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CHATEAUVALLON… 60 ans !


Déjà…
Que de souvenirs pour des gens comme moi qui ont vu naître Chateauvallon. Que de soirées passées à la belle étoile, les fesses endolories par les pierres encore chaude, mais heureux de voir le nec plus ultra du jazz, du théâtre, de la danse… 2025 sera donc la soixantième année de sa création.
Et voilà que nous est annoncée la programmation de cet été. C’est donc Chateauvallon qui tire le premier avec un magnifique programme qui démarrera le 29 juin et ce jusqu’au 23 juillet.

Stéphane de Belleval
Jérôme Brunetière

Il y en aura pour tous les goûts, de la danse à l’opéra, de spectacles musicaux au cirque…
En cette belle soirée, nombre de personnalités de la culture étaient présentes ainsi que les équipes des deux théâtres Chateauvallon-Liberté réunis autour d’une affiche originale signée de Jesus Cisneros en fond d’écran et de Stéphane de Belleval, directeur des relations avec le public.
Le seul absent : Charles Berling, le grand patron de la scène nationale Liberté-Chateauvalln, car il était auprès de la famille Badinter. On se souvient qu’il avait incarné à l’écran Robert Badinter et avait tissé de liens avec lui.
Et c’est par de l’opéra que démarrera la saison, les 29, 30 juin et 2 juillet. On le sait, l’Opéra est fermé pour travaux et les spectacles  ont été disséminés un peu partout. Jérôme Brunetière, son directeur  nous a annoncé deux ouvrages très méditerranéens puisqu’il s’agit de « Cavalleria Rusticana » de Pietro Mascagni et « Pagliacci » de Ruggero Leoncavallo, œuvres courtes souvent données ensemble. C’est l’Italienne Silvia Paoli qui en assurera la mise en scène et Valerio Gall qui dirigera l’orchestre et le chœur de l’Opéra de Toulon.

Exit Above
François Morel

Encore de la danse, du 18 au 20 juillet avec un immense hommage à Maurice Béjart que nous avions eu la chance rencontrer à Chateauvallon avec George Dunn. Le Béjart Ballet Lausanne s’installera donc quatre jours pour nous redonner le merveilleux « Boléro » de Ravel. Béjart en avait fait deux versions : masculine et féminine. On ne sait pas encore quelle sera la version proposée. Au même programme « L’oiseau de feu » de Stravinski et un hommage à Patrick Dupont proposé par Gil Roman « Alors on danse… ! »
Du cirque pour terminer, le 23 juillet avec la compagnie circassienne Cicus Baobab qui nous proposera « Yé ! (L’eau) » autour de treize virtuoses venus de Conakry passant du corps à corps à la pyramide humaine sur fond de musiques africaines.
Que voilà un programme alléchant ! Les réservations sont ouvertes, la billetterie dématérialisée également.
A noter que le réseau Mistral proposera des navettes gratuites Toulon-Chateauvallon durant tout le festival.
Que la fête commence pour fêter 60 ans d’un lieu magique né d’un génie nommé Henri Komatis.

Alors on danse
Circus Baobab

Jacques Brachet
Je voudrais en profiter pour rendre hommage à un grand photographe et ami : Elian Bacchini qui nous a quittés voici quelques mois et qui a photographie tous les immenses danseurs et chorégraphes qui sont passés durant décennies à Chateauvallon. Grâce à lui  tous les articles que j’ai pu écrire étaient illustrés de sublimes photos.
Merci à lui.

Le Boléro de Ravel par la Compagnie Béjart-Lausanne
Benoît, Stéphane & Cynthia présentent le programme d’été de Chateauvallon 2024

Vahina GIOCANTE… Sept ans de réflexion


« Femmes »… 22ème !
Eh oui, le festival varois a aujourd’hui 22 ans et, après loucha Dassa qui l’a créé, c’est, depuis quelques années, Luc Patentreger qui l’a repris de main de maître, mettant toujours dans les projecteurs, la femme dans tous ses états.
Du Six N’Etoiles au Liberté en passant par le Casino Joa, le Royal, le centre Tisot, le centre Nelson Mandella ou encore le Chapiteau Circoscène, la femme est sur les écrans varois, venue de tous les pays, avec de belles ambassadrices telles que Virginie Peyre, présidente de l’association « Les amis de Romy » qui œuvre contre les violences faites aux enfants, Béatrice Metayer Chargée de mission politique de santé publique à Six-Fours et partie prenante de ce festival et celui-ci  a été inauguré au Six N’Etoiles par la lumineuse comédienne Vahina Giocante.
De racines corse et andalouse, ayant vécu à Aix-en-Provence, cette belle femme blonde au regard bleu horizon est on ne peut plus méditerranéenne. Après une carrière débutée à 13 ans, cet ex danseuse a tourné avec les plus grands réalisateurs : Benoit Jacquot, Claude Chabrol, Gabriel Aghion, François Ozon, Philippe Lellouche… et bien d’autres.
Partenaire de Depardieu, Bruel, Emmanuelle Béart, Sandrine Bonnaire et aussi bien d’autres, elle a un jour décidé de tout arrêter pour aller se reposer, faire un retour sur elle-même et pour cela, elle a choisi Los Angeles où elle est restée sept ans. Sept ans de réflexion dit en riant l’invitée du festival

