J’ai connu Julie toute jeunette grâce à sa mère. En effet, sa mère, la magnifique comédienne Nicole Courcel, avait écrit un très beau livre « Julie Tempête » que j’avais lu avec beaucoup de bonheur. Nicole Courcel, elle, je l’ai connu grâce à un beau comédien nommé Jean Piat, avec qui j’avais des relations amicales. Il faisait une tournée en France avec la comédienne avec la pièce « Même heure l’année prochaine » de Bernard Slade. Suite à une soirée des plus conviviales, j’ai plusieurs fois rencontre Nicole Courcel et l’avais même invitée lors du festival « La femme et le cinéma » que j’avais créé à la Farlède dans le Var.
Puis, nous en avons parlé de Julie quelquefois avec mon ami Jean-Marie Périer qui fut un temps son compagnon. Lorsque j’ai vu Julie à la télé, j’ai remarqué qu’elle avait magnifiquement grandi en ressemblant à sa mère. Mais elle avait choisi une autre trajectoire : La cuisine. Je ne l’ai hélas jamais rencontrée. Et voilà qu’elle sort un nouveau livre de recettes venu tout droit de Rome où elle élit souvent domicile : « Julie cuisine l’Italie » (Ed Solar) et, comme mon épouse, de racine italienne, adore la cuisine et plus particulièrement la cuisine italienne, me voici donc avec son livre qui est magnifique. Il nous fait voyager de Milan à Naples, de Rome à Florence en passant par Venise.
A chaque arrêt, elle nous propose de visiter la ville, ses restaurants et bien sûr, elle nous offre des recettes qui, juste en lisant les titres, vous font saliver et vous donne envie d’aller direct sur place. Sinon à se mettre aussitôt à l’ouvrage pour réussir un risotto alla vecchia Milano, un tiramisu déconstruit, des artichauts alla giuda, des anchois frits farcis à la provola, des taralli naplitains, des tagliolini aux Saint-Jacques et aux fleurs de courgette…. Bon je m’arrête là mais tout vous donne envie, d’autant que les photos de Guillaume Czerw sont sublimes et vous font saliver encore plus. Aujourd’hui notre belle française nous écrit de Rome où elle est en partie installée. C’est une belle balade qu’elle nous offre à travers l’Italie, son Italie à travers laquelle on la suit avec plaisir et gourmandise. Jacques Brachet
Lyle et Mavis s’aiment depuis l’enfance. Ils se retrouvent tous les étés, leur amour grandit au manoir de Wildrose dont le propriétaire se prénomme Stanislas. Le manoir est tenu de main de maître par la grand’mère de Mavis, Margaret Norton. Un jour, sans crier gare, Lyle claque la porte pour ne jamais revenir, laissant Mavis désespérée. Elle va passer des années à l’attendre. Et voilà qui revient sept ans après, en ayant appris qu’en fait il était le fils de Stanislas, jamais reconnu, qui vient de disparaître en mer, lui laissant le manoir en héritage… s’il y trouve le titre de propriété qu’il a caché. Retour difficile pour Mavis qui va finir par essayer de retrouver avec lui ce document, comme un jeu de piste, une chasse au trésor, à travers des lettres disséminées dans le manoir, des secrets, des énigmes, brouillant les pistes à plaisir… Pour quel motif ? Que sera le destin de ces deux jeunes gens qui se sont aimés, séparés et se retrouvent d’une façon originale, sorte de « Je t’aime, moi non plus » tout au long de cette quête. Ce roman « Wildrose », paru chez Hugo Roman,est signé Emilie Parizot, provençale pur jus. Il est truffé de coups de théâtre, de rebondissements, de suspense que vont vivre ce couple. Un roman plein de justesse, d’émotion, qui nous tient en haleine tout au long de cette énigme qu’ils vivent comme un polar et qui va changer leur vie. Grand plaisir à la lecture de ce livre plein d’inventivité et nouveau plaisir de la rencontrer à la fête du livre de Toulon.
« Emilie, d’abord, pourquoi ce roman se passe-t-il aux Etats-Unis, vous qui êtes provençale ? Il y a une bonne dizaine d’années, j’ai voyagé sur la côte est des Etats-Unis où il y a beaucoup de manoirs et lorsque j’ai débuté mon roman il y avait ce manoir que j’avais en tête. Celui que je décris lui ressemble mais ne porte pas ce nom. En France, il n’y en a pas beaucoup, donc c’est tout simplement parce que j’en ai vu là-bas et pas ici. Et vous l’avez choisi comme décor… Oui, c’est parti d’une base mais j’ai réinventé tout l’intérieur pour les besoins de l’histoire. En fait il n’y a que la base qui existe vraiment de ce que j’ai découvert et visité à Newport. En le lisant, j’ai vu tout de suite un film ou une série. Y avez-vous pensé en l’écrivant ? Non, d’abord je n’y ai pas pensé parce que lorsque j’écris je suis toute à mon histoire et on ne me l’a pas encore proposé puisque le livre vient de sortir ! Mais pourquoi pas ? J’aimerais bien. On verra. Ce couple de Lyle et Mavis, c’est un peu « Je t’aime, moi non plus » ! Oui, dans ce genre de roman, qui utilise ce qu’on appelle en romance « la trope ennemy to love », ça part toujours de deux personnages qui se détestent et qui, à la fin, vont se retrouver ! J’adore ce genre car on peut y mettre des répliques un peu cinglantes, des sarcasmes qui mettent du piquant dans l’histoire. Tous les livres que j’ai écrits aujourd’hui correspondent à ce schéma. Et ils finissent bien ! En dehors de Lyle et de Stanislas qui revient sporadiquement lors des retours en arrière, il n’y a que des femmes dans ce manoir ! C’est vrai. Je dois vous dire que l’histoire a un peu changé entre l’idée de départ et le roman terminé. C’est parce qu’en fait s’étaient des secrets que ces femmes se confiaient entre elles et je trouve que c’est typiquement féminin même si, à la fin, Lyle commence à s’y intéresser. Mais je voulais que ce soit comme s’il y avait une transmission entre générations et que, même si elles ont beaucoup de boulot, elles s’en sortent toutes seules. Ensemble. Vous faites sans cesse un retour au passé, ce qui est très cinématographique… Ces flash-back , je ne l’avais encore jamais fait. J’y ai eu recours car ça semblait vraiment nécessaire, puisque cette jeunesse que Lyle et Mavis ont vécue ensemble revient sans cesse dans leurs souvenirs. J’y étais donc forcée.
