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JOHNNY – RAUTUREAU – PUTZULU… Chacun son histoire

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Offenburg en Allemagne, 1964.
Un certain Jean-Philippe Smet y fait son service militaire. Un jour comme les autres, il est demandé à l’entrée. Stupeur : il y découvre un clochard qui lui saute dans les bras et lui offre un ours en peluche. Au même instant éclatent des flashes. C’est son père, venu avec des journalistes qui a monté ce traquenard. Il s’enfuie en courant et en pleurant. Ce père, il ne l’avais jamais vu depuis son enfance. C’est alors qu’un certain Jean-Claude, dit JC console ce soldat qui est en fait Johnny. Johnny lui dit qu’il ne l’oubliera pas.
L’histoire pourrait s’arrêter là…
Vendredi 26 novembre 76, 17heures exactement. On sonne chez JC. Et lorsqu’il ouvre  la porte, il se trouve devant Johnny 33 ans, 11 ans après. Il a tenu sa promesse, il est venu rendre visite à son pote, incognito. Johnny est heureux de son petit effet, JC surpris et heureux aussi. Ils se retrouvent avec beaucoup de joie et de pudeur.
Johnny s’installe chez lui pour trois jours et pendant ces trois jours, ils ne se quitteront pas, Johnny préparant le repas à son pote, JC l’emmenant en balade au bord de l’Océan, comme deux touristes. Deux ami en vacances.
Soirées au coin du feu où ils se racontent leur vie, JC étant correspondant de presse, marié, un enfant , Johnny lui parlant de sa vie d’homme, d’artiste, de star, de Sylvie de David, des fans, des femmes, de ce sacré métier qui le bouffe mais dont il ne peut se passer… Jamais de l’armée.
JC n’a pas une star en face de lui, c’est un Johnny simple, naïf, sincère est vrai, un homme mélancolique, nostalgique, ambivalent aussi qui voudrait être le commun des mortels avec des joies simples mais qui marche à l’adrénaline et qui a besoin de reconnaissance.
Il lui parlera beaucoup de son Amérique fantasmée et vécue
D’ailleurs, après trois jours dans l’ombre,  le dernier soir, il veut aller manger au restaurant où il sait qu’on le reconnaîtra. Ce qui est le cas, il y crée une émeute, est invité à manger par le maire qui soupe là avec sa famille. Maire qui les invitera à dormir chez lui… et il en profitera pour sauter sa femme !!!
Le voilà sur le départ et avant de partir, Johnny lui confie que, le jour où il disparaître, il pourra avoir un beau scoop à raconter et lui propose de l’intituler «La balade de Johnny».
Ils ne se reverront jamais.
Cette histoire est très simple et très émouvante.
Précisons toutefois que c’est un roman et non une histoire vécue, même si l’histoire paraît belle et si on a envie d’y croire. Ce  roman, écrit par David Rautureau, correspondant de presse et romancier, comme celui de l’histoire, date de 2018 et voilà que ce récit paraît sous un coffret de trois CD, toujours  écrit par David mais narré par mon ami Bruno Putzulu et quelle plus belle voix ne pouvait raconter, lui qui est issu de la Comédie Français !
Rappelons qu’il nous a déjà offert un magnifique coffret sur les entretiens qu’il avait eu avec Philippe Noiret, qu’il avait rencontré sur le tournage du film de Michel Boujenah «Père et fils» avec qui il s’était lié d’amitié.
Amitié aussi, avec Johny d’ailleurs, avec lequel il avait tourné «Pourquoi pas moi ?» de Stéphane Giusti, à Barcelone en en 1996, date de leur amitié naissante. Il a 31 ans, Johnny 55 et après le tournage, ils seront inséparables, une amitié, avoue-t-il scellée autour de la bouffe, du sport… et de la peur du temps qui passe car tous deux ont peur de la mort, du départ des gens qu’ils aiment.
Une amitié vraie, réelle, sans intérêt d’aucune part mais faite aussi d’une admiration réciproque, Bruno étant heureux et fier de fréquenter une telle star qui paraissait inaccessible, Johnny admirant et enviant l’artiste de la Comédie Française, ce qu’il savait qu’il ne serait jamais.
Alors que depuis la disparition de l’idole, Bruno n’a jamais voulu en parler malgré nombre de propositions de beaucoup de médias, cette fois, il a accepté, outre de lire le roman mais aussi de parler de Johnny avec David Rautureau.

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«Parce que, quoique, David n’ait pas connu Johnny «en vrai», Bruno le retrouve incroyablement comme lui l’a connu, simple et timide, généreux et poète à ses moments, naïf et drôle, bosseur et nonchalant.  Fidèle également et lorsqu’il était fidèle, il voulait qu’on le soit aussi.
«Avec – précise-t-il – le don d’aimer faire des blagues et même de faire exprès de mettre ses potes dans l’embarras, pour le plaisir de rigoler en disant «C’est pas grave, c’est juste une blague», ce qu’il a fait à Bruno en l’invitant à la Lorada pour son anniversaire en même temps que son ex petite amie… Simplement pour voir sa tête ! Très farceur, il était resté un gamin insupportable !
«Par contre – ajoute-t-il – je ne l’ai jamais vu préparer un repas comme le raconte Davis ! Mais ce que je retrouve, c’est cette façon d’être bien ensemble et de rester des heures à ne pas dire un mot.
Il n’exigeait rien de ses amis, sinon une vraie amitié et d’être là lorsqu’il en avait besoin. Par contre, en vacances ensemble, sur son bateau, c’est lui qui me faisait répéter mes textes».
Bruno avoue aussi avoir gardé tous les messages téléphonés de Johnny.
« Même si c’est puéril, je suis heureux de pouvoir dire : c’est Johnny qui m’appelle. Par contre, il ne supportait pas d’entendre un répondeur, il aimait qu’on lui réponde tout de suite.
Un jour il me dit : «Ton message est lugubre, il me donne envie de pleurer. Tu es plus marrant que ton message. Je vais t’en faire un !»

Bruno Putzulu tout azimut.
Avec Bruno, nous nous connaissons depuis 15 Ans. On s’est rencontré à une fête du livre dans ma ville, à Six-Fours. Il signait son Noiret, je signais mon Brialy. Nous nous sommes trouvés côte à côte, nous avons parlé théâtre, cinéma, chanson… italienne aussi car il a été bercé par celle-ci dans les années 60, puisqu’il est de parents italiens et que j’ai toujours adoré la chanson italienne.
Ça a été un coup de foudre qui ne s’est jamais démenti et même si la Covid nous éloigne depuis un bon bout de temps, les mails, SMS et coups de fils ne cessent jamais longtemps entre nous.
Et là, l’occasion était belle, d’autant qu’il va rattraper le temps perdu avec une année on ne peut plus mouvementée.
Bruno, toi qui t’étais toujours refusé à parler de Johnny (même à moi !) depuis sa disparition, voilà que tu te lâches ! Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?
David Rautureau qui m’a contacté. Au départ, je t’avoue avoir refusé. J’avais tellement lu d’articles, de livres de ses soi-disant amis qui rapportaient n’importe quoi et qui me faisaient gerber, tout ça pour se faire mousser et passer à la télé, que j’avais décidé de me taire mais David m’a proposé de lire le roman et si je refusais, il n’en parlerait plus. J’ai trouvé le roman étonnant, émouvant et bizarrement, alors que David n’a jamais rencontré Johnny, je le retrouve complètement. C’est ce qui m’a fait changer d’avis.

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Et dans la lancée, après l’enregistrement du livre, tu as accepté une interview avec David !
Oui, ça a provoqué quelque chose en moi et puis ç’était un prolongement du roman. C’était en fait un travail littéraire, puisque ce travail s’est fait avec les éditions Frémeaux & Associés, comme je l’avais fait pour Noiret.. J’y ai ajouté quelques trucs personnels comme ces messages téléphoniques que j’ai toujours. Pas les plus intimes ! J’ai trouvé ça rigolo, mignon, ça donnait une image farceuse de Johnny.
Tu as déjà eu des échos des fans ?
Oui, très positifs. Je crois qu’ils en ont encore et besoin. Ils m’accostent comme un ami de «la famille». Je me rends compte que depuis des décennies, nous avons, quel que soit notre âge et même si on n’est pas fan, quelque chose de Johnny, un souvenir, une chanson. Johnny fait un peu partie de la vie de tout le monde.
Dans le CD, tu dis qu’à un moment tu n’as plus vu Johnny. Y a-t-il eu un problème, une brouille ?
Pas du tout, nous n’avons jamais été fâchés mais il est allé vivre à Los Angeles, mon boulot était à Paris et il y a eu quelques rendez-vous manqués. Je devais le retrouver pour son anniversaire aux USA quand mon père a développé la maladie d’Alzheimer et je ne voulais pas le quitter. Et puis c’est lui qui devait venir me voir au théâtre dans «Occupe-toi d’Amélie» et c’est là qu’il a eu ses problèmes de santé et qu’il est entré à l’hôpital Cedar-Sinaï. Et je n’y suis pas allé comme tous ceux qui sont allés s’y faire voir !
Vous parliez beaucoup avec Johnny ?
Pas tant que ça, on pouvait rester des heures côte à côte sur son bateau sans se dire un mot. Et puis on partait faire la fête et c’était un autre Johnny. On n’avait pas besoin de toujours parler et on restait comme ça, sans aucune gêne. C’étaient les deux facettes de Johnny : le côté taiseux, sombre, silencieux et puis le déconneur. Il était fantasque, quelquefois inattendu.
Je me souviens d’un jour où il se faisait une fête de partir avec moi et Gérard Darmon avec son avion, pour aller voir un match à Marseille. C’est lui qui l’avait proposé mais au bout d’un moment, alors que le match avait commencé, t il s’écrie : «Qu’est-ce qu’on se fait chier… Je ne comprends pas le plaisir que vous avez à voir courir ces mecs derrière un ballon !». Et il est parti. Ce qui lui plaisait en fait c’était d’être parti entre potes avec la promesse d’un bon repas. Et puis il n’e n’avait plus envie.
Il y avait finalement un être humain derrière la star.
On connaissait moins ce Johnny !
Oui, parce qu’il était en perpétuelle représentation, il devait toujours être l’idole, le superman pour qui tout va bien. Il n’y a que les intimes qui voyaient ce côté sombre qu’en fait nous avons tous en nous.

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Bon, venons-en à Guillaume Devaut, alias Bruno Putzulu, dans la série qui fait un carton «Ici tout commence»… Tu es loin du rigolo que je connais !
(Il rit !) Il n’y a pas de quoi : j’ai une femme pas toujours sympa qui m’a menti sur ma paternité (Elsa Lunghini), j’ai un fils qui en fait n’est pas mon fils et qui plus est, tombe amoureux de sa demi-sœur, ce qu’il ignore au départ, je suis proviseur «adjoint» car mon beau-père Auguste Armand, le patron de l’école hôtelière (Francis Huster) l’a décidé ainsi… En fait, il ne vit pas sa propre vie, il la subit souvent. Mais c’est un rôle intéressant et plein d’émotion.
Donc, tu restes ?
Oui, tant qu’on ne me tue pas ou qu’on ne m’envoie pas ailleurs et que je disparaisse !
Au théâtre, où en es-tu ?
A cause du confinement, la tournée que je devais faire avec la pièce de Cavanna «Les ritals», avec Grégory Daltin, où je joue Cavanna, mis en scène par Mario, mon frère, a été reportée. Nous avons déjà quelques dates de re-signées, en Normandie le 6 juin, au festival de Sarlat en juillet, à Aix-en-Provence le 23 septembre, à Nice le 3 décembre et au Théâtre Toursky à Marseille. Je ne sais pas encore quand.
Tu m’avais également parlé d’un nouveau disque ?
Ca y est, il est enregistré : Musiques de Denis Piednoir, musiques de… moi !
On est en recherche de producteur, ce qui n’est pas simple aujourd’hui !
De quoi parle-t-il ?
De mon père, de ma mère, du temps qui passe, du monde dans lequel on vit et même de… Donald Trump ! Le titre de l’album est celui de la première chanson : «C’était quand ?»
Et le cinéma ?
Je partirai en octobre/novembre du côté de St Etienne tourner «Paul Emploi», un film choral de Laurent Vinasse-Raymond avec Bruno Solo, Philippe Torreton, Bernard Lecoq, Olivier Marchal…
Pas de femmes ?
Je sais qu’il y aura Delphine Depardieu…»

Eh bien, que voilà une rentrée bien remplie ! Avec tout ça, on essaiera de se voir . Peut-être aussi u festival télé de la Rochelle où en principe les héros de série en sont les vedettes. Si avec ça on ne se croise pas ?!
Car nos rendez-vous nous manquent.

Jacques Brachet

 






NOTES de LECTURES

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Alain ARNAUD : Un balcon en retraite (Ed BOD – 256 pages)
Dans ce quatrième roman Alain Arnaud nous invite à Hyères petite ville du Sud de la France où il accueille Léon nouveau retraité qui a passé sa vie entière dans le Nord et qui se retrouve un peu vide d’avenir à la suite du décès de son épouse. Suivant le souhait de sa fille Jeanne, il se rapproche d’elle et de sa jeune famille afin de donner un peu de sens à sa vie. Mais ce n’est pas simple de tirer un trait sur son passé ! C’est donc Léon que nous allons retrouver sur le balcon de la nouvelle résidence en spectateur de son entourage.
Et que faire sur un balcon sinon regarder le paysage et les personnages qui l’habitent ? Il devient donc le spectateur depuis son mirador de cette campagne où vont et viennent des habitants actifs et des voisins curieux ou étranges dont sa voisine lui a parlés. Il est là, il observe, il interprète de même qu’il se promène dans sa nouvelle ville liant quelques connaissances avec des promeneurs solitaires qui s’attendrissent sur ces beaux paysages ou sur le comportement des animaux du jardin public. Léon parle peu, observe, médite et soudain il devient le metteur en scène de la pièce qui s’anime. Chacun se met à vivre. La pièce commence pleine d’actions et de rebondissements.
D’une écriture très imagée l’auteur plante un décor plein de contrastes et de chaleur où se meuvent des personnages attachants. En phrases courtes et percutantes il nous offre un intermède plein d’espoir et de quiétude.
Celle que Léon a peut être trouvée dans son ancrage dans cette nouvelle vie.
Hugo MARCHAND : Danser (Ed Arthaud – 219 pages)
En collaboration avec Caroline Bodinat
Hugo Marchand est l’un des plus beaux et des plus talentueux danseur étoile que l’Opéra de Paris ait jamais eu, Noureev excepté.
A la demande des éditions Arthaud qui lui ont proposé de parler de son expérience, il a choisi d’écrire ce livre, tout simplement intitulé «Danser», en collaboration avec la journaliste  Caroline Bodinat qui lui avait déjà consacré un portrait pour le journal «Libération».
C’est ainsi que ce magnifique danseur remonte jusqu’à ses neuf ans, époque où il décide de devenir danseur étoile, déjà !
Du conservatoire de Nantes à l’école de danse de l’Opéra de Paris, danseur atypique étant donné sa grandeur, le voilà dans la place à 17 ans où il va parcourir un long chemin fait de passion, de courage, de travail, d’abnégation, de sacrifices, de questionnements car arriver au faîte de la gloire est loin d’être un long fleuve tranquille. Il faut beaucoup de rigueur et d’exigence pour approcher l’excellence.
Eternel insatisfait, Hugo va lutter comme on ne peut le faire que lorsqu’on a un vrai but, une vraie passion. Si le public voit la grâce, la facilité apparente, la performance, la virtuosité, ce n’est qu’au prix d’une lutte de tous les jours, d’une somme énorme de travail… Il faut souffrir pour être le premier
Il nous parle de cette souffrance à la recherche de la perfection, de ses doutes à y arriver, de ses déceptions lorsqu’il n’est pas choisi, de cette solitude aussi qui est un passage obligé entre le travail qu’il doit fournir, l’attente d’être remarqué et, arrivé au but, l’isolement par rapport aux autres danseurs qui n’osent plus l’approcher.
Il nous parle aussi de cette ambiguïté de l’obsession du culte de lui-même, de l’égo qu’il a pu avoir par rapport à l’humilité qui est l’essence de la réussite. Car un danseur passe sa vie devant une glace.
Une étoile de la danse n’est pas une star de cinéma. Ça ne gagne pas des fortunes et la carrière s’arrête assez rapidement. Sans compter les risques d’accidents qui planent chaque jour, comme tout sportif qui se respecte… Alors, les doutes s’insinuent : travailler, souffrir autant, est-ce que ça vaut le coup ?
Oui, lorsque la passion est là, que des publics, de France ou du Japon ou d’ailleurs, vous applaudissent, vous adulent et que votre performance a été à la hauteur de leur attente.
Hugo, épaulé par ses parents et son frère aîné qui ont toujours cru en lui (il y a de très grands moments d’émotion lorsqu’il en parle), a mené un combat de tous les jours pour en arriver là, à être le héros des plus grands ballets partagés avec les plus grandes étoiles.
Même si, au jour le jour, il se partage avec  la peur à en être malade et la joie d’avoir réussi à surmonter tous les obstacles, entre plaisir et souffrance,
Dans ce livre, il partage avec nous ses moments d’intense émotion et nous vibrons avec lui.
C’est une belle leçon d’amour, d’abnégation, de courage qu’Hugo Marchand nous offre.
Néhémy PIERRE-DAHOMEY : Combats (Ed du Seuil-207p)
Ce deuxième roman de cet auteur haïtien né en 1982 à Port au Prince est une belle surprise.
L’histoire se passe à Haïti en 1842.Le pays est devenu une république il y a 16 ans après avoir consenti à la France une dette, dite « dette de l’indépendance », de 150 millions de franc-or. Le président à vie de l’île, taxe durement les habitants et leur impose des corvées, journées de travail gratuit au profit de l’État. Pour augmenter le rendement de ces corvées, il ordonne des recensements.
Mais à Boen, dans la plaine du Cul de Sac, le caporal Saurel tombe d’un cocotier avant d’avoir pu compter les habitants de ce bourg rural. Cela trouble peu Ludovic Possible, vieux mulâtre et grand propriétaire, qui est devenu notaire, tenant les cahiers de compte de la plaine et qui souhaite ouvrir une école sur ses terres où il voudrait voir aller Aida, fillette de 13 ans, qui ne parle pas. Dans le village, Ludovic bénéficie de l’aide de Timoléon Jean-Baptiste, fils d’un vétéran de la guerre d’indépendance, qui défend les intérêts des paysans. Par contre il se heurte à l’hostilité de son demi-frère Balthazar Possible qui voudrait prendre sa place de notaire.
L’auteur va mettre en scène les luttes entre ces hommes et la découverte des mots par Aida, utilisant une écriture colorée, avec des termes créoles, avec des noms inventifs et imagés tant pour les noms de famille des humains que pour les animaux.
Un roman proche du conte, avec beaucoup de poésie et une belle réflexion sur le pouvoir de la parole.

