Archives de catégorie : Festivals

Michel BOUJENAH… Une journée particulière

Michel Boujenah, ce sont des dizaines d’amicales rencontres, toujours chaleureuses car cet homme du Sud a su garder gentillesse et simplicité.
Théâtre, cinéma, télé, il est partout et surtout au festival de Ramatuelle où il a pris les rênes en 2007 après de départ de Jean-Claude Brialy.
Cette année, le directeur artistique a décidé de monter sur ce beau théâtre pour y jouer « Toute la famille que j’aime », une pièce de Sacha Judaszko et Fabrice Donnio, mise en scène par Anne Bouvier, avec à ses côtés Guillaume Bouchède, Anne-Sophie Germanaz et Raphaëline Goupilleau , que je retrouve avec plaisir.
C’était un prétexte pour une nouvelle rencontre qui se fait chez la présidente du festival, Jacqueline Franjou, mon amie et complice depuis le premier festival.
Un repas fort sympathique réunissant les artistes et quelques sponsors fidèles du festival.
A l’ombre de la tonnelle, depuis le temps ce n’est plus une interview mais une amicale conversation qui fait dire à Michel qu’il me confie des choses qu’il ne confierait pas à tout  le monde, ce qui me fait un immense plaisir.
Un invité s’immisce durant notre entretien : Raphaël Mezrahi qui a tant fait rire, pleurer s’énerve des artistes par ses interviewes surréalistes  et qui est là pour avoir signé la veille son livre « La bande à dessiner » une BD tout aussi surréaliste… sans dessins avec uniquement des bulles à illustrer  soi-même ! Fallait y penser ! Mais quel homme adorable, simple, gentil et drôle !
C’et lui qui, à la place de Michel (Of course !) présentera la pièce en compagnie de Jacqueline. Un présentation comme il sait faire, avec humour et grincement de dents !

Alors, monsieur le directeur artistique, comment se passe ce festival ?
Pour l’instant bien. On a l’impression de quelque chose de fort dans la mesure où les gens sont vraiment contents de venir au festival alors que cette année on ressent une ambiance particulière, je ne sais expliquer pourquoi, mais le sentiment que j’ai, c’est que le festival est plus important que d’habitude pour les gens comme pour nous. J’ai la sensation d’un vrai soulagement de venir au  spectacle, comme si on avait besoin de rêver, de voir le monde différent que ce qu’on nous propose.
Les incendies n’ont pas touché ce coin ?
No, mais on vit dans cette espèce d’atmosphère anxiogène incroyable. On a vu des images abominables, tellement fortes, une atmosphère de fin du monde. Ça m’a beaucoup sensibilisé et j’en parle tous les soirs. On a vécu des trucs de fou et ça fait peur. Dans ce contexte-là, le festival est très importan. Durant la guerre de 40 on avait proposé à Churchill de réduire le budget de la culture et Churchill a répondu : « On va le doubler ». Je pense que dans ces moments-là, l’art dans son ensemble a un rôle à jouer. Bien sûr, les artistes ne vont pas changer le monde mais ils ont montré. Ce sont les peuples qui changent le monde.
Et surtout les femmes.
C’est-à dire ?
Je pense intimement que si les femmes étaient au pouvoir, beaucoup de choses changeraient. En général elles sont plus fortes que les hommes, à condition qu’elles ne veuillent pas ressembler aux hommes. J’aime les femmes qui restent des femmes. De toutes façons, j’ai toujours adoré travailler avec elles. Et ce n’est pas de l’ordre de l’amour ou du sexe, je n’ai jamais eu d’histoires avec les femmes avec qui j’ai travaillé. Ce sont toujours des partenaires de travail extraordinaires.
Donc avec tout ça on a besoin d’un tel festival !
Il joue son rôle, je suis contre l’idée du fait que c’est un divertissement. Divertir, c’est détourner l’attention des gens comme s’ils allaient oublier le monde, l’art c’est de montrer le monde autrement, il nous aide à le supporter et à le voir autrement.

Comment est-ce que tu constitues ton programme ?
Comme je peux !
Cette année, c’était un peu compliqué parce que j’étais sur scène. Mais c’est un mélange des spectacles qui ont lieu à Paris ou ailleurs et surtout qui sont libres car on est tributaire de ceux qui sont en tournée, ou parce que les artistes arrêtent ou sont sur un autre projet. Et on a surtout besoin d’un éclectisme indispensable. J’essaie d’avoir à la fois quelque chose de qualité, d’exigeant, d’élégant et de populaire à la fois. C’est ce mélange qu’il est difficile à faire. Ce n’est pas un festival élitiste, je n’ai rien contre ça, mais on essaie d’amener aux gens quelque chose qu’ils ne peuvent pas voir ailleurs, qu’ils soient régionaux ou vacanciers. Ramatuelle n’est pas Saint-Tropez. Donc c’est compliqué car ça reste du spectacle vivant.
Alors théâtre, cinéma, télé, tu es partout depuis quelque temps. Comment arrives-tu à tout faire et qu’est-ce qui fait courir Michel ?
(Il rit) Je n’y arrive pas !. C’est pour ça qu’après le festival j’arrête tout.
Mais tu vas bientôt tourner ?
Oui, c’est vrai mais à peine car c’est un film où nous sommes nombreux, qui va tourner sur un an, un an et demi, avec des arrêts fréquents. Je vais surtout prendre le temps d’écrire un scénario. Ce sera mon quatrième film en tant que réalisateur mais comme tu le sais, je suis très lent. C’est un film auquel je pense depuis très longtemps et c’est grâce à mon fils que je vais le faire. Je lui ai raconté cette histoire que j’ai dans les tiroirs depuis longtemps. Il m’a dit : « C’est ça que tu dois faire ».

