Archives pour la catégorie Ecriture

Notes de lectures

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Stéphane BERN : Les secrets de L’Elysée  (Ed Plon – 240 pages)
Après les secrets d’histoire Stéphane Bern s’attache aux lieux de pouvoir à travers le monde avec l‘ouverture des secrets du palais de l’Élysée en nous dévoilant  les confidences des locataires ou propriétaires successifs de cette vitrine de la France.  Le palais édifice hors du commun, entouré d’un magnifique parc de deux hectares en plein Paris, voisin des célèbres Champs Elysées, fut le point de rencontre d’un nombre incalculable de personnages célèbres, depuis les 24 présidents de la République, les princes et  les empereurs, souverains étrangers ou simples locataires,
Le  tout impliquant transformations architecturales, aménagements locatifs ou festifs, drames familiaux, spectacles, conférences de presse.
Qui n’est pas passé par là ?
C’est une valse d’évènements toujours rigoureusement évoqués par l’auteur toujours avide de grandes et petites histoires qu’il nous livre au coin de l’oreille.
De belles illustrations éclairent les différentes époques  aussi bien en tableaux qu’en photographies émaillant le texte de touches d’authenticité.
Olivier MERLE : Le manoir des sacrifiés (Ed XO – 410 Pages)
Des meurtres successifs avec le même rituel et mode opératoire ; des hommes assassinés dont un des yeux est arraché sont dans une étrange position devant un meuble sur lequel se trouve à chaque fois un crane Néandertal. Leurs épouses sont introuvables.
Le commandant Grim, chargé au départ de l’enquête a une histoire personnelle avec l’une des femmes disparues ; ce qui complique les investigations …
L’histoire de l’humanité, des hommes préhistoriques mêlés à des meurtres étranges et des disparitions surprenantes ne peuvent que séduire les amateurs de thrillers.
Le thème rassemble tous les éléments inhérents aux thrillers (assassinats, atrocité, rebondissements, conflits dans l’équipe d’enquêteurs) pour finalement une conclusion d’investigation inattendue.

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Marie LARREA : Les gens de Bilbao naissent où ils veulent ( Ed Grasset – 222 pages)
Avec beaucoup de finesse et d’intelligence, l’auteure aborde le sujet de l’adoption d’un enfant, sujet d’autant plus personnel qu’elle est elle-même une enfant adoptée. Et comment l’enfant tente désespérément de retrouver ses parents.
Cette quête, véritable travail de détective a été celle de Maria Larrea. Le lecteur souffre avec elle à chaque butée dans sa courageuse remontée dans le temps et dans les secrets familiaux. En effet pourquoi un enfant va-t-il  être abandonné par sa mère ? Tous les scenarios s’offrent à l’auteur puis petit à petit une ouverture, un espoir, une parole suffisent à relancer avec encore plus de force la recherche de la vérité sur sa naissance.
Ce roman séduit par sa force, sa dignité. Il y a de la souffrance chez toutes les femmes ayant abandonné leur enfant de leur plein gré ou malgré elles, mais cette souffrance existe aussi chez l’enfant et bien sûr les pères. Un roman  d’autant plus émouvant qu’il faut aussi lire les remerciements de l’auteur à ses familles d’adoption, ses amis adoptés à qui elle rappelle qu’ils sont libres.
Eric Le NABOUR : Cruels sont les rivages (Ed Terres de France – 381 pages)
Comment vivre lorsque son mari policier tué en mission réapparait pour être cette fois-ci réellement abattu froidement ?
C’est maintenant à Laura Delgado son épouse de reprendre son rôle de policière qu’elle avait abandonné pour s’occuper de ses filles et vivre loin du drame en Bretagne. Il va lui falloir enquêter, remonter les pentes, retrouver d’anciens collaborateurs.
Une histoire confuse à laquelle l’auteur ajoute les bons sentiments d’une mère auprès de ses deux filles, un grand-père ancien flic rejeté par sa fille mais qui en sait long sur la mort de son gendr, et une histoire d’énormes intérêts financiers liés à l’amant de Laura Degado.
Un roman qui se lit facilement mais laisse peu de souvenirs au lecteur.
Jennifer EGAN : La maison en pain d’épices (Ed Robert Laffont – 390 pages)
Traduit de l’anglais (États Unis) par Sylvie Schneiter
Auteur américain qui a obtenu le prix Pulitzer en 2011, Jennifer Egan vient de publier ce nouveau livre en France.
Elle imagine un monde s’écoulant de 2010 à une date ultérieure inconnue, dans lequel un homme Bix Bouton a fondé une entreprise nommée Mandala. Il commercialise avec succès un cube de conscience dans lequel on revoit ses souvenirs même oubliés : Own Your Unconscious. Puis il va créer d’autres fonctions notamment celle de télécharger tout ou partie de sa mémoire sur un serveur collectif permettant en échange un accès proportionnel aux pensées et souvenirs anonymes de ceux qu,i vivants ou morts, ont fait la même chose.
Dans ce drôle de monde, l’auteur met en scène la famille de Bix, celle de Miranda Kline qui étudie les affinités entre les êtres humains et les met en algorithmes, et celle de Christopher Salazar, qui a crée un organisme concurrent sans but lucratif, qui défend la liberté face à ces cyber identités.
Le roman est très dense, trop même car le lecteur se perd dans les personnages, les époques mélangées. L’auteur adopte des formes littéraires variées qui pourront également déstabiliser le lecteur.
Bref, un roman curieux qui pourra plaire à certains, déplaire à d’autres.

René FREGNI : Une vie de baroudeur et d’écrivain

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Minuit dans la ville des songes (Ed. Gallimard – 255 pages)
Roman autobiographique de cet auteur pudique qui nous livre ici ses pensées dans le grand voyage de la vie qui l’a amené à se débattre avec ses grands problèmes : l’autorité, l’obéissance, les règles sévères quand on nait à Marseille dans une famille modeste où il faut s’affirmer  même face à la discipline qu’il a du mal à observer, des règles quand lui-même prône la liberté, l’espace, quitte à avoir du mal à s’insérer.
Un brin rebelle, un peu marginal, il affronte l’existence par la fuite en avant, plein de fougue et d’espoir assumant sa différence qui le propulse vers d’autres horizons, d’autres régions, toujours guidé par l’amour qu’il  voue à sa mère, son point d’ancrage existentiel.
Nous traversons sa vie un livre à la main, les yeux ouverts sur ses paysages méditerranéens qu’il affectionne. De sa plume délicate il nous promène dans sa Provence ensoleillée où dans la Corse de son exil nous faisant partager son amour des livres et de l’écriture et sa façon de   vivre comme un loup solitaire mais plein de sensibilité et d’amour de  la vie, et toujours de sa mère.
Il a reçu le prix des lecteurs du Var 2022.

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Rencontre
C’est, depuis des années, un plaisir de rencontrer René Frégni car s’il est un romancier de talent, il est aussi un conteur plein de charme, d’humour, de poésie. C’est un homme vrai qui, malgré son succès, a su rester un homme simple, attaché à sa terre varoise, assez solitaire mais aimant rencontrer les gens.
Nous revoici à la Fête du livre où il signe son dernier roman qui en fait n’est pas un roman mais, pour la première fois, une biographie. Le titre : « Minuit dans la ville des songes » (Ed Gallimard). Pourquoi ce titre ? C’est ce que je lui ai demandé :
« C’est parce que j’ai peur de mettre les mots sur une page blanche et que je les mets la nuit sur mes paupières, lorsque je suis au lit, sans peur du lendemain. Le lendemain qui me permet de retranscrire ce que j’ai écrit dans mon subconscient. Je revois toutes les scènes.
J’écris toujours avec un stylo. J’écris, je peaufine. C’est ensuite ma femme qui retranscrit sur l’ordinateur.
Pour une fois, ce n’est pas un roman !
Disons que c’est une bio que j’ai un peu romancée. Il parle de mon enfance, de ma vie de marginal, de ma vie de voyou, de déserteur, de mon premier amour, de la beauté des filles, de tout ce que j’ai vécu, des paysages que j’ai sillonnés en France et ailleurs… De ma région aussi.
C’est à la fois un livre d’aventures à la José Giovanni car tu en as vécu beaucoup et une ode poétique à ton pays à la Jean Giono, puisque tu vis à Manosque.
Il a des deux car c’est vrai que j’ai fait pas mal de conneries dans ma jeunesse, que j’ai fait de la prison, que je me suis évadé et que j’ai passé un certain temps à me cacher et à vivre sous un faux nom… Mais c’est aussi l’amour de ma région qu’en dehors de ces années d’errance, je retrouve toujours avec le même bonheur, que j’y vis et qui est mon havre de paix.
Pour en revenir à Giono qui vivait comme toi à Manosque, tu as failli le rencontrer mais tu n’es pas allé jusqu’au bout. Pourquoi ? Aujourd’hui le regrettes-tu ?

J’avais 20 ans, je savais où il habitait et j’ai voulu aller le voir. Et puis j’ai hésité car c’était un homme d’un certain âge. Je ne suis pas allé le voir car d’abord j’avais peur de le déranger et puis en fait, ses livres parlent pour lui et je me suis dit que l’œuvre d’un tel écrivain et plus grande que l’homme qu’il pouvait être. J’ai préféré plutôt le lire que de le rencontrer. Ca fait quarante ans que je lis ses romans. J’ai dû tous les lire entre cinq et six fois ! Et je ne regrette pas ce rendez-vous manqué.