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Annabelle COMBES : Baisers de collection (Ed Héloïse d’Ormesson – 362 pages)
Quel titre évocateur, baisers de collection !
En effet, il y en a de toutes les couleurs, de forme, d’imagination car Annabelle Combes offre au lecteur un beau roman d’amour intergénérationnel en naviguant entre prose, poésie et peinture.
Etrange roman où Tosca qui n’a jamais pu mener à terme ses grossesses fuit pour la première destination disponible  à l’aéroport et c’est là que la plume experte de l’auteur crée le personnage merveilleux de Ferdinand, un roman à lui tout seul, qui la guidera vers un univers du possible.
Pendant ce temps, Jean, auteur de romans policiers attend Tosca en déambulant dans Paris, mais sa course le guidera par des chemins détournés à nouveau vers Tosca, l’amour de sa vie, son soleil, sa raison d’être, et toujours ponctué de baisers donnés ou à donner, des baisers à suivre pour que ces deux êtres se retrouvent. Oui, ils se retrouvent avec désormais une famille nombreuse et extraordinaire, une famille où les rêves sont comme le baiser de Chagall, une œuvre à lire de gauche à droite, un chemin buissonnier, du grand art.
Cependant, les longues énumérations de couleurs des baisers peuvent lasser le lecteur !
Annabelle Combes  puise dans les musées les plus beaux baisers du monde, elle les offre au lecteur en analysant les gammes chromatiques, c’est un voyage merveilleux qui donne envie de bien vite retourner dans les musées et y admirer à nouveau la magie de la peinture.
Audrey GAILLARD : Justaucorps (Ed. Seuil – 168 page)
Premier roman d’une jeune écrivaine qui a pour objet une adolescente de seize ans – peut être elle-même – patineuse sur glace, dans ses rapports avec son entraineur, un jeune homme d’une trentaine années qui recherche la perfection auprès de ses jeunes adeptes jusqu’à en faire des professionnelles de haut niveau. C’est une histoire banale de nos jours  où pas mal de sportives avérées se sont mises à dévoiler les secrets de leurs performances et entre autre les abus qu’elles ont subi aux prises avec des coaches malsains ou pervers. Le justaucorps c’est ce vêtement qui colle au corps, qui cache ou qui dévoile, consenti, admis. Tout se brouille dans la tête d’une jeune fille de seize ans qui doute, s’émeut s’alarme et se détruit.
Oui c’est un livre actuel, cru, sur le consentement ou la sidération, ou la terreur qui empêche la parole. Toute l’émotion de la jeune femme est perceptible, les limites du non-dit et le prix à payer : Non Laurence ne deviendra pas une une grande patineuse mais une femme brisée. Livre touchant et plein de pudeur malgré la réalité des faits

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Alain MISSOFFE – Philippe FRANCHINI : Femmes de fer (Ed Taillandier – 328 pages)
Ce livre est une plongée dans le monde industriel de la fabrication de la fonte puis de l’acier à travers les rôles des femmes de toute la lignée des Wendel, anoblis en 1722, par le seigneur de Hayange à condition d’assurer la charge de maître des forges.
La position géographique de Hayange à la frontière de l’Allemagne, autrefois la Prusse, bouleversera le développement des forges dès la défaite de la bataille de Sedan perdue par Napoléon III, puis la première et enfin la seconde guerre mondiale. La tâche des héritiers sera de continuer à gérer et essayer de maintenir dans le giron familial le travail et l’investissement financier de leurs ancêtres. Des ancêtres bien secondés par leurs femmes qui comme Marguerite d’Hausen (1720-1802), Joséphine de Fisher de Dicourt (1784-1872), et Berthe de Valserre (1849-1918) continueront l’œuvre de leur mari, institueront des mesures concernant les salaires des ouvriers, les soins gratuits, le statut du personnel, des écoles, un système « maternaliste » pour une population allant jusqu’à 40.000 personnes.
Plus tard Marguerite de Mitry très engagée dans les œuvres catholiques créera l’Union lorraine en suivant l’exemple de sa grand-mère Berthe.
Pendant la seconde guerre mondiale, les femmes Wendel se caractériseront par leur engagement dans la résistance comme Elisabeth de la Panouse ou ses filles Bertanne, Nicole et Oriane.
A noter Hélène de Mitry qui ayant épousé François Missoffe sera plusieurs fois  réélue comme députée, et participera au gouvernement de Raymond Barre.
Des femmes fortes, élevées toutes dans la foi catholique, profondément investies malgré les aléas de l’Histoire, généreuses de leur temps et de leur argent, discrètes malgré leur nom, courageuses en temps de guerre et recevant des distinctions honorifiques du gouvernement français mais aussi anglais et américain.
Une famille magnifique qui a partagé sa vie entre la Lorraine et Paris, côtoyé le Gotha.
Un livre qui lève le voile sur une de ces grandes familles d’industriels français et le rôle très important de leurs femmes.
William SHELLER : William (Ed Equateurs – 493 pages))
Voilà une biographie qui sort des sentiers battus, aussi originale que ce chanteur, l’un des plus talentueux de sa génération.
Né à Paris où il a vécu peu d’années enfant, il part aux Etats-Unis avec sa mère où il a vécu sans le savoir à quelques centaines de kilomètres de son vrai père. William porte le nom de sa mère, Desboeuf, qui lui a caché le nom de son père Mc Leod jusqu’à la mort de sa grand-mère. Ce petit blond aux yeux bleus alors, va apprendre que son père est américain. Trop tard pour le rencontrer car, après bien des recherches, lorsqu’il retrouve sa trace, il est décédé mais retrouve sa famille américaine.
Ainsi se partagera-t-il entre ses deux familles et un beau-père pas très recommandable, pas plus que sa mère d’ailleurs, lui ayant fait de la tôle et elle vivant de menus larcins, d’arnaques, de combines pas très honnêtes, allant jusqu’ à voler son fils.
Arrivé dans les années 70, il nous offre une messe pour un mariage «Lux Aeterna» qui le fera connaître alors qu’il est barbu et chevelu ! Il a alors 26 ans… Comme moi puisque nous sommes presque jumeaux. Il est du 9 juillet 46, moi du 17 juin. Parti pour des études classiques, il va découvrir les Beatles qui vont tout changer.
Mais ce ne sont pas les seules surprises qu’il nous offre en nous racontant sa vie d’homme et de musicien, lui que l’on croyait discret, voire secret, puisqu’il nous déballe avec talent et une plume alerte, sa vie d’artiste mais aussi sa vie d’homme plutôt débridée entre la drogue, une vie sexuelle très mouvement. Il aura deux enfants d’une première femme, vivra avec une autre et partagera sa vie entre elle et son homme de cœur et de lit…
Faut suivre !
Sa carrière est tout aussi mouvementée, prenant de nombreux chemins de traverse, se partageant entre rock et pop, musique classique et musique de films, tubes et symphonies, Arrangements et orchestrations qui l’ont fait travailler avec nombre d’artistes, de Françoise Hardy à Marie-Paule Belle en passant par Barbara avec qui il a été longtemps complice et le quatuor infernal, Catherine Lara, Do, la compagne de celle-ci, Peter son compagnon, Patrick Juvet, et Nicoletta venue se raccrocher avec ces quatre mousquetaires avec qui il a vécu une vie mouvementée, sexe, alcool et rock’n roll !
Il cachait bien son jeu le petit blondinet romantique !
De par ses multi-casquettes il remplira les scènes, de Bobino à l’Olympia, de l’Opéra Garnier au théâtre des champs Elysées.
Il écrira nombre de tubes pour lui et les autres dont celui-ci qui a fait le tour du monde «My year is a day» pour le groupe The Irresistibles, que Dalida a chanté en français et en italien.
Allant souvent où le vent le menait, suivant son instinct, ses rencontres, il a mené une carrière cahotante mais très riche et semée de succès et de quelques ratages.
Il nous raconte tout ça un peu à l’emporte-pièce car il est fâché avec les dates. Il traverse ses deux vies truffées d’anecdotes, d’une belle écriture de véritable auteur. On ne s’ennuie pas une seconde, on attend toujours la suite de ses aventures qui sont un vrai roman. Et il nous parle de sa bisexualité comme une évidence, sans tabou. Et a même à ce sujet beaucoup de recul.
Par contre, il a une manie et deux tics : A chacune de ses maisons (et Dieu sait s’il a déménagé !) il nous en décrit le décor dans les moindres détails, comme pour nous les faire visiter. Et ses phrases sont ponctuées de «bisous» et de «Hum», avec des scènes, elles aussi parsemées de dialogues, ce qui en fait un livre vivant, plein d’humour. Sa vie est un roman !
A la fois dilettante et travailleur, passionné et créatif, William est un être à part dans ce milieu de la musique des années 70 jusqu’aux dernières décennies.
Il y a longtemps que je n’avais pas lu une biographie aussi riche et brillante. Sans compter que j’y ai retrouvé une époque où l’on se partageait les mêmes amis : Juvet, Nicoletta, Catherine  Lara et Do sa compagne d’alors, Annie Cordy, Marie-Paule Belle, Claudine Coster et même son attaché de presse, Jean-Pierre Domboy, avec qui j’ai travaillé en tant que journaliste.
De jolis souvenirs d’un métier où, à l’inverse d’aujourd’hui, on savait s’amuser et on ne se prenait pas la tête !
Nancy HUSTON : Arbre de l’oubli. (Ed Actes Sud – 308 pages)
Le roman commence en 2016.
Shayna Rabestein arrive à Ouagadougou. Elle a un petit carnet noir où tout ce qu’elle va écrire le sera en lettres majuscules car, dit l’auteur, des cris se déchainent désormais en elle.
Elle est la fille de Joël Rabestein, juif new-yorkais, professeur d’anthropologie et de Lili Rose Darrington, professeur de littérature dont la famille protestante vivant à Boston, est d’origine irlandaise.
A travers le récit de la vie de ces trois personnages, on va comprendre d’où vient la souffrance de Shayna, enfant de parents présentant eux même de nombreuses fêlures. On l’écoutera dans ces pages écrites en majuscules qui viennent s’intercaler dans les divers chapitres de périodes différentes dans lesquels l’histoire de cette famille se tisse.
On la suivra dans sa quête de ses origines et dans sa douleur face au sort des femmes africaines emmenées en esclavage au-delà de l’Océan Atlantique.
Un roman de facture classique qui se lit agréablement.

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Edna O’BRIEN : James et Nora (Ed Sabine Wespieser – 92 pages)
Suivi d’une postface de Pierre-Emmanuel DAUZAT : Le yiddish de Joyce
Ce petit livre est un hommage d’Edna O’Brien et de Pierre-Emmanuel Dauzat à James Joyce. Ils se sont tous deux attaqué à la traduction d’ »Ulysse » non sans mal, mais avec beaucoup de recherche et de bonheur.
Un être comme James Joyce n’est pas le commun des mortels, il dort peu, écrit dans dix-sept langues plus les quarante qu’il ne connait pas ! D’où la difficulté du traducteur.
Edna O’Brien fait le portrait du couple que James forme avec Nora, une pulpeuse irlandaise de Galway, un couple lié par le sexe, malheureusement éternellement fauché et fuyant pour échapper aux dettes. C’est surtout la personnalité de Joyce qui stupéfie le lecteur car sa perception de la langue est  déroutante, le sens du son et le son du sens  étant à la base de son écriture !
Jean-Pierre Dauzat propose un vers de Finnegans Wake  en six versions différentes, quelle est la bonne ? Il insiste sur la complexité du yiddish, langue formée de toutes les langues tout comme l’écriture de Joyce où chaque mot est créé à neuf.
Petit livre intéressant, difficile à suivre et qui n’incitera certainement pas le lecteur à se lancer dans la lecture de Joyce.
Sébastien VIDAL : Ça restera comme une lumière. (Ed : Le mot et le reste – 318 pages)
Beau roman d’hommes, de force et de puissance.
Dès le début, la couverture nous plonge dans un cratère étincelant ou peut être dans le cratère d’un volcan. Le héros, militaire au Mali rentre au pays après avoir repris la vie active, ayant perdu un œil au combat, un ami de cœur et beaucoup d’illusions.
Traversant le Morvan de nuit en voiture, il heurte un chevreuil et se retrouve dans le fossé avec  sa voiture hors d’usage et ne sachant que faire. Advienne que pourra il avance dans la nuit guidé par une lueur. Auprès de cette lumière il va trouver un homme solitaire, forgeron de son métier, meurtri lui aussi par la vie et qu’il va apprivoiser, estimer pour son art du feu et sa détresse, dont il va partager la vie jusqu’à nouer des liens très forts en vivant le drame qu’il traverse. Ce qui va le plonger dans des aventures extraordinaires qui vont le sortir de son marasme et de sa solitude .
Il redonnera un sens à sa vie  en découvrant à la fois l’art du feu et du fer et l’amour.
Bon roman très âpre, très fort,  qui nous entraine dans monde de bassesse et de haine mais qui nous donne aussi la recette du bonheur

 




Yves LAMBERT : Pour l’amour du cirque et de son père

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Il était une fois un petit garçon de quatre ans, prénommé Yves, dont le père était passionné de cirque. De cirques, devrais-je dire car il partait avec son fils, un peu partout où s’installait un cirque. Et le petit Yves suivait avec joie ce père vagabond qui lui faisait découvrir des merveilles.
C’est ainsi que des noms comme Bouglione, Jean Richard, Pinder, Rancy, Amar, Gruss et bien d’autres faisaient partie de la magie de son quotidien.
Hélas, à onze ans, le rêve s’effondre avec la disparition de ce père original, lui laissant dans une malle un trésor d’affiches, de programmes, de diapositives et jusqu’à deux maquettes qu’il avait réalisées.
Cette malle, était restée dans un coin de la maison. Durant le Covid et tournant en rond, Yves Lambert l’ouvre enfin et redécouvre tout un pan de son enfance qui remonte à la surface.
Yves est aujourd’hui journaliste et animateur de radio et il décide de dédier un blog sur Internet à ce père regretté.

