Nichée entre les roches rouges de l’Estérel et la Méditerranée, La Napoule Art Foundation offre un cadre unique où patrimoine, création contemporaine et paysage se rencontrent. Le vernissage sera également l’occasion de découvrir ce lieu de résidence et de création exceptionnel dans une atmosphère conviviale, sur les terrasses du Château face à la mer. La Napoule Art Foundation accueille cet été une nouvelle exposition Dans ce lieu magnifique, les expositions ne sont pas simplement installées : elles se construisent au fil des rencontres, des résidences et du dialogue avec le Château. C’est dans cet esprit qu’est née « Mise en abyme »,une exposition réunissant pour la première fois Erin Leann Mitchell et Kaitlyn Tucek, deux artistes ayant séjourné en résidence à La Napoule Art Foundation.
Présentée du 12 juillet au 20 septembre 2026 à la Galerie Blanche du Château de La Napoule, l’exposition explore les notions de mémoire, de répétition et de récits fragmentés à travers un dialogue entre peinture, textile, installation et pratiques expérimentales. Un finissage de l’exposition est également prévu le dimanche 20 septembre.
La Napoule Art Foundation – Château de La Napoule – 06 22 38 01 36 – www.LNAF.org
L’exposition « Murmures se déploie dans l’abbaye où la lumière joue avec subtilité sur les volumes et les œuvres selon la course du soleil. Le décor épuré, marqué par l’absence d’ornement et de figures, instaure une atmosphère de sérénité qui enveloppe le visiteur dans un silence propice à l’apaisement, et à la contemplation des œuvres d’Alain du Pontavice. Érigée à partir de 1175 à La Roque d’Anthéron, l’abbaye de Silvacane est un joyau de l’art roman cistercien. Elle constitue l’un des joyaux architecturaux de Provence, parfois méconnu face à ses sœurs plus connues, Sénanque à Gordes et Le Thoronet dans le Var. Elle a célébré l’an dernier son huit cent cinquantième anniversaire.
Un dialogue entre art et méditation
L’abbaye devient un espace immersif où patrimoine millénaire et création contemporaine se rencontrent, offrant un voyage intérieur, recueilli et serein, à la mesure de l’histoire et de la beauté du lieu.
Érigée entre le Luberon et la chaîne des Côtes, sur la rive gauche de la Durance, l’abbaye cistercienne offre un cadre unique pour l’exposition « Murmures », installée pour quatre mois dans ce lieu propice à la méditation. Les créations d’Alain du Pontavice entament un dialogue sensible avec le dessin épuré de la pierre et les variations de lumière. Elles apparaissent comme autant d’empreintes sensibles, évoquant les murmures de l’être et de la nature. Ces traces vibrantes éveillent des impressions intimes et vivantes chez le visiteur, invitant à une expérience contemplative où art et spiritualité se répondent. Une quarantaine d’œuvres occupe plus de 700 m² répartis dans trois espaces majeurs : le dortoir, le réfectoire et la salle capitulaire, tandis que l’armarium est consacré à une vidéo immersive visuelle et sonore. Aux trois salles répondent trois séries de peintures à l’huile sur toile et métal auxquelles font écho des installations composées de minéraux, sable, textiles, argile et métaux.
« C’est le processus, l’immersion dans l’inconnu dans l’acte de peindre, qui est ici le plus précieux, car il a force de révélation pour moi, il ne s’enferme pas dans le seul travail des formes. La peinture ouvre en moi des territoires longtemps pressentis — propres à l’être intérieur — qui demandaient à être mis au jour. J’ai voulu mettre en miroir l’organique à l’état brut au travers de la présence de deux monolithes extraits de carrières d’ardoise avec des stèles issues de mon imagination et d’autres cultures, créées par l’homme sur toile ou métal. »
L’artiste a investi l’armarium, cette petite salle voûtée où étaient rangés les livres de prière et d’étude, pour y proposer une expérience immersive. Quatre vidéos d’une minute projetées sur écran géant invitent à un voyage sensoriel, visuel et sonore à travers une animation de toiles Murmures et une bande son inspirée des bruits de la mer, du vent dans les feuillages, du feu et de sons d’animaux. Artiste peintre abstrait, Alain du Pontavice conçoit la peinture comme une plongée dans un monde intérieur, une exploration des possibles infinie. Son approche intuitive et expérimentale se fonde sur une relation singulière entre matière et sensible, où le travail de la texture occupe une place centrale. Ses peintures se construisent par strates successives, parfois travaillées durant de longues périodes avant que le motif n’apparaisse. Les surfaces, enrichies de pigments et matériaux — sable, gel ou métal — ou incisées, révèlent des paysages intérieurs, des formes organiques ou cosmiques. La création dépasse l’atelier : elle s’alimente de promenades, de souvenirs et même du sommeil, se déployant consciemment ou inconsciemment au fil du temps.
Jacqueline Franjou entourée des photographes et des adjoints de la mairie de la Seyne
A la Villa Tamaris Cette année fête les 200 ans de la photographie. Du coup, à un jour d’intervalle, nous avons vu naître deux expositions uniques et magnifiques, l’une à la Villa Tamaris à la Seyne-sur-mer, intitulée « 200 ans de portraits ! », programmée par l’association « L’œil en Seyne » présidée par Jacqueline Franjou, la présidente d’honneur Micheline Pelletier et Cyril Bruneau, le directeur artistique. Un autre invité de marque : Gilles Désiré dit Gosset, Conservateur général du Patrimoine, directeur de la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie. Nombre de photographes avaient été invités à cette inauguration, encadrés également de nombreux adjoints de la Mairie de la Seyne.