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Tu as vécu une vie incroyable, quelquefois difficile mais il semble qu’à chaque fois il y ait eu quelqu’un pour t’aider à t’en sortir.
C’est vrai, j’ai rencontré des gens qui m’ont fait confiance, qui m’ont apporté tendresse, humanité : Ange-Marie avec qui j’ai fait les quatre cents coups, que j’ai retrouvé en prison. Il m’a présenté l’aumônier qui m’a fait découvrir la lecture. Je lisais presque un livre par jour. Le premier d’ailleurs a été « Colline » de Giono dans lequel je me retrouvais. Dominique Raffali m’a permis de vivre en Corse alors que j’étais déserteur. Durant un an j’ai fait danser le be-bop à des filles magnifiques dans sa boîte de nuit. Maître Comte qui m’a sorti du pétrin… J’ai partagé avec eux une forme d’humanité.
Et ta mère !
Ma mère a toujours été le soleil de ma vie. Pas un jour je n’ai cessé de penser à elle, même aujourd’hui qu’elle est partie. Elle m’a apporté une tendresse infinie malgré toutes les peurs que je lui ai fait subir. Sa pensée m’a toujours aidé à être positif à chaque fois que je bifurquais. Elle m’a aidé à aimer la vie et si tu aimes la vie, la vie t’aime.
Sais-tu pourquoi tu as toujours été un rebelle ?
Ca a démarré tout jeune. Je portais des lunettes et on s’en moquait. C’est de là qu’est née ma rébellion. Mais en fait, être marginal, ça me plaisait. J’ai toujours été révolté et j’ai toujours aimé la transgression même si je n’ai jamais été un grand voyou !
Te sens-tu plus lecteur ou plus écrivain ?
J’ai été lecteur à 19 ans, donc plus longtemps qu’écrivain car je reste un grand lecteur aujourd’hui. Et si je suis devenu écrivain c’est grâce à toutes les lectures que j’ai faites durant ma vie. C’est à cause de ces lectures que j’ai eu envie d’écrire.
Tu es quand même resté un loup solitaire !
En dehors des fêtes du livre où je rencontre beaucoup de gens et où j’y prends plaisir, je suis heureux de retourner chez moi, dans ma maison, dans mes paysages où je passe mon temps à regarder, à rêver, à respirer. J’écris en marchant et je passe mon temps à admirer un ciel bleu, des feuilles d’or qui, en ce moment, se détachent des arbres… On est quand même mieux qu’enfermé dans une banque !
Ici, je n’ai pas besoin de grand-chose : un gros pull, des chaussures de marche, un cahier, un stylo… Ça me suffit. C’est ça la vraie richesse.
Il y a un proverbe indien que j’aime : « Lorsque l’homme aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d’eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, alors il se rendra compte que l’argent n’est pas comestible ».

Propos recueillis par Jacques Brachet.

 

Toulon – Fête du Livre : Jean-Pierre LAVOIGNAT…
Romy, Gérard, Danièle, Claude… et les autres

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Fidèle à Toulon, le journaliste Jean-Pierre Lavoignat vient à chaque fois présenter ses livres. Des albums superbes qu’on regarde et lit avec plaisir et surtout plaisir qu’on a à le retrouver à chaque fois.
Fidèle au poste, je le retrouve donc à la Fête du Livre pour parler de son dernier album « Romy-Sautet, un coup de foudre créatif », paru aux éditions de la Martinière.

« Jean-Pierre, après Romy… Romy !
Oui, mais avec Sautet !
C’est vrai ! Alors comment est né ce livre ?
De l’exposition Romy Schneider dont j’étais le commissaire, aidé par sa fille Sarah Biasini. Après cela j’avais écrit le livre sur Romy, avec beaucoup de photos et documents que m’avaient prêté Sarah mais aussi Yves Sautet, le fils de Claude. Quand j’ai vu tout ce qu’il possédait, et tout ce que je n’avais pu mettre à l’exposition, l’idée a germé qu’avec toute cette documentation, on pouvait faire un livre autour de la comédienne et du réalisateur. D’autant qu’ils ont fait cinq films ensemble. Et des films importants : « Les choses de la vie », « Max et les ferrailleurs », « César et Rosalie », « Mado », « Une histoire simple ».
Le temps a passé, je suis passé à d’autres choses et l’idée m’est revenue qu’en février de cette année « César« et Rosalie » aurait 50 ans.
Du coup j’ai recontacté Yves qui a aimé l’idée, qui m’a ouvert ses placards et a écrit l’avant-propos du livre qui est très émouvant.  J’ai fait de même avec Sarah qui en a écrit la préface. Sarah m’avait avoué que c’étaient les cinq films préférés de sa mère.
J’ai aussi pu récupérer des photos magnifiques de Claude Mathieu qui fut le photographe de plateau de Claude Sautet.

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Vous aviez donc le choix du roi !
Oui car Yves m’a proposé plein de photos inédites de Claude et Romy, carrément des planches photos, des mots de Romy à son père, qu’elle appelait Clo, dont un extrait où elle râle parce qu’il a choisi une mauvaise prise ! Des plans de tournage, des scénarios, entre autre les cinq versions du scénario de « César et Rosalie » dont il a modifié cinq fois des scènes et surtout le final…
Il y a aussi des témoignages de personnalités d’aujourd’hui.
Oui, je leur ai demandé de parler de Romy que certains n’ont pas connue mais qu’ils admirent.
Par exemple, j’avais repéré une photo de Romy épinglée dans une loge dans le film d’Almodovar « Etreintes brisées », une photo aussi dans les mains d’Emmanuelle Béart dans le film de François Ozon « Huit femmes ». Je leur ai demandé de me parler d’elle. D’autres témoignages de personnalités qui n’avaient pas connu Romy mais qui l’admiraient, comme Isabelle Huppert, Jean Dujardin dont j’avais vu une interview où il parlait de Romy, Sandrine Kiberlain, des gens aussi qui ont collaboré avec Claude comme Philippe Sarde, Jean-Louis Livi, Alain Sarde et même Daniel Biasini, le père de Sarah.
Romy reste une icône inoubliable, une vraie star, une source d’inspiration, une artiste qui touche nombre de comédiennes qui s’en réfèrent. Claude reste un réalisateur qui a fait des films qui ont marqué plusieurs époques. Il a formé un duo très rare avec Romy dans le milieu du cinéma. A part Chabrol et Isabelle Huppert, il n’y en a pas d’autres.

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Vous-même avez-vous connu Romy et Sautet ?
Pour Romy, non et je le regrette mais elle est partie trop tôt et peut-être c’aurait pu se faire. Je l’ai croisée plusieurs fois mais à l’époque où je travaillais à « Première » c’était Marc Esposito le chef et c’est lui qui faisait ses interviewes. Mais il m’a offert un joli témoignage pour le livre.
Quant à Sautet, je l’ai connu lorsque « Studio Mag » a rendu hommage à Romy lors des cinq ans de son décès. Romy y faisait la couverture. Claude Sautet m’avait alors accordé une grande interview dans laquelle il parlait exclusivement de Romy. On retrouve cette interview dans ce livre.
Tous les gens que vous avez contactés vous ont dit oui ?
Oui, presque tous mais il y a certains qui avaient dit oui qui ont oublié où qui n’ont pas eu le temps comme Vanessa Paradis, Marion Cotillard…
Pour le premier Romy vous avez travaillé avec sa fille, Sarah, pour Gérard Oury vous avez travaillé avec sa fille, Danièle Thompson et pour celui-ci, avez-vous travaillé avec son fils ?
Non, en dehors de toute la documentation qu’il m’a proposée, j’ai travaillé tout seul !
Boulot de Titan pour l’écrire et pour collecter toutes cette documentation ?
De Titan, n’exagérons rien mais c’est vrai que c’est un vrai travail. Travail qui m’amuse et qui me plaît.

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Et le prochain livre, quel sera-t-il ?
(Il rit) Pour l’instant, je n’en ai aucune idée ! Je vais avant tout me reposer de celui-ci, j’ai d’autres choses à faire, dont quelques salons du livre et pour le reste, j’attends qu’une idée vienne où qu’on me propose une commande qui m’excite.
Mais pour le moment… repos !
Propos recueillis par Jacques Brachet

