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Une année pas si difficile
pour Eric TOLEDANO & Olivier NACKACHE !


Toledano-Nackache. Eric et Olivier… Deux prénoms qui, comme le chantaient les Beatles, vont très bien ensemble !
Acteurs, scénaristes, réalisateurs, les deux inséparables ont le sens de la fête !
Les voici donc en tournée-promo avec leur tout nouveau film : « Une année difficile »
C’est une phrase qui est toujours venue, un jour ou l’autre, à tous les présidents de la République sans exception. On les retrouve tous en ouverture du film d’ailleurs !
Et qui leur a donné l’idée, et du titre et du film.
Albert (Pio Marmaï) et Bruno (Jonathan Cohen) sont dans la dèche la plus noire. Le premier vit de petits larcins après avoir « tapé » famille, amis, collègues. Le second a vu partir femme et enfant avant de vouloir se suicider.
Albert le sauve et pour manger – et boire ! – ils se retrouvent dans une association écologique de fous furieux, (où il tombe amoureux d’une fille on ne peut plus radicale) qui accumulent les actions et les happenings les plus fous et y entraînent nos deux pieds nickelés.
Le film regroupe les problèmes de notre vie actuelle, le surendettement, la terre menacée, des problèmes dramatiques que nos deux compères désamorcent avec l’humour qu’on leur connait. A la fois tendre et fou, émouvant et bruyant, le film est tenu par les deux comédiens qui sont empotés, drôles, charmants, attendrissants dans leur médiocrité, leur naïveté, leurs malversations. Et la fin onirique est inattendue ! Bon point aussi pour Noémie Merlant qui joue les viragos au grand cœur.
Nous rencontrons nos deux complices le lendemain au Hameau des Pesquiers de notre ami Stéphane Lelièvre.

« Éric, Olivier, comment vous est venu ce thème ?
Éric :
Nous écrivions la saison 2 de « Thérapie » plus un autre film,  lorsqu’est arrivée la crise sanitaire. Les rues désertes, les magasins fermés, le monde mis en pose, ont rabattu les cartes pour tout le monde et pour des gens comme nous qui écrivent. Nous nous sommes dit que ne pouvions pas détourner le regard. Nous avons remonté le passé pour voir comment nous en étions arrivés là, comment cette crise a déclenché la névrose des français. Toutes ces images nous ont appelés à la réflexion : « Où on en est » ?
Le surendettement, l’écologie, ne sont pas des sujets particulièrement drôles…
Éric : Nous avions passé quatre années à faire des choses dramatiques alors nous avons décidé de passer par l’humour, comme l’ont souvent fait les cinéastes italiens ou anglais, en abordant des sujets sérieux avec une note de légèreté. Nous nous sommes arrêtés sur cette photo où l’on voit des gens qui empêchent les autres à entrer dans un magasin de « Black Friday ». On s’est posé les questions : Comment en arrive-t-on là ? Qui vient dans ces magasins pour acheter de façon frénétique : ceux qui en ont besoin, vraiment besoin et qui sont ceux qui les empêchent ? Nous avons enquêté des deux côtés. Nous avons essayé de traverser les ponts entre les associations qui  s’occupent de surendettement et les activistes militants radicaux.
Olivier : Par ailleurs, nous avions travaillé enfermés dans un cabinet de psy pour la série et nous avions envie de respirer, de retrouver le monde, l’énergie d’un esprit de groupe comme du temps de « Le sens de la fête » ou « Les jours heureux » et de nous offrir des scènes d’action. Nous avons aussi essayé de montrer par l’absurde des flux contradictoires qui en fait peuvent converger. Un peu comme « Intouchable » où deux mondes se rencontrent : le riche hémiplégique et le jeune de banlieue.
Éric : Nous avons voulu, qu’à travers une société de plus en plus violente, des situations de plus en plus tendues, il y a le rire thérapeutique et nous avons abordé le sujet par l’humour, comme une façon de se poser des idées autrement que par le biais d’un message anxiogène.
Vous nous parliez de personnages à l’italienne…
Éric 
: Oui, car le cinéma, dans une époque pas si lointaine, avait le don de parler de gens au malheur joyeux, des personnages flamboyants et qui étaient pourtant dans la détresse et la précarité, avec un grand instinct de survie. Et on en a rencontré beaucoup, de ces personnages-là, des losers sympathiques qui pratiquent le système débrouille.

Ce sont en fait des pieds nickelés !
Olivier rit : En fait, je ne connais pas cette bande dessinée mais on m’en a déjà parlé et l’expression est descendue dans la rue. Ce sont des personnages hâbleurs, magouilleurs et qui ont toujours existé. Je vais aller voir cette BD !
Au départ, le personnage de Jonathan ne devait-il pas être joué par Alban Ivanov ?
Éric :
Très juste mais il n’était pas libre et Jonathan est arrivé, comme Bacri était arrivé sur « Le sens de la fête ». Il s’est tout de suite adapté et c’est la magie d’un film. La rencontre entre lui et Pio a tout de suite fonctionné. A tel point qu’au départ dans le film ils ne se connaissent pas, ne sont pas proches mais eux se sont tellement entendu qu’il a fallu les freiner ! Mais après, Noémie s’est jointe à eux et tout a bien fonctionné. L’art vient quelquefois de la contrainte et c’est dans cette contrainte qu’on devient créatif.
Pensez-vous avoir fait un film engagé ?
Éric : Le cinéma, pour nous, n’est pas d’être militant ou engagé et dire aux gens ce qu’ils doivent penser. On n’est pas dans un film engagé même s’il s’en dégage quelque chose car on n’est pas neutre bien sûr !
Après, chacun a une réflexion à se faire. Ce sont des sujets qui nous préoccupent mais ce n’est pas la posture de départ.
Avez-vous rencontré des activistes ?
Olivier : Ils sont dans le film ! Ils sont tous issus d’un mouvement qui s’appelle « Extinction Rébellion ». Nous avons enquêté avec eux et nous avons fait des actions avec eux ! Nous avons été très clairs : on leur a proposé de participer s’ils en avaient envie. C’est ce qui s’est passé. Ils ont tous un surnom qu’ils se donnent afin qu’il n’y ait aucune origine sociale ou ethnique entre eux. Nous-mêmes avons eu des surnoms…

Lesquels ?
(Ils rient) Vous n’en saurez rien !
La musique est importante dans ce film…
Éric : Toujours, nous y sommes connectés très fort. Nous voulions des chansons des années 70 et « Le fric, c’est chic » s’imposait.
Et pourquoi Brel ?
Éric : Parce que c’est un grand poète… même s’il est belge ! Et puis, le sujet de « La valse à mille temps » est le sujet du film : On est au milieu d’un pont et l’on valse entre les idées consommation/sobriété, on ne sait plus sur quel pied danser. C’est la valse entre le plus, le moins, le plein, le vide c’est la valse… à militant !
On est dans le reflet de l’époque ».