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Il se trouve qu’au milieu de ce trésor, il découvre trois cassettes audio que son père a enregistrées en allant voir le cirque Jean Richard. Il se pose alors la question : «Que deviendra tout ça lorsque je disparaîtrai ?» Et là, lui vient l’idée de réaliser une émission puis de faire un livre. Pour cela il va restaurer les deux cirques construits par son père, développer les diapos qu’il a réalisées tout au long de ses pérégrinations…  Mais un album photo, qui cela peut-il intéresser ? Sans compter les «anti» qui aujourd’hui veulent écarter tous les animaux des cirques !
Alors, il commence à rechercher des témoins de cette époque et le premier contact qu’il retrouve est Jean Arnaud qui fut commercial au cirque Pinder durant trente ans. Ce sera sa première interview. Grâce à lui, il prend contact avec Carmino d’Angelo qui fut le chef de l’orchestre du même cirque. De fil en anguille, de contact en contact, il rencontre ainsi directeurs de cirques, dresseurs, techniciens, caissières, comptables, artistes de tous bords et même le Monsieur Loyal du cirque Amar, Stephan Gistau.

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oite Alexis Gruss au cirque Jean Richard (1975) –
Achille Zavatta au cirque Pinder-Jean Richard (1974
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C’est ainsi qu’il collecte un grand nombre de témoignages et qu’avec tout ça, il est prêt à écrire ce livre en hommage à la fois au cirque et à son père.
Et le voilà, ce livre, intitulé «En toute circonscience» (Ed Domino), qui sortira le 18 avril, livre qui permettra à toutes générations confondues, de connaître ou de revivre ce que furent ces années magnifiques de cet art à la fois difficile et superbe. Ce temps où les cirques faisaient florès et attiraient des foules innombrables. Il nous entraîne aussi dans les coulisses qui sont le cœur battant d’un cirque, là où tout se joue, tout se prépare.
Mais cela ne s’arrête pas là car, s’il évoque le côté magique et romantique, il parle aussi de côté philosophique, sans compter qu’il raconte aussi l’histoire de son enfance qu’il a retrouvée en ouvrant cette malle, sorte de boîte de Pandore.
Il veut aussi sensibiliser les gens qui pensent que dans un cirque, les animaux sont maltraités, ce qui est loin d’être le cas.
«Avant de juger, il faut connaître, il faut comprendre» me dit-il.
Pour cela, il contacte Jean Arnaud avec qui les échanges commencent, qui va le faire entrer dans le monde circassien. Puis, par l’intermédiaire de Dominique Bragard, auteure du livre « Le cirque et Monsieur Loyal Stephan Gistau », il rencontre Jacques Bruyas, auteur, président des écrivains de la région Rhône-Alpes/Auvergne et défenseur des arts du cirque, qui lui raconte sa passion des animaux.

Microsoft Word - COMUNIQUE PRESS - En toute Cirsconcience - 2021 3

Stéphane Gistau, qui fut un grand Monsieur Loyal, explique les rituels du cirque, les symboliques de cet art en fait peu connus en dehors des spectacles.
C’est un livre-album magnifique illustré de 250 clichés inédits, signés de son père pour la plupart, ce père qui est en fait le fil rouge de cette histoire émaillée de souvenirs d’enfance et de nombreux témoignages de ceux qui ont  contribué à faire du cirque un art total et unique.
Les anciens y retrouveront aussi des tas de souvenirs où, inconfortablement assis sur des planches, ils découvraient la folie des clowns, la force et l’élégance des circassiens, le courage des dresseurs d’animaux, la folie de cette musique reconnaissable entre toutes et le panache de Monsieur Loyal.
Le 18 avril, on fêtera le centenaire de Jean Richard et le 26 juin, sera inaugurée l’école communale de la forêt qui portera son nom à Ermenonville dans l’Oise où celui-ci avait créé un parc plein d’animaux. Évidemment qu’Yves ne manquera pas cet événement !

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En attendant, plongez-vous dans l’histoire du cirque avec ce petit garçon de quatre ans qui découvrait avec émerveillement, grâce à son père, un des arts les plus difficiles et les plus populaires du monde.

Jacques Brachet

 





NOTES de LECTURES

trompette thibert

Laura Trompette : La révérence  de l’éléphant (Ed.Charleston- 374 pages)
Marguerite, 93 ans vit dans un Ehpad, à Cannes,elle est atteinte d’un cancer. On y vit avec elle quelques jours parmi les jalousies et les disputes entre les personnes âgées des deux sexes, souvent pour des futilités.
Roxanne, ancienne joueuse de poker, vient s’occuper d’eux pour les distraire de façon originale et intéressante, par exemple, elle propose à chacun de réaliser son rêve! Très vite, elle se lie d’amitié avec Marguerite dont le rêve est de choisir l’heure de sa mort et de finir sa vie chez son petit-fils Emmanuel, photographe animalier qui vit seul… en Tanzanie! il lutte aussi pour que les éléphants soient protégés des braconniers qui les chassent et les tuent  pour vendre leurs défenses et aussi pour leur conserver leur territoire de vie. Beaucoup de problèmes à résoudre,
Marguerite, très malade réussira t elle à faire un si long voyage ?
Tous les ingrédients sont réuni , l’aventure, l’amour, la mort.
Beau roman d’une jeune fille du siècle passé revisité par le Covid.
Plume fraîche et légère qui adoucit la tristesse du sujet et l’espoir de bonheur
Colin THIBERT : Mon frère, ce zéro (Ed Héloïse d’Ormesson – 236 pages)
Après « Torrentius » publié en 2019, Colin Thibert nous livre en ce début 2021 un roman tout à fait différent mais tout aussi réussi.
Un trio de gars, un peu paumés, rêvant de devenir pleins aux as, pense avoir trouvé un plan parfait, sans armes, sans violence, sans tunnel à creuser. Il suffit d’enlever Jullien, débile léger, pensionnaire dans une maison de santé où travaille l’un d’eux. C’est le jumeau du milliardaire Thibault Dastry, grand patron du CAC 40. Il leur parait aisé d’emmener cet homme inoffensif en Suisse en le faisant passer pour son frère et de lui faire effectuer des virements de plusieurs millions à leur profit.
Évidemment rien ne va se passer comme ils l’avaient imaginé.
C’est une farce désopilante que nous livre l’auteur. On rit, on ne s’ennuie pas un instant. Les dialogues, souvent loufoques, sont enlevés. De multiples personnages agrémentent et pimentent les péripéties de ces bras cassés.
Une lecture divertissante qui fait du bien en cette période morose.

boissard delfino

Janine BOISARD : Roses de sang, roses d’Ouessant (Ed Fayard – 187 pages)
C’est toujours un événement que la sortie d’un roman de Janine Boissard.
Elle sait, comme personne, analyser l’âme humaine et, à l’instar d’un film de Boisset, elle nous plonge dans des ambiances intimes et familiales.
Mais voilà qu’elle nous surprend avec ce nouveau roman, qui est à la fois une histoire d’amour et un thriller !
Ado, Astrid était une fille «unique en son genre», dixit son grand-père aujourd’hui disparu. Unique, pour elle, était synonyme de seule, de solitaire, avec un père absent et une mère qui l’ignore et la rabaisse.
Son père et son grand père disparus, elle passe le plus clair de son temps sur l’île d’Ouessant, dans la maison dont elle a hérité de ce dernier. Elle est devenue illustratrice de livres pour enfants et travaille avec son amie Morgane.
Là, elle retrouve Erwan, que tous considèrent comme le seigneur de l’île et dont elle est secrètement amoureuse depuis ses 17 ans. A 23 ans elle le retrouve et se rend compte que son amour est partagé.
Mais il est marié à une femme instable, malade qui vient de disparaître et que la police recherche.
A partir de là, la romance vire au thriller : Qui est vraiment Erwan ? Quel secret cache-t-il ? Et Marthe, sa gouvernante, que mijote-t-elle ? Et tout se complique avec l’arrivée d’Erik, l’ex d’Astrid qui revient à la charge.
On se croirait, pense-t-elle dans le roman de Daphné du Maurier «Rebecca».
Comment tout cela va-t-il se terminer ?
Vous le saurez en lisant ce roman palpitant dans lequel nous entraîne Janine Brossard, qui s’amuse à nous perdre dans des méandres mais, peu à peu, rassemble les pièces du puzzle. Un roman qu’on ne peut lâcher dès les premières pages.
Un grand moment de lecture.
Jean-Paul DELFINO : L’homme qui marche (Ed Héloïse d’Ormesson – 269 pages)
C’est toujours avec bonheur que sort un roman de Jean-Paul Delfino et le dernier paru  «L’homme qui marche» n’est pas décevant, bien au contraire !
L’auteur nous fait à nouveau parcourir les rues de Paris, surtout le sixième arrondissement  mais bientôt tous les quartiers seront explorés grâce à ce cher Théophraste Santiero atteint d’un étrange syndrome qui déclenche le trépignement des pieds et l’oblige à marcher.
La rencontre géniale de Théo avec le patriarche Anselme Guilledoux, canne blanche mais pas tout à fait aveugle, dans le jardin du Luxembourg est un morceau d’anthologie. Il déclenche néanmoins tout le déroulement de l’histoire que le lecteur aura tout le loisir de découvrir.
C’est l’occasion pour l’auteur de nous faire partager son amour des livres et de leurs auteurs, mais aussi sa bienveillance un brin gouailleuse envers une kyrielle de personnages bien trempés, typiquement parisiens comme la Mère Tapedur, les orphelins du Gay-Lu dernier bar à l’ancienne où se retrouvaient Cothurne, Gégène, la Guigne, Séfanaze, la grande Gisèle, notre marcheur Théo, mis aussi le mendiant cul-de-jatte et l’Anglaise peintre de la délicate rose des sables.
Il y a aussi et surtout cette part d’humour et de rêve déjà apprécié dans un précédent roman «Les pêcheurs d’étoiles», et la délicate éducation de Théo qui finira par comprendre la puissance des mots qu’Anselme lui révèle en disant «Dieu lui-même ne s’y est pas trompé, la première phrase de la Bible dit «Au commencement était le Verbe»
A lire pour le plaisir et surtout à faire partager. Un régal.

Calmel vuong

Mireille CALMEL : La louve cathare – Tome 1 (Ed XO – 391p)
Ce roman nous fait remonter le temps. Nous sommes à Paris sur l’île de la Cité en novembre 1226. Dans le quartier du port Saint- Landry vit Griffonnelle, audacieuse jeune fille de 16 ans, qui dérobe les bourses des messieurs argentés, avec l’aide de son ami le nain Triboulet. Elle complète ainsi les revenus de sa mère, Mahaut, qui vit de ses charmes dans le bordel tenu par la maquerelle Gaia. Mais un homme balafré vient menacer Mahaut en lui réclamant une carte et la tue férocement. Commence alors une dangereuse quête de la vérité sur les origines de Mahaut et les causes de ce crime.
Dès le prologue, l’auteur nous a mis sur la piste en mettant en scène une femme nommée Na Loba tuant un homme dans une mine d’or de la Montagne Noire, justifiant le titre de son ouvrage. Le balafré c’est Amaury de Montfort, fils de Simon de Montfort qui fit de nombreuses exactions en poursuivant les cathares.
Complot, assassinat, tentative d’empoisonnement, trahison, amours impossibles : tous les ressorts du roman de cape et d’épée sont utilisés avec efficacité par l’auteur. Mais c’est beaucoup dire que d’affirmer qu’il s’agit là d’un roman historique, même si la vie au XIIIème siècle est bien décrite, et si les personnages de l’époque dont notamment Blanche de Castille sont assez bien vus.
Le lecteur qui se sera laissé séduire par ce récit en partie imaginaire puisque inspiré d’une légende et par les péripéties pleines de suspense de Griffonnelle aura hâte de se procurer le deuxième tome de cette histoire.
Ocean VUONG : Un bref instant de splendeur (Ed Gallimard – 290 pages)
Traduit de l’américain par Marguerite Capelle
Un fils écrit à sa mère une longue, une très longue lettre qu’elle ne lira jamais. Ce fils a été élevé par sa mère et sa grand-mère, des femmes vietnamiennes martyrisées, violentées pendant la guerre. Lui ne connait pas le Vietnam mais il vit les traumatismes passés selon les sautes d’humeur, les terreurs, les violences de sa mère, la table devient son refuge car il peut s’y cacher et se protéger des prochaines salves. Son nom, Little Dog (petit chien), donné par la grand-mère, le préservera des esprits malins.
Car comment survivre à tout ce passé où sans salaire ni sécurité sociale, le corps étant le seul matériau avec lequel et à partir duquel travailler ?
Et c’est par le travail dans une plantation de tabac que Little Dog à quinze ans, respirera la liberté, découvrira la vérité sur son corps, un corps attiré par celui de Trevor, un corps qui lui révèlera son homosexualité mais surtout une grande et véritable histoire d’amour.
Cette lettre révèle les violences mais aussi la beauté à préserver et à chérir pour échapper aux coups, une beauté retrouvée dans le vol des monarques, magnifiques papillons, dans l’instantanéité d’un saut de chevreuil. C’est la lettre des «je me souviens», des souvenirs poignants de sincérité, de vulnérabilité, de sensibilité.
L’auteur est vietnamien, américain, homosexuel, il a pour seul trésor  «ce bref instant de splendeur, cet instant qu’il nous est donné de voir, un instant qui n’existe qu’à l’orée de sa disparition»
Un premier livre qui percute le lecteur par les violences subies, écrit avec subtilité, poésie et beaucoup de douceur.

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Philippe BROSSAT : «Londres & Liverpool avec les Beatles»
(Ed Le mot et le reste – 281 pages)

Nos quatre garçons dans le vent, on le sait tous, nous viennent de Liverpool. Purs anglais, ils y sont nés et ont toujours vécu en Angleterre entre leur ville natale et Londres.
Un Londres d’où, dans les 60, partait toutes les modes, qu’elles soient artistiques, musicales, vestimentaires, devançaient les Etats-Unis qui restaient à la traîne.
D’abord inconnus puis devenues des stars mondiales. Ils ont toujours travaillé et vécu dans leur pays, même si, une fois stars, ils ont traversé le monde.
Mais Londres et Liverpool ont été marqués par leur vie et à chaque coin de rue, on les retrouve, des fameux studios d’Abbey Road à ce passage pour piétons face aux studios, qu’ils traversèrent pieds nus et qui est devenu un lieu cultissime où chacun s’y fait photographier.
Philippe Brossart a décidé de nous faire serpenter les rues, ruelles, avenues, places, «roads and streets », où les Beatles sont passés et ont laissé une empreinte, de la boutique Apple, qu’ils avaient créée à Baker street à toutes les maisons où ils ont vécu, du musée Tussauds où ils sont figés dans la cire au quartier de Mayfair où tous les people se retrouvaient, de Saville road où ils s’habillaient aux bureaux d’Apple, leur maison de production, du premier Hard Road Café à Old Park Lane, où l’on retrouve exposé des vêtements et des objets leur ayant appartenu, Chelsea, Soho, Carnaby Street…
Philippe Brossat nous plonge dans le monde des Beatles avec ce livre, à la fois guide touristique et véritable encyclopédie car, à chaque lieu qu’il nous fait visiter, y sont accompagnées une histoire, une anecdote.
C’est un fourmillement d’adresses, de lieux qui nous mènent de Covent Garden à Westminster jusqu’à Buckingham Palace, qui nous font entrer dans les appartements où ils ont vécus ensemble, seuls ou avec femmes ou compagnes, découvrir nos Fab Four statufiés à Waterfront, à Liverpool.
Nous nous baladons ainsi de quartier en quartier d’une ville à l’autre, à travers la vie des Beatles, nous passons d’une époque à l’autre sans chronologie mais le voyage est passionnant, le travail impressionnant.
Si vous partez là-bas emportez ce livre-guide et vous découvrirez comment vivaient Paul, George,  John et Ringo entre deux villes qu’ils n’ont en fait jamais quittées.
Ivan JABLONKA : Un garçon comme vous et moi (Ed Seuil – 294pages)
Par cette affirmation l’auteur nous livre ce long travail de recherches et de précision dont il est coutumier pour nous faire partager son cheminement vers l’état de garçon, d’homme qu’il est devenu ; C’est l’historique de sa recherche que nous traversons depuis sa naissance dans une famille intellectuelle juive désirant un enfant parfait. Partant de son journal d’enfance tenu par sa famille il évoque avec minutie son passage à l’école maternelle avec ses dessins puis primaire, l’adolescence studieuse, l’armée, le mariage. Tout y est. Passages minutieux et attendrissants quand on a un fils de son âge et que son parcours fait appel à notre vécu.
Il évoque aussi ses difficultés après les affrontements avec son père dont il est sorti souvent meurtri au point de faire une analyse après avoir frôlé le suicide.
On en retire une impression forte de réussite même avec ses failles et surtout  le fait qu’il réfute une masculinité flamboyante du mec, du macho mais plutôt d’un genre masculin féminin réconcilié.
L’écriture en phrases courtes et sèches modère un peu l’effet narcissique du ressenti, de sa vie certes bien remplie et bien réussie .