Il y a aussi Stanislas qui disparait mais j’ai l’impression que vous faites en sorte qu’on peut croire qu’il n’est pas vraiment mort et qu’il peut revenir ! (Elle rit) C’est vrai que ça m’a traversé l’esprit durant un moment. Lorsque je commence une histoire, je pose les bases mais souvent, on dit que les personnages nous échappent, font ce qu’ils veulent. Il m’est arrivé plusieurs fois de dévier à un moment donné, de faire un détour et durant un temps j’avais songé à le faire revenir pour de vraies retrouvailles. Mais finalement je n’en ai plus eu besoin car ça ne s’y prêtait pas. Et je n’avais pas une vraie envie de le faire revenir. D’où vous le faites disparaître quand on retrouve son corps ! Dans le premier jet, on retrouvait le bateau mais lorsque j’ai compris que je ne m’en servirais pas j’ai été plus claire pour ne pas mettre de flou à ce qui aurait pu être son retour. C’est aussi une sorte de grande chasse au trésor… Qu’est-ce qui vous a inspiré l’histoire ? Un jeu comme le cluedo ? Pas vraiment, même s’il y a une scène de cluedo dans le livre. En fait, je ne me suis inspirée de rien de spécial. A la base j’aime les thrillers mais je n’ai pas le cerveau conditionné pour en écrire. Je voulais écrire des choses qui poussent l’enquête. Pour moi, cette chasse au trésor était une façon d’un peu y entrer… Sans trop rendre de risques ! Cette chasse au trésor, aux indices, ça leur permet de se rapprocher à nouveau. Pour Lyle, c’est aussi une quête de lui-même, de son passé. Le titre Wildrose, ça vient d’où ? Au départ, il a eu trois ou quatre noms différents. Il est sorti d’un brain storming avec mon éditrice et en fait elle a pensé que ce serait le nom du manoir. Il fallait quelque sorte qui sonne joliment, que ce soit élégant, facile à dire. Je voulais qu’il y ait le nom « rose » et Wildrose (rose sauvage) on trouvait que ça sonnait bien. Expliquez-moi comment vous écrivez vos romans ? Il faut savoir que j’ai deux emplois puisque j’organise des mariages. Je travaille beaucoup l’été, je suis community manager de la ville où je vis et où je travaille à mi-temps, sans compter que j’ai deux enfants de cinq et dix ans, tout ça est assez sportif ! En général, j’écris l’après-midi, en soirée, en week-ends. Il n’y a pas vraiment une routine. C’est surtout quand je peux. J’ai mis trois mois pour écrire ce roman. Lorsque vous n’écrivez pas, votre histoire est-elle obsessionnelle ? Oui je fonctionne beaucoup comme ça. J’y pense toute la journée. Dès que je marche, que je vais à mon travail, j’y pense, je visualise en amont, ce qui me fait gagner du temps et du coup, lorsque je m’y mets, je sais ce que je veux écrire.
L’écriture est venue comment chez vous ? Ma meilleure amie écrit depuis des années. Elle est photographe et l’on s’est rencontrée sur un mariage que j’organisais. Elle écrivait déjà sur une plateforme. Au départ j’y suis allée pour voter pour elle. Puis je me suis prise au jeu et j’ai participé à un concours. J’ai toujours été une grande lectrice et j’ai toujours aimé écrire sans jamais penser écrire un roman. Je suis arrivée en finale de ce concours et ça a démarré comme ça. Et alors, vous organisez des mariages ? C’est très américain, ça ! Oui, j’organise des mariages pour une clientèle qui est expatriée dans la région varoise. Et le goût m’est venu en organisant mon propre mariage ! J’ai adoré ça car c’est créatif et à la fois méthodique. J’ai un master en management, j’ai travaillé à la Caisse d’Epargne et après avoir organisé mon mariage, après coup ça m’a manqué et j’ai essayé de voir si ça pouvait être une activité. Ça vient des Etats-Unis et jusqu’ici ça ne se faisait qu’en région parisienne. J’ai donc lancé cette activité ».
Que voilà une femme qui ne s’ennuie pas dans la vie, à suivre de très près car je suis sûr que ce roman va faire un succès tant il est palpitant. A tel point que, malgré les 428 pages, on ne le lâche plus dès qu’on a commencé à le lire. Ce fut une belle rencontre.
Qu’est-ce que j’ai pu aimer cette romancière, cette femme ! Son écriture était belle, lumineuse comme elle, simple, juste, elle racontait des histoires de famille comme Claude Sautet le faisait avec ses films choraux, des histoires pleines d’humanité, de tendresse, de sentiments divers d’une grande profondeur et qui donnait du baume au cœur. Lorsqu’on commençait un de ses romans, toujours sous fond d’histoires familiales, on ne pouvait plus s’en détacher. C’étaient toujours des histoires vraies, qui pouvaient arriver à chacun d’entre nous, des histoires où l’humain était prioritaire. Hélas pour nous, elle a disparu depuis un peu plus de deux ans et il m’arrive souvent de reprendre un de ses romans, pour passer un moment de quiétude, de vrai grand plaisir Et voilà qu’apparaît ce livre « Libre et autres nouvelles » (Ed Récamier). Bien sûr, ce n’est pas un roman, huit nouvelles simplement mais quel plaisir de la retrouver avec son style limpide, avec toujours autant d’empathie pour les autres, pour les siens, avec une jolie préface d’Agnès Martin-Lagaud qui nous offre aussi une nouvelle « Merci la maîtresse » et quelle surprise de retrouver la patte de sa fille cadette, Frédérique Le Teurnier, qui a pris la relève, la continuité de sa mère qui nous raconte à son tour de belles choses, plus personnelles dans « L’Epiphanie de Juillet »
« Crescendo » est un écrit autobiographique, qui nous apprend comment naissaient ses romans, de ses premières petites nouvelles écrites à dix-douze an, à celles de ses romans, et elle nous raconte comment, de ses idées puis de ses écrits le manuscrit arrivait chez son éditeur. Elle nous raconte aussi ses parents, qui furent célèbres dans la musique et l’opéra : Géori Boué, magnifique soprano et Roger Bourdin. Superbe baryton. Et alors me sont revenus des réminiscences de mon enfance bercée par la voix de sa mère dont ma mère était une fervente admiratrice. Ne le sachant pas, l’ayant rencontrée deux fois, j’aurais pu lui en parler. Si j’avais su… Mais, ça n’enlève rien au charme de ce recueil qui nous la fait revivre un instant, le temps d’apprécier cet ultime livre.
Il a un regard lumineux venu d’Espagne, un sourire carnassier. Agustin est un être solaire… Et pourtant… Pourtant il revient de loin et le chemin d’Espagne à la France a été un chemin semé d’embûches, de drames, de blessures, d’angoisse, de frustration. Dès le départ il est né à l’ombre d’une petite sœur morte à quelques mois et lui arrivant, il a, en quelque sorte, eu le rôle de remplaçant, et il a mis du temps à s’en remettre. Sans compter le départ de la maison de son père dont il n’a su le fin mot que des années plus tard, vivant avec l’idée que celui-ci était « le méchant » qui a abandonné la famille. Tout cela ne fait pas une enfance heureuse permettant à un gamin de s’éclore et de vivre une adolescence insouciante. Heureusement, la danse l’a sauvé, dès les premières années où il s’enfermait dans sa chambre pour qu’on ne le voie pas faire « ce qui n’était pas convenable ». De la danse au théâtre, du théâtre à la musique, il a ainsi pris des chemins de traverse avec des joies, des déceptions, jusqu’à ce qu’il décide de quitter son pays et sa famille, trop lourds de souvenirs et de venir en France. Le chemin fut long. Et là, après pas mal de déboires, il y a eu « Clem », cette série qui l’a révélé au public, jouant avec une mère de substitution, l’actrice espagnole Victoria Abril. Puis il y a eu « Danse avec les stars » qu’il a gagné haut la main, l’a fait s’épanouir et exploser auprès du public. La danse est revenue en même temps que la musique, ses disques ayant fait des succès. Sans compter la série « Ici tout commence » et puis « Mask Singer » qu’il a remporté ! Aujourd’hui tout lui sourit et il a décidé d’écrire ce chemin qui ne fut pas un long fleuve tranquille, qui a mis du temps à le faire passer de l’ombre à la lumière. Il fut longtemps dans le doute, l’angoisse, les blessures mais aujourd’hui, on peut dire qu’il est devenu un homme. L’homme qu’il voulait être, l’homme heureux qui s’est enfin déshabillé du fardeau qu’il a longtemps porté. Son histoire est bouleversante et je peux avouer qu’il ne m’était plus arrivé d’avoir la larme à l’œil du début à la fin de sa bio « Un homme debout » (Ed Leduc). Une fin où il parle au petit garçon de six ans qu’il fut et qu’aujourd’hui il a appris à aimer. Fin à la fois originale et très émouvante. Agustin est un être attachant, radieux, qu’on a envie d’avoir pour frère ou pour ami. Et envie de parler avec lui de ce long chemin vers la paix et la sérénité.