Soirée d’inauguration…
… Avec Luc Patentreger

Aujourd’hui elle s’en revient pleine d’usage et raison, pleine de projets, pleine d’énergie… Et toujours aussi belle !« Vahina, vous voilà redevenue méditerranéenne. Est-ce que cela vous a manqué ?
Evidemment car mon cœur est attaché à la région. Ici, je me sens chez moi. Je me sens d’ailleurs chez moi sur tout le pourtour de la Méditerranée !
Aujourd’hui j’habite à Paris, après être passée sept ans aux Etats-Unis dont je suis revenue en mai dernier mais il se trouve que mon compagnon est de Nice et l’on se débrouille toujours pour venir y passer du temps.
Votre premier amour n’a pas été le cinéma mais la danse…
C’est vrai, ça a commencé par la danse à l’Opéra de Marseille, avec les ballets Roland Petit. La danse a été mon premier amour, je me rêvais en danseuse étoile, puis mon chemin a bifurqué.
Pour l’avoir rencontré, Roland Petit n’était pas un gentil !
(Elle rit) Oui, bien sûr, mais la danse est un métier de rigueur. Il faut accepter d’être formatée pour ça, mais en même temps, c’est très constructif. C’est important d’avoir ce cadre très jeune. C’est beaucoup de travail et je suis partisane de la discipline. Sans cela on n’arrive pas à grand-chose. En tout cas, cette discipline m’a beaucoup aidée pour la suite. Elle m’a donné une structure.
La danse ne vous a pas manqué ?
Oui, beaucoup car ça m’a appris à avoir un rapport au corps. Il y a mille façons de marcher, de se mouvoir, de bouger, de se tenir. J’ai continué les pratiques de la danse, avec plus de souplesse, moins de rigidité.

« 99 francs » avec Jean Dujardin
« Secret défense »
« Bellamy » avec Gérard Depardieu

Alors, pourquoi avoir arrêté ?
Parce qu’à 13 ans, on m’a proposé un premier rôle dans un film. J’en ai parlé à la directrice qui m’a dit de faire un choix : faire la belle devant une caméra ou être présente 22 heures par semaine pour m’entraîner ! Faire un choix si jeune a été un peu compliqué mais comme j’avais l’esprit rebelle, j’ai choisi le cinéma, la liberté, sans savoir où ça allait me mener. Mais c’est pareil en danse, devenir étoile n’est pas une promesse. Je ne regrette absolument pas d’avoir fait ce choix.
Alors, ce premier film ?
« Marie, baie des anges » de Manuel Pradal. Ce qui est drôle c’est que nous avons tourné dans les parages et il y a une scène où l’on voit en fond les deux frères… comme aujourd’hui ! Retour au bercail !
Après ce premier film ?
Tout a continué, je me suis retrouvée face à Emmanuelle Béart et Sandrine Bonnaire dans « Voleur de vie » d’Yves Angelo, ont suivi « Le libertin » de Gabriel Aghion, « Pas de scandale » de Benoît Jacquot, tout a continué avec « Un lever de rideau » de  François Ozon, « Bellamy » de Claude Chabrol… J’ai vraiment eu de la chance, sans jamais devoir frapper aux portes, même s’il y a quand même eu beaucoup de travail. Et tout s’est enchaîné jusqu’à mes 35 ans. Là j’en ai eu marre d’être toujours exposée sur les plateaux, dans les médias. J’ai voulu prendre du recul, savoir qui j’étais vraiment en dehors du cinéma.
Et alors ?
Je suis partie à Los Angeles pour me faire oublier, pour me retrouver… Plutôt pour me trouver,  me découvrir. A Los Angeles il y a quelque chose de très léger, les gens sont accueillants et n’ont pas de jugement de valeur sur vous. C’était une page blanche pour moi, même si la page blanche pouvait être dangereuse. Mais ça m’a fait du bien.

Sept ans, c’est long !
(Elle rit) Sept ans de réflexion ! Ce qui m’a fait revenir en France et tourner de nouveau avec plaisir et gratitude.
Avez-vous tourné là-bas ?
Oui, dans des films indépendants, dans une autre langue, dans d’autres structures, d’autres façons de faire. Mais mon cœur est ici !
Vous n’aviez pas peur d’être oubliée ?
Non, car je n’ai jamais été rongée par l’ambition. La célébrité ne m’a jamais vraiment excitée. J’ai toujours eu envie de jouer, de m’amuser. Et si l’on m’a oubliée, ce n’est pas grave. C’est même bien car aujourd’hui je ne suis plus la même, je suis plus solide, je me connais mieux. Je suis sereine et cette parenthèse, ça a été quelque chose d’extrêmement salvateur. Je prends les choses avec recul et j’ai des projets à moi !
Parlons-en
Je n’ai pas encore envie d’en parler car c’est en phase de développement. Je vous en parlerai en temps utile ! Ce que je peux vous dire c’est que ce n’est pas seulement en tant que comédienne mais aussi scénariste, réalisatrice et possiblement productrice.
J’ai plein d’envies, il y a mille manières de raconter des histoires. Jusqu’ici j’ai toujours raconté les histoires des autres, il est temps que je raconte mes propres histoires.


Bientôt sur les écrans : « Valensole 65 »

Depuis votre retour, une série est sortie ?
Oui, « La jeune fille et la nuit » de Bill Eagles qui a d’ailleurs été tournée dans la région, et qui a eu une belle audience. Et puis, j’ai tourné dans un film « Valensole 65 », de Dominique Filhol, avec Mathias Van Khach. C’est tiré d’une histoire vraie où un couple d’agriculteurs a vu ou cru voir un engin au milieu de leurs lavandes, à Valensole le 1er juillet 65. On en a beaucoup parlé à l’époque.
Parlons un peu de ce festival « Femmes » qui vous a amenée chez nous en tant qu’invitée.
J’y ai été invitée par Virginie Peyre, qui est ambassadrice du festival. J’ai trouvé le concept extraordinaire car il y a de plus en plus de réalisatrices et qu’elles ont une façon différente de travailler. C’est pour moi un festival précurseur car on y voit les choses, les problèmes, la façon de faire de façon différente. Evidemment, au niveau des femmes, il y a encore beaucoup de travail mais on y arrive plus facilement par le dialogue. Ce genre d’événement nous offre la possibilité d’échanger et pas nécessairement en étant en colère, même si quelquefois il y a de quoi l’être. On a la chance que le cinéma soit pour les femmes un vecteur important.
Au bout de sept ans d’absence, comment trouvez-vous le cinéma français ?
Je le trouve encore vivant, diversifié, je pense qu’il a bien résisté à la pandémie. Il reste toutefois encore un peu frileux mais il n’est pas formaté. Il se tourne encore de belles œuvres. Je pense qu’en France nous sommes des chanceux et c’est de vivre aux Etats-Unis que ça m’a permis de m’en rendre compte !
Aujourd’hui je reprends le chemin de ce cinéma pour pouvoir explorer toutes mes envies avec plein d’autres bagages. »