Notes de lectures

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Tatiana de ROSNAY: Nous irons mieux demain (Ed. Robert Laffont – 350 pages)
Candice jeune mère solo d’un garçon de trois ans, battante ingénieure du son qui mène rondement sa vie, fragilisée par le deuil récent de son père, est soudain confrontée à un évènement qui va bousculer sa vie. Alors qu’elle rentre chez elle après une journée de travail elle assiste à un accident de la rue : une dame se fait renversée par un automobiliste sous ses yeux. N’écoutant que son bon cœur elle l’accompagne, l’assiste dans sa solitude et l’implique peu à peu dans sa propre vie pleine de sollicitude et de bon cœur. Mais celle-ci retrouvant son allant se prépare à bouleverser ce foyer familial semant vents et tempêtes. Sa force et sa vitalité vont faire des ravages dans ce foyer aimant.
Il y est question de maisons que l’on habite, de qui y a vécu avant, impliquant à l’occasion des personnages célèbres tels que Zola. L’occasion de nombreuses digressions et cascades de situations inattendues et déroutantes impliquées par la rencontre de ces deux femmes fusionnelles mais où l’emprise des relations sèment le désordre et le mal de vivre mais où on se laisse aussi charmer par l’évocation des relations d’un Zola pas toujours connu
Roman très personnel où l’auteure a mis toutes ses tripes pour défendre de nobles causes comme l’anorexie, la solitude, l’abandon sans perdre de vue son auteur chéri : Emile Zola
Christophe ONO-DIT-BIOT : Trouver refuge (Ed Gallimard – 413 pages)
C’est avec émotion que je viens de lire ce merveilleux roman de Christophe Ono-dit-Biot. Pour la femme que je suis, interdite de séjour dans les monastères du Mont Athos en Grèce, c’est une plongée émouvante, spirituelle et revivifiante qu’offre l’auteur.
Sacha, philosophe historien est invité à la télévision et malheureusement a laissé supposer que le président appelé Papa n’avait pas toujours été comme il est aujourd’hui. Un aujourd’hui qui se situerait dans les années prochaines et qui aurait largement emporté les suffrages des français en promouvant une politique d’extrême droite, autoritaire et sous surveillance permanente.
Sacha se sentant menacé fuit donc, là où il a passé des vacances merveilleuses avec  Alex, aujourd’hui Papa, et où il sait que les moines accueilleront ceux qui cherchent à être sauvés. Avec femme et enfant c’est vers  cette Sainte Montagne qu’il se dirige, muni du secret qu’il n’avait jamais révélé à personne et qui est son seul salut comme sa propre condamnation sans appel. Très vite il est seul avec sa fille Irène qu’une coupe de cheveux transforme en Irénée prénom fusionnel avec Byzance et les orthodoxes, Sacha retrouve son ami moine orthodoxe et dans cette nature sauvage et abrupte qui compte une vingtaine de monastères pour les moines, particulièrement Stavronikita le monastère de la croix victorieuse et Esphigmenou, le monastère des extrémistes qui ne digèrent toujours pas le sac de Constantinople en 1204.
On est complètement envoûté par la spiritualité, la beauté pure du lieu. Un huis-clos où les menaces sous forme de drones  sont balayées par la fraîcheur pétillante de cette petite Irène qui suit son père et perçoit l’imperceptible, la subtilité et la puissance du silence.
On suit cette course éperdue au Mont Athos, cadeau du Christ à sa mère Sainte Anne, un cadeau que le lecteur saura savourer et qu’il gardera en mémoire avec bonheur.

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Flo DELAVEGA : Sur le chemin des rêves (Ed JouVence – 217 pages)
Cet ancien sportif nommé Florian Garcia, est un jour devenu chanteur… une star même puisque sous le pseudo de Fréro-Delavega après avoir participé à « The Voice » et rempli des stades et des Zéniths, il décide un jour que ce monde des strass et des paillettes ne lui convient pas.
Il quitte donc son complice Jérémy Frérot qui continue seul avec le succès que l’on sait et… silence radio.
Il produira quand même un CD en solo « Rêveur forever » puis, après un long Silence… Il revient mais avec un livre « Sur le chemin des rêves » où il nous raconte qu’après ces années de folie et de bruit, après un grand moment de doute et de dépression, il s’est rendu compte que là n’était pas là la vie… SA vie ; il lui fallait du silence, passer de la lumière à l’ombre, faire une introspection en faisant un voyage initiatique et se plongeant dans le monde du rêve et de la réalité, de la liberté et de la vraie vie.
Ainsi est-il devenu un « rêveur funambule » en sautant dans le vide et se tournant vers d’autres rêves que le show biz, la célébrité, la foule, la folie médiatique.
Ce fut son vrai retour sur terre mais malgré tout un vrai cheminement de doutes, d’espoirs, de désespoir aussi. Une vraie renaissance, un retour aux sources, la reconquête de son authenticité dans la nature qu’il retrouve.
Avec ce livre il nous fait parcourir ses chemins de traverse grâce auxquels il a retrouvé la lumière. Mais une autre lumière qui lui a rendu la sérénité.
« Chaque pas que je fais, chaque rêve réalisé, est une réconciliation avec mon enfant intérieur, avec le petit Florian Garcia ».
Il est aujourd’hui épanoui, heureux d’avoir osé prendre des risques, trouvé la spiritualité.
Ce livre et illustré de ses propres dessins et de poèmes qui pourraient devenir des chansons. D’ailleurs, vous pouvez découvrir une chanson avec un QR code qui est en fin de livre. Car à la fin de celui-ci, il n’exclut pas de revenir vers le public mais dans d’autres conditions.
On découvre à travers ses écrits un homme simple, magnifique, profondément humain qui, comme un Phoenix, a su se relever de ses cendres.
Alain ARNAUD : La braconnière (Ed Exaequo – 216 pages)
Un souffle de fraicheur sur les hauteurs provençales du département du Var emmené tambour-battant par l’auteur, dans les années 70 sous les traits d’une jeune orpheline de 15 ans recueillie par sa tante moment du décès accidentel de ses parents. Grand désarroi, grande peine de ce petit être accueilli par cette parente aimante qui va la soutenir dans la construction de sa jeune vie.
En communion avec la nature qui l’entoure elle va se replier vers la forêt, les animaux, les fleurs qui seront son univers, négligeant les études et la ville pour s’épanouir dans une vie sauvage. Jusqu’au jour où la civilisation la rattrape : Le village, les voisins, les notabilités qu’l faut bien côtoyer vont faire de cette sauvageonne  sensible une femme forte, endurante et pleine d’avenir. Une jolie tranche de vie dans des paysages de nature mais aussi de conquête, d’amour et d’espoir.
C’est un  grand vent de fraicheur et de réalisme qui nous rapproche de ce passé récent dont on a suivi la progression.

SETH, le « globe-painter »

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Il se nomme Julien Malland mais il est aujourd’hui connu mondialement sous le nom de Seth, du nom d’un dieu égyptien. Mais s’il est un dieu c’est celui de l’art urbain, le street art, qui l’a fait connaître du monde entier ; du moins ses œuvres car il n’aime pas qu’on le photographie.
Pourtant il a débuté comme photographe avant de continuer sur des graffiti, en dessinant sur des murs. Mais comme il a toujours aimé s’exprimer artistiquement en peignant et qu’il adore les voyages, il a décidé, voici 25 ans déjà, de laisser un peu de côté son métier de photographe et celui de présentateur de documentaires, pour courir le monde et trouver des supports pour s’exprimer.

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F POPASNAL'école n°1 de Popasna, dans le Donbass, Ukraine, en 2019

C’est ainsi qu’il a parcouru, l’Italie, l’Indonésie, l’Indochine, la Tunisie, l’Ukraine, le New Jersey, la Réunion, le Cambodge, la Corée, la Chine… La liste serait longue mais tout en voyageant, il a laissé des traces un peu partout en squattant des maisons abandonnées, des murs à moitié effondrés, des quartiers sans vie dus à la guerre, des camps de réfugiés, des monuments abîmés, des maisons tristes à qui il redonne vie en créant des petits personnages sans visages mais d’une grande beauté pleins de poésie et d’émotion…
Puis, son métier de photographe revenant au galop, il les photographie. Il présente tout d’abord les photos de ses œuvres en plein air sur les réseaux sociaux jusqu’à ce que celles-ci se retrouvent sur des livres d’art.

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Le dernier vient de sortir : « Face aux murs » (Ed la Martinière) avec lequel il nous fait voyager de par le monde, en nous faisant entrer dans l’univers des enfants, un univers à la fois simple, naïf et sensible qui retrace dix ans de voyages, de créations, toutes originales et belles.
Aujourd’hui reconnu, on le retrouve dans les plus grands festivals, les institutions les plus prestigieuses et, de Shanghaï à Rome, du Donbass à Djerba, de Belleville à Bali, il nous fait voyager à travers ses œuvres qui racontent sa vie d’artiste, de voyageur, peut-être aussi des souvenirs d’enfance pleins de douceurs dans certains pays qui en manquent cruellement, tissant des liens entre les peuples et nous offrant des images sublimes, toujours sans visages, comme lui qui n’aime pas se faire voir et qui se cache derrière elles.
Quand le street art devient art… Tout simplement.

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Jacques Brachet
Seth expose à Fluctuart à Paris, du 28 octobre au 26 février puis au Musée en herbe en 2023

Vladimir COSMA l’as des as de la musique !

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Vladimir Cosma est né le 13 avril 1940 à Bucarest.
Hasard des événements : ses parents ayant fui leur pays, étaient venus s’installer en France où sa mère s’est retrouvée enceinte. Normalement, il aurait donc dû naitre en France mais la mort de son grand-père les a ramenés en Roumanie… où il est né. Et d’où ils n’ont pu ressortir.
Il lui faudra attendre 22 ans pour se retrouver à Paris. Mais déjà, dans son pays, à 8 ans, super doué, il était devenu violoniste soliste. Il avait de qui tirer car sa grand-mère et sa tante étaient pianistes, un de ses oncles était chef d’orchestre, son père était musicien de jazz.Il n’y a que sa mère qui, elle, était… championne de natation !
Inutile de préciser qu’il fut baigné… de musique. De toutes les musiques, du jazz au classique en passant par la musique folklorique et la variété, la musique était omniprésente. Et tout au long de sa vie, il a su mêler toutes ces musiques entendues depuis son enfance. S’il a appris le violon c’est qu’à la maison où ils vivaient il n’y avait pas de place pour un piano… A quoi ça tient !
S’il fallut que, de retour en France, il recommence à zéro, très vite il trouva sa place grâce à de grands musiciens qui l’y ont aidé, comme Jean Wiener ou Michel Legrand qui le prit sous son aile et lui fit faire les arrangements de ses musiques.