NICOLETTA – Hervé VILARD… Ils chantent, ils écrivent

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J’ai rencontré Nicoletta et Hervé Vilard le même jour, je l’ai souvent raconté.
Hervé faisait partie des trois mousquetaires révélations de l’année avec Michèle Torr et Christophe, partis en tournée d’été. Nous étions en 65.
Et puis, dans les coulisses, il y avait une jeune femme joyeuse et heureuse d’être là. Elle était habilleuse d’Hervé et se nommait Nicole Grisoni.
Dès ce moment, nous avons beaucoup ri ensemble sans savoir que quelques mois après, Nicole Grisoni deviendrait Nicoletta.
Hormis avec Christophe qui était toujours un peu à l’écart je suis, dès cette tournée, devenu ami avec les trois autres.
Nous avions le même âge, nous débutions tous (moi, dans le journalisme) et de cette tournée, nous ne nous sommes jamais perdus de vue, malgré le succès de chacun. A cette époque, les artistes ne se considéraient pas comme des stars, étaient abordables et tellement heureux de ce qui leur arrivait.
J’ai donc suivi leurs péripéties, leur succès, leurs tournées, leurs galas, leurs galères et je ne compte plus le nombre d’articles que j’ai pu faire d’eux.
Les décennies ont passé, avec elles leur carrière s’est prolongée jusqu’à ce jour où, hormis Hervé qui a décidé d’arrêter de chanter, les deux chanteuses continuent leur carrière avec des fans fidèles depuis les premiers jours.

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Chacun a déjà écrit sa biographie mais aujourd’hui, hasard des parutions, Hervé et Nicoletta sortent un livre.
Hervé VILARD : «J’ai des attitudes d’hommes mais je rêve encore comme un enfant ».
Hervé en est à son troisième livre, le premier, «L’âme seule», sorti en 2006, le second, «Le bal des papillon», sorti un an après.
Chacun a fait un tel carton qu’aujourd’hui ils sont entrés dans les écoles !
Depuis longtemps il était déjà sur le troisième mais entretemps il y a eu les tournées «Âge Tendre» auxquelles il a fini par participer après avoir refusé longtemps. Mais son amie Michèle Torr a fini par le faire capituler.
Et puis, un peu lassé par le métier, il a décidé de faire ses adieux à la scène en nous offrant un ultime Olympia en 2018.
Et il termine enfin, loin de la foule déchaînée, le troisième volet de ses mémoires : «Du lierre dans les arbres» (Ed Fayard)
C’est un livre triste et nostalgique. Celle d’un homme au crépuscule de sa vie, qui a laissé derrière lui un métier qu’il a adoré mais ne lui convient plus et qui s’enferme dans la solitude du presbytère de son enfance dans le Berry qu’il achète mais dans lequel il se retrouve seul avec son chien, les habitants du village étant méfiants vis-à-vis de «la vedette» qui revient et ne trouvant de la tendresse qu’avec la vieille Simone qu’il va aimer jusqu’à sa mort.
Ce livre est une errance d’un homme désabusé, mal dans sa peau, mal dans sa vie, qui fréquente un monde hétéroclite du show biz à la haute bourgeoisie, des voyous aux personnes de passage, ramenées chez lui les soirs de beuverie. Sexe, drogue, alcool…
Le livre démarre en Amérique Latine où il s’est exilé. Il va y perdre sa compagne et l’enfant qu’ils attendaient dans un accident. Du coup, il revient à Paris retrouver un métier qui l’a oublié mais il va y revenir en force en rencontrant Toto Cotugno qui lui offrira de grands succès : «Méditerranéenne», «Nous», «Reviens», «Venise pour l’éternité»…
Il retrouvera le village de son enfance dans ce presbytère qu’i rachète et rénove, où l’abbé Angrand l’a élevé et a été sa famille de substitution. Mais là encore, il ne se sent pas à sa place, les habitants le boudent, les fans le harcèlent… Il y a Simone et son chien qui le retiennent à un semblant de bonheur.
Et puis il y a des morts autour de lui : sa mère, Blanche, qu’il a retrouvée,
Dalida, Marguerite Duras, des amis très chers, puis Son chien, Simone… «La mort m’agrippe par les cheveux» écrit-il. Il n’a plus rien à faire en ce lieu qu’il revendra.
L’écriture est toujours magnifique, même si le livre est un peu décousu,  e surtoutt très sombre, à l’image de sa vie. Il laisse errer ses pensées qui ne sont pas des plus gaies et l’on sent un homme profondément triste, marqué par son enfance, solitaire, qui n’aura eu en fait de bonheur que sur scène. «Sur scène je me livre, à défaut de me révéler» écrit-il encore.
J’ai souvent rencontré Hervé et l’on avait eu l’occasion de parler de ses deux premiers livres qui avaient eu le succès que l’on connaît et qui lui avaient donné des moments de grand bonheur.

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Hervé, te voilà donc devenu écrivain ?
« C’est un bien grand mot par rapport aux grands écrivains qui existent. Disons que je suis un chanteur qui écrit. Ce virus de l’écriture, tu sais, il y a longtemps que je l’ai puisque, si j’ai pu écrire ce livre, c’est grâce à tous ces cahiers que je n’ai jamais cessé de remplir depuis mon plus jeune âge. Et ça m’a bien servi pour remettre les événements dans leur contexte et avec les dates certifiées Mais j’ai mis du temps à sauter le pas en me posant beaucoup de questions.
Lesquelles ?
D’abord, il me fallait les années, la maturité car écrire sa vie, il faut l’avoir vécue, c’est quelque chose de très singulier et des livres de chanteurs, il y en a des tonnes et tous ne sont souvent qu’anecdotiques avec quelques photos souvenirs au milieu.
Tant qu’à faire quelque chose, je voulais que ce soit parfait et je ne voulais pas « que » raconter ma vie. Je voulais qu’il y ait du ressenti, qu’à la limite, ceux qui ne connaissent pas Hervé Vilard puissent le lire comme un roman. Bien sûr, c’est ma propre histoire mais encore faut-il en faire quelque chose de bien, que ce ne soit pas écrit dans la douleur, que ce ne soit pas larmoyant.
Il fallait donc un temps d’assimilation et puis d’écriture, de réécriture car je suis perfectionniste… il y a quelques métaphores dont je suis content !
J’avoue que j’ai adoré ça.
A tel point que voilà ton troisième ! Comment travailles-tu ?
Je travaille et retravaille dès l’aube, en regardant par la fenêtre. C’est un très bel exercice, un travail sur soi et je prends le recul nécessaire pour écrire et relire mes carnets…
C’est quoi, ces carnets ?
J’ai pris des notes durant toutes mes tournées, mes voyages, dès le départ de  ma carrière. C’était pour passer le temps et puis, je pensais sincèrement que cette période serait éphémère, que je n’en ferais pas vraiment un métier parce que le succès était arrivé trop vite. A force, c’est devenu quelque chose d’habituel, de nécessaire. Et j’ai toujours continué !
Dans ce second volet, il était surtout question de ce succès autour de « Capri c’est fini » et de tes premières tournées… Nicoletta, Michèle Torr, Dalida, tes amies et… Claude François qui en prenait un coup !
Je voulais montrer les deux côtés de ce métier. Faire un parallèle, par exemple, entre Claude et Dalida, liés par les mêmes déracinements, les mêmes problèmes, heurs et malheurs mais dont le comportement était diamétralement opposé. Entre l’idole inhumaine et la femme de cœur. Entre la revanche et la passion du métier et au milieu, le public que l’un bafouait et l’autre adorait. Dalida était une personne humaine, sensible, qui s’intéressait aux gens, qui donnait une chance aux chanteurs comme moi, Mike Brant, Jean-Luc Lahaye. Claude avait un côté inhumain, il traitait  les gens avec qui il travaillait comme des esclaves, il ne supportait pas le succès d’autres chanteurs qu’il voyait toujours comme des ennemis. En fait, il ne pensait qu’à lui. Pour Nicoletta et Michèle, c’est la jeunesse qui nous a réunis et puis la tendresse qu’on se porte toujours.
Aujourd’hui tu as pris du recul avec le métier de chanteur. Comment le vois-tu ?

Comme on le voit tous. Sans humanité. La passion, l’amour du métier ont laissé la place au marketing. On lance une chanson, un artiste, on l’appelle d’ailleurs « produit », ce qui est significatif… Et après, il ne reste plus grand chose.
Les jeunes d’aujourd’hui, pour certains du moins, ont le même désir, les mêmes espoirs que j’avais. Mais moi je me sentais épaulé, j’avais autour de moi des gens qui me considéraient, qui m’aimaient, qui m’aidaient. Alors qu’aujourd’hui on les lâche dès que ça marche moins.
On vit une époque où tout est cloisonné. A la nôtre il n’y avait pas cette ségrégation !
Je me souviens d’une rencontre avec Brassens qui me chantait  «Capri» avec joie, de Brel lorsque j’ai chanté en première partie de son spectacle, qui était là avec son corps, ses yeux… Nous étions à Rio, il y avait 40.000 personnes et je chantais pour Brel. Il m’écoutait avec sa force, sa vérité. Ferré qui était un ange avec Nicoletta… Pour ceux-là, j’ai essayé de m’appliquer toute ma vie
Mais aujourd’hui, tout ça est en moi, avec moi et lorsque j’ai fait mon 13ème Olympia il y avait toutes ces mères qui me portaient et pour certaines… je pourrais être leur père !
Et puis je suis parti à Toronto, Chicago, New- York… J’ai quand même cinq Carnegie Hall à mon actif !… Pas mal non, après tout ce qu’on a pu dire sur moi !… Tant qu’il y aura du linge aux fenêtres, je chanterai pour ces gens et je serai fier d’être populaire.
Il faut se dire qu’on est des élus et qu’on fait le plus beau métier du monde»
Ce plus beau métier du monde, il l’a aujourd’hui occulté pour écrire et vivre sa vie d’homme laissant sa vie d’artiste derrière lui. Et devenir écrivain, même s’il préfère dire qu’il est un «chanteur qui écrit»
«Pour toi, qu’est-ce que ça représente, un livre ?
C’est un objet. Un bel, un magnifique objet. Lorsqu’on le prend, il n’y a plus de barrière entre l’auteur et le lecteur.
Mais tout ce que je te dis, c’est de la littérature. Pour moi, l’important est qu’on soit fier de moi et c’est pour ça que pour moi, remplir un Zénith ne veut rien dire. Ça ne m’intéresse pas. Je ne critique pas ceux qui le font, je n’ai pas à juger mais je préfère faire envie que pitié.
Le petit chanteur populaire a quand même chanté Brecht, Duras, Genet…
Oui et il faut être gonflé pour faire ça, non ? Et pourtant, quoi de plus naturel que de rendre ces gens magnifiques populaires ? De continuer à les faire vivre, à faire vivre leur œuvre ? Ils sont immortels.
Avec ces auteurs, j’ai l’impression d’être allé au bout de mes convictions.
Quel plus beau cadeau que de savoir que mon premier livre devient un sujet du bac, et surtout, qui aurait pu le prévoir ?
Après ça, on peut dire n’importe quoi. Je suis à la fois bouleversé et heureux et je tâche d’être à la hauteur d’un tel honneur.
J’ai des attitudes d’hommes mais je rêve encore comme un enfant « .
Un enfant blessé qui se prénommait René. Et ce René-là l’a suivi toute sa vie.

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NICOLETTA, cinquante ans de passion
Du jour où nous nous sommes rencontrés, j’ai suivi de près la carrière de Nicoletta. Carrière qui alla crescendo avec nombre de succès qui sont encore dans toutes les mémoires, de «La musique», reprise pour le générique de la Star Academy, à «Il est mort le soleil» dont son ami Ray Charles a fait une version américaine en passant par «Fio Maravilha» que lui a offert Jorge Ben «Mamy Blue» que Joe Starr a repris en duo avec elle, «Jeff» que Delon lui a demandé pour le générique du film éponyme, «Les volets clos» générique du film de Brialy que celui-ci lui a proposé, «Esmeralda» dont elle joua le rôle-titre de la comédie musicale de William Sheller… Par contre,  à cause de sa maison de disques, elle a raté le rôle de Dulcinée auprès de Jacques Brel, qui lui avait proposé le rôle de sa comédie musicale «L’homme de la Mancha»…
A ses débuts, elle fit la première partie d’Adamo, de Johnny, d’Eddy Mitchell, on ne compte pas les belles rencontres qu’elle fit, de Jimmy Hendrix à Charles Aznavour car sa voix s’adaptait à tous les genres, de la chanson traditionnelle au rock, au jazz, en passant par le gospel qui fut son premier amour et la décida à devenir chanteuse.
Depuis pas mal de temps déjà, elle continue à chanter le gospel dans les églises.
Au départ pourtant, elle était plutôt destinée aux arts plastiques car elle a un coup de crayon formidable. J’ai d’ailleurs un dessin qu’elle m’a offert.
C’est grâce à Hervé Vilard, avec qui elle partagea les mêmes galères qui la fit entrer dans la musique. Lui débutait, elle, n’allait pas tarder à le rejoindre. En attendant, elle fit plein de petits métiers, essentiellement dans des boîtes de nuit où elle pouvait pousser la voix, à tel point qu’enfin, Léo Missir, bras droit de Barclay, la découvrit.
Elle avait déjà raconté son enfance malmenée dans son livre «La maison d’en face». Petite fille savoyarde née d’un viol, sa mère étant déficiente mentale, elle avait rencontré son père par hasard, alors qu’il vivait en face de chez sa grand-mère qui l’élevait et qu’il ne voulut jamais connaître. Le seul mot qu’elle eut de lui, lorsqu’elle osa lui dire qu’elle était sa fille fut : «Et merde» !
C’est donc une belle revanche sur la vie que cette carrière magnifique qu’elle poursuit aujourd’hui. Entourée de son second mari, Jean-Christophe Molinier et de son fils Alexandre, issu de son premier mariage avec un bijoutier suisse, Patrick Chapuis. Hasard amusant, son prof de chant s’appelait le père Molinier et son prof de dessin se nommait Patrick Chapuis !
Dans ce magnifique album «Nicoletta, soul sister» (Ed Cherche-Midi), elle revient sur tous ces événements de sa vie de femme et d’artiste et c’est tout au long de ces pages qu’on remonte le temps jusqu’à aujourd’hui avec une magnifique iconographie, très souvent inédite où, de page en page, la brune Nicole Grisoni est devenue la blonde Nicoletta à la voix ample, puissante, «la seule chanteuse blanche à la voix noire» disait son ami Ray Charles !
Je me souviens d’un soir d’été où j’étais en vacances et elle en concert, dans sa Savoie natale. Après le concert où l’orage menaçait, il éclata alors qu’on était tous les deux dans la caravane. Durant une heure elle me parla de son enfance, racontant mille anecdotes marrantes même si ce ne fut pas toujours tout rose pour elle.