« Agustin, votre bio est bouleversante… Je suis ravi de ce que vous me dites. Mon but était de toucher les gens et je crois que j’ai été entendu. Mais vous savez, c’est l’histoire d’un homme lambda, d’un homme ordinaire en fait car il y a beaucoup de gens qui ont dû vivre une histoire similaire. Ce n’est pas vraiment une biographie, c’est un bilan et, si l’on va un peu plus loin, c’est l’histoire d’un homme qui a tout fait pour s’en sortir, avec des peines, des joies. Une histoire qui n’est pas simple mais qui m’a fait devenir l’homme que je suis aujourd’hui. Comment avez-vous écrit ce livre ? Avec l’aide de Ruthy Avayou qui, durant deux mois et demi m’a écouté, m’a fait parler. Par moments ça n’a pas été facile car ça a fait remonter beaucoup de choses, beaucoup de souvenirs pénibles. Ça a été quelquefois compliqué. Et même ensuite, une fois écrit, de le relire a été par moments difficile. J’ai enlevé certaines choses, j’en ai rajouté d’autres mais finalement, ça m’a fait du bien. Il semble qu’après tout ce vous est arrivé, tout ce soit arrangé une fois à Paris… Durant quatre ans, je n’ai pas travaillé mais il fallait que je me reconstruise ailleurs que dans mon pays que je sorte de ce que j’y ai vécu. Et pourquoi Paris ? D’abord parce que ce n’était pas loin de chez moi et que j’avais un ami qui pouvait m’y loger.
Vous ne parliez pas français, malgré un père qui était professeur de Français… C’est vrai, mais je dois dire que, coupé de mon père, il n’a jamais eu l’occasion de m’apprendre le français. Et, puis, vu les circonstances, je n’avais jamais été demandeur. Le rapprochement avec mon père a été lorsque j’ai appris la véritable histoire de son départ de la maison. Mais auparavant, je refusais tout de lui et je ne serais jamais allé lui demander quoi que ce soit. Donc j’ai appris le français en France ! Et voilà qu’on vous propose un rôle dans la série « Clem » où vous vous retrouvez avec Victoria Abril, qui joue votre mère ! Oui, ça a été un beau cadeau de la vie. Me retrouver avec l’une des plus grandes actrices espagnoles, qui a joué avec Pedro Almodovar, c’était tout simplement merveilleux. Ella a été une mère magnifique et grâce à elle, j’ai beaucoup appris. Il se trouve qu’en Espagne vous aviez joué avec une autre actrice d’Almodovar : Carmen Maura… Il vous les faut toutes ! (Il rit). C’est vrai, j’ai eu cette chance en 2006 de jouer avec elle dans une série… J’y jouais le copain de sa nièce. C’est déjà loin mais c’est un beau souvenir. Il faut dire qu’Almodovar sait choisir ses comédiennes ! Le succès commence à arriver car grâce à « Clem » la série devient très populaire et vous fait connaître… Et depuis ce succès, vous n’avez pas arrêté… C’est vrai que tout s’est enchaîné. Grâce à « Danse avec les stars », je suis revenu à mon premier amour, la danse… Et j’ai eu la chance de gagner. Durant cette émission, je préparais un disque (J’en avais sorti deux en Espagne) « Enamorado » et lorsqu’il est sorti ça a été un succès. L’émission a bien aidé le disque à marcher. On est passé près du disque d’or ! Du coup, j’ai pu faire une tournée qui a bien marché. Puis il y a eu mon passage dans la série
Puis « Mask Singer »… Encore un succès ! C’est vrai puisque j’ai gagné sous le costume de l’hippopotame ! Pour en revenir à la chanson… en français, comptez-vous le sortir en Espagne ? Je ne crois pas, justement parce qu’il est en français et qu’en Espagne, je ne serais qu’un espagnol de plus qui chante, qui plus est, chante en français. De toute façon, depuis mes succès en France, personne n’est venu me chercher en Espagne. Bizarrement, c’est la Belgique qui m’a appelé. Alors, chanteur, comédien danseur… Où vous sentez-vous le mieux ? Partout où je peux faire quelque chose que j’aime. Aujourd’hui je suis libre de choisir de bons projets, où qu’ils soient, quels qu’ils soient et j’en profite. Je peux dire non si ça ne me dis rien. J’ai envie de m’épanouir dans des choses que j’aime. Que sera donc 2026 ? J’ai des projets de tournage, des projets de chansons. Pour les tournages, je ne peux pas en parler, pour la chanson, il y aura certainement un disque et une tournée. Mais je ne sais pas encore dans quel ordre. Mais tout viendra en temps utile. »
A suivre donc. En tout cas, ce fut un joli moment de conversation avec ce garçon qui est d’une grande gentillesse, d’une belle simplicité qui se raconte avec ce bel accent ensoleillé et qu’on espère retrouver très vite. Jacques Brachet
Les missions locales existent dans toute la France, entre autres, sur l’Ouest Varois, présidé par Patrick Perez, adjoint au maire de Six-Fours. La Mission Locale a reçu cette année le prix « Graines de cinéma » du festival national Vox Milo, grâce à une équipe de jeunes adolescents qui ont créé de bout en bout un court métrage « Parle-moi » dont le thème était la santé mentale. Une équipe s’est donc créée pour écrire le scénario et réaliser le film. C’est ainsi que, soutenus par l’association « Lumière(s) du Sud présidée par Pascale Parodi et le Six-N’Etoiles, dirigé par Noémie Dumas qui soutient les jeunes talents, le film (Un court métrage de sept minutes) a été présenté au public, réunissant toute l’équipe du prix, soutenue par la directrice de la Mission Locale, Catherine Rossi, suivi d’un film choisi par « Lumière(s) du Sud pour clore la saison, « Ollie » d’Antoine Besse, qui allait tout à fait dans la direction du court métrage, sur le mal être d’un jeune écolier qui a perdu sa maman, harcelé par des garçons de sa classe, passionné de kart, qui va rencontrer un type paumé lui aussi passionné de kart. Un très beau film à la fois violent et émouvant où la passion du kart et l’amitié de ces deux paumés de la vie vont triompher. Quant au court métrage il donne un film très abouti et en fait, très professionnel, lorsqu’on sait les moyens restreints qu’ils possédaient. Mais avant ces projections, nous rencontrons Anthony Roulois, protagoniste et meneur de jeu du court métrage, entouré de Pascale Parodi et Catherine Rossi.
Anthony, comment es-tu arrivé sur ce projet ? Je suis entré il y a un an à la Mission Locale Ouest Var où l’on m’a proposé de faire un service civique sur la communication. C’est là que j’ai appris l’existence de Vox Milo… Explique-nous ce qu’est Vox Milo Ça vient de « La bonne idée », une filiale de la Mission Locale qui permet aux 16/25 ans d’exprimer un sentiment à travers une œuvre, soit, comme dans notre cas, un court métrage ou un livre audio, ou encore un post cast… En fait, ce peut être tout et n’importe quoi selon les idées ou les envie de chacun. Et quel est ton rôle dans ce projet ? Le but était de mettre toute l’équipe sur un pied d’égalité, de participer au scénario tous ensemble… Nous avons parlé de longues heures sur le déroulement du tournage, chacun, par la suite, apportant ses idées et son expérience, l’un écrivant les musiques, un autre, spécialisé dans le dessin et la colorimétrie, puisque des images se mêlent au film, une autre a écrit le scénario définitif. Moi, je me suis occupé de tout ce qui est le montage vidéo, dont je ne connaissais rien à la base… Et voilà ! L’équipe est formée de combien de participants et de quel âge ?
