Archives de catégorie : Ecriture

Notes de lectures – Ecrits de femmes

Zoé BRISBY : Les femmes du France (Ed Albin Michel – 370 pages)
Zoé Brisby est une merveilleuse conteuse d’histoires tournant souvent autour d’héroïnes. « Hollywoodland », « La double vie de Dina Miller », « Les mauvaises épouses » qui nous emmènent dans leur monde et dans le sien.
Ce roman est l’histoire de quatre petites filles, Rose, Charlie, Jeanne, Alice. Toutes quatre orphelines, elles échappent à l’incendie de l’orphelinat dans lequel on les a oubliées. Toutes quatre vont être séparées mais ce sont fait une promesse : Ne jamais se quitter ni divulguer leur secret. Lequel ? On le saura plus tard.
Quelques années après, elles se retrouvent embarquées sur le France, qui sera, personne ne le sait encore, son dernier voyage.
Jeanne est devenue Jane, épousée par un sale mec, riche, snob et violent. Charlie est coiffeuse, Rose, femme de chambre et elles se retrouvent en secret sur le France pour tenter de retrouver Alice, qui y travaillait, mystérieusement disparue. Sur le France également, Mathieu, journaliste à l’ORTF, ancien amant de Charlie, qui va tenter de faire un reportage sur la grève qui se déclare sur le France et la disparition d’Alice qui lui donne de beaux sujets journalistiques.
Chacune des trois filles commence à recevoir des menaces de mort par un corbeau qui a l’air de bien connaître leur histoire.
On va suivre, à travers le « plus beau bateau du monde », dans les dédales de ses couloirs, de ses différents lieux, ce thriller mené, par nos trois « sœurs » pour retrouver la quatrième, sur fond de grève, ce qui nous permet par la même occasion de découvrir la vie, l’histoire de ce bateau devenu iconique, qui fut un temps la fierté de la France.
Si l’histoire est haletante elle se déroule sur fond d’événements réels, ce qui donne encore plus de poids à ce thriller haletant, qui laisse le mystère jusqu’à la fin de l’histoire. Une histoire oppressante, haletante, pleine de coups de théâtre, vécue par ces trois femmes très attachantes, aux personnalités très différentes mais unies par le cœur, par la vie, par le drame qu’elles ont vécu.
Zoé Brisby s’est beaucoup attachée aux faits réels de ce dernier voyage, en plongeant dans les archives de ce « bateau gigantesque » comme le chante Michel Sardou.
Un roman dans l’Histoire qui ne nous laisse pas un moment de répit, grâce au rythme soutenu et au suspense que lui donne Zoé Brisby.

Clémentine CELARIE : Ce feu qui me brûle (Ed Cherche-Midi – 184 pages)
Clémentine Célarié est  l’une des comédiennes les plus populaires, les plus aimée du public, grâce à son talent bien sûr mais aussi parce qu’elle est une femme sincère, à la fois fantasque et émouvante, brut de décoffrage, ce qui plaît au public.
Ce livre n’est pas une biographie mais des propos autour de son métier, qui est sa vie et sa passion, qui parle du théâtre comme une personne avec qui elle vit, qui parle au public en le tutoyant, ce public qui la guérit de tout, entre autre de sa grande solitude, à la fois recherchée et redoutée, qui reste elle-même en devenant quelqu’un d’autre et qui vit de l’amour sous toutes ses formes.
Ainsi elle nos entraîne sur des chemins de traverse, nous expliquant comment elle aborde un texte, un personnage, avec la tête, avec le cœur, avec les tripes. Et elle analyse magnifiquement le métier d’actrice.
Si elle avoue croire toujours au père Noël, elle avoue aussi qu’elle aime qu’on l’aime. Elle nous raconte comment ses loges de théâtre sont des cocons, des moments sacrés pour « avaler » son rôle et entrer en lui.
Elle parle aussi des comédiennes prisonnières de leur physique, paniquées par les premières rides, surtout au cinéma et déclare qu’il faut accepter la vieillesse, accepter son physique.
Elle nous parle aussi de son cancer, un drame qui change une femme (ou un homme) à tous les niveaux, qui permet de reconsidérer sa vie, de la voir autrement de la relativiser avec plus de joie, de recul, même si l’inquiétude est toujours là et le sera pour le reste de sa vie car on garde dans un coin de la tête qu’il peut revenir à tout instant.
Et puis, le fil conducteur est ce rôle qui l’a marquée à jamais : Celui de Gabrielle « La maman du bourreau », tiré du roman de David Lelait-Helo qui raconte l’histoire bouleversante de cette femme très catholique qui apprend que son fils, curé, dont elle est si fière, est un pédophile. Ce rôle a failli être pour Line Renaud qui l’a refusé vu le poids du texte et l’obligation de rester une heure et demi seule en scène et a fait aussi l’objet d’un téléfilm interprété par  Marie-Christine Barrault
Ce rôle, il vit avec elle, elle le joue à Paris, en province, elle le lâche puis le reprend. Difficile de s’en séparer. Il lui arrive d’en rêver et il restera l’une de ses plus grandes émotions de sa carrière.
Et une performance qui lui a valu les plus grands éloges du public et de la presse. Même si le métier l’a ignorée aux César.
Le théâtre, pour elle est un feu de l’enfance qui ne s’est jamais éteint, qui la fait vivre, qui lui a sauvé la vie et l’illumine depuis toujours.
On connaît la Clémentine drôle, primesautière, qui appelle un chat un chat. On découvre la femme sensible, attachante, émouvante, vibrante et on l’en aime encore plus

