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Cinéma en liberté
Natacha REGNIER, une présidente de rêve

Le Festival en Liberté fêtait cette année ses 15 ans d’existence dans ce lieu magique qu’est la Tour Royale à Toulon.
Toujours une chaleur implacable l’après-midi et le froid la nuit tombante. Mais bon, c’est le lieu qui veut ça et qui fait aussi que l’on doit attendre que tombe la nuit pour que les projections se fassent. Mais ça fait partie du jeu et le public le sait.
Cette année 37 courts-métrages puisque c’est le but du jeu, même si parfois les courts-métrages se transforment en moyens métrages !
Quatorze pays en concurrence, avec des sujets très divers même si l’on y retrouve les grands classiques d’aujourd’hui : la guerre, le handicap, l’homophobie, la liberté de la femme et d’autres sujets d’actualités, quelquefois très sombres, émouvants, glauques, dérangeants, rarement drôles… Bref un panorama de ce que nous vivons aujourd’hui et qui n’est pas très réjouissant.
Nous avons découvert de beaux films, de beaux réalisateurs qui, peut-être, deviendront les réalisateurs de demain, ce qui et un peu le but du jeu de la programmation de ce festival.
Belle ambiance festive mais un seul point à revoir : la communication avec la presse inexistante. Personne pour s’en occuper, pour rencontrer le jury et les réalisateurs venus présenter le film. Même pas un point presse pour faire quelques photos avec eux.
Et si l’on veut faire des interviewes, aucun lieu loin du bruit, même pas une chaise.
Cette année, la présidente était la comédienne Natacha Régnier mais pour la rencontrer, ce fut le parcours du combattant et l’interview près des toilettes, seul lieu un peu au calme !
Heureusement que Natacha est un amour, qui vient vers nous avec une belle simplicité, une gentillesse extrême et qui, avec son beau sourire et son visage de madone, se prête au jeu malgré le lieu et le brouhaha.

2 présidente : Natacha Régnier présidente du jury, Lisa-Dora Fardelli, présidente du festival
Lisa-Dora avec l’équipe de l’association
« Lumières du Sud »

« Natacha, connaissez-vous ce festival ?
Non, j’avoue que je ne le connaissais pas. J’ai découvert, et Toulon et ce festival qui se tient dans un lieu magique. Voir des courts-métrages dans un fort et à ciel ouvert,, c’était une expérience formidable.
Et le festival par lui-même ?
La qualité était de très haut niveau, on y trouvait des films très cinéphiles comme des films plus fédérateurs et du coup, tout le monde pouvait s’y retrouver.
Et le jury ?
En fait, il y avait plusieurs jurys, les films d’animation, les films émergeants, le collectif d’acteurs qui donnait les prix d’interprétation et le grand jury. J’ai essayé de proposer que les jurys se mettent ensemble pour n’en faire qu’un afin de pouvoir tous échanger sur tous les films.
Les échanges ont été très intéressants, chacun pouvait apporter sa lumière sur les films qu’ils aimaient.
En tant que présidente, vous aviez votre mot à dire. Y a-t-il eu des sujets difficiles à aborder ?
Le problème a surtout été qu’il y avait beaucoup de films quo avait envie de primer mais le fait qu’on ait réuni tous les jurys, chacun a pu s’exprimer, ce à quoi je tenais énormément, a privilégié chaque jury dans sa catégorie mais comme on a pu débattre de tous les films, on a pu donner des prix sur des coups de cœur que pouvait avoir l’un des jurys. On a beaucoup échangé joyeusement et avec beaucoup de bienveillance !
Vous avez fait vous-même des courts-métrages ?
J’ai réalisé un court-métrage récemment, qui s’intitule « Les gens qui s’aiment » et c’est le premier. Au début de ma carrière j’ai joué dans quelques courts-métrages mais très peu car j’ai très vite était happée dans le milieu.
Pourquoi ne l’avez-vous pas présenté au festival ?
Je l’ai fait dans le cadre des talents Adami et il n’était pas encore prêt. Ça me permettra de revenir le présenter ! On ne l’a montré qu’à Cannes cette année mais il y a tout un processus, un protocole pour pouvoir le présenter ailleurs.
De réaliser ce film est-ce que ça vous a donné envie de passer au long métrage ?
Enormément. Mais je viens faire un court et maintenant il faut écrire, trouver la boîte de prod’ qui pourra soutenir le projet.
J’ai appris qu’au départ de votre carrière, on vous avait dissuadé de devenir comédienne. C’est vrai ?
(Elle rit) Effectivement, j’étais dans une école nationale en Belgique… Et j’y ai été renvoyée !
Ce que j’ai appris après  c’est qu’il y a comme ça de professeurs un peu gourous. J’étais en train de creuser mon sillon et je n’étais pas au courant de ça. J’ai rencontré une actrice qui a fait la même école et qui a eu la même histoire que moi ! Evidemment, lorsqu’on est jeune, ça marque un peu mais comme j’ai été accueillie dans le métier de manière magnifique, à un moment cette histoire devient anecdotique.

Dans ce cas, ça ne donne pas envie de laisser tomber, car c’est quand même violent ?
Pas du tout même si ça m’a rendue fragile durant un certain temps  car au début, on ne sait pas très bien si c’est votre place et ça perturbe, ça déstabilise. Et puis, lorsque tout a démarré, j’avais peur que ce soit un feu de paille car c’est arrivé très vite en 98 avec « La vie rêvée des anges » d’Erick Zonca. D’un coup sont arrivés beaucoup de projets différents.
D’un coup, le négatif est devenu positif !
Oui, je suis très reconnaissante de l’accueil du métier, des propositions que j’ai eues, Ça m’ rendue autonome en tant que femme,  ça m’a donné une colonne vertébrale psychiquement, ça m’a donné un endroit pour m’exprimer, j’ai eu toutes les couleurs en l’arc en ciel et c’est ça que je veux retenir, cet accueil extraordinaire que j’ai eu et la chance extraordinaire.
Alors vous arrivez à Cannes, et vous avez le prix de la meilleure comédienne !
C’est pour ça que je vous dis que le reste est devenu anecdotique ! Cannes est arrivé très vite derrière et ç a été flamboyant et ça m’a donné une légitimité. Du coup  je me suis dit : « Tu as été accueillie, tu es une jeune femme, tu ne sais pas encore qui tu es, tu ne connais pas le métier… Apprends, apprends, apprends… J’ai travaillé sur mon métier psychiquement, pour être solide, à la hauteur de ce qui m’a été offert.
Vous avez eu une carrière cinématographique riche et puis, la télé arrive… avec entre autres Anne Fontaine, François Ozon, Alexandre Arcady, Lucs Belvaux, Costa Gavras et bien d’autres…
J’avais déjà fait un peu de télé, avec Benoît Jacquot, Laurent Heyneman,  et puis le cinéma, et puis des propositions venues de la télé comme la série « Marseille » « Carmen », « Cassandre », « Mongeville », « Léo Mattei » Meurtres à Laguiole » récemment qui vient de se terminer… J’aime bien être curieuse, élargir ma façon de faire, je suis toujours aussi passionnée par le cinéma d’auteur mais j’aime la joie, je suis heureuse qu’on m’ait proposé des choses intéressantes à la télé, au théâtre, entre autres récitante sur des œuvres classiques…
Et vous chantez aussi !
Oui, j’ai participé à la bande du film de Yann Tiersen « L’absente », « Les oiseaux de passage » aussi, « Tu m’apprends » sur l’album d’Andrei « La femme épanouie »… Lorsque je peux le faire, je fais avec joie car c’est un autre endroit d’expression et j’aime profondément la musique lorsque j’y suis accueillie élégamment, j’y vais avec plaisir.
Alors, en dehors de ce « Meurtre à Laguiole » qu’est-ce qui va être votre choix ?
Il y a « Rockeur », un film de Fabrice Sebille. Il s’agit d’un garagiste, Laurent Almédo, fan de Johnny Hallyday,  qui chante dans des baloches. Son ex-femme a ras le bol de Johnny ! A la rentrée, je commence les répétitions d’une pièce intitulée « Nos pères, nos frères, nos amis » tiré du roman de Mathieu Palain, sur la justice restauratrice des hommes violents. Nous serons huit sur scène, c’est Philippe Chameaux qui signe la mise en scène sur une compagnie qui s’appelle « Les aventuriers.e.s » Il y aura des hommes violents, des victimes et des soignants. Ce sera en tournée qui commence en novembre puis on la jouera en avril au théâtre de la Concorde
Dernière question : Heureuse du palmarès de ce festival ?
Très heureuse, et, très important pour moi, que tout le jury soit heureux. On est très fier de le présenter ».