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En 67 il commença à signer des musiques de films mais c’est en 68 qu’il rencontre le réalisateur Yves Robert, qui lui demande de signer la musique du film « Alexandre le bienheureux ». L’amitié et l’admiration partagée en firent qu’ils ne se quittèrent plus et qu’il signa toutes les musiques de ses films, du « Grand blond avec la chaussure noire » à « Montparnasse-Pondichery » en 94, en passant par « Salut l’artiste », « Un éléphant ça trompe énormément, « Nous irons tous au paradis », « Courage fuyons » sans oublier les magnifiques musiques que sont « La gloire de mon père » et « Le château de ma mère ».
Il eut ainsi d’autres beaux compagnonnages avec Gérard Oury (« L’as des as », «Rabbi Jacob » qui le fit connaître internationalement), Jean-Pierre Mocky pour qui il écrivit les musiques de tous ses films,  Claude Zidi, Claude Pinoteau et la fameuse « Boum », Molinaro, Francis Veber avec qui ça ne fut pas de tout repos, Beneix et l’admirable « Diva »… Bref, son talent fit que nombre de réalisateurs et producteurs firent appel à lui…
Aimant toutes les musiques (C’est une incroyable mémoire musicale), il côtoya et travailla avec le nec plus ultra des musiciens de jazz (Ivry Gitlis, Chet Backer, Claude Bolling, Stan Getz, Bill Evans, Joss Baseli, Sidney Bechet, Tont Benett, Jean-Luc Ponty, Stéphane Grapelli… A chaque film il trouva l’originalité qui faisait de ses musiques un succès. Car en plus, il connaît tous les instruments du monde entier, donnant à chaque fois une couleur à nulle autre pareille : la flûte de pan pour l’une, la guimbarde pour l’autre, le kazoo, le bandonéon, le cromorne, le banjo les pipes écossaises,  l’harmonica, le glockenspiel (faut connaître !) et nombre d’instruments, indiens, chinois, africains que le simple mortel ne connait pas, jusqu’à tous les appareils électroniques. Et même… les cigales dont il fit un instrument de musique pour les souvenirs d’enfance de Pagnol !

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Quel que soit le style de musique demandé, il s’adapte, aux desiderata du réalisateur, Au sujet, à l’époque, il trouve toujours l’habillage haute couture du film, qui fait qu’aucune musique ne se ressemble, que ce soit dans la comédie ou le drame… et même l’érotique ! Il a même écrit un opéra autour de « Marius et Fanny » de Pagnol, interprété par Roberto Alagna et Angela Ghorghio
Il a une culture musicale à nulle autre pareille et… une mémoire d’éléphant car il nous signe aujourd’hui, non pas une musique mais un livre, une bible de 500 pages, où il nous raconte près de 70 ans de musique et de passion en disséquant toutes les musiques qu’il a écrites, le pourquoi du comment et plein d’anecdotes autour de tous ces artistes avec lesquels il a collaboré.
Il y a beaucoup de musiciens de films mais il se compte sur les doigts ceux qui ont fait une carrière aussi prolifique que Vladimir Cosma.

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 Rencontre à la Ciotat avec Nicole Croisille
Rencontre à Ste Maxime avec Vincent Perrot (Photo Christian Servandier)

Le titre de ce magnifique livre qu’il signe avec passion et humour : « Mes mémoires », tout simplement, avec en sous-titre « Du rêve à Reality » (Ed Plon). « Réality » étant le titre de chanson de « La boum » que chantait et chante toujours Richard Sanderson, qui a fait le tour du monde et continue une magnifique carrière.
Je voudrais vous raconter aussi mes rencontres avec Vladimir Cosma.
Nous étions en 2005 et j’étais alors directeur artistique du Festival du premier film de la Ciotat, durant lequel, en dehors des films en compétition, nous rendions chaque année hommage à un réalisateur, un comédien, un musicien de film. Ainsi sont venus Claude Lelouch, Robert Hossein, Annie Cordy, Claude Pinoteau, Michel Jonasz, Michel Galabru et en 2005, j’invitais Vladimir Cosma qui avait dit oui à condition de venir en train car il détestait l’avion. Ça tombait bien car le train en gare de la Ciotat fut le premier film des frères Lumière.
Le mois de juin approchait lorsque sa compagne m’appela pour me dire qu’il ne viendrait pas car il était fatigué. Panique à bord, je le rappelle et il me dit : « J’ai promis, je viendrai ».
Me voilà rassuré et, le jour de son arrivée, je reçois un appel de lui et là, re-panique. Je me dis qu’il a raté le train ou simplement qu’il a changé d’avis… Je le rappelle et il me dit : « Désolé… je suis dans le train mais… j’ai oublié mon slip de bain… Pourriez-vous m’en trouver un ??? »
Promis, juré, c’est vrai !
Me voilà rassuré et lui aussi, trouvant un slip dans sa chambre. Et, vous me croirez ou pas, il a posé ses valises et est parti se baigner, l’hôtel donnant sur la plage !
Il fit ça durant les cinq jours où il fut présent. Lorsqu’on ne le trouvait pas, on allait à la plage ! Et, comme c’est un homme qui ne sait pas ce qu’est l’heure, nous avons passé notre temps à aller le chercher ! Nous déjeunions au bord de l’eau et entre deux plats, il allait plonger… Jusqu’au dernier jour où, le car attendant les invités pour les ramener au train, il se pointa juste à temps pour ne pas le manquer, car il était allé prendre un dernier bain !
Par contre, au contraire de grandes stars très exigeantes, la seule exigence de Vladimir fut… un slip !
Étant un magnifique conteur, nombre de choses qu’il raconte dans ce magnifique livre, il nous les racontait avec la joie d’un enfant qui s’amuse avec un jouet depuis des décennies. Il retrouva mon amie Nicole Croisille que j’avais aussi invitée et qui a chanté le générique de la série TV « Les cœurs brûlés », qui s’intitule « Je n’ai pas dit mon dernier mot d’amour », chanson, nous raconte-t-il dans ce livre, qui n’a pas été gardée lors de la sortie de la série mais dont Nicole a fait malgré tout un succès !
Je devais rencontrer à nouveau Vladimir le 17 juillet 2012 lors d’un concert qu’il donnait à Ste Maxime et où je le retrouvai avec Vincent Perrot qui venait de nous offrir un magnifique album sur le musicien et Richard Sanderson que Vladimir avait invité pour chanter cette chanson de « La boum » « Reality ».

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Nous avons passé une brillante soirée et je suis prêt à recommencer.
Alors quel plaisir de le retrouver dans ce superbe pavé qu’il nous offre, nous contant presque au jour le jour, le parcours d’un petit roumain qui aurait pu devenir français à sa naissance, disséquant chaque film, nous en racontant la genèse, avec un certain humour slave, une façons de s’exprimer, beaucoup mieux de certains artistes français, avec aussi beaucoup d’émotion lorsqu’il parle de ses chers disparus, Jean-Pierre Mocky ou Gérard Oury.
A noter au passage que s’il est surtout connu pour ses musiques de films, il a écrit des œuvres symphoniques, des musiques de chambre, des œuvres scéniques, des œuvres pour piano et orchestre, des musique de jazz car Vladimir Cosma est un compositeur prolifique et polychrome !.
Ses deux derniers CD, dont je vous ai parlé, en dehors de nombre de compilations de musiques de films sont : « 24 caprices pour mandoline solo » et « Suite populaire et œuvres pour mandolines et accordéon ».
Sans compter que Nana Mouskouri, Nicole Croisille, Lara Fabian, Guy Marchand, Marie Laforêt, Mireille Mathieu, Herbert Léonard, sans compter Richard Sanderson, l’ont chanté avec succès.
Lire ses mémoires, c’est traverser les décennies avec ses musiques qui sont toujours dans nos têtes et c’est découvrir une œuvre immense d’un homme qui est resté d’une simplicité désarmante.

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Jacques Brachet

Notes de lectures

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Mireille CALMEL : D’écume et de sang (Ed XO – 363 pages)
Mireille Calmel revient avec l’histoire de Jeanne de Belleville Dame de Clisson et de Montaigu à qui, contre son habitude, l’auteure donne la parole dans une longue confession bouleversante qui relate ses exploits lors de la guerre de cent ans, la pire ennemie du roi de France sur terre comme sur mer.
Un destin hors du commun que nous traversons avec curiosité. Depuis le coup de foudre entre cette tigresse bretonne de treize ans et Olivier de Clisson l’ennemi de son père, la violence est le fond du roman. Violence du père qui la séquestre, violence de la fille qui va combattre le père qui la marie de force et lui prend ses enfants. C’est dans une Bretagne déchirée que, seule, elle va assouvir sa soif de vengeance et de justice, dans un combat sans  pitié.
Épopée héroïque d’ une pirate de la guerre de cent ans, transcrite de façon flamboyante par l’auteure toujours superbement documentée et tirée d’une histoire véridique pleine de chagrins et de malheurs.
Jeneva ROSE : Le mariage parfait ( ed XO – 371 pages)
Premier roman traduit de l’américain dans une douzaine de langues.
Sarah Morgan est associée dans un cabinet d’avocats et reconnue comme meilleure pénaliste de Washington. Son mari Adam, après un succès littéraire, est en panne d’inspiration et de reconnaissance et souffre du peu de présence et attention de sa femme, très occupée par son activité professionnelle.
Leur résidence secondaire acquise pour permettre à Adam d’écrire sereinement, devient le lieu ou il vit une liaison passionnée avec kelly. Mais cette dernière est retrouvée assassinée dans cette maison et Adam considéré comme coupable.
Sarah son épouse décide de défendre son mari auprès de la juridiction judiciaire.
Chaque  chapitre du roman expose, tour à tour, l’activité et le cheminement mental  et affectif de Sarah et Adam et nous font vivre les éléments progressifs d’une enquête complexe particulièrement invraisemblable en France. Les relations entre les différents personnages sont inhabituelles et surprenantes.
Ce livre à l’écriture simple, aux rebondissements permanents tient en haleine et surprend jusqu’à la fin.
Le titre  « le mariage parfait » est évocateur  du  thème car le  mot « parfait » est barré.