Elodie GOSSUIN : Miss à nu (Ed Leduc – 183 pages)
Une Miss France, qu’est-ce que c’est ? Un belle femme souriante, brushing et sourire impeccables, paillettes et strass ?
Eh bien non, et c’est Elodie Gossuin, Miss France 2001 qui nous le jure avec ce livre où elle dit toute la vérité, rien que la vérité, des plus belles joies aux plus sombres histoires… Elle a décidé de tout dire et elle démarre en force avec un sujet encore tabou : la ménopause, dont elle subit aujourd’hui les effets… Comme toutes les femmes.
A contrario des hommes, le corps de la femme change avec la perte de virginité, les règles, les grossesses, les mises au monde, les rides du temps… Et la ménopause qui démarre avec ses écrits. Mais ne croyez pas que c’est un livre seulement dédié aux femmes car, s’il est vrai que nous ne subissons pas tous ces inconvénients, il est bon de se rappeler que nos amies, nos compagnes vivent tous ces changement avec difficulté.
Même si, avec la volubilité et l’énergie qu’elle possède, elle grossit peut être le trait car, à l’écouter, elle est devenue vieille et moche… A vérifier !
Elle a un style bien à elle pour décrire tout ça avec de longues phases, des suites de mots, d’adjectifs, des énumérations, des jeux de mots… Quelquefois on s’y perd un peu.
Elle nous parle de son avortement à 17 ans, de ce Bob qui lui a bousillé la vie avant et après son élection, du comité Miss France qui l’a black listée durant dix ans, mais aussi de sa famille, son mari ses deux paires de jumeaux et elle en parle avec beaucoup de feu, de flamme d’étincelles, de chaleur, de cendre aussi… Car il est beaucoup question de ce feu intérieur qui l’anime.
Loin de la femme paillettes elle est maman, femme, épouse avant tout, nous parlant du déchirement de voir les enfants quitter le foyer (Les premiers jumeaux ont 18 ans). Mais elle nous parle d’amour avec sincérité, même si quelquefois elle est abrupte. Elle parle de l’UNICEF avec une grande émotion et empathie avec lequel elle a découvert des choses abominables, une détresse infinie, au Cambodge, en Mauritanie, à Djibouti, au Sénégal.
Elle déballe tout avec sincérité et, pour reprendre une chanson de Gréco, nous avoue « Je suis comme je suis »
Elle termine par une lettre d’amour chargée d’émotion à chacun de ses quatre enfants
En fait, on découvre les hauts et les bas, le joies et les drames d’une femme comme toutes les autres car si elle a été Miss, elle reste néanmoins cette femme comme toutes les autres.

Catherine CEYLAC : Intime (Ed Cherche Midi – 249 pages)
Elle est l’une des plus talentueuses mais en même temps l’une des plus discrètes des journalistes et des animatrices radio et télé. Et pourtant…
Et pourtant, voilà qu’elle se dévoile dans une autobiographie à la fois sincère et passionnante.
Et elle démarre fort en nous avouant qu’elle a avorté à 15 ans alors qu’elle était enceinte d’un homme de 27 ans !
Et puis elle devient speakerine de Radio Armorique et de FR3 Rennes d’où elle est native et sa première interview a été catastrophique. Il s’agissait de Georges Brassens qui fut des plus gentils et compréhensifs. Il faut dire qu’alors elle ne connaissait même pas son existence !
Et ce sera « A nous Paris » où elle a la chance de rencontrer Jacqueline Joubert (femme de Georges de Caunes et mère d’Antoine) qui lui propose d’entrer dans l’équipe de « Récré A2 » avec Dorothée.. Puis ce sera Radio Bleue avec Thierry Beccaro avec, là, l’interview du couple Renaud-Barrault… Avec un magnéto qui n’a rien enregistré !
Et la voilà avec Jacques Martin qui, en bon macho qu’il était, l’ignore totalement.
De radios en télés, en 1995 elle décide de proposer une émission matinale le week-end, à l’époque où la télé n’émettait pas ces jours-là. Le projet sera long à être accepté, d’autant que c’est une femme qui le propose !
Cette émission sera intitulée « Thé ou café », on connaît la suite et le succès qui durera 23 ans avec 1752 émissions à la clef où le nec plus ultra de la chanson, du cinéma, du théâtre, de la musique, de la politique, du sport se précipitera pour faire l’émission, avec cette interview « Dos à dos » iconique.
C’est tout cela qu’elle nous raconte avec des rencontres drôles, inattendues, émouvantes, sympathiques, quelques problèmes avec des stars, souvent à cause des attachés de presse quelquefois plus stars que les stars. Tous les journalistes connaissent ça !
Et puis, ses nombreux voyages, son expérience avec la Patrouille de France.
Tout cela avec un succès incroyable jusqu’au jour où, sous prétexte qu’il faut trouver de l’argent pour lancer la série « Un si grand soleil », elle apprend par hasard que l’émission s’arrête… Toute la délicatesse des chaînes dont elle n’est pas la seule victime d’ailleurs.
Aujourd’hui, elle a pris du recul avec cette trahison et du coup, la voici nous offrant cette passionnante bio qui prouve qu’on peut aller très haut jusqu’à ce qu’une poignée de personnes décide de votre vie.
Catherine Ceylac reste malgré tout une femme aussi discrète que populaire et ce livre est une belle leçon d’une femme courageuse, énergique,  qui n’a jamais lâché l’affaire et a mené une carrière passionnante.