Jacques Brachet
Un grand merci à Sandrine et à Pascale Parodi de l’association « Lumières du Sud » pour leur aide et leur gentillesse

Reem Ali
Tawfeek Barhom

Le palmarès
Prix du film émergeant : « L’homme de merde » de Sorel França (France-Brésil)
Prix d’interprétation féminine :  Reem Ali « Nul homme n’est une île » de Khalil Cherti (France)
Prix d’interprétation masculine : Tawfeek Barhom « I‘m glade you’re dead now » de Tawfeek Barhoom (Palestine-Grèce-France)
Mention spéciale : « Diego » de Mélissa Silveira (France)
Prix de la musique de film : Lucas Vernon « 2h14 » de Luciano Lepinay (France)
Prix décerné par le parrain du film Sam Bobino : Benjamin Chevalieet Tristan Lhommer « Pentest » (France)
Plume d’or du public : « Diego » de Mélissa Silveira (France)
Mention spéciale du jury : « Fort comme un lion » de Nathan Vilanneau (France)
Grand prix du jury : « La barrière » de Christophe Dera (France)

Photos de stars de la Seyne à Six-Fours

Jacqueline Franjou entourée des photographes et des adjoints de la mairie de la Seyne

A la Villa Tamaris
Cette année fête les 200 ans de la photographie.
Du coup, à un jour d’intervalle, nous avons vu naître deux expositions uniques et magnifiques, l’une à la Villa Tamaris à la Seyne-sur-mer, intitulée « 200 ans de portraits ! », programmée par l’association « L’œil en Seyne » présidée par Jacqueline Franjou, la présidente d’honneur Micheline Pelletier et Cyril Bruneau, le directeur artistique. Un autre invité de marque : Gilles Désiré dit Gosset, Conservateur général du Patrimoine, directeur de la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie. Nombre de photographes avaient été invités à cette inauguration, encadrés également de nombreux adjoints de la Mairie de la Seyne.

De Victor Hugo…
… A Michèle Morgan

200 ans de photos, allant de Nadar ou Victor Hugo à des stars comme Joséphine Baker, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Claudia Cardinale, Alain Delon et même quelques « idoles de l’époque yéyé » ,Claude François, Sheila, Sylvie Vartan…
La chaleur était intenable mais une foule incroyable se pressait pour admirer ces photos, pour certaines très connues, pour d’autres inédites, de photographes qui, de décennies en décennies, œuvrent dans l’ombre pour mettre en lumière tous ces artistes. 340 œuvres signées de 40 photographes réunies dans ce lieu idyllique de la terrasse duquel on peut aussi découvrir la Méditerranée dans toute sa splendeur.

Charlotte Rampling
Les années « yéyé »

Jacqueline Franjou devait dire qu’elle était heureuse de s’associer à cet événement à l’occasion du bicentenaire qui méritait une célébration à la hauteur de l’histoire.
Une exposition exceptionnelle en couleur et en noir et blanc, une rétrospective à la fois splendide et émouvante, qui nous fait retrouver des artistes, morts ou vivants mais qui font eux aussi parti de notre patrimoine.

Catherine Deneuve
Joséphine Baker
Brigitte Bardot

A la Villa Simone

Jacqueline, le maire de Six Fours et ses adjoints, Cyril Bruneau, Françoise Kirkland, Gérald Lerda

Le lendemain, c’est à la Villa Simone, dans une ambiance moins suffocantes, dans ce beau parc ombragé, loin de la foule déchaînée, qu’on retrouvait Jacqueline Franjou, fidèle du lieu, pour une autre exposition tout aussi exceptionnelle, cette fois consacrée au photographe de plateau Douglas Kirkland, décédé en 2022, et qui a photographié les plus grandes stars du monde, d’Orson Welles à Mickaël Jackson, en passant par Maylin Monroe, Judy Garland, Andy Warhol, Mick Jagger, Sophia Lore, Elizabeth Taylor, et même nos stars comme Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau ou Romy Schneider… Difficile de toutes les nommer !

Catherine Deneuve
Dian,a Ross
Ringo Starr

Pour l’occasion, l’épouse du photographe, Françoise Kirkland, qui est française mais vit à Los Angeles, s’était déplacée pour l’occasion et me confiait en riant : « Nous avons toujours fait ménage à trois, lui, moi et la photo ! C’était un passionné dès l’âge de 10 ans, il avait installé son atelier dans une cabane et, lorsqu’il n’était pas en train de photographier, il s’y enfermait pour développer ses photos. Il a photographié nombre d’artistes dont il ne se souvenait souvent plus de leur nom mais c’était la passion de les mettre en scène qui était son plaisir. C’était un homme simple, très près des gens. Douglas aurait été absolument ravi de voir son œuvre exposée dans un tel lieu, d’autant qu’il n’avait jamais exposé en plein air, dans ce jardin magique. En regardant ces photos, essayez, d’oublier que ce sont des stars et de les voir avec toute leur humanité ».

Cyril Buneau, Françoise Kirkland, Jacqueline Franjou devant le portrait de Monica Bellucci
Mick Jagger

A noter que chaque villa a choisi pour affiche l’une de nos plus belles stars Michèle Morgan pour la Villa Tamaris,  dont l’exposition durera jusqu’au 4 octobre, Marylin Monroe pour la Villa Simone, que vous pourrez admirer jusqu’au 20 septembre.
Je retrouverai dans quelques jours mon amie Jacqueline Franjou pour nous parler entre autres du festival de Ramatuelle qui démarrera le 29 juillet, qui fut à l’origine, avec Jean-Claude Brialy, de ce festival pas comme les autres et auquel Jean-Claude me conviait dès le premier festival. J’ai continué à le suivre avec un autre ami, Michel Boujenah qui a pris la suite du créateur.
Que de souvenirs !

Sean Connery
Paul Newman

Jacques Brachet

Frédéric LARREY dans le sanctuaire de Pelagos

Pelagos est un sanctuaire méditerranéen créé par la France, l’Italie et Monaco afin de sauvegarder la biodiversité marine et de protéger les mammifères marins.
Frédéric Larrey, réalisateur, photographe animalier est un sanaryen qui, avec ses complices Thomas Roger, réalisateur et Jean-Michel Bompard, auteur, ont parcouru la Méditerranée du Var à la Grèce, de la Corse à l’Italie pour filmer tous ces animaux qui souffrent du changement de climat mais aussi des chalutiers, des porte containers et autres paquebots qui sillonnent la Méditerranée, causant des dégâts sur la faune et la flore marines
Invités de l’association Phot’Azur, ils nous ont offert un splendide film, fait d’images somptueuses et incroyables en s’approchant de toute cette faune de cétacés, baleines, orques, dauphins, cachalot, requins, calocéphales, mais aussi tortues, méduses et autres poissons qui peuplent notre mer, comme les poissons lune, les poissons volants, qu’il faut protéger.
Ils en ont donc tiré un livre, énorme et magnifique et ce film qui a obtenu un nombre incalculable de prix et récompenses dans le monde entier.

« Nous avons eu un grand bonheur – nous dit Frédéric – de passer tout ce temps à rechercher tous ces animaux, même si, quelquefois, le temps était un peu long car on part en mer, souvent au large de Sanary et on ne sait pas ce qu’on va rencontrer. Avec Jean-Michel et Thomas, nous avons commencé à faire un reportage photo, ce qui nous a donné l’occasion de publier ce livre intitulé, comme le film « Pelagos ». Ça a été le démarrage de ce projet. C’est Jean-Michel qui a travaillé sur les textes de cet ouvrage paru en 2013. Nous avons passé ensemble de chouettes moments sur le bateau.
Jean-Michel : Lorsqu’il dit que j’ai participé, les photographes et cameramen, c’est eux ! Le mérite, à 99% leur revient.
Ce film est né comment ?
Frédéric : C’est après ce livre qu’on a décidé de se lancer dans ce projet de film qui nous a pris quelques années car là, vous ne voyez qu’une heure de tournage, ce n’est qu’un condensé mais il y a eu des heures d’observation. On a essayé de raconter une fresque de cet écosystème à 2500 mètres de profondeur, car lorsqu’on plonge au large, au niveau du Var, on arrive rapidement dans ces canyons pour découvrir un écosystème très, très riche.
En dehors de toutes ces espèces, nous avons vu aussi des calamars volants ! Il faut nous croire sur parole car nous n’avons pas réussi à les filmer ! Il y a un réservoir incroyable de diversités des faunes. Ca mériterait de faire d’autres films.

Jean-Michel : Ce qui était important, justement, c’était de montrer la richesse de la Méditerranée car on a trop longtemps entendu qu’il n’y avait plus rien à cause de tous les saccages, tous les abus, tous les excès. Le film montre qu’on peut encore faire quelque chose, pour protéger tout ce qu’on trouve encore.
Frédéric : C’est un peu le but de ce sanctuaire, au départ pour protéger les mammifères marins de ce périmètre qui, durant un temps, n’étaient pas bien vus car ils semblaient être les concurrents des pêcheurs alors qu’ils font partie de l’écosystème  et peuvent être menacés de disparaître. Le but était donc de mieux les connaître, de les prendre en compte et de s’intéresser à leur préservation.
Combien de temps avez-vous mis pour faire ce film ?
Frédéric : Pour le film, on a travaillé comme pour les photos, en apnée car on se déplaçait dans les premiers mètres de la surface. Nous étions souvent avec un petit navire et nous plongions avec palmes et combinaison, nous cherchions des journées où la mer était très calme. Nous avons travaillé sur plusieurs saisons.  Au départ, nous étions assez mauvais car pour faire des images on tâtonnait. Nous nous sommes améliorés sur la fin du projet par rapport aussi à un autre matériel plus perfectionnés, qui nous a permis de faire de belles images dans les premiers mètres, en lumière naturelle, avec ces faisceaux de lumière qui donnaient des images un peu irréelles. Nous avons ainsi pu nous perfectionner dans l’approche mais ça a  quelquefois été très long et nous avons repoussé la sortie du projet en expliquant entre autres à nos partenaires financiers que c’était dans l‘intérêt du projet d’avoir l’occasion de faire ces rencontres qui ne sont pas toujours évidentes. Plus nous passions de temps en mer, plus nous avions des chances de pouvoir apporter des témoignages »

Mission accomplie grâce à ce superbe film, aussi bien d’une grande beauté esthétique que pédagogique car, en plus d’être éblouis par ces images, nous apprenons beaucoup de choses sur notre faune, les cétacés en particulier, sans oublier la très belle musique de Gwen Masseglia qui ajoute à la féérie des images et sa voix qui dit les textes  de Jean-Michel.
Nous avons passé une heure de rêve dans ce Grand Bleu qui est le nôtre !

