Archives de catégorie : Danse

Angelin PRELJOCAJ… Danser pour grandir… Un hymne à la danse signé Julien BENGEL & Marie-Anne SORBA

S’il a un nom difficile à retenir au premier abord, son succès, fait qu’aujourd’hui, pour tous les amoureux de la danse du monde, il est devenu un danseur et chorégraphe incontournable. Et on a la chance qu’il se soit installé à Aix-en-Provence, dans ce lieu magique qu’est le Pavillon Noir.
Je l’ai rencontré, il y a quelques décennies à Châteauvallon avant qu’il ne parte à Aix. On aurait pu le garder chez nous alors qu’il devait créer en 1995, le Ballet National Contemporain. L’arrivée du FN à Toulon a changé la donne et il a fait d’Aix-en-Provence, le siège de sa compagnie avec le succès que l’on connaît.
Il crée en 2015 la section junior, afin d’ouvrir les portes à de jeunes artistes en herbe. L’école a un succès énorme, les apprentis danseurs viennent aussi bien de France que d’Italie, du Portugal, d’Angleterre, de Belgique, Espagne… And so on.
Le réalisateur Julien Bengel, qui a créé la Société « Mise en boîte » est, depuis quelques années, un fidèle de la compagnie, collaborant avec Angelin. Et il décide de monter un documentaire sur cette école exemplaire, en compagnie de Marie-Anne Sorba, productrice et créatrice de la société Fred Hilgemann Films.
Le film s’intitule « Danser pour grandir », un magnifique film qui nous montre combien la danse est art merveilleux mais difficile. Nombre de danseurs s’y cognent car il faut de la détermination, de la passion, de la ténacité, du talent évidemment peut-être du courage aussi car lorsqu’on aime, le courage est omniprésent.
C’est tout ce que nous montre le film de Julien qui a su magnifiquement filmer les danseurs durant leur période test, les découragements, les blessures, les corps qui souffrent, mais aussi l’espoir au bout duquel ils seront pris dans la compagnie. Ils lui ont confié leurs doutes, leurs espoirs mais aussi leur foi en cet art qui est leur vie, avec des confidences très émouvantes.
Le film nous montre aussi ce qu’est le collectif, l’entraide de ces jeunes à la fois concurrents et devenus amis malgré leurs différences de langue, de mode de vie… Le vivre ensemble est important lorsqu’on se retrouve loin de son pays, de sa famille et Angelin, qui est d’une grande humanité, est toujours à leur écoute avec une gentillesse extrême.
C’est tout cela que nous montre ce film que Julien Bengel et Marie-Anne Sorba sont venus présenter dans le cadre de l’association « Lumière(s) du Sud » présidée par Pascale Parodi.


« Julien, Marie-Anne, deux entités, deux sociétés qui s’épousent pour nous donner ce magnifique film… Racontez-nous… Et racontez-vous !
Marie-Anne : Je suis auteure, réalisatrice et productrice de films documentaires depuis quinze ans. Je suis de la région, j’ai passé mon bac au lycée Dumont d’Urville de Toulon, puis je suis partie à Marseille puis à Paris où j’ai passé vingt ans. Je suis d’abord passée par le journalisme, entre autres à Libération, au Figaro Economie, les anciennes pages saumon, pour faire des reportages dans les pays de l’Est, j’ai écrit quelques livres sur la Russie. J’avais appris la langue au lycée. Et puis je me suis mise à faire des documentaires pour la télévision. J’ai alors créé ma propre maison de production pour avoir plus d’autonomie et d’indépendance En 2017, je suis revenue chez moi en famille, et j’ai rapatrié ma société à Toulon.
Julien : J’ai fait le contraire de Marie-Anne, Je suis arrivé de Paris à Toulon en 2005. J’ai fait des études de cinéma, puis je me suis lancé dans la vidéo institutionnelle. J’ai travaillé en tant que monteur sur des documentaires et nous nous sommes rencontrés avec Marie-Anne. Elle m’a demandé si j’avais une idée de film documentaire. Je lui ai parlé de ce projet qui consistait à suivre des jeunes en formation chez Angelin Preljocaj. Nous avons écrit ce projet ensemble, avec nos deux boîtes de production.
Pourquoi la danse et pourquoi Preljocaj ?
Julien : Cela fait plus de quinze ans que je travaille avec Preljocaj en tant que vidéaste. Je fais des captations de ses spectacles, des coulisses, je suis ses créations. C’est un milieu qui me passionne. Ce n’était pas quelque chose qui m’intéressait au départ mais que j’ai découvert au fur et à mesure. Je suis tombé dedans !
Alors, comment est né ce projet ?
A force de voir tous ces jeunes passionnés et travailler d’arrache-pied, j’ai eu envie d’aller un peu plus loin et de les suivre, durant une année de formation, comment ils peuvent arriver à ce niveau-là.

Et vous, Marie-Anne, la danse vous intéressait ?
J’ai toujours été fascinée par les danseurs, ce sont pour moi des êtres surnaturels, ils ont quelque chose que les autres n’ont pas, la grâce, la souplesse, la beauté, des choses dont on a besoin plus que jamais dans ce monde d’aujourd’hui. On a besoin de ces émotions liées à la beauté, à l’art. Et de voir tous ces jeunes entre dix-huit et vingt ans qui sont dans leur passion, dont leur vie est dédiée à leur art, c’est à la fois très rare et très beau. C’est magnifique de voir ces êtres passionnés… Et qui ne sont pas fixés sur leur téléphone ! J’ai beaucoup d’espoir que la jeunesse d’aujourd’hui s’intéresse à la danse, ou à tout autre art d’ailleurs.
Julien, comment avez-vous travaillé avec Angelin ?
Déjà, il nous a fait entièrement confiance. Lorsque je lui ai parlé de ce projet, il m’a seulement dit : « Fais-le comme tu le sens ». On l’a également interviewé vers la fin pour qu’il nous donne son regard sur cette jeunesse. Par contre, il ne nous  jamais demandé de voir ce que nous faisions. Il connaissait mon travail, quant aux élèves, recrutés pour un an, je les ai découverts le premier jour et on s’est apprivoisé !
Je n’ai jamais empiété sur leur travail et très vite ils ont oublié ma caméra.
Y avait-il quand même un scénario au départ ?
Marie-Anne : Nous avons pas mal écrit au départ en fonction du planning en cours de formation car on savait qu’ils reprenaient  un ballet « Après la bataille », qu’ils devaient aller travailler à Paris pour répéter. Nous avons écrit des séquences pour savoir vers quoi on voulait aller.