Tu nous en dis plus ?
C’est un film comme si je voulais parler à la jeunesse et notamment à mon fils et à ma fille pour leur donner le courage de ne jamais abandonner ses rêves. On peut toujours s’en sortir même en partant de loin. C’est le plus beau cadeau que je puisse faire, d’abord à mes enfants mais aussi à cette génération car je vois tellement de désespoir autour de moi !
Pourquoi as-tu attendu si longtemps à te remettre sur ce scénario ?
Parce que je ne peux pas m’arrêter de jouer sur scène. Mon territoire c’est la scène même si j’adore tourner. Le cinéma est le contraire de la solitude. Ça permet de voir ce que tu as dans la tête, amélioré par les acteurs. Travailler avec des acteurs c’est magnifique car les acteurs ne sont pas des robots. Trop de metteurs en scène sont des tortionnaires avec les acteurs. On doit collaborer avec eux.
Tu dis souvent que tu es un type lent !
Parce que je suis lent et je ne sais pas pourquoi ! Mais je vieillis aussi lentement ! Ma mère m’a légué un capital génétique incroyable. Elle est parie au Paradis à 99 ans et neuf mois et deux jours avant sa mort elle était nickel-chrome ! J’espère vivre la même chose. J’ai 74 ans et les gens me considèrent toujours comme un enfant ! Je les laisse faire  même s’ils croient qu’ils ont un pouvoir sur moi. Ca les rassure. Je n’ai pas d’ego mais je n’ai plus d’angoisse sur le regard des autres.

Donc, pas de projets pour l’instant à par ce film ?
J’ai plein de propositions pour le théâtre depuis que j’ai joué « L’avare » Les gens se sont dits « Il est balèze » ! Comme si le fait de faire des one man shows était facile. Mais « L’avare » a changé les choses. J’en suis ravi car j’adore Molière. C’est un auteur profond qui avait compris l’importance des femmes.
Tu en rejoueras ?
Ah oui, ça c’est sûr mais c’est compliqué. Il faut trouver le temps et ce sera encore avec Daniel Benoin. On s’entend très bien, j’ai fait pas mal de choses avec lui. Ce Molière était l’aboutissement d’une vraie collaboration.
Mais en dehors du fait d’écrire quelques heures par jour, je vais prendre le temps d’aller au théâtre, à la pêche avec mon bateau, de jouer aux cartes comme un dilettante que je suis.
Un dilettante qui en fait, travaille beaucoup !
Je suis un obsédé du boulot mais je fais ça pour ne pas qu’on découvre qu’en fait je n’ai pas envie. J’ai profondément honte d’être un fainéant, que je travaille beaucoup ! C’est pour me masquer, je me déguise ! Mais c’est tellement bien la fainéantise !
Alors, revenons donc à cette pièce…
C’est une pièce très drôle qui aborde un sujet grave : l’héritage. Ça m’a fait du bien de jouer cette pièce, d’abord parce que je joue avec des partenaires incroyables… Moi, à côté, je suis un petit comédien de campagne ! Ils sont impressionnants et je me sens handicapé à côté d’eux. On s’amuse beaucoup. Les deux auteurs ont beaucoup de talent. Ils ont l’art du quiproquo, de la phrase qui fait mouche, et ça marche du feu de Dieu. C’est un sujet violent : faire passer son père pour un fou afin de le déshériter avant qu’il ne le fasse lui-même.
Ce qui m’a épaté c’est qu’un avocat m’a dit que ce genre de situation se passait sur 60% des successions ! »

Et si c’est souvent un drame, ici ça devient une comédie désopilante ou les quiproquos, les jeux de mots, les coups de théâtre, les situations se succèdent à un rythme endiablé grâce à un texte percutant et quatre comédiens extraordinaires qui se renvoient la balle, non sans quelques fous-rires contenus et qui qui rend le public hilare. Quant à la tradition des coussins qui s’envolent, elle a été bien entretenue !
Quelle merveilleuse soirée nous avons passé.
Et quelle belle journée, grâce à l’accueil de Jacqueline Franjou et la gentillesse de l’ami Michel avec qui on a pu s’entretenir plus d’une heure.
Merci à eux.
Photos Cécile Giol & Jacques Brachet

Jazz à la Londe :
Un concert franco-américano-provençal !

C’est dans la pinède de l’Argentière à la Londe, les pieds dans l’eau, que le festival « Jazz à la Londe » fêtait sa dix-septième année.
Chaleur intense, heureusement la brise marine nous apportait un peu de fraîcheur sous un ciel menaçant.
Le camp de base regroupe les artistes, l’équipe  du festival et les bénévoles, les journalistes et les photographes, sous le regard du directeur artiste et fondateur du festival, néanmoins flûtiste et trompettiste émérite, Christophe del Sasso.
On y rencontre les musiciens de l’Opéra de Toulon, ceux du Big Band « Big Sud » créé par Christophe et Nicolas Folmer, trompettiste, auteur, compositeur et chanteur, tout cela dans une ambiance cordiale que l’on trouve aujourd’hui rarement dans les festivals ou tout le monde fait la gueule ou a des difficultés à porter leur melon !
Ici tout le monde rigole, parle ensemble autour d’un tiramisu « de ouf » comme disent les jeunes.

Nicolas Folmer
Christophe del Sasso
Andréa Caparros

Côté scène ça répète. Côté coulisses ça se retrouve en trinquant avec les vins de Provence.
On croise Andréa Caparros et Nicolas Folmer, buvant un verre entre amis et avec la famille. Seul Christophe se démène pour régler tous les problèmes.
Ambiance familiale et amicale donc où l’on vientde temps en temps nous demander si tout va bien… Et comment en serait-il autrement ?
Le temps de faire quelques photos, de discuter avec les uns et les autres, l’heure est à la préparation et les artistes partent se préparer.
Les partitions sont installées sur les pupitres, les musiciens, tout vêtus de noir, s’installent, seul Christophe arrive avec un polo vert !
Tout pourrait aller le mieux du monde quand un contretemps voit s’éparpiller les spectateurs comme une volée de moineaux pour aller s’abriter d’une averse impromptue.
Le concert est-il compromis ? Dans l’attente, on se retrouve au catering pour boire un verre.