Propos recueillis par Jacques Brachet

Leïla Messaï, Virginie Peyre, Vahina Giocante, Luc et Martine Patentreger, Hicham Mrabit


Sanary – Festival de Théâtre
David Brécourt et sa bande des quatre…


Comme les mousquetaires, ils sont quatre : David Brécourt, Mélanie Page, Clémence Thioli, Benjamin Boyer. Quatre comédiens complices venus à Sanary pour présenter la pièce de  Michaël Sadler « Brexit sentimental », mise en scène par Christophe Lidon.
C’est dans le cadre de ce festival estival de Théâtre dont l’idée est venue de Claudine d’Arco, directrice du Théâtre Galli, qui a proposé à David de monter celui-ci et d’en devenir le parrain. Boris Soulage, de Prométhée Productions a tout de suite aimé l’idée et s’est associé à eux pour présenter, depuis trois ans, des pièces en plein air, dans le cadre de « Sanary sous les étoiles ». Mais le vent en ayant décidé autrement, c’est en fait au théâtre Galli que les pièces ont été jouées. Avec le succès que l’on sait.
Rencontre avec nos quatre complices, qui n’a pas été sans bonne humeur ni rigolade.

David, Philippe, Mélanie et Christian Vadim

« Qui nous raconte l’histoire ?
Mélanie :
C’est moi qui m’y colle ! Il s’agit  d’un couple d’Anglais qui rencontre un couple de Français le soir de l’élection du brexit. Ils vivent en France et c’est le choc des cultures. Ce sont deux couples en crise, en parallèle avec la crise en Angleterre et ils vont vivre des moments savoureux.
Quelle est la genèse de cette pièce ?
David : Le projet vient du metteur en scène, Christophe Lidon, qui a fait son casting. Mélanie était sur le coup depuis longtemps. Quand elle a vu la taille du rôle, elle s’est dit qu’elle ne pouvait pas passer à côté ! (rires). A partir de là, Christophe a choisi de petits comédiens pour l’entourer : Benjamin, Clémence… Et moi ! On a aussitôt formé une belle équipe et la pièce a eu un franc succès. Cet été nous ferons trois étapes : Sanary, Ramatuelle et Eze.
Autre genèse : ce festival.
David : J’en suis le parrain depuis trois ans suite à la proposition de Claudine et de la ville de Sanary… Et ça marche de mieux en mieux. Il faut se donner une ligne de conduite pour fidéliser le public. Avec Boris, nous choisissons les pièces et ici nous sommes plus sur un festival de comédies. Nous travaillons tous ensemble en ce sens. Depuis trois ans nous présentons trois spectacles. Nous espérons pouvoir en présenter quatre ou cinq dans les prochaines années.
David et Mélanie, vous avez tous deux joué dans la série « Sous le soleil ». Vous étiez-vous rencontrés ?
Mélanie : On s’était croisé, on se connaissait mais on n’y jouait pas ensemble. A l’époque, nous n’étions pas amis. Depuis, on s’est rapprochés et c’est notre quatrième pièce ensemble. Maintenant on se connaît très bien et je l’aime fort !

David : Moi aussi !
Mélanie : Redis-le plus fort !
Dans cette pièce, il joue mon mari mais il a tendance, comme tous les Français – c’est ce qu’on dit ! – à draguer sur tout ce qui bouge.
Clémence : Et il a bon goût puisqu’il est attiré par moi qui suis une femme très pétillante (dans la pièce !), très extravertie, ce qui va créer des fictions entre les deux couples.
Mélanie : Et comme je m’ennuie un peu, je vais aller vers son mari.
Et vous, Benjamin ?
Je suis un auteur qui a un peu de mal à écrire. Ma femme, qui est très exubérante, m’empêche quelque part de créer. Je cherche l’inspiration que je vais peut-être trouver en me rapprochant de cette jolie Française qui m’apporte un peu d’imprévu.
Mélanie et Benjamin, vous avez dû prendre un accent anglais. C’était difficile ?
Benjamin : Yes ! On essaie de parler le français comme des anglais mais comme je suis un intellectuel, je m’adapte et j’essaie de me faire comprendre.
Mélanie : J’ai la chance d’être franco-anglaise, donc ça m’a été plus facile. Je me suis inspiré de l’accent de ma mère et je parle le français à la façon de Jane Birkin.
Mélanie, à vos tout débuts vous avez démarré avec Shakespeare et Molière, excusez du peu !
Pui, j’avoue que ce n’est pas mal pour des débuts. J’ai joué « Roméo et Juliette » puis « l’avare » avec Francis Perrin. C’est beau de jouer des classiques. J’aimerais y revenir d’ailleurs. Justement, nous avons un petit projet tous les quatre. J’espère qu’il se réalisera.
Benjamin, parlez-nous un peu de vous.
J’ai surtout fait beaucoup de théâtre depuis trente ans. Avec David on se connaît depuis longtemps car nous avons tourné ensemble pour la télévision. Cette année j’ai joué « Le menteur » de Corneille au Petit Montparnasse 280 fois… Un beau succès .