Julien : Ça reste quand même un documentaire et il est difficile de savoir comment les jeunes vont se comporter durant une année. Nous avons eu quelques belles surprises, l’idée était de montrer comment ces jeunes qui sortent d’un cocon familial s’adaptent à un milieu professionnel, de les voir évoluer, prendre confiance et de voir comment, malgré des langues différentes, ils arrivent à travailler ensemble, à se comprendre et apprendre à être ensemble. D’ailleurs, ceux qui ne parlaient pas français ont pris des cours, car chez Preljocaj, les répétitions se font en français. Reçus en France, la moindre des choses est qu’ils s’adaptent. Il y avait aussi cette idée d’intégration.
Le film dure 52 minutes. Comment s’est fait le montage ?
Nous avons tourné deux à trois fois par mois, de septembre 2024 à fin juillet 2025. Nous avions à peu près cinquante heures d’interviewes, chacun des danseurs l’ayant fait dans sa langue. Il a fallu tout traduire et tout sous-titrer par la suite. Nous avons également fait une mini-série de huit fois huit minutes diffusée avant le journal de 19 heures
Ont-ils vu le film ?
Julien : Oui. On l’a projeté en septembre 2025 en avant-première au Pavillon Noir, quelques jours avant son passage sur France 3 Marseille, et ils ont découvert le film en présence d’un public. Ils avaient beaucoup d’appréhension et ils ont été très heureux du résultat. C’était fidèle à ce qu’ils sont.
Marie-Anne : Ce projet est soutenu dans le cadre d’un dispositif qui permet à France 3 et à la région Sud de financer de nouvelles écritures qui s’appelle « Med in doc » ce qui nous a permis l’apport de France 3 et le soutien de production de la Région.
Ce film, en dehors de France 3, va-t-il passer ailleurs ?
Le film leur appartient mais ils nous ont donné l’autorisation de le présenter dans des festivals ou dans des salles comme ce soir.

La page Preljocaj se tourne… Et maintenant… Qu’allez-vous faire ?
Marie-Anne : On travaille sur un projet, dont on a commencé le tournage. Il s’agit d’une classe de théâtre du collège Joliot-Curie à Carqueiranne. Il y a une petite compagnie nommée « L’Etreinte » qui fait des ateliers avec des ados de 3ème et 4ème’, l’an dernier ils ont écrit une pièce qui s’appelle « Le destin de feu Carotte », l’ont mise en scène et l’ont jouée une fois sur l’Espace des Arts du Pradet avec un certain succès car elle est intelligemment écrite. C’est une comédie et le professeur de Français du Collège, Roger-Michel Allemand a décidé de reprendre cette pièce. Autour de ces communes, il se passe plein de choses avec ces jeunes de 12/15 ans qui font autre chose que de regarder des écrans. Le théâtre est un outil formidable de communication, pour apprendre à s’exprimer, avoir confiance en soi, faire du collectif, du lien social, chacun ayant quelque chose à apporter.
Les choses se font au fil de l’eau, plein d’idées arrivent et on cherche des partenaires, du financement, un diffuseur. Le projet est en route… Et vous en avez la primeur car vous êtes la première personne à qui l’on en parle ! On espère le concrétiser avant la fin de l’année… » Eh bien Pascale… Voilà une soirée à proposer à l’association, pour la rentrée prochaine !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Nice : Hôtel du Couvent :
Festival de la danse contemporaine 10 & 11 octobre

L’Hôtel du Couvent héberge les 10 et 11 Octobre prochains un festival de danse
Contemporaine, organisé en collaboration avec Aurélie Dupont. Ce festival prendra place au cœur de La Cour des Orangers et mettra en scène 4 danseurs Mateo Mirdita, Tanaka Roki, Tess Voelker, Valentin Goniot.
« C’est un véritable privilège de retrouver l’Hôtel du Couvent pour présenter la saison 2 du festival.
Ce lieu exceptionnel, chargé d’histoire et d’âme, est une source d’inspiration puissante. Comme toujours, mon désir profond est de rester au plus près du public, de vous faire vivre une expérience immersive, ou chaque instant vous emporte au cœur du spectacle. Pour cette nouvelle édition, j’ai choisi 4 artistes aux personnalités fortes, aux danses et aux styles bien distincts. Chacun apporte son univers, son énergie, sa sensibilité. Ensemble, nous allons créer un spectacle unique, façonné par nos rencontres, nôtre créativité, et surtout par l’atmosphère si particulière de ce lieu hors du temps.
Merci de faire partie de cette aventure. On a hâte de vous retrouver. »
Aurélie Dupont.

Mateo Mirdita
Tanake Roki

Aurélie DUPONT
Danseuse Etoile et ancienne directrice de la danse de l’Opéra de Paris. Elle intègre le corps de ballet en 1989 et devient étoile en 1998, à 25 ans. A côté des ballets classiques, elle a ainsi dansé sur les créations contemporaines de Mats Ek, Trisha Brown, Angelin Preljocaj ou encore Saburo Teshigawara… Sa révérence une fois tirée, elle a su mettre cet éclectisme à profit en tant que directrice de la danse de 2016 à 2022.
Programme
Vendredi 10 octobre 19h : Ouverture des portes
Samedi 11 octobre 19h30 – 21h : Performances avec Mateo Mirdita, Tanaka Roki, Tess Voelmer, Valentin Goniot
Billeterie en ligne et sur place

Tess Voelker
Valentin Goniot

Christophe LICATA… DALS 14ème !… Et un livre

Il a un sourire irrésistible, un regard brillant et lumineux et son accent… Ah son accent rempli du soleil ciotadin, qui chante aussi bien qu’il danse. C’est un rayon de soleil… C’est le roi soleil.
De qui s’agit-il ? De Christophe Licata qu’on a découvert comme prof de l’émission « Danse avec les stars » et dont le public est tombé amoureux… Même si les 13 saisons l’ont vu s’approcher de la première place sans jamais l’atteindre. Mais, comme Poulidor, il a pris le cœur des français qui en ont fait leur préféré.
C’est vrai que son charisme fait que, lorsqu’on le voit, on ne peut que s’attacher à lui et il y a longtemps que j’avais envie de le rencontrer. Mais le véto de TF1 avait été formel. Et j’ai dû attendre qu’il sorte son livre de souvenirs « Révélation(s), 13 saisons et après ? » (Ed Leduc) pour qu’une adorable attaché de presse dise oui.
Non pas oui au « phoning » comme c’est devenu la mode mais oui à une rencontre, qui plus est chez lui, du côté d’Aix-en-Provence où il vit sa femme, Coralie, qui est aussi danseuse et leur fils, l’amour de leur vie.
Et chez lui, dans cette atmosphère chargée d’amour, je ne suis pas déçu : il est d’une gentillesse extrême, d’une grande humilité, il rayonne de passion pour cet art de la danse qui est sa vie.
Entre gens avec l’accent, tout aussitôt il y a empathie, connivence, plaisir de partager nos passions et l’interview devient très vite une conversation où chacun pose ses questions à l’autre !
Mais bon, je garderai nos petits secrets intimes, sauf pour notre admiration partagée pour Dalida ! et celle qu’il a pour Amy Winhouse, tatouée sur son mollet !  et je découvre ce danseur hors pair et cet homme magnifique.