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Fred VARGAS : Quelle chaleur allons-nous connaître ? Quelles solutions pour nous nourrir ? L’humanité en péril – 2 (Ed. Flammarion – 345 pages)
La Fred Vargas que nous côtoyons ici n’est pas l’auteur de polars que nous connaissons bien mais la vraie Fred Vargas, scientifique de base, la savante qui se préoccupe de l’humanité en péril.
Suite à un premier tome intitulé » L’humanité en péril » elle revient, bien d’accord pour ne pas nous laisser en paix avec ce deuxième tome. en savante qui se préoccupe du réchauffement climatique et  de la raréfaction des énergies fossiles et examine avec minutie l’impact réel sur l’humanité. Bienvenu après cet été torride nous comprenons que mieux les phénomènes récents et la gravité de la situation qu’elle nous démontre avec forces connaissances et passion .
Cette passionnée de fouilles archéologiques et, connaissant l’avenir de la terre, elle nous présente ici avec fougue et compétence l’état réel de la planète et son devenir avec tous les drames qui en découleront si  chacun n’en prend pas conscience et consente à réagir vraiment.
Travail de scientifique expérimentée, extrêmement documenté, présenté avec forces références et annotations, c’est à une véritable divulgation de notre état sanitaire que nous assistons et qui fait froid dans le dos. Moins pour nous certes mais  pour celui de nos progénitures.
Glaçant.
Cléa FAVRE : Ce sera pour la prochaine fois – journal d’une survie post-fausses couches
(Ed Favre – 128 pages). Avec les illustrations de Kalina ANGUELOVA
Cléa Favre, journaliste installée en Suisse, avec Kalina Anguelova, journaliste qui dit aimer dessiner, aborde le douloureux sujet des fausses couches. Elle raconte son expérience personnelle de ce drame qui touche de nombreuses femmes. A la fin de chaque chapitre un obstétricien, une sociologue, une thérapeute du deuil périnatal, donnent des explications scientifiques et médicales. Ce roman graphique cherche à exprimer par des couleurs plus ou moins douces ou violentes, par des typographies de formes variées, tous les sentiments et les états par lesquels est passée cette jeune femme : la colère, la douleur, le désespoir, l’incompréhension, la solitude et la culpabilité.
On est bouleversé par ce témoignage et on comprend qu’il faut bannir les conseils et jugements et que seule l’écoute de la douleur et de l’espoir est à adopter face aux « estropiés de la parentalité ».

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Martine-Marie MULLER : Les Filles de la section Caméléon
(Ed Terres de France – 507 pages)
Basé sur un fait historique, Martine-Marie Muller nous raconte avec passion la formation de ce qu’elle appelle » la section Caméléon » à Amiens en 1914.
Pourquoi camélén ? tout simplement parce que des femmes ont réalisé sous les ordres de militaires et d’artistes les camouflages de plus en plus perfectionnés pour défier l’aviation et les soldats allemands. Ces femmes souvent seules ou avec enfants en bas âge créent une communauté ayant un but mutuel; elles se soutiennent, apprennent à manier le pinceau, à couper les toiles immenses que leur procure l’armée. C’est un roman, donc il est naturel que l’auteur invente une belle histoire d’amour, qu’elle y introduise l’arrivée de ce chien merveilleux qui gagnera une notoriété internationale dans les studios de cinéma américains sous le nom de Rintintin.
Avec  malgré tout des longueurs, l’auteur retrace le travail très physique et épuisant de ces femmes sans instruction mais heureuses de participer à l’effort de guerre. Le lecteur suivra  l’évolution du camouflage de plus en plus perfectionné, ainsi que la participation des artistes au bien-être des armées.
L’auteur a entièrement raison d’ajouter en dernières pages une clarification entre les faits réels et les faits romancés.
Valentin MUSSO : L’homme du grand hôtel (Ed du Seuil – 365 pages)
Commencé pendant le confinement, ce roman joue habilement sur le vrai et le faux et met le lecteur dans une situation complexe en le plongeant dans une perplexité permanente.
Trois personnages, dont les liens ne se révèlent que petit à petit dans un dénouement inimaginable.
Pourquoi Randall Hamilton, écrivain mondialement connu, se réveille t-il totalement amnésique dans un hôtel luxueux à Cape Cod ?
Comment Andy Marzano, jeune écrivain sans succès, va-t-il séduire la jeune comédienne, Abigaël et s’inspirer de sa vie pour alimenter sa création littéraire ?
Leurs destins les feront ils se croiser ?
Un livre qui satisfaira les lecteurs amateurs de polars.
Mark MILLER : Sur la route de Key West (Ed XO – 377 pages)
Traduit de l’américain par Bruno Blum)
Key West, point touristique de la Floride, à 90 miles de Cuba, peut être soit un lieu de vacances merveilleux, de pêche à l’espadon, de découverte d’une nature étonnante dans la mangrove où grouillent des animaux plus ou moins sympathiques, mais aussi un lieu de haut banditisme dû au trafic de drogue, à sa particularité géographique.
Dans ce nouveau roman de Mark Miller, le bon côtoie le mauvais, on peut même dire le très très mauvais. Un homme reçoit sur sa boîte mail un message lui disant que son fils adoré, mort dans un accident de voiture trois ans plus tôt est bien vivant. Sorti définitivement d’une addiction à l’alcool, cet homme, Tom Baldwin, auteur à succès va voir sa vie bouleversée.
Un couple étrange loue son bungalow, une femme magnifique, un homme violent et menaçant. Il faudra au lecteur suivre les méandres des keys, les mangroves lieux magnifiquement décrits par l’auteur, le milieu mafieux mexicain qui ne laisse aucune chance à celui qui entrave son chemin.
Un roman qui se laisse lire très facilement, où vous trouverez amour, argent, trafic, bandits, policiers, un mélange qui ravira le lecteur friand de ce genre d’aventure.
A noter les musiques précédant chaque chapitre, un atout supplémentaire à ce roman.
(Pas de photos de l’auteur qui désire rester incognito)

Notes de lecture

dhalluin-4977982-330-540 Frain© Céline Nieszawer 2

Benoît d’HALLUIN :  Une nuit sans aube (XO éditions – 347 pages)
Premier roman de l’auteur dont le thème tourne autour de l’homosexualité masculine avec la difficulté de se reconnaître différent, de le révéler à sa famille, de le vivre et d’aimer. Le livre comporte successivement des chapitres sur l’enfance et la vie d’adulte de ses personnages pour en montrer à la fois l’évolution avec ses difficultés et souffrances, à la recherche de sens et d’amour.
A cela, l’auteur ajoute une énigme : Catherine apprend que son fils Alexis a été heurté par un véhicule à New York et se trouve dans le coma : accident ou pas ? Marc l’accompagne de France aux USA, mais qui est cet inconnu et quelles étaient ses relations avec son fils ?
Livre révélateur des relations homosexuelles dans un milieu aisé qui nous transporte de Nice à New York.
Étude sociologique d’une population et de ses pratiques.
Malgré de belles descriptions de lieux et de paysages ce livre ne suscite cependant pas de grandes émotions.
Irène FRAIN : L’allégresse de la femme solitaire (Ed du Seuil – 375 pages)
Un jour d’août 1853, une femme indienne est ramenée de l’île désolée de San Nicolas au village de Santa Barbara près de Los Angeles. Toute la population est attirée par cette femme dont la langue est inconnue, mais qui chante et danse dans une joie incompréhensible.
Elle surprend par ses robes en plumes noires, ses colliers en ormeaux.
James Shaw, ancien médecin devenu éleveur de moutons cherche à déchiffrer son langage et à comprendre son passé, son histoire.
Irène Frain s’est inspirée d’une histoire vraie qui n’a pas fini de livrer tous ses secrets sur la vie des amérindiens de Californie. C’est un livre bien documenté et à l’écriture fluide qui célèbre la confrontation respectueuse à l’Autre.