Nous sommes huit entre 19 et 25 ans… C’est moi le plus vieux ! Comment chacun a été choisi ? Simplement de la manière dont ils ont eu envie de s’exprimer et de partager. Nous avons fait des ateliers pour savoir qui était intéressé et on a réuni les personnes choisies. Il y a eu une excellente cohésion. Ils ont été choisis en fonction de ce que chacun voulait faire ? C’était plus pour leur personnalité et ce n’est qu’après que chacun s’est découvert des talents, des affinités, comme l’animation 2D que le jeune a appris à faire sur le tournage parce qu’il dessinait bien. On a eu la chance de réunir des personnes talentueuses.
Ça vous a demandé combien de temps ? Déjà deux, trois mois pour tomber d’accord sur l’écriture du scénario, à raison de quatre, cinq heures par semaine car ce n’était pas toujours facile de réunir tout le monde en même temps. Et l’on avait à cœur que chacun ait sa petite saynète à lui et libre à Malo Pelletier et moi, de faire en sorte que ça se corrèle bien afin que le projet soit quelque chose d’homogène. Et puis il y a eu un mois et demi de tournage. Là aussi, on voulait que tout le monde puisse assister au tournage. Et là encore, des idées sont venues de chacun. Il n’y a qu’un seul comédien ? Oui, c’est Malo Pelletier, dont on suit son cheminement. Le sujet de la santé mentale est venu comment ? Nous nous sommes rendus compte en parlant que, certains d’entre nous avaient vécu ce problème, soit qu’on connaissait quelqu’un qui avait vécu cet isolement social. Vous avez remporté ce prix devant d’autres projets cinématographiques ? Dans le Var il n’y en avait qu’un mais il y a eu je crois 80 films en compétition sur toute la France. Le concours s’est déroulé à quel endroit ? D’abord sur l’île de Lerins puis dans une salle de cinéma à Cannes et à Saint-Tropez. Pendant le festival de Cannes ? Non mais les gagnants avaient la possibilité de participer une semaine au festival de Cannes. Deux d’entre nous y sont allés. Où peut-on voir ce film, hormis ce soir au Six N’Etoiles ? Pour le moment sur les réseaux sociaux. Ils seront présentés ici cet été en première partie de projections. Et toi, Pascale, comment t’es-tu branchée sur cette soirée ? Avec Noémie, nous devions présenter « Ollie » en clôture de notre saison et lorsqu’elle m’a parlé du projet, depuis le temps que je rêve des faire des premières parties d’un film avec des courts métrages, ça tombait exactement dans ce que je voudrais faire à l’avenir. J’avais raté « Ollie » à Cannes car on ne peut pas tout voir, hélas. J’étais un peu frustrée de ne pas l’avoir vu et je l’ai proposé à Noémie. Après l’avoir visionné et quand Noémie m’a parlé de ce projet, j’ai trouvé que tout collait parfaitement au sujet puisque les deux films parlent de la difficulté de s’intégrer, du harcèlement, de l’enfermement.
Anthony, est-ce que cette expérience, a permis à chacun de trouver sa voie ? A mon niveau, a uparavant j’étais dans l’informatique, maintenant j’aimerais m’orienter vers le montage vidéo. Parmi les autres, ça a suscité d’autres vocations ? Oui, bien sûr. La personne qui s’occupait de la colorimétrie a le rêve de partir vers le cinéma, celui qui a fait la musique, qui était plutôt DJ, s’est mis à la composition, celui qui s’occupait de l’animation était à la base seulement sur du dessin papier, aujourd’hui il fait de l’animation pure et il a déjà quelques contacts. Catherine Rossi, parlez-nous de cette Mission Locale dont vous êtes la directrice… La nôtre est donc basée à la Seyne-sur-Mer et l’on intervient sur les treize communes de l’Ouest Var. Nous avons sur l’année accueilli 2800 jeunes et l’on en accompagne 2600 sur des projets. On a à peu près mille accueils par an de 16 à 25 ans. Ce que nous faisons, c’est de l’accompagnement global sur des jeunes sans situation, sans formation, qui sont en recherche d’emploi, mais qui peuvent aussi avoir des problématiques sociales, de mobilité ou de santé. Que font-ils une fois chez vous ? D’abord, nous repérons tous les freins qu’ils peuvent rencontrer puis nous avons plusieurs degrés d’accompagnement pour nous adapter au plus près aux demandes des jeunes, leur donner confiance en eux, leur offrir des formations et les accompagner vers des emplois, des entreprises chez qui ils sont reçus. Nous avons fait l’an dernier entre 450 et 500 immersions dans des entreprises. Il y a des jeunes qui n’ont pas d’idées de ce qu’ils veulent faire, d’autres qui ont des idées mais n’en voient pas la dimension, d’autres qui changent en cours de route. »
Et justement, le soir de la présentation du film, toute l’équipe était là, heureuse de voir l’aboutissement de ces mois de travail en commun. Une belle équipe de jeunes qui, pour la plupart, ont découvert une passion, un chemin qu’ils vont pouvoir suivre, et dont ils feront peut-être leur métier. Et lorsqu’on voit ce film qu’ils ont réalisé avec peu de moyens et beaucoup d’imagination, de passion, de talent on imagine que l’on retrouvera certain au générique de films à venir !
C’est par un magnifique week-end ensoleillé, que des centaines de gens sont venus découvrir livres et auteurs à Hyères. Il y en avait pour tous les goûts, des romans au thriller en passant par des bios, des documents, des polars venus de tous les coins de France. Etant auteur invité, le journaliste est un peu passé devant l’auteur qui signait son livre. J’en ai profité pour faire le tour des amis qui, comme moi, ont passé leur temps derrière leur table, à parler avec le public, à signer les livres et à se retrouver autour du repas du midi. Je vais donc en profiter pour parler de mes amis provençaux.
Gui GEDDA
Jean-Pierre SAVELLI
Gui GEDDA : la Provence dans tous ses états. C’est notre chantre de la cuisine provençale qui, à 93 ans, continue à vivre sa passion entre cuisine provençale et livres tout aussi ensoleillés que son regard et sa faconde qui nous vient de Marseille mais qui, depuis des décennies, vit du côté de Bormes-les-Mimosas où, avec son frère, il tenait le restaurant La Terrasse. Cuisine 100% provençale dont il nous parle avec amour, avec passion et dont les livres nous font saliver. Pour lui, ses vedettes sont le fenouil, les favouilles, la figue, la châtaigne, et même la tomate qu’il a mis longtemps à célébrer. Ensemble, nous avons animé, dans les années 2000, « Stars en cuisine » durant des années, formant des duos de chefs et d’artistes dans un concours original, devant un public nombreux qui s’assemblaient devant les pianos (de cuisine !) pour voir travailler toutes ces personnalités jugées par un jury de choix. Il vient de sortir une bible de 300 pages « Une vie frottée d’ail » où il mêle recettes, souvenirs, anecdotes et personnalités venues s’installer à sa terrasse. On va aller l’y retrouver pour parler de tout ça.