Mais l’averse n’aura pas duré longtemps et, le temps de sécher les partitions, les artistes reprennent leur place et Christophe revient frapper les trois coups,  présenter les deux orchestres et le concert peut alors débuter sous la pinède où les immenses pins se colorent de rouge et de bleu, créant un décor inattendu et féerique.
Auparavant, un peu plus loin, des spectateurs avaient pu se régaler d’un « apéro jazz », assis dans l’herbe, sirotant un verre de vin blanc.
Revenons au concert. Un concert inhabituel puisque trente-cinq musiciens se mêlent dans une musique classico-jazzy, mélange des musiques venues de Broadway et… de Provence puisque nos amis ont revu et corrigé nos chants traditionnels comme « Le Coupo Sante » couleur jazzy mais en provençal ! Nicolas et Christophe ont écrits des musique qui sonnent aussi bien dans les trois langues, le français, l’anglais, le provençal. Nicols nous charme même avec ses propres compositions qu’il a créée dans le petit village des Alpes Maritimes, Guillaumes à qui il rend hommage à son château chanté par Andréa Caparros, belle sirène venue du Brésil toute de strass vêtue, à la voix ensorcelante, sous le regard de José son guitariste de père qui joue dans le Big Sud.

Ce métissage est une belle réussite et cette soirée restera un grand moment musical de ce sympathique festival fait de passion, d’amitié, de rencontres inattendues. Nougaro chantait « Le jazz et la Java », nos amis chantent « Le jazz et la Provence ».
A noter encore le talent multiple de Nicolas Folmer qui, auteur-compositeur doué, les chante avec une voix et une rythmique incroyablement ressemblantes à celles de Michel Legrand dont il est un fervent admirateur.
Et ce duo fort émouvant, le traditionnel provençal « Se canto » qu’ont interprété en provençal Andréa et la trompettiste Shekina Rodz qui a également une voix d’ange.
On se souvient de cet hommage qu’il nous avait offert l’an dernier à la Villa Simone de Six-Fours.
Malgré l’averse qui a failli tout gâcher, ce fut une éblouissante soirée sous les pins de l’Argentière.

Jacques Brachet

Solliès-Pont – Festival du Château
HELENA & Kenji GIRAC… Deux boules d’énergie

C’est vrai que je ne m’attendais pas à ce que j’ai vu et entendu durant ces deux concerts au Festival du Château de Solliès-Pont !
En effet, pour avoir suivi « Star Academy », j’avais découvert une belle jeune femme au regard infiniment bleus, un peu tristes, un peu timides mais avec une voix forte et nuancée à la fois, qui vous donnait les frissons.
Sortie de l’émission, même si elle ne fut que seconde, son destin était là et très vite, les prix, des NRJ Music Awards aux Victoires de la Musique, ont plu sur la chanteuse.
Bien sûr, comme dans tout concours, de la « Star Ac’ » à « The Voice », on fait très vite partir les apprentis en titre en tournée, malgré le peu de chansons à leur actif et de présence sur scène. Certains ne s’en sont pas relevés mais business is business, aujourd’hui le métier exige un rapport qualité-prix immédiat.
Avant… Mais je vous parle d’un temps !… l’artiste passait en lever de rideau puis en vedette dite « anglaise » avec trois chansons, puis en vedette dite « américaine », faisant la première partie d’un artiste confirmé, puis en vedette avant d’atteindre, quelques années plus tard, le récital.

Aujourd’hui, grâce à ces émissions et aux réseaux sociaux, l’artiste est propulsée en star en quelques semaines et c’est la folie. Quelquefois, hélas, épuisés car sans métier bien solide, c’est en trois ans la fin de l’histoire.
Mais bon, ne soyons pas pessimistes et lorsqu’on voit Héléna sur scène, pleine de joie et d’énergie, sans compter une voix sublime, on se dit qu’elle est faite pour durer.
Contrairement à la fille timide de l‘émission, on découvre une femme belle, qui tient la scène avec quatre musiciens d’enfer et huit danseurs qui l’accompagnent.
Elle a un contact immédiat avec un public acquis, en majorité de filles, qui connaissent toutes ses chansons par chœur. Je dois dire que je n’en connaissais que deux ou trois de son répertoire mais toutes ses chansons sont efficaces, que ce soient des mélodies romantiques ou des chansons très énergiques. Les mélodies sont belles, les textes sont intéressants, abordant des sujets d’aujourd’hui et de sa génération… Et ça marche du feu de Dieu !
Le lendemain, autre style, autre ambiance mais un public tout aussi volcanique, pour accueillir Kenji Girac.
Là aussi, je l’avoue humblement, je m’attendais à des espagnolades et pourtant…
Pourtant, déjà il a pour lui un capital sympathie énorme. Il est beau, il est chaleureux et sa voix est superbe.

Il a évidemment plus de métier qu’Héléna et l’on ne compte plus les succès qu’il a accumulés au fil des ans. Depuis sa découverte dans « The Voice » qu’il gagna haut la main, il n’a cessé de nous surprendre avec des tubes plein de punch ou des chansons plus intimistes que reprend en chœur tout le public avec lui.
On sent le plaisir qu’il a à chanter, à communiquer avec son public, sans compter qu’il a un talent fou de guitariste et que sa voix et pleine de chaleur. Un bel orchestre de cinq musiciens l’accompagne, à noter un superbe trompettiste complètement en osmose avec lui.
J’avais peur que toutes les chansons se ressemblent un peu mais elles n’ont en commun que l’énergie d’un chanteur-guitariste accompagné d’un chœur de fans qui ne cessera, d’un bout à l’autre du concert, de chanter avec lui, de crier, de lever les bras, de danser.
Bref, ce fut une véritable fête.
Dommage qu’aujourd’hui tous ses artistes très encadrés refusent toute rencontre, toute interview. La presse régionale, l’entourage ne connait pas ! Certains ne savent même pas qu’on leur a demandé une interview !
Mais les interviewes, c’était une autre époque, ma bonne dame !