Jacques Brachet

Notes de lectures

Elisa BONNEAU & Alexandre LE BRIS :
Tout pour préparer son voyage en Indonésie et à Bali (Ed Larousse – 126 pages).
Ce livre est un guide touristique complet pour préparer son voyage en Indonésie et à Bali. On y trouve toutes les informations pratiques et les formalités à prévoir avant le départ.
Il décrit avec précision les différentes îles de l’archipel et propose des itinéraires jour après jour, que l’on parte pour se détendre, chercher la spiritualité ou vivre un séjour sportif. Il aide aussi à éviter les désagréments que l’on peut rencontrer dans un pays inconnu.
Mais ce n’est pas seulement un guide pratique. L’ouvrage revient également sur l’histoire de l’Indonésie, ses différentes colonisations et la richesse de ses cultures, qui cohabitent parfois avec complexité selon les régions. Il aborde aussi le développement du tourisme de masse ainsi que les enjeux environnementaux liés à la culture intensive de l’huile de palme et à l’extraction minière, dans un pays extrêmement riche en ressources naturelles et très convoité. Ces sujets sont traités avec clarté et objectivité.
C’est un livre à lire pour tous ceux qui souhaitent découvrir le pays : il est à la fois complet et efficace.
Il se termine par un lexique proposant quelques phrases en bahasa, la langue la plus parlée sur place. Ayant déjà voyagé dans plusieurs pays, je trouve que faire l’effort de parler quelques mots dans la langue locale est une belle marque de respect.
En tout cas, cette lecture nous donne envie d’y aller … Alors, foncez !
Magali Baccino

Bryan CHRISTIEN : La folle Histoire de France (Ed Larousse -264 pages)
Aimez-vous l’Histoire de France ?
Aimez-vous l’humour ?
Si c’est le cas, cet album de Bryan Christien, le créateur de @bhistoire.fr va vous charmer, vous amuser, vous surprendre tout en vous apprenant plein d’anecdotes drôles et vraies sur les dessous de la République et de la royauté.
Des histoires folles, incroyables, croustillantes ou effrayantes illustrées de photos, de tableaux, de gravures, des anecdotes et des expressions utilisées il y a des décennies, plus usités de nos jours mais pleines de saveurs, des histoires rocambolesques. En fait, toutes ces histoires dignes d’un »France Dimanche » de l’époque – de toutes les époques –  qui nous font rire, nous surprennent… Nous « esbaudissent » pour parler comme antan.
Savez-vous, par exemple, que lorsque Lady Diana est décédée, on cherchait partout le président de la République Jacques Chirac partout, des bruits ont alors couru qu’il était avec Claudia Cardinale, alors qu’en fait, il s’était tout simplement endormi !
Savez-vous encore que Napoléon était un tricheur aux jeux, que Napoléon III aimait faire des dictées, que Louis XIV avait de gros problèmes de santé, que le président Félix Brun était mort dans les bras de sa maîtresse, qu’un autre président, Paul Deschanel était tombé de son train alors qu’on ne savait pas où il était passé, qu’Au Moulin Rouge, au début du siècle, le marseillais Joseph Pujol avait créé une attraction inattendue : Il était pétomane ! Qu’Henri III avait la phobie des chats, que c’est François 1er qui a lancé la loterie, appelée alors « blanque »…
Et savez-vous encore qu’une prostituée était appelée la chaudière à cervelas, qu’un débauché était un enfant de la messe de minuit, qu’un imbécile était une grande andouille remplie de paille ou un Nicolas tac tac… Et tout à l’avenant !
C’est drôle, superbement illustré, c’est un livre qu’il faut emporter en vacances pour se délecter chaque jour d’une histoire ou une anecdote irrésistible.
Quand la petite histoire entre dans la grande Histoire… On se régale !
Jacques Brachet

Notes de lectures

Sofia MORGAVI, la diva toulonnaise !
« Eh bien, chantez maintenant ! » (Ed de l’observatoire – 267 pages)
Elle est une diva… Notre Castafiore  toulonnaise.
Elle a de la voix, oh combien, du charisme, un port altier et même lorsqu’elle parle… Elle chante !
Connue pour être, depuis deux ans, la professeure des élèves de la « Star Academy », elle est devenue une star et les élèves l’adorent, pour son professionnalisme, pour sa technique, pour ses cours faits de rigueur et de bonne humeur car elle est toujours positive et arrive à les mettre dans le  droit chemin avec fermeté mais en douceur, gentillesse, empathie, à coup de « chérie », « mon chou » et toujours à l’écoute de chaque élève.
Elle nous offre aujourd’hui un livre très particulier « Eh bien, chantez maintenant ! » (Ed de l’Observatoire), où elle mêle biographie et cours de chant, de technique vocale.
Bon, j’avoue qu’à mon âge et n’étant pas prétendant à la Star Ac’, je me suis plus penché sur le cheminement qu’elle a parcouru, de Toulon où elle est née et a fait ses études à Dumont d’Urville, comme beaucoup d’entre Toulonnais, jusqu’à ce qui l’a amenée, par des chemins de traverse, à cette émission devenue iconique… Comme elle !
Et puis je me suis trouvé plein de points communs avec elle, Dalida, qu’elle aimait comme moi, « C’est en septembre », une de mes chansons préférée d’un autre toulonnais, Gilbert Bécaud, j’ai retrouvé des souvenirs d’enfance comme cette vierge lumineuse qui trônait chez sa grand’mère, comme chez la mienne, et qui me faisait peur la nuit ! Malgré une mère « anti curés », comme la mienne ! Et dans notre jeunesse, on fréquentait « le Bar à thym » au Mourillon.
Et puis, nous avons même une amie en commun, Catherine, qui fut son élève avant d’être son amie, et que j’ai connue enfant, sa mère étant mon amie.

Femme passionnée, femme libre, elle a toujours mené sa barque comme elle le voulait, prenant des risques, rencontrant « des anges » qui l’ont souvent faite changer de route, alors qu’elle aurait pu être une star de l’Opéra.
Ses chemin ont donc étaient divers parce qu’elle est une femme curieuse, qu’elle vit la musique et le chant comme une passion, qu’elle n’a jamais pensé faire une carrière ni gagner des fortunes. Elle vit à l’instinct, à l’amour des autres et lorsqu’on voit ce qu’elle obtient de ces jeunes académiciens en quelques semaines ont se dit qu’ils ont eu de la chance de tomber sur une « prof » de cette envergure.
C’est vrai, elle aurait pu devenir une vraie star du chant opératique mais elle a préféré vivre sa vie avec les intuitions qui l’ont menée à prendre ces chemis qui lui ont chaque fois amené le bonheur. Bonheur de chanter, bonheur d’enseigner, bonheu rde vivre de et par la musique.
Bref, Sofia Morgavi est une femme fascinante, admirable, qu’on aimerait avoir pour amie, tant elle a son franc-parler, son humour, sa folie.