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Nicolas REY : Crédit illimité (Ed Au diable vauvert – 207 pages)
Que voilà un roman délicieusement amoral… et immoral !
C’est l’histoire de Diego Lambert, un type lambda, un raté, sans profession, interdit bancaire, des dettes à la pelle qui, après avoir ponctionné toute la famille n’a plus qu’une solution : Aller voir son père avec qui il est brouillé, richissime chef d’entreprise, despote, manipulateur, violent en mots autant qu’en gestes, que sa femme battue et ses deux enfants humiliés ont quitté.
C’est son ultime chance mais quel en sera le prix ? Celui de devenir DRH de son entreprise pour virer une quinzaine d’employés… Avec au bout, un vrai pactole qui le sauvera de tous ses problèmes.
Forcé, il accepte mais déteste devoir renvoyer des gens humbles, honnêtes, qui ont des familles, des besoins d’argent mais il va malgré tout les recevoir un à un… sans arriver à les virer, plein de compassion pour eux et défiant son père qui, bien sûr, va très vite lui mettre le marché en main : ou il fait son boulot ou il n’aura pas un sou.
Entretemps il étudie la situation et se rend compte que ces renvois ne sont  que des magouilles pour se faire plus d’argent avec ses associés.
Il décide alors de passer à l’action : tuer son père. Ce qu’il fera avec un plan machiavélique incroyable, avec une espèce de sérénité, tout en se servant de quelques personnes, tout en vivant une histoire d’amour avec une psy qui le suit depuis des années, tout en tenant tête au commissaire qui dirige l’enquête.
Que pensez-vous qu’il arriva ? Il faudra lire le roman pour le croire !
D’une plume légère, pleine d’humour, Nicolas Rey,  nous entraîne dans cette aventure à la fois folle et  iconoclaste, originale et rocambolesque, par petites touches, les chapitres étant toujours très courts.
On s’attache malgré tout à cet anti-héros cependant bien sympathique et malgré la gravité de ses actes, on espère jusqu’à la fin qu’il s’en tirera ! Allez savoir !
A propos : ce livre est dédié à son père !
Boris MARME : Appelez-moi César (Ed Plon – 312 pages)
Eté 1994, Étienne,15 ans, un mètre quatre-vingt, part dans un camp de marche en montagne pour les 14-18 ans, organisé par la paroisse du quartier de Le Grandin, une banlieue défavorisée.
Fils de bourgeois, élève sérieux, il va devoir s’intégrer à un groupe de jeunes difficiles, encadrés par Frère Michel, Frère Jean Marc, Mireille infirmière scolaire et Albert le cuisinier.
Vingt-cinq ans après, Étienne veut raconter la vérité sur les évènements tragiques qui se sont passés cet été-là.
Boris Marme qui est professeur de lettres et dont c’est le deuxième roman, dresse avec une belle écriture les profils de ces jeunes si différents. On va assister à la lente transformation d’Étienne, se libérant de son éducation au fil des défis transgressifs et des jeux de pouvoir entre les membres du groupe mais surtout sous l’emprise de Jessy, jeune gravement cabossé par la vie.
Un phénomène classique qui est décrit avec talent.

Olivier Adam Photo du Festival Berlioz 2017
Olivier ADAM : Dessous les roses. (Ed. Flammarion- 247 pages)
« Dessous les roses » est un roman sur la fratrie, les relations familiales vues par des adultes qui évoquent le passé et le vécu qui les a amenés là.
A nouveau réunis lors du décès du père, la mère épuisée se repose, le frère et la sœur attendent le troisième larron, le fils difficile, metteur en scène célèbre qui a utilisé ses relations familiales pour installer son succès tout en le niant. En froid avec les siens la question se pose : Viendra-t il ou pas ?
Il vient bien sûr et c’est à cette réflexion, cette nouvelle mise en scène que nous allons assister dans le huit-clos familial. Chacun évoquera son vécu réécrivant la scène, en fonction de leurs souvenirs, de leurs rancœurs et de leur difficulté à exister dans ce cocon familial perturbé mais aussi plein d’amour chacun à sa manière.
Présenté un peu comme une pièce de théâtre où chacun joue son rôle on assiste à une fresque sociéto-familiale qui porte le lecteur à la réflexion sur les relations humaines.
Tendre et rude à la fois l’auteur, très en osmose avec ses personnages comme toujours  réveille en nous l’empathie envers le passé.
Bruno MESSINA : 43 Feuillets. Profession Intermittents(Ed-Actes Sud – 187 pages)
Intermittent ? Quelle drôle de profession dont on entend parler surtout lorsqu’est annoncée la suppression d’un spectacle pour cause de grève.
Qui sont-ils ? Quand les voyons-nous ? Pas souvent. Ils sont ceux qui ne brillent pas au premier rang des spectacles mais qui en sont la charpente, les indispensables qui installent le matériel et  font que les acteurs puissent se produire.
L’auteur nous fait suivre ici le quotidien d’un musicien d’orchestre de variétés que l’on suit de discothèques en fêtes votive,s qui s’enfonce dans la surdité mais résiste et persiste à faire partie du groupe qu’il soutient, les montages de décors, les rangements d’instruments. Quarante trois feuillets où il narre les voyages en car ou en train ou en avion, les désordres confus de dates, les bons et mauvais tours de la vie.
De vie familiale il y en a peu. Toujours parti, toujours ailleurs il ne voit pas grandir ses enfants. Peu rémunéré, peu honoré beaucoup ignoré et si indispensable cependant
D’une écriture ciselée l’auteur nous émeut et nous fait partager les moments intenses de cette approche à la fois désabusée parfois drôle et toujours riche, documentée, engagée. Un bon livre de découverte et de sympathie

 




Notes de lectures

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Tonino BENAQUISTA : Porca Miseria (Ed.Gallimard – 196 pages)
Porca miseria ! Chienne de vie !
Bien connu pour ses romans policiers édités chez Gallimard, l’auteur nous livre les débuts difficiles d’un petit émigré italien en prise avec la langue de la terre d’accueil de sa famille italienne et son combat pour faire sa place au soleil en nous livrant de façon très intime sa réussite dans le monde littéraire.
Il nous donne tout de suite  le ton de son livre.  Il n’est pas un déraciné puisqu’il nait en région parisienne au  sein d’une famille qui a quitté son Italie natale avec ses quatre premiers enfants afin de trouver du travail à l’usine. C’est l’usine pour le père, la banlieue, l’école, la vie… pour les enfants. Dur pour quelqu’un qui doit naviguer entre deux langues, l’Italien acquis  en famille, le français à l’école et la vie où il a du mal à trouver sa place.
Nous allons le suivre dans ses efforts d’investigation, d’appropriation d’une culture qu’il découvre lui-même et qu’il va conquérir, la faire sienne et devenir un auteur publié et reconnu. Une mise à nu d’une vie de combat, d’affrontement, de réussite et  d’une reconnaissante  de celle-ci dans cette terre d’accueil
Une lecture étonnante, réunissant résilience et optimisme, bonheur d’avoir trouvé sa voie. Belle écriture vive et enjouée.
Une belle lecture riche et pleine de promesses
Robbie ARNOTT : L’oiseau de pluie (Ed Gaîa – 270 pages)
Traduit de l’anglais (Australie) par Laure Manceau
C’est un conte que nous offre Robbie Arnott avec ce merveilleux oiseau de pluie que les méchants veulent capturer et que les gentils veulent laisser en  liberté. Un oiseau qui ressemblerait à un héron, mais trop gros, trop bleu, trop extraterrestre. De l’eau coule de ses plumes lorsqu’il passe son long bec sur ses ailes céruléennes.
Tout commence avec le secret bien gardé de la récolte d’encre de seiche que la petite Zoé apprend de sa grand-mère lors de son initiation. Mais les années passent, la guerre est arrivée dans le pays, la petite Zoé est maintenant dans l’armée et chargée de retrouver l’oiseau de pluie, cet oiseau magique qui détient le pouvoir de déclencher pluie, orage mais aussi sècheresse.
Dans ce conte, il y a bien sûr l’innocent visiteur qui, sans relâche, quitte son bateau pour boire en solitaire dans le seul bar du coin, ce visiteur qui côtoie une population non pas hostile mais indifférente et toujours muette sur le secret de l’encre qui, mélangée à de la peinture, transforme un simple tableau en une aventure personnelle. Ce conte traverse trois périodes de la vie de Zoé, jeune, militaire, civile, une vie où l’oiseau de pluie a été son compagnon, son ennemi et enfin son sauveur bien qu’un méchant coup de bec lui ait laissé des traces indélébiles.
Ce conte fait réfléchir aux conséquences de ses actes, sur la force de la nature et la beauté de cette pluie génératrice de vie.
Un joli conte.
Frédérick d’ONAGLIA : Le temps des convoitises (Ed Presses de la Cité – 414 pages)
Frédérick d’Onaglia est l’écrivain des sagas en Provence ; des « Bastide » aux « Montauban », d’année en année, entre deux autres romans, il revient sur ses personnages et avec « Le temps des convoitises », nous revoilà plongés dans les Alpilles, à Fontvieille exactement, où l’on retrouve Alex Bastide, propriétaire et créateur d’indiennes, le tissu provençal incontournable, qui a un projet qui ne plaît pas à tout le monde : un complexe immobilier, les Cygalières, qui pourrait abîmer le paysage provençal.
Il y a également l’hautaine Victoire de Montauban, riche et noble viticultrice, avide de terre et épouse d’un préfet on ne peut plus escroc. Mais elle su s’imposer dans un monde d’hommes qui la craignent et la respectent.
On y retrouve Elie Césaire, qui tient l’hôtel et le bar du village et qui a des velléités de devenir maire.
Claire est sa fille, dont l’ambition est de devenir une grande journaliste. Elle essaie de faire sa place au journal « Provence Matin », face à Aymard son directeur, un homme pour le moins pas très clair et qui a lui aussi de grandes ambitions.
Claire suivra ces élections, décide de soulever des lièvres mais va très vite se retrouver dans des histoires qui risquent de mettre sa vie en péril et de nuire à des gens qu’elle aime, si elle les fait découvrir à la population.
Secrets, intrigues, intérêts, conflits, complots… Tout se mêle dans ce roman, véritable « Dallas » à la provençale !
L’on reste jusqu’au bout accro à tous ces événements, ces manigances, ces coups de théâtre, qui feraient une sensationnelle série TV, tant Frédérick d’Onaglia a le sens des rebondissements qu’il nous assène à chaque chapitre.
Un régal pour les amateurs de thrillers sous le soleil de Provence.