Jacques Brachet



Jacqueline FRANJOU… La folle histoire de Ramatuelle

Etant ami avec Jean-Claude Brialy, nous nous rencontrions souvent lors de ses tournées théâtrales.
En 1983, je crois, il passe à l’Opéra de Toulon où nous nous retrouvons.
Là, il me dit qu’il a une nouvelle à m’annoncer : Il va créer à Ramatuelle un festival en hommage à Gérard Phillipe qui y a vécu et y est enterré.
Pourquoi Ramatuelle ?
Tout simplement parce qu’une conseillère municipale, vice-présidente de l’Office du Tourisme, nommée Jacqueline Franjou, vient lui demander d’être le directeur artistique d’un festival qu’elle veut y monter dans un théâtre… qui n’existe pas !
Il pense avoir affaire à une folle et pourtant, quelques mois plus tard elle fait surgir de terre un théâtre, deviendra présidente du festival et Biraly la suivra, y devenant le directeur artistique, avec pour marraine Anne Philipe, l’épouse de Gérard.
Il est vrai qu’ayant un nombre incalculable d’amis artistes, le programme est vite conçu, le festival démarre alors qu’il n’y a pas encore de loges et Jean-Claude m’entraîne dans l’aventure.

Le succès est aussitôt au rendez-vous, il est et reste l’un des seuls festivals à avoir tenu la route puisqu’il existe depuis plus de 40 ans !
Entretemps l’ami Jean Claude nous a quittés, remplacé par Michel Boujenah qui a repris les rênes dans la lignée de son créateur.
Jacqueline est toujours là, fidèle au poste et elle a ajouté, juste avant le festival, trois belles nuits classiques, avec des artistes prestigieux.
« Je voulais ajouter ces trois soirées parce que je pense que la musique classique est un prologue et un atout supplémentaire au festival, la musique faisant partie des arts et de la culture et je pense qu’il n’y a pas de séparation avec les autres arts. Ca ajoute même un plus au festival et je crois que Gérard Philipe et Jean-Claude auraient apprécié, tous deux aimant cette musique ».
Avec Jacqueline, on se rencontre donc au festival mais aussi en tant que présidente de l’association « L’œil en scène », où elle nous propose, avec Cyril Bruneau, de magnifique expos photos, à la Villa Tamaris à la Seyne et à la Villa Simone à Six-Fours (Voir article rubrique expos)
Encore une beau programme que nous a concocté Michel qui a dit adieu l’an dernier à Maxo, Julot, Guigui, ses « Magnifiques » adorés, au festival et revient cette année avec une pièce de théâtre qui n’engendre pas la mélancolie.
Jacques Brachet

PROGRAMME 2026

Les nuits classiques
29 juillet : 9ème symphonie de Beethoven. Opéra de Toulon
30 juillet : « Misatango/Boléro) – Ballet Julien Lestel
31 juillet : Lambert Wilson, Pierre Génisson, Bruno Fontaine : « Songbook », les incontournables de la chanson française et les grands standards américains.
Le festival
1er août : « Emmanuel 2 » Manu Payet
2 août : « Le bourgeois gentilhomme » de Molière avec Jean-Paul Rouve
3 août : « Toute la famille que j’aime »de Sacha Judszko & Fabrice Donnio, avec Michel Judaszko avec Michel Boujenah
4 août : »Dolores » de Stéphane Laporte, avec Olivier Sitruk
5 août : «  La Joconde parle enfin » de Laurent Ruquier avec Marina Karimon
6 août : « Une heure à t’attendre » de Sylvain Meynac avec Thierry Frémont & Nicolas Vaude
7 août : « Je m’appelle Georges, et vous ? » de Gilles Dyrek avec Mélanie Page et Mathieu Coniglio
8 août : Jeanne Cherhal en concert
9 août : « Ça va, ça va » de et avec Camille Chamoux
10 août : « Dans le couloir » de et avec Jean-Pierre Daroussin, avec Christine Murillo
11 août : « Douze hommes en colère » de Reginald Rose
12 août : Bénabar

Avec Cyril Bruneau



Tour Royale, Toulon : 9 au 12 juillet
Le  Festival « Cinéma en liberté » fête ses 15 ans

Cette année, le « Festival en liberté, festival international du court métrage, fêtera ses 15 ans. Et se déroulera, comme chaque année, à la Tour Royale à Toulon.
Initiée par Lisa-Dora Fardelli, une plasticienne dont la passion est le cinéma, nous nous sommes croisés sur le festival, au cinéma Daudet dans le cadre de l’association « Lumière() du Sud » et voilà que nous nous retrouvons au domaine de la Gayolle à la Celle.
Elle prépare son festival qui se déroulera cette année du 9 au 12 juillet et nous promet encore de beaux moments d’émotion cinématographique.
Elle se souvient des débuts de ce festival qui est aujourd’hui reconnu du monde du cinéma, et qui permet chaque année de découvrir de magnifiques films et des jeunes réalisateurs prometteurs.

« Nous avons débuté il y a 15 ans dans une carrière abandonnée de Cuers, où il n’y avait évidemment pas d’électricité qu’il a fallu amener. Nous avons continué avec beaucoup de passion et d’implication pour arriver dans ce lieu magnifique et historique de la Tour Royale à Toulon. Cette année, nous présenterons trente-sept films dont treize œuvres émergentes proposés par ce qui sera peut-être parmi eux, des réalisateurs et réalisatrice de demain. A noter qu’une dizaine de films sera signée par des femmes ».
Ce sont des films venant de France mais également du Maroc, d’Egypte, de Palestine, d’Allemagne, d’Australie, du Liban, du Brésil, du Brésil, de Pologne, du Sénégal, d’Afrique du Sud, d’Irak et même du Bengladesh, un grand panorama du cinéma international de demain.
« Cette année, précise-t-elle, deux nouvelles catégories sont ajoutées : l’animation et l’émergence avec un jury composé d’Alexandra Cismondi , actrice et metteuse en scène , compositrice et réalisatrice. Varoise ; Antoine Guillot, auteur, metteur en scène, auteur, compositeur et directeur artistique ; Patrick Sirot, écrivain, poète, dessinateur ; Aurélie Aloy, comédienne de théâtre et audiovisuel ; Pascal Rozand, comédien qui a tourné avec Jean-Jacques Rappeneau, Mehdi Charif, Paul Vecchiali, Jacques Audiard, Coline Serreau ; Franck Dribault, comédien issu du cours Florent et de l’école de comédie musicale de Broadway.