De Victor Hugo…
… A Michèle Morgan
200 ans de photos, allant de Nadar ou Victor Hugo à des stars comme Joséphine Baker, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Claudia Cardinale, Alain Delon et même quelques « idoles de l’époque yéyé » ,Claude François, Sheila, Sylvie Vartan… La chaleur était intenable mais une foule incroyable se pressait pour admirer ces photos, pour certaines très connues, pour d’autres inédites, de photographes qui, de décennies en décennies, œuvrent dans l’ombre pour mettre en lumière tous ces artistes. 340 œuvres signées de 40 photographes réunies dans ce lieu idyllique de la terrasse duquel on peut aussi découvrir la Méditerranée dans toute sa splendeur.
Charlotte Rampling
Les années « yéyé »
Jacqueline Franjou devait dire qu’elle était heureuse de s’associer à cet événement à l’occasion du bicentenaire qui méritait une célébration à la hauteur de l’histoire. Une exposition exceptionnelle en couleur et en noir et blanc, une rétrospective à la fois splendide et émouvante, qui nous fait retrouver des artistes, morts ou vivants mais qui font eux aussi parti de notre patrimoine.
Catherine Deneuve
Joséphine Baker
Brigitte Bardot
A la Villa Simone
Jacqueline, le maire de Six Fours et ses adjoints, Cyril Bruneau, Françoise Kirkland, Gérald Lerda
Le lendemain, c’est à la Villa Simone, dans une ambiance moins suffocantes, dans ce beau parc ombragé, loin de la foule déchaînée, qu’on retrouvait Jacqueline Franjou, fidèle du lieu, pour une autre exposition tout aussi exceptionnelle, cette fois consacrée au photographe de plateau Douglas Kirkland, décédé en 2022, et qui a photographié les plus grandes stars du monde, d’Orson Welles à Mickaël Jackson, en passant par Maylin Monroe, Judy Garland, Andy Warhol, Mick Jagger, Sophia Lore, Elizabeth Taylor, et même nos stars comme Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau ou Romy Schneider… Difficile de toutes les nommer !
Catherine Deneuve
Dian,a Ross
Ringo Starr
Pour l’occasion, l’épouse du photographe, Françoise Kirkland, qui est française mais vit à Los Angeles, s’était déplacée pour l’occasion et me confiait en riant : « Nous avons toujours fait ménage à trois, lui, moi et la photo ! C’était un passionné dès l’âge de 10 ans, il avait installé son atelier dans une cabane et, lorsqu’il n’était pas en train de photographier, il s’y enfermait pour développer ses photos. Il a photographié nombre d’artistes dont il ne se souvenait souvent plus de leur nom mais c’était la passion de les mettre en scène qui était son plaisir. C’était un homme simple, très près des gens. Douglas aurait été absolument ravi de voir son œuvre exposée dans un tel lieu, d’autant qu’il n’avait jamais exposé en plein air, dans ce jardin magique. En regardant ces photos, essayez, d’oublier que ce sont des stars et de les voir avec toute leur humanité ».
Cyril Buneau, Françoise Kirkland, Jacqueline Franjou devant le portrait de Monica Bellucci
Mick Jagger
A noter que chaque villa a choisi pour affiche l’une de nos plus belles stars Michèle Morgan pour la Villa Tamaris, dont l’exposition durera jusqu’au 4 octobre, Marylin Monroe pour la Villa Simone, que vous pourrez admirer jusqu’au 20 septembre. Je retrouverai dans quelques jours mon amie Jacqueline Franjou pour nous parler entre autres du festival de Ramatuelle qui démarrera le 29 juillet, qui fut à l’origine, avec Jean-Claude Brialy, de ce festival pas comme les autres et auquel Jean-Claude me conviait dès le premier festival. J’ai continué à le suivre avec un autre ami, Michel Boujenah qui a pris la suite du créateur. Que de souvenirs !
C’est au domaine de la Gayolle à la Celle que le coup d’envoi a été donné pour la 36ème édition d’Art & Vin C’est une manifestation qu’a créé la Fédération des Vignerons Indépendants englobant la région PACA et Corse, qui, aujourd’hui a une résonnance régionale incroyable. Le but est de lier deux arts : les arts du vin et les arts plastiques. Chaque année, les vignerons, domaines et châteaux de Provence invitent des artistes, peintres, photographes, sculpteurs, à venir présenter leurs œuvres dans des lieux magnifiques, chacun faisant découvrir l’autre et créant des rencontres, des soirées où se mêlent la musique, la danse et autres spectacles en découvrant les artistes et les vins qui sont un art en soi. Durant tout l’été, et jusqu’au mois d’octobre, vous pourrez vous balader de Taradeau à Villecroze, du Muy à Tourves, de Brignoles à Hyères, de Draguignan à Roquebrune sur Argens, découvrir de vignobles en châteaux, ce qui fait l’une des exceptions du Var : ses vins tricolores et en même temps admirer des œuvres d’artistes de notre belle région. Cette année donc, c’est l’énergique, dynamique et sympathique propriétaire du Domaine de la Gayolle, Nicolas Paul, qui nous recevait pour frapper les trois coups de cet événement estival, sous l’égide d’Alain Baccino, propriétaire du domaine des Peirecedes à Cuers, plusieurs fois médaillé, qui fut l’un des créateurs de cette belle idée, avec son épouse Véronique. Aujourd’hui, toute la famille continue la tradition de ce domaine, leurs fille Leslie et Audrey y venant en renfort.