« Christophe, toi qui sembles un garçon, très discret, voilà que tu écris un livre avec de plus un titre très accrocheur « Révélation(s) » ! Donne-nous tes raisons !
Au départ, j’avais pris la décision de freiner mes passages TV et j’avais besoin de raconter l’envers du décor car le public ne voit que la face immergée de l’émission. J’avais envie de les emmener avec moi dans les coulisses et partager des moments que j’ai pu vivre durant les émissions, qui restent gravés dans ma mémoire.
Il se trouve que les coulisses ne sont pas toujours de tout repos !
Non, mais ça fait partie du chemin qui m’a permis d’être le danseur et le chorégraphe que je suis aujourd’hui. La difficulté est de sortir de sa zone de confort, mais c’est aussi ce qui nous fait évoluer.
Le public est donc important…
Oui, j’ai un rapport particulier avec le public, j’aime ce contact et j’avais envie de tout leur raconter, sans filtre…
Ce qui est le cas !
Oui mais tout ça fait partie de la carrière d’un danseur, tout comme d’un sportif ou d’ailleurs quel que soit le métier que l’on fasse. Dans tous les métiers il y a des moments beaux, des moments difficiles. Lorsqu’on va acheter son pain, on ne sait pas ce que le boulanger traverse avant que ce pain n’arrive dans notre bouche. J’avais envie de montrer qu’il n’y a pas que les paillettes, il y a le dur labeur, de la transpiration, des nuits blanches où on n’arrive pas à trouver le sommeil. Ce qu’on voit à la télé, c’est le résultat d’une source d’effort, de travail intensif et je trouvais important de le partager.
Et tu parages tout cela avec beaucoup d’amour et d’émotion…
C’est vrai, en temps normal je ne parle pas beaucoup de moi, je suis très pudique et je ne pensais pas qu’en écrivant ce livre, ce serait pour moi une thérapie. En fait, c’est un journal intime et ça me fait très bizarre de voir le retour des gens. C’est particulier car maintenant l’histoire ne m’appartient plus. Mais je suis très fier de l’avoir fait car ça m’a aussi fait prendre conscience de beaucoup de choses…

C’est-à-dire ?
Entre autre, j’avais la frustration de mes défaites, d’être un peu le Poulidor de l’émission, mais en écrivant, je me suis rendu compte que j’avais gagné beaucoup plus important qu’une boule à facette,  tellement plus qu’un trophée. Ça m’a guéri de ça.
Tu es malgré tout le préféré du public !
Si c’est vrai, ça me fait plaisir. C’est qui m’anime depuis que je suis tout petit et qui fait que je n’ai jamais lâché, que j’ai toujours persévéré.
Tu es donc de la Ciotat où tout a commencé ?
Oui, dans la petite salle qui s’appelle Subilia. J’avais sept ans, ma sœur Céline neuf et nous dansions ensemble  En écrivant ce livre, plein de souvenirs me sont revenus, les vêtements que je portais, les odeurs de tatami des cours de judo ! Mais c‘est ça aussi, écrire un livre, ce n’est pas seulement raconter une histoire mais se remémorer des moments.
Ca fait donc treize saisons que tu es dans DALS. N’as-tu jamais eu envie d’arrêter ?
Oui, après la saison 12  où j’ai eu un peu une traversée du désert, où j’ai perdu ma grand-mère puis mon oncle qui m’ai initié à la danse. Psychologiquement parlant, je n’allais pas bien. J’avais besoin de faire le deuil et j’ai commencé à me poser des questions. Entre autre, est-ce que les gens avaient encore envie de me voir danser ? J’avais donc envie de mettre un frein.
Finalement c’est reparti puisque tu seras sur la quatorzième saison !
Oui… Je crois que c’est plus fort que moi. Mais cette année, je l’aborde différemment. Les autres années, j’étais arraché à ma famille, à mon petit. J’ai trouvé un terrain d’entente avec la production pour rester plus chez moi, ne pas lâcher ma vie, de rester dans mon cocon familial. Rester trois mois dans une machine à laver avant l’essorage, c’est violent.
Tu avais créé avec ton épouse, Coralie, qui est aussi danseuse, une école de danse à Draguignan. Pourquoi avoir arrêté ?
Je pensais que c’était le rêve de ma vie et je me suis rendu compte que ce n’était pas ce que j’aimais car je devais plus gérer de la paperasse, des profs, des salles, des parents d’élèves. J’étais moins dans le terrain. Ce que j’aime, c’est enseigner, être sur scène et tous ces tracas m’en éloignaient. Ça me prenait trop de temps, ça me freinait beaucoup.
Justement, lorsqu’on fait une telle émission, a-t-on le temps de faire autre chose ?
Au contraire, ça m’a ouvert des portes, même des portails incroyables, j’ai fait des scènes que je n’aurais jamais imaginé faire, j’ai fait le stade de France avec ma femme, j’ai fait des scènes à Londres avec Dita Von Teese, j’ai fait les plus grandes salles françaises. Grâce à cette émission, ce sont des rêves de gosse qui se sont réalisés et même au-delà, je participe aux spectacles de Chris Marques, je fais des spectacles avec ma femme. C’est la scène qui m’anime depuis que je suis enfant. Même si au départ c’était difficile. Je n’étais pas accepté à l’école car un garçon qui danse ça n’est pas normal. Je le cachais souvent. Aujourd’hui il y a beaucoup plus de petits garçons qui viennent à la danse. Et DALS a beaucoup fait pour ça.
Les cris du public m’ont toujours galvanisé et je suis toujours en quête de ça !