Et vous Clémence ?
Moi, je ne joue pas depuis trente ans  mais j’ai aussi fait beaucoup de théâtre. J’ai joué avec Stéphane Freiss « Comédie romantique », justement mise en scène par Stéphane Lidon, puis j’ai participé à l’émission de France Inter « Affaires sensibles » que je reprendrai à la rentrée.
David : Ce qu’elle ne dit pas c’est qu’elle a plusieurs cordes à son arc !
Clémence : Oui, je suis auteure, metteuse en scène. C’est vrai que j’adore les comédiens et j’aime autant jouer avec eux que les faire jouer ou écrire pour eux.
David, quant à toi, tu es débordé de projets !
Déjà je fais ce festival à Sanary, j’en monte « Les Théâtrales d’Eze » où là, la programmation sera plus diversifiée, nous monterons des spectacles dans lesquels on peut rire, sourire, pleurer, être ému… Je serai à la rentrée aux Mathurins avec « En ce temps-là, l’amour » puis je jouerai un seul en scène à la Madeleine.
Et « The mandalorian » ?
Ah, tu sais ça ?
C’est une série tirée de « Stars War » mais je n’y joue pas, je prête ma voix à un comédien de la série. C’est vrai, c’est inattendu mais j’aime varier les plaisirs. On m’appelle souvent à la télé mais ma passion reste le théâtre, jouer, mettre en scène… Avoir des projets divers, travailler avec des copains, être en osmose avec une équipe.
Mélanie, on parlait tout-à-l ’heure de Molière et Shakespeare mais vous avez aussi joué avec Robert Hossein, Claude Lelouch, Luc Besson… C’est pas mal non plus !
J’avoue, j’avoue ! Ah, Hossein c’est une rencontre magnifique, aussi bien professionnelle qu’humaine. J’ai eu la chance de jouer deux fois avec lui, entant que metteur en scène mais aussi en tant qu’acteur. Il m’a beaucoup appris. Tous les soirs on jouait différemment, on jouait autre chose selon son humeur du jour. On ne savait jamais comment ça allait se passer. Ce pouvait être une comédie, un drame selon comment il avait vécu sa journée. Mais on le suivait avec plaisir car c’était un renouvellement permanent. Ça a été une très bonne école et il me manque beaucoup. J’avais une très grande tendresse pour lui.

Boris Soulage – David Brécourt – Claudine d’Arco

Et pour Besson et Lelouch ?
J’avais un petit rôle dans « Jeanne d’Arc » mais de le voir travailler sur un plateau, c’était fascinant. Il tournait, tournait sans jamais couper puis il en extrayait de petits bouts. J’ai eu la même chose avec Lelouch mais là, il y avait beaucoup d’impro. Il laisse tourner la caméra puis il fait faire autre chose aux acteurs. C’est intéressant de travailler avec ces hommes-là.
David, toi qui es ami avec Philippe Lellouche, as-tu entendu parler de son accident ?
(Il rit) Les  réseaux sociaux ont dit n’importe quoi, il n’y a jamais eu de sortie de route. Tout simplement il mangeait de la fêta allongé et a failli s’étrangler. C’est ça sa sortie de route ! Il était sur le point de s’étouffer. Heureusement, quelqu’un a réussi à lui remonter le plexus et il a pu recracher ! Il adore manger… et être couché comme dans les orgies de l’époque !!!
Mélanie, on vous a vue dans la série « L’école de la vie » où vous avez un regard à faire peur !
Oui, j’ai adoré cette série et je me suis bien marrée, même si je ne souris jamais et je fais peur ! Dans la saison deux on est allé encore plus loin, il y a limite de la magie dans mon personnage. Elle fait peur à tout le monde et Mme Joubert est un rôle que j’ai beaucoup aimé interpréter. Sans compter que le tournage a été très joyeux »
Joyeuse est le qualificatif qui désigne bien cette folle équipe qui a adoré flâner dans les rues de Sanary « une ville apaisante » précise David. Ils ont fait le marché des artisans le soir et David et Benjamin piétinaient pendant que les filles achetaient tout et n’importe quoi mais tout s’est passé dans les rires et la complicité.
On a hâte de les revoir.
Jacques Brachet

Solliès-Pont – Festival du Château
Sofiane PAMART, un pianiste venu d’ailleurs


Il y a longtemps que l’on avait vu une salle déchaînée comme celle qui accueillait le prodige pianistique qu’est Sofiane Pamart.
Mais avant la venue de la star, apparaissait sur scène Anabelle, issue de l’émission « La nouvelle star ».
Sculpturale et belle, elle déboule avec de l’énergie à revendre, le rythme dans la peau, la voix superbe et elle accroche tout de suite le public tant elle est souriante et a le contact immédiat avec lui. Avec ses immenses tresses dont elle joue lascivement, elle nous chante la lune et le soleil, soleil qu’elle est elle-même.
Il faut savoir happer le public lorsqu’on démarre un spectacle alors qu’il fait encore jour et qu’il est venu pour un autre artiste. Mais sa voix, sa beauté, son sourire, ses chansons qu’elle compose sur un rythme très actuel et surtout son dialogue avec le public nous ont séduits, totalement charmés.
A suivre… De très près !

Et puis vient Sofiane Pamart qui semble arriver de la plage avec son bob, ses lunettes de soleil et sa chemise hawaïenne. Il s’avance lentement, sourit sous les applaudissements déjà bien nourris.
Il s’assied au piano et, dès les premières notes, c’est l’enchantement. Ses doigts glissent sur le clavier, comme une caresse, avec légèreté et une grande dextérité. C’est du « classique » pur jus et l’on est déjà sous le charme.
Mais alors qu’on se laisse bercer par sa musique intimiste, un coup de tonnerre explose et le batteur nous annonce une autre musique et piano et batterie mettent aussitôt le public en transe. Une orgie de rythme, nous submerge, appuyée par des images qui nous laissent voir « de près » ses mains qui dansent sur les notes, entremêlées de celles du batteur et d’images animées oniriques et superbes.