Alexandra Cismondi
Antoine Guillot
Patrick Girod
Aurélie Aloy
Pascal Rozand
Franck Dribault

Cette catégorie émergence  propose une nouvelle vision du cinéma, un cinéma plus expérimental afin de découvrir des écritures différentes, inventives. C’est en fait l’expression même d’un cinéma en liberté qui offre des émotions différentes. Le parrain du festival est, depuis quatre ans, Sam Bobino et défend le court métrage qui reste souvent un art dans l’ombre. Il est le créateur du festival du Cinéma & Musique de film de la Baule et participe à quelques autres festivals.
D’autres invités se joindront au festival : les réalisateurs qui pourront venir présenter leur film, mais aussi Karim Adouane, vice-président délégué au numérique à l’Université de Toulon, Samir Bouallègue, réalisateur varois et certainement d’autres invités qui défendent le court métrage.
Lisa-Dora ajoute que c’est beaucoup de travail pour trouver des sponsors et rechercher des films mais ça reste une belle aventure, avec une notion de partage et de savoir-faire.

Jacques Brachet

Lisa-Dora Fardelli
Sam Bobino

Six-Fours
«LesNuitsThéâtralesdeSimone» 2ème édition
Spectacles du 23 au 27 juin

Après une première édition réussie, la Ville de Six-Fours-les-Plages confirme son engagement culturel avec la deuxième édition de son Festival de Théâtre, installé dans le cadre naturel du Jardin de la Villa Simone.
Un théâtre de verdure en cœur de ville Installé dans le Jardin de la Villa Simone (8 000 m²), le festival propose une jauge intimiste de 250 spectateurs, en placement libre, dans une ambiance estivale unique.
Une nouvelle scène pour l’émotion La culture est une aventure collective, un espace d’échange et de découverte. Avec cette deuxième édition des Nuits Théâtrales de Simone, la Ville de Six-Fours-les-Plages confirme son ambition : inscrire durablement le théâtre dans son paysage culturel estival. Pensé comme un rendez-vous populaire et exigeant, le festival propose cinq grandes œuvres issues du Festival Off d’Avignon, reconnues pour leur qualité artistique et leur capacité à toucher tous les publics. Comédie classique, fresque romanesque, théâtre contemporain, seul-en-scène biographique ou grande comédie provençale : chaque spectacle a été sélectionné pour son audace, son énergie et sa résonance universelle.

5soirées– 5 univers
Mardi 23 juin / 21h : Saint-Exupery, « le commandeur des oiseaux ». Seul en scène biographique
Mercredi 24 juin / 21h : « Bel Ami ». Fresque romanesque. Adaptation du roman de Guy de Maupassant, sur l’ambition et le pouvoir
 Jeudi 25 juin / 21h : « Le barbier de Séville » Comédie classique. La comédie de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais revisitée avec énergie.
Vendredi 26 juin / 21h T.I.N : « A There is no alternative ». Théâtre contemporain Une création audacieuse et politique .
Samedi 27 juin / 21h : « Le Schpoutz », Grande comédie provençale. Œuvre culte de Marcel Pagnol

Accessibilité · Tarifs attractifs · Gratuité pour les plus jeunes ·
Billetterie en ligne et points de vente physiques
Les Nuits Théâtrales de Simone s’inscrivent dans la volonté municipale de développer une offre culturelle qualitative et populaire.
.Renseignements et billetterie en ligne sur : www.ville-six-fours.fr Points de vente : Espace Malraux / Six-Fours ou FNAC

Solliès-Pont, Festival du Château
Portrait de femme avec hommes

Déjà une chaleur estivale dans le parc du château Forbin de Solliès-Pont, où nous accueillait son maire, le docteur André Garron, Stéphanie Bovero, sa nouvelle adjointe à la Culture et l’incontournable Rabah Houia, directeur de Sud Concert qui, depuis plus de vingt ans, nous offre dans ce lieu magnifique un festival réunissant le nec plus ultra de la chanson française.
Deux revenants, deux nouveaux et, comme à l’accoutumée des premières partie révélant des artistes en devenir, c’est la recette réussie de ce festival qui, chaque été réunit un public divers et varié.
Les trois coups seront frappés le mercredi 15 juillet par le retour pour la troisième fois de Christophe Mahé qui vient de terminer une tournée triomphale et va donc la continuer au château dans ce nouveau spectacle. Nul doute qu’il va encore nous emporter dans ce monde original qu’est le sien et qui, d’un spectacle à l’autre est toujours différent et original
Le jeudi 16 juillet, et pour la première fois, le festival recevra Calogero, l’un des plus grand auteur-compositeur-interprète dont les succès, pour lui et pour ceux à qui ont eu la chance de le chanter, ne se comptent plus. Ses chansons, il a décidé de les offrir au public dans une version inédite et plus intimiste.

Elle est l’une des plus prometteuses chanteuse de sa génération. Belle Belge aux yeux bleus et à la voix de cristal, finaliste de la « Star Académie, elle réussit à rafler en un an une moisson de prix, chose rare à notre époque. Sa tournée fut un énorme succès et l’on est heureux de découvrir Héléna le 17 juillet au château Fobin.
Enfin, pour clore en beauté, voici le retour, pour la seconde fois, de Kenji Girac, le 18 juillet qui, avec ses airs et sa voix venus de sa culture « gitano » fait se lever le public pour danser sur ses musiques issues de ses lointains ancêtres.

Chacun des quatre artistes parrainera un jeune chanteur, ce qui est la moindre des choses, lorsqu’on est devenu un grand de la chanson, se rappelant qu’ils eux aussi débuté un jour et qu’ils est bon de donner sa chance aux artistes de demain.
Nous découvrirons donc avec Christophe Mahé Jules Loewert, qui a déjà tourné avec Jenifer et Barbara Pravi, nous offrant des textes engagés sur des musiques qu’il accompagne au piano.
Calogero donnera sa chance à Cobalt, arrivé en finale de l’émission « La France a un incroyable talent » et qui cartonne avec son premier titre « Trop tôt ».
Au tour de Lenaig, une lyonnaise ouvrant le spectacle d’Héléna, découverte sur les réseaux sociaux avec des titres comme « Je ne pense qu’à ça » ou encore « Vas-y ! ». Et elle y va !
C’est la rappeur Chiloo qui débutera le concert de Kenji Girac et il a déjà deux jolis succès à son actif : « Au bord de la mer » et « Tout finit par s’arranger »
Que voilà quatre belles affiches pour ce festival qui se déroulera dans ce cadre bucolique qu’est le château Forbin.
A ne pas manquer !