L’an dernier, « Art & vin » avait entamé une trilogie qui avait pour thème « L’art métamorphose, être, renaître et transfigurer », cette année, le thème est « Matière et temporalité » Le tout jeune propriétaire du domaine de la Gayolle, était heureux de recevoir artistes, sponsors de la manifestation et la presse pour lancer la manifestation et présenter son domaine : « C’est un domaine familial et je représente aujourd’hui la septième génération. C’est donc un domaine très ancien, ses fondations datent du deuxième siècle et nous avons cette chance d’être entourées de deux sources, l’une descendant du massif de la Saint-Baume et l’autre sur le domaine même. Ces sources sont chargées énergétiquement, les premiers témoins de cette énergie, ce sont nos platanes de 45 mètres de haut. Ils ont 400 ans et se portent à merveille. Ces arbres transmettent leur énergie à notre vignoble. Ce dont les Romains qui sont venus s’installer ici, un général y a fait construire cette chapelle qui jouxte le domaine. Nous avons même découvert un sarcophage qui est en ce moment au Musée des comtes de Provence à Brignoles. Aujourd’hui, le domaine s’est adapté à l’agrotourisme, nous avons créé de nouvelles activités, dont « Art & Vin » que nous recevons avec joie et une « Aventure dans les vignes » qu’a créé avec succès Caroline Adrian »
Caroline Adrian, qui est la coordinatrice événementielle et qui a inventé un jeu de piste original : « C’est un jeu de piste qui peut se faire en famille ou entre amis, à travers les vignes, en parcourant six kilomètres que l’on peut faire à pied ou à vélo. Durant le trajet, nous organisons des épreuves, des mystères y sont disséminés et à la fin du parcours, une dégustation est proposée avec un goûter pour les enfants. C’est une immersion ludique qui fait découvrir le domaine et que l’on propose du lundi au vendredi de 9h à 17h » Ce sont donc une cinquantaine de domaines qui recevront un ou plusieurs artistes, chacun adapté au lieu et Nicolas Paul nous parle de celle qui a déjà installé ses œuvres très originales dans son domaine. « Il s’agit de Christine Stephanoff , absente aujourd’hui, qui, en miroir à nos arbres, nous propose ses sculptures avec des personnages qui ont cette originalité d’avoir des formes élancées et de très grands pieds qui représentent l’ancrage ce qui est notre identité à la Gayolle, une identité spirituelle aussi que nous avons avec nos arbres et notre chapelle ».
Parmi les artistes présents à cette journée, Jean-Marc Toureille qui exposera ses œuvres au château de Mauvanne aux Salin d’Hyères. Œuvres très originales puisque réalisées au… stylo-bille ! « L’essentiel de mon travail aujourd’hui, nous dit-il, est en noir et blanc ou en bleu mais j’essaie d’évoluer vers la couleur et d’autres matières, ce qui n’est pas facile de les accoupler d’autant que le stylo-bille n’est pas effaçable en cas d’erreur ! Au départ je me suis lancé dans la photographie tout en m’essayant à toutes les matières : huile, pastel, fusain, crayon, art digital. Puis j’ai peu à peu abandonné la photo pour m’essayer au dessin. Je me suis lancé dans le dessin humoristique en créant un petit chien pour des revues. Mais, j’ai vite fait le tour du chien et je me suis lancé dans le stylo-bille en mélangeant l’abstrait et le figuratif » Aujourd’hui ses œuvres sont fortes, même si, faites sur papier, il avoue qu’à force de dessiner… ça prend de la place ! Mais leur place est sur les murs d’exposition que vous pourrez donc découvrir au Château de Mauvanne, du 1Er juillet au 16 août.
C’est au Château Vaudois, à Roquebrune sur Argens, que l’on peut découvrir un trio d’artistes : le photographe François Millo et les plasticiennes Marika Guevellou et Sophie Chiotti. Ils ont décidé de collaborer en symbiose. François Millo nous parle de leur rencontre : « Il s’agissait en fait de créer une synergie qui est née entre nous depuis quelques mois. Nous nous sommes dits : pourquoi ne pas associer trois disciplines, la peinture, le plastique et la photo pour aller plus loin. Lorsqu’on expose seul, au bout d’un moment, on sent un peu de lassitude et là, ça crée une émulation, avec de nouvelles idées et c’est notre façon de nous inscrire dans notre art. En ce qui me concerne, c’est la photographie de l’instant. Une scène d’une demi-seconde est fixée à tout jamais » A ses côtés donc, deux plasticiennes : Sophie Chiotti qui s’amuse entre huile, encre de chine, collages, photographies. Ses œuvres aux couleurs douces, sont empreintes d’un certain mystère entre ombre et lumière qu’elle aime nommer « Présence silencieuse ». Marika Guevelou aime la mise en scène. Artiste peintre, elle dirigea un temps une galerie à Nice où elle aimait mêler les thèmes, les domaine artistiques et les mettre en scène selon le lieu où les œuvres exposées. Elle aime à dire que les obligations permettent la création, l’adaptation du lieu.