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D’où lui venait cette énergie ? Elle me l’expliqua :
 » La force de vaincre et d’avancer, oui, sûrement. Le talent, je crois qu’on l’a en soi et qu’il faut le cultiver mais ce n’est pas parce qu’on a été malheureux dans sa jeunesse que ça donne du talent. Il y a partout des gens qui ont du talent mais il est une chose certaine c’est que lorsque tu es dans la merde tu n’as que deux solutions : ou tu te suicides ou tu décuples tes forces pour t’en sortir, ce que j’ai fait. J’ai d’ailleurs fait les deux ! Il est évident qu’un mec qui vit dans une famille aisée, sans problème et à qui tout qui tombe tout cru dans la bouche, sera moins aguerri, plus ramolli et n’aura pas cette volonté farouche de sortir du trou. Après, ça dépend aussi de ton caractère.
Mon enfance, elle est en moi, dans mon cœur, dans ma tête. Elle ne m’a jamais quittée.
Et puis j’ai eu la chance que ça marche pour moi.
Et ça a été une période drôle et folle.
C’était la belle époque des grandes tournées !
Oui, on partait pour deux, trois mois, j’ai fait les premières parties d’Adamo, Eddy, Johnny, on s’amusait beaucoup, on était heureux de chanter. Rappelle-toi comme c’était joyeux ! Les tournées c’était quelque chose, pas comme aujourd’hui où tout le monde est coincé et se prend au sérieux.
Nous, nous faisions bien notre métier mais nous gardions du temps pour nous amuser et j’ai beaucoup de peine en pensant à C Jérôme, à Carlos, à Johnny, car on en a fait des rigolades ensemble…
Ce sont de sacrés beaux souvenirs. Aujourd’hui, le métier a beaucoup changé…Seul reste le public, fidèle et grâce à qui aujourd’hui, à plus de 50 ans de carrière, je suis toujours là. Mais c’est parce que j’ai toujours été près de lui et c’est la leçon que m’a apprise Adamo : toujours respecter le public.
Je suis rarement partie d’un spectacle sans saluer les fans, signer photos et disques… comme ne le font plus « les jeunes stars » d’aujourd’hui. Rencontrer les gens qui t’aiment et grâce à qui tu peux continuer de faire ce métier, c’est la moindre des choses, non ? Et en plus, ça me plait.
Alors, je ne fais pas de Zéniths, je fais des petites salles, des grandes salles, des salles moyennes, des églises et je suis heureuse !
Je suis devenue productrice, c’est la condition sine qua non pour continuer et pour pouvoir être maître de tout, même si les majors voient ça d’un mauvais œil et nous mettent les bâtons dans les roues car il y a de plus en plus de chanteurs qui le font !
Les radios, les télés, ne font plus beaucoup appel à nous sauf pour chanter nos sempiternels succès.
Mais aujourd’hui c’est comme ça, il faut s’y faire et prendre le bon lorsqu’il vient”.
Et c’est ce qu’elle fait

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C’était le temps des folles tournées !!!

Jacques Brachet


AGENDA

1Johnny, Rautureau Putzulu… Chacun son histoire…

1
Six-Fours : Le Six N’Etoiles part en live

1
Châteauvallon : L’été des retrouvailles

NUMEROS UTILES
AIX-en-PROVENCE
LE JEU DE PAUME : 04.42.99.12.00 – jeudepaume@lestheatres.netwww.lestheatres.net
BANDOL
Théâtre Jules Verne : 04 94 29 22 70
BRIANCON
THEÂTRE LA CADRAN : 04.92.25.52.52 – theatre-le-cadran@wanadoo.fr
CANNES
PALAIS DES FESTIVALS : 04.92.99.33.83 – sortiracannes@palaisdesfestivals.com
DRAGUIGNAN
THEÂTRE en DRACENIE : 04.94.50.59.59 – www.theatresendracenie.com
GAP
LA PASSERELLE : 04.92.52.52.52 – info@theatre-la-passerelle.com
GRASSE
THEÂTRE DE GRASSE : 04.93.40.53.00 – www.theatredegrasse.cominfo@theatredegrasse.com
HYERES
CASINO DES PALMIERS : 04.94.00.78.80 – www.ville-hyeres.fr
LA CIOTAT
LA CHAUDRONNERIE : 09 70 25 20 00 – lachaudronnerie-laciotat.com
LA GARDE
LE ROCHER – 04.94.03.58.62 – le-rocher@ville-lagarde.frwww.ville-lagarde.fr
LA SEYNE-sur-MER
7ème VAGUE – 04.94.06.02.52 – cafetheatre7vague@gmail.com
LA VALETTE
THEÂTRE MARELIOS – ESPACE PIERRE BEL – LA TOMATE – CINEMA HENRI VERNEUIL –
ESPACE ALBERT CAMUS : 04.94.23.62.06 – culture@lavalatte83.frwww.lavalette83.fr
LE CANNET
La Palestre : 04 93 46 48 88
LE PRADET
ESPACE DES ARTS : 04.94.01.77.34 – culture@le-pradet.fr
MARSEILLE
CITE DE LA MUSIQUE : 04.91.39.28.28 – www.citemusique-marseille.com
LA CRIEE : 04.91.54.70.54 – www.theatre-lacriee.com
LE GYMNASE : 04.91.24.35.24 – gymnase@lestheatres.netwww.lestheatres.net
LE GYPTIS : 04.91.11.41.50 – www.theatregyptis.com
ODEON : 04 96 12 52 74   – www.contact-odeon@marseille.fr
OPERA : 04 91 55.11.10 – www.opera.marseille.fr
THEÂTRE DE LENCHE   – MINI-THEÂTRE DU PANIER : 04.91.91.52.22 – lenche@wanadoo.frwww.theatredelenche.info
LE SILO : 04 91 90 00 00 – www.lesilo-marseille.fr
THEÂTRE TOURSKY : 04.91.02.58.35 – www.toursky.org
NICE
NIKAÏA : 04 92 29 31 29 – www.nikaia.fr
PALAIS DE LA MEDITERRANEE : 04 92 14 77 00
THEÂTRE LINO VENTURA : 04 97 00 10 70
THEÂTRE FRANCIS GAG – 04 94 00 78 50 – theatre-francis-gag.org – theatre.fgag@ville-nice.fr
OLLIOULES
CHÂTEAUVALLON : 04.94.22.02.02 – www.chateauvallon.com
SANARY
CASINO DU COLOMBET : 04 94 88 52 10 – service-culturel@casino-sanary-sur-mer.fr
THEÂTRE GALLI : 04.94.88.53.90 – www.sanarysurmer.com
SIX-FOURS
ESPACE MALRAUX : 04 94 74 77 79 – www.espace-malraux.fr
THEÂTRE DAUDET : 06.65.62.59.69 – www.labarjaque.com
TOULON
LE COLBERT : 04 94 64 01 58 – www.lecolbert.fr
OPERA : 04.94.93.03.76 – operadetoulon@tpmed.org
PALAIS NEPTUNE : 04.98.00.83.83 – info@congresneptune.com
THEÂTRE LIBERTE : 04 98 00 56 76 – www.theatre-liberte.fr
ZENITH-OMEGA : 04.72.32.09.29 – appel@appelspectacles.com

Par suite de la décision du gouvernement annulant ou reportant tous les spectacles, il n’y aura pas d’agenda en février… Attendons de voir la suite des événements.

CONCERTS – CHANSONS
AVRIL

Vendredi 2 avril 20h, le Dôme, Marseille : Stars 80
Samedi 3 avril 20h, Nikaïa, Nice : Stars 80
Dimanche 4 avril  19h, le Silo, Marseille : Iggy Pop
Mercredi 14 avril 20h, Espace Julien, Marseille : Dick Annegarn
Dimanche 18 avril 15h, la Palestre, le Cannet : Yannick Noah
Vendredi 27 avril 20h30, Théâtre Toursky, Marseille : Louis Chédid
Jeudi 29 avril 20h, Nikaïa, Nice : I Am
MAI
Mercredi 26 mai 20h, Zénith-Oméga, Toulon : Véronic Dicaire « Showgirl
Vendredi 28 mai 20h30, le Dôme, Marseille : Patrick Bruel
Dimanche 30 mai 18h, Zénith-Oméga, Toulon : Stars 80
JUIN
Jeudi 3 juin 20h, Nikaïa, Nice : Vitaa/Slimane « Versus »
Vendredi 4 juin 20h30, le Silo, Marseille : Carla Bruni
Lundi 7 juin 20h30, le Dôme, Marseille : Lara Fabian
Mardi 8 juin 20h30, la Palestre, le Cannet : Lara Fabian
Dimanche 13 juin 15h, Arena, Aix-en-Provence : Kids United
SEPTEMBRE
Dimanche 19 septembre 18h, le Dôme, Marseille : Christophe Maé « La vie d’artiste »
Samedi 25 septembre 20h30, le Silo, Marseille : Tryo
OCTOBRE
Vendredi 1er octobre 20h, Zénith-Oméga, Toulon : Dadju « ROA Miel Tour »
Samedi 2 octobre 20h, Arena, Aix-en-Provence : Dadju « ROA Miel Tour »
NOVEMBRE
Mercredi 3 novembre 20h, Nikaïa, Nice, Vitaa/Slimane « Versus »
Vendredi 5 novembre 20h, le Dôme, Marseille : Vitaa/Slimane « Versus »
Samedi 20 novembre 20h, le Dôme, Marseille : Section d’Assaut
Mercredi 24 novembre 20h, le Silo, Marseille : Jane Birkin « Oh pardon, tu dormais »

MUSIQUES du MONDE

JAZZ – BLUES – MUSIQUES ACTUELLES

OPÉRAS – SPECTACLES MUSICAUX
MAI
Mercredi 4 mai 20h, le Dôme, Marseille : Eric Serra « Le grand bleu »

CLASSIQUE-LYRIQUE

DANSE

HUMOUR
MARS
Samedi 13 mars 20h, le Silo, Marseille : 60 minutes avec Kheiron
Vendredi 26 mars 20h, la Chaudronnerie, la Ciotat : Vincent Dedienne
AVRIL
Jeudi 1er avril 20h, Espace Julien, Marseille : Jean-Luc Lemoine « Brut »
Vendredi 16 avril 20h30, Théâtre Galli, Sanary : Jeremy Ferrari « Anesthésie générale »
JUIN
Vendredi 11 juin 20h, Espace Julien, Marseille : Tom Villa « Les nommés sont… »
NOVEMBRE
Samedi 20 nocembre 20h30, Théâtre Galli, Sanary : « Certifié Mado »

THÉÂTRE
MAI
Dimanche 2 mai 17h, Théâtre Galli, Sanary : « Louis XVI.com » de et avec Patrick Sébastien, avec Virginie Pradal, Geneviève Gil, Jeanne-Marie Ducarré, Fred Vastaire. Mise en scène Olivier Lejeune
NOVEMBRE
Dimanche 21 novembre 17h, Théâtre Galli, Sanary : « Pair et manque » avec Vincent Lagaff et Christian Vadim

JEUNE PUBLIC – CIRQUE – ILLUSION – MAGIE




















NOTES de LECTURES

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Ariane ASCARIDE : Bonjour Pa’ (Ed Seuil – 125 pages)
Ariane Ascaride fait partie des plus belles comédienne du cinéma et du théâtre français.
Comme nombre d’artistes aujourd’hui, durant les deux confinements, elle est restée cloîtrée chez elle et a dû abandonner plusieurs projets qui sont annulés ou reportés.
N’étant pas femme à pleurer sur son sort, durant le premier confinement, elle a décidé de se mettre à l’écriture, de mettre sur papier, au jour le jour, ses idées, ses pensées et elle a eu l’originale idée de les consigner sous forme de lettres qu’elle envoyait à son père… qui est décédé. D’où le sous-titre du livre «Lettres au fantôme de mon père».
C’est donc un livre doublement prétexte à renouer avec ce père qu’elle aimait, de lui rendre hommage et de raconter au jour le jour ce qu’elle vivait et les pensées qui lui traversaient l’esprit.
Lorsqu’on connaît un tant soit peu la comédienne, on sait qu’elle n’a pas la langue dans sa poche, qu’elle est franche du collier et lorsqu’elle doit dire quelque chose à quelqu’un, elle n’envoie personne pour le lui dire !
Du coup, ce livre est une suite de messages épistolaires, à chaque jour une idée, une pensée, une colère, une mise au point qu’elle raconte à ce père disparu.
Elle parle donc de sa famille, émigrés italiens, qui a eu du mal à trouver sa place en France, faisant un parallèles entre ces émigrés d’hier et ceux d’aujourd’hui qui sont surtout arabes et africains et qui vivent les mêmes problèmes.
Elle parle de cet affreux virus qui l’a faite s’éloigner de ses enfants et petits-enfants, de ce manque de pouvoir les embrasser, les serrer dans ses bras, de cet enfant qui va naître et que cette grand-mère qu’elle est ne pourra prendre et ne voir que ses yeux à cause de ce masque qu’il faut porter qui fait de tous des gens incognitos, ce qui favorise les voleurs. Elle évoque l’impudeur des réseaux sociaux où n’importe qui peut déballer et dire n’importe quoi, la télé-réalité et les jeux radio et télé qui promettent des sommes folles et des célébrités feu de paille.
Elle crie sa colère contre la ministre de la Culture et le gouvernement en général qui ne savent pas où ils vont, qui avancent, qui reculent et qui font de notre pays un pays du tiers monde dont la culture disparait.
Des journaux télévisés qui, à longueur de journée assènent des nouvelles qui, le lendemain seront démenties, de tous ces médecins et professeurs qui se montent tour à tout pour dire tout et son contraire, ce qui lui fait cesser de suivre les infos.
C’est en fait la femme de tous les jours qui s’exprime cash, dans une plume alerte car elle écrit bien, notre comédienne. On connaissait d’elle ses combats, ses idées, qu’elle n’a jamais cachés, qu’elle a toujours proclamés à haute voix et dont elle sait que sa carrière a quelquefois pâti. Et là, on découvre une vraie écrivaine qui, sous prétexte d’écrire à son père, nous offre son mal être de confinée qui reste debout, combattante…
L’Ariane Ascaride qu’on connait en fait et qu’on aime pour tout cela, la femme et la comédienne étant une seule et même personne.
Emmanuel CARRERE : Yoga (Ed P.O.L – 397 pages)
Ce livre, contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, n’est pas un nouveau manuel de développement personnel. C’est un ouvrage dans lequel Emmanuel Carrère livre le récit de ses quatre dernières années, organisé en cinq grands chapitres titrés, eux-mêmes divisés en sous-ensembles également titrés. Cinq moments de la vie du romancier : un stage de yoga, l’onde de choc provoquée par l’attentat au journal Charlie Hebdo, son hospitalisation pour une dépression sévère, un séjour dans une île accueillant des migrants, son espoir de vivre heureux malgré la maladie.
L’auteur nous livre ses faiblesses, ses bassesses. On est touché par ses malheurs. Le style est fluide et agréable. L’autodérision et l’humour sont permanents.
En cours de lecture, l’auteur nous précise que tout n’est pas vérité, qu’il a n’a pas tout dit, s’étant engagé à protéger son entourage. Dès lors, que retenir de cette fiction autobiographique ? Un fouillis de rencontres et d’expériences plus ou moins réelles, au travers d’une souffrance morale intolérable.
Le lecteur se sent floué, choqué par l’expression de cette souffrance d’un homme riche et dépressif comparée à celle d’enfants réfugiés qui ont tout quitté.
La mode est aux ouvrages d’écrivains déballant leur intimité, de façon plus ou moins sincère.
On peut se demander ce que la littérature a à y gagner ?
Véronique  PITTOLO :  A la piscine avec Norbert (Ed. seuil – 166 pages)
L’héroïne  de ce roman est obsédée par son corps vieillissant.
Elle a cinquante ans… Sa vie se résume quotidiennement à nager en piscine, à « s’envoyer en l’air » avec n’importe qui.
Elle nous abreuve de beaucoup de détails sexuels qui, à la longue, sont lassants. Entre ses débats physiques elle divague avec son copain Norbert, amant de base, sur les sujets de la vie : sexe évidemment, salaire des patrons du CAC 40, des migrants, de « Me too », de sa future retraite etc…
L’écriture est  légère mais le roman mériterait moins d’amants Meetic, plus étranges les uns que les autres.
Quelques passages intéressants mais rien n’est approfondi