Jacques Brachet

Tour Royale, Toulon : 9 au 12 juillet
Le  Festival « Cinéma en liberté » fête ses 15 ans

Cette année, le « Festival en liberté, festival international du court métrage, fêtera ses 15 ans. Et se déroulera, comme chaque année, à la Tour Royale à Toulon.
Initiée par Lisa-Dora Fardelli, une plasticienne dont la passion est le cinéma, nous nous sommes croisés sur le festival, au cinéma Daudet dans le cadre de l’association « Lumière() du Sud » et voilà que nous nous retrouvons au domaine de la Gayolle à la Celle.
Elle prépare son festival qui se déroulera cette année du 9 au 12 juillet et nous promet encore de beaux moments d’émotion cinématographique.
Elle se souvient des débuts de ce festival qui est aujourd’hui reconnu du monde du cinéma, et qui permet chaque année de découvrir de magnifiques films et des jeunes réalisateurs prometteurs.

« Nous avons débuté il y a 15 ans dans une carrière abandonnée de Cuers, où il n’y avait évidemment pas d’électricité qu’il a fallu amener. Nous avons continué avec beaucoup de passion et d’implication pour arriver dans ce lieu magnifique et historique de la Tour Royale à Toulon. Cette année, nous présenterons trente-sept films dont treize œuvres émergentes proposés par ce qui sera peut-être parmi eux, des réalisateurs et réalisatrice de demain. A noter qu’une dizaine de films sera signée par des femmes ».
Ce sont des films venant de France mais également du Maroc, d’Egypte, de Palestine, d’Allemagne, d’Australie, du Liban, du Brésil, du Brésil, de Pologne, du Sénégal, d’Afrique du Sud, d’Irak et même du Bengladesh, un grand panorama du cinéma international de demain.
« Cette année, précise-t-elle, deux nouvelles catégories sont ajoutées : l’animation et l’émergence avec un jury composé d’Alexandra Cismondi , actrice et metteuse en scène , compositrice et réalisatrice. Varoise ; Antoine Guillot, auteur, metteur en scène, auteur, compositeur et directeur artistique ; Patrick Sirot, écrivain, poète, dessinateur ; Aurélie Aloy, comédienne de théâtre et audiovisuel ; Pascal Rozand, comédien qui a tourné avec Jean-Jacques Rappeneau, Mehdi Charif, Paul Vecchiali, Jacques Audiard, Coline Serreau ; Franck Dribault, comédien issu du cours Florent et de l’école de comédie musicale de Broadway.

Alexandra Cismondi
Antoine Guillot
Patrick Girod
Aurélie Aloy
Pascal Rozand
Franck Dribault

Cette catégorie émergence  propose une nouvelle vision du cinéma, un cinéma plus expérimental afin de découvrir des écritures différentes, inventives. C’est en fait l’expression même d’un cinéma en liberté qui offre des émotions différentes. Le parrain du festival est, depuis quatre ans, Sam Bobino et défend le court métrage qui reste souvent un art dans l’ombre. Il est le créateur du festival du Cinéma & Musique de film de la Baule et participe à quelques autres festivals.
D’autres invités se joindront au festival : les réalisateurs qui pourront venir présenter leur film, mais aussi Karim Adouane, vice-président délégué au numérique à l’Université de Toulon, Samir Bouallègue, réalisateur varois et certainement d’autres invités qui défendent le court métrage.
Lisa-Dora ajoute que c’est beaucoup de travail pour trouver des sponsors et rechercher des films mais ça reste une belle aventure, avec une notion de partage et de savoir-faire.

Jacques Brachet

Lisa-Dora Fardelli
Sam Bobino

Christian PHILIBERT
nous raconte les maquisards varois

Février 1944
Gleb Sivirine, alias Le Lieutenant Vallier, prend le commandement d’une troupe de jeunes maquisards dans le Haut-Var. Sa mission : en faire des soldats prêts à soutenir les alliés lors du débarquement attendu en Méditerranée.
Février 2024
Le metteur en scène Philippe Chuyen prend la direction d’un groupe de jeunes,
recruté auprès des missions locales du Var.
Sa mission : en faire des comédiens dans une adaptation théâtrale du journal de bord du Lieutenant Vallier. (Entretemps, Philippe est devenu maire de Monfort ! )
Voilà le making off du nouveau film de notre ami Christian Philibert, ce réalisateur brignolais dont la carrière a explosé  en 1999 avec son succès « Les quatre saisons d’Espigoule » un film tourné dans sa région, qui raconte à la manière de Pagnol, une année dans ce petit village du Haut Var, qui a ému et fait rire un nombreux public.
Réalisateur inventif, original, il passe du film de fiction au documentaire en restant dans « son pays », nous offrant un docu musical sur le groupe « Massilia Sound System », passant de « L’affaire Yann Piat »  à « Gaspard de Besse », l’inénarrable « Travail d’Arabe » ou encore « Germain Nouveau, le poète illuminé »
Couvert de prix, le revoici, pour nous présenter son dernier film « Les maquisards », un film curieux et original, mi fiction, mi documentaire, mi pièce de théâtre… écrit avec Philippe Chuyen, mi comédien, mi metteur en scène, aujourd’hui maire à part entière de ce beau village varois qu’est Monfort !
C’est avec plaisir que je retrouve à Toulon mon ami Christian que je suis depuis ses fameuses « Quatre saisons d’Espigoule »
A ce propos, je remercie Christian d’être venu au rendez-vous car quelques instants avant notre rencontre,  il apprenait que son ami Jean-Marc Ravera, le fameux patron du bar d’Espigoule venait de décéder

Le livre de Vallier
Morgan Defendente,
alias Vallier, allias Sirivine
Philippe Chuyen

« Explique-moi ce film qui mêle à la fois docu, théâtre, ballade varoise, Histoire… On s’y perd !
(Rires). C’est un film tout en miroir, qui est parti parce que je voyais arriver le quatre-vingtième anniversaire du débarquement en Provence. Je m’y été inscrit dans le soixante-dixième anniversaire « Provence, août 1944 », qui avait été largement diffusé. C’était le premier film sur le débarquement, qui a permis de populariser cet événement relativement méconnu et en partie oublié. J’avais donc créé un lien avec ça. Je me sentais une responsabilité et je voulais faire quelque chose autour du quatre-vingtième.
Et donc tu choisis un autre angle…
Oui, je ne voulais pas que ce soit le fil conducteur de l’histoire. Je voulais trouver un autre point de vue pour en parler et celui des maquisards me semblait intéressant en évoquant cette armée de l’intérieur, cette armée de l’ombre, cette armée secrète, formée pour attendre les alliés, les épauler. C’est une histoire relativement méconnue, ces maquisards ont été complètement  négligés par le cinéma français. On parle toujours du Vercors alors que dans le Var, il y a eu énormément de maquis. J’ai donc eu envie de parler de cette histoire.
L’idée, le scénario, sont nés comment ?
Des amis m’avaient parlé du fameux « Cahier rouge » du maquis, qui est le journal de bord de Gleb Sevirine, alias lieutenant Vallier, un chef de maquis exceptionnel qui a tenu un journal de bord au jour le jour. Ce cahier a été édité en 2007 mais j’étais passé à côté. En le lisant, j’ai vu immédiatement le lien avec mon film et je me suis dit qu’il fallait que je l’adapte.

Les maquisards
Les comédiens

D’autant que tout se passe dans le Var !
Oui, le livre se situe dans le haut Var, Mons, Fayence, les gorges du Verdon, Canjuers, la Verdière, on descend en diagonale à travers le Var pour aller libérer Collobrières et aller jusqu’à Hyères pour libérer la presqu’île de Giens.
Qu’est-ce qui t’a touché dans ce document ?
Ce qui m’a sauté aux yeux, c’est la présence des jeunes, ce que je n’avais pas conceptisé
à quel point c’étaient des gamins, d’autant que nous, lorsque nous les avons connus, ils étaient déjà âgés, et on ne se rendait pas compte que la majorité étaient des jeunes qui fuyaient le STO, qui ne voulaient pas aller travailler en Allemagne. Gleb Sevirine a donc été sollicité, fin 43 pour le commandement de ces maquisards. Il restera à Mons jusqu’au mois d’août 44.
L’idée d’associer des jeunes dans le projet était de passer par la fiction. Je voulais trouver des jeunes varois, les transformant en maquisards dans les collines.
Mais le projet a en fait bifurqué ?
Oui car en quelques mois il me fallait trouver un million d’Euros que je ne trouverais jamais dans les délais prévus. J’ai donc décidé de faire un documentaire sans archives ni photos ni témoins car ils sont tous morts. J’ai décidé de chercher des jeunes passionnés d’Histoire et les entraîner dans une enquête historique, pour marcher sur les traces de ce maquis. Mais je me suis posé la question : Quelle est la finalité du projet ?
Et c’est là que tu rencontres Philippe Chuyen !
(Rires) I « Monsieur le Maire »  passait par là et il avait déjà participé à plusieurs de mes documentaires historiques. Il se trouve que, depuis longtemps, ayant lu le livre, il voulait en faire un spectacle sans trop savoir comment l’aborder. Je lui propose d’entrer dans le jeu, au lieu de prendre des passionnés d’Histoire, de prendre des passionnés de théâtre et les entraîner dans une enquête historique parallèle. A quatre-vingts ans d’intervalle, comme Vallier a fait de ces jeunes des soldats, toi tu prends ces jeunes et tu en fais des comédiens.
Et tu en fais un spectacle. Mais comme il ne veut pas d’amateur, on cherche des apprentis comédiens dans les conservatoires malheureusement tous ont leurs cours et leurs examens.
On est donc allé chercher des jeunes dans les missions locales. On a fait des castings, trouvé sept jeunes sur qui s’appuyer, un n’a pas suivi, on a continué avec les six.