Propos recueillis par Jacques Brachet

Robert GUEDEGUIAN en visite au Six N’Etoiles


Robert Guédéguian est un réalisateur et producteur marseillais, d’origine arménienne, qui a construit un monde cinématographique tout autour de Marseille. Mais loin d’être un réalisateur « de province », ses films ont très vite dépassé les frontières marseillaises pour être vus dans le monde entier.
70 ans, 40 ans de cinéma, 23 films à son actif, de « Dernier été » en 1981 à « Et la fête continue » qui sortira à la rentrée, sans oublier l’incontournable « Marius et Jeannette » en 1997, il n’a jamais cessé de réaliser et de construire une œuvre forte, humaine, politique et, pour cet anniversaire, le Mucem de Marseille lui rend hommage par une rétrospective, du 26 au 29 juillet, suivie d’une exposition du 20 octobre au 15 janvier, qui se tiendra à la Friche de la Belle de Mai.
Mais avant cela, le voici sur les routes provençales où il est accueilli dans nombre de villes dont un arrêt à Six-Fours ce 17 juillet où j’ai eu le plaisir de le retrouver car nos chemins se sont souvent croisés.
Grand bel homme aux cheveux et la barbe poivre et sel, le sourire rare mais pourtant oh combien chaleureux et la voix de basse à l’accent « de chez nous », il se raconte en toute intimité.

Ariane Ascaride, l’égérie

« Robert, pas d’avant-première avant quelques mois et vous voilà sur les routes pour présenter tous vos films tout au long des étapes. Pourquoi ?
Cette rétrospective a été organisée par le Mucem. Mais si tous les films y seront proposés durant quatre jours, à raison de quatre par jour, on a souhaité sortir hors les murs et faire quelques dates dans des salles que nous aimons, de Six-Fours à Vitrolles en passant par l’Estaque, l’Etang de Berre et d’autres salles qui m’ont toujours bien accueilli.
Chaque ville présente donc un ou plusieurs films. Est-ce vous qui les avez choisis ?
Non, j’en aurais été incapable et j’aime que ce soient les gens qui choisissent en fonction de leurs goût ou de leurs idées ou encore de leurs envies. Chaque cinéma a fait son choix.
Puisqu’il y a rétrospective, remontons le temps. Il y a trois comédiens que l’on voit dans tous vos films : Ariane Ascaride, votre épouse, Gérard Meylan et Jean-Pierre Darroussin. Parlez-nous de ces rencontres.
La plus vieille rencontre est celle de Gérard puisque nous sommes amis d’enfance et que nous avons grandi ensemble. Ariane, je l’ai rencontrée à l’université. Elle était déjà militante, ce qui nous a rapprochés. Puis je l’ai suivie au conservatoire où elle m’a fait rencontrer Jean-Pierre avec qui nous sommes devenus amis.
Les événements de 68 ont amené un souffle nouveau, entre autre au théâtre où se sont créés des mouvements, des attitudes collectives. Nous parlions des nuits entières, nous voulions changer le monde et c’est ainsi que des liens se sont tissés. Des liens qui, au fil du temps, n’ont fait que se resserrer. Pas seulement avec les artistes mais aussi avec les techniciens. C’est un phénomène générationnel post soixanthuitard. Qui a perduré.
Vous vous êtes juré fidélité ?!
Ça s’est fait tout naturellement et ça dure depuis quarante ans ! A quelques personnes près, c’est toujours la même équipe, certains commencent d’ailleurs à être âgés !
Notre aventure est quand même très rare dans le cinéma.

Avec Noémie Dumas, directrice du Six N’Etoiles
Une petite signature pour la postérité

Lorsque vous écrivez un scénario, pensez-vous à eux à chaque fois ?
Ce n’est pas tout à fait ça mais lorsque j’écris, j’écris selon les préoccupations de mon âge… qui est le leur ! En fait, ils m’incarnent, ils me racontent. J’écris sans leur demander quoi que ce soit puis je leur propose mes idées. Et souvent, lorsqu’une idée me plait, ça leur plaît aussi. Mais il n’y a aucune obligation. Au contraire de Pialat qui avait écrit « Nous ne vieillirons pas ensemble », film superbe, nous, nous avons décidé de vieillir ensemble !
J’avoue que j’écris quand même « un peu » pour eux !
J’écris des choses que je ressens, des choses très différentes, je les préviens… Et ils marchent !
Est-ce qu’ils ont leur mot à dire ?
(Il rit) Pas vraiment. Il est très rare qu’ils veuillent proposer ou changer quelque chose. Il se trouve qu’en dehors des tournages, nous nous voyons tout le temps. Il peut se faire que je retienne des idées, des choses qu’ils disent… Je capitalise et je rebondis selon ce qu’ils disent. Dans « L’argent fait le bonheur » Gérard un jour eu envie d’incarner un curé à l’ancienne. Ça allait très bien avec le personnage et ça ne changeait pas l’histoire… Et il est devenu curé !
Cette tournée en plein cagnard, ça n’est pas épuisant ?
Oui, c’est un peu fatigant mais c’est loin d’être désagréable. Je rencontre un public qui m’aime bien, qui est attentionné, curieux, les débats sont toujours sympathiques et enrichissants. Et tout se passe bien.
A la rentrée vous savez un film qui sort je crois…
Oui. Il s’intitule « Et la fête continue » et il se passe à Marseille lorsqu’il y a eu les effondrements d’immeubles rue d’Aubagne. Le film raconte tout ce qui se passe autour à ce moment-là. Ca raconte aussi l’effondrement des manières anciennes de la politique.
Mais je suis déjà sur un autre film.
On peut en parler ?
Il s’intitulera « La pie voleuse ». C’est une fable dont l’héroïne est une aide à domicile qui a la main « un peu » légère et qui vole « un peu » ses clients. Mais ça se termine bien ! En ce moment, avec ce que l’on vit, j’ai envie de voir des films réjouissants. Et du coup j’en fais un dans ce sens.
Vous parliez tout-à-l ‘heure de la création d’une cinémathèque à Marseille. Vous en êtes ?
En vérité, c’est la cinémathèque française qui a décidé de créer une antenne à Marseille et dans d’autres villes. C’est une déclinaison de celle de Paris afin de la décentraliser. Je participe au côté financier, au lieu, au lancement mais après, si ça marche, je laisserai d’autres la gérer. Ce que j’aime, c’est créer des choses, après, une fois sur les rails, je laisse le projet à d’autres. »

Les Six-Fournais ont eu le privilège de revoir « Marius et Jeannette » place des poilus et « Mon père est ingénieur » que Robert Guédéguian a présenté, suivi d’un débat.
Pour l’heure, après cette tournée et l’exposition, il y aura la sortie du film « Et la fête continue » et le tournage de « La pie voleuse » qui se fera dans la foulée.
70 ans, bon pied, bon œil… et plein de projets !
La fête continue !!!