Pour les autres artistes, il faudra aller de domaines en caves et en châteaux pour découvrir tout d’abord des lieux magiques, des vignobles qui nous offrent des nectars inventifs et savoureux et des artistes talentueux et originaux. Une trilogie qui chante la Provence !
Je vous ai déjà présenté la très belle expo photo que notre ami Henri Chich, président de l’association Phot’Azur présente à la Villa Simone de Six-Fours, regroupant les œuvres de ses adhérents. Et, oh surprise, voilà que dimanche dernier Henri et Francine Chich recevaient une délégation chinoise de photographes, venue découvrir l’association et l’exposition, en cette journée printanière. Inutile de vous dire que ça photographiait à tour de bras, les chinois étant spécialistes en la matière, et même moi, simple journaliste inconnu d’eux, je n’ai jamais été autant photographié de ma vie ! Que feront-ils de moi chez eux, je n’ose penser que je vais y devenir une star ! Cette sympathique équipe était guidée par Huang Afang, interprète et traductrice vivant dans le Var car nous ne pouvions communiquer qu’en sourires et révérences, alors qu’une collaboratrice de l’association leur présentait les œuvres affichés traduites par elle.
« Afang, pouvez-vous nous dire comment s’est faite la visite de cette association venue de ce lointain pays ? Cette association s’appelle l’Association Photographique Culturelle et Touristique et nous vient de Tianjin. Elle se compose de photographes amateurs et professionnels, de débutants aussi et elle est présidée par Tiejun Duan. Et vous, vous venez aussi de là-bas ? Non, j’habite dans le centre Var, à Flassans sur Issole, je suis traductrice, interprète et formatrice en langue chinoise. Comment le contact s’est-il fait ? Tout simplement parce que le Centre d’Echanges Culturels entre les entreprises chinoises et Internationales de Tianjin m’en a fait la demande. Ces photographes voulaient découvrir le Sud, rencontrer des associations photographiques et si possible pouvoir y exposer. J’ai donc contacté des clubs locaux et par chance, je suis tombée sur le numéro de téléphone de Monsieur Chich. Je l’ai donc appelé et il a tout de suite été d’accord pour nous recevoir.
Tiejun Duan
Henti Chich & Florence Lunardelli, adjointe à la Culture
Henri Chich
Ont-ils vu d’autres associations ? Oui, avant j’ai contacté un club à Marseille qui a aussi accepté de nous recevoir et d’exposer une vingtaine de photos à Plan de Cuques. Comme ils restaient quelques jours, ils en ont profité pour visiter notre région et faire connaissance avec d’autres clubs et associations. D’où notre venue à Six-Fours. Vous êtes spécialisée dans la photographie ? (Elle rit). Non, je peux être contactée par différentes entreprises ou associations. Quelquefois ce sont des géologues, des businessmen, des sociétés organisant des colloques avec la Chine. A l’origine, il devait y avoir une autre association de Tianjin, le Centre d’Echanges International de Culture et d’Entreprises qui organise des sorties photos pour les amateurs et ils n’ont pas pu venir pour des délais de visas. Comment se passe la journée en dehors de cette visite ? D’abord, ils ont beaucoup apprécié l’accueil qu’ils y ont eu, ils ont beaucoup aimé l’exposition, le lieu et le beau temps et ont décidé de pique-niquer dans le parc ! Et aujourd’hui, ils ont envie d’y revenir pour présenter une exposition ! »
Par ailleurs, après ce pique-nique, Henri et Francine Chich leur proposait une balade au Brusc et sur l’île du Gaou, qu’ils ont beaucoup appréciée… Et photographiée ! Nul doute qu’on les reverra bientôt pour présenter leur propre exposition !
Voilà 50 ans que l’association Phot’Azur nous initie à la photographie, nous régale d’expositions magnifiques, nous fait connaître de beaux photographes qui, s’ils ne sont pas célèbres, n’en sont pas moins talentueux. Et le président, Henri Chich n’en est pas le dernier, tout comme son épouse, Francine, qui est également présidente de l’Union Régionale de la Fédération Photographique de France. Ces deux six-fournais passionnés vivent photo, voyagent photo, enseignent photo, exposent photo… Bref, ils baignent dans cette passion commune depuis des décennies et cette année, ils fêtent les 50 ans de ce club qu’Henri dirige de main de maître depuis 27 ans. Et ils ont choisi la Villa Simone, devenue lieu culturel dans un cadre idyllique parrainés par le tout nouveau maire de la commune, Frédéric Boccaletti, venu avec un aréopage d’élus pour en faire la connaissance, dont l’adjointe à la culture Florence Lunardelli. Temps ensoleillais pour ce vernissage qui, une fois de plus, nous révèle des photographes et nous fait admirer leurs œuvre au milieu de la nature printanière.