Jean-Piere SAVELLI… Souvenirs, souvenirs Nous étions allés le voir chez lui il y a quelques temps, pour évoquer des souvenirs communs dans la mesure où je l’ai connu à ses débuts, où j’ai vécu avec lui, tournées et festivals, galas et galères. Ensemble nous avons sillonné la France et il en a fait, du chemin, de Toulon à Paris où Michel Legrand l’a pris sous son aile, où il a gagné la Rose d’Or d’Antibes avec « Ciel », où nous avons fait la fête (les fêtes) avec Barclay, où il a fait « la Révolution » avec Claude-Michel Schonberg, où il était avec « Les uns et les autres » entre Lelouch, Croisille et encore Michel Legrand, où Goldorak et Albaror l’ont fait aimer des enfants, où Peter a rencontré Sloane et bien d’autres choses encore, avant de revenir, plein d’usage et raison vivre dans sa ville natale avec Sandry, son épouse avec qui il crée des spectacles. « Regarde, le jour se lève » est le titre de son livre de souvenirs… Ce début de chanson rappelle un énorme succès pour des milliers de fans, « Besoin de rien, envie de toi » resté des dizaines de semaines au top 50 qui fut d’ailleurs le succès N°1 de cette émission. A 74 ans, bon pied, bon œil et toujours belle voix, il continue ses spectacles avec Legrand, les années bénies entre 60 et 70, les spectacles avec sa femme. On pourra d’ailleurs l’applaudir le 29 mai et le 29 juin à la Valette, et encore le 2 juillet à Baudouvin.
Yes PUJOL
René FREGNI
Faire l’aïoli avec Yves PUJOL Même s’il est né à Maseille Toulon est son pied à terre, qui a vu naître le groupe Aïoli en 1992. Leader de cette équipe de fadas chantants, Yves Pujol a très vite connu un énorme succès. Mais pas que… Car deux humoristes se sont mis sur sa route : Wolinski et Eric Carrière l’un des Chevaliers du Fiel, avec qui il a écrit des spectacles d’humour. Un humour à la provençale, piqué d’ail et d’accent avec des spectacles qui ont cartonné et qui l’ont amené au cinéma. Coiffé de son éternel chapeau, il amuse le public avec un côté mi-naïf, mi-roublard et ses spectacles sont des explosions de rires. Il ne faut pas oublier qu’il a fait le conservatoire de Toulon avant de « monter » à Paris au Cours Florent et qu’il a été élu membre de l’Académie Alphonse Allais, humoriste s’il en fut. Chanteur, musicien humoriste, comédien… Il sait tout faire « avé » l’accent. Accent dont il se glorifie et que l’on entend dans ses disques et dans ses livres « Parlez-vous le Sud ? » en deux volets, où avec sa faconde, il glorifie le langage, les expressions, le patois de chez nous. Un vrai régal qui fait entrer le soleil partout où il passe. René FREGNI : Une vie passionnante D’infirmier à écrivain, de prisonnier pour avoir déserté l’armée à visiteur de prison, René Frégni a eu une jeunesse mouvementée faite de voyages mais aussi de planques et de menaces de mort, lorsqu’il était recherché, avant de découvrir la lecture puis l’écriture. Il raconte touttes ses pérégrination dans son live « Déserter » Il est aujourd’hui un écrivain bien rangé et bien aimé de ses lecteurs et vit une vie bien tranquille du côté de Manosque d’où il ne sort de sa tanière que pour présenter un nouveau roman. J’ai toujours plaisir à le retrouver sur des fêtes du livre pour parler de son nouveau thriller car il a la plume facile mais il est aussi un conteur magnifique que l’on a plaisir à écouter raconter sa vie qui est loin d’avoir été un long fleuve tranquille mais qui est passionnante. Et on peut l’écouter des heures avec autant de plaisir que de lire ses polars qui sentent toujours le thym et le romarin ! Il est de toutes les fêtes du livre car il a toujours un roman à nous offrir. Ecrire est devenu sa vraie passion et il a une imagination débordante qui vous tient en haleine jusqu’au mot fin. Tel « Les gabians se lèvent à 5 heures », son dernier roman qui commence comme une autobiographie : Un écrivain retrouve son enfance à Marseille avec toutes les émotions qui lui reviennent… Avant, évidemment, qu’un meurtre le rattrape… A suivre !
Jean-Claude GUEGAN
Jacques BRACHET
Jean-Claude GUEGAN… Flic devenu romancier Encore un flic qui a mal tourné !!! Ancien Officier de Police à Toulon puis à Marseille, l’ami Jean-Claude en a vécu des aventures dans lesquelles, quelquefois, il a risqué sa vie. Il aurait pu la raconter, cette vie aventureuse, il a préféré créer un personnage nommé Benjamin Lecomte, ancien flic devenu détective privé, dans lequel il y a certainement de lui, qui traque les assassins de tout bois. Entre polar et thriller, entre vécu et imaginaire, il nous entraine à chaque fois sur la trace de tueurs de haut vol. Et son dernier roman, « Le sculpteur » nous emmène en Sologne, où nous suivons le détective sur la piste d’un assassin psychopathe, tueur en série de crimes sordides. L’ami Jean-Claude était à la Fête du livre… Sans livre et désespéré car entre la maison d’édition et Hyères ils se sont volatilisés ! Vengeance d’un de ses assassins qu’il a poursuivi ? Le Sculpteur n’est jamais arrivé sur son stand. Nous étions de tout cœur avec lui. Jacques BRACHET… d’Antan ! Quant à moi, mon dernier livre « Le Var d’Antan » est bien arrivé mais… « Toulon d’Antan » était absent pour cause de rupture de stock. La rançon de la gloire ! Une quatrième édition reviendra chez les libraires en octobre. Affaire à suivre ! En attendant, avec cet album illustré de cartes postales anciennes de ce Var qui nous est cher, permet à toutes les générations de découvrir comment il était car même les plus de 20 ans ne peuvent pas connaître ! Et il est souvent difficile de resituer quelques endroits mais justement, il nous permet de découvrir comment les générations vivaient et dans quels décors et environnements. Je voudrais remercier la librairie Olbia qui m’a reçu sur son stand et dont l’équipe fut on ne peut plus sympathique.