Propos recueillis par Jacques Brachet

Et la fête continue

Six-Fours – Six N’Etoiles, 25 ans après
« Jeanne et le garçon formidable » revient sur les écrans

Jeanne (Viginie Ledoyen), est une jeune femme libre, heureuse de vivre, à la sexualité débridée. Elle prend et jette les garçons sans état d’âme.
Jusqu’au jour où, bousculée dans le métro, elle tombe sur les genoux d’Olivier (Mathieu Demy) et c’est le coup de foudre de part et d’autre. Mais Olivier est, comme il dit « séropo ».
Jeanne qui n’a jamais cherché à garder un garçon va vouloir l’aimer et l’aider mais lui, qui sait où cette maladie va l’amener, rejette cet amour malgré lui.
Ce film « Jeanne et le garçon formidable », date de 25 ans. En plus qu’il n’ait pris aucune ride, l’on voit débuter une équipe de comédiens… formidables dont certains ont fait leur chemin : Virginie Ledoyen et Mathieu Demy étant entourés de Valérie Bonneton, Denis Podalydès, Frédéric Gorny, Jacques Bonnafé, tous en début de carrière dans ce film qui est une comédie musicale réalisée par Olivier Ducastel, dont le scénario et les paroles des chansons sont signés Jacques Martineau, sur une musique de Philippe Miller.
Un film frais, tendre, émouvant, avec de belles musiques,qui parle d’amour et de sida, qui ressort 25 ans après et qu’une nouvelle génération va connaître.
Olivier Ducastel, qui aime autant son film que nous (et aussi Noémie Dumas, la directrice du Six N’Etoiles qui en est allée de sa larme !) et qui est donc venu accompagner cette ressortie, ce qui est rare de voir ressurgir un film 25 ans après.

« Olivier, il est rare de voir ressortir un film 25 ans après. Comment cela s’est-il fait ?
C’est vrai qu’en principe, on ressort les films dits du répertoire lorsque le réalisateur est mort !
Mais là, il s’agit des distributeurs de Malavista qui ont adoré ce film et qui avaient travaillé sur les bonus de l’édition DVD. Une fois le film restauré, ils ont eu envie de le ressortir en salle. Ils ont trouvé intéressant qu’une nouvelle génération le découvre sur grand écran plutôt que sur un écran TV.
Au générique, il y a Mathieu Demy, le fils de Jacques Demy. On sait que vous avez travaillé avec le père. C’était une sorte de prolongement ?
C’est indirectement lié car j’ai eu la chance de travailler avec Jacques Demy sur son dernier film « 3 places pour les 26 » et j’ai toujours aimé tous ses films. Sabine Mamou en était la monteuse et lorsqu’on a commencé à préparer le film, c’est elle qui nous a parlé de Mathieu. Nous étions très gênés de lui en parler car il y avait peu de temps que la femme de Jacques Demy avait révélé, avec « Jacquot de Nantes » que Demy avait été très malade et était mort du sida. Dans le film ça n’était pas vraiment exprimé et le public n’avait pas vraiment compris. Elle venait de le révéler à Mathieu, qui avait alors 24 ans, et nous étions pleins de pudeur pour en parler avec lui. Sabine a organisé un repas. La rencontre a été très belle, il comprenait pourquoi on hésitait et il a accepté. Nous avons alors fait des essais avec Virginie Ledoyen et ça a tout de suite fonctionné entre eux.
Je peux vous dire que Jacques Demy était très présent sur le tournage.

Le film est d’ailleurs très inspiré de Jacques Demy !
Oui, nous étions très inspirés par la thématique, le mélange des genres, le mélange des couleurs mais nous avons fait très attention à ce que ce ne soit pas une copie de ses films.
Nous avons seulement gardé son esprit.
Et Virginie Ledoyen ?
Au départ, le rôle n’était pas pour elle mais pour une comédienne qui savait chanter : Jeanne Balibar. Mais pour diverses raisons, ça ne s’est pas fait et le choix s’est fait sur Virginie.
Ce qui est original c’est que ce sont les comédiens qui chantent. Ils ne sont pas doublés.
Oui, sauf pour Virginie car elle avait trop de choses à chanter mais je préfère avoir des comédiens qui chantent, même si c’est imparfait car nous préférons les vraies voix des artistes. C’est plus authentique et plus humain. Et c’est un vrai plaisir.
Votre rencontre avec Jacques Martineau ne date pas d’hier !
Elle date de ce projet. Jacques travaillait déjà avec Philippe Miller qui a composé les musiques des chansons. Sa femme était amie avec Camille Cote, qui était monteuse et  avait vu mon court métrage qui était déjà une comédie musicale, « Le goût de plaire ». Elle nous a fait nous rencontrer et ça a marché.
Comment cela se passe pour la bande son ?
Toute la musique et les chansons sont enregistrées avant le tournage et l’on tourne avec le play-back. Chacun a eu un coach vocal et travaille ses partitions. En principe, on ne touche plus à ce qui a été enregistré.
Comment s’est fait le casting ?
Entre copains, chacun connaissant un jeune artiste, tous ont fait des essais et ça n’a pas été plus compliqué que ça. Le plus difficile a été Mathieu et Virginie car au départ l’histoire tournait autour d’un couple de trentenaires. Or, Mathieu avec 24 ans  et Virginie en avait 20, même si elle avait déjà dix films à son actif ! En fait, ça a donné un côté plus naïf à leur personnage.

Pourquoi une comédie musicale ?
J’étais très proche des films de Demy et ça faisait cinq ans qu’il avait disparu.  Beaucoup de gens disaient que, Demy disparu, il n’y aurait plus de comédies musicales au cinéma. C’est un peu ce qu’i s’est passé malgré quelques essais infructueux comme « Tra la la » des frères Larrieu, « « Don Juan » de Serge Bozon ou encore « La grande magie » de Noémie Lvosky.  J’avais déjà écrit ce court métrage mais aussi une première comédie musicale « Ma vraie vie à Rouen » que je n’ai pas réussi à monter. Et j’ai rencontré Jacques Martineau qui était musicien, qui avait été chanteur lyrique et par contre, à part à l’université, il n’avait jamais écrit. Il ne pensait pas être auteur mais il a écrit le scénario pour s’amuser et nous faire plaisir.
Il y a quand même eu « Huit femmes » de François Ozon !
Oui mais c’est plus un film musical qui balance entre opérette et vaudeville ; c’est plus du théâtre filmé.
Pourquoi ça marche si peu en France ?
Pour beaucoup de raisons, d’abord parce que c’est très cher à produire, que les producteurs sont frileux, qu’il faut un scénario original et que peu d’artiste ne peuvent ou ne veulent pas s’engager dans un travail de longue durée car il faut savoir jouer, chanter danser, ça prend des mois à mettre en place et à tourner. Et peu d’artistes ne veulent s’investir dans ce long cheminement. Nous avons tenté de faire une autre comédie musicale avec des artistes comme Isia Higelin Julien Doré, Camélia Jordana, Eddie de Pretto. Mais entre leurs tournées et leurs enregistrements, ils n’ont pas le temps. Ils ne sont pas disponibles. Et si l’on n’a pas de nom connu, les producteurs ne se lancent pas.
Alors, qu’allez-vous faire maintenant. Seul ou toujours avec Jacques Martineau ?
Nous restons ensemble même si nous sommes séparés depuis dix ans. Nous sommes en train de peaufiner un scénario « Tanger au printemps » que nous espérons tourner l’an prochain. Ce n’est pas musical, c’est un film dramatique, un mélange des genres. Nous sommes en post-production. Mais il n’est pas impossible qu’on retente une comédie musicale ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’Etoiles
« Sous la tapis » le film-miracle de Camille JAPY