Et le spectacle a été joué ?
Philippe a relevé le défi, lui qui ne veut jamais d’amateurs, et ça a marché. Miracle ! Le fait aussi que ce soit des jeunes des missions locales, c’est une belle idée car ça amène une fragilité. Il y a eu vingt représentations à guichets fermés. J’ai donc utilisé la pièce pour faire le film, La pièce est devenu un élément du film.
Et les jeunes ?
Ils ont été vaillants, sérieux, ils savaient que c’était d’eux que dépendait le film. Quant à Philippe, ça l’a obligé de sortir de sa zone de confort. Ce film s’est donc fait avec une palette d’émotions diverses, on pleure, on rit on sent la cohésion entre tous. Et cinéma et spectacle se renvoient la balle, l’un jouant avec l’autre.
Tu retrouves aussi Massilia Sound System qui signe la musique du film !
Par le biais de Gilbert Kayalik, le DJ du groupe avec qui nous sommes devenus amis sur le tournage de leur film qui a un talent, une rapidité pour trouver les sons qu’il faut. Il m’avait déjà fait la musique du documentaire sur Yann Piat et je lui ai proposé de faire la musique du film. Il a vu le film je lui ai expliqué mes intentions musicales. Il a été très efficace, comme toujours.

Tu aussi rencontré la fille de Gleb Sirivine ?
J’étais en train de lire le livre et j’ai aussitôt appelé sa fille. Elle connaissait mon travail, nous nous sommes rencontrés et elle a té une alliée précieuse. Elle nous a toujours suivis et aidés, elle est venue plusieurs fois au spectacle. Elle connaissait aussi Philippe depuis la sortie du livre, car il voulait déjà l’adapter et elle nous a fait confiance.
Aujourd’hui, le livre est épuisé mais nous allons le rééditer.
Comment avez-vous écrit le scénario ? A tous les deux ?
L’écriture du spectacle devait se faire à deux, j’avais beaucoup travaillé en amont, nous avons validé les situations qu’on  trouvait intéressantes mais sur l’écriture même, on a vu qu’à deux c’était compliqué, nous n’avons pas la même façon d’aborder les choses. Chacun avait sa vision. Du coup, j’ai respecté la sienne et en fait la pièce n’impactait pas sur le film, j’ai pris ce que j’ai voulu.
Le film sort quand ?
La sortie nationale se fera en septembre. Mais j’ai voulu  où il est né. Nous faisons une vingtaine d’avant-premières dont au Six N’Etoiles le 20 mai.
Des projets en cours ?
Toujours mais cette année j’ai ce film, qui sort donc à la rentrée. Après… On en reparlera !

Jacques Brachet
Christian Philibert sera l’invité de Noémie Dumas, directrice du cinéma Six N’Etoiles de Six-Fours et de Pascale Parodi, présidente de l’association
« Lumière(s) du Sud

Chloé HENRY-BIABAUD, globe-trotter de l’humain

Elle est réalisatrice et s’est spécialisée dans le documentaire.
Chloé Henry-Biabaud se balade dans le monde entier, du Rwanda au Brésil, de l’Argentine a l’Egypte, du Kenya à l’Amazonie en revenant, pleine d’usage et raison vivre… à Ollioules !
Ses sujets sont divers, le handicap, la boxe, les pêcheurs mais aussi des sujets moins lointains comme les calanques ou la Bonne Mère.
Invitée par Pascale Parodi, présidente de l’association « Lumière(s) du Sud », elle nous proposait ce soir-là un film très émouvant : « La réparation », réalisé avec sa complice Isabelle Vayron, sur la justice restaurative
C’est un dispositif de justice qui met face à face des auteurs de crimes divers et des victimes d’autres crimes. Encadrés par deux animatrices qui les laissent parler, chacun peut s’épancher, dialoguer, parler de leurs peines et de leur colère pour les victimes, de leur question, de leurs regrets sur le fait que les auteurs sont passés à l’acte.
Chacun a besoin de réponse, chacun a eu sa vie détruite, sans compter les victimes collatérales, beaucoup sont dans la douleur, l’incompréhension, le déni quelquefois mais tous ont des vécus traumatisants qu’ils porteront toute leur vie.
Les dialogues sont sans jugement, chacun étant à l’écoute de l’autre et leurs témoignages sont poignants et perturbants.
Evidemment, cette justice restaurative ne règle pas tous les problèmes mais aide à la compréhension de chacun.
Ce film a été tourné dans une prison d’Auxerre, encadré par Béatrice et Catherine et ne peut laisser personne indifférent. Il met en lumière les responsabilités des agresseurs comme la peine et parfois la colère et la vengeance de ceux ou celles qui ont perdu quelqu’un de cher.
Un film poignant plein d’humanité et nécessaire afin de permettre à tous d’avancer sans jamais pouvoir tourner la page.

J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Chloé Henry-Babaud, femme pleine d’humanité, chacun de ses documentaires (et ils sont nombreux) étant empreint d’empathie, d’humanité.
« Chloé, vous avez parcouru le monde mais d’où venez-vous ?
Je suis parisienne, j’habite depuis dix ans à Ollioules, j’ai vécu neuf ans à Marseille mais c’est vrai que je voyage beaucoup.
Comment choisissez-vous vos sujets ?
J’ai bien sûr des sujets de prédilection mais j’ai vécu au début en Polynésie où j’ai commencé ma carrière et en rentrant en métropole, j’ai travaillé avec Yann Arthus-Bertrand  avec qui nous avons interviewé partout sur la planète. Il est resté l’un de mes meilleurs amis, tout comme Isabelle Vayron avec qui je coréalise beaucoup de films. On est resté un noyau soudé.
Et puis j’ai développé des contacts, des thématiques qui m’intéressaient, comme la résilience, mot que je n’aime plus du tout, tant il est aujourd’hui galvaudé. J’ai aussi vécu au Brésil avec mes parents d’où cette appétence aux voyages.
Et vos sujets de prédilection ?
Souvent, les sujets qui m’intéressent tournent autour de gens qui ont vécu des choses difficiles et les ont surmontés d’une manière ou d’une autre. Et puis, il y a des sujets environnementaux parce que, forcément, lorsqu’on voyage beaucoup, on y est sensibilisé. Mais je m’intéresse aussi à la culture et tout se fait  au gré des voyages, des rencontres…
Est-ce que vous partez pour trouver des sujets ou parce que vous avez un sujet en tête ?
J’ai beaucoup de relations dans beaucoup d’endroits mais pour faire un documentaire j’ai des idées « avant » puis il y a tout un chemin car il faut trouver la production en amont du tournage, qui va nous accompagner, il y a tout un dossier pour pouvoir le pré-vendre à des diffuseurs et là alors, on peut partir en tournage. Mais si un documentariste veut gagner sa vie, on ne peut pas aller faire les repérages « avant » et tout payer de sa poche en pensant qu’on vendra l’idée, le film.

Qui sont les diffuseurs ?
Pour l’instant, je ne travaille qu’avec les télés, France Télévision ou Arte. On leur apporte l’idée, on va écrire tout un dossier en amont même si l’on ne sait pas ce qui peut se passer sur place car ce n’est pas un scénario de fiction. On sait qu’on va filmer un dispositif qui est cadré, après, ce qui peut se passer, on ne peut pas le deviner. On écrit une note d’intention, de réalisation, les raisons de faire ce documentaire.
Est-ce que sur le tournage, ça dévie quelquefois ?
Les gens qu’on filme ne sont pas des comédiens et heureusement, on ne peut pas leur demander de faire ce qu’on a écrit, parfois nous avons de belles surprises, parfois c’est plus compliqué mais généralement, lorsqu’on va filmer quelque chose, on a une intention précise et le but est d’aller filmer cette intention du départ. Mais il faut aussi laisser place à la surprise, à l’improvisation et lorsque c’est un documentaire en immersion comme celui-ci, on ne peut pas décider à l’avance.
En dehors de grands voyages, vous faites aussides documentaires en France comme celui consacré à la Bonne Mère de Marseille !
Lorsque j’ai fait ce film, je venais d’arriver à Marseille, il y a 15 ans, et c’est une boîte de production marseillaise qui me l’a  proposé car, n’étant pas marseillaise, j’aurais un regard neuf. J’ai donc vraiment découvert la Bonne Mère et j’ai adoré car j’ai filmé carrément sur un an. Comme j’avais un regard extérieur neuf et admiratif, je découvrais.
De tous les pays que vous avez traversés quel a été celui qui vous a le plus marqué à ce jour ?
J’ai beaucoup de pays de cœur, comme le Brésil où j’ai vécu .Je parle le portugais et j’y suis allé souvent en tournage. J’y ai passé une partie de mon enfance, et j’y ai beaucoup de souvenirs. C’est sentimental. Une partie de mes souvenirs, de mes amis, sont encore là-bas.
Mais je crois que celui qui m’a le plus marqué et où je retourne souvent, c’est le Rwanda. De par son histoire terrifiante, il est resté beaucoup figé dans les médias. Pendant longtemps, il a été connu par le génocide alors qu’il a beaucoup d’autres choses. Il y a quand même un pays qui s’est relevé et il y a tellement à y découvrir. Il y a un futur très riche, une lumière incroyable.