« Henri, 50 ans, qu’est-ce que ça t’évoque ? Que je fais partie des meubles ! Puisque j’en suis un membre fondateur. J’y suis depuis que le club existe et j’en suis le président depuis 27 ans ! Nous sommes affiliés à Fédération Photographique de France Pour ces 50 ans nous avons voulu faire des tirages particuliers haut de gamme. Autrefois, les tirages étaient en impression directe sur le PVC. Ce sont les éditions de Marius Bar à Toulon qui nous a tiré les photos sur vinyle collé sur le PVC, sur les photos il y a beaucoup plus d’encre qui donne une qualité très supérieure. Pour l’exposition combien de photos sont-elles exposées ? Il y a 68 panneaux avec deux photos par panneau, ce qui fait 136 photos pour 36 exposants, tous membres du club, mais certains n’ont pas voulu exposer puisque nous avons quelque 40 adhérents.
Pourquoi n’ont-ils pas voulu exposer ? Parce qu’il faut qu’ils payent leurs photos et certains ne peuvent ou ne veulent pas. Même pour les concours. Sauf pour les images projetées parce que là c’est gratuit ! Et toi, Francine, toujours fidèle au poste ? Je suis toujours présidente de la région PACA photographique… Encore pour peu de temps car il faut laisser la place aux jeunes… Même si ça ne se bouscule pas au portillon ! Mais bon, j’ai fait mon temps et il faut bien qu’un jour ça se termine. J’ai un boulot important, sachant que l’Union Régionale PACA qui regroupe 24 unions, avec 750 adhérents, 51 clubs, est la plus grande union régionale de France. Et je gère ça depuis quatorze ans. C’est un boulot immense, qui comporte beaucoup de déplacements, la région PACA étant énorme… De Gap à Menton d’ Arles jusqu’à Saint-Martin-de-Crau et jusqu’à Monaco. Nous sommes aussi partenaires du Festival de Camargue. Et tu vas quitter tout ça ? Oui, j’envisage un départ en douceur en nommant des vice-présidents dans la région car l’âge aidant ça devient un peu pesant de tout gérer et j’ai envie d’être plus disponible dans ma vie de tous les jours.
Mais toujours fidèle au poste auprès d’un certain Henri Chich ! J’ai été membre de son club en 1980, l’année où il s’est affilié à la Fédération Photographique de France. J’avais un poste à la Fédération : Commissaire couleur papier et depuis, je n’ai pas arrêté ! Et nous fêtons les 50 ans ensemble. Pour ces 50 ans, d’autres choses sont projetées ? Henri : Dans quelques jours sera créé un code-barres qui permettra d’organiser des concours avec des petits cadeaux à la clef, autour des photos exposées En attendant les petits cadeau, le grand cadeau c’est cette très belle exposition disséminée dans les jardins de la Villa Simone jusqu’au 21 juin. Jacques Brachet
Sanary : Christiane Boussard entre terre & mer Voilà des années que je suis cette belle artiste et à chacune de ses expositions, j’y retrouve le même bonheur de peindre, d’assembler les couleurs, de représenter des paysages de sa région, entre autres la Seyne , où elle vit. A chaque fois, elle surprend par l’évolution de sa peinture qui va de l’expressionnisme à l’impressionniste et aujourd’hui la voilà qui se lance dans l’abstrait avec un chatoiement de couleurs « qui vont si bien ensemble ». Sortie de nombreux mois de maladie dont elle est aujourd’hui convalescente, elle n’a jamais baissé les bras, jamais lâché son pinceau, ce qui lui a permis de résister avec un beau courage à toutes les pressions médicales qu’elle a enduré.
Après des camaïeux de bleus qui représentent cette Provence qu’elle aime et qui l’inspire, enfermée dans son atelier, elle s’est jetée dans l’abstrait et l’on ressent dans ses toiles, toute l’énergie, toute la force qu’elle a gardée dans ces mois sombres. Et de l’ombre vient la lumière qu’elle pose sur ses toiles avec, on le sent, une joie de peindre irrépressible. Et comme par hasard, ses nouvelles toiles s’agrandissent dans des explosions de couleurs, très différentes de ses premières toiles dans lesquelles on trouvait un calme, une sérénité qui s’est aujourd’hui accrue dans la joie de continuer à peindre. Joie qu’elle nous communique dans cette belle exposition qu’elle nous offre à la galerie Barthelemy de Don jusqu’au 15 février.
Solliès-Pont : Portraits de Femmes avec homme Voilà donc la galerie peuplée de femmes dans tous leurs états, pulpeuses, mystérieuses, poétiques, sculpturales, stars, androgynes… Toutes plus belles les unes que les autres, sublimées par des femmes avec une exception : un homme qui les aime, Olivier Vinet, d’autant plus qu’il est à bonne école avec son épouse, Yannick, qui expose auprès de lui.
Photo Serge Allègre
Bénédicte Le Moigne-Grijol, Cette grande voyageuse nous propose la beauté, la grâce, la féminité, le mystère, la douceur dans ces femmes perdues sous des fleurs et des feuilles, qui, comme des elfes, semblent s’envoler, nimbées de teintes pastel. Tout comme ses sculptures, longilignes et tout aussi mystérieuses, semblables à des icônes. Allez, on passe au couple toulonnais : Olivier et Yannick Vinet dont les styles sont à la fois différents et approchants puisqu’ils présentent les femmes comme des divas, des stars inabordables, sophistiquées, dans des décors géométriques psychédéliques, très seventies, qui peuvent faire penser à Warhol pour cet ex mathématicien, et à la star séductrice et intouchable pour cette artiste, mère de ses cinq enfants.