Odile (Ariane Ascaride) va fêter son anniversaire et attend ses enfants  (Bérénice Béjo et Thomas Scimeca) et ses petits-enfants. Alors qu’ils vont arriver, son mari (Bernard Alane) décède d’une crise cardiaque. Là, elle va avoir une réaction  pour le moins singulière : Elle le cache sous le lit et lorsqu’arrive la famille elle dit qu’elle s’est disputée avec lui et qu’il est parti.
L’anniversaire se passe dans une drôle d’atmosphère, jusqu’au  moment où sa fille découvre le corps. L’attitude d’Odile devient alors encore plus surprenante car elle décide de ne pas l’enterrer et de le garder à la maison.
Chacun va vivre ce moment de façon différente, essayant de comprendre ce qui se passe chez Odile.
Une histoire à la fois dramatique et incroyable, qui nous laisse amusés et surpris mais aussi très émus au fur et à mesure qu’elle se développe.
Une magnifique distribution, des parents aux enfants. Ariane Ascaride, une fois de plus prodigieuse et bouleversante dans ce rôle qui balance entre le mystère et la folie. Tout en nuances, elle nous arrache les larmes, perdue au milieu de cette famille qui ne sait plus que penser d’elle. Bérénice Béjot, tout en force et en tendresse, qui cache une fêlure. Thomas Scimeca qui est resté un adolescent. Sa compagne (Marilou  Aussiloux), fraîche, naïve, lumineuse, qui va un peu bousculer cette famille ancrée dans les non-dits. Sauf Bernard Alane, qui n’a que peu de choses à faire… puisqu’il est mort !
Camille Japy nous offre là un film qui pourrait être dramatique et larmoyant si ce n’était cette famille un peu disjonctée, sans compter cette mère fantasque qu’on a du mal à suivre dans cette folie sans compter cette fin qui explique tout.
Un film plein d’amour, de tendresse, de poésie et par moments de drôlerie.
Le film est sélectionné au festival de Cabourg et, belle surprise, Camille Japy est venue nous rendre visite au Six N’Etoiles. 

Comédienne de théâtre (de Racine à Ibsen en passant par Yasmina Reza) ; de cinéma (Kassovitz, Ozon, Tachella, Klapich, les frères Foenkinos) ; télé (Julie Lescaut, Mongeville, Maigret, Emily in Paris), cette belle comédienne au regard radieux a décidé de passer à la réalisation. (Son premier court métrage « Petites filles » a reçu de nombreux prix à l’étranger). Et elle a bien fait, en nous offrant ce film à la fois tendre et dramatique, frais et sombre. Un film choral, qui est la magnifique surprise de cette fin de printemps.
Un regard plein de lumière, un sourire qui attend avec appréhension la sentence de son premier public : la presse. Et que l’on rassure très vite !
« J’ai toujours aimé le mélange des genres et j’ai voulu montrer une femme terriènne, pleine de facettes, à laquelle chacun peut s’identifier. Une femme capable de faire des choses inexplicables pour les autres mais qui sait pourquoi elle les fait. Elle subit un deuil traumatique, terriblement violent et c’est sa façon de réagir face à la mort. Nous avons tous été un jour confrontés à la mort et chacun de nous la vit différemment. Mais c’est un film qui parle d’amour, des relations entre mère et enfants qu’on a tous connus, des non-dits  qui se transmettent souvent dans les familles.
Lorsqu’on lit le speech : une femme qui cache son mari mort sous un lit, ça semble à la fois fantasque et drôle…
C’est vrai que l’on peut penser cela mais c’est ma façon de voir les choses : le côté dramatique et en même temps une certaine légèreté, une certaine fantaisie. Une vie, c’est très riche et c’est fait de tout cela. C’est un film aussi sur la liberté, sans préjugé sur la façon de chacun de voir la mort. C’est un film construit sur l’ascenseur émotionnel, sur les sensations.

Qui est aussi appuyé par la très belle musique de Mathieu Chédid !
Oui et ce que j’ai aimé chez lui c’est de l’avoir amenée de manière sensorielle. C’est un honneur qu’il ait accepté de l’écrire car elle est à la fois douce et puissante, sans pathos. Il a tout de suite compris ce que j’espérais de lui et il l’a écrit de manière organique.
Travailler avec trois enfants vous a-t-il semblé difficile ?
Je ne me suis pas posé la question, j’adore les enfants car ils sont la vérité, la pureté. J’ai beaucoup parlé avec eux avant le tournage, nous avons fait des jeux afin qu’ils soient à l’aise, qu’il y ait une vraie complicité entre eux. Ils ont tourné très sérieusement tout en s’amusant. Ils comprenaient ce que je leur demandais, ils étaient très concentrés et nous avons travaillé dans le plaisir, tous ensemble, adultes et enfants. Nous avons en fait créé une famille. Tout a été naturel, joyeux, intense. J’ai eu beaucoup de chance. Et nous séparer a été très émouvant.
Le choix des comédiennes ?
Ariane Ascaride, c’est une évidence : C’est une comédienne terrienne, l’une de nos plus belles comédiennes françaises et je savais que, si elle acceptait ce rôle, elle serait « mon » Odile. Elle joue sur toutes les facettes et en plus elle est toujours prête à faire ce qu’on lui demande. Elle a beaucoup joué avec les enfants et c’était important. Avoir Bérénice Béjot a été aussi un plaisir tant elle a à la fois de force et de fragilité, de candeur et de manque de confiance tout en se voulant autoritaire. Quant à Marilou, elle apporte la poésie, la naïveté,  la folie dans une famille un peu coincée. Je la trouve rayonnante.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Sortie sur les écrans le 19 juillet


Lumières du Sud
Guillaume LEVIL, de la Provence à Hollywood !

Guillaume Levil est un homme de contrastes : Il a passé son enfance à la Réunion avant d’arriver à Digne. Il navigue donc entre deux cultures. I
Il partage ses goûts entre Capra et Pagnol, « La femme du boulanger » et « Beethoven » (le chien !!) et notre jeune scénariste-réalisateur-producteur qui vit aujourd’hui àNice, ce qu’i ne l’empêche pas de retourner tourner à la Réunion, était l’invité de Pascale Parodi, présidente de l’association « Lumières du Sud ». Il est venu nous présenter quatre courts-métrages avec toute la passion et l’humour qu’il possède, tout auréolé d’une nomination… aux Oscars s’il vous plaît pour son court-métrage « La valise rouge », réalisé par Cyrus Neshvad, dont il a signé le scénario. Et qu’il nous a bien sûr présenté au Théâtre Daudet de Six-Fours ainsi que trois de ses autres films dont il est scénariste et réalisateur : « Un tour de cheville », « Arthur Rambo », « Courir toute nue dans l’univers », avec des histoires à chaque fois très différentes qu’elles soient drôles ou plus dramatiques.

« Guillaume, tu es en fait construit sur deux cultures
C’est exact, jusqu’à 12/13 ans la Réunion a fait ma construction. J’en suis imprégné. Mon père étant provençal, nous nous sommes retrouvés à Digne où je suis allé au collège. J’ai eu les deux cultures, les deux langues et je suis fait d’elles.
Le cinéma est venu comment ?
Tout jeune, ma mère m’a amené très souvent au cinéma  où je voyais aussi bien les films pour enfants mais aussi d’autres films peut-être un peu moins réservés aux enfants. Mon second film a été « Les liaisons dangereuses » !
C’est pour cela que tu es éclectique, jusqu’à aimer  « La femme du boulanger » ET « Beethoven » ?

