
Olga Jegunova est une pianiste internationale qui a choisi de poser ses valises dans le Sud de la France, où elle vit avec sa famille entre Hyères et Paris. Ggrâce au maire de Solliès-Pont, André Garon, et son adjointe à la Culture Marie-Aurore Smadja elle a créé un festival « Les Nocturnes à Solliès-Pont » dont la troisième édition aura lieu cette année
Belle musicienne à l’accent russe et musical, on ne pouvait que la rencontrer !
« Olga, parlez-nous de vos origines…
Je suis lettone, née en Lituanie et donc russophone. Au milieu de tout cela, il a fallu que je me trouver une vraie identité, ce qui n’a pas été facile !
Le piano, c’est venu comment ?
Dès cinq, six ans j’ai commencé à faire des concours, des concerts. J’ai travaillé beaucoup mais c’était une passion. Le piano est devenu ma vie quotidienne et je pensais alors que c’était une vie « normale » ! Je n’ai pas eu le temps de me rendre compte que c’était un vrai travail, d’autant que ma mère était aussi pianiste.
Elle vous a donc poussée dans cet art ?
Pas vraiment mais elle me faisait travailler. Je me souviens avoir travaillé sur une œuvre de Schumann dont je n’arrivais pas à trouver la bonne expression. Avec beaucoup d’attention de sa part, elle m’a expliqué que si l’on n’était pas touchée par la musique, ce n’était pas la peine de continuer. Et elle a vu que j’étais touchée par la musique.
Combien d’heures passez-vous au piano ?
Au moins deux à trois heures par jour mais si j’ai un concert ce peut être cinq à six heures ! Et le reste du temps… Je joue au lego avec mes deux enfants ! Je passe du noir et blanc à la couleur !
Comment-êtes-vous venue à créer ce festival à Solliès-Pont ?
A la suite d’un concert, le maire me l’a proposé. Je trouvais intéressant de me trouver de l’autre côté d’un festival, non plus pour seulement jouer mais pour l’organiser, d’abord pour le public mais aussi pour les musiciens. Nous sommes toujours stressés avant un concert et j’avais envie de les guider, de les accompagner. Ça m’a également beaucoup aidée, beaucoup apporté et je voulais que la musique classique ne soit plus élitiste, qu’elle soit accessible au plus grand public possible.
Déjà, lorsque je donne un concert, entre deux morceaux, j’aime parler au public, raconter, expliquer, être proche de lui.

Vous vivez donc entre Hyères et Paris aujourd’hui. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de vous installe en France ?
Je vivais à Londres puis il y a eu le Covid, qui a été un drame pour tout le monde entre autres pour nous les artistes puisqu’on ne pouvait plus travailler. Je suis venue dans la région pour y trouver un refuge, de nouvelles racines que je n’avais pas. J’ai découvert la nature, le climat, des gens gentils et j’ai décidé que ce serait parfait pour nous et mes deux petits anges, après avoir travaillé dans le monde entier.
La France est donc devenue votre nouvelle patrie ?
Exactement et le Sud en particulier. J’ai retrouvé, sinon mes racines, du moins mon chemin, ma maison, une famille.
Depuis deux ans, vous avez donc créé ce festival qui, sera, cet été, la troisième mouture…
Oui, les deux premiers ont bien marché dans un cadre de rêve et de plus, j’ai rencontré des gens magnifiques, comme cette chorale « Sur tous les tons » formée de bénévoles, que j’aime, que j’accompagne, avec qui je travaille aujourd’hui et qui fait partie du festival.
Il y a eu également la rencontre avec notre ami Charles Berling…
Ah Charles ! Ça a été une belle rencontre. Je l’ai connu grâce à l’opéra de Toulon et il est venu participer au festival l’an dernier.
Vous avez aussi ajouté du jazz dans votre festival !
Pas de jazz cette année, malheureusement…Néanmoins, en 2026 y aura un pianiste légendaire Christian Zacharias,le mime Benoît Turjman, un concert pour présenter de jeunes talents, les spectacles musicaux pour les enfants “Le petit prince” et le “Ti-train” et un concert en partenariat avec l’Opéra de Toulon des chanteurs lyriques Kaarin Cecilia Phelps et Emmanuelle Demuyter.
En dehors du festival, nous aurons le plaisir de découvrir votre nouvel album ?
Oui, ce sera mon sixième et il sera consacré à un compositeur géorgien : Giya Kancheli.
C’est une musique pleine d’espoir et dans cette période très difficile c’était quelque chose de très important pour moi. »
Programme des Nocturnes de Solliès-Pont
Mardi 30 juin 21h, cour du château Forbin : Récital de piano par Christian Zacharias
Mercredi 1er juillet 17h, Médiathèque René Char : « Le petit prince », narration, avec Pierrick Grillet et Olga Jegunova
Mercredi 1er juillet 21h, cour du château Forbin : Musique de chambre avec Christian Zacharias, Benoît Salmon (Violon), François Mereaux (Alto), Delphine Perrone (Violoncelle) Jphanna Sans (Contrebasse)
Jeudi 2 juillet 19h, Médiathèque René Char : Les voix de demain – Concert jeunes talents du conservatoire à rayonnement régional TPM
Vendredi 3 juillet 21h30, cour du château Forbin : « Piano et pantomime » avec Olga Jegunova et Benoît Turjman
Samedi 4 juillet 10h30, Médiathèque René Char : « Abracadabra Musiques » Spectacle musical pour enfants
Samedi 4 juillet 21h30, Cour du château Forbin : En partenariat avec l’Opéra de Toulon, Kaarin Cecilia Phelps (Soprano), Hugeau Philippeau (Piano) et la participation d’Emmanuelle Demuyter (Soprano). Concert de chant lyrique et première mondiale d’une nouvelle composition de Nolan Monnet
Propos recueillis par Jacques Brachet



































