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Lionel FROISSART : Punto Basta (Ed Héloise  d’Ormesson – 182 pages)
Jocelyne employée au service des cartes grises à la Préfecture de Paris est une célibataire assez  solitaire qui s’offre de temps en temps une sortie pour retrouver ses copines autour d’un repas. Rentrant un soir  de sa tournée festive dans Paris au volant de sa petite Fiat Uno blanche, alors qu’elle s’engouffre dans le tunnel du Pont de l’Alma, elle est percutée par une grosse voiture noire qui s’encastre dans un des piliers. Elle en est quitte pour une grande frayeur et rejoint toute tremblante son domicile. Le lendemain matin l’effervescence journalistique la réveille avec la nouvelle de l’accident mortel de Lady Di, notant la présence d’une mystérieuse Fiat Uno blanche au moment de l’accident. Mais alors est elle impliquée ? Fautive ? Témoin ?
L’auteur nous fait alors, pénétrer dans les méandres du cerveau de la jeune fille qui affolée mais lucide va se lancer dans des conjonctures effrayantes pour comprendre son rôle et comment se sortir de ce mauvais pas. C’est là que l’auteur, journaliste sportif de son état, se lance avec talent dans le cerveau de la jeune fille afin d’imaginer la suite de cette catastrophe nationale. Imaginant les tribulations de Jocelyne ainsi que ses efforts pour s’innocenter, il dénoue la situation ubuesque avec amour et tendresse et nous offre un moment  de malice, opposant le destin de la petite employée et de la grande dame accidentée.
Bien écrit, bien étudié. C’est un gentil moment de lecture agréable malgré le drame qu’il couvre.
Marie NDIAYE : La vengeance m’appartient (Ed Gallimard – 232 pages)
Le 5 janvier 2019, à Bordeaux, Maître Susanne, avocate récemment installée, reçoit la visite de Gilles Principaux qui lui demande de devenir le nouveau défenseur de son épouse Marlyne, poursuivie pour d’avoir tué leurs trois enfants de six et quatre ans et de six mois, en les noyant dans la baignoire.
Dès l’entrée de cet homme dans son cabinet, l’avocate pense avoir déjà vu cette personne. Ne serait-il pas le jeune homme qu’elle a rencontré quand elle avait dix ans, alors qu’elle accompagnait sa mère qui était allée faire du repassage dans la maison bourgeoise où habitait celui-ci ?
Maître Suzanne, dont le prénom ne sera jamais révélé au lecteur, n’aura de cesse de chercher, avec ou sans l’aide de sa mère, à retrouver la mémoire de cette après-midi. Que s’était-il vraiment passé ? Peut-elle avoir confiance en ses souvenirs ?
A ce malaise s’ajoute celui provoqué par la personnalité de Marlyne, sa cliente et encore plus celle du mari de celle-ci. Et puis il y a les mensonges de Sharon, la mauricienne sans papier que Maître Susanne fait travailler comme employée de maison en toute illégalité puisque son dossier de demande de séjour n’est toujours pas déposé.
Le lecteur est perdu dans les méandres du récit de la vie et des pensées de l’avocate et ne trouve aucune solution aux mystères mis en scènes. Il ne saura pas à qui la vengeance appartient.
Voilà un roman bien particulier, tant dans son histoire que dans son écriture. Des longues phrases, un vocabulaire précieux, des monologues sans fin (10 pages pour celui de Marlyne), des phrases en italiques reprenant les pensées de Maître Susanne.
Cela paraît tenir plus de la performance stylistique que du talent.
Philippe BESSON: le dernier enfant (Ed Julliard  – 208 pages)
Comme l’auteur l’a déjà fait dans de précédents romans l’action est canalisée sur une seule journée et c’est avec émotion qu’il va se glisser  dans le personnage d’une mère  le temps d’une journée, celle du déménagement et de l’installation  du dernier fils de la maison qui part afin de commencer ses études universitaires et s’installer dans sa nouvelle vie de jeune ’adulte
Cette mère, une « madame tout le monde » pleine de pudeur,  simple et réellement vraie mais qui a déjà vu le départ de ses deux ainés, a prévu chaque acte de cet abandon du foyer et planifié le rôle de chacun : mari, fils, mère. L’auteur s’installe dans sa tête et dans son cœur afin de nous faire partager son désarroi dans la banalité de la vie quotidienne, Et le vide que sera le sien. C’est l’autopsie d’un cœur d’une mère qui n’arrive pas à envisager son avenir dans un nid vide.
C’est un roman tout en douceur mais en déchirement tout de même ; bon roman plein d’amour et de tristesse même si la fin est quelque peu mélo. La couleur sépia de la couverture nous avait déjà préparés à la mélancolie de ce départ.

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Andreï MAKINE : L’ami arménien ( Ed Grasset – 214 pages)
Andreï Makine remonte dans ses souvenirs de jeunesse pour nous faire partager une amitié étrange  qu’il l’a lié à Vardan, jeune arménien, plutôt malingre, aux yeux étranges et donc victime facile pour les caïds d’un pensionnat en Sibérie. Mieux vaut être une créature musclée ou alors être muni d’une ceinture affutée pour lutter contre les méchants. C’est le cas de l’auteur qui instinctivement défend Vardan, lequel l’accueille dans sa famille. Une famille qui habite au Bout du Diable, sert du vrai café dans de vraies tasses et une cafetière d’argent, qui le vouvoie,  une famille qui attend une sentence du tribunal pour libérer le mari de Gulizar, superbe fille du Caucase. Vardan se démarque du monde extérieur par sa douceur, il appartient au monde qui respecte les anciens, un monde dominé par le souvenir du Mont Ararat et de deux photos rappelant une famille nombreuse et heureuse et aujourd’hui vraisemblablement disparue. Vardan est atteint de l’étrange maladie arménienne et manque régulièrement les cours, un prétexte merveilleux pour l’auteur qui s’inquiète régulièrement de son ami et découvre les secrets d’une vie de migrants.
Étrangement l’auteur retrouve son professeur de math, et perçoit alors la richesse d’une culture autre, des découvertes magiques dans son univers brutal. Car Vardan lui ouvre les yeux sur le rêve, la douceur, la beauté d’un vol d’oies sauvages et  «les émotions fortes qui dilatent le temps».
Andreï Makine a eu la chance extraordinaire de connaître un temps cette famille généreuse que la tragédie d’un peuple a obligé à fuir son pays. Le lecteur entre sans effraction chez des gens qui malgré les errances gardent toujours la tête haute dans le respect des traditions.
Il y a beaucoup de poésie, de lucidité et d’émotion dans ce roman, une histoire qui a des accents d’actualité avec le dernier conflit du Haut Karabakh.
Sylvie GERMAIN. Brèves de solitude (Ed Albin Michel – 212 pages)
En ville, des promeneurs se croisent dans un square et s’observent rapidement.
Un ancien prof, une vieille dame  à l’air revêche, un écrivain raté, une étudiante, une femme qui se relève d’un cancer, un migrant, une prostituée…
L’auteur imagine leur vie et leur caractère.
Inattendu avec le confinement qui impose la sidération, l’inconnu, le vide, le silence. Ce repli sur soi face à de multitudes formes de solitude. Chacun confronté à sa vie intérieure. Ils n’ont plus qu’eux-mêmes à regarder et se voient d’un autre oeil. Tout est chamboulé.
Écrit en deux mois, ce roman est le premier sorti sur le coronavirus  et frappe fort !  Grande observatrice de ses contemporains l’auteure imagine le destin de chacun où le tragique se mêle à la tendresse et parfois à la dérision ainsi que le vertige de l’esseulement à la force de l’amitié.
Très très bon roman.
Nana KWAME ADJEI-BRENYAH : Friday Black (Ed Albin Michel – 272 pages)
Traduit de l’américain par Stéphane Roques
Le premier livre de Nana Kwame Adjei-Brenyah démontre la violence d’une société dominée par les blancs et par conséquent la réaction des noirs. Il suffit à l’auteur d’écrire quelques nouvelles indépendantes les unes des autres pour créer un monde où domine la peur, le malaise saisit le lecteur qui est obligé de réfléchir et de prendre conscience de ce qui pourrait ou pourra arriver si les hommes continuent à se maintenir dans un système de la surpuissance du blanc sur le noir.
A chacun ses armes !
La première nouvelle glace le sang quand on découvre le massacre sanglant de cinq enfants innocents noirs découpés à la tronçonneuse pour protéger deux enfants blancs. De la sauvagerie ? de la folie ? de l’horreur ! La nouvelle qui donne son titre au livre Black Friday démontre l’absurdité d’un système de vente et comment transformer un être humain en fauve pour acquérir un simple blouson. Dans la nouvelle «L’ère», tout est comptabilisé et il est possible de s’améliorer en accédant au produit dopant.. Une famille refuse cette escalade sans fin et préfère le monde d’avant, ce monde qui offre un horizon de paix et de tranquillité, loin de ceux qu’on appelle les  têtes baissées», ce monde pour lequel un gâteau reste une douceur autorisée.
Ces douze petites nouvelles dérangent. Un amateur de science-fiction appréciera sans doute, le lecteur non initié finira le livre atterré, accablé, anéanti. Il refusera ce monde atroce que nous présente l’auteur. Mais c’est le but, il faut prendre conscience de l’immense injustice imposée aux noirs tout simplement parce qu’ils sont noirs. Il fait redouter et refuser ce monde impitoyable et apocalyptique.
Une lecture difficile.

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Barbara LEBRUN : Dalida, mythe et mémoire (Ed Le mot et le reste – 341 pages)
De son vivant, comme depuis sa disparition il y a 34 ans, on a tout dit sur Dalida, le meilleur comme le pire, infos ou intox, on ne compte plus le nombre de livres parus sur elle, bios, fausses ou vraies, hommages, albums, témoignages, là encore vrais ou faux, d’amis ou de soi-disant amis…
Bref, les livres ne se comptent plus et voilà qu’un Nième livre sort sur elle : «Dalida, mythe et mémoire», écrit par Barbara Lebrun, enseignante à Manchester, s’intéressant à la chanson en général et ayant écrit plusieurs livres sur le rock, la chanson populaire, la musique…
Et la voilà qui s’attaque à Dalida, mythe s’il en est un mais on est loin des biographies plus ou moins approximatives, on est là sur une vraie thèse, ce qui fait tout l’intérêt de son livre.
Elle déconstruit et dissèque l’œuvre de l’artistes, année après année, chanson après chanson, mode après mode… Dalida, artiste on ne peut plus plurielle puisqu’elle a traversé les  modes, les mouvances, s’y raccrochant ou les précédant. Sa carrière fut étroitement mêlée à sa vie personnelle, faite de joies et de drames, qui a fait ce qu’elle est devenue. Et Barbara fait aussi le parallèle entre la femme et l’artiste qui, souvent se confondent mais aussi se contrarient.
Dalida était une artiste populaire dans le sens le plus large du terme, qu’elle fut tout autant critiquée qu’encensée, adorée ou détestée, déesse ou ringarde, moderne ou kitch…
Mais ça c’était avant… Avant qu’elle ne disparaisse comme on le sait et tout à coup, la voici devenue mythe.
Barbara passe cette carrière au peigne très, très fin, une carrière multiple, certains diront incohérente qui va de «Bambino»  au «sixième jour», passant des ritournelles italo-espagnoles, au rock et au twist, des chansons exotiques à la grande chanson française,de  la chanson arabe venue de son pays natal, l’Egypte,  au disco et  au spectacle à l’américaine…
Chez Dalida, il y a tout autant du mystère que de la magie, même si les zones sombres sont pléthore. Barbara Lebrun ne peut que constater une évolution constante chez cette chanteuse qui ne vivait que pour son métier et était prête à tout chanter pour rester au sommet. Ce qu’elle fit d’ailleurs avec plus ou moins de bonheur mais toujours avec une grande sincérité.
Elle démarre dans un contexte méditerranéen où les vedettes sont Tino Rossi le corse, Rina Ketty et Gloria Lasso les espagnoles, Luis Mariano le basque, Amalia Rodrigues la portugaise et les chanteurs dits «exotiques» comme Joséphine Baker, Bob Azzam, Dario Moreno… Du coup, ses premières chansons seront empruntées à l’Espagne et l’Italie.
Et puis arrivent le twist et le rock. Elle se situe donc entre les anciens et les modernes, en équilibre sur deux modes et elle chantera donc ce que chantent les nouvelles idoles que sont Johnny Hallyday, Richard Anthony, Danyel Gérard. Souvent d’ailleurs, ils se partageront les mêmes chansons et elle se battra bec et ongles avant de dévier et de revenir à des chansons plus traditionnelles.
De la brune aux cheveux de jais, au regard noir outrageusement maquillé, à la bouche pulpeuse, aux formes rondes, elle deviendra cette liane blonde dont les cheveux et l’accent seront ses atouts majeurs et dont chaque apparition sera un ébahissement devant ses robes offertes par les plus grands couturiers.
Ringarde ? Démodée ? Avant-gardiste ? Elle fut tout cela mais avant tout elle reste authentique.
Barbara Lebrun s’est vraiment investie dans la vie et l’œuvre de cette artiste aux multiples facettes, et elle nous offre là un livre unique par rapport à tous ceux qui sont sortis depuis trente ans. Peut-être parce qu’elle prend un recul par rapport à cette artiste qu’elle n’aime ni déteste car elle ne l’a pas connue. Un très beau travail d’investigation.
Viola ARDONE : le train des enfants (Ed. Albin Michel  – 304 pages)
Les enfants ce sont ceux des quartiers pauvres de Naples, dans les ruelles sombres et surpeuplées où survivent les familles désaxées, dans les années de guerre. Le parti communiste organise pour eux un départ vers le Nord de l’Italie  où des familles plus aisées vont les accueillir pour des vacances plus paisibles..
Ce sont eux qui prennent le train à Naples encadrés de bénévoles qui veulent leur faire connaitre des jour meilleurs. La séparation est déchirante, l’installation chaotique, chacun trouvant ou pas son bonheur.
Nous allons suivre Amérigo, huit ans, qui raconte sa peine, ses amis, qui a été élevé par une mère qu’il adore, qui n’a pas trop eu le temps ni les moyens de s’occuper de lui tant sa vie est une épreuve. Nous allons donc le suivre dans sa nouvelle famille d’accueil, heureux à la ferme et accepté par eux. Ce sera pour lui une grande aventure pleine de découvertes et de bonheur mais qui lui posera d’énormes chagrins. Retourner chez sa mère qui l’aime ? Revenir chez ceux qui l’ont révélé à la vie ?
C’est son histoire merveilleuse et sans pathos que nous suivrons dans ce prodigieux roman plein d’amour et de réalisme.
Benjamin CASTALDI : Je vous ai tant aimés… (Ed du Rocher – 283 pages)
Il beaucoup été écrit sur le couple mythique Signoret-Montant. Du vrai comme du faux et même du n’importe quoi.
Mais là c’est Bejamin Castaldi, petit-fils de Simone Signoret, dont les parents sont Catherine Allégret, fille issue de son premier mariage avec le réalisateur Yves Allégret  et du comédien Jean-Pierre Castaldi. Du coup on est déjà plus enclin à croire ses écrits  en collaboration avec Frédéric Massot et de plus, il très documenté, avec de très beaux et très émouvants passages.
C’est vrai qu’il était jeune lorsque sa «mémé» comme il l’appelait, est décédée aveugle et atteinte d’un cancer mais ces quinze années passées auprès d’elle et de Montand ont été très marquante pour ce jeune garçon qui n’appréhenda que plus tard le couple de stars que formaient Signoret et Montand.
Il nous fait donc entrer dans son intimité et du coup dans la leur, en nous racontant ce qu’il a vécu auprès cet homme et de cette femme, à leur côtés, sans pour autant occulter leurs métiers, leurs combats et en s’appuyant aussi de la magnifique autobiographie de sa grand-mère «La nostalgie n’est plus ce qu’elle était».
Le livre débute avec originalité puisqu’il nous raconte leur première rencontre à la Colombe d’Or de St Paul de Vence sous forme du scénario d’un film. Ainsi entre-t-on de plain-pied dans la formation de ce couple qui, à la ville comme à la scène et sur écran, reste l’un des plus grands, des plus beaux de l’histoire du cinéma français et de l’Histoire elle-même.
Le style est vif, alerte, empreint d’une grande tendresse tant Benjamin admirait les deux artistes et  adorait sa grand-mère et ce père de substitution.
Il nous parle de cet amour exclusif qu’ils ont partagé, même si celui-ci fut irrémédiablement entaché par la liaison qui fit scandale de Montand avec Marylin Monroe. De ce jour, même  s’ils ne se séparèrent jamais, quelque chose se cassa entre eux et surtout chez Simone Signoret qui commença à cette époque, à boire, à grossir… A vieillir, pendant que Montand, lui, continuait ses frasques.
Toute leur vie, ils ont combattu pour de justes causes, mettant souvent leur métier en péril mais toujours avec une grande honnêteté et mettant souvent à mal leur propre vie, alimentée par les médias et même par le frère d’Yves Montant, Julien, extrémiste de gauche qui lui en voulut jusqu’à sa mort d’avoir soi-disant «retourné sa veste» alors qu’il ne s’éloigna du communisme qu’après son voyage en Russie où beaucoup de choses lui apparurent, qu’il ne pouvait plus cautionner.
Il y a dans ce livre des morceaux d’anthologie comme le dialogue surréaliste du couple et surtout de Montand avec Khrouchtchev où l’on s’aperçoit que Montand avait des… du courage !
Il nous fait revivre à la façon d’un Claude Sautet, les week-ends dans leur maison d’Autheuil où chaque invité était un personnage célèbre et cultivé. Ce qu’il réalisa plus tard.
Il retrace le passage d’une lettre de Simone à Yves qui lui dit ses quatre vérités et le traite de personnage égocentrique, ce qu’il était vraiment.
Il nous retrace les grands moments de ces deux stars connues internationalement, leurs débuts, chacun venant de deux mondes tellement différents qu’on a peine à comprendre qu’ils aient pu faire une vie ensemble.
Un seul petit bémol : une suite sans fin d’énumérations en tous genres : noms et prénoms, adjectifs, verbes, films, chansons et autres, qui alourdissent un peu le récit.
Malgré cela, celui-ci est passionnant, il nous plonge dans le contexte historique de leur époque et dans leurs vies d’artistes tellement riches et belles.
Un très bel hommage à deux idoles que sont sa mémé et son mari !