Une chose m’intrigue : les danseurs ne choisissent ni leurs stars, ni leurs musique. Pourquoi ?
C’est la production qui décide de tout ça. Quelquefois c’est super, quelquefois moins car de temps en temps un doit faire un tango sur une musique qui n’en est pas un ! Mais en fait je me suis rendu compte que ça nous permettait de nous dépasser. Quelquefois, lorsque je n’aimais pas une musique, c’est là que j’ai fait les plus beaux tableaux. Le fait de devoir se creuser le cerveau, tout à coup il a un truc qui arrive et il en sort quelque chose de fabuleux ! Finalement j’ai envie de dire merci à la production parce que c’est grâce à ça que maintenant je suis capable de tout. C’est la meilleure école et aujourd’hui on peut me demander n’importe quoi ! Je peux faire un sirtaki sur « Le lac des cygnes » !!! Plus rien ne me fait peur.
Il faut savoir ouvrir son esprit.
La taille joue beaucoup sur le couple, aussi, non ?
Oui mais c’est différent que les codes des danses de salon où il faut être de la même taille. Ici ça va au-delà de ça. C’est un moment qu’on crée avec une personnalité. Ce sont d’autres critères. On crée des liens avec des personnes qu’au départ on ne connaît pas. Il y a une osmose qui se crée.
Est-ce qu’il est arrivé de ne pas t’entendre avec la star qu’on t’a donnée ?
Non, jamais !
C’est vrai qu’avec l caractère que tu as ce doit être facile de travailler avec toi !
(Il rit) Faut pas croire ! J’ai mon petit caractère, en général ça se passe bien mais je peux aussi devenir un volcan. Mais la production fait bien les choses en sachant matcher les candidats. Depuis le temps elle me connaît et sent quel profil  d’artiste peut me convenir, ce que je peux leur apporter.
Quel serait ton Top 3 des artistes avec qui tu as dansé ?
Très difficile à dire car chaque chemin avec chaque concurrente a été différent. Je pense à Tatiana Silva, à Amel Bent, à Dita Von Teese avec qui ça n’était pas seulement la danse mais le rapport humain qui a été très fort.
J’avoue que je suis très ami avec toutes et d’ailleurs, lorsque j’ai terminé le livre, je les ai appelées une à une pour les remercier car elles m’ont toutes beaucoup apporté. Ce sont elles qui me remercient le plus souvent et donc je voulais à mon tour leur dire merci. On s’est finalement beaucoup apporté mutuellement. C’est vrai qu’aussi elles nous disent qu’après une telle expérience, elles en sortent métamorphosées. Et nous avec 
Alors, le jury… Il est dur quelquefois !
Tu penses à Chris Marques ! Mais c’est un ami, une personne incroyable. Il a été un mentor, il m’a guidé dans un milieu que je ne connaissais pas, la télévision. Pour le coup il est peut-être dur mais il est juste. Il est comme ça dans la vie, il est aussi très dur avec lui, c’est un perfectionniste. Avec lui, faut y aller et j’aime ça. Dans ses notes je suis souvent d’accord avec lui.

Et ta rencontre avec Marie-Claude Pietragalla ?
Ah la la… C’est une grande, grande dame. A chaque fois qu’elle ouvrait la bouche on était totalement subjugué, c’était quelque chose ! Quelle aura, quelle beauté ! Lorsqu’on est entré dans le studio avec elle pour découvrir la danse contemporaine, ça a été un grand moment, une grande leçon, autant d’énergie, de minutie, tout était cadré. Elle nous a mis une musique et nous a dit : « Danse » alors que moi, je ne sais pas improviser. Quelle chance j’ai eu de pouvoir travailler avec elle !
Et le public. Il vote pour la danse ou pour la popularité de l’artiste ?
C’est vrai que moi, je suis danseur et je suis donc plus focalisé sur la danse, mes performance. Mais le public, il faut le toucher au cœur et je me rends compte que certains ont réussi à captiver les gens d’une manière plus émotive. Je pense à Emmanuel Moire qui a retourné la France entière en voulant danse pour son frère jumeau qui est décédé. Il nous a tous fait pleurer. Même s’il n’a pas toujours été le meilleur, il a réussi à toucher les gens. Ça fait partie de la compétition. Les artistes qui arrivent à se livrer corps et âme arrivent à toucher le public et à gagner la boule à facettes.
Si on teproposait la « Star Academy » ?
En tant que chanteur… NON (il rit) mais en tant que coach oui parce que tout projet concernant la danse m’intéresse. Mais « Danse avec les Stars » a été l’expérience de ma vie… Je peux dire que « Danse avec les stars » a changé ma vie.
Et Coralie ? Que pense-t-elle de te voir passer de bras en bras ???
(Il rit) Elle est danseuse professionnelle donc ça change pas mal la donne. J’aurais une femme qui n’est pas dans ce milieu, ça pourrait poser des problèmes. Mais là, elle comprend, sans compter qu’on danse souvent ensemble. On est partenaire de scène et de vie. C’est comme au cinéma, et peut-être pire lorsque les acteurs s’embrassent ou sont à poil dans un lit ! Nous n’en sommes pas là mais on joue un rôle avec des partenaires différents. Avec Coralie, on est fier l’un de l’autre et quand on voit sa femme mettre au monde notre enfant… Ah lala…
(Moment d’émotion)
Après, petit, je dansais avec ma sœur et je n’ai jamais eu ce rapport sexuel avec la danse. Je suis là pour faire rêver les gens, leur mettre durant trois minutes des paillettes dans les yeux… et me mettre des papillons dans le ventre avant d’entrer en scène. Le jour où je n’aurai plus ces papillons, j’arrêterai »


On pourrait rester des heures avec ce garçon fougueux, vrai, tellement passionné. On le retrouvera donc avec plaisir dès le vendredi 7 février sur TF1. Avec qui ? Celle avec qui il répète aujourd’hui… Mais il ne nous en dira rien !
Après ça, il s’attaquera à une comédie « musicale et magicale » avec Coralie… Rendez-vous est déjà pris pour la voir naître ! Jacques Brachet
Photos Alain Lafon
photos de danse collection personnelle

Six-Fours – Six N’étoiles
Émouvante clôture d’Octobre Rose

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Durant tout le mois consacré au cancer du sein, Six-Fours a été le phare de cet événement baptisé «Octobre Rose».
L’on ne compte plus le nombre de manifestations qui se sont déroulées, grâce à la collaboration, tout d’abord de la Mairie de Six-Fours, son maire, Jean-Sébastien Vialatte et son adjointe à la santé Nathalie Guillaume, qui ont porté le projet, entourés de nombreuses associations, de médecins, personnels de santé, de corps de métiers divers et variés, de sponsors et surtout du réseau CapSein dont la présidente est Christine Castello et la coordinatrice Béatrice Métayer.
Bref, une chaîne humaine s’est formée pour faire de ce mois, outre un éclairage sur ce cancer qui atteint encore tant de femmes, une fête de tous les jours pour montrer que celui-ci,  pris à temps est guérissable, mais aussi pour mettre en lumière ces femmes courageuses, qui luttent avec une admirable énergie pour en sortir victorieuses.
Ces femmes, magnifiques combattantes, ont été tout le mois omniprésentes, souriantes, et on ne peut que les admirer.
Ainsi, durant tout le mois, ont eu lieu de magnifiques rencontres, de joyeuses animations, l’un des moments les plus émouvants étant l’exposition de photos de ces femmes qui ont osé se montrer telles quelles, blessées dans leur chair, sans cheveux. Des photos réalisées avec beaucoup de pudeur et de force par Daniel Pelcat, qui a su les sublimer.
Et pour clôturer ce mois riche en émotions, jeudi soir tout ce petit monde devenu une famille, se retrouvait au Six N’Etoiles pour découvrir un film particulier : «Elles dansent»*, film documentaire d’Alexandre Messina, en sa présence.