Marie-Aurore Smadja &Bénédicte Le Moigne-Grijol
Rosa Vanmarcke-Gilissens, est une vieille connaissance, car cette belge installée à Solliès-Pont, vient en voisine et nous a déjà offert ses sculptures monumentales aussi originales qu’elle, qui nous invitent à entrer dans la galerie. Ses œuvres peuvent aller de la femme réelle à la femme abstraite mais toujours d’une beauté hiératique. AK La Rousse a un nom qui est déjà tout un poème. Cette femme de feu, comme son nom l’indique, née du côté de Signes idéalise la femme avec à la fois de la poésie, de la liberté, de l’exubérance. En découvrant certaines de ses toiles, on ne peut s’empêcher de penser à Cocteau, couleurs chatoyantes en plus. La toulonnaise Odile Fayon balance entre classique et imaginaire. Elle peut en même temps nous offrir une femme nue bien en chair, comme les peignaient les anciens, puis partir sur une guitare peuplée de personnages inattendus et colorés. Comme on peut le voir, la Var ne manque pas de beaux et belles artistes dont vous pouvez découvrir un magnifique échantillon jusqu’au 15 février dans ce lieu superbe qu’est le château de Solliès-Pont.
Elle s’appelle Caroline Chaylart mais son nom de guerre c’est Chaylart… Tout simplement. Et lorsque j’écris « guerre », il est plutôt question de paix car ses œuvres sont d’une belle sérénité. Tout comme ce lieu qu’elle a choisi à Six-Fours : la villa Simone, où ses œuvres poussent jusqu’au 2 novembre, dans les magnifiques jardins de ce lieu qui lui ressemble. Ses œuvres sont belles, douces, lumineuses, incitent à la méditation car, m’avoue-t-elle, c’est une exposition méditative.
Chaylart est plasticienne… Mais pas que… Elle est designer, graphiste textile, auteure et sophrologue ! Beau parcours pour cette belle jeune femme au regard profond, que j’ai toujours plaisir à retrouver, tant son œuvre est belle, forte et apaisantes et la Villa Simone est le lieu idéal pour présenter son nouveau travail, sur les vieux murs de pierre, dans l’herbe et au milieu des arbres.
L’œuvre est solaire (comme elle !) empreinte de douceur malgré les couleurs éclatantes qui contrastent d’une toile à l’autre. Des ciels bleus ou roses, des montagne violettes, des soleils rouges, des plantes et fleurs multicolores, qui jaillissent comme des feux d’artifices. Ses tableaux évoquent la beauté et la promenade à travers eux est la découverte de la nature dans la nature. Elle vous fait balader à travers son amour de celle-ci et ce lieu est un écrin superbement adapté à ces bijoux qu’elle nous propose.
Venez vous réjouir, méditer, admirer, avec cette artiste originale, loin des sentiers battus mais dans ses propres sentiers faits de poésie et de bonheur. Jacques Brachet
Paprika est né de l’imagination de Luc Patentreger. Qui est Luc ? Un médecin à la retraite, un ancien politique, à la fois philosophe et plasticien, amateur de photo et de cinéma au point de créer un festival et créateur de Paprika Qui est Paprika ? Un drôle de petit chien rouge devenu son compagnon de route avec qui il philosophe, il poétise, il joue les journalistes, les penseurs et tous les deux explorent l’univers, témoins de la vie sur terre et sous terre. Le voici installé jusqu’au 30 août dans une belle galerie, la Maison Pouillon, dans le parc Fernand Braudel, face à la plage des Sablettes et dans lequel, Paprika est sorti de ses BD pour devenir un personnage en papier mâché et déambuler à travers ce lieu paisible et beau. Je ne pouvais pas manquer cette invitation à ce voyage philosophique et spirituel, en rouge et blanc d’abord jusqu’à ce que déboulent toutes les autres couleurs, témoins de la vie d’au-dessus etd’en-dessous, d’hier et d’aujourd’hui en suivant les traces de ce petit chien rigolo et facétieux, plein d’humour et d’ironie… Mais pas que. C’est une exposition drôle, ludique et pleine d’enseignements. Sans compter l’amitié que je porte à Luc, j’admire sa vie si pleine et si riche faite de passion et de curiosité.
« Luc, raconte-moi cette exposition… Elle s’appelle « Paprika, invisible présent » D’abord, pourquoi Paprika ? Paprika est né il y a dix ans et demi, le 7 janvier 2015, suite aux attentats de « Charlie Hebdo » dont je suis un fidèle lecteur depuis 40 ans et ça a été pour moi un véritable traumatisme, pour moi comme de nombreux Français d’ailleurs, J’ai vraiment eu du mal en m’en remettre. Je suis médecin, le sujet de ma thèse a été « Maladie et création picturale » J’y traitais d’art thérapie. Le jour suivant ce 7 janvier, je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose de cet art thérapie. C’est là qu’est né Paprika ? Oui. J’ai repris mes crayons, mes papiers et j’ai commencé à dessiner, faire des livres en compagnie d’Yves Benhamou qui écrit les textes, comme ce que faisait Charb, le directeur de Charlie Hebdo avec son petit chien et son petit chat, Maurice et Patapon. J’ai trouvé ce chien comme ça. Etant écolo, il ne pouvait pas être vert, c’était trop évident. J’ai choisi le rouge car on le repère de loin et surtout parce que ma femme, Martine, que j’ai connue il y a trente ans, m’a fait découvrir le paprika, ce piment doux qu’elle utilise beaucoup. Je me suis dit que ce serait Paprika car c’est un « piment de chien », il ne mord pas, il mordille, il alerte sur l’état de la planète. Et que faites-vous ensemble ? Nous nous parlons de la Nature, de la vie et du lien entre les gens, les éléments, les plantes. Trois thèmes qui me tiennent à cœur. Depuis dix ans je crée des bandes dessinées, des romans graphiques et illustrés, qui parlent de ces liens.