 

 

NOTES de LECTURES

CP Gaëlle Josse 2 Legoff

Gaëlle JOSSE : Ce matin-là (Ed Notabilia – 216 pages)
Pour Clara, jeune femme brillante qui vient d’avoir une promotion dans sa société financière, la vie s’annonce sous les meilleurs auspices, et côté cœur, elle a un petit ami avec lequel elle envisage un avenir.
Mais, patatras, un matin, c’est le gros burn out, un blocage terrifiant qui la terrasse, l’écrase. Dormir, oui, dormir pour ne pas avoir à se lever, à se laver, à répondre au téléphone, à vivre. L’ami très cher se lasse, les copines de bureau sont là, mais leur monde n’est plus celui de Clara. Une thérapie, des médecins psychiatres, encore faut-il trouver le bon, c’est la marche à suivre normale, plus ou moins satisfaisante car le temps passe et l’angoisse s’installe, il va falloir réfléchir à l’avenir.
L’avenir pour Clara est toutefois dans le passé, une amie qui lui offre une autre façon de vivre, qui lui rappelle ses aspirations de jeune fille.
Un livre de deux cents pages plein d’espérance, d’ailleurs Gaëlle Josse cite un extrait des « Grandes Espérances de Dickens » : « Nous ne devrions jamais avoir honte de nos larmes, car c’est une pluie qui disperse la poussière recouvrant nos cœurs endurcis ».
Ce matin-là, oui, Clara sombre mais cet autre matin-là, elle se relève.
Un livre à faire circuler pour montrer que la lumière est au bout du chemin.

Catherine LE GOFF : La robe Une odyssée (Ed Favre – 305 pages)
Ce second roman de la psychologue Catherine Le Goff fait preuve d’originalité en mettant en scène une robe et ses divers propriétaires de 1900 à 2010.
C’est une élégante robe noire crée par un couturier en 1900 pour la femme d’un notaire de province. Elle va passer de mains en mains au gré de l’imagination de l’auteur, en marquant la vie d’hommes et de femmes.
Chacun a un intérêt différent vis-à-vis de ce vêtement, mais tous seront influencés par lui alors qu’ils traversent les évènements mondiaux ayant marqué toute l’histoire du XXème siècle.
En dix-sept chapitres très denses, se déroule un vrai feuilleton, la robe étant volée, perdue, offerte, achetée, retrouvée.
Malgré quelques invraisemblances, on s’attache aux différents détenteurs de cette robe et on s’intéresse à leurs destins entrelacés, pleins de mystère et d’émotions, entre Paris, Berlin et New York.

3 Delacourt 4 Delerm

Grégoire DELACOURT : Un jour viendra couleur d’orange. (Ed Grasset -267 ages)
Un livre au titre mystérieux et aux chapitres courts portants des noms de couleurs, tels une palette de peintre, qui décrivent les sentiments des personnages. C’est un roman doux amer que nous livre Grégoire Delacourt.
Le titre est tiré d’un poème de Louis Aragon de 1936.
Federico Garcia Lorca vient d’être assassiné par les franquistes mais Aragon veut continuer à espérer en un monde meilleur tout comme Delacourt aujourd’hui dans ce récit.
Les couleurs, le jeune Geoffroy y est très sensible. Même qu’il ne mange que si les aliments qui sont dans son assiette sont présentés dans leur chromaticité, à savoir du plus clair au plus foncé. Il a 13 ans, vit dans le Nord avec ses parents Pierre et Louise Delattre. Il est autiste Asperger et sa différence rend sa vie difficile.
Difficile aussi la vie de son père, Pierre, devenu vigile à mi-temps chez Auchan après un licenciement et qui a rejoint le mouvement des gilets jaunes, passant par la violence, sa colère contre la société et les hommes politiques mais aussi face à ce fils qu’il ne comprend pas.
Heureusement, il y a Louise, l’épouse et mère, infirmière en soins palliatifs, aussi dévouée et bienveillante envers les malades qu’avec son fils. Et aussi Djamila, la jeune collégienne aux yeux vert Véronaise, la seule amie de Geoffroy.
Dans une écriture délicate et poétique, le romancier aborde les sujets de notre siècle : les désillusions des citoyens face à leurs gouvernants, la misère, l’injustice, la violence, le racisme, l’intégrisme, la différence.
Un beau roman, malgré un manque de crédibilité dans la relation de Louise avec un patient ainsi qu’une fin qui ne nous a pas convaincu.

Philippe DELERM : La vie en relief ( Ed. Seuil –  240 page)
Une fois de plus l’auteur se met en scène afin de nous faire partager son expérience de la traversée des années, de la lente construction de son personnage jusqu’à l’âge mûr dans lequel il trouve l’apaisement, l’achèvement de ses doutes et de ses questionnements. Vivre, c’est vivre le temps présent, accepter les problèmes avec sérénité et jouir de son passé indispensable à son devenir. C’est trouver la beauté dans l’ordinaire des choses. C’est écouter le bruit du temps qui passe. Ce livre c’est la recette de l’accès à la sérénité.
Magnifiquement, écrit, calme et profond, l’auteur arrive à faire partager sa quête de réussite et de bonheur à travers l’acceptation de toutes les petites choses.
Beaucoup de poésie et de belles images apaisantes. Mais c’est un constat, pas une marche à suivre. Lui l’a atteint Mais… est-ce à la portée de tout un chacun ?

5 Paris 6 Desbiolles

Gilles PARIS : La lumière est à moi (Ed J’ai lu – 218 page)
C’est une série de nouvelles qui étaient sorties en 2018 chez Flammarion, qui ressort dans la collection J’ai lu en même temps que le dernier livre de l’auteur «Certains cœurs lâchent pour trois fois rien» également paru chez Flammarion (Voir article).
Ces nouvelles sont des histoires de petits héros de tous les jours (des filles souvent), de tous pays, des héros malmenés par la vie pour diverse raisons : des parents disparus, de enfants maltraités qui vont se créer une vie dans un monde qu’ils s’inventent,  d’espoir, de joie, d’amour dont ils manquent, afin d’oublier leur vraie vie.
Ces mini-portraits sont faits de souffrance mais pleins de poésie, de tendresse, d’onirisme. D’espoir.
Ils s’inventent un ami, un amour, une autre famille, cherchent un ailleurs pour pouvoir vivre, survivre et espérer.
Méprisés, malmenés, abandonnés et livrés à eux-mêmes, incompris ils s’inventent une autre vie, plus belle, faite d’un bonheur qu’ils n’ont pas et qui les aident à supporter le poids de leur jeune vie.
Dans toutes ces nouvelles, et lorsqu’on connait un tant soit peu les écrits de l’auteur, on l’y retrouve invariablement, sous d’autres latitudes, dans d’autres mondes mais toujours avec cette marque au fer rouge qui ne guérira qu’avec de l’espoir, s’inventant un présent, un futur qui les aide à affronter leur jeune vie.
C’est beau, tendre, émouvant et l’on s’attache à chaque fois à Aaron, Ethel, Anna, Brune et les autres, tous ces enfants en manque d’amour dont la résilience passe par le rêve afin de retrouver la lumière.

Maryline DESBIOLLES : Le neveu d’Anchise ( Ed.Seuil – 144 pages)
Maryline Desbiolles est l’auteur d’une vingtaine de livres.
Originaire de Savoie elle vit dans l’arrière pays niçois.
Récompensée en 1999 pour « Anchise » elle reprend aujourd’hui une suite avec »Le neveu d’Anchise », Aubin.
Cet adolescent a peu connu ce grand oncle apiculteur farouche, reclu sur ses terres, veuf inconsolable qui s’est suicidé par le feu, mais il a connu sa maison abandonnée, rasée à ce jour pour faire place à une déchetterie. Aubin jeune garçon renfermé et nostalgique qui parcourt la campagne dans les pas de son grand oncle, cherche les souvenirs qui l’aideront à franchir le seuil de l’enfance. C’est au travers de ses rencontres avec la nature, la musique, la vie qu’il connaitra par l’accompagnement entre autres d’Adl  le jeune gardien..
C’est l’occasion pour l’auteur de revenir sur ses grands thèmes de recherche : l’origine, l’imprégnation des souvenirs, la perte du réel et la nostalgie d’une campagne qui est maintenant réduite aux déchets. Avec à la fois un grand lyrisme sur les traces laissées par un passé révolu et la simplicité du ton adopté elle nous présente une période révolue éteinte.

7 De Montety 8 grainville

Etienne de MONTETY : La grande épreuve (Ed Stock – 300 pages)
La grande épreuve, grand prix du roman de l’Académie Française 2020 est une plongée sombre et effrayante dans une version copié-collé de l’attentat du Père Hamel dans l’église de St Etienne du Rouvray en 2016.
L’auteur remonte le temps et analyse la cassure psychologique du jeune et futur terroriste, comment un jeune homme élevé dans une famille aimante bascule dans l’horreur indicible. Il démontre l’engrenage, le silence, le secret, les réseaux qui mènent à l’assassinat, il parle d’un prêtre qui a connu la guerre en Algérie, a trouvé la foi dans l’eucharistie, mais qui aujourd’hui subit l’usure du temps, la désertification des églises, repense à Camus qui dans « La Peste » écrit « Peut-on être un saint sans Dieu ? »
L’église est aussi un lieu sûr de prière pour sœur Agnès, une femme qui vit dans les zones de non-droit, qui évolue dans un monde de démunis, offre sourires et aide à son prochain sans distinction de religion ni statut.
L’auteur, chapitre après chapitre, révèle le déroulé du futur assassinat du Padre, le jeune David qui se transforme en Daoud, Hicham petit délinquant que la prison a radicalisé et qui est prêt pour le sacrifice suprême à la cause de l’islam, et surtout éliminer tous les mécréants.
C’est un livre angoissant qui pointe l’évolution d’un monde, soit exigeant, soit indifférent, un monde qui communique mal, un monde qui va trop vite et ne laisse plus le temps à la culture et à la réflexion.
Oui, des attentats qui envahissent les médias, mais ce n’est certainement pas la solution à des mondes qui s’affrontent. C’est la question que tout un chacun doit se poser.

Patrick GRAINVILLE : Les yeux de Milos ( Ed du Seuil – 345 pages)
Patrick Grainville ne surprend pas son lecteur en écrivant sur la peinture et la vie des peintres. Dans ce nouveau roman, il dissèque la vie et l’œuvre de Picasso, il y associe la vie tragique de Nicolas de Staël.
Milos, prénom original, un prénom qui évoque la Grèce, la mythologie et la Méditerranée, Milos a des yeux extraordinairement bleus, un bleu qui fascine, qui électrise, des yeux qu’il doit protéger derrière des lunettes noires pour échapper à la brillance du soleil mais aussi à la curiosité des femmes. Milos fait des études d’archéologie, vit à Antibes la ville de Picasso et celle où Nicolas de Staël s’est suicidé. Milos fouille dans les grottes, les cavernes à la suite de l’abbé Henri Breuil qui a parcouru l’Afrique, en parallèle. Il est imprégné par la peinture violente de Picasso, son Minotaure, son Guernica, son enlèvement des sabines, les innombrables portraits de ses femmes et maitresses, et surtout la corrida, combat mortel de l’homme face au taureau. Ce combat c’est aussi la domination du sexe, un sexe que Milos retrouve dans les peintures des aurignaciens en France, un sexe non maitrisable et qui entraine Picasso dans une série de conquêtes de toutes jeunes filles parfois abandonnées, parfois cachées, un sexe qui tuera Nicolas de Staël fuyant depuis son plus jeune âge la Russie, puis la Belgique, puis une femme . Milos aussi séduit les femmes, Marine, Samantha, Vivie, il court après un rêve qu’il concrétise dans son imaginaire de ces deux grands peintres.
Le bleu, les taureaux, les cavernes, la guerre, le sexe, la vie, la mort, un rythme effréné que Patrick Grainville impose au lecteur. Il faut reconnaitre à l’auteur une connaissance exhaustive de la vie mouvementée de Picasso mais aussi regretter la moindre importance qu’il accorde à Nicolas de Staël dans ce roman.
Une lecture épuisante, hachée, qui vire parfois au cauchemar, en espérant qu’on puisse s’enréveiller et n’en garder que la part du rêve.

 


Gilles PARIS : Certains cœurs lâchent pour trois fois rien (Ed Flammarion)

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 «Tu es une merde, tu ne feras rien de ta vie»
C’est avec ces «mots d’amour», qu’entre humiliation, coups de poing, de pied, de ceinture, de son père, Gilles Paris a  dû essayer de se construire.
Gilles est romancier et attaché de presse d’auteurs, donc des deux côtés de la barricade de l’édition qu’il pratique avec talent et passion.
Parmi ses autres romans à succès «Ma vie de courgette» fut un succès mondial qui a également fait l’objet d’un film.
C’est donc entre les violences d’un père et une mère lointaine qui laisse faire, que Gilles va suivre son chemin de souffrance, entre deux dépressions et quelques tentatives de suicide. Un long cheminement, un long tunnel, un itinéraire d’un enfant pas gâté du tout.
Son enfance, son adolescence, sa vie d’homme, il essaiera de les construire  tant bien que mal, ses suicides étant plus des appels au secours qu’une véritable envie d’en finir.
Sa vie chaotique est en dents de scie, entre deux métiers qu’il aime et essaie de faire au mieux malgré ses passages d’hôpitaux en établissements psychiatriques.
Son histoire est l’histoire d’une errance, d’une recherche de soi, un combat de tous les jours qu’il nous raconte avec à la fois émotion et lucidité.
Son histoire est poignante et ressemble à celles des écrivains  maudits qui noient leur mal être dans toutes les drogues possibles, l’alcool et le sexe. Une vie de débauche, de tous les excès.
Mais à chaque fois, tel un Phénix, il renait de ses cendres. Après une tentative, un médecin lui a dit cette phrase : «Certains cœurs lâchent pour trois fois rien». Le sien résiste, aidé par Laurent, son ami, son amour, son mari, toujours à ses côtés dans le meilleur comme dans le pire, fidèle, patient, compréhensif et quelquefois aussi paumé que lui.
Auteurs de romans magnifiques, malgré les succès, le burn out n’est jamais loin et il le voit chaque fois venir avec angoisse. Après cette lecture, si l’on a lu ses romans, on le retrouve dans chacun d’eux, tapi dans un personnage.
Il a besoin d’exister mais lorsqu’on est une merde, c’est un pari difficile à tenir.