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Noémie Dumas, directrice du Six N’étoiles, Nathalie Guillaume, Alexandre Messina et sa fille, Béatrice Métayer

Une belle histoire dont l’héroïne, une notaire qui s’est convertie à la danse, est Aude Michon, dite Aude M, qui a décidé d’aller danser dans les hôpitaux pour aider les malades en état de détresse, quelquefois en fin de vie, leur apportant un moment de grâce à travers la musique et la danse.
Souvent, le mot cancer est associé au mot mort. Et l’hôpital est souvent considéré comme un lieu de mort. Mais on se sort aussi bien d’un cancer que d’un hôpital et Aude voulait montrer que tant qu’il n’y a pas mort il y a vie et tant qu’il y a vie, il y a aussi espoir.
Et voici donc Alexandre Messina qui, armé d’une caméra et d’une équipe réduite, a suivi Aude de chambres en couloirs, dansant pour les malades mais aussi pour et avec le personnel qui a une vie difficile et qui a aussi besoin d’espoir et d’aide morale.
La voir danser avec les infirmiers, voir le regard d’un malade s’éclairer, serrer la main d’Aude, battre la mesure de la musique, sont des moments émouvants, irréels, magiques. Le personnel l’a surnommée la fée Clochette. Une fée Clochette lumineuse, souriante, sereine en apparence car elle aussi prend des décharges d’émotion et on la voit quelquefois au bord des larmes.
Moment magique encore lorsque toutes ces femmes en rémission, sous la houlette d’Aude, créent un ballet et l’on voit leur joie de se prolonger dans l’avenir, de faire des choses qu’elles n’auraient soupçonné de faire.
A la fin du film, un silence d’émotion s’est installé avant que n’éclatent les applaudissements à un réalisateur encore très ému, lui aussi.

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Alexandre Messina, Christine Castello, Nathalie Guillaume

«Ce projet a été très difficile à initier – nous avoue-t-il – car il s’agissait en premier de convaincre le directeur de l’hôpital Gustave Roussi, car il y avait fait d’entrer dans un hôpital avec une caméra, avoir l’acceptation des malades, du personnel et surtout, alors que pour tourner il faut une équipe importante, là nous n’étions que trois à tout faire. Ca a donc mis du temps à se concrétiser et puis il fallait s’adapter aux horaires et aux jours d’Aude.
Petit à petit tout s’est mis en place et l’on a tourné durant un an, de 2017 à 2019, juste avant le Covid.
Nous avons vécu des moments magiques, des moments d’émotion dont on ne sort pas indemne.
Au niveau éthique, avez-cous eu des doutes ?
Oui parce que, filmer des gens malades, ce n’est pas simple, on se sent souvent voyeur. On se demande ce qu’on peut filmer, ce qu’on peut montrer, jusqu’où on peut aller pour s’immiscer dans l’intimité des malades. Il fallait que nous soyons discrets et surtout ne brusquer personne. Quelquefois les portes se fermaient mais nous n’insistions pas, tout comme Aude qui n’insistait pas lorsqu’un malade ne voulait pas la voir. Quelquefois aussi, entendant la musique, certaines portes se rouvraient. Ça a ainsi donné des moments instinctifs, inattendus. Il fallait tout le temps être sur le qui-vive.

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En fait, qui est Aude ?
C’est une femme qui a toujours aimé la danse. Elle danse depuis l’âge de 3 ans. Puis elle s’est tournée vers le notariat avant de se rendre compte que là n’était pas son avenir. Puis elle est revenue à la danse et elle est aujourd’hui intermittente du spectacle. Mais elle aime à dire qu’entre être notaire et être danseuse comme elle l’entend, ça a des points communs : aider les gens, alléger leurs peines ou leurs problèmes. Elle a débuté comme bénévole dans les hôpitaux mais aujourd’hui elle commence à être très demandée.
C’est pour cela que j’ai voulu montrer son intimité à elle aussi, pour expliquer sa démarche».
La rencontre après le film a été tout aussi intéressante, animée par Nathalie Guillaume qui a expliqué comment a pu se monter ce mois, la mairie s’y étant totalement impliquée, aidée de nombreuses personnes qui étaient présentes dans la salle et à qui elle a donné la parole.
Il y eut encore là, des moments d’intense émotion  qui n’ont pu que rassurer Alexandre Messina sur le fait d’avoir pu réaliser ce film.
«Tout comme vous, j’ai vécu de grands moments de bonheur, même si, quelquefois, c’était difficile. Ce que vous avez fait est admirable et est dans le droit fil de ce pourquoi j’ai réalisé ce documentaire. J’espère qu’il pourra aider et faire du bien. En tout cas c’est mon but et mon espoir».

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Jacques Brachet
*Sortie sur les écrans le 7 novembre



Ramatuelle -Les nuits classiques
Eric VU AN joue « Cassandra »

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Eric Vu An est l’un de nos plus talentueux danseurs contemporains.
D’origine vietnamienne, il entre à l’Opéra de Paris en 1974 et dansera pour les plus grands chorégraphes, de Carolyn Carlson à Maurice Béjart en passant par Rudolf Noureev, Alvin Aley, William Forest….
Après avoir été directeur de Grand Théâtre de Bordeaux, puis maître de ballet au Ballet National de Marseille, il est aujourd’hui directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée. Entre quelques rôles au cinéma et à la télévision, il continue son métier et  il sera j’un des invités des « Nuits Classiques »du Festival de Ramatuelle. Il y dirigera et dansera le Ballet Nice Méditerranée dans le ballet « Cassandra » sur une chorégraphie de Luciano Cannito et des musiques de Saint-Saëns, Prokofiev et Elvis Presley le samedi 27 juillet à 21h, en ouverture des Nuits classiques.