Non, pas ET. C’est-à-dire que ce sont les deux exemples de ce qu’il faut faire et ne pas faire. Chez Pagnol c’est au mot près, c’est une histoire qui, même si elle est quelquefois exagérée, tient la route et nous emmène au bout de l’histoire. Pour « Beethoven » (pas le musicien… le chien ! », c’est pour moi tout ce qu’il ne faut pas faire et quant à la fin elle est on ne peut plus mauvaise. Après avoir vu le film j’ai imaginé plusieurs fins plus intéressantes. J’ai commencé à les écrire en fait, c’est le film qui m’a donné envie d’écrire des scénarios ! Donc merci Beethoven !
Tu t’es spécialisé dans le court-métrage, le documentaire…
Et la fiction ! J’ai commencé à écrire des scénarios pour les autres, puis pour moi, puis je suis passé à la réalisation. Mais tout se fait à partir de rencontres comme celles avec Cyrus Neshvad, réalisateur iranien vivant au Luxembourg pour qui j’ai écrit « La valise rouge » ou encore Nicolas Paban, qui est toulonnais et pour qui j’ai co-écrit « Princesse de Jérusalem ».
Coment s’est fait le passage aux longs métrages ?
C’est plus difficile encore que de monter des courts-métrages. Il faut trouver de l’argent et puis les vendre après. C’est quelquefois plusieurs années d’attente, d’acceptation… ou pas !
C’est un métier aléatoire où il faut toujours avoir dix projets pour quatre qui aboutiront. Il faut pouvoir rebondir et ce n’est pas toujours facile.

C’est certainement parois frustrant et en plus entre deux films il faut pouvoir vivre
Frustrant, peut-être quelquefois mais comme je suis toujours sur plusieurs projets, je pars sur un autre. Mais malgré le temps qui court entre deux réalisations on peut très bien vivre une vie entière après un film. Et puis, dès le départ on est prévenu que ce que l’on fait risque de ne pas être accepté.
Il y a deux films que nous n’avons pas vus ce soir : « Le problème du pantalon » et « Les vénérables dessous ». Tu es très… textile !
(Il rit) C’est un diptyque qui d’ailleurs devrait devenir un triptyque car j’ai encore une idée.
« Le problème du pantalon » parle de la contraception chez l’homme : la vasectomie, l’injection d’hormones, le slip chauffant. Sujet tabou que je traite avec humour.
« Les vénérables dessous » traite, lui, de la menstruation, des sous-vêtements féminins qui sont de l’ordre du fantasme et de la liberté des femmes. Là encore, sujets tabous.
Et j’ai déjà un troisième sujet… Mais je préfère ne pas t’en parler !
Bon, venons-en à « La valise rouge », qui t’a emmené jusqu’à Hollywood !
C’est un scénario que j’ai co-écrit avec Cyrus Neshad qui l’a réalisé. Nous l‘avons tourné au Luxembourg où il vit. Nous avons découvert Nawelle Evad, jeune comédienne sur un casting. C’est l’histoire d’une jeune iranienne de 15 ans qui vient au Luxembourg, envoyée par son père, épouser un homme qu’on lui a imposé et qu’elle ne connait pas. Elle récupère sa valise rouge et déambule dans la gare autour de cet homme sans qu’il la voie et, après un long moment d’hésitation, décide de s’enfuir.
Nous l’avons présenté dans divers festivals car ce sont les seuls lieux où l’on peut vraiment les faire voir et il se trouve que nous avons reçu quatre grands prix dans quatre festivals, dont Paris et le Mans. Du coup, il a été sélectionné pour l’oscar du court-métrage.
Pourquoi dis-tu « du coup » ?
Parce que, différemment aux César, le court métrage n’est pas choisi comme chez nous. Aux USA, il est sélectionné par rapport aux prix qu’ils ont reçus dans leur pays. C’est ainsi qu’après plusieurs votes, cent, puis15, puis cinq sont restés en lice… dont le nôtre !
Nous ne sommes arrivés que second, derrière un film, dont la vedette était un handicapé mais nous sommes fiers d’être passés devant le troisième, produit par Disney ! Et même second, ça marque sur un CV !

Quel effet ça fait d’être au milieu des stars hollywoodiennes ?
C’est très impressionnant de se retrouver sur le tapis rouge au même titre que ces stars internationales… Et de se retrouver aux toilettes avec Hugh Grant !!! C’est aussi une grande satisfaction d’un petit français côtoyant le nec plus ultra du cinéma international.  
Tu parles anglais ?
Of course, avec l’accent français qui plait beaucoup… aux américaines !
Il n’a été primé ni à Cannes, ni aux César ?
Non, pour la bonne raison qu’à Cannes nous serions arrivés avec déjà trop de prix quant aux César, il n’y a que des films français et le nôtre luxembourgeois.
Tu disais qu’il n’y a que dans les festivals qu’on peut communiquer sur les courts-métrages ?
Oui parce qu’en France, ils passent toujours très tard et le public est restreint. Donc on ne peut faire voir nos films que dans  les festivals.
D’ailleurs je vais partir au Festival de Cannes, non pas pour voir des films, mais pour faire des rencontres car c’est à 80% là que tout se joue. Les autres 20% dans les autres festivals. C’est d’ailleurs à Cannes que j’ai rencontré Cyrus Neshvad et Nicolas Paban. Comme j’ai plusieurs projets, dont un long métrage coréalisé avec Nicolas, je vais avoir de longues journées.
Un rêve ?
Réaliser un long-métrage fantastique dans la lignée de « SOS fantômes » !

Propos recueillis par Jacques Brachet


Six-Fours – Six N’Etoiles
Laure PRADAL : la passion Doc

Après avoir quitté son Ardèche natale à 18 ans, Laure Pradal a fait des études scientifiques et d’enseignement math-physique, à Lyon, Nîmes, Montpelier. Suite à un déclic, une rencontre à la fac de lettres avec un réalisateur, elle décide de s’orienter vers le cinéma. Non pas de fiction mais de documentaire. Et la voilà qui va très vite réaliser des courts-métrages pour l’émission de « Strip Tease », émission venue de Belgique mais qui s’installe sur Canal Plus.
Ce sera le coup de foudre et de ce jour,elle n’arrêtera pas de réaliser des documentaires pour France 2, France 3 et Arte.
Grâce à sa rencontre au festival Méditerranéen de Montpellier avec Pascale Parodi, présidente de l’association six-fournaise « Lumières du Sud » et de Noémie Dumas, directrice du Six N’Etoiles, la voici venu nous présenter son dernier doc : « Des livres et des baguettes ». Un documentaire où un jeune animateur, Nourdine Bara, a eu la superbe idée de réunir, dans une boulangerie d’un quartier populaire de Montpellier, la Paillade, des rencontres autour du livre « Dites-le avec un livre ». Un lieu de rencontres mensuel où se retrouvent, adultes et enfants venus de tous horizons, de toutes ethnies, qui se réunissent pour parler de leurs livres préférés ou leurs propres écrits, d’en lire des passages, de faire de la musique, de chanter, de parler d’eux dans une joyeuse convivialité, avec des témoignages émouvants ou drôles, en toute liberté d’expression. Un lieu chargé d’universalité, de bonnes ondes et de fraternité.
Et on ne pouvait s’empêcher de se dire que si la même chose se produisait partout ailleurs, le monde serait meilleur.