Donc, ton chien s’est échappé de tes BD ? Depuis deux ans, je me suis lancé dans la sculpture, et Paprika est né dans cette autre forme et fait l’objet d’un triptyque. Le premier chapitre est né l’an dernier intitulé « La croisée des chemins » dans lequel je parlais des cinq éléments : terre, feu, eau, air, espace. Cette année je parle de « L’invisible présent ». L‘an prochain, le troisième s’intitulera « synapse » Parle-nous donc de celui qu’on découvre aujourd’hui… Ce sont les trois éléments qui nous animent, trois récits. Dans le premier, on découvre Paprika dans différentes situations : il marche, il vole, il médite, il fait du skate, il s’éclate, il est pris dans des vagues d’eau, de vent. C’est le mouvement des êtres vivants sur cette planète. Et on le retrouve entre autres aux Sablettes, lieu que j’apprécie particulièrement. Dans le second récit, je raconte ce qui se passe sous terre car 90% du vivant est sous nos pieds. Les humains, les animaux, les plantes, ne représentent que 10%. Donc le reste est invisible et pourtant essentiel. Pour parler du sous-sol de manière artistique, je pars des graines, des racines, des filaments, des feuilles et la canopée.. Enfin, la troisième histoire, c’est le cycle du langage, celui qui est immatériel, en partant des lettres de l’alphabet, qui sont comme les graines, les ponctuations et les chiffres sont les filaments qui donnent du rythme, on arrive aux mots dans les feuilles, ces mots organisés forment des pensées et c’est la canopée.
C’est très symbolique… C’est de la philosophie… Oui car ces trois récits forment comme les trois brins de l’ADN entremêles et l’ADN est le symbole de la vie. C’est bien joli tout ça mais comment les enfants et les communs des mortels peuvent-ils comprendre ton cheminement ? Rassure-toi, lorsque viennent des enfants (et même de leurs parents !) je me mets à leur niveau, pour leur explique la Nature de la façon la plus simple possible. Mais je serai là tout le temps. La première salle est pour les gens du cru qui adorent les Sablettes et Paprika y est présent. A côté, nous sommes dans l’invisible présent. Présent signifie que nous sommes dans ce lieu, c’est l’espace. C’est aussi par rapport au passé et à l’avenir, c’est le temps. Mais le troisième sens est « cadeau » et la vie est un véritable cadeau et la plus belle des richesses. Et cette toile pleine de pensées multicolores ? Ce sont des messages comme « En politique la fidélité est plus rare que l’amour » Et je parle en connaissance de cause ! Celle qui est au milieu « Je t’aime et en plus je suis amoureuse » est de Martine. C’est un hommage à ma femme. Mais les gens peuvent écrire un mot, mettre leur adresse sur une table et à la fin de la journée, lorsque les feuilles sont remplies de mots, il y a un tirage au sort et celui qui est tiré au sort peut emporter l’œuvre. En fait, je veux que les gens soient en immersion, que ce soient des relais, du partage, des échanges entre les gens et les œuvres. C’est aussi pédagogique car je continue mon militantisme défenseur de la Nature par l’art ».
Nadia Garnier, responsable de la galerie, Luc Patentriger, Fergie Loricort, bénévole de l’association Cité Conviviale
Propos recueillis par Jacques Brachet Exposition jusqu’au 30 août Maison Pouillon – Parc Fernand Braudel – Les Sablettes 06 09 53 75 60 – www.paprikart. org
Les arbres de Yannick Claeyman… Il faut les mériter ! Déjà, il faut sinuer sur les petites ruelles pavées du le petit village moyenâgeux ardéchois de Largentière. Belle ballade un peu accidentée mais tellement agréable ! Arrivés devant son atelier il faut grimper un escalier en colimaçon qui n’en finit pas. Ouf, on y est et l’on est accueilli par l’artiste, tout sourire, surmonté de petites lunettes rondes, qui respire la gentillesse, dans ce lieu de silence entre ombre et soleil et l’on entre dans sa forêt. Une forêt d’arbres torturés, qui jettent audacieusement leurs branches vers le ciel où qui se nouent autour du tronc pour donner des formes inattendues, fantastiques, presque irréelles, entre la forêt de Blanche Neige, d’Ardèche ou de Bretagne, mais des arbres inattendus pleins de force, de majesté, de poésie, qu’ils soient créés à l’encre de Chine, au stylo à bille, au crayon… L’effet est saisissant, audacieux et original. Elevé dans un monde de BD par son bijoutier de père, puis aux Beaux-Arts de Dunkerque, les arbres l’ont toujours fasciné au point d’en faire l’objet de toute sa passion.