Alors ce film présenté ce soir ?
Ce film est donc sur la justice restaurative. Ce sont des dispositifs cadrés par des associations mandatées par le Ministère de la Justice. Ça fait partie du code pénal. Auteurs ou victimes peuvent en être informés et y participer, ils sont préparés pour se rencontrer mais ce ne sont pas les auteurs et victime directs. Avec Athus Bertrand, nous avions déjà filmé des participants pour son film « Human » en Floride, qui avaient besoin d’en parler et de se parler. Ce sont des gens qui ont décidé d’eux-mêmes d’y participer. On a trouvé ça tellement
incroyable qu’on a décidé d’en faire un film.
C’est arrivé en France dans le cadre du code pénal en 2014 et nous avons eu envie de faire ce film, avec Isabelle, en faisant le mouvement inverse, c’est-à-dire qu’on a filmé le dispositif avec les animateurs, les médiateurs et les participants que nous ne connaissions pas, en immersion.
Comment réagissent les gens lorsque vous allez les voir pour leur proposer ce concept ?
Nous sommes allés en repérage dans des groupes avec des encadrants à Auxerre, on a beaucoup discuté avec Amélie et Séverine, les encadrantes qui ont été nos alliées car en fait, ce sont des travailleuses de l’ombre qui prennent beaucoup sur leur temps, qui se donnent corps et âme. A partir de ce moment-là, nous avons fait une lettre pour expliquer le but du film, qu’elles ont donnée  à ceux et celles qui étaient prêts à jouer le jeu. Ne pouvant les rencontrer en amont, elles ont été nos intermédiaires en leur précisant bien aux participants qu’ils pouvaient arrêter lors du tournage, que ceux qui ne voulaient pas qu’on les voit, peuvent être filmés de dos ou floutés. Nous avions deux ou trois caméras que nous ne bougions pas, pour ne gêner personne. Le tournage s’est fait sur un an avec trois rencontres.

C’est votre dernier film ?
C’est l’un des dernier Sybille d’Orgeval (J’adore les coréalisations !), nous avons tourné un film sur la pêche contemporaine et les problématiques liées à la pêche sur les océans, qui s’appelle « Vents contraires ». J’en termine un avec une autre amie, Coraline Molinié, pour Arte, autour des castors et tout ce qui lié aux écosystèmes autour de cet animal ».
Avec tous ces films, espérons que nous aurons encore l’occasion de revoir notre belle réalisatrice chez notre amie Pascale !

Jacques Brachet

Jolokia, odyssée des bras cassés
Kenya, alors on danse
Malawi, les enfants du tabac

Six-Fours – Lumière(s) du Sud
Elisa M & Nicolas Boulland-Genet : Dys sur dix !

Il était une petite fille pas comme les autres. Atteinte de Dyspraxie, il semble que rien ne pourra la sortir de ce dysfonctionnement mais voilà… Joseph Mulé et son épouse, ses parents, ne baissent pas les bras et vont l’entourer d’un amour infini jusqu’à se rendre compte qu’un pinceau à la main, elle développe un talent exceptionnel et jusqu’à pouvoir exposer ses œuvres un peu partout dans la région.
Mais là ne s’arrête pas la belle histoire puisqu’elle part exposer en Allemagne au mois de mai qu’elle revient de Tokyo, d’où elle revient médaillée ! Et elle va avoir 24 ans !
Ce ne fut pas on long fleuve tranquille, mais l’amour, la persévérance et le talent font qu’aujourd’hui Elisa (son nom de guerre Elisa M) est une jeune femme rayonnante, au regard et au sourire lumineux et que du coup, le jeune vidéaste Nicolas Boulland-Genet lui consacre un film !
Un documentaire tellement beau et émouvant que Pascale Parodi décide de nous montrer, dans le cadre de son association « Lumière(s) du Sud » dont elle est présidente, devant un théâtre Daudet affiché « complet », qui a conquis un public ravi et ému de découvrir cette belle jeune femme épanouie et son réalisateur un peu intimidé car c’était la première fois qu’ils présentaient leur film.
J’avais déjà rencontré Elisa, aujourd’hui les voici tous les deux aussi émus et… stressés pour nous raconter cette belle aventure.

« Alors, cette rencontre, comment s’est-elle passée ?
Elisa : On s’est rencontré… à la maison ! Je connaissais déjà la sœur de Nicolas à l’école du Brusc. Je ne connaissais pas Nicolas mais lui m’avait repérée sur Facebook et il m’a proposé de faire un reportage sur moi.
Nicolas, tu es vidéaste et réalisateur et comment t’e venue cette idée de consacrer ce portrait d’Elisa ?
A la base, il y a le fait que ma sœur et Elisa se connaissaient et je connaissais la situation d’Elisa depuis longtemps. Il y a un an et demi, pour mes études je devais réaliser un documentaire de 26 minutes, j’ai alors repensé à Elisa, je voulais savoir où elle en était de sa vie car elle avait un profil atypique. Mes parents ont pris contact avec ses parents, ils m’ont invité à venir chez eux et j’ai pensé que c’était un sujet intéressant car déjà, j’aime beaucoup l’art dans lequel j’ai fait des études. Et puis, je me retrouvais quelque part en elle car j’ai eu beaucoup de mal à trouver ma voie. Je pensais être bon dans tout mais excellent dans rien !
J’ai enfin trouvé ma voie dans la vidéo.
Qu’est-ce qui t’a touché chez Elisa ?
Dans sa situation, l’art, la peinture étaient au départ quelque chose de compliqué mais elle a su dépasser tous ses problèmes et je me suis dit que, même dans des voies qu’on choisit où on pense ne pas être capable, on peut y arriver. Et j’aime ce message qui fait qu’on arrive à quelque chose même lorsqu’on ne s’y attend pas. On est tous né pour quelque chose.

Aujourd’hui, ce film est fait, c’est la première fois qu’il est vu par un public. Que va-t-il devenir ?
Comment concevoir un tel film ?
Au début, il y a eu beaucoup de discussions pour savoir comment ça devait se passer au fil des prochains mois car on a mis un an et trois mois à réaliser ce film. Beaucoup de questions se sont posées : il fallait d’abord connaître le plus profondément ce sujet, connaître aussi Elisa, on a longtemps discuté avec ses parents. Après, il y a eu beaucoup d’écriture.
Et toi, Elisa, quelle a été ta réaction lorsqu’on t’a annoncé qu’on allait faire un film sur toi ?
Je n’ai pas eu peur. La seule chose qui me faisait peur était la caméra ! Nicolas m’a dit de l’oublier. Moi, je préfère rester dans ma bulle, je n’aime pas qu’on me regarde, d’avoir des gens autour de moi, qui me regardent travailler. Nicolas était venue me voir dans l’atelier d’Agnès, ma professeure qui m’a dit : « Ne pense pas à lui, fais comme s’il n’était pas là, tu gères ta peinture »
Nicolas : La première fois que je l’ai filmée dans son atelier en train de peindre, ses parents nous ont dit que, même eux, elle refusait qu’ils la regardent peindre !
Elisa, pour un peintre, c’est dur d’expliquer sa peinture ?
Oui et je n’aime pas ça. Je ne veux pas l’expliquer. Je n’avais pas envie d’être interviewée. J’ai accepté de faire ce film pour aider des parents et des enfants, faire passer un message, pour dire que, même si on est atteint de dyspraxie, on peut réussir à trouver sa voie.
Nicolas : On a beaucoup d’idées mais c’est toujours très difficile. Comment y répondre ? Dans l’idéal, on aimerait qu’il soit diffusé dans le plus de lieux possibles, de plus de festivals, des chaînes télé. Mais il faut beaucoup de contacts pour être connu, repéré et reconnu. On avance par petits pas. Aujourd’hui, d’être là est une énorme opportunité et grâce à Pascale, qui est la première à nous permettre de le montrer à un public. Après, on verra. C’est mon premier film réellement abouti, qui a pour but d’être diffusé.


Elisa, toi qui aujourd’hui expose un peu partout, ne peux-tu pas l’accompagner lors de tes expositions ?
Pourquoi pas le montrer ? A condition de ne pas en parler ! Je vais beaucoup travailler avec Isabelle Decitre, présidente de DFD 83 (Dyspraxie France Dys 83)
Ce soir est une première… Comment te sens-tu ?
Je n’ai pas peur, je suis heureuse… et surtout stressée car après le film, il va falloir répondre aux questions ! Mais avec Pascale, je suis en confiance. J’ai seulement envie de ne pas pleurer. Il y a des risques !
Et toi, Nicolas, des projets ?
Oui, grâce à des amis de Pascale,  J’ai rencontré un jeune surfeur qui pratique son sport au Costa Rica. J’espère pouvoir aller là-bas à sa rencontre et montrer son cheminement depuis l’Argentine d’où il est natif jusqu’aux vagues du Costa Rica. C’est une longue préparation, il me faut trouver des aides car ce n’est pas la porte à côté ! »

En attendant vous pouvez découvrir les œuvres d’Elisa  au Casino de Sanary durant tout ce mois.
Et quel bonheur et quelle émotion d’avoir découvert ce film à la fois poétique et émouvant. Les parents d’Elisa ont bien de la chance d’avoir une fille aussi talentueuse, aussi solaire, aussi attachante. Des parents qu’Elisa n’a pas manqué de remercier avec tout l’amour qu’elle a pour eux. Et en précisant pour conclure : « Je ne suis pas handicapée. Je suis seulement différente »
Ce fut une magnifique soirée.
Jacques Brachet