Laure Pradal a toujours choisi des sujets qui parlent à tout le monde, qui parlent d’humanité.
« Mes sujets sont variés puisque, pour « Strip-Tease » je réalisais des films sur l’enfance, puis je suis passée à d’autres sujets comme le portrait d’une enfant handicapée que j’ai suivie durant quinze ans ou celui de Jean Carrère, je choisis un thème et je tourne autour de lui avec comme principe, comme pour « Strip-Tease », de ne faire aucune interview ou d’ajouter une voix off. Je laisse parler les gens et me contente de les filmer comme pour ce documentaire « Des livres et des baguettes » où chacun s’est exprimé en toute liberté, seulement canalisé par Nourdine. Après, chacun s’exprime comme cette petite fille qui nous lit un extrait de son livre préféré, cet homme qui nous fait un rap qu’il a écrit, cette jeune femme qui chante l’opéra magnifiquement, ces musiciens qui font danser les gens, cette femme qui nous raconte comment elle est venue à la lecture alors que ses parents sont illettrés…
Comment choisissez-vous vos sujets ?
Très souvent par hasard, au gré d’une rencontre, d’un fait divers, comme le film que je prépare pour juin sur un immeuble vertical où vivaient des marocains et qui va être détruit.
Je suis aussi en train de préparer un film sur la chanteuse d’opéra que vous voyez dans le film. Elle se nomme Narimène, elle a un talent fou et n’a pas été prise à un concours alors qu’elle était l’une des meilleues, tout simplement parce qu’elle n’a pas voulu enlever son turban qui fait partie intégrante de sa personnalité ! En ce moment elle est à Londres où sa vie va peut-être changer. J’ai un collaborateur qui est allé la filmer.
Ce ne sont donc pas des films de commande ?
Non, je choisis mon sujet, je me renseigne, je fais des repérages et puis le monte mes films et je tourne avec une équipe réduite de deux ou trois. J’écris d’abord un scénario que je propose à divers producteurs et quelquefois je tourne sans savoir si le scénario ou le film sera accepté.

Ce peut être frustrant ?
Oui, lorsque le sujet est refusé. Ça ne m’est pas arrivé souvent mais alors je le mets de côté en me disant que j’y reviendrai plus tard. J’ai toujours deux ou trois sujets dans ma tête et souvent, entre l’écriture, l’acceptation et le tournage ça prend du temps. J’arrive à réaliser un film dans l’année. Quelquefois deux, maisc ‘est rare. C’est un travail de longue haleine… et de patience ! L’intérêt est que je travaille en toute liberté, que j’ai tout mon temps, que je n’ai pas de dead line.
Avez-vous réalisé des films de fiction ?
Non, et ça ne me préoccupe pas, d’abord parce qu’un film de fiction dépend de trop de choses : l’argent, les comédiens, les producteurs, le sujet qui, une fois écrit, doit être suivi. Je ne l’ai fait qu’une fois avec un film sur un prisonnier. Difficile de tourner en prison, d’y faire entrer des enfants, dnc je l’ai tourné comme une fiction… sans les contraintes d’une fiction !
Et ce que j’aime c’est le côté inattendu car certaines fois, au cours du tournage, il se passe quelque chose qu’on n’attendait pas.
Êtes-vous journaliste ? Avez-vous eu envie d’écrire autour de vos sujets ?
Non, je suis simplement réalisatrice et j’écris la colonne vertébrale de mon sujet. Je n’interview personne et mes reportages sont des moments de vie. Vous savez, il suffit de regarder autour de soi pour trouver un sujet. Après ça, peut-être qu’un jour viendra où je pourrai écrire les expériences que j’ai vécu autour de ces tournages.
Avez-vous eu des refus de gens qui ne voulaient pas que vous les filmiez ?
Ça m’est arrivé mais pas si souvent que ça. Pour certains c’est un non définitif et je n’insiste  pas. Pour d’autres, ils ont envie de s’exprimer et je les laisse s’exprimer en toute liberté. D’ailleurs, on est le plus discret possible et très vite ils oublient qu’ils sont filmés. Ils sont même ravis de se voir sur écran après car le leur montre toujours le film une fois monté.
Je suppose qu’étant donné le format de 50’, vous devez mettre des séquences de côté ?

C’est ce qui m’est arrivé pour « Des livres et des baguettes » car j’ai dû écourter certaines interventions et j’ai même dû carrément enlever certaines personnages pourtant intéressants, et je le regrette. C’est pour cela que j’ai envie de remonter le film et d’en faire un long métrage car j’ai dû sacrifier de beaux moments.
Rencontrer le public est indispensable pour vous ?
Oui car si certains téléspectateurs m’écrivent, beaucoup  se contentent de regarder et d’écouter. Les rencontrer et discuter avec eux est quelque chose d’indispensable. Sans compter que voir le film sur grand écran, ça donne une autre dimension au sujet ». Ce soir-là le public a beaucoup apprécié cette projection et cette rencontre qui a duré longtemps avec la réalisatrice qui parle de ses films avec une passion qu’elle nous a fait partager.

Jacques Brachet

Lumières du Sud
Kamel BENKAABA… Le Toulonnais de Copenhague !

Kamel Benkaaba est toulonnais. Il a fait ses études au Lycée Dumont d’Urville, poursuit ses études à Aix-en-Provence où il rencontre sa première femme, une suédoise qu’il suit dans son pays. Elle parle français, il ne parle pas suédois mais s’y met très vite et s’installe là-bas où il devient chargé de cours en cinéma à Copenhague. Un peu plus tard il rencontrera… une autre danoise qui deviendra sa seconde épouse.
Mais notre toulonnais n’oublie pas ses racines varoises et y vient ponctuellement « pour gagner vingt degrés et le soleil » me dit-il en riant.
C’est ainsi que, lors de ses séjours, on le retrouve à l’association « Lumières du Sud » où à chaque fois, invité par sa présidente Pascale Parodi, il vient parler cinéma bien sûr et vient nous disséquer un film ou nous parler d’un réalisateur, comme Kubrick, Fellini et, lundi soir, de Claude Sautet.
Pourquoi Sautet ?

« Parce que – me dit-il –  c’est un grand cinéaste qui fut sous-estimé par la Nouvelle Vague, Godard, Truffaut et consort, critiques de cinéma devenus réalisateurs dans le milieu des années 50 qui le remisaient, comme Tavernier ou Boisset et les plus anciens grands réalisateurs de l’ancienne génération comme des réalisateurs du « cinéma de papa » alors que chacun, (comme René Clément qui a fait « Plein soleil » avec Delon et Ronet) a fait des chefs d’œuvres mais alors, en 1954, il fallait tuer le père. Alors pourquoi les disqualifier alors qu’ils ont fait de très grands films ?
Claude Sautet a eu le malheur de tourner « Classe tous risques » en 1960, la même année où Godard sortait « A bout de souffle » et il fut aussitôt classé comme réalisateur de polars.
Pourtant Sautet est d’un grand modernisme car il a apporté des idées originales comme, par exemple, les hommes qui portent l’impuissance des choix de leur vie. Sautet ne fait partie d’aucune école et il est le seul à savoir filmer l’impalpable des sentiments. C’est pour cela que « César et Rosalie » fait partie aux USA des films français marquants. « Si la vie passe dans un film, c’est que le film est bon » aimait-il à dire.
Il a su également imposer le film choral, des portraits de groupes où l’amitié, la famille, l’amour, la vie, la mort se mélangent autour de nombreux comédiens comme dans « Vincent, François, Paul et les autres ». Il a su également filmer la femme des années 70, une femme forte, libre, qui s’assume, qui avorte parce qu’elle n’aime plus l’homme avec qui elle est, qui mène deux amours en même temps, ce qui était alors très nouveau. Et à ses côtés, l’homme qui n’est plus le héros, qui a des difficultés à être l’homme, qui a des failles ».