Jacques Brachet

Notes de lectures

Letizia GORETTI : Le vertige du jeu ( Ed de l’atelier – 184 pages )
Avec cet ouvrage, l’autrice retrace l’histoire de l’Internationale Situationniste depuis sa création dans les années 1950 par un groupe de philosophes et d’artistes jusqu’à sa disparition, ainsi que des inspirations modernes qu’elle a suscitées.
Letizia Goretti propose une lecture contemporaine axée sur un des piliers centraux du situationnisme : le jeu, envisagé comme une manière de se réapproprier sa vie et de rompre avec les cadres imposés.
Le vertige du jeu est un ouvrage exigeant mais stimulant par sa capacité à nous amener à réfléchir aux questions de société.

Martine-Marie MULLER : Les amants du gaillard (Ed Terre de France – 422 pages).
Au commencement, il s’agit d’un chalutier qui rentre au port après plusieurs mois passés en mer. Mais il arrive à marée haute et passe donc la nuit à l’entrée du port, faute de pouvoir y amarrer. C’est au milieu de la nuit que va disparaitre le capitaine du chalutier, un homme, en théorie, apprécié de tous.
Petit à petit, le récit remonte les souvenirs de sa femme et de son entourage : leur première rencontre, la guerre contre l’Allemagne Nazi qui éclate et assiège ce port de pêche… Les secrets longtemps gardés se dévoilent et révèlent la véritable personnalité de tous ces gens confrontés à l’horreur de la guerre.
Ce livre est autant une histoire d’amour que de courage et d’humanité. Il sonde le cœur des hommes et femmes, pour y confronter la complexité des sentiments où l’amour et la haine sont inextricablement liés.
L’écriture de ce livre est très bien menée. J’y ai trouvé beaucoup de poésie et je me suis laissée transporter dans cet univers de pécheurs de morue normands. Leur accent, leur expression, tout y est retranscrit avec une précision donnant à ce récit une authenticité remarquable

Magali Baccino

Luc PATENTREGER, utopiste & visionnaire

Luc Patentreger est médecin, plasticien, homme d’art et de politique, écologiste, il sculpte, peint, écrit des livres, des BD – Il a créé un curieux et sympathique petit personnage nommé Paprika – et chaque année il organise le festival de cinéma « Femmes ! » qui rayonne sur plusieurs villes varoises.
Il est ce qu’on appelait au XVIIème siècle « un honnête homme », cultivé, curieux de tout, humaniste et il est aussi un amoureux de la Seyne-sur-Mer où il vit.
A tel point qu’il nous offre aujourd’hui un livre « La Seyne, la mer » où il défend sa ville qui en a aujourd’hui bien besoin et que, en utopiste et optimiste qu’il est, il espère voir naître un jour, belle et fière. C’est, dit-il, un livre d’espérance magnifiquement illustré de superbes photos de notre ami Pascal Scatena, et de dessins signés de l’auteur lui-même. Un livre plein d’amour et de poésie qui a cette originalité de laisser parler sa ville au singulier, dont chaque chapitre est une escale, l’Histoire se mêlant à l’histoire dans une écriture simple et belle.

Une rencontre s’imposait, avec toute l’amitié et l’admiration que je lui porte.
« Luc, parle-moi de la genèse de ce livre…
Je suis arrivé à le Seyne-sur-Mer en 1981 et, moi parisien, je découvre la mer Méditerranée et je tombe immédiatement amoureux de cet espace car je suis un passionné de la beauté et la mer fait évidemment partie de la beauté de notre planète. Je m’y installe en tant que médecin en 1984. En 1985, il y a la fermeture des chantiers navals et tous les licenciements qui en découlent. De ce moment, je vois débarquer dans ma clientèle les conséquences sanitaires d’une crise sociale et économique : la dépression, des femmes battues,  des enfants qui font pipi au lit, de l’alcoolisme, je vois des suicidés et je ne me sens pas d’être un simple prescripteur d’antidépresseurs mais je veux faire quelque chose pour cette ville…
Et faire quoi alors ?
A partir de 1989, j’ai commencé à écrire des articles, des réflexions sur comment reconvertir cette ville, comment peut-elle rebondir alors que les politiques avaient out misé sur les chantiers navals sur un plan électoraliste, économique, social. Mais ils n’avaient pas diversifié les activités comme à La Ciotat. J’ai donc réfléchi sur la dimension maritime à travers ma clientèle, les associations, les chefs d’entreprises, des politiques aussi. Etant aussi écologiste je me suis dit que l’avenir de cette ville nécessiterait une dimension maritime et écologique nécessaire.