L’ensemble nous entraîne dans un autre monde. C’est de la haute voltige et il nous fait passer du romantisme au hip hop, du rap à la musique arabisante, il nous fait voyager et le public le suit avec bonheur.
Sans dire un mot de tout le spectacle, il se lève, fait lever le public qui n’attend que ça et qui tape frénétiquement dans les mains avec lui, totalement subjugué.
C’est presque irréel et on est totalement sous le charme de cet artiste hors du commun qu’on ne veut plus laisser partir.
Une voix s’élève : « Reviens, on n’en a… pas marre !!! »
Il y a longtemps que je n’avais vu un tel engouement pour un artiste qui ne chante pas et l’on se dit que, lorsque le talent est là, un piano et une batterie… Ca suffit largement !
Un moment magique : lorsque, du piano, il s’installe au synthétiseur et nous joue une partition qui semble émaner de Brahms… Impressionnant !
Ce fut une soirée à laquelle il y a longtemps que je n’avais participé, pleine de talent, d’énergie et de folie, à l’unisson d’un public déchaîné.
Un pianiste venu d’ailleurs dont on se souviendra longtemps.

Jacques Brachet

Sanary
Festival de théâtre : Les trois coups ont été frappés

David Brécourt – Arnaud Gidoin – Gaëlle Gauthier

En pleine saison de la programmation « Sanary sous les étoiles », alors qu’il y manquait quelque chose, Claudine d’Arco, directrice du théâtre Galli de Sanary, a décidé d’y ajouter du théâtre.
Il est vrai qu’à part le festival de Ramatuelle et après l’abandon du Théâtre In Situ de Carqueiranne, les amateurs de théâtre étaient quelque peu frustrés.
C’est ainsi que Claudine a demandé à un comédien d’organiser un mini-festival.
Ce comédien est connu des téléspectateurs pour avoir, durant quelques années, joué dans la série « Sous le soleil » puis, après quelques beaux rôles à la télé, s’est acoquiné avec l’équipe Lellouche-Vadim-Gélin pour nous offrir une série de pièces à succès ; « Le Jeu de la vérité, « L’appel de Londres », « Boire, fumer et conduire vite », « Le temps qui reste ».

Beau palmarès, et il a très vite été convaincu de venir tous les étés parrainer ce festival et même y jouer.
Le voici donc entre Eze, où il prépare aussi un festival de théâtre et Sanary où il présente trois pièces dont la première a eu lieu mercredi soir : « Pour le meilleur », jouée par ceux qui l’ont écrite : Arnaud Gidoin et Gaëlle Gauthier. En présence du maire, Daniel Alsters, de nombreux élus, Arnaud a présenté la pièce lors d’un très sympathique cocktail, avant de faire rire le théâtre qui, à cause du vent, recevait la pièce impossible à jouer à l’extérieur. Ce qui, entre nous, n’était pas plus mal.

David présenta alors les deux autres pièces, la seconde étant de Michaël Sadler « Brexit sentimental », qu’il interprètera avec Mélanie Page le 31 juillet « sous le soleil » si le vent décide de s’apaiser !
Le 1er août, Manon Gauthier et Mila Michaël entre autres, nous proposeront la pièce « Gazon Maudit », tirée du film de Josiane Balasko.
Toute l’équipe était heureuse de se retrouver pour la troisième saison à Sanary et Claudine et David espèrent faire évoluer ce festival en y ajoutant des dates l’an prochain.
On y sera !

Jacques Brachet

Six-Fours – la collégiale
Margherita-Maria SALA : « Je ne me ferme aucune porte »


Une voix, une énergie… et un accent italien marivigiloso !
Elle dit parler « un po » en français, tout en s’excusant et,  avec cet accent chantant qui est déjà musique, on la comprend parfaitement.
Elle est toute joie, tout sourire et, à l’ombre de la Collégiale, elle nous parle de sa vie qui n’est que musique. « Je viens, comme vous l’avez compris d’Italie, née dans une famille musicienne, mon père étant pianiste et chanteur et ma mère musicologue. Donc difficile de ne pas aimer la musique et de ne pas chanter !
Je suis la quatrième de cinq enfants et les trois premiers sont aussi musiciens. Le cinquième viendra plus tard.
J’ai commencé à chanter à 5 ans, Avec mes frères nous avons joué dans des opéras en tant qu’enfants, dans « Tosca » et dans « Werther ». Chanter, c’était pour nous très naturel.. Nous avons même créé un groupe vocal où nous chantions du classique, du jazz, des variétés comme les Beatles. Ca dépendait du contexte !
Comment êtes-vous devenue soliste ?
Nous avons d’abord chanté comme choristes, entre autre dans les chœurs de la Fenice à Venise.
Puis, j’ai voulu devenir soliste. Je me suis présentée au concours de musique baroque d’Innsbruck où j’ai gagné le premier prix et le prix du public. L’on m’a engée au Concert House de Vienne.
Vous avez découvert la musique baroque ?
Oui, au départ j’étais alto et j’ai trouvé plus de choses à chanter en tant que contralto dans la musique baroque. C’était plus facile pour moi de trouver un répertoire qui s’adaptait à ma voix. Mais j’ai toujours aimé varier les plaisirs, je ne me ferme aucune porte et c’est ce qui me fait être en progrès continu. Je suis curieuse de savoir ce que l’avenir m’apportera.