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

La Londe prépare son 17ème festival de jazz

C’est au « Canevas », un très joli et sympathique lieu au bord de l’eau, que toute l’équipe du festival de Jazz de la Londe se retrouvait pour découvrir la programmation que Christophe Dal Sasso, le directeur artistique et fondateur de cet événement – qui fêtera sa 17ème année – nous proposera du 30 juillet au 2 août.
Christophe, qui est aussi un talentueux flûtiste et trompettiste, compositeur et arrangeur, était entouré de nombreux amis musiciens avec qui il collabore, de nombreux bénévoles toujours fidèles au poste, autre fidèle, le maire, François de Cançon, la chanteuse Andréa Caparros, issue du Brésil par sa mère, le trompettiste Nicolas Folmer, la percussionniste Nadia Tighidet, …
C’est en 2009 que le festival a vu le jour et chaque année il marque un pas de plus en recevant de superbes artistes sous le soleil… et dans la nuit, la musique et les vagues faisant bon ménage.

Christophe Dal Dasso & François de Canson

« Cette 17ème édition, – nous confie Christophe Dal Sasso – s’annonce plutôt pas mal. Nous avons dû repousser la programmation plus tard, à cause des élections municipales. Pour être franc, au niveau des budgets ça a été un peu compliqué mais nous avons réussi à équilibrer. Nous attendions que passent les élections, nous n’avons pas changé de maire, il y a deux ans, nous avions dû faire sans quelques subventionnaires qui nous avaient lâchés au dernier moment, cette année nous repartons avec un budget un peu moins élevé que l’an dernier, nous avons dû compresser beaucoup de choses mais dans le prévisionnel nous arrivons à un équilibre très correct. Bien sûr, je ne désespère pas de trouver quelques sponsors avant le festival, vers mai-juin.
Le festival reste gratuit ?
Oui, c’est comme ça depuis 17 ans et il se déroulera sur quatre jours, avec les apéros à 19h avec l’association des vignerons londais, vers 21h30, le concert principal et à partir de 23h15 le jazz club recevra des artistes pour des concerts où se réussissent des musiciens en sessions…

Nicolas Folmer

Les cachets des artistes montent-ils ?
Non… Je les descends plutôt ! Je plaisante. Les cachets restent à peu près les mêmes depuis une dizaine d’années. Nous sommes, de toutes manières, tenus  par le syndicat des musiciens la SNAM. Ce qui a augmenté, ce sont les frais de transport, les frais de logement.
Le logement des artistes est à votre charge ?
Oui, nous avons des partenariats avec l’hôtel « La Calanque » au Lavandou,  des chambres d’hôtes au Château Maravenne de la Londe. Ce qui augmente aussi, c’est la restauration, la décoration pour enjoliver le site…
Vous avez combien de places sur celui-ci ?
En général la mairie installe entre 800 et 1.200 chaises et on accueille à peu près 2.000 personnes par soir, les autres s’installant avec leurs chaises, sur la plage de l’Argentière, c’est une ambiance conviviale qui se crée
Venons-en au nerf de la guerre : la programmation !
Pour les « Apéros-jazzzzz », on donne, comme d’habitude, la place aux musiciens locaux. Cette année ce sera de la musique du monde, de l’afro-jazz, avec Radio Mezcal le 30 juillet, un « Tribute to Nina Simone » le 31 juillet avec Clémence Tournemire Quartet, de l’afrio-bresilo-flamenco avec Georges Caparros Quartet le 1er août, le Suricats septet qui nous offrira du jazz des années 20, le2 août.

Et pour les grands concerts ?
Le premier soir, jeudi 30 juillet à 21h30, je vais jouer avec mon groupe… Ca fait cinq ans que je n’ai pas joué au festival et du coup, j’y viendrai deux fois cette année !Avec la chanteuse portoricaine Shekinah Rodz, nous venons de sortir un CD « Spirit of 3 » que nous jouerons.
Le second soir , le vendredi 31 juillet, nous jouerons avec une formation que nous avons monté avec Nicolas Folmer, avec Andréa Caparros intitulée « Big Sud », et l’orchestre de l’Opéra de Toulon. Nous serons à peu près trente-cinq sur scène. Ce sera une soirée événement intitulée « De Broadway à la French Riviera » un mélange de standards de jazz, avec des chansons en Provençal arrangées dans l’idée de Broadway ! Nous l’avons joué à Bandol et c’est génial !
Le troisième soir, samedi 1er août, nous recevons une formation constituée  par « Abraham Réunin », deux soeurs et un frère, Cynthia, Célia et Zachary, qui viennent du Bénin, et nous offrirons une musique afro-caribéenne, accompagnés par le batteur Arnaud Dolmen, Victoire du jazz 2025
Enfin, le dernier soir, dimanche 2 août, nous recevrons un groupe qui vient de Lyon, les Buttshakers, mené par une chanteuse américaine, Ciara Thompson pour une soirée très soul ».

Mais ce n’est pas tout, puisque, tous les soirs à partir de 23h/23h15, la formation Olivier Lalauze Trio ouvrira le jazz club réunissant musiciens amateurs et professionnels dans un esprit de partage
Le maire, tout nouvellement réélu dans ses fonctions, est on ne peut plus heureux du succès de ce festival et, avec humour, il avoue le reconnaitre au nombre de plaintes qu’il reçoit des habitants alentour : « De dix au départ, aujourd’hui c’est 150 plaintes par festival »… On progresse !!! 
Mais surtout, venez donc vous faire plaisir car ce festival a le mérite d’exister. »
C’est ce qu’on fera !

Et après un apéro, nous avons eu droit à un beau spectacle où chacun des artistes présents est venu à son tour nous offrir un grand moment de plaisir, en solo, trio et avec l’orchestre de Christophe Dal Sasso.
Bel avant-goût de ce qui nous attend durant le festival.

Jacques Brachet

Six-Fours… La dernière vague ?

