les deux autres pièces, la seconde étant de Michaël Sadler « Brexit sentimental », qu’il interprètera avec Mélanie Page le 31 juillet « sous le soleil » si le vent décide de s’apaiser ! Le 1er août, Manon Gauthier et Mila Michaël entre autres, nous proposeront la pièce « Gazon Maudit », tirée du film de Josiane Balasko. Toute l’équipe était heureuse de se retrouver pour la troisième saison à Sanary et Claudine et David espèrent faire évoluer ce festival en y ajoutant des dates l’an prochain. On y sera !