Votre rencontre avec Jean-Christophe ?
Tout simplement parce qu’il a appelé mon agent car il cherchait une interprète pour un programme qu’il avait choisi. Je ne connaissais pas les œuvres qu’il voulait que je chante mais j’ai étudié son programme et ça a été le début d’une collaboration intense car depuis, nous avons fait beaucoup de choses ensemble dont, l’an passé, un concert dans un festival de jazz.
Vous êtes donc multiple !
(Elle rit) Oui car j’aime toutes les musiques. Bien sûr, le baroque est la musique de prédilection de Jean-Christophe et j’ai beaucoup chanté du Vivaldi, du Haendel… Nous nous sommes vraiment trouvés, nous sommes devenus complices et c’est toujours un grand plaisir de travailler avec lui.
Et en dehors de lui ?
Je chante lorsqu’on m’appelle et d’ailleurs plus en France qu’en Italie.
Pourquoi ?
Je travaille un peu en Italie mais pas comme en France, en Allemagne, en Autriche où la musique baroque est plus jouée qu’en Italie où elle reste un peu confidentielle, même si ça commence à changer. Les Italiens préfèrent les grands opéras classiques romantiques comme Verdi ou Puccini. C’est plus traditionnel.
Alors, votre prochaine aventure ?
Je suis rentrée ce matin d’Innsbruck  où je suis en pleine répétition de concerts qui auront lieu les 2, 4, 6, 8 août. C’est une nouvelle production. C’est difficile mais c’est très excitant. Et puis, je retrouve Innsbruck que j’adore, où tout a commencé, où j’ai trouvé une vraie famille, une vraie amitié avec les musiciens et je vais tous les ans avec plaisir y travailler
Mais vous reviendrez chez nous ?
Bien sûr, avec grand plaisir, si Jean-Christophe me le demande ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier  

10ème anniversaire du festival de la Collégiale
Jean-Christophe SPINOSI :
« Un moment essentiel de ma vie d’artiste »


10 ans … Déjà 10 ans que Jean-Sébastien Vialatte (au prénom prémonitoire !) le maire de Six-Fours a décidé de créer ce festival dans un lieu magique : la Collégiale. Et Jean-Christophe Spinosi et son ensemble Matheus s’y est lové, y a fait sa maison, comme il aime à le dire, et chaque année nous avons la joie de l’y retrouver avec des concerts magnifiques.
Avec les années, nous sommes devenus amis et j’ai toujours un grand plaisir à retrouver ce grand musicien, aussi simple que talentueux, souriant, énergique, toujours tellement amical. Et très volubile tant il est passionné par son métier.
Il regarde le superbe panorama que nous avons de cette Collégiale qu’il aime :

« Lorsque j’arrive ici, je suis heureux. Je suis amoureux de ce lieu, de ce paysage et je ne remercierai jamais assez le maire de m’avoir offert « ça » ! Dans une vie de musicien, c’est tout simplement merveilleux.
Alors, Jean-Christophe, résume-moi ces 10 ans !
(Il rit) Ça ne nous rajeunit pas mais ça nous fait de beaux souvenirs !
Justement, quels souvenirs en as-tu gardés ?
Je ne pourrais pas vraiment dégager de meilleurs souvenirs, tant ils sont nombreux. Plus le temps passe, plus cela prend une valeur profonde à mes yeux. Chaque année est pour moi un moment essentiel, un privilège, tant sur le plan musical qu’amical, la joie de l’échange qui se fait avec les musiciens, le public, tous les gens qui travaillent à ce festival. J’ai l’impression de prendre chaque fois un peu plus de hauteur, d’être toujours un peu plus près du ciel à chaque année qui passe…
Avec les initiales de ton prénom, c’est évident !
(Il rit) Si, dans une autre vie, j’arrive à monter jusqu’au ciel, j’avoue que je suis de plus en plus profondément ému à l’idée de « monter » à la Collégiale. Cette ascension me fait monter de plus en plus haut et ça me rapproche de plus en plus des gens.
La musique est pour moi de plus en plus importante vu l’état du monde qui est compliqué en ce moment. Elle nous protège, elle nous défend, elle nous répare et nous lie les uns aux autres. Elle nous fait communier.
Et ça te rend heureux ?
Bien sûr et ce qui me rend aussi très heureux, c’est cette volonté de l’équipe municipale d’avoir voulu et pu offrir aux gens ces moments de convivialité, des concerts qui ne se ressemblent pas qui, je l’espère, sont pour moi et pour le public, des moments incroyables qui se font dans un esprit de simplicité. Les discussions que nous avons avec le public après le concert sont des moments de grâce et c’est pour moi le but ultime de la musique.
C’est peut-être aussi le lieu qui veut ça ?
Oui, c’est la spiritualité de ce lieu à la fois plein de gravité, de joie, de lumière. C’est pour moi un acte spirituel que de venir y jouer car c’est un lieu d’échange, un acte d’amour avec le public car plus les années passent plus il y a de proximité. C’est une profession de foi et rien que d’en parler ça m’émeut. La collégiale est pour moi l’un des plus beaux endroits du monde.

Tu as dû pourtant en voir, de beaux endroits !
Oui, c’est vrai, c’est le privilège du métier de musicien d’aller un peu partout dans le monde et de découvrir des lieux magnifiques. Mais je reviens à la collégiale comme si je revenais à la source. Il y a tout ce parcours avec le public, l’organisation, la mairie. C’est comme construire une œuvre d’art depuis dix ans. Dix ans, c’est peu de temps par rapport à celui qu’il a fallu pour construire la collégiale mais ça s’inscrit dans la temporalité. C’est un lieu apaisant qui apporte la sérénité et en même temps, il y a une grande énergie qui s’en dégage.
Le programme de cet anniversaire est-il particulier ?
Pour ces dix ans, j’ai souhaité offrir au public à la fois des pièces nouvelles mais aussi revenir sur des choses que nous avons faites car ces dix ans ont été des rencontres musicales qui ressemblent au lieu. Il me semblait tout à fait logique d’inviter Margherita Maria Sala avec qui j’ai beaucoup travaillé dans différents pays. Elle est la gentillesse, la simplicité, l’originalité, elle n’a pas peur d’aller dans l’impro. Elle est une des plus grandes chanteuses de sa génération de l’opéra baroque. C’est l’artiste « multi-genres » qu’il nous fallait pour représenter l’histoire de la musique traditionnelle, de l’opéra, de la musique populaire.
Mais je voulais aller au-delà et c’est pour ça que j’ai invité Mohamed Abozekry, qui joue de l’oud et John Samir qui jouer du ney. Deux musiciens que j’ai rencontrés en Egypte, avec qui j’ai joué. Nous allons donc remonter aux sources de la musique car on vient tous de là.
Les deux autres concerts sont un hymne à la nature !
Le 18  nous proposons « Les quatre saisons » de Vivaldi et le 19 « La symphonie pastorale » de Beethoven. Ce sont deux œuvres qui  m’ont toujours accompagné, deux œuvres qui se rapprochent de la nature, on pourrait dire deux œuvres qui parlent d’écologie avant l’heure à travers la musique, qui véhiculent l’émotion et sensibilisent les gens aux problèmes de la planète. On y voit la nature en cinémascope !
Ça me permettra également de présenter notre académie Haendel-Hendrix…