« Yannick, pourquoi choisir Largentière, dans le pays ardéchois ? Cela fait un an que j’y suis installé, d’abord parce que j’ai trouvé ce lieu car il est très difficile de trouver un logement dans ce coin d’Ardèche qui est près du Vallon Pont d’Arc, de Ruoms, lieux de plus en plus fréquentés. Et puis, ma compagne, docteur en pharmacie, qui travaillait sur Calais, a trouvé, il y a cinq ans, un poste à Vallon Pont d’Arc. C’est donc le hasard qui a fait que nous nous sommes retrouvés ici. Nous avions le choix entre Long le Saunier et Ruoms ! Les arbres, le dessin… Comment y êtes-vous venu ? J’étais technicien de laboratoire mais j’ai pris un congé d’un an pour faire une formation d’ébéniste car j’ai toujours aimé le bois. Quant aux arbres, ça a démarré avec la rencontre d’une artiste qui dessinait pour le Guide Michelin et que j’ai suivie. Du coup, de la voir dessiner un arbre, que je trouvais magnifique, je me suis dit que c’était sympa et j’ai fait mon premier arbre à l’encre de Chine. Je l’avais exposé à la maison, des amis l’ont vu et m’ont tous fait une commande. De là on m’a proposé des expos et j’ai même fait un livre avec plusieurs artistes, sur les arbres remarquables. Alors, ces arbres, comment naissent-ils ? Je passe mon temps à les photographier, après je m’inspire des photos que j’ai réalisées, je dessine, j’arrange, je modifie selon mon imagination.
Vous travaillez donc dans le silence et la solitude… Je n’habite pas ici puisque c’est mon atelier. J’arrive vers 8h30 et je peux rester sur ma table à dessin jusqu’à 19h. Mais je ne fais pas que dessiner, je suis également musicien, je suis batteur et je m’entraîne car je fais tout le temps de la musique, et je joue dans deux groupes ardéchois Deux groupes en même temps ? Lorsque j’étais dans le Nord, j’étais dans cinq groupes avec lesquels je tournais beaucoup. Mais bon, j’ai dû arrêter car il a fallu choisir entre deux passions. Il fallait bien vivre ! Mais je n’ai jamais arrêté et j’ai trouvé ces deux groupes, dont un qui n’est pas trop mal ! En dehors des arbres, vous dessinez d’autres choses ? Rarement, des bâtiments comme le Parlement de Budapest que j’ai dessiné au stylo à bille. Ce n’est pas commun le stylo à bille ! J’adore ! En fait, c’est aussi de l’encre, comme l’encre de Chine. En fait, ce qui est intéressant avec le stylo à bille, c’est que le solvant, c’est de l’huile, ce qui donne un effet particulier. J’ai eu cette idée en découvrant les œuvres d’un aquarelliste flamand qui l’utilisait. Vous travaillez ici entre ombre et soleil… Oui, l’été, je suis obligé de fermer les volets car il y a à la fois trop de soleil et trop de chaleur… J’aime travailler dans la pénombre. Ces arbres que vous photographiez, où les trouvez-vous ? Un peu partout en balade, dans les environs et lorsque je voyage. Il y a des arbres magnifiques partout. J’ai adoré découvrir Brocéliande, en Bretagne, où je suis allé plusieurs fois et où il y a des arbres emblématiques. Il y a entre autre un arbre nommé le hêtre de Ponthus, plusieurs fois centenaire, l’arbre doré qui a été brûlé et dont on a repeint les restes en doré, l’arbre de Merlin… A chaque voyage je découvre des arbres.
Le Parlement de Budapest
Et vous ne dessinez jamais sur place ? Non car je fais de la rando, sur des boucles de quatre/cinq heures et si je dois m’arrêter pour dessiner, c’est trop compliqué, trop long. Il m’est arrivé de dessiner sur place mais en fait ce n’est pas mon truc. Noir, bleu… Jamais de couleur ? Oui, cela m’arrive. Et toujours des petits ou moyens formats ? Quelquefois des plus grands. J’ai fait un dessin d’étude préparatoire de quatre mètres sur trois mètres. Vous arrivez à faire beaucoup d’expos ? Oui, on me sollicite souvent mais j’en refuse aussi pas mal. J’essaie d’aller dans des endroits où je sais que je pourrai vendre parce c’est quand même mon métier, mon activité principale ! Il faut que je gagne ma vie. Les déplacements ont un coût et j’évite les lieux où il n’y a pas de passage. Je prépare en ce moment un dossier de sélection pour Arles. Ne vous êtes-vous pas essayé à d’autres techniques ? Non, pas vraiment. A une époque, je faisais de l’aquarelle, j’ai fait quelques délires sur la montagne de Sainte-Victoire devenue un volcan !
Vos prochaines dates ? Le 29 juin au Marché de l’Art de Barjac, le 6 juillet à Allègre les Fumades, du 10 au 16 juillet à Beaune, du 18 août au 4 septembre à Saint-Alban Auriol, les 6 et août à Thueyts pour le Blue Art… Pour quelqu’un qui a ralenti, ce n’est pas mal ! (Il rit) Par rapport à ce que je faisais avant, j’ai vraiment ralenti ! Il me faut du temps pour travailler et les déplacements coûtent cher… Même si, avec ma compagne, on a aménagé un van très confortable ! » Ainsi va l’artiste, d’arbre en arbre, d’encre à stylo, de forêts en atelier, dans un monde végétal qu’il transcende par son imagination et sa passion.
Auprès de ses arbres, il vit heureux. Jacques Brachet Photos Monique Scaletta