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Eric Vu An, pouvez-vous nous parler de Cassandra ?
L’action se situe dans la Méditerranée sous le symbole de la Guerre de Troyes. L’auteure, allemande, Chrita Wolf a choisi de transposer symboliquement cette Guerre de Troie; une guerre que tout le monde connaît en reprenant tous les personnages mythiques, dans un village de la Sicile en 1953. Priam est représenté par le maire du village, il y a sa femme, Hécube, leur fils, Pâris, est aux Etats-Unis (qui est un peu l’équivalent d’Athènes). Nous avons Cassandra qui est toujours ce personnage qui a des visions, qui fait des rêves et des cauchemars et qui anticipe ce qu’il va se passer. Cassandra est la fille des grandes puissances de ce petit village de Sicile et il y a l’arrivée d’un extra-communautaire en le personnage d’Enée qui vient de l’étranger. Tous deux vont avoir une relation amoureuse mais ce couple ne pourra pas rester ensemble. Elle choisira à la fin de s’occuper de sa famille et du village et lu partira. J’ai beaucoup dansé ce personnage, Luciano Cannito m’a demandé de me remettre dans le spectacle. Tout est monté comme des flash back, c’est un peu comme le Cinéma Paradisio. Cette année à Nice nous fêtons les 100 ans des studios de la Victorine, en parlant avec Luciano, je lui ai demandé s’il ne serait pas intéressant d’intégrer le cinéma dans le spectacle. Luciano est devenu cinéaste mais aussi, Ulysse apporte au village la télévision, symbole ici du Cheval de Troie. Il y avait un vrai lien possible avec les images : l’audiovisuel va complètement anéantir les habitudes de ce village parce que tout le monde va se mettre à regarder la télévision et sera pratiquement lobotomisé et c’est pour cela qu’ils seront volés par le pouvoir américain.
Luciano Cannito travaille régulièrement avec le ballet Nice Méditerranée. Quelles raisons vous ont amené à monter ce spectacle ?
Nous avons beaucoup travaillé ensemble et c’est la troisième fois que je l’invite pour une troisième pièce avec la compagnie. Il y a une grande complicité avec Luciano. Les ajouts qu’il a faits sur le personnage supplémentaire, qui est ce double du personnage d’Enée et que je danse dans la pièce, nous l’avons travaillé en trois jours car nous nous connaissons très bien. Quand il commence une phrase, je la termine quelque part sur un plan artistique. C’est important et très agréable de cheminer comme ça avec certaines personnes pendant plusieurs décennies.

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Ici sont mêlées des musiques très différentes, d’époques et de pays différents (Saint-Saëns, Prokofiev, Presley). La danse est également très éclectique puisqu’on retrouve à la fois du néo-classique, de la danse contemporaine et folklorique.
Il y a surtout le compositeur Marco Schiavoni qui a été capable de coudre quelque chose qui fait le lien entre tous ces univers et tous ces paradoxes. Elvis Presley, c’est l’incursion de l’Amérique dans un village de Sicile. Quant à la danse, il s’agit plus de néo-classique que de classique. Par exemple, quand on fait Don Quichotte, il y a beaucoup de classique avec les filles sur pointes alors qu’ici, même si le langage et la technique sont très classiques, les filles sont sur demi-pointes. C’est plus une technique classique et contemporaine au service d’une histoire, d’une interprétation, de quelque chose qui vous emmène dans un univers. En regardant Cassandra, vous voyez une histoire et vous écoutez un film muet.
Les danseurs vont danser au Théâtre de Verdure, quel est votre rapport avec le plein air ?
D’un point de vue personnel, j’aime beaucoup le plein air. D’abord parce que je trouve que c’est très écolo. En étant à l’extérieur, on ne respire par un air saturé par le refroidissement ou le chauffage. Bien sûr, on peut voir arriver des insectes en plein visage et il faut s’adapter mais on fait partie d’un tout, on a la possibilité de voir les étoiles qui sont juste au-dessus. Un des plus beaux souvenirs que j’ai est d’avoir dansé à Athènes « Le Prélude à l’après-midi d’un faune » et de voir l’Acropole juste à côté. C’est pour ça que je souhaite emmener mes danseurs en plein air. Il y a beaucoup de contraintes mais la magie du résultat au moment où ça existe, c’est fabuleux, surtout quand on raconte une histoire comme celle de la Guerre de Troie qui est quelque chose de séculaire.
Cela fait dix ans que vous êtes directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée, quelle direction souhaitez-vous donner  à votre carrière pour la suite ?
Je suis venu car Christian Estrosi était devenu maire de Nice et quand je lui apporté le projet, il l’a complètement soutenu, il faut dire qu’il est vraiment derrière sa compagnie. Ce qui est important est de continuer vers la même direction que celle que nous suivons depuis depuis dix ans. C’est une compagnie qui a la réputation d’avoir des répertoires rares, on essaie d’avoir une véritable personnalité et de faire des choses que d’autres compagnies ne font pas. Dans la mondialisation qui existe aujourd’hui, avec l’excellence des interprètes qu’il peut y avoir un peu partout on a tendance a avoir un peu partout les mêmes chorégraphes mais c’est vrai que j’essaie de faire attention. L’important c’est la personnalité de la compagnie et l’excellence de la danse classique et néo-classique et continuer de faire des choses qu’on ne voit que chez nous.

Propos recueillis par Coraline Aime

Egalement :
Dimanche 28 juillet 21h30 : « Anges et démons » avec Gosha Kowalinska, mezzo-soprano, Guillaume Dussau, basse et Mari Laurila-Lili, piano.
Mardi 30 juillet 21h : Choeur et Ensemble Orchestral de l’Opéra de Nice dirigés par Giulio Magnanini. Récitante : Sonia Petrovna.

Draguignan – Théâtre en Dracénie
Festival L’impruDanse troisième édition

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Le festival » L’impruDanse » est devenu un rendez-vous incontournable de la saison. Début avril, chaque année, nous vous donnons rendez-vous pour découvrir les meilleures créations de danse du moment.
Pour cette 3ème édition, nous avons souhaité accueillir de grands noms de la scène internationale. C’est un plaisir de pouvoir programmer Tero Saarinen, immense chorégraphe finlandais, avec Morphed, spectacle puissant et entêtant. La très sensible et talentueuse Ambra Senatora sera également à l’honneur sur la grande scène du théâtre avec son magnifique Scena Madre*. Gilles Cailleau continuera à nous faire voyager en nous proposant sa pièce Tania’s Paradise, véritable ôde à la femme. Comme toujours chez Gilles le lieu sera atypique : une petite yourte !
Et puis nous retrouverons le très détonnant Romain Bertet dans une «chorégraphie du sol  :, Écouter voir« .
« People what people » de Bruno Pradet magnifiera les rapports humains, le duo déjanté des Déclinaisons de la Navarre nous fera beaucoup rire.
Et ne ratez pas le très joli spectacle Des Gestes Blancs moment de tendresse à découvrir en famille.
Et puis toujours les débats, tables rondes, projections cinéma, exposition, un stage cette saison avec notre nouvel artiste associé Arthur Perole ( ) …
Rendez-vous pour 4 jours festifs où la danse imprudente est à l’honneur
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DANSE : Vol de cygnes et d’acrobates dans la région !

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Yacobson Ballet

Si Tchaïkovski a écrit nombre d’œuvres remarquables, les plus célèbres sont trois ballets : « La belle au bois dormant, « Le Casse-Noisette », « Le lac des cygnes », sur des chorégraphie de Marius Petipas le bien nommé. Mais celui des trois qui reste le plus emblématique est certainement « Le lac des Cygnes », qui traverse les décennies et a été joué dans le monde entier jusqu’à aujourd’hui où il ne se passe pas un mois qu’il ne soit repris ou recréé par une compagnie de danse.
Notre région n’en est pas exempte, la preuve en est que dans les semaines qui suivent, nous allons avoir le choix du roi.
Déjà, en novembre, l’Opéra de Toulon y avait reçu les étoiles du Ballet de l’Opéra National de Kazan-Tatarstan pour la version donnée à sa création.
En ce début d’année, c’est le Grand Théâtre d’Aix-en-Provence qui tire le premier en présentant la version de la compagnie russe, le Yacobson Ballet, le vendredi 4 janvier à 20h et les samedi 5 et dimanche 6 janvier à 17h, dans la chorégraphie initiale de Petipas. Léonid Yacobson a été le premier à créer une compagnie de danse indépendante en Russie et aujourd’hui elle y réunit 75 danseurs.