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Il ne vit que par ses deux passions, par Laurent, par la musique. Ce sont ses bouées de sauvetage.
Quand on le connaît tant soit peu (j’ai eu l’occasion de le rencontrer dans des fêtes des livres et je travaille avec lui depuis longtemps) on a l’impression d’un homme calme, serein, gentil mais derrière cette façade, la tempête gronde toujours…
Cet homme dévasté sera-t-il en paix un jour ? Arrivera-t-il à passer de l’ombre vers la lumière ?
Il y croit malgré tout.
Gilles Paris nous offre là un livre bouleversant, il se livre totalement avec des mots quelquefois très durs, avec une colère qu’il essaie de canaliser, pas toujours d’ailleurs, mais ses mots expriment cette envie de s’extirper de cette spirale infernale qui en fait un homme toujours sur le qui-vive avec à la fois la peur de sombrer à nouveau et l’envie de pouvoir enfin avoir une vie, sinon normale et heureuse du moins tranquille et apaisée.
Lorsque la lecture est terminée, on reste abasourdi de tant de violence et on a envie de lui dire : «Tiens bon, Gilles, tu n’es pas tout seul et la vie vaut la peine de lutter pour avoir enfin la lumière en soi»

Jacques Brachet



NOTES de LECTURES

Laurent Lavige, Sacha Rhoul & Jean Basselin Johnny Hallyday et s 2
Sacha RHOUL & Jean BASSELIN : Johnny Hallyday et ses anges gardiens
(Ed Casa – 192 pages)

Un magnifique livre-album concocté par deux hommes très proches de l’idole, Sacha Rhoul qui fut son secrétaire durant 40 ans et Jean Basselin qui, des 80 à 90, fut son intendant.
Inutile de vous dire que, s’ils étaient on ne peut plus proches, ils vivaient dans son ombre et ce que leur demandait Johnny dépassait de loin leurs fonctions car lorsqu’on travaillait avec l’artiste, il fallait se plier à sa vie de fou, à ses demandes, à ses exigences, même si – à l’inverse d’un Claude François – c’était toujours demandé gentiment.
Vivant presque 24 heures sur 24 avec lui, ils connaissaient tout de sa vie d’artiste et évidemment de sa vie intime qui était très… rock’n roll !
Ainsi, à travers des photos retrouvées et inédites, on entre dans les coulisses de la plus grande star française.
De son statut d’artiste, on sait à peu près tout mais dans les coulisses, il s’en passait des choses, tout comme hors spectacles et la star flamboyante qu’on voyait sur scène était différente dans la vie.
Côté qualités, il était timide, gentil, généreux. Côtés défauts, il était dépensier, menteur, pas très courageux lorsqu’un problème se dressait devant lui où lorsqu’il voulait virer quelqu’un… Les basses besognes, il les leur laissait faire… quitte à aller voir l’exilé en lui disant que ce n’était pas de sa faute !
Il aimait aussi dresser les uns contre les autres en inventant des histoires qu’il leur distillait sournoisement. Ce qui le faisait jubiler.
En fait, une immense star mais aussi un être humain avec avec ses qualités et ses défauts, mais un être attachant.
Un livre qui nous fait voir l’idole sous un autre jour !

Laure ADLER : La voyageuse de nuit (Ed. Grasset. 222 pages)
Cinquante ans après Simone de Beauvoir qui s’inquiétait de la manière dont la société traitait «les vieux», Laure Adler  veut briser la conspiration du silence  autour du thème de l’avancée en âge, de la mise à l’écart des ainés et de l’angoisse de vieillir seul, du comment accepter la perte d’autonomie. Pendant quatre ans, auprès de gens célèbres ou d’inconnus rencontrés au jour le jour, elle met en avant la richesse intellectuelle de ces vieux, l’acceptation de ce que la vie leur a apportée, du détachement acquis en oubliant les drames et la sérénité acquise par la relativité du vécu.
Ce livre est-il destiné aux Vieux ? Pas vraiment. Certes chacun s’y reconnaitra en fonction des aléas de son existence. Plutôt aux jeunes qui ont du mal à se projeter dans un futur qu’ils n’aimeront pas envisager.
C’est plutôt un aperçu du fait qu’il n y a pas deux vieillesses semblables et que tout dépend de la façon dont on l’a construite. Seul  dans le triste état des Epadh où l’auteur met en valeur le rude labeur d’accompagnement, ou l’entourage d’une famille qui tentera d’accepter que la vieillesse soit une fin qu’il faut accepter et accompagner.
Laure Adler n’élude aucun aspect de ces fins de vie tragiques souvent, apaisées parfois. Le tout dans un style rigoureux et avec beaucoup d’empathie.

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Florian FERRIER : Déjà, l’air fraîchit  ( Ed : Plon – 669 pages)
Comment une petite fille allemande, adulée par son père va-t-elle vivre et évoluer après la mort de celui-ci pendant la seconde guerre mondiale ?
Elektra a un caractère violent, elle prouve sa volonté de vaincre en escaladant les montagnes dès son plus jeune âge, elle arrivera au sommet malgré les difficultés. Passionnée de lecture, elle devient bibliothécaire à dix-huit ans lorsque la seconde guerre mondiale est déclarée, son esprit germanique profondément ancré en elle avec la légende de la Lorelei, l’éclairera ou l’aveuglera, tout dépendra de la fin de la guerre. Elle doit donc  inventorier, classer, archiver, éliminer tous les livres interdits par le haut commandement hitlérien, ce qui correspond exactement à son caractère.
La mort de son père disparu mystérieusement sera le fil à suivre jusqu’à la dernière page du roman. Ce roman est toutefois remarquable par la richesse de la documentation sur la captation des biens juifs en tous genres notamment les propriétés, les bijoux, les mobiliers, et dans le cas de ce roman les livres qui iront remplir les bibliothèques du Reich et surtout reprendre ce qui avait été volé depuis les conquêtes de Napoléon. Les années qui passent permettent à l’auteur de retracer l’évolution de la théorie de la suprématie de la race allemande et comment éliminer par tous les moyens l’existence des juifs.
Un roman de près de sept cents pages, parfois trop détaillé et qui suit les pas d’une très jeune femme que le lecteur s’étonne de voir côtoyer de très hauts dignitaires. Mais c’est la magie du roman !
Une traversée de cette guerre vue par une jeune allemande entièrement dévouée au Führer et qui malgré les atrocités qu’elle approchera en Russie restera fidèle à l’esprit du retour de la Grande Allemagne défaite en 1918.

David GROSSMAN : La vie joue avec moi (Ed : Seuil – 329 pages)
Traduit de l’hébreu par Jean-Luc Hallouche
Trois générations de femmes, Véra la grand-mère qui fête ses quatre- vingt dix ans, Nina sa fille, et Guili sa petite-fille. Un trio qui retourne sur la jeunesse de Véra et que Guili , la scripte dirigera avec sa caméra tenue par Raphaël, une caméra indiscrète qui scrute chaque visage, chaque parole, chaque silence, une caméra qui ira à Goli Otok, île maudite où Véra était tenue prisonnière sous le régime de Tito pour espionnage à la solde de Staline. Ce voyage en Croatie devient le lieu de la vérité, la révélation et peut-être la raison de la fuite de Nina revenue malade auprès de sa famille, et surtout de ceux qui l’aiment.
Que de souffrances pour un silence maudit, en effet pourquoi Véra a-t-elle abandonné sa fille lors de son incarcération ? C’est pourtant un immense roman d’amour que nous offre David Grossman dans « La vie joue avec moi ». Des relations difficiles mais des amours fidèles, sans faille, de Véra pour le père de Nina, de Raphaël pour Nina, de Véra pour Guili sa petite-fille qu’elle sauvera d’une profonde dépression .Et la question qui reste sans réponse au début de ce voyage, comment être la fille de Véra, Nina en est un vivant exemple dramatique dans son errance et sa quête de vérité.
Roman troublant, magique, poignant. Le prix de la vérité se paie toujours très cher, c’est une question à laquelle l’auteur répond, comme il l’a déjà fait dans son magnifique roman « Une femme fuyant l’annonce ».L’auteur indique dans ses remerciements de fin qu’il a voulu rapporter tout en la romançant largement, l’histoire que lui a racontée il y a vingt ans Eva Panic Nahir, célèbre yougoslave rescapée du camp de Goli Otok. La lecture de ce roman laisse une trace indélébile chez le lecteur, une lueur d’espérance et de vie. Magnifique.

 

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Peter CAREY : Loin de chez soi (Ed Actes Sud – 350 pages)
Traduit de l’anglais par France Camus-Pichon
Peter Carey est né en Australie et vit à New York .Il a été lauréat en 2003 du prix du meilleur livre étranger.
Nous sommes à l’automne de l’année 1958, à Bacchus Marsh en Australie à cinquante kilomètres de Melbourne. Tich et Irène Bobs viennent de s’installer dans cette zone rurale avec leurs deux enfants, Edith et Ronnie et espèrent ouvrir une concession automobile de marque Ford.
Ils font connaissance de leur voisin, Willie Bachhuber, jeune professeur de collège et vedette d’un jeu radiophonique. Ils vont sympathiser et l’emmener comme navigateur lecteur de cartes lorsqu’ils vont décider de participer au Redex Trail, rallye automobile à travers l’outback australien, sponsorisé par une marque de lubrifiant, voulant démontrer la fiabilité des véhicules.
L’auteur adopte des chapitres alternés donnant la parole successivement à Irène et Willie. La première partie du roman décrit la personnalité, l’origine et la vie des protagonistes. Ces cent quarante premières pages auraient pu être plus condensées, alors que le récit de mêmes évènements, bien que d’une vision divergente, peut lasser. Puis le récit de la course automobile relance l’intérêt du lecteur qui fait le tour de l’Australie avec les compétiteurs.
En troisième partie, Peter Carey, au gré des aventures de ses personnage, nous plonge dans les us et coutumes aborigènes, tout en rappelant les errements de la colonisation et ses conséquences sur cette population.
Un roman long, qui demande un effort de lecture mais qui fait découvrir un continent de façon originale. On peut regretter l’absence dans le livre d’une carte présentant le parcours du Redex Trail  et la localisation des évènements au cours du récit.
Il vous faudra chercher sur internet ces documents car l’auteur s’est inspiré de faits réels qu’il a romancé !

Mélanie GUYARD : L’enfant des tempêtes (Ed du Seuil – 300 pages)
Juin 2011.
Mathieu, étudiant en médecine spécialisé en psychiatrie, âgé de 23 ans, part pour l’île d’Oléron. Il veut revoir la maison où il passait ses vacances et dans laquelle son dernier séjour remonte à il y à douze ans. Il se remémore cette période. C’était l’hiver 1999. Son père venait de mettre fin à sa vie. Brisée de chagrin, sa mère l’avait emmené passer Noël tous les deux seuls dans cette maison, incapable de supporter de passer les fêtes en famille comme d’habitude.
Matthieu, âgé de 12 ans à l’époque rencontre Corentin, un gamin de son âge, avec qui il va explorer l’île, ses plages, ses blockhaus en ruine et tester son courage.
L’auteur met en scène le chemin initiatique de Matthieu vers la délivrance du deuil et de la culpabilité alors qu’une terrible tempête va s’abattre sur la côte française et éprouver la mère et l’enfant.
Un  roman dans lequel on ne sait plus parfois où est le vrai et le faux mais ce sera son charme pour les lecteurs qui se laisseront séduire…

7 8

Metin ARDITI :  Rachel et les siens (Ed.Grasset – 503 pages)
Magnifique épopée que cette rétrospective d’un temps où Juifs et Arabes vivaient en harmonie dans la région de Jaffa au tout début  des années 1910. Une histoire dans l’Histoire où l’on voit grandir deux familles, l’une juive, l’autre arabe, partageant la même maison, élevant les enfants en frères et sœurs et qui vont traverser ce siècle en pleine ébullition.  C’était avant l’arrivée des Juifs de l’Europe de l’Est, qui vont fragiliser les équilibres et que les effets collatéraux de la grande guerre vont remettre en question.
Rachel et les siens vont traverser la tourmente, rompant et tissant de nouveaux liens, nouant des intrigues, gagnant et perdant tour à tour, Rachel parvenant à devenir une célèbre dramaturge en finissant sa vie en Europe. C’est sa vie tumultueuse que cet admirable conteur nous fait partager.
De l’histoire, des sentiments, de la passion à travers les conflits mondiaux de notre époque.

Claire KEEGAN : Ce genre de petites choses (Ed Sabine Wespieser – 116 pages)
Traduit de l’anglais par Jacqueline Odin
Ce roman est dédié aux femmes et aux enfants qui ont connu la claustration dans les blanchisseries de Magdalen en Irlande.
Nous sommes à la fin de l’année 1985 à New Ross en Irlande. Bill Furlong, le marchand de bois et de charbon, a fort à faire pour livrer tous ses clients, dont le couvent voisin. Des bruits courent que les sœurs du Bon Pasteur y exploitent à des travaux de blanchisserie, des filles non mariées et qu’elles gagnent beaucoup d’argent en plaçant à l’étranger ces enfants illégitimes. Bill y a vu un jour des jeunes filles qui ciraient, pieds nus, le plancher.
Troublé, il en a parlé à Eilenn sa femme et mère de cinq filles, qui lui a répondu que de telles choses ne les concernaient pas.
Cet homme, élevé dans la maison où sa mère, enceinte à quinze, était domestique, va-t-il être capable s’entraider son prochain, de prodiguer les bienfaits qu’il a reçus ?
Ce court récit, écrit avec beaucoup de finesse,est comme un conte de Noël bien agréable à lire.

9 10

Katherine PANCOL : Eugène et moi (Ed Albin Michel – 197 pages)
Ce court roman, illustré par les dessins bariolés d’Anne Boudart, raconte les aventures de Katherine et Eugène, deux jeunes filles d’une vingtaine d’années qui se rencontrent à l’aéroport d’Orly alors qu’elles sont en partance pour Mexico.
Katherine fuit un amant possessif et ombrageux, «celui-qui-prétend-l’aimer-et-la-fait-pleurer».
Eugène fait le tour du monde, qu’elle finance par des emplois de dame pipi ou dame téléphone entre deux destinations. Sa devise : «Sans risque, la vie est trop triste».
Elles vont s’unir dans la drague et la recherche de gains faciles dans les casinos d’Acapulco. Mais il ne faut jamais faire confiance à un homme et séparer l’argent du mâle. Nos deux héroïnes doivent aller se réfugier chez Pepe, un ami d’Eugène. Chez lui,Katerine comprendra que son amie a un secret qu’elle lui cache.
En fin d’ouvrage, l’auteur révèle avoir écrit ce livre pendant le confinement, après avoir retrouvé sur Instagram en avril 2020, son ancienne amie Eugène et s’être remémoré leur joyeux passé de jeunesse.
Certes célébrer l’amitié sur le ton de l’humour n’est pas un vain exercice mais cet ouvrage doit être pris pour ce qu’il est : une publication chez Albin Michel Jeunesse !!!

Cécile PIVOT : Les lettres d’Esther (Ed. Calman- Lévy – 313 pages)
A la suite de la correspondance qu’elle  entretenait quotidiennement avec son père qui vient de décéder, Esther,  libraire à Lille, décide d’ouvrir un atelier d’écriture.
Cinq personnes  de tout âge, de tout milieu répondent à son annonce. Consigne au départ :  Contre quoi vous rebellez-vous ?
Jeanne, âgée, veuve, sans nouvelle de sa fille unique, cherche la  jeunesse et conseillera, sans juger. Samuel, vingt ans, déscolarisé, s’ouvrira à elle en disant les choses  telles qu’elles sont, Jean, business-man cynique, ne trouve plus de sens à sa vie,
Un couple fusionnel, à la dérive, n’arrive plus à communique , la jeune femme faisant une forte dépression post-partum.
Et Esther, l’initiatrice.
Tous ces cabossés de la vie vont prendre le temps de  la réflexion, loin de l' »immédiate it ».
Ces échanges de lettres croisée  vont réveiller leur nature profonde et s’avérer une expérience
salvatrice.
D’une écriture fluide,sensible, pleine d’humanité, ce roman épistolaire  est habillement construit pour adapter l’écriture à chacun de ces  personnages. Ils vont surmonter leur deuil, leurs peurs grâce au bien de  la communication si joliment symbolisé, à la fin du livre, par
l’émouvante et poétique « cabine téléphonique du vent » au Japon.
Un livre plus profond qu’il n’y parait!