Atmosphère lourde, en ce 25 mars au Six N’Etoiles, pour la présentation du programme de « La Vague classique » de cet été.
Visite en coup de vent de Jean-Sébastien Vialatte qui, après avoir salué les quelques anciens de son ex conseil municipal, s’est très vite retiré, laissant la place au directeur artistique du festival Gérald Lerda, en charge de présenter le programme :
« C’est avec une très forte émotion que je m’adresse à vous à occasion de cette nouvelle saison de « La Vague Classique ». Ce festival est né pendant la pandémie, lors de l’annulation aux Etats-Unis de la tournée du violoncelliste Gautier Capuçon. Six-Fours a été la solution de repli. Personne alors ne misait un kopek sur nous, pensant qu’une fois la pandémie stoppée, les artistes ne reviendraient plus à Six-Fours. Mais au fil des ans, nous avons patiemment travaillé pour donner à ce festival une programmation de qualité ».
On se ouvient de quelques noms prestigieux venus depuis à Six-Fours, des frères Capuçon à Cécilia Bartoli en passant par Jean-Christophe Spinosi, Hélène Grimaud, José Villamor, Philippe Jaroussky, Brigitte Fossey et bien d’autres, occupant ces magnifiques lieux que sont la Maison du Cygne, la Collégiale Saint-Pierre, la Maison du Patrimoine, le parc de la Méditerranée et maintenant la Villa Simone qui reçoit les grands du jazz.
Ainsi, au fil des six ans, des liens se sont créée avec cette commune « où il fait bon vivre », les artistes, leurs agents, tous les responsables et les équipes du festival, les saisonniers venus en renfort… Tous ceux qui en ont fait son succès.

Gautier Capuçon
Renaud Capuçon

« Le festival – ajoutait-il –  est devenu une référence en matière de musique classique. Ce succès, nous le devons surtout à Jean-Sébastien Vialatte dont chacun ici connait son engagement en faveur de la culture. La musique classique nous élève, nous rassemble, elle n’est pas réservée à une élite, elle doit être accessible à tous et c’est cela l’ADN du festival, excellence, jeunesse, accessibilité. »
Et pour commencer en beauté, voici le retour du contre-ténor Philippe Jaroussky, accompagné par l’ensemble Artaserse, à la Maison du Cygne, samedi 23 mai. Nous avions passé ensemble un joli moment de convivialité. Il a créé une académie et nous aurons le plaisir de découvrir l’un de ses lauréats, le pianiste Antonin Bonnet le 5 septembre à la Maison du Patrimoine.
Côté piano, nous serons gâtés, déjà par  la venue de trois pianistes asiatiques à la Maison du Cygne : Le 20 mai Bruce Liu, 1er prix du 18ème Concours international Frédéric Chopin en 2021 ; Le 11 juin, Sophia Liu, sans parenté, l’une des plus jeunes artistes de la saison puisqu’elle a 17 ans ;  le 5 juin, Ryan Wang, également grand prix du concours National Chopin, l’an dernier.
Et pléthore de pianistes à la maison du Cygne : Tanguy de Williencourt le 29 mai, Joseph Moog le 4 juin, Nicolaï Lugansky le 14 juin, Vanessa Wagner le 19 juin, Jean-Paul Gasparian le 20 juin, Arielle Beck le 21 juin, Mirabelle Kajenjeri, le 29 août à la Maison du Patrimoine.

Jean-Christophe Spinosi
Philippe Jaroussky

Les incontournables frères Capuçon, seront bien sûr de la fête : Gautier Capuçon et son fidèle pianiste Jérôme Ducros et deux lauréates de sa fondation : la pianiste Duru Erdogan et la violoniste Sofie Leifer, le 15 juin et le lendemain 16 juin avec trois autres lauréats : Gatien Leray, alto, Elise Bertrand, violon, Mirabelle Kajenjiri, piano. Et puis, le désormais annuel concert au Parc de la Méditerranée le 27 août avec six violoncellistes, les Capucelli.
Renaud Capuçon, lui, sera à la Maison du Cygne le 30 mai avec neuf jeunes artistes et… son épouse Laurence Ferrari qui se joindra au groupe comme récitante.
Autre récitant magnifique : Lambert Wilson, accompagné du harpiste Xavier de Maistre à la Maison du Cygne le 17 juin.
Cette année, notre ami le chef d’orchestre Jean-Christophe Spinosi, nous offrira, avec l’ensemble Matheus trois concerts à la Collégiale Saint-Pierre, y invitant la soprano Patricia Petibon le 19 juillet, la soprano Nina Spinosi et le ténor Gaël Lefèver le 20 juillet et les musiciens de l’Académie Stauffer le 22 juillet.
Des pianistes encore à la Maison du Patrimoine : Le 29 août, Mirabelle Kajenjeri, lauréate de la fondation Gautier Capuçon, Antonin Bonnet le 5 septembre, Stella Almondo le 12 septembre, Justus Friedrich Eichhorn qui a également 17 ans, le 19 septembre.
A la Villa Simone, du jazz, du jazz, du jazz avec, le 4 juillet Louise Jallu au bandonéon, Mathias Lévy au violon et à la guitare électrique, Marc Benham au piano, Alexandre Perrot à la contrebasse. Le 11 juillet le Paul Lay trio nous offrira la « Rhapsodie in Blue » de Gershwin.
On reviendra à la Collégiale Saint-Pierre  avec un concert de clavecin avec Paolo Zanzu  le 16 juillet, le fameux quatuor à cordes Modigliani le 18 juillet et l’ensemble Matheus avec le chœur de l’Académie Haendel-Hendrix le 19 juillet.

Karine Deshayes
Lambert Wilson

A noter l’exposition du grand photographe Douglas Kirkland, en partenariat avec le Festival de Ramatuelle, qui se tiendra du 4 juillet au 20 septembre dans les jardins de la Villa Simone.
D’autres manifestations comme les après-midi musicales-conférences de Monique Dautemer au Théâtre Daudet, du cinéma sous les étoiles à la Villa Simone en partenariat avec le Six N’Etoiles et d’autres concerts en plein air proposés par la fondation Gautier Capuçon. Tout cela à retrouver sur le site sixfoursvagueclassique.fr.
De beaux moments musicaux à vivre… En espérant les retrouver l’an prochain !