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Ballet de Milan – Ballet de KIev

Le samedi 11 janvier, le Théâtre de la Chaudronnerie de la Ciotat recevra le Ballet de Milan pour une version plus contemporaine de ce fameux ballet intitulé « Swan lake » dans une très belle mise en scène de Marco Pesta et une chorégraphie de Teet Kask.
Restons à la Chaudronnerie le jeudi 7 février avec cette fois le Ballet de Kiev, compagnie ukrainienne de 40 artistes sélectionnés par son directeur, le danseur étoile Alexander Stoyanov, qui y donnera sa version très classique que Marius Petipas avait créée au Bolchoï. Elle a fait le tour du monde.
Auparavant, le mercredi 6 février, le Ballet de Kief y fera escale au Théâtre Galli de Sanary.
Puisque nous sommes au Théâtre Galli et avec le Ballet de Kief, notons qu’il s’y produira le vendredi 11 janvier avec deux autres ballets : Carmen » de Bizet et « Shéhérazade » de Rimski-Korsakov, deux héroïnes aussi célèbres qu’Odette du « Lac des Cygnes », que vous pourrez découvrir.

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Carmen et Shéhérazade

Et comme le début d’année sera sous le signe de la danse, le Théâtre Galli invitera également, le 3 avril, le Royal Ballet National de Georgie qui est en train de faire le tour du monde avec sa nouvelle création, un spectacle totalement différent intitulé « Fire Georgia » qui mêle danse, cascades et acrobaties, une inovation totale pleine de couleurs, de rythmes, de prouesses et

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Royal Ballet National de Georgie

d’énergie. Un voyage magnifique à travers l’Histoire de la Géorgie.
Si vous aimez la danse, vous allez être servi !

Jacques Brachet

Erick MARGOUET… Voici les clés

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Outre qu’Erick Margouet est chorégraphe à l’Opéra de Toulon, aujourd’hui celui-ci lui a confié une mission en le nommant responsable de l’action culturelle.
Vaste projet qui regroupe tout ce qui concerne les actions pédagogiques avec les écoles, les élèves et les enseignants et dont nous parle Erick.
« La tâche est ample puisqu’elle se divise en plusieurs branches, la première, intitulée « Derrière le rideau » qui est une collaboration de l’Opéra de Toulon avec l’Inspection Académique du Var, qui propose des projets communs autour de la découverte de l’Opéra, aussi bien le bâtiment par lui même que les corps de métiers qui y tournent autour, et que la musique, les oeuvres et leurs compositeurs. Cela se traduit par la visite de l’Opéra, la rencontre avec les techniciens et les différents métiers qui font vivre ce lieu, des répétitions fin de découvrir les grandes oeuvres, et même des stages touchant la culture, l’artistique, le patrimoine. Un partenariat avec l’Ecole Supérieure d’Art et Design de TPM a proposé à des étudiants des stage pour créer des décors.
Mais derrière le rideau, il y a aussi « L’école à l’Opéra », c’est à dire des élèves qui viennent à l’Opéra avec leur professeur et qui font leur cours dans un des lieux du bâtiment. Mais aussi, toujours épaulés par leurs enseignants, de monter des spectacles de chant, danse, théâtre et de les présenter sur scène, aidés par les professionnels de la maison.
Les enfants choisissent un thème et montent leur propre spectacle avec leurs musiques, ceci afin de leur faire découvrir les arts du spectacles, les arts lyriques entre autre, et les y ouvrir en leur montrant qu’ils y a de beaux métiers qui se cachent derrière ce mythique rideau rouge.
On les invite à découvrir aussi des opéras, des concerts et ciné-concerts, on les amène au Festival de Musique de Toulon, à des rencontres avec les artistes, chanteurs, danseurs, musiciens…
Tout cela en partenariat avec l’Opéra, le Festival de Musique, l’Inspection Académique, le service éducation de la ville de Toulon, le Conservatoire TPM, afin d’ouvrir le plus large possible à tous ces arts que l’on dit trop souvent difficiles, inabordables, élitistes ».
Il y a également un projet qui fête ses dix ans : « Danse à l’Opéra », en partenariat avec les lycées Beaussier, Dumont-d’Urville, Bonaparte, de Toulon, le collège de la Guicharde de Sanary.
« Durant deux jours, 250 lycéens et collégiens, associés à leurs professeurs créent un projet qu’ils présentent en fin d’année. Viennent s’y joindre des jeunes trisomiques de 17 à 25 ans.
Ce projet a pris de l’ampleur. Grâce à celui-ci, nous avons été reçus au Sénat pour avoir été élus le meilleur projet pédagogique national. Nous y retournons d’ailleurs le 10 juin pour présenter « Les flammes de la Liberté »
On le voit donc, le projet est superbe et prenant et Erick s’y est plongé avec passion.

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Mais il ne s’arrête pas là puisqu’il épaule Christine Manavella, chargée de mission pédagogique en participant aux événements que crée celle-ci en faveur de la sclérose en plaques.
Ainsi, le 30 mai, journée mondiale de la Sclérose en plaques, à 20 heures à la Porte d’Italie, présenteront-ils un spectacle proposé avec la Fac Universal Compagny, l’atelier de création qu’elle a monté, avec plein de gamins dont la benjamine a 4 ans, un spectacle de musique, théâtre et danse, intitulé « Du rire aux larmes », dont la recette sera reversée à la SEP. Y participeront deux neurologues : les docteurs Sylvie Trefouret et Catherine Maillecourt-Hamburger qui proposeront un temps d’échange.
Christine nous dit sa joie de travailler avec des enfants qui ont plein d’idées, qui partagent des passions comme la danse, la musique, le théâtre et combien c’est émouvant et enrichissant.
Le dimanche 13 mai à partir de 8 heures à la Tour Royale, sera organisé un triathlon « Le défi du Levant – Toulon Swim Run » opar Véronique Roquet, correspondante de la ligue « SEP en Région » avec la présence de son directeur Guillaume Molinier. Sur l’adhésion de chaque coureur participant, sera prélevé 5€ reversés à la ligue.
Le samedi 2 juin, au foyer Campra de l’Opéra de Toulon, Véronique proposera une conférence sur la sclérose en plaques.
« Nabucco » de Verdi, présenté le 8 juin à l’Opéra de Toulon, dédié à la recherche de cette maladie.
Comme on le voit, et si on ne le savait pas encore, la musique, l’art, la culture ne font pas qu’adoucir les mœurs, ils servent aussi à ouvrit les esprits, à faire aimer les belles choses, à aider les autres aussi et heureusement qu’il y a encore des gens, comme Ericl et Christine dans cet article, pour donner de l’amour, de l’espoir, de l’émotion et du moral.
L’Opéra en a les clés, Eick fait tout pour ouvrir toutes les portes possibles pour que l’Opéra soit un point de rencontre convergent pour tous les acteurs sociaux et économiques. Pour ouvrir aussi les portes de la vie et se dire que tant qu’il y a de l’art, de l’amour, de l’humain, il y a de l’espoir et encore de belles années à venir.