Jason HANSON : Guide de survie des espions (Ed Nouveau Monde – 279 pages) Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Gilles Bouley-Franchitti L’auteur est un ancien officier formateur de la CIA, spécialiste des questions de sécurité. Dans ce guide étonnant il souhaite transmettre au public son expérience afin d’utiliser dans la vie de tous les jours des méthodes de contre-espionnage pour être en sécurité. Savoir examiner son environnement pour prévenir toute attaque, posséder le matériel nécessaire à sa défense, savoir se détacher de cordes ou de menottes, protéger son domicile, techniques d’auto-défense de base, détecter les mensonges, etc. Le lecteur se dit que de tels conseils sortent d’un film et qu’ils ne concernent que les américains qui semblent selon l’auteur vivre dans une totale insécurité. Mais ne vont-ils pas devenir utiles un jour aux européen ? Une drôle de lecture. Mathias ENARD : Mélancolie des confins (Ed Actes sud – 305 pages) L’auteur a reçu le prix Goncourt en 2015. « Nord » est le premier de 4 volumes et présente une première étape soit Berlin par temps automnal. Alors qu’il vient de quitter la clinique de Beelitz ou il a rendu visite à un ami hospitalisé à la suite d’un accident cérébral , il revient à l’auteur, un vers de Blanca Varela poétesse péruvienne « là ou tout s’achève, déploie tes ailes ». Cela lui parut chargé d’espoir et de mélancolie, de promesses d’avenir et de douleurs mêlées, tout comme l’état de son ami. S’ensuit une errance dans un Berlin glacial qu’il nous décrit en mêlant histoire personnelle et histoire collective. Le lecteur déambule dans les époques, les pensées et les souvenirs personnels, la littérature et la poésie. Le livre est instructif par ses nombreuses références historiques, géographiques, littéraires mais aussi nostalgiques. Le vocabulaire choisi est souvent poétique mais la lecture quelque peu difficile
Jean-Marc GENEREUX : Chaque pas Est une leçon de vie (Ed Leduc – 283 pages) Il a une voix tonitruante, une voix de dessin animé qui, durant l’émission « Danse avec les stars » devient quelquefois insupportable entre deux « Oh la la Chiwawa », trois « canonnissime » et cinq « Et ça…J’achète » sur lesquels il se trémousse et hurle à épuiser nos oreilles ! Ce Québécois surdosé, survolté, dynamité et débordant d’énergie est à la longue très fatigant durant trois heures d’émission. Et pourtant… C’est lui qui fait le buz, qui fait rire le public, les danseurs et le jury mêlés et ce bruit de fond cache certainement un mal être que l’on comprend lorsqu’on lit son livre qui vient de sortir, presque en même temps que celui de Christophe Licata. En effet, si toutes les planètes étaient alignées pour qu’il soit heureux : la danse, sa passion, la reconnaissance et la gloire, une femme et un fils qu’il aime par-dessus tout, tout vient se gripper à la naissance de sa fille Francesca, handicapée à vie, qu’il adore par-dessus tout mais reste une plaie béante qu’il gardera jusqu’à sa disparition. D’où cette exubérance, cet optimisme acharné qui cachent son drame et sa peine. Mais, bien entouré, il continue sa route, celle de la danse qui reste sa passion, une route faite de joies, de peines, d’amour, de doutes car il aime la vie, il aime les gens et les gens le lui rendent bien et en font l’artiste québécois préféré des Français. Ce livre est bouleversant, plein d’émotion et de lucidité, de pleurs et de rires et pour tout ce qu’il vit, on lui pardonne ce trop plein de vitalité qui lui permet d’avancer car, comme il l’écrit, chaque pas est une leçon de vie. Nicolas MARTIN : FRAGILE/S (Ed Au diable Vauvert – 427 pages) Nous sommes en France en 2100. Les naissances se font de plus en plus rares. Les enfants qui naissent sont victimes d’un handicap dit « le X fragile ». Le gouvernement d’extrême droite a organisé un programme médical pour permettre à des femmes choisies de donner naissance à des enfants sains en implantant des embryons génétiquement modifiés. Tiphaine, poussée par son mari, accepte de s’y soumettre. Commence alors sa descente aux enfers lorsqu’elle comprendra la particularité de son fils. Un roman de science-fiction étonnant qui nous propulse dans une société totalitaire dépassée par ses projets médicaux technocratiques. Un premier ouvrage interpelant et original quant à la mise en page et la typographie
Patrice FRANCESCHINI : Patrouille au Grand Nord (Ed Grasset – 231 pages) L’auteur, écrivain de marine aux nombreux récits d’explorations, reprend du service en nous conviant à un merveilleux voyage à bord d’un patrouilleur de la Marine pour une mission au Groënland. Il y retrouve un jeune officier qui a naguère fait ses débuts avec lui à bord d’un vieux grément. On découvre tout au long ce périple, le rude quotidien de ces hommes, tout petits devant l’océan déchainé. On assiste aux manœuvres, aux prises de quarts comme à la découverte de la vie de ces peuplades du grand Nord prises entre coutumes ancestrales et ravages de la modernité. Il nous peint les paysages majestueux et grandioses, les fjords gigantesques et les tempêtes effrayantes, le tout dans un univers d’hommes vivant dans un espace réduit, où la solitude laisse le temps à la réflexion et l’observation de ces paysages somptueux. Très bien rendu par une sobriété de mots, de phrases courtes. Un récit vibrant et poétique à la fois. Paul THURIN : Le livre de Joan (Ed Stock – 359 pages) C’est avec jubilation que l’auteur Paul Thurin fait découvrir à son lecteur la vie de Joan de Leeds. Tout commence en Angleterre en 1318 alors que Joan de Leeds est chez les sœurs bénédictines. D’origine noble mais désargentée, elle y a été placée dès son plus jeune âge, tout comme les garçons étaient envoyés à l’armée. L’esprit rebelle de Joan est régulièrement muselé par de fréquentes séries de coups de fouet, de mises à l’ombre, mais cela ne fera que renforcer l’envie de cette moniale de s’échapper de cette prison religieuse. Avec l’aide de quelques sœurs, elle organisera sa fuite pour vivre quelques années de liberté à Londres. La lecture de ce roman policier est passionnante. Echappée du couvent, la mère supérieure n’aura de cesse de la ramener au bercail. Mais c’est également un roman truffé de citations de la Bible tellement appropriées, et surtout un roman jubilatoire. Merci à l’auteur Paul Thurin d’avoir relevé cet épisode truculent et subversif dans l’histoire religieuse des bénédictines ! C’est en même temps une admiration pour l’esprit rebelle des femmes soumises malgré elles. Une lecture vraiment addictive.
Meredith HALL : Plus grands que le monde (Ed Philippe Rey – 365 pages) Traduit de l’anglais (Etats Unis) par Laurence Richard L’histoire se passe à Alstead dans le Maine dans le Nord Est des Etats Unis.Tup et Doris Senter et leurs trois enfants Sonny, Dodie et Beston, vivent dans la ferme laitière que Tup a décidé d’exploiter à la mort de ses parents. La vie s’écoule en communion avec la nature crée et donnée par Dieu dans un paisible bonheur familial. Les journées sont rythmées par les soins aux vaches, aux poules, l’entretien des champs, du potager et des arbres fruitiers, la fabrication des conserves. Le soir la famille se rassemble pour des jeux ou des lectures. Mais ce petit paradis va se transformer en un lieu de douleur et d’incompréhension quand un drame va s’abattre sur la famille. En donnant la parole à tour de rôle à chacun des parents et à leur fille Dodie, l’auteur décrit leurs réactions face à l’épreuve et leur chemin vers la reconstruction. Sur une durée de vingt années (de 1947 à 1965 ), elle sonde avec finesse et poésie les caractères de chaque membre de cette famille à laquelle le lecteur s’attache. Zined MEKOUAR : Souviens- toi des abeilles (Ed Gallimard – 167 pages) Il existe à quatre vingt kilomètres d’Agadir au Maroc, dans le village d’Inzerki à près de mille mètres dans le Haut Atlas, le plus ancien rucher collectif du monde. C’est le rucher du Saint, construit en terre sur cinq étages, chacun étant composé de cases pouvant contenir plusieurs ruches de formes circulaires, faites de roseaux tressés. L’auteur, née à Casablanca et vivant en France depuis ses dix-huit ans, imagine une histoire qui se déroule dans ce lieu si particulier. Le jeune Ani, âgé de dix ans, vit avec son grand père, apiculteur et sa mère qui est emmurée dans une sorte de folie depuis une nuit tragique. Le père est allé travailler à Agadir, espérant gagner assez d’argent pour soigner sa femme. Sous une chaleur écrasante, Anir apprend à soigner les abeilles et à récolter le miel mais la terre se réchauffe, on manque d’eau et les abeilles meurent en nombre. Ce récit à hauteur d’enfant est plein de poésie et nous entraine dans les traditions et légendes du village à travers un lourd secret de famille.