Jacques Brachet

Patricia Petibon

Olga JEGUNOVA :
« En France, j’ai retrouvé mon chemin, ma maison »

Olga Jegunova est une pianiste internationale qui a choisi de poser ses valises dans le Sud de la France, où elle vit avec sa famille entre Hyères et Paris. Ggrâce au maire de Solliès-Pont, André Garon, et son adjointe à la Culture Marie-Aurore Smadja elle a créé un festival  « Les Nocturnes à Solliès-Pont » dont la troisième édition aura lieu cette année
Belle musicienne à l’accent russe et musical, on ne pouvait que la rencontrer !
« Olga, parlez-nous de vos origines…
Je suis lettone, née en Lituanie et donc russophone. Au milieu de tout cela, il a fallu que je me trouver une vraie identité, ce qui n’a pas été facile !
Le piano, c’est venu comment ?
Dès cinq, six ans j’ai commencé à faire des concours, des concerts. J’ai travaillé beaucoup mais c’était une passion. Le piano est devenu ma vie quotidienne et je pensais alors que c’était une vie « normale » ! Je n’ai pas eu le temps de me rendre compte que c’était un vrai travail, d’autant que ma mère était aussi pianiste.

Elle vous a donc poussée dans cet art ?
Pas vraiment mais elle me faisait travailler. Je me souviens avoir travaillé sur une œuvre de Schumann dont je n’arrivais pas à trouver la bonne expression. Avec beaucoup d’attention de sa part, elle m’a expliqué que si l’on n’était pas touchée par la musique, ce n’était pas la peine de continuer. Et elle a vu que j’étais touchée par la musique.
Combien d’heures passez-vous au piano ?
Au moins deux à trois heures par jour mais si j’ai un concert ce peut être cinq à six heures ! Et le reste du temps… Je joue au lego avec mes deux enfants ! Je passe du noir et blanc à la couleur !
Comment-êtes-vous venue à créer ce festival à Solliès-Pont ?
A la suite d’un concert, le maire me l’a proposé. Je trouvais intéressant de me trouver de l’autre côté d’un festival, non plus pour seulement jouer mais pour l’organiser, d’abord pour le public mais aussi pour les musiciens. Nous sommes toujours stressés avant un concert et j’avais envie de les guider, de les accompagner. Ça m’a également beaucoup aidée, beaucoup apporté et je voulais que la musique classique ne soit plus élitiste, qu’elle soit accessible au plus grand public possible.
Déjà, lorsque je donne un concert, entre deux morceaux, j’aime parler au public, raconter, expliquer, être proche de lui.

Vous vivez donc entre Hyères et Paris aujourd’hui. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de vous installe en France ?
Je vivais à Londres puis il y a eu le Covid, qui a été un drame pour tout le monde entre autres pour nous les artistes puisqu’on ne pouvait plus travailler.  Je suis venue dans la région pour y trouver un refuge, de nouvelles racines que je n’avais pas. J’ai découvert la nature, le climat, des gens gentils et j’ai décidé que ce serait parfait pour nous et mes deux petits anges, après avoir travaillé dans le monde entier.
La France est donc devenue votre nouvelle patrie ?
Exactement et le Sud en particulier. J’ai retrouvé, sinon mes racines, du moins mon chemin, ma maison, une famille.
Depuis deux ans, vous avez donc créé ce festival qui, sera, cet été, la troisième mouture…
Oui, les deux premiers ont bien marché dans un cadre de rêve et de plus, j’ai rencontré des gens magnifiques, comme cette chorale « Sur tous les tons » formée de bénévoles, que j’aime, que j’accompagne, avec qui je travaille aujourd’hui et qui fait partie du festival.
Il y a eu également la rencontre avec notre ami Charles Berling…
Ah Charles ! Ça a été une belle rencontre. Je l’ai connu grâce à l’opéra de Toulon et il est venu participer au festival l’an dernier.
Vous avez aussi ajouté du jazz dans votre festival !
Pas de jazz cette année, malheureusement…Néanmoins, en 2026 y aura un pianiste légendaire Christian Zacharias,le mime Benoît Turjman, un concert pour présenter de jeunes talents, les  spectacles musicaux pour les enfants “Le petit prince” et le “Ti-train” et un concert en partenariat avec l’Opéra de Toulon des chanteurs lyriques Kaarin Cecilia Phelps et Emmanuelle Demuyter.  
En dehors du festival, nous aurons le plaisir de découvrir votre nouvel album ?
Oui, ce sera mon sixième et il sera consacré à un compositeur géorgien : Giya Kancheli.
C’est une musique pleine d’espoir et dans cette période très difficile c’était quelque chose de très important pour moi. »

Programme des Nocturnes de Solliès-Pont
Mardi 30 juin 21h, cour du château Forbin : Récital de piano par Christian Zacharias
Mercredi 1er juillet 17h, Médiathèque René Char : « Le petit prince », narration, avec Pierrick Grillet et Olga Jegunova
Mercredi 1er juillet 21h, cour du château Forbin : Musique de chambre avec Christian Zacharias, Benoît Salmon (Violon), François Mereaux (Alto), Delphine Perrone (Violoncelle) Jphanna Sans (Contrebasse)
Jeudi 2 juillet 19h, Médiathèque René Char : Les voix de demain – Concert jeunes talents du conservatoire à rayonnement régional TPM
Vendredi 3 juillet 21h30, cour du château Forbin : « Piano et pantomime » avec Olga Jegunova et Benoît Turjman
Samedi 4 juillet 10h30, Médiathèque René Char : « Abracadabra Musiques » Spectacle musical pour enfants
Samedi 4 juillet 21h30, Cour du château Forbin : En partenariat avec l’Opéra de Toulon, Kaarin Cecilia Phelps (Soprano), Hugeau Philippeau (Piano) et la participation d’Emmanuelle Demuyter (Soprano). Concert de chant lyrique et première mondiale d’une nouvelle composition de Nolan Monnet

Propos recueillis par Jacques Brachet