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Metin ARDITI : Tu seras mon père (Ed-Grasset – 364 pages)
« Tu seras mon père », un titre choc que le lecteur peut percevoir comme une injonction ou un choix.
Renato en effet est en recherche de père depuis le suicide du sien, un père chef d’entreprise kidnappé, séquestré contre rançon par les Brigades Rouges,  puis relâché. Un traumatisme que le jeune Renato, « Tinett » pour sa chère nounou Rosa, ne pourra surmonter qu’en découvrant la vérité sur ce drame. Et malgré ses années de pensionnaire en Suisse et son lourd handicap de surdité, Renato va chercher puis trouver la vérité, mais à quel prix ?
Une vérité qui l’aidera à comprendre sa mère et ce merveilleux directeur de théâtre qui lui sert de guide et prend très vite l’image du père.
Un roman puissant, émouvant qui replonge le lecteur dans les années sombres en Italie où quelques hommes et quelques femmes ont cru révolutionner la classe ouvrière en utilisant le kidnapping et parfois l’assassinat.
Un roman où l’amour et la haine ne font plus qu’un et  devront arriver au pardon.
Un très beau roman.
David LELAIT-HELO : Je suis la maman du bourreau (Ed Heloïse d’Ormesson – 202 pages)
Gabrielle de Miremont est une vieille dame élégante, hiératique, austère, arrogante, hautaine et surtout d’une foi qui touche à l’adoration. Adoration qu’elle partage avec son fils Pierre-Marie à qui elle a fait avaler du Bon Dieu dès l’enfance pour en faire un fils à la fois soumis à elle et à Dieu, mettant de côté son mari et ses deux filles.
Fille mal aimée, déçue par une première rencontre, elle fait un mariage de raison, met au monde à contrecœur deux filles dont elle ne s’occupera pas, jusqu’à la naissance de Pierre-Mare qui deviendra son élu. Elle vivra pour lui et pour Dieu et un amour fusionnel se nouera entre eux deux… Entre eux trois, pourrait-on dire.
Son fils est devenu, à sa grande joie, frère Pierre-Marie, beau jeune homme aimé et respecté de tous… Jusqu’au jour où Éric, jeune journaliste, révèle une affaire de pédophilie avec une interview d’Hadrien qui en a été une des victimes. Tout d’abord très en colère contre le journaliste qu’elle rencontre et invective puisqu’il touche à ce qu’elle de plus sacré, elle décide d’en avoir le cœur net en rencontrant Hadrien qui finit par lui dire que c’est son fils qui en est le coupable. Et qu’il n’est pas le seul enfant à avoir été abusé, violenté, violé. En fait, son fils s’avère être un bourreau.
Tout un monde alors s’écroule, c’est toute sa vie qui est remise en question, toutes ses croyances, tout ce pour quoi elle vivait. C’est pour elle une douleur indicible.
C’est une histoire poignante que nous raconte David Lelait-Helo qui a eu le courage d’écrire ce livre au moment où tant de choses abominables sont révélées au cœur de l’église qui, au passage, en prend un coup… Serait-ce du vécu ?
Le livre est admirablement construit sur deux voix : l’auteur et  celle de Gabrielle, dans une langue magnifique… Voilà un auteur qui manie le français comme on le fait rarement.
D’un bout à l’autre du roman on suit cette intrigue avec émotion jusqu’au final inattendu et bouleversant.
C’est un livre magnifique et prenant, dont on ne sort pas indemne.
Benjamin VERLIERE : S’élancer (Ed Alisio – 224 pages)
Il faut un corps d’athlète pour s’attaquer aux plus hauts sommets d’Europe, enfin pas tous car le Mollehoj du Danemark avec ses 170 m ne fait peur à personne !
C’est un défi que se lance Benjamin Verlière car il partira en solitaire, sans guide ni corde fixe ni refuge. Une première à haut risque car malgré les préparatifs minutieux de chaque ascension il y a toujours l’impondérable et après avoir lu ce livre, je dirais la chance. On est sidéré par sa vitesse de marche en montagne, celui qui monte ses 300 m de dénivelé à l’heure ne demandera que quinze minutes à Beija, surnom donné à Benjamin lorsque, enfant, il était au Brésil la parfaite incarnation du colibri, « beijaflor » en portugais.
Tous les sommets seront atteints et le lecteur tremble devant le péril d’un glacier à traverser, une paroi friable ou glissante et souvent dans le noir car tout bon alpiniste se lève toujours avant le lever du soleil. Cette aventure, doublée du désir profond de nettoyer la montagne des déchets laissés par d’autres montagnards, fait prendre conscience du non-respect d’une nature désormais polluée par la négligence, la bêtise de l’homme.
Ce parcours exceptionnel ne peut laisser indifférent, mais il y a cependant chez Benjamin Verlière de l’autosatisfaction un peu dérangeante. Nul ne l’a obligé à défier les sommets, à parier sur une manœuvre délicate. Comme les secours en montagne ou encore les angoisses de sa famille laissée derrière lui.
Il est cependant passé maitre dans l’utilisation de son équipement tant vestimentaire que matériel, dans l’étude des circuits et pour cela bravo !
Des exploits bien sûr, mais vous n’êtes pas obligés de suivre son exemple !

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Alain LE NINEZE : Moi, Œdipe… autobiographie d’un mythe
(Ed les ateliers Henry Dougier – 125 pages)
Dans cette collection « autobiographie d’un mythe », un écrivain donne la parole à une figure légendaire. Ici, c’est Œdipe qui nous raconte, sous la plume d’Alain Le Nineze, son tragique destin et son incapacité à déjouer la terrible prophétie qui le voue au parricide et à l’inceste.
Le récit est agrémenté de superbes photos de tableaux inspirés par cette histoire et il  se termine par des textes de psychiatres et écrivains en lien avec le mythe œdipien.
Un très bel ouvrage à conseiller notamment aux lycéens et étudiants.
Marika DOUX : Moi Vénus … autobiographie d’un mythe (Ed les ateliers Henry Dougier – 125 pages)
Alerte sur l’Olympe, les dieux ne sont plus au goût du jour à l’heure d’Instagram et de Tiktok. Zeus -Jupiter supplie Vénus d’intervenir auprès des humains qui n’ont surement pas oublié la déesse de l’amour.
Vénus accepte de raconter sa vie et sa quête tumultueuse de liberté. Elle va donc parler sous la plume de Marika Doux, qui mélange habilement passé et présent.
Un récit drôle qui est agrémenté de belles photos de tableaux ayant magnifié la beauté de cette déesse ainsi que de poèmes et extraits d’ouvrages.
Un splendide ouvrage en papier glacé dans une étonnante collection à découvrir et à suivre.

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Karine LEBERT : Les souvenirs et les mensonges aussi(Ed Presses de la Cité – 600 pages)
L’auteure a scindé son roman en trois parties soit le destin et le portrait de trois femmes.
Il s’agit d’une saga familiale sur trois générations et quatre vingt ans d’histoire.
Elle nous fait voyager dans le temps de 1937 à nos jours, dans plusieurs pays (France, Allemagne, URSS, Finlande…)
A Honfleur, en 1938 Pauline, 19 ans, brave l’opinion publique pour épouser Joachim qui a fui avec sa famille l’Allemagne et le nazisme. Les amours franco-allemands pendant la seconde guerre mondiale ne sont pas simples, souvent empreints de haine et de suspicions.
Néanmoins elle va suivre son époux dans ses différents périples…
Hilda, sœur de Joachim tombe à son tour amoureuse d’un officier français et de leur relation nait une petite Adeline qui est enlevée par sa nourrice russe.
Valentine est normande. Elle devient amie avec, Magda, arrière petite- fille de Pauline et elles vont partir sur les traces d’Adeline.
Ce roman a un côté historique très intéressant, mettant en exergue les relations des couples mixtes franco-allemands dans une période de guerre.
L’écriture simple et fluide  nous fait entrer rapidement dans le roman qui par ses nombreux évènements et ses rebondissements avec, en plus, l’enquête autour d’Adeline, qui nous tient en haleine jusqu’à la fin.
Michel MOUTOT : Route One (Ed le Seuil – 315 pages)
Les nombreux touristes américains et étrangers qui sillonnent la Route One ou Pacific Coast Highway, n’ont pas toujours idée des difficultés rencontrées pour la création de cette route le long des falaises e dest plages du Pacifique, entre la Californie et le Canada.
Michel Moutot fait le récit romancé de ces grands travaux réalisés dans les années 30 alors que l’Amérique vit la grande Dépression.
Cent ans auparavant, les Mormons avaient suivi la ruée vers l’ouest et certains s’étaient installés dans ces territoires sauvages. Leurs descendants verront d’un mauvais œil l’arrivée des ingénieurs et de leurs puissantes machines de terrassement.
L’auteur met en scène une famille de mormons polygame qui entre en guerre ouverte, avec l’aide de la mafia, contre le jeune ingénieur dirigeant les travaux, entre Monterey et San Louis Obispo.
Il alterne évènements anciens et récents en quarante deux chapitres. C’est l’occasion de découvrir les mœurs des mormons, l’influence des mafias italienne et chinoise, les mauvaises conditions de travail des ouvriers et la misère provoquée par la crise financière, sans oublier les descriptions des paysages.
Un roman qui se lit avec intérêt.
Guillaume De DIEULEVEUT : Retour en Bretagne (Ed. Buchet-Chastel – 230 pages)
Journaliste au service tourisme du Figaro Magazine, l’auteur fait ici un retour sur la Bretagne berceau de sa famille poursuivant une quête de cette région hors de son folklore, ses bols aux noms peints et ses multiples pardons.
Multipliant les périples entre bois et forêts, les réveils champêtres dans des villages perdus et les fines ondées rafraichissantes, il cherche ce qu’il reste de sa Bretagne car, pense-t-il, la Bretagne s’est perdue. C’est ce souvenir de pays perdu qui le hante et qui expliquerait pourquoi les Bretons sont si rêveurs et si fiers.
Ils sont habités par la nostalgie de ce qu’ils auraient pu devenir.
Étrange promenade pleine de constats et de rêves dans lesquels on se perd comme dans les merveilleux tableaux qui nous font rêver.