On écouterait des heures parler Kamel de cette passion qu’il a du cinéma, qu’il connaît sur le bout des doigts, véritable encyclopédie de tous les cinémas et il nous fait partager cette passion.
Ce soir-là, Sautet a été rendu à sa lumière et à travers des écrits, des séquences de deux films « Les choses de la vie » et « Un cœur en hiver », il nous révèle un réalisateur imaginatif, sensible.
Cet accident des « Choses de la vie » est quelque chose d’unique, qui démarre dès le début du film, pour y revenir tout au long, avec les derniers souvenirs d’un homme qui ne sait pas alors qu’il va mourir mais qui se remémore sa vie. La scène de l’accident est unique, superbement filmée et rythme le film avec cette musique de Philippe Sarde mêlée à celle de Vivaldi et avec cette sublime chanson que Romy Schneider et Michel Piccoli interprètent « La chanson d’Hélène ».
« La musique – dit-il – prend une grande place dans les films de Sautet, on le voit dans « La choses de la vie » qui accompagnent tout le film dont l’accident filmé au ralenti puis en accéléré qui revient au fur et à mesure.
Pour « Un cœur en hiver » La musique de Ravel est d’autant plus omniprésente qu’il s’agit d’une histoire complexe entre une violoniste (Emmanuelle Béart) et deux luthiers (André Dussolier et Daniel Auteuil) et il a choisi des musiques de Ravel, quelquefois dissonantes, mais qui épousent parfaitement les sentiments de ce trio amoureux ambigu et compliqué. Trois personnages, trois instruments : le violon, le violoncelle, le piano. Et aussi la musique de Philippe Sarde qui se mêle à la complexité des sentiments des trois comédiens. Et toujours cette façon de filmer l’ineffable ».

Que dire de cette soirée qui nous a fait retrouver et mieux comprendre l’un de nos plus grands réalisateurs français, malgré seulement 13 films à son actif, alors que Chabrol, par exemple, en a réalisé 57, souligne Kamel qui nous a redonné l’envie de redécouvrir ce magistral réalisateur.

Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’Etoiles
Philippe PETIT sous le soleil de Marseille

Max est un rêveur et un utopiste. Il est jardinier-paysagiste, n’est bien que dans la nature mais vit dans un quartier du centre-ville de Marseille qui est laissé en désuétude sous un soleil de plomb. Entre autres, se trouve une place qu’un ami et quelques copains voudraient avec lui transformer en jardin ouvert. Il participe à un concours d’architecture mais son projet n’est pas retenu. Il se rapproche de l’instigateur du concours qui lui offre un boulot : créer les paysages tout autour d’une villa que le footballeur Djibril Cissé fait construire. En compensation l’architecte lui promet de s’intéresser au projet. Naïf et passionné, Max y croira jusqu’au jour où…
Le film, signé Philippe Petit, s’intitule « Tant que le soleil frappe » et Max est Swann Arnaud (« Petit paysan ») émouvant dans le rôle de ce garçon qui croit encore avec naïveté, à la promesse des gens.
A la manière des films de Robert Guédiguian, Philippe Petit, installe son personnage dans un milieu populaire ou tout le monde se serre les coudes, croyant à un avenir meilleur, avec des rêves, des envies plein la tête. Un milieu de camaraderie et d’amour où tout semble possible. C’est un film sincère, plein de jolis sentiments et Swann Arnaud, comme à son habitude, est bouleversant.
On est ravi de rencontrer le réalisateur, venu présenter son film au Six N’Etoiles.

« Philippe Petit, vous avez tourné à Marseille, pourtant vous n’êtes pas marseillais !
Non, je suis toulousain mais j’ai écrit cette histoire à Rome, à la Villa Médicis et je l’ai pensée pour la tourner en Italie. Mais il y a eu le covid et un des coproducteurs du film s’est retiré du projet.
Rentré à Toulouse, je ne pensais pas que la ville puisse être le décor du film. J’ai donc cherché une ville en PACA, je me suis arrêté sur Marseille et la ville a bien voulu m’aider en nous proposant ce terrain en friche qui était le décor que je cherchais. Je voulais que ça ne fasse pas cinématographique. L’atmosphère de cette grande métropole collait bien à l’histoire et était représentative de la culture méditerranéenne, sans qu’on y voit la mer où des quartiers populeux. Ce quartier est un lieu de métissage, il y a beaucoup de vie et de bruit autour.
Cette idée de projet, d’où vient-elle ?
C’est en fait le thème du film : comment monter un projet sans argent, avec seulement une passion, une envie et essayer de la faire partager. C’est en fait un peu mon histoire : comment monter un film sans argent ? Tout simplement avec une passion qu’on a en soi, en y croyant très fort… En allant frapper aux portes et trouver des gens qui veuillent tenter l’aventure  !
L’idée vient aussi du fait qu’aujourd’hui l’idée de monter des projets d’architecture entourés de végétaux dans un paysage urbain est dans l’air du temps.

Ces personnages, qui sont-ils ?
C’est un mélange de marseillais et de parisiens de comédiens et de non comédiens.
Et le comédien, où en est-il ?
J’ai tourné un court métrage avec la réalisatrice Alice Drovart. Un long métrage qui va sortir : « Le gang des bois du temple » de Rabah Ameur Zaïmèche , que nous présenterons en mai à Berlin. Et puis, en tant que réalisateur, je termine un film sur ma mère dont j’ai recueilli les derniers instants, mon dernier rendez-vous avec elle puisqu’elle est aujourd’hui disparue. J’ai aussi un court métrage à tourner à Toulouse mais c’est un peu tôt pour en parler ».

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Espace Comédia
André Neyton revient sur Barras

Nous sommes en 1793 alors que Toulon se livre à la flotte anglaise, prenant ainsi le nom infamant de Port la Montagne.
Les villes du Midi s’insurgent contre le pouvoir de Robespierre. Toulon en fait partie.
Paul Barras, alors député de la Convention, fait arrêter tous ceux qui sont hostiles à la République.
Parmi les suspects, il va rencontrer un notaire provençal  avec qui il va dialoguer avant que celui-ci, s’il est coupable, ne soit envoyé à Paris afin d’être jugé, condamné et guillotiné.
C’est la nouvelle pièce d’André Neyton, comédien, metteur en scène, écrivain, directeur de l’Espace Comédia de Toulon, que l’on découvrira à partir du 28 février en son théâtre*.
Cette pièce s’intitule « Les trompe-la-mort de l’an II » qu’il a écrite et mise en scène avec deux de ses comédiens complices : Jacques Maury (le notaire) et Xavier-Andrien Laurent (Barras). A noter, dans la famille Neyton, Michel, le fils, à la création lumière et images, Isabelle Denis qui signe les costumes.
Nous voilà à l’Espace Comédia pour les dernières répétitions en costumes.

« André, voici vingt ans tu t’étais intéressé à Barras (Barras, le vicomte à l’ail). Qu’st-ce qui te fait y revenir ?
C’est le livre de François Trucy (qui fut maire de Toulon et écrivain ndlr) « Pièges » qui raconte une histoire de famille, de  Victor Trucy un de ses ancêtres, notaire à cette période de la Révolution.
Si j’ai repris l’histoire, j’ai inventé les dialogues entre Barras et ce notaire à qui je n’ai pas donné de nom, qui s’est fait arrêter et, s’il est coupable, sera jugé à Paris. Il faut savoir qu’à cette époque, le voyage en charrette durait 39 jours pour, en finale, être guillotiné.
Qu’est-ce qui t’a intéressé dans ce dialogue que tu as inventé ?
C’est un dialogue entre deux provençaux, qui plus est deux varois, Barras étant de Fox-Amphoux, le notaire de Barjols. Le suspect est un notaire girondin alors que Barras est un jacobin rigoureux.
– Ce sont – ajoute XaL – deux concepts de la République, deux visions de la société de l‘époque qui s’affrontent même si le notaire ne se gêne pas pour dire ses vérités à Barras
– Barras, qui, lui, est d’un cynisme assumé. Ce n’est pas pour rien qu’il est appelé « le pourri » !
– C’est un débat de passion – précise Jacques Maury – et un débat que l’on peut encore trouver de nos jours, resté très actuel même si les noms de girondin et de jacobin ne sont plus utilisés.
– Aujourd’hui – reprend André – les mots sont plus subtils mais c’est toujours du copié-collé et les idées sont très actuelles. De plus, c’est un dialogue entre deux provençaux, qui parlent un français mâtiné de leur langue maternelle. Même si, à l’époque, les notaires écrivaient leurs actes en français, qu’il fallait souvent traduire en provençal.

André, n’as-tu pas eu envie de prendre le rôle de Barras ?
(Il rit). Non et pour plusieurs raisons : d’abord je n’ai plus la quarantaine, comme l’avait alors Barras et puis, après « L’affaire Dominici », j’ai décidé d’arrêter de jouer. Je n’arrête ni l’écriture, ni la mise en scène mais pour moi, fini la comédie ! »

Nous ne reverrons donc plus André Neyton sur scène, sauf pour mettre en scène… et pour faire quelques photos souvenirs, en attendant de retrouver sa dernière création.
A noter que la musique est signée d’un autre complice de « la bande à Neyton » : Miqueu Montanaro.
Jacques Brachet
* « Le trompe-la-mort de l’an II », mardi 28 février, jeudi 2 mars, vendredi 3 mars 20h45,
dimanche 5 mars à 16h (04 94 36 19 16)




Six-Fours – Lumières du Sud
Les premiers pas de conférencier de Nicolas DESOLE

Nicolas Desole est un grand gaillard de 22 ans au regard à la fois timide et pétillant lorsqu’il parle cinéma.
Mais ne vous y fiez pas car s’il est un cinéphile averti, ses goûts peuvent être surprenants, vu son âge : il a une vénération pour Pasolini, admire le Marquis de Sade, adore les films de série B, les films d’horreur, les films de genre et il est une véritable encyclopédie sur ces sujets.
Ce six-fournais a été et est encore le plus jeune adhérent de l’association « Lumières du Sud », créée par notre ami Hanri Lajous qui vient de nous quitter. Il y est entré il y a 7 ans !
Sa présidente Pascale Parodi, a donc invité Nicolas qui, entre autres activités, en a démarré une autre : celle de conférencier. C’était sa troisième conférence lundi au théâtre Daudet e il m’avouait juste avant, être à la fois excité mais aussi très stressé, d’autant que famille et amis étaient dans la salle.
C’est ainsi qu’il nous a présenté son idole, Pasolini, nous parlant de son œuvre cinématographique, aussi bien de ses films de fiction comme « Théorème », « Salo », « Œdipe roi », « Mama Rome », « Médée »… Mais aussi de documentaires car le cinéaste en a tourné beaucoup et Nicola nous a montré un reportage tourné en Inde, peu ou pas connu, nous proposant « L’importance du corps dans son cinéma » et « Un voyage initiatique au cœur de l’acteur »
Une conférence dont on voyait qu’il connaissait le sujet par cœur, même si par moments, le trac le faisait perdre un peu le fil de sa conférence.
Mais c’était à la fois fort intéressant, malgré le stress, et touchant de voir un si jeune garçon tellement passionné.
Le rencontrant, je m’étonne de ses goûts cinématographiques, entre autre d’être aussi féru d’un réalisateur d’une autre époque que la sienne, aussi sulfureux, scandaleux, subversif et controversé.

« Ce qui m’a accroché chez lui, c’est d’abord qu’il est italien, comme mon grand-père qui a fui son pays parce qu’il était anti fasciste, comme Pasolini. C’est d’abord cette histoire qui m’a relié à lui et puis j’ai été attiré par l’anthropologue et l’ethnologue qu’il était. Je l’ai découvert au lycée et j’ai été attiré par la puissance de son cinéma ainsi que dans son découpage. De plus, en dehors de ses films de fiction, il a beaucoup voyagé pour tourner des documentaires en noir est blanc, qui font partie intégrante de son œuvre. Des documents également très forts, qu’on connait peu ou pas et que j’aimerais pouvoir faire découvrir aux gens.
Le cinéma a toujours été ta passion ?
Oui et j’ai surtout été intéressé par les courts métrages, les formats courts. Je suis entré à l’école de cinéma de Montpellier. Mais je me suis surtout intéressé à la distribution. J’ai travaillé bénévolement sur plusieurs festivals où je m’occupais de la sélection des films. J’ai travaillé un an avec Christian Philibert sur son film « Germain Nouveau, le poète illuminé ». Je me suis occupé de la distribution du film car la distribution est le secteur qui m’intéresse. Je travaille ainsi avec tous les ciné-clubs et sur certains festivals. Je fais de la programmation depuis cinq ans. Surtout de courts métrages.
Aujourd’hui tu deviens aussi conférencier alors que tu es assez timide !
Oui et ce soir j’ai le stress mais aussi l’envie de partager mes passions avec le public, leur faire découvrir des choses comme ce film de Pasolini tourné en Inde. Je manque encore un peu d’assurance mais je suis très heureux de pouvoir parler de ce que j’aime. Je vais présenter cette conférence à Clermont-Ferrand, à Marseille, Toulouse, Lyon…
Toujours sur Pasolini ?
Oui, je n’ai fait qu’une conférence sur le Marquis de Sade et j’y reviendrai. Pour le moment c’est Pasolini sur lequel je suis d’ailleurs en train d’écrire un livre. Je cherche un éditeur ou un financement. J’ai d’ailleurs lancé une cagnotte participative, pas seulement pour éditer mon livre mais surtout faire connaître mon projet* ».

Nicolas est désarmant de gentillesse mais surtout de passion, cette passion qu’il a toujours eue en lui de cinéma et d’aller vers les autres pour la faire partager.

Jacques Brachet
nicolas0707200@gmail.com
Photos : Avec Pascale Parodi et André Grochowski