Tous ces articles, tu les donnais à qui ?
Au parti des écologistes qui m’ont demandé, à partir de 92, de les représenter. Ne sachant pas dire non, j’ai donc dit… oui et ça m’a permis de construire une vie d’homme, de citoyen engagé. En 95, je me suis retrouvé élu, adjoint à la culture avec aussi en charge l’aménagement du territoire où j’ai monté des dossiers européens dont le parc Fernand Braudel aux Sablettes. Mon concept était de créer trois parcs car c’était la seule ville à ne pas avoir de parcs. Mais ce n’étaient pas des parcs pour verdir, comme un écolo primaire, mais des parcs pour l’emploi. Un parc balnéaire, un parc culturel et un parc de la rade, ce  dernier étant un parc économique et d’agrément, un bassin d’emploi avec des arbres, des pelouses. Mais j’ai très vite été débarqué par le maire d’alors qui voulait construire une cité HLM sur le site des chantiers, ce que je refusais.
Alors, revenons à ce livre !
C’est avant tout une réflexion par rapport à un constat, un vécu, à une souffrance. En tant que médecin, citoyen et humain, je ne pouvais pas rester insensible à cette souffrance humaine mais aussi urbaine. La Ciotat a réussi à se reconvertir, la Seyne n’arrêtait pas de plonger. J’ai donc voulu apporter ma petite contribution à la reconversion de cette ville avec la dimension maritime et écologique.
Aujourd’hui, en 2026, la dimension maritime, tous les candidats l’ont oubliée, je n’entends pas de discours par rapport à la mer. Quant à la dimension écologique, elle est inexistante alors que nous vivons un dérèglement climatique.
Ce livre est onc un récit, un mémoire de la ville et ses avenirs basés sur les solutions liées à la nature.
Il est né d’une passion pour elle, pour les gens, pour mes patients, desquels j’ai appris beaucoup de choses et j’ai voulu leur rendre hommage.

George Sand à Tamaris

Lorsque tu parles d’avenir de cette ville… Y crois-tu vraiment ?
Si j’écris « La Seyne, la mer », c’est que je crois en cette ville qui, depuis quarante ans, a beaucoup de difficultés mais il va bien falloir qu’un jour, il y ait des politiques qui prennent la ville en main par rapport aux urgences, aux nécessités et tout simplement à une logique de bon sens dans la dimension maritime et écologique. C’est notre identité.
Il faut accepter la nature et nous mettre, nous les humains, à sa hauteur.
Je donne donc quelques exemples sur les posidonies, qui sont très importantes, sur les cargos à voiles réalisés par la CNIM.
On ne peut pas revenir en arrière, on s’adapte. A la Seyne, on n’a rien, on part de pas grand-chose mais on peut proposer un modèle de ville qui soit original, singulier, qui se démarque du reste. Donc on a encore la possibilité de faire en sorte que cette ville ait cette dimension à la fois maritime et à taille humaine.
Tout ça, ce sont de bonnes intentions…
Evidemment, mais ce sont des alertes et je suis un messager, un lanceur d’alerte, je transmets par l’Histoire, la mémoire, les années-lumière, les années d’acier, les années de plomb. Il y a eu les bombardements, le choléra mais depuis quarante ans ce sont des années de boue.
C’est tout ça que j’ai voulu raconter, illustré par des photos de Pascal Scatena et de mes dessins.
C’est un livre singulier car je fais parler la Seyne comme un bateau à voile. C’est un navire à trois mâts puisque nous avons trois quartiers, Berthe, centre-ville et le Sud.
Il parle de l’Histoire, de la préhistoire, de demain, qui met en avant la conscience écologique, qui parle de la mer, des océans, de la Méditerrané dont la surface maritime est la plus grande après les Etats-Unis. La Méditerranées est une mer d’une très grande richesse par sa biodiversité mais c’est la mer la plus fragile de la planète car c’est une mer fermée qui souffre du plastique et du réchauffement climatique.
Pour les politiques, la mer est plus qu’un décor qu’une partenaire. Il faut la respecter et faire avec ».

Propos recueillis par Jacques Brachet

Notes de lectures

Gilles PARIS : L’attrape-mots (Ed Heloïse d’Ormesson – 157 pages)

Gilles Paris est un homme original : écrivain, il est aussi directeur d’une agence de presse qui défend les autres écrivains et leurs œuvres. Je connais les deux et, comme il a du flair, lorsqu’il me propose un roman, je vais le lire aussitôt. Tout comme je le fais dès qu’il sort un livre en tant que romancier car il sait comme personne décortiquer l’âme humaine et ses romans sont faits tout à la fois de tendresse, d’empathie, d’humanité et de portraits d’hommes et de femmes auxquels on s’attache. Il est même arrivé à nous faire rêver en nous offrant une « autobiographie d’une courgette », devenu un film d’animation qui a obtenu plein de prix dont deux César et un oscar !
Il faut lire « Le bal des cendres », « Le vertige des falaises », « Papa et maman sont morts », « Au pays des kangourous »pour y découvrir un homme plein de sensibilité et son nouveau roman « L’attrape-mots » (Ed Héloïse d’Ormesson ne faillit pas à la règle.
C’est l’histoire d’une adolescente, Jade,  marquée par la mort d’une leucémie de son petit frère Liam, omniprésent dans sa mémoire, à qui l’on découvre une maladie : une pneumopathie qui l’empêche de respirer normalement et lui provoque des évanouissements intempestifs, où qu’elle soit.
Alors, elle va peu à peu s’éloigner du monde et se faire un monde à elle en tombant amoureuse d’Holden Caulfield, le héros de « L’attrape-cœur », roman de JD Salinger et en écrivant jour après jour, un journal intime où se mêlent sa vraie vie, son histoire d’amour avec ce héros imaginaire, ses souvenirs de son frère. Vérité et mensonge s’entrechoquent. Elle n’a qu’un ami, Noé, qui est amoureux d’elle, qu’elle ne peut aimer d’amour tant sa vie est scellée à celle de son héros de papier mais qui la ramène par instants à la vie réelle.