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Jacques Brachet

Draguignan – Théâtres en dracénie – 3 au 7 avril
Festival l’ImpruDanse – 2ème édition

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La première édition du festival L’impruDanse fut un moment mémorable de la saison passée. Comment oublier « Plan B » d’Aurélien Bory où les artistes ont défié la gravité avec une aisance sans pareil ; « Bataille » de Pierre Rigal jouant sur l’humour et la dérision ; « Stimmlos » d’Arthur Perole mêlant émotion et pureté du geste ? Comment oublier « La Fresque », magnifique création que nous a offerte Angelin Preljocaj ?
Et surtout comment oublier tous les instants partagés, les échanges, les verres qui trinquent au bar du Comptoir, la fatigue des lendemains, les retrouvailles heureuses ?…
La 2ème édition sera à coup sûr un nouveau temps fort de partag
Des rendez-vous incontournables avec les œuvres d’Andrés Marín et Jean-Claude Gallota, de la grâce à l’état pur avec Fanny Soriano, de la prouesse et de la voltige avec Joris Frigerio et Matthieu Renevret, de l’intelligence du verbe mêlé à celle du corps avec Christophe Garcia et Erika Tremblay-Roy, des retrouvailles émouvantes avec Frank Micheletti… Ne manquez pas le spectacle hybride et hypnotique de Romain Bertet et la pièce, véritable œuvre de salut public, de Hillel Kogan…
Que de temps forts nous vivrons ensemble…
La danse à l’honneur, le mouvement et le geste, à l’unisson…

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My ladies rock (Ph Stéphanie Para) – We love Arabs (Ph Gadi Dragon)

PROGRAMME
Mercredi 4 avril
16h – Auditorium Pôle Culturel Chabran
Lettre pour Eléna – Chorégraphie Christophe Garcia
La partition dansée et jouée est vive comme l’été, rouge comme les robes qui virevoltent, profonde comme l’amitié, brodée comme une fine dentelle
Jeudi 5 avril
19h – Chapelle de l’Observance
De là bas – Chorégraphie Romain Bertet
Danse de contact avec la matière, danse de lumière et de mémoire, la performance de Romain Bertet de découvre à tâton
21h – Complexe Saint-Exupéry
D.Quixote – Chorégrphie Andrès Marin
Virtuose et grisant, « D.Quiwote » ressuscite l’esprit fr Cervantès avec une inventivité exceptionnelle, entremêlant chant, danse, image et texte
Vendredi 6 avril
19h – Auditorium Pôle Culturel Chabran
Hêtre et phasmes – Mise en scène Fanny Soriano
Deux courtes pièces qui ouvrent sur l(ailleurs avec sensualité et fougue : le songe et la métamorphose pour « Hêtre », l’animalité et les mirages pour « Phasmes »
21h – Auditorium Pôle Culturel Chabran
We love Arabs – Chorégraphie Hillel Kogan
Pièce engagée et audacieuse « We love Arabs » réunit le chorgraphe israëlien Hillel Kogan et le danseur arabe Adi Boutrous dans un acte de foi et d’espérance
Samedi 7 avril
16h – Chapelle de l’Observance
City – Joris Frigerio
« City » entrelace acrobatie, danse, texte et vidéo en une seule séquence qui fait du cirque contemporain un formidable terreau de création
19h – Auditorium Pôle Culturel Chabran
No.W.here – Frank Micheletti
U duo féminin magnétique en prise directe avec une création musicale live : de quoi donner le vertige de l’ici et maintenant
21h – Complexe Saint-Exupéry
My ladies rock – Jean-Claude Gallotta
La revue rock’n roll de Jean-Claude Gallotta est à son image, tonique et mélancolique, intrépide et optimiste. Elle fait mouche à tous les coups !

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D.Quixote (Ph Alain Scherrer)

Renseignements – réservations : 04 94 50 59 50 – 04 94 50 59 59 – www.theatresendracenie.com

 

Angelin PRELJOCAJ
entre la Criée et Châteauvallon

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Angelin Preljocaj est un surdoué de la danse.
Cet Albanais né en France possède des bases classiques solides avant de devenir l’un des fers de lance de la chorégraphie contemporaine.
Nous l’avons connu à ses balbutiements à Châteauvallon et depuis vingt ans il s’est installé avec sa compagnie à Aix-en-Provence.
Formé à l’école new-yorkaise du chorégraphe Merce Cunningham il se produit aujourd’hui dans le monde entier, avec passage à Avignon et surtout l’Opéra de Paris où, lorsque Patrick Dupont en était le directeur de la danse, il l’invita à s’y produire. Aujourd’hui, plusieurs de ses ballets sont entrés dans le répertoire du ballet de l’Opéra.
Officier des Arts et Lettres, Chevalier de la Légion d’Honneur, il ne cesse de créer et réalise des films dont le dernier en date « Polina », qu’il est venu présenter au Six N’Etoiles de Six-Fours et y fait danser Juliette Binoche.

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Il s’installe, du 14 au 17 juin, au théâtre de la Criée de Marseille avec un ballet tiré du conte traditionnel chinois « La peinture sur le mur », devenu pour la circonstance « La fresque ou l’extraordinaire aventure »., sur une musique de Nicolas Godin et des costumes d’Azzedine Alaïa.
Un spectacle à la croisée des cultures, des esthétiques et des époques, mêlant contes, estampes, fresques et illusion. Un ballet proche du fantastique ou du rêve. Entre images et réalité, magie et illusion.
On le retrouvera le samedi 1er juillet à Châteauvallon, à Ollioules pour une série de duos tels « La stravaganza », « Roméo et Juliette », « Le parc » et quelques autres créations qui ont marqué son parcours.
C’est de la haute couture, du sur mesure cousu à même la peau et la chair des danseurs, faits de sensualité, de liberté, de communion charnelle, sur des textes sacrés, mythiques, symboliques où les temps anciens se mêlent à une actualité brûlante.
Beau et émouvant retour sur les lieux de la naissance de sont art aujourd’hui reconnu de tous.

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Jacques Brachet