Raconte
C’est une académie que nous avons créée pour les jeunes musiciens venus de toute l’Europe, sortant du conservatoire, ce qui nous a permis d’aller jouer à Hambourg, à Amsterdam au Parlement Européen à Bruxelles. Elle a été créée pour aider les futurs musiciens qui sont prêts à être professionnels, afin de leur donner une plus grande fantaisie que ce qu’ils ont appris au conservatoire, un esprit d’aventure qu’ils apporteront partout dans des lieux différents, pas que dans des théâtres ou des festivals mais là où l’on peut faire de la musique, afin que la musique survive. Afin aussi de leur donner une autonomie, un sens de l’improvisation…
En fait, c’est la relève !
Exactement ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier et Jacques Brachet

Bandol – Hôtel la Farandole
Lilya : Méditerranée my love


Des vagues qui viennent mourir sur la plage, dans un mélange bleu d’azur et sable aux camaïeux de beige. Des dentelles d’écumes qui viennent s’alanguir, portées par les vagues.
C’est ainsi que Lilya Pavlovic Dear voit cette Méditerranée qu’elle a découvert et dont elle est tombée amoureuse. Et elle nous l’offre dans ses reflets dorés, comme le chantait Trenet. C’est une peinture joyeuse, pleine de sérénité et l’on y sent tout l’amour qu’elle porte à cette mer qui, dit-elle, est la plus belle du monde.
Et pourtant Lilya en a vu des mers et des paysages, allant exposer un peu partout dans le monde, de Paris à Venise, de Washington à Xi’an en Chine, de Londres  à Belgrade, et à Paris, Strasbourg et Bandol.

Et la voici installée jusqu’au 13 août dans ce merveilleux cadre qu’est l’hôtel la Farandole de Bandol, face à la mer, reçue par Olesya Sudzhan, définitivement installée dans ce lieu idyllique.
Elle est toujours soutenue par Georges Klimoff, ce russo-seynois passionné par le cosmos, qui a vu cet hôtel sortir de terre et qui est toujours présent à l’appel d’Olesya. Celle-ci ayant dirigé une galerie en Russie, a décidé de continuer d’aider les artistes, de quelque endroit qu’ils viennent, en organisant des soirées musicales et des expositions.
« L’eau éternelle » est le thème de cette dernière exposition, qui ne pouvait que plaire à Georges lorsqu’il s’agit de terre, de mer, d’espace.
Quant à Lilya, elle nous offre tout ce qu’elle ressent devant cette mer qui l’a adoptée et qu’elle a adoptée.


« Lilya, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Je suis d’origine yougoslave, je suis née à Belgrade en Serbie, j’ai suivi des cours à l’Académie des Arts de Belgrade puis au Chelsea College of Art et Design de Londres.
Mon mari travaillant aux Etats-Unis, j’ai enseigné à l’Université de Los Angeles en Californie puis nous sommes rentrés à Paris en 1978.
A partir de là, j’ai continué à peindre et exposer un peu partout dans le monde en Allemagne, à la Biennale de Venise, j’ai été invitée quatre fois en Chine où l’on m’a remis le Golden Price. J’ai à mon actif une soixantaine d’expositions sans compter les expositions de groupe, entre autres au Grand Palais à Paris.
Votre rencontre avec la Provence ?
L’effet du hasard : Mon mari, qui travaillait dans une entreprise américaine, a été muté en France et nous nous sommes installés à Paris. Nous avons décidé de partir en vacances dans le Midi. Nous avons fait Paris-Marseille puis toute la côte, Sanary, Bandol… Je suis tombée amoureuse de la Méditerranée qui est pour moi la plus belle mer du monde ! Pourtant, nous en avons connu des mers, jusqu’en Indonésie, à Bali, qui est magnifique mais c’est moins beau et pittoresque qu’ici. Alors nous avons décidé de nous installer à Bandol.
Pour moi, ce n’est pas étonnant que toutes les grandes cultures soient issues de la Méditerranée.


Comment avez-vous découvert la Farandole ?
J’ai déjà fait trois expositions au centre culturel de Bandol, la troisième… avec les masques ! C’est une amie qui m’a amenée à une exposition à la Farandole. J’ai rencontré Olesya Sudzhan qui a voulu voir ce que je faisais et cela lui a plu. Elle m’a proposé de venir exposer là.
Pensez-vous encore exposer dans la région ?
Je voudrais bien mais d’abord je me partage entre Bandol et Paris, je ne connais pas les lieux d’exposition par ici, je manque donc de contact et monter une exposition est un long processus qui se fait sur la longueur.
Mais je ne désespère pas ! »
En attendant, la voici installée jusqu’au 13 août à la Farandole et je vous conseille d’aller découvrir « sa » Méditerranée joyeuse, poétique et belle.