Immergé dans tant de qualités vantées de l’Intelligence Artificielle (IA) je décidai de lui faire écrire un poème, étant à court d’inspiration. J’allai vers une IA gratuite de base. Mais fallait-il la tutoyer ou la voussoyer. J’optai pour le tu, plus simple dans la conjugaison. – IA, veux-tu avoir l’obligeance de m’écrire un poème. – Qu’est-ce qu’un poème ? – La façon d’écrire de la poésie. – Très bien. Qu’est-ce que la poésie ? Moi, très érudit, pour lui en mettre plein la vue. – C’est un art du langage. – Je ne suis pas qualifié en art. Je n’ai pas eu de formation. Allez voir un ancien, ChatGPT. Il pourra certainement combler votre attente. Surpris par sa courtoisie je le remerciai chaleureusement. Faut être humain, après tout. – Serviteur, me répondit-il. Diable, il avait la notion de classe sociale. Je dis « il », faute de neutre, car les machines n’ont pas de sexe, du moins jusqu’à maintenant. Que n’avons-nous pas dans notre langue un pronom neutre comme « it » en anglais, ou encore « es » en allemand. A défaut j’ai choisi « il », car « elle » est trop poétique pour une machine. Donc même demande à ChatGPT, qui m’avait reçu fort courtoisement, car ces machines ont du savoir vivre. – Cher ChatGPT, écris-moi un poème. – Je ne connais pas ce mot. – C’est un texte poétique. – Ah bon ! Donne moi un exemple. (Lui aussi me tutoyait) – L’été, l’oiseau cherche l’oiselle ; Il aime — et n’aime qu’une fois ! Qu’il est doux, paisible et fidèle, Le nid de l’oiseau — dans les bois ! Je ne lui dis pas que c’était de Gérard de Nerval dans ses Odelettes. – C’est joli. Je vais essayer. – Ce matin il faisait beau -Les oiseaux chantaient très faux – J’étais si content très haut- De produire un fabliau – Pas mal, lui dis-je, pour un débutant. L’avant dernier vers, très fort, très chargé de connotations. Il se montra modeste. Je vis des lumières s’animer. Il ne semblait pas satisfait. – Essayer peut-être le chinois, DeepSeek. Il vous fera des haïkus. – Les haïkus c’est japonais. – Personne n’est parfait (Nobody’s perfect). Dommage qu’il ne sache pas sourire. Connaissait-il le film « Certains l’aiment chaud » dont c’est la dernière réplique ? Me voilà chez DeepSeek. Moins accueillant, plus terne. – C’est quoi un poème ? Il parlait le français vulgaire, peut-être pour se mettre au diapason de ses utilisateurs. Je lui donnai le même exemple. Il répondit aussi sec : – Bla bla bla bla bla – Bla bla bla bla bla – Bla bla bla bla bla – Bla bla bla bla bla Certes il connaissait la métrique : quatrain de cinq syllabes, rimes très riches. La structure de son poème était parfaite, mais il restait quand même plutôt sibyllin. Devant son air supérieur et sa mimique moqueuse, j’allais arrêter mes recherches, quand il me lança : – Hé ! C’est bien l’IA. Avec son accent chinois il prononçait « Hi-Han ». Serions nous tous des ânes?
Fréderic SOJNER : Fac off. (Ed.Léo Scheer – 184 pages ) Ce roman raconte « l’envers et l’enfer du décor de l’enseignement supérieur ». L’auteur, Belge et professeur à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, nous raconte avec beaucoup d’ironie, ce milieu dans lequel il vit et évolue. La vie d’un universitaire n’est pas de tout repos : 58 suicides au sein de l’Education Nationale pour l’année 2018-2019 ! L’auteur parfois sarcastique nous fait revivre avec beaucoup d’ironie ses quarante ans de vie active. Sa vocation devient carrière, il passe des bancs de l’école à l’estrade, la passion d’enseigner se transforme en ambition quitte à harceler les autres ou délaisser sa famille à cause d’un système de nomination géographique imposé. Tous ces sacrifices pour obtenir le titre de Professeur d’Université. Parfois la passion revient comme une drogue,
Margaret WILKINSON SEXTON : Les sœurs de Fillmor. ( Ed. Actes- Sud – 396 pages) Une incursion dans le quartier de Fillmore, le Harlem de l’ouest en Nouvelle Orléans, où vivent les trois sœurs Ruth, Esther et Chloe, apprenties danseuses coachées par leur mère Vivian, une infirmière qui consacre son temps libre en dirigeant leur carrière musicale qui se déroule dans les clubs de Jazz de leur quartier noir. Le jour où un célèbre manager promet d’en faire des vedettes leur mère est aux anges. Mais c’est compter sans la perspicacité et l’allant des trois filles qui réagissent différemment et d’une façon très personnelle et inattendue On veut plaire à sa mère mais on ne peut pas renoncer à ses propres aspirations d’adultes. Des conflits familiaux en perspective doublés par l’influence de promoteurs blancs qui jettent leur dû sur ces nouveaux quartiers pleins de vie. Beau roman célébrant l’ambition, la solidarité familiale, la résilience d’une communauté attachante, palpitante saga familiale aux accents jazzy, un bel aperçu de la vie de ces Afro-Américains rendu d’une plume alerte et passionnée ; très agréable à lire malgré une écriture un peu relâchée mais qui donne de la vie et à laquelle on s’habitue. Marilyse TRECOURT : L’envol des lucioles (Ed.Eyroles – 300 pages) « J’ai officiellement vingt- sept ans et il me reste trente jours à vivre ; grand max ! ». Léa est persuadée qu’elle sera la prochaine victime d’une malédiction familiale, sa mère a été emportée accidentellement, sa grand-mère et arrière-grand-mère de même, le sort les a frappées peu après leur vingt-septième anniversaire. L éa sent la mort autour d’elle, elle phantasme, elle la voit, lui parle, elle ressemble à une chanteuse célèbre vêtue d’une longue robe noire. Léa semble se résigner alors que son entourage lui conseille de se rebeller. La peur s’installe . Gina, sa grand-mère paternelle va l’héberger suite à l’incendie de sa maison. Elles sont en contradiction, l’une est peureuse et prisonnière de sa vie, l’autre a des allures de hippies et aime la vie. Léa sera-t-elle influencée ? C’est la partie la plus amusante de ce roman et qu’il est bon de découvrir. Un roman lumineux, une ode à la vie et à l’amour, une belle écriture pleine de belles de personnages attachants qui vont étonner.
Melissa DA COSTA : La faiseuse d’étoile (Ed Albin Michel – 233 pages) L’atmosphère de la maison est bizarre et devant l’air interrogatif d’Arthur cinq ans, sa mère Clarisse lui révèle qu’elle va partir en mission secrète sur Uranus et qu’il doit garder le secret. Seuls son père, sa tante et sa grand-mère sont au courant et entretiennent par leur silence les propos de Clarisse. C’est en fait l’histoire d’une mère qui déborde d’imagination pour cacher à son fils une dure réalité la concernant, et elle n’aura de cesse de magnifier son récit tel un conte. En attendant ce départ sur Uranus elle passe beaucoup de temps avec son trésor de fils et constitue ainsi des souvenirs empreints de douceurs, d’odeurs, d’amour… et plus encore. A sept ans l’enfant doute, s’accroche aux propos de sa mère puis vit la douloureuse réalité et réagit. Histoire bouleversante d’amour d’une mère qui veut protéger son fils d’une douleur proche. Roman court mais intense, pudique, plein de douceur et de sensibilité émotionnelle. La couverture découpée et dessinée rappellent les dessins du petit prince de Saint Exupéry. Mélissa Da Costa nous plonge dans les souvenirs d’un enfant devenu père à son tour avec simplicité mais profondeur et justesse. Viktor LAZLO : Ce qui est pour toi, la rivière ne l’emporte pas (Ed-Robert Lafont – 240 pages) Elle s’appelle Oividia, on entend « oubli » et ce roman sera l’évocation de cette vie oubliée de tous. D’abord de sa mère, esclave noire dans une propriété martiniquaise où elle voit le jour, au service de l’épouse de celui qui l’a violée. Elle va connaitre le travail des champs de coton, de dur labeur jusqu’au jour où elle sera elle-même violée par son propre père, le maitre absolu, qu’elle assassinera. Restée auprès de sa mère adoptive elle s’expatrie et va connaître l’exil en France et se confronte à la Révolution française et à l’abolition de l’esclavage. Une épopée historique passionnante, pleine de feu, d’action, de revirements. Cette vie inventée par l’auteure au vu d’une gravure de jeune femme noire assise derrière un éminent personnage de la Convention nous passionne. Une histoire dans l’Histoire que l’auteure a magistralement animée et parfaitement décrite.