C’est un roman troublant, qui aborde le mal du siècle, la maladie mentale, mais aussi la grande solitude due à un traumatisme, la mort de son frère, sa propre maladie dont la suite est improbable, mais encore la neurasthénie de sa mère qui souffre de la mort d’un fils et oublie qu’elle a une fille vivante et mal dans son corps et son cœur, dans tout le sens du terme.
Jade navigue ainsi entre rêve et réalité, dans ce monde qu’elle s’est créé, peut-être pour rester vivante.
Mais, coup de théâtre. Le roman aurait pu se terminer et voilà qu’intervient  Rose, la tante de Jade et sœur de sa maman décédée. Et là, c’est une tout autre histoire que nous propose cette dame et qui n’est pas du tout celle que Jade nous raconte.
Et puis, voilà que revient Jade qui se prénomme alors Rubis et nous raconte sa nouvelle histoire. En fait, qui est cette adolescente… Une jeune fille mal dans sa peau. Une romancière ? Une menteuse ? Une malade mentale ?
Ainsi Gilles nous emmène sur des chemins de traverse et prend plaisir à nous y perdre et l’on est tellement embrouillé qu’on ne sait plus qui croire…
Comme dans tous ses romans, la plume est belle, fluide,  simple, émouvante, tendre et Gilles Paris jubile en nous faisant entrer dans un monde étrange fait de contradictions et de mensonges. Et si c’était lui, le menteur ?

Jacques Brachet

La Ciotat : Stephan GUERARD réalise son rêve :
Installer Louis de FUNES chez lui !

J’ai connu Stéphan il y a…des années alors qu’il était un jeune homme fou de cinéma et… de Louis de Funès, déjà !
Quand je dis « fou », c’est « fan » que je devrais dire. Un fan sympa, gentil, souriant mais obsédé par ce comédien qui a fait rire le monde entier. Pourquoi ? Parce que, disait-il, derrière les grimaces et le talent comique du comédien, il y découvrait un homme simple, humain, sensible, timide, réservé.
A 15 ans, il s’intéressait déjà à lui. Il en a aujourd’hui 50 et il a toujours en lui ce feu pour celui en qui il a voué une admiration sans borne.

Et de ce jour, il a commencé une collection : photos de films, affiches, scénarii, objets divers et pour cela, il n’a pas hésité à frapper à toutes les portes et écrit à tous ceux qui ont approché  l’artistes : comédiens, scénaristes,  réalisateurs, techniciens, décorateurs, musiciens, costumiers… Bref, les abordant et les approchant, séduit pas cette admiration, chacun lui a offert quelque chose qui avait touché de Funès de près ou de loin.
Et d’année en année, sa collection a grossi, entassant ses trésors qui sont aujourd’hui « de l’or, monsignor » !, des synopsis, des lettres, des photos de tournage, des maquettes de décors…
Parmi tous ces gens, une personne a été touchée par cette admiration sans borne : Danièle Thompson, fille de Gérard Oury, réalisateur avec qui de Funès a tourné ses succès énormes comme « Rabbi Jacob », « La folie des grandeurs », « Le corniaud », « La grande vadrouille ».

Alexandre Doriol, maire de la Ciotat, Stéphan et Danièle Thompson, Nathalie Lainé adjointe déléguée
à la culture, Jean-Louis Tixier,adjoint au patrimoine, au cinéma et à l’éducation

Danièle lui a ouvert beaucoup de portes, lui a fait connaître plein de gens ayant travaillé avec l’acteur, donné pas mal d’objets et elle l’a beaucoup soutenu dans ses pérégrinations à la recherche de documents de toutes sortes.
Et voilà que la ville de la Ciotat « berceau du cinéma », d’où Stéphan est natif et où il vit, lui ouvre la porte de la Chapelle des Pénitents Bleus, où il a pu exposer ses trésors amassés durant des décennies, en présence de celle qui l’a toujours soutenu : Danièle Thompson ainsi que Jean-Louis Tixier, adjoint à la culture de la ville qui a toujours été là pour lui.
Au moment de cet hommage, Stéphan est heureux et fier de pouvoir montrer ses trophées et en même temps, dans son beau regard bleu, l’on sent une tristesse aussi :
« Je suis très ému et à la fois très nostalgique en ce moment car je repense à tous ces amis artistes disparus : Annie Girardot, Pierre Mondy, Michel Galabru, Gérard Oury, qui me recevait chez lui à Montmartre ou à Saint Tropez… Nous célébrerons les 20 ans de sa disparition en juillet prochain et Danièle Thompson fête les 60 ans de « La grande vadrouille »

Il faut dire qu’à force de les rencontrer, de leur écrire, ceux-là, au fil des ans, sont devenus des amis.
L’expo est magnifique et on y découvre un homme, un artiste qui fait partie de la mémoire collective cinématographique et dont la carrière est éblouissante.
« L’exposition est un immense succès – dit-il ému et heureux – les visiteurs sont heureux de retrouver ce grand acteur. C’était le but et c’était aussi celui de Louis de Funès de nous divertir, de nous faire rire et en ce moment, dans ce monde bien triste, on en a besoin plus que jamais. Louis l’avait compris depuis longtemps ».
Merci à Stéphan de nous permettre de découvrir tous ces documents rares qui te sont chers.

Jacques Brachet

Avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel Pagnol, & Laurent de Funès, petit-fils de louis de Funès
Avec Gérard Oury dans sa maison de Montmartre

France Rumilly, la fameuse nonne à la 2CV du « Gendarme »
Avec son amie fidèle,
Daniele Thompson
Le livre qu’a écrit Danièle
en hommage à son père