Jacques Brachet

Six-Fours – Nuits du Cygne
Daniel FRAY-Chiara MUTI : Duo de charme franco-italien

Ils forment ; à la ville comme à la scène, un couple magnifique… le pianiste David Fray est Tarbais, la comédienne Chiara Muti est florentine.
Ce n’est que la deuxième fois qu’ils se retrouvent ensemble sur scène pour un « presque » duo piano voix, chacun jouant à son tour.
C’est donc une chance que tous deux viennent à Six-Fours dans le cadre des Nuits du Cygne avec un programme Schubert-Liszt pour lui et des extraits de « La divine comédie » de Dante, pour elle.
Après avoir ouvert avec Schubert (Klavierstrücke N°2) David Fray nous offre des extraits des « Années de pèlerinage » de Liszt.  Il s’agit de trois impromptus que Liszt a écrit durant ses voyages en compagnie de sa maîtresse, la femme de lettres Marie d’Agoult. Le premier voyage était en Suisse, le second en Italie, inspiré des œuvres de Pétrarque et de Dante.
Pétrarque dont Chiara Muti emprunte des extraits de « Pace non trovo et non o da  far guerre » et de Dante « La divine comédie » qu’elle nous offrira dans sa langue maternelle.
Ce n’est donc pas un vrai duo mais la musique de Liszt répond au texte de Dante et tous deux nous offrent un moment en suspens où l’amour, la mort se répondent dans une parfaite osmose.

Les rencontrer est une chance et un réel plaisir tant ils sont tous deux en symbiose, souriants, rieurs même, volubiles et parlant quelquefois ensemble, mariant le français de l’un, l’Italien de l’autre. On est sous le charme.
David, vous avez commencé à jouer du piano à quatre ans. Peut-être sous l’influence de votre mère qui enseignait la culture musicale allemande ?
Peut-être… C’est même certain car c’est cette musique qui m’a très vite attiré et que j’aime certainement le plus.
Vous avez très vite joué et reçu de nombreux prix…
C’est-à-dire que j’ai eu la chance de pouvoir jouer dès mes quatorze ans et de ne pas passer par une école ou un conservatoire. Donc les prix et les médailles je ne les ai pas obtenus en fin de classe.
Quant à vous, Chiara, vous avez un père, Riccardo Muti, qui a une impressionnante carrière de musicien et chef d’orchestre… Et vous partez dans le cinéma !
Il se trouve que, si j’ai joué du piano dès six ans, j’étais d’abord attirée par l’opéra car, au-delà de la musique, j’aimais les mots. Je suis allée à Milan à 18 ans où j’ai eu la chance d’avoir pour professeur Georges Strehler, puis j’ai débuté dans le cinéma.
Votre rencontre ?
David : j’ai joué sous la direction de Riccardo Muti et j’ai rencontré Chiara.
Chiara : Je suis venue en France pour quelques mois afin d’apprendre cette langue…
David : Et elle n’en ai jamais repartie !

C’est la première fois que vous jouez ensemble sur scène ?
David : C’est la seconde mais c’est vraiment la première fois que nous faisons un spectacle ensemble. Et vous en avez eu la primeur ! C’était une envie de le faire autour de la musique de Liszt et de l’écriture de Dante car le musicien a été obsédé par l’œuvre de Dante et nous avons eu l’idée de les réunir côte à côte. Ça nous semblait intéressant.
Chiara : La musique de Liszt est basée sur l’image et l’imaginaire de Dante et en tant que comédienne, ces images me viennent comme elles ont dû venir à Liszt. C’est pour cela que je dis le texte en italien. C’était pour moi une évidence.
David : On entre dans une spirale qui va de l’enfer au paradis en passant par le purgatoire. Les mythes de Minos, de Sémiramis… Mais Dante a étudié le terreau de la culture occidentale et il a été inspiré des troubadours qui chantaient en langue provençale. Les deux langues se rejoignent.
Chiara : la langue provençale a été le premier ralliement de toutes les langues des provinces italiennes.
David, vous êtes déjà venu à ce festival et vous, Chiara, vous le découvrez.
David :
Oui, et je suis heureux de le retrouver car l’accueil y est chaleureux.
Chiara : C’est vrai et le cadre est si beau ! Je m’y suis tout de suite trouvée comme en vacances et j’y ai retrouvé l’air de la  maison !

Propos recueillis par Jacques Brachet




On lirait le Sud

Du 2 au 30 juin 2023, « On lirait le Sud » revient pour sa troisième édition dans toute la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. À cette occasion, plus d’une centaine de librairies, éditeurs et médiathèques s’allient pour mettre à l’honneur les acteurs du livre de toute la région Sud autour de rencontres et d’animations gratuites.De nombreux événements sont ainsi organisés sous la bannière « On lirait le Sud »pour valoriser le travail des maisons d’édition et des auteurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Des rendez-vous à ne pas manquer pour promouvoir le circuit court du livre et faire briller les talents littéraires du territoire de Marseille, Nice, Toulon, Antibes, à Grasse, Aix-en-Provence, Salon-de-Provence, en passant par Hyères, Avignon, Gap, Aubagne, Orange, Briançon…
Parmi les quelque 50 rendez-vous proposés, le public pourra rencontrer des auteurs et autrices de romans, de livres jeunesse, de textes engagés ou de poésie, comme Marcus Malte, Françoise Laurent, Dominique Sigaud-Rouff, Elsa Valentin, Erika Nomeni, Daphné Ticrizenis ou encore Monique Grande et Mo Abbas, ainsi que les illustratrices Maguelone Du Fou, Amélie Jackowski, les éditrices Juliette Grégoire et Mathilde Chèvre, l’explorateur Raphaël Sané, le plongeur Samuel Jeglot ou la journaliste œnologue Romy Ducoulombier….
En plus de ces nombreuses rencontres, ateliers et dédicaces, 50 libraires feront découvrir leurs coups de cœur parmi une sélection unique d’ouvrages « 100% local ».
Porté par Libraires du Sud, Éditeurs du Sud, Jedi Sud et l’Agence régionale du Livre Provence-Alpes-Côte d’Azur, ces temps forts littéraires entièrement gratuits sont réalisés sous l’égide de la Région Sud, avec le concours du dispositif Sofia/Fill Territoires du Livre.