1980. C’est la date de la première fête du livre de Toulon. Il s’en est passé du temps et des auteurs et l’on aime chaque année découvrir de nouveaux auteurs, retrouver certains d’entre eux et suivre leur cheminement, avec la curiosité gourmande de voir ce qu’ils nous offrent. Tantôt journaliste, tantôt auteur, j’ai fait, non pas toutes les guerres comme l’écrit Cabrel mais toutes les fêtes du livre, avec toujours le même plaisir. Mais cette année, c’est en tant qu’auteur que j’y étais, pour présenter mon dernier livre « Le Var D’antan » paru chez HC éditions. On y reviendra. Etre auteur, c’est se retrouver à côté d’un autre auteur. Parfois ça se passe bien, parfois moins, selon que l’auteur soit aimable ou pas, aime parler ou pas. On s’y fait des relations… ou pas et je dois dire que cette année, j’ai eu de la chance : mon voisin de gauche n’est pas venu, celle de droite…
Valérie ALAMO, de mots et de chansons Celle de droite donc, avait déjà une qualité : avoir un accent proche du mien puisque, si elle vit aujourd’hui en Bourgogne, elle est d’Avignon avec l’accent que l’on prend en naissant de ce côté-là, comme le chante Mireille Mathieu. Déjà, ça rapproche mais si en plus elle est journaliste, que ses livres parlent de chanteurs, ça ne pouvait que nous rapprocher, moi qui suis devenu journaliste dans les années 60. Sans compter qu’elle a, comme moi, la volubilité et l’humour, ce qui est pour moi essentiel. Et en plus, le nom d’Alamo résonne en moi, l’amitié que j’avais avec Franck, le chanteur (dont le nom était Jean-François Grandin !) c’est le petit plus qui a fait que j’ai aussitôt accroché sur cette belle journalistes avec qui je me suis trouvé beaucoup de points communs. Pagny, Garou, Cabrel, Balavoine, Souchon, Berger n’ont plus de secrets pour elle. Elle nous a offert de superbes albums de Cabrel et Berger et nous propose cette fois deux livres, l’un sur Souchon, l’autre sur Pagny. Alors qu’elle nous avait offert « Pagny, l’homme qui marche » là, elle nous propose « Une vie en chansons » (Ed Hugo Doc) où elle décortique l’œuvre du chanteur et nous révèle les secrets de leur création. Et elle fait de même avec Alain Souchon. Les fans vont donc découvrir ce qui se cache derrière les mots et les chansons qui ont fait leurs succès. C’est un magnifique travail de recherches.
Benjamin CARTERET… En apesanteur ! Si, cette année, vissé à mon stand, je n’ai pu faire d’interviewes, j’ai quand même eu quelques jolis moments de rencontre. Ce qui s’est fait, là encore dans l’humour avec Benjamin Carteret, un adorable jeune garçon au physique de premier de la classe au sourire avenant, diplômé d’Histoire de l’Art. A l’arrivée à l’hôtel le premier jour, nous prenons ensemble l’ascenseur. Sourires, bonjour. Un moment après, nous nous retrouvons ensemble pour descendre. Re-sourire[b1] . Le lendemain matin, nous descendons au petit déjeuner… dans le même ascenseur, ce qui nous fait rire et du coup, nous déjeunons ensemble et nous présentons « officiellement » ! Et comme par hasard, nous sommes montés et descendus ensemble une dizaine de fois ! Peut-être que, sans cet ascenseur, je n’aurais jamais rencontré ce garçon brillant, fou d’Antiquité et de mythologie, qui a déjà écrit deux très gros livres aux éditions Charleston : « Perséphone » et « Moi, Orphée », deux romans historiques. Dans le premier, nous naviguons entre dieux et déesses, nous rencontrons Zeus et Korê et nous entrons dans l’intimité de Déméter et Perséphone. Nous croisons aussi Narcisse, Artémis, Ganymède et, comme s’il en avait été le témoin il nous offre, avec une belle plume, un roman original et passionnant. Tout comme le second où l’on découvre ce couple… mythique qu’est Orphée et Eurydice que Cocteau avait si bien filmé. Un mythe ? Une histoire vraie ? Qu’importe, Benjamin nous entraîne dans cette fantastique histoire d’amour. Et comme toutes les histoires d’amour… elle finit mal ! Là encore, énorme travail de recherche pour remonter le et aligner la mythologie et l’histoire qu’il en a créé.
Vincent FERNANDEL… Il a grandi le petit ! Vincent, je l’ai connu « minot » car son père, Franck, fils de l’illustre acteur, était un ami fidèle avec qui on a passé de magnifiques moments dans sa maison des Trois-Lucs, où l’on passait des journées et des nuits à jouer aux boules, boire et manger et l’écouter jouer au piano avec ses potes car il était un remarquable musicien de jazz. Franck disparu, je n’ai pas vu grandir « le petit » que j’ai retrouvé grâce une attachée de presse amie qui m’a proposé… son premier livre en hommage à son grand-père. Il a autrement rendu hommage à son père et nous offrant ses chansons (Tempesti) Du coup, nous avons repris contact au téléphone, il m’avait envoyé des photos où je découvrais sa frappante ressemblance avec Franck ! Et voilà qu’il est à la fête du livre pour signer ses livres-disques comme les fables de la Fontaine et celui consacré à Marcel Pagnol… Car bien sûr, il a vécu dans ce triangle Fernandel-Pagnol-Raimu et même s’il vit à Paris, il n’a jamais oublié « son pays » et en a un peu gardé l’accent. Il nous propose des extraits de « La gloire de mon père », « Le château de ma mère » et « Le temps des secrets ». Lui aussi a gardé son accent marseillais et il en a même la voix de son père. Le lien est enfin renoué. On s’est vu, on s’est plus. On ne se quitte plus… Promis.
Enfin… Et moi, et moi, et moi… Ça va peut-être être prétentieux mais… Je vais vous parler de moi… Enfin de mon livre ! Le sixième, et le second chez HC Editions après « Toulon d’Antan ». Voici donc « Le Var d’Antan ». Surpris qu’un jour cette maison d’édition me propose d’écrire un livre sur Toulon à travers la carte postale, alors que mes autres livres parlent théâtre, cinéma, musique mais piqué par la curiosité, j’ai accepté. Ce qui, né à Toulon sans la connaître vraiment, m’a permis de découvrir ma ville … Et j’ai aimé ça. Du coup, HC (Hervé Chopin) revenant à la charge pour parler du « Var d’Antan », j’ai dit oui. Mais ce fut une autre histoire. A Toulon, j’étais sur place, je connaissais beaucoup de monde et ce fut assez facile. S’attaquer au Var était plus ardu, plus long, d’autant qu’hormis les livres déjà sortis (E il y en a !) et les réseaux sociaux, les mairies et les offices de tourisme ne m’ont pas beaucoup aidé. Mais avec beaucoup de volonté et de ténacité, j’ai vu le bout du chemin et je suis heureux du résultat… Avec un peu la trouille du retour de vrais historiens, moi qui ne suis qu’un journaliste qui écrit. A eux et à vous de me le dire !
Merci Juste avant de conclure, merci donc, à HC Edition, en espérant qu’ils auront encore besoin de moi pour d’autres aventures et merci à l’équipe de la librairie « Lo Païs » qui m’a si bien reçu durant trois jours à la fête du livre Ce fut un plaisir que de collaborer avec eux. Merci de leur gentillesse. Jacques Brachet