Notes de lectures

Aurélie HADERLE  :  Un Noel à Cameline  (  Edition Terres de France  :  304 pages )
Avec ce roman, l’auteure nous invite à suivre Naïs, une jeune femme psychologue qui a quitté Paris à la mort de sa mère pour reprendre l’exploitation familiale au cœur de la Provence dans un petit village juché entre le Ventoux et le Luberon. Elle se jette à corps perdu dans le travail à la ferme ainsi que dans  la vie de la mairie, notamment pour l’organisation des animations du village à l’approche des fêtes de noël .
Elle vit avec son amie Emilie, mère célibataire avec deux enfants mais petit à petit, la maison va se remplir d’étranges occupants, un mystérieux ouvrier, une jeune fille tourmentée ou bien encore un vieil ami avec un terrible secret. Enfin le retour d’Italie de son ami d’enfance, va rouvrir d’anciennes blessures.
Ces jours d’hiver sont rythmés par leurs histoires de vie, entre révélations, rebondissements et arrivées inattendus ; faisant de ce Noël un moment riche en émotion.
Ce roman s’inscrit dans la lignée des romans de terroir, avec une volonté de faire vivre la Provence et ses coutumes.
Chaque chapitre s’ouvre d’ailleurs sur une citation provençale et sa traduction !
Au fil des pages, le lecteur découvre ou redécouvre les traditions provençales liées à Noel. Cela donne au livre une véritable valeur de transmission. L’auteure aborde aussi dans ce roman différents sujets de société comme le réchauffement climatique, la perte des traditions, la quête du bonheur ou encore la crise de la covid-19.
Ce livre s’inscrit dans le registre des belles histoires de Noël malgré une intrigue très balisée et un peu naïve.
Un noël à Caméline plaira aux lecteurs sensibles aux traditions régionales et aux récits doux et rassurants. Pour ma part, j’y ai davantage trouvé un voyage culturel qu’une expérience émotionnelle ; mais cette immersion en Provence reste, à elle seule, un intérêt certain du roman.
Magali Baccino

Fawzia KOOFI (Avec la collaboration de Noor Zahaeer) : Lettres à mes sœurs (
Ed Michel Lafon – 350 pages) – Traduit de l’anglais par Cyrille Rivallan

Après « Lettres à mes filles », Fawzia Koofi s’adresse aujourd’hui non seulement aux femmes afghanes mais à toutes les femmes de la planète dans un ouvrage à la lecture exigeante car il déroule de façon très précise l’histoire politique de l’Afghanistan de ces trente dernières années à travers la propre histoire de l’auteur. Cette femme intelligente et déterminée a embrassé une carrière politique pour servir son pays et la cause des femmes que les talibans veulent effacer systématiquement de toutes les sphères de la vie. Elle réussira à devenir la vice-présidente de l’assemblée afghane et à diriger le parti Mouvement pour le changement en Afghanistan. Elle participera aux réunions diplomatiques avec les talibans. Elle se bat avec courage alors qu’elle reçoit des intimidations, des humiliations et subira deux tentatives d’assassinat et alors qu’elle est assignée à résidence. Mais elle devra pour sa sécurité s’exiler en Grande Bretagne. Elle continue de lutter pour la reconnaissance des droits des femmes afghanes auprès des Nations Unies et des puissances internationales.
Un livre dont il faut recommander la lecture pour que les yeux de tous s’ouvrent sur la situation des femmes en Afghanistan et sur ce qui peut leur advenir quand le pouvoir passe dans les mains de rigoristes islamistes.
Jacqueline Flandin

Frédéric POUHIER & Susie JOUFFA : Perles de Truffaut
(Ed Leduc humour – 189 pages)
40 ans déjà que François Truffaut nous a quittés, laissant derrière lui une vingtaine de films, de « Les quatre cents coups » en 1959 à « Vivement dimanche » en 1983, en passant par « Baisers volés », « Le dernier métro », « La sirène du Mississipi », « Jules et Jim »…
Une belle œuvre et je suis heureux d’avoir pu participer au dernier de ses films tourné à Hyères.
Truffaut ne parlait pas beaucoup  mais c’était un homme simple, proche des gens avec qui l’on aimait discuter, d’autant que, comme Trintignant, c’était un homme plein d’humour qui, avec juste un sourire, une phrase, pouvait être drôle ou définitif. Mais il savait avoir la plume acérée, comme ce courrier qu’il envoya à Jean-Luc Godard : « Jean-Luc, pour ne pas t’obliger à lire cette lettre désagréable jusqu’au bout, je commence par l’essentiel : Je n’entrerai en coproduction dans ton film. Deuxièmement, je te retourne ta lettre à Jean-Pierre Léaud ; Je l’ai lue et je la trouve égueulasse. C’est à cause d’elle que je sens le moment venu de te dire, longuement, que selon moi tu te conduis comme une merde. »
Dans ce livre, nos deux auteurs ont donc recherché la phrase qui faisait mouche, dans sa vie comme dans ses écrits ou dans ses films, comme « La vie est dure mais elle est belle puisqu’on y tient tellement » (Film « L’argent de poche »).
Et cette phrase à méditer : « C’est l’idée de frontière qu’il faut abolir pour détruire l’esprit de Babel et réconcilier les hommes que séparera toujours, cependant, leur naissance ».
Tout au long de ce petit livre, illustré de très jolis portraits de lui ou d’autres artistes, on navigue au milieu de ses citations, tirées de ses films ou de ses pensées. Comme « L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire ».
Toutes ses phrases pêle-mêle nous rapprochent de l’homme qu’il était et peuvent nous rappeler des souvenirs de scènes de films, avec le regret que les auteurs n’aient pas ajouté aux phrases tirées des films le nom, du personnage qui les dit. Il est aussi très dur avec le festival de Cannes : « Cannes : un échec constant dominé par les compromis, les combines et les faux pas… »
Allez, une dernière pour la route : « Mes 200 premiers films, je les ai vus en état de clandestinité, à la faveur de l’école buissonnière, ou en entrant dans la salle sans payer ». Ça ne vous rappelle pas « Les 400 coups » ?
Jacques Brachet