Alexandre BRASSEUR troisième génération !

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Alexandre BRASSEUR : Additionne (Ed Plon – 217 pages)
Dans la famille Brasseur, donnez-moi le grand-père, Pierre, le père, Claude, le fils, Alexandre. Alias Espinasse.
Et y ajoutez-y la grand-mère, la comédienne et écrivaine Odette Joyeux.
Une famille de comédien donc, dont chacun, à part Pierre, sera dans le métier « le fils de… ». Il fallait donc pour les deux derniers se faire un prénom à l’ombre immense d’un monstre sacré.
Et ils l’ont fait !
C’est ce que nous raconte Alexandre Brasseur dans ce livre co-signé par Mathieu Souquière « Additionne ». Le titre vient d’un conseil que Georges Wilson a donné à Claude à ses débuts, pour lui faire comprendre que dans ce métier, comme dans tant d’autres, il faut additionner les expériences, les rencontres, les rôles, même s’ils ne sont pas de premier plan ou qu’ils ne sont les meilleurs, les joies, les déceptions, et ne jamais baisser les bras.
Etre « le fils de… » n’est pas toujours facile, peut être un fardeau ou un handicap mais volonté, talent, envie… s’additionnant, on y arrive. La preuve.
Claude voulait devenir journaliste. C’est la grande comédienne Elvire Popesco qui l’en a dissuadé. Et comme l’envie n’était pas loin, il a suivi son père en tant que « spectateur clandestin » dans les coulisses des théâtres, sur les plateaux de tournage. C’est là, dit-il, qu’il a appris son métier.
Enfance ballotée, comme le fut son père, par une famille qui ne pensait plus qu’à son métier que d’élever un enfant. Ce qu’il réussira à faire lui-même avec ses enfants.
Le pensionnat, le handicap d’être, comme il dit « 1/3 dyslexique, 2/3 cancre, 100% déconneur »,  plus des situations familiales quelquefois compliquées, auraient pu le faire mal tourner mais la passion du théâtre, du cinéma, puis de la télé et le goût du travail apporté par son père, ont fait qu’il peut porter haut le nom des Brasseur. Nom qu’il a partagé sur scène dans un Guitry « Mon père avait raison », si justement nommé. Ce qui, alors que son père n’était pas avide de compliments et de mots de tendresse, fit dire à celui-ci lors de la dernière à Ramatuelle, au lieu de « Regarde-moi, Maurice, je te jure que je suis heureux », changeant le prénom de Maurice à celui d’Alexandre.
Un très beau et très émouvant livre de souvenirs, mais pas que, mais le témoignage d’une saga hors du commun qui a traversé trois décennies car s’entremêlent trois époques, chacune marquée par un Brasseur, riche en anecdotes, un livre, comme le dit très justement Alexandre, de « passeur de mémoire ».

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Rencontres
J’ai eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises Claude Brasseur, sa maman Odette Joyeux, comédienne, réalisatrice, écrivaine, femmes infiniment charmante, talentueuse, remarquablement intelligente, pleine d’humour. Ce fut à presque la fin de sa vie dans sa maison de Grimaud. Enfin, avec Alexandre, on se retrouve presque chaque année au festival TV de la Rochelle, où avec quelques comparses de « Demain nous appartient » nous avons toujours un moment d’entretien.
Bien sûr, je ne pouvais attendre septembre pour évoquer ce beau livre.
Je le surprends au téléphone en train de faire du footing sur des chemins de Bretagne où il tourne un « Meurtres à… Pont aven » avec Stéphane Freiss.
« Alexandre, lorsqu’il y a déjà deux Brasseur célèbres, est-ce qu’on hésite à être le troisième ?
Je n’ai pas vraiment hésité, je ne me suis pas vraiment posé la question. J’ai vécu dans un monde d’art et j’aime l’art sous toutes ses formes et pourquoi ne pas être comédien. Mon éducation silencieuse m’a fait découvrir, l’art, le Français et la philo, m’a ouvert le champ de la littérature et m’a très vite rattrapé. Et puis, suivre mon père sur des tournages ou dans les coulisses de théâtre ne pouvait pas me déplaire. Tout cela je le dois à mon entourage puisque tout le monde exerçait des métiers artistiques.
Ne leur en avez pas voulu de penser plus à leur métier qu’au petit garçon que vous étiez, qu’on vous mette en pension…
Mais pas un seul instant ! D’abord parce que mes parents m’ont aimé et même s’il y avait des histoires entre eux, ça ne me regardait pas. Sans compter que le pensionnat, même si ce n’est pas toujours drôle, c’est une école de la vie. Et j’ai toujours considéré le verre à moitié plein que le verre à moitié vide ! Je ne me suis jamais plaint, je ne me suis jamais senti blessé, triste et je suis heureux d’avoir vécu tout ça. Ca a construit l’homme que je suis aujourd’hui. Ma vie est une addition mais une addition joyeuse de ce que j’ai vécu. Grâce à ce cheminement, je me suis forgé mon autonomie. Je n’ai pas eu besoin de psychothérapie. Et je précise que ce livre n’en est pas un règlement de compte, loin de là !. C’est juste l’envie de parler de gens formidables, qui ont vécu des choses formidables et avec qui j’ai vécu des choses formidables. Et je pense que mon bouquin est un livre lumineux.

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Claude Brasseur, magnifique Clemenceau

Vous parlez superbement de votre grand-mère qui a beaucoup participé à votre vie artistique et culturelle…
C’était une femme magnifique, une femme moderne qui avait une incroyable culture. Mon premier choc, je le lui dois, lorsqu’elle m’a amené à la fondation Maeght. Elle adorait l’art sous toutes ses formes et m’en a fait beaucoup profité. Aujourd’hui c’est grâce à elle que j’aime l’art.
C’est pour cela qu’aux photos souvenirs, vous avez préféré illustrer chaque chapitre de dessins ?
Exactement. Tous les livres de souvenirs d’artistes sont illustrés de photos que tout le monde connaît. J’ai trouvé intéressant de présenter ces belles œuvres couleur indigo, signées Cécile Pagès, que nous avons choisies ensemble.
Comment s’est passée cette collaboration ?
J’aimais ses dessins, ses couleurs, je lui ai proposé de collaborer à mon livre, ce qu’elle a accepté. Après quoi, je lui proposais de lire chacun des chapitres et l’on discutait de ce que à quoi je pensais, à ce qu’elle imaginait et ça c’est fait au fur et à mesure. Nous avons même changé des chapitres de place et choisi cette couleur bleue, qui était la couleur préférée de ma grand’mère et la mienne, avec le jaune.
Du coup, pour la couverture du livre, j’ai voulu qu’elle soit dans le même esprit… bleu !
Je crois que ce qu’elle a fait me ressemble. Nous avons une même interprétation de l’art.
Je voulais surtout que le livre soit aussi original, qu’il puisse durer sur la longueur, qu’on ait envie de le reprendre, qu’on puisse en retrouver une trace plus tard.
J’ai lu avec émotion cette dernière de votre spectacle à Ramatuelle où vous jouiez avec votre père « Mon père avait raison ». Et je pourrais dire : j’y étais !
Ah bon, vous étiez là ?
Oui, c’était très émouvant, même si alors, je ne savais pas ce qu’il vous avait dit. Mais on sentait la connivence, la complicité… l’amour.
Ça me fait plaisir que vous disiez cela car c’est l’un des plus moments de ma vie avec mon père. Il y aussi celui où nous nous sommes retrouvés tous les deux sur un bateau à Fréjus. Là, sur l’eau, j’avais mon père rien que pour moi.

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A propos de mer, votre grand’mère vivant à Grimaud, c’est un endroit que vous connaissiez bien… Et vous êtes parti à Sète !
Oui, j’ai beaucoup aimé Saint Tropez à cette époque. Moins maintenant. Sète, j’y étais allé quelquefois car mes parents y allaient. Le hasard a fait que je suis venu y jouer pour la série « Demain nous appartient ». Depuis le temps, j’ai appris à la connaître, à l’aimer et, ayant un peu marre de Paris, j’ai décidé d’y installe ma famille. Je garde un pied à Paris car, quoiqu’on dise, le métier se fait toujours là.
« Demain nous appartient a fait que vous êtes devenu un héros populaire…
Un héros est un bien grand mot car en fait je joue le rôle d’un homme ordinaire, que je ne considère pas très marquant. Mais l’on me fait jouer tellement de choses différentes que ça a un peu rudoyé mon imagination !
Avez-vous votre mot à dire ?
Non, je laisse travailler les scénaristes, je ne suis qu’interprète, je ne participe pas aux scénarios. Mais comme l’équipe s’entend bien, de temps en temps, je propose quelque chose, que les scénaristes prennent ou pas. Mais ils écoutent.
Allons-nous vous retrouver en septembre au festival de la Rochelle ?
Pourquoi pas, si l’on m’y invite ! C’est toujours un plaisir d’y passer et de retrouver le public et plein de connaissances. »

 1M - Copie
Avec Cécile Bois à la Rochelle

Alors rendez-vous est pris… On se retrouve à la Rochelle !
Propos recueillis par Jacques Brachet