David ROUX : « La femme de… »
Atmosphère… Atmosphère

Marianne (Mélanie Thierry) est belle, riche a deux beaux enfants, elle est mariée à un riche industriel (Eric Caravaca). Une vie que, somme toute pourraient lui envier beaucoup de femmes. Cependant, elle est une ombre dans cet espèce de château sinistre, son mari n’est préoccupé que par son travail et son ego, ne s’intéresse plus à sa femme depuis qu’elle lui a donné un héritier pour prendre un jour sa suite ; elle doit vivre dans ce lieu sinistre, s’occuper de son beau-père exigeant qui la considère comme sa bonne, sa fille  dit partout que sa mère est morte, son fils est plus attaché à son grand-père qu’à sa mère… Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur de ce monde oppressant où Marianne se sent prise au piège liés si elle veut garder ses enfants. Bonjour l’angoisse !
Et voilà que surgit dans ce noir tableau, un photographe venu faire un reportage pour les cent ans de l’entreprise que le grand-père a créée. Il ne lui semble pas étranger et, avec son arrivée, il va faire exploser cette vie de tristesse et de frustration.
Malgré ce rôle très noir, Mélanie Thierry est lumineuse et émouvante, Eric Caravaca empli de suffisance, d’orgueil et d’égoïsme. Quant au photographe (Jérémie Renier), difficile de l’imaginer, très loin du biopic de Cloclo, barbe et cheveux longs mais tout aussi séduisant.
Ce film est presque un huit clos qui fonctionne comme un thriller haletant à chaque fois que Marianne subit un coup du sort de cette famille, à partir du moment où meurt la grand-mère et où son mari décide de s’installer dans cette maison maudite.
On la suit cœur battant et David Roux signe là un film à la fois palpitant, émouvant et angoissant jusqu’à la fin. Où l’on pourra alors reprendre son souffle.

Loin de ce film haletant, voici que débarque au Six N’Etoiles, un réalisateur plein de vie et d’énergie, David Roux, homme volubile et passionnant.
« David, comment êtes-vous arrivé à scénariser ce roman d’Hélène Lenoir « Son nom d’avant »
C’est ma productrice qui me l’a mis entre les mains. Le livre date de 1998, elle l’a découvert dans les années 2000. De ce jour, elle rêvait d’en tirer un film… Alors que je crois qu’elle n’était alors pas encore productrice ! Lorsqu’on a terminé mon premier film ensemble, qui fut une aventure géniale, nous n’avons eu qu’une seule envie, c’est de retravailler ensemble.
Réalisateur n’a pas été votre premier métier !
Non, mon premier boulot dans le cinéma, c’était, durant quatre, cinq ans, conseil en développement, mon travail était de lire des romans et d’essayer de trouver des sujets pour des cinéastes. Je travaillais avec des éditeurs, je lisais beaucoup et voyais quelle adaptation cinématographique on pouvait faire sur un roman.
Mais pour ce film, c’est vous qui l’avez adapté ?
J’ai co-écrit l’adaptation. Durant six, huit mois, je me suis plongé dans ce roman qui a une construction un peu sophistiquée, assez brillante mais aussi assez glaçante et ça a été un petit défi que de l’adapter. Très vite, j’ai eu l’intuition que je pouvais en faire un film. Nous pensions que ce serait facile… Mais nous avons mis sept ans pour le faire car ce n’était pas si simple que ça. C’était difficile de le circonscrire et j’ai d’ailleurs toujours beaucoup de difficulté, alors qu’il est terminé, à le résumer d’une phrase car c’est réducteur.. Ca a été d’ailleurs un handicap pour le « vendre » à des producteurs, des chaînes de télé.
Pourquoi ?
C’est un film sur les silences, sur les non-dits, sur l’atmosphère.
Ca frise quelquefois le thriller !
C’est également ce qu’on s’est dit au fur et à mesure de la fabrication. C’est en fait l’histoire qui a été racontée mille fois, d’une bourgeoise malheureuse. On s’est donc dit qu’il fallait qu’on en fasse un « thriller domestique ». En fait, il y a eu beaucoup de contraintes et c’est ce qui était intéressant car on ne cesse d’interroger le projet pour savoir ce qui en est la sève. Le film est assez sec, presque brutal, très oppressant et c’est dans ce sens qu’on a voulu aller. Toutes les présences sont menaçantes pour Marianne, la rupture, la bascule ne sont jamais très loin. Le film reste ouvert à la fin. Dans tous ces silences, il y a aussi une sororité entre toutes les femmes.

Vous d’ailleurs avez ajouté un personnage qui n’était pas dans le roman !
Et c’est Hélène Lenoir qui s’en est rendu compte lorsqu’on lui a visionné le film ! C’est Lili, qui n’existe pas dans le roman ! Je l’avais oublié ! Mais elle nous a félicités d’avoir inventé ce personnage.
Elle est la seule qui s’échappe de cette famille !
Pas vraiment. Elle a décidé de ne pas fermer sa gueule et elle en paye le prix. Mais c’est la seule qui a des armes pour faire et dire ce qu’elle veut. Lorsqu’on est face à une femme totalement découragée, enfermée, il faut la dessiner en miroir avec les autres personnages, qui font des choses qu’elle aurait pu faire dans une autre vie, dans un autre monde, dix ou vingt ans avant, tout ce passé qui aurait pu être et n’a pas été.
On parlait d’atmosphère… La maison choisie joue beaucoup… Ca fait penser à Hitchcock !
Exactement ! Je n’aurais pas osé pouvoir formuler ça  comme ça au repéreur. Nous avons tourné dans la région d’Angers, le tournage approchait et l’on n’avait pas trouvé la maison. Il y a beaucoup de châteaux mais trop décrépits pour y tourner. Il fallait que la maison raconte une richesse discrète qui a prospéré de génération en génération.
En découvrant cette maison on a eu une véritable révélation et c’est vrai qu’elle est un peu Hitchcockienne, belle, riche, inquiétante à la fois, avec, lorsqu’on regarde dehors, l’horizon complètement bouché par la végétation, ce qui ajoute à l’enfermement de Marianne.
Vous avez aussi joué avec la saison hivernale, le brouillard, le côté sombre du parc…
Ça a été une chance car au départ, le film devait se tourner en été, en pensant prendre le contrepied de l’ambiance glaciale. Mais le financement étant un peu long, on a dû tourner en janvier, février. En fait aujourd’hui, on ne peut pas imaginer l’histoire en plein été car cette atmosphère nourrit le film.
Même Mélanie Thierry a, je trouve, un visage très hitchcockien !
Elle avait une semaine entre le tournage du film d’Alex Lutz « Connemara » et le nôtre. Avant de quitter le film, elle a demandé au coiffeur de lui faire la coupe avec laquelle elle est arrivée. On n’avait donc pas le choix mais c’était tellement le personnage que je n’aurais jamais pu lui demander de le faire ! Elle est vraiment  une héroïne hitchcockienne !
Elle a un visage incroyable. Sans parler, dans son regard, on comprend tout !
Déjà, vers 2021, j’ai vu le film « La douleur » d’Emmanuel Finkiel où Mélanie joue Marguerite Duras. C’était la première fois que je la voyais dans un registre sombre. C’est vrai que je la trouve toujours géniale mais souvent dans des films plein de vie, d’énergie. Mon personnage était à l’inverse, englouti, effacé, s’oubliant elle-même et dans « La douleur », je l’ai trouvée prodigieuse. Même lorsqu’elle ne fait rien, elle a une présence formidable, sa cinégénie, sa puissance font beaucoup , le besoin de dire ou de faire. Elle est d’une grande générosité.

Jérémie Rénier, on a du mal à le reconnaître !
Cheveux longs, barbe, c’est vrai qu’on ne le reconnaît pas au premier abord. D’ailleurs, Jérémie, jeune… C’est son fils  et il a aussi les cheveux longs comme son père ! Jérémie avait gardé le physique qu’il avait sur son tournage précédent, la série « Carême » et devait les garder pour un autre film
Et Eric Carvaca, qui n’a pas un rôle particulièrement sympathique !
Pour les hommes de la famille, on voulait qu’ils ne soient pas caricaturaux, même s’ils le sont un peu mais on pouvait aussi pouvoir les racheter et typiquement, Eric a cette espèce de bonhomie sympathique…
Pas vraiment ! C’est une fausse bonhomie ! Il est même inquiétant par moments
Peut-être mais s’il n’avait pas eu ce côté un peu sympathique, c’aurait pu être vraiment insoutenable et presque pas crédible, qu’il ne soit pas un parfait salaud. C’est un type qui ne voit plus sa femme, qui n’y fait plus attention, qui est occupé par son boulot, par sa propre importance de régner en maître sur son entreprise et sa famille. Il est le produit de son milieu, persuadé d’avoir fait le bien de sa femme. Il ne se rend même pas compte qu’elle sombre.
Revenons un peu à vous. Il y a eu d’abord le théâtre et le journalisme avant de devenir réalisateur !
Durant quinze ans, j’ai été journaliste de théâtre. Peut-être rêvais-je déjà de cinéma mais sans trop me l’avouer et à un moment l’ai eu l’impression que de ne pas l’avoir fait rendait les choses impossibles. J’avais ce regret-là, d’avoir des potes qui l’avaient fait et que moi je ne me l’étais pas autorisé… Le théâtre est arrivé par hasard. Lorsque j’étais étudiant, pour gagner un peu ma vie, j’étai ouvreur dans un théâtre. J’avais un camarade de collège  qui était aussi ouvreur et on a eu l’idée de créer un magazine gratuit distribué dans les théâtres parisiens. C’était un peu inconscient car, lorsque le premier numéro est sorti –  après un an et demi à monter le truc – on a vu les spectateurs le lire. J’étais à la fois très heureux mais j’ai alors complètement paniqué car je me suis dit qu’après avoir bien ramé un an et demi pour sortir le premier, il allait falloir continuer tous les mois !
Mais ça a duré quinze ans ! Et le cinéma est enfin arrivé.

Luc Patentreger, directeur du festival « Femmes ! », David Roux, Noémie Dumas directrice du Six N’Etoiles et… moi !



Propos recueillis par Jacques Brachet

Isabelle BOUVIER… Une série « Du Sud » !

Isabelle Bouvier a le regard bleu Provence, un sourire lumineux, une vie de passion et de détermination qui, de danseuse, est devenue comédienne avant de devenir scénariste et réalisatrice.
Tous ces arts, elle les pratique chez nous dans le Sud, à Six-Fours car elle a décidé de ne pas faire comme tout le monde : « Monter » à Paris pour réussir. Réussir, pour elle, n’a jamais été de devenir star ni de gagner beaucoup d’argent, mais simplement de vivre de ses passions chez elle.
C’est plus difficile mais elle se voit mal vivre à Paris. Le soleil et la mer lui manqueraient trop !
Elle vient de terminer le tournage d’une série, « Happy reset », qui participe au seizième concours Nikon.
En chemin, elle a connu quelques difficultés et du coup, la série n’est pas exactement ce qu’elle avait écrit.
Elle nous raconte tout cela.

« Isabelle, le cinéma, pour vous, ça représente quoi ?
C’est une passion qui m’a été transmise par mon papa, qui a exprimé beaucoup de choses à travers les films qu’il me proposait de voir. Il a été journaliste, il avait une appétence pour tout ce qui était artistique et,  si par pudeur, il ne se manifestait pas, c’est par les films que nous allions voir qu’il laissait passer des messages.
Vous avez commencé par la danse ?
Oui, j’étais danseuse dans différentes troupes, divers orchestres comme K-Danse qui est à Six-Fours, les orchestres de Claude Girard, André Auzias, je me suis arrêtée lorsque j’ai eu mes filles, j’ai alors donné des cours de danse, puis je me suis tournée vers l’art dramatique et je suis devenue comédienne de théâtre.
Et le cinéma dans tout ça ?
Il y a eu le Covid où l’on ne pouvait plus rien faire et alors, comme j’avais fait une formation de scénariste, j’ai commencé à écrire, pendant le confinement.
Qu’en est-il sorti ?
Beaucoup de choses, j’ai notamment scénarisé une série qui s’appelle « 63 minutes », premier pilote que j’ai réalisé. J’ai d’ailleurs eu un prix. Ça m’a pris beaucoup de temps car c’était en autoproduction et qu’à côté de ça, il faut gagner sa vie.  J’ai aussi écrit deux gros scénarii  qui sont très importants pour moi mais j’ai bien compris que pour avoir des aides, entre autres du CNC, il fallait que  je montre ce que je faisais dans des festivals et recevoir des prix . Entretemps j’ai écrit « Happy reset » que j’ai totalement autoproduit mais les gros autres projets, je ne pourrai pas les financer sans aide ni si le CNC ne m’octroie pas des fonds.
Donc c’est en stand bye ?
Si l’on veut mais en ayant fait « Happy reset », j’ai de l’espoir car la série fait partie des vingt meilleurs projets soutenus par Nikon Festival. Ce festival est de plus en plus prestigieux. Je fais partie des vingt soutenus et j’espère que nous serons dans les huit sélectionnés. Nous le saurons en avril.
C’est par petits pas qu’on avance, avec beaucoup de ténacité et j’espère que des gens seront sensibles à mon univers.

Quel est votre univers ?
Il y a beaucoup de questionnements comme le temps qui  passe, et « Si c’était à refaire » . Il y a aussi la place de la femme de plus de cinquante ans dans la société et aussi l’intelligence artificielle.
C’est-à-dire ?
La place qu’elle prend aujourd’hui. Le modernisme ça a évidemment des avantages mais jusqu’où est-ce que peut aller ce pouvoir ? Tous mes projets sont des dystopies qui se passent dans un futur proche. Et le futur est de plus en plus proche, il nous rattrape vite ! Lorsque j’ai écrit, c’était de la science-fiction et ça l’est de moins en moins.
Bon, alors parlons de « Happy reset » !
La série se passe  en 2035, cinq jours avant la fin de l’année, une intelligence artificielle avertit les gens que le pire parasite de la terre a été identifié : Ce sont les êtres humains !
Dans la nuit du 31 décembre 2036 à 2037, l’humanité sera éradiquée. On va suivre le comportement de quelques personnages qui n’ont plus que cinq jours à vivre.
Il y a à la fois de la science-fiction et quelque chose de philosophique. La série  interroge vraiment sur le sens des priorités lorsqu’on sent qu’on va mourir.
En dehors de la science-fiction, c’est vraiment une fiction ?
Il y a beaucoup de fragments de ma vie et j’ai l’énorme bonheur d’avoir écrit en pensant à des gens que je connais, dont mes filles, mon gendre, des amis. Et ce n’est pas parce que ce sont des gens de ma famille mais tous sont comédiens… Et talentueux ! Mais en écrivant ce scénario, c’est venu tout seul. Après, il fallait qu’ils acceptent.
Et s’ils n’avaient pas accepté ?
Le problème est que lorsqu’on écrit en pensant à quelqu’un, on a du mal à penser à d’autres comédiens ! J’ai eu beaucoup de chance, tous ont dit oui. C’est vraiment mon bébé, si comme j’avais accouché !
Et ça se passe où ?
Tout se passe dans la région car je voulais  que ce soit vraiment une série du Sud.
Nous avons tourné du 2 au 4 janvier, entre Fabrégas, la Verne, Sanary, Six-Fours, la plage de Bonnegrâce, le parc de la Méditerranée, que des sites magnifiques. Nous avons aussi tourné à la Bibliothèque pour tous les Gémeaux à Six-Fours, l’Ehpad  du Verger à Sanary et l’école de danse Team Pôle Addict à la Seyne  qui nous ont ouvert leurs portes et que je remercie. Je remercie également tous les comédiens magnifiques dont l’âge varie entre 4 mois et 90 ans, dont les doyens de la maison de retraite ! C’est toute une représentation de l’humanité.
Et tous sont du Sud ! Je veux le souligner car c’est vrai que beaucoup de parisiens viennent tourner chez nous alors que, si nous avons de beaux paysages, nous avons aussi des comédiens talentueux. Les comédiens-vedettes sont souvent castés à Paris et l’on prend les nôtres pour faire de la figuration !

Parlez-moi de ce concours Nikon…
C’est un concours qui devient de plus en plus important. Il y a aujourd’hui des têtes d’affiche qui viennent avec de gros moyens. Cette série que j’ai autoproduite entièrement, passe sur le site de Nikon festival et les gens doivent voter jusqu’au 26 mars. Le fait d’être sélectionnée en catégorie A, c’est-à-dire sélectionné dans un grand festival comme Lille, Clermont-Ferrand, Nikon en faisant partie et d’avoir un prix implique que le CNC  s’y intéresse et puisse m’aider.
Mais… Il y a un mais …
Oui car aujourd’hui je rencontre un problème. J’ai fait venir un chef opérateur de Paris que connaissait ma fille.. Surpris par le côté qualitatif de la série, il m’a proposé de faire le montage à Paris, faisant en sorte que n’y participe pas au montage et qu’il coupe quelques parties importantes. Et il a inscrit la série à son nom et celui de son assistant avec le nom de sa boîte de production et sur l’affiche je figure en quatrième place ! Alors que tous les droits à l’image sont à mon nom. Il a coupé certains moments poétiques qui font que ça dénature mon histoire. Et avec ça, il donne des interviewes en parlant de « sa » série, sans stipuler que j’en suis l’autrice, alors que jusqu’ici, il n’a fait que des publicités et des clips. Le festival Nikon est au courant.
J’espère qu’il va rectifier et inscrire mon nom pour que je puisse intégrer la sélection « Regard de femmes ».
A propos de projets, puisque cette série va vivre sa vie,  malgré tous ces aléas, je pense que vous n’allez pas en rester là ?
Oui, j’ai plusieurs projets. D’abord les deux dont je vous ai parlé mais là, j’ai besoin de producteurs. Les deux projets se passent encore dans le milieu de l’intelligence artificielle. Le long métrage aura un casting presque exclusivement féminin et la série sera autour de la pédo-criminalité et de l’IA.
Je suis également sur un court-métrage qui va traiter des foyers pour jeunes filles et de la résilience à travers la boxe. Il va se faire dans les trois mois qui viennent. Je lance aussi des ateliers d’écriture qui auront lieu entre Toulon et Six-Fours. Chacun va raconter un bout de sa vie, une anecdote qui sera lue par un autre. Et j’aimerais pouvoir entrer dans des écoles pour parler du harcèlement scolaire.
Et la comédienne de théâtre, où en est-elle ?
Je vais reprendre en avril, une pièce, « Derrière la porte » de Claude Broussouloux… Qui est en voyage de noces sur l’Île Maurice ! C’est l’histoire d’un couple qui rentre chez lui en fin d’après-midi et dont la femme croit avoir vu un homme rôder dans le jardin. Au départ c’est sur le mode de la comédie style « Scènes de ménages »  et peu à peu, il y a une montée en tension. Ca évoque les secrets qu’il peut y avoir dans un couple.
Et puis, j’ai écrit une pièce et je recherche un comédien de 20/25 ans pour jouer mon fils. Une pièce sur les liens familiaux.
Et à part ça ???
(Elle rit) A part ça… Je ne m’ennuie pas !
Mais aujourd’hui, je cherche des producteurs ou des mécènes pour pouvoir continuer à tourner ! »

Avis aux amateurs !
Propos recueillis par Jacques Brachet


Angelin PRELJOCAJ… Danser pour grandir… Un hymne à la danse signé Julien BENGEL & Marie-Anne SORBA

S’il a un nom difficile à retenir au premier abord, son succès, fait qu’aujourd’hui, pour tous les amoureux de la danse du monde, il est devenu un danseur et chorégraphe incontournable. Et on a la chance qu’il se soit installé à Aix-en-Provence, dans ce lieu magique qu’est le Pavillon Noir.
Je l’ai rencontré, il y a quelques décennies à Châteauvallon avant qu’il ne parte à Aix. On aurait pu le garder chez nous alors qu’il devait créer en 1995, le Ballet National Contemporain. L’arrivée du FN à Toulon a changé la donne et il a fait d’Aix-en-Provence, le siège de sa compagnie avec le succès que l’on connaît.
Il crée en 2015 la section junior, afin d’ouvrir les portes à de jeunes artistes en herbe. L’école a un succès énorme, les apprentis danseurs viennent aussi bien de France que d’Italie, du Portugal, d’Angleterre, de Belgique, Espagne… And so on.
Le réalisateur Julien Bengel, qui a créé la Société « Mise en boîte » est, depuis quelques années, un fidèle de la compagnie, collaborant avec Angelin. Et il décide de monter un documentaire sur cette école exemplaire, en compagnie de Marie-Anne Sorba, productrice et créatrice de la société Fred Hilgemann Films.
Le film s’intitule « Danser pour grandir », un magnifique film qui nous montre combien la danse est art merveilleux mais difficile. Nombre de danseurs s’y cognent car il faut de la détermination, de la passion, de la ténacité, du talent évidemment peut-être du courage aussi car lorsqu’on aime, le courage est omniprésent.
C’est tout ce que nous montre le film de Julien qui a su magnifiquement filmer les danseurs durant leur période test, les découragements, les blessures, les corps qui souffrent, mais aussi l’espoir au bout duquel ils seront pris dans la compagnie. Ils lui ont confié leurs doutes, leurs espoirs mais aussi leur foi en cet art qui est leur vie, avec des confidences très émouvantes.
Le film nous montre aussi ce qu’est le collectif, l’entraide de ces jeunes à la fois concurrents et devenus amis malgré leurs différences de langue, de mode de vie… Le vivre ensemble est important lorsqu’on se retrouve loin de son pays, de sa famille et Angelin, qui est d’une grande humanité, est toujours à leur écoute avec une gentillesse extrême.
C’est tout cela que nous montre ce film que Julien Bengel et Marie-Anne Sorba sont venus présenter dans le cadre de l’association « Lumière(s) du Sud » présidée par Pascale Parodi.


« Julien, Marie-Anne, deux entités, deux sociétés qui s’épousent pour nous donner ce magnifique film… Racontez-nous… Et racontez-vous !
Marie-Anne : Je suis auteure, réalisatrice et productrice de films documentaires depuis quinze ans. Je suis de la région, j’ai passé mon bac au lycée Dumont d’Urville de Toulon, puis je suis partie à Marseille puis à Paris où j’ai passé vingt ans. Je suis d’abord passée par le journalisme, entre autres à Libération, au Figaro Economie, les anciennes pages saumon, pour faire des reportages dans les pays de l’Est, j’ai écrit quelques livres sur la Russie. J’avais appris la langue au lycée. Et puis je me suis mise à faire des documentaires pour la télévision. J’ai alors créé ma propre maison de production pour avoir plus d’autonomie et d’indépendance En 2017, je suis revenue chez moi en famille, et j’ai rapatrié ma société à Toulon.
Julien : J’ai fait le contraire de Marie-Anne, Je suis arrivé de Paris à Toulon en 2005. J’ai fait des études de cinéma, puis je me suis lancé dans la vidéo institutionnelle. J’ai travaillé en tant que monteur sur des documentaires et nous nous sommes rencontrés avec Marie-Anne. Elle m’a demandé si j’avais une idée de film documentaire. Je lui ai parlé de ce projet qui consistait à suivre des jeunes en formation chez Angelin Preljocaj. Nous avons écrit ce projet ensemble, avec nos deux boîtes de production.
Pourquoi la danse et pourquoi Preljocaj ?
Julien : Cela fait plus de quinze ans que je travaille avec Preljocaj en tant que vidéaste. Je fais des captations de ses spectacles, des coulisses, je suis ses créations. C’est un milieu qui me passionne. Ce n’était pas quelque chose qui m’intéressait au départ mais que j’ai découvert au fur et à mesure. Je suis tombé dedans !
Alors, comment est né ce projet ?
A force de voir tous ces jeunes passionnés et travailler d’arrache-pied, j’ai eu envie d’aller un peu plus loin et de les suivre, durant une année de formation, comment ils peuvent arriver à ce niveau-là.

Et vous, Marie-Anne, la danse vous intéressait ?
J’ai toujours été fascinée par les danseurs, ce sont pour moi des êtres surnaturels, ils ont quelque chose que les autres n’ont pas, la grâce, la souplesse, la beauté, des choses dont on a besoin plus que jamais dans ce monde d’aujourd’hui. On a besoin de ces émotions liées à la beauté, à l’art. Et de voir tous ces jeunes entre dix-huit et vingt ans qui sont dans leur passion, dont leur vie est dédiée à leur art, c’est à la fois très rare et très beau. C’est magnifique de voir ces êtres passionnés… Et qui ne sont pas fixés sur leur téléphone ! J’ai beaucoup d’espoir que la jeunesse d’aujourd’hui s’intéresse à la danse, ou à tout autre art d’ailleurs.
Julien, comment avez-vous travaillé avec Angelin ?
Déjà, il nous a fait entièrement confiance. Lorsque je lui ai parlé de ce projet, il m’a seulement dit : « Fais-le comme tu le sens ». On l’a également interviewé vers la fin pour qu’il nous donne son regard sur cette jeunesse. Par contre, il ne nous  jamais demandé de voir ce que nous faisions. Il connaissait mon travail, quant aux élèves, recrutés pour un an, je les ai découverts le premier jour et on s’est apprivoisé !
Je n’ai jamais empiété sur leur travail et très vite ils ont oublié ma caméra.
Y avait-il quand même un scénario au départ ?
Marie-Anne : Nous avons pas mal écrit au départ en fonction du planning en cours de formation car on savait qu’ils reprenaient  un ballet « Après la bataille », qu’ils devaient aller travailler à Paris pour répéter. Nous avons écrit des séquences pour savoir vers quoi on voulait aller.

Julien : Ça reste quand même un documentaire et il est difficile de savoir comment les jeunes vont se comporter durant une année. Nous avons eu quelques belles surprises, l’idée était de montrer comment ces jeunes qui sortent d’un cocon familial s’adaptent à un milieu professionnel, de les voir évoluer, prendre confiance et de voir comment, malgré des langues différentes, ils arrivent à travailler ensemble, à se comprendre et apprendre à être ensemble. D’ailleurs, ceux qui ne parlaient pas français ont pris des cours, car chez Preljocaj, les répétitions se font en français. Reçus en France, la moindre des choses est qu’ils s’adaptent. Il y avait aussi cette idée d’intégration.
Le film dure 52 minutes. Comment s’est fait le montage ?
Nous avons tourné deux à trois fois par mois, de septembre 2024 à fin juillet 2025. Nous avions à peu près cinquante heures d’interviewes, chacun des danseurs l’ayant fait dans sa langue. Il a fallu tout traduire et tout sous-titrer par la suite. Nous avons également fait une mini-série de huit fois huit minutes diffusée avant le journal de 19 heures
Ont-ils vu le film ?
Julien : Oui. On l’a projeté en septembre 2025 en avant-première au Pavillon Noir, quelques jours avant son passage sur France 3 Marseille, et ils ont découvert le film en présence d’un public. Ils avaient beaucoup d’appréhension et ils ont été très heureux du résultat. C’était fidèle à ce qu’ils sont.
Marie-Anne : Ce projet est soutenu dans le cadre d’un dispositif qui permet à France 3 et à la région Sud de financer de nouvelles écritures qui s’appelle « Med in doc » ce qui nous a permis l’apport de France 3 et le soutien de production de la Région.
Ce film, en dehors de France 3, va-t-il passer ailleurs ?
Le film leur appartient mais ils nous ont donné l’autorisation de le présenter dans des festivals ou dans des salles comme ce soir.

La page Preljocaj se tourne… Et maintenant… Qu’allez-vous faire ?
Marie-Anne : On travaille sur un projet, dont on a commencé le tournage. Il s’agit d’une classe de théâtre du collège Joliot-Curie à Carqueiranne. Il y a une petite compagnie nommée « L’Etreinte » qui fait des ateliers avec des ados de 3ème et 4ème’, l’an dernier ils ont écrit une pièce qui s’appelle « Le destin de feu Carotte », l’ont mise en scène et l’ont jouée une fois sur l’Espace des Arts du Pradet avec un certain succès car elle est intelligemment écrite. C’est une comédie et le professeur de Français du Collège, Roger-Michel Allemand a décidé de reprendre cette pièce. Autour de ces communes, il se passe plein de choses avec ces jeunes de 12/15 ans qui font autre chose que de regarder des écrans. Le théâtre est un outil formidable de communication, pour apprendre à s