Notes de Lectures

Valérie ALAMO nous présente Alès d’Antan
J’étais invité, l’an dernier, à la fête du livre de Toulon, afin de dédicacer « Toulon d’Antan » et « Le Var d’Antan », paru chez Hervé Chopin éditions.
Je me trouvais aux côtés d’une journaliste, Valérie Alamo. Un nom que je connaissais et avait fait tilt pour avoir côtoyé un certain chanteur prénommé Franck… Mais qui s’appelait en fait Jean-François Grandin.
Donc, aucune parenté évidemment mais Valérie écrivait des biographies qui ne pouvaient que m’intéresser, puisqu’elle les consacrait à des chanteurs comme Cabrel, Balavoine, Garou, Pagny, Souchon…
Nous avions, en dehors de l’écriture, ce point commun d’aimer ces chanteurs.
Je m’y intéressais donc comme elle s’intéressait à mes deux derniers livres.
Et voilà qu’un an après, elle a, comme moi, viré de bord, lâchant un peu les artistes pour nous proposer son « Alès d’Antan » chez le même Hervé Chopin. L’idée avait germé dans sa tête et donné envie de faire comme moi : Parler de sa ville à travers les cartes postales des siècles derniers.
Même si elle a grandi à Avignon, elle est native d’un petit village nommé Les Salles du Gardon, à dix kilomètre d’Alès.
Elle est donc partie chercher son Histoire, ses histoires, à travers les iconographies des archives municipales d’Alès, nous racontant les quartiers et leur évolution, le quotidien de la vie d’alors, nous décrivant les mines et les mineurs, les magnaneries, les forges, nous racontant l’Alès des deux rives dont un quartier nommé Tamaris comme chez nous à la Seyne-sur-Mer, nous rappelant la crue de 1917, la plus forte de l’époque, lorsque le Gardon, affluent du Rhône, balaya tout sur son passage.
Il y en eut tant qu’on appela ces crues « des gardonnades » !
Bien évidemment, comme dans toute la France, on retrouve un ouvrage d’un certain Vauban qui y créa un fort… Bref, un Alès comme peu de gens se souviennent aujourd’hui et qui a une histoire passionnante, grâce à la plume alerte de Valérie Alamo

Bruce TOUSSAINT, de la télé à l’écriture
Bruce Toussaint est ce journaliste qu’on peut retrouver tous les matins de la semaine sur TF1 dans l’émission « Bonjour » qu’il anime avec humour, bienveillance avec la complicité d’une bande de joyeux lurons qui n’engendrent pas la mélancolie.
Et malgré ses sourires ironiques, ses yeux malicieux, son air quelquefois bourru, lorsque l’animateur se met à écrire des livres, ce sont des sujets très personnels, pas du tout marrants, pleins de profondeur, le premier « Heureusement elle n’a pas souffert » qui parle de sa mère avec beaucoup d’émotion et d’amour.
Le second livre « Dites-lui que je pense à elle » (Ed Stock) est encore un message personnel à sa cousine Nathalie, qui avait son âge et qui a été assassinée voici trente ans, en 1980.
Ce drame l’a toujours poursuivi et un jour, il a décidé de remonter à la genèse de celui-ci, qui, à l’époque ou le féminicide n’était pas d’actualité, des histoires comme celles-ci, se sont perdues dans le silence et l’oubli.
Il nous offre là un témoignage bouleversant en rouvrant ce dossier et en recherchant ceux qui ont vécu drame, surtout la mère de Nathalie qui, presque trente ans après, lui a ouvert sa porte, son cœur, cette plaie jamais refermée.
Témoignage bouleversant même si quelquefois il nous met mal à l’aise de nous immiscer dans cette histoire très personnelle.
Je devais en parler avec l’auteur avec qui j’avais rendez-vous à la fête du livre de Toulon… Mais il n’était pas à mon rendez-vous.
Je n’ai donc pas  pu lui dire… Bonjour ni parler de son livre !

Jacques Brachet

Julie ANDRIEU… Viva Italia !

J’ai connu Julie toute jeunette grâce à sa mère.
En effet, sa mère, la magnifique comédienne Nicole Courcel, avait écrit un très beau livre « Julie Tempête » que j’avais lu avec beaucoup de bonheur.
Nicole Courcel, elle, je l’ai connu grâce à un beau comédien nommé Jean Piat, avec qui j’avais des relations amicales. Il faisait une tournée en France avec la comédienne avec la pièce « Même heure l’année prochaine » de Bernard Slade.
Suite à une soirée des plus conviviales, j’ai plusieurs fois rencontre Nicole Courcel et l’avais même invitée lors du festival « La femme et le cinéma » que j’avais créé à la Farlède dans le Var.

Puis, nous en avons parlé de Julie quelquefois avec mon ami Jean-Marie Périer qui fut un temps son compagnon.
Lorsque j’ai vu Julie à la télé, j’ai remarqué qu’elle avait magnifiquement grandi en ressemblant à sa mère. Mais elle avait choisi une autre trajectoire : La cuisine.
Je ne l’ai hélas jamais rencontrée.
Et voilà qu’elle sort un nouveau livre de recettes venu tout droit de Rome où elle élit souvent domicile : « Julie cuisine l’Italie » (Ed Solar) et, comme mon épouse, de racine italienne, adore la cuisine et plus particulièrement la cuisine italienne, me voici donc avec son livre qui est magnifique.
Il nous fait voyager de Milan à Naples, de Rome à Florence en passant par Venise.

A chaque arrêt, elle nous propose de visiter la ville, ses restaurants et bien sûr, elle nous offre des recettes qui, juste en lisant les titres, vous font saliver et vous donne envie d’aller direct sur place. Sinon à se mettre aussitôt à l’ouvrage pour réussir un risotto alla vecchia Milano, un tiramisu déconstruit, des artichauts alla giuda, des anchois frits farcis à la provola, des taralli naplitains, des tagliolini aux Saint-Jacques et aux fleurs de courgette…. Bon je m’arrête là mais tout vous donne envie, d’autant que les photos de Guillaume Czerw sont sublimes et vous font saliver encore plus.
Aujourd’hui notre belle française nous écrit de Rome où elle est en partie installée.
C’est une belle balade qu’elle nous offre à travers l’Italie, son Italie à travers laquelle on la suit avec plaisir et gourmandise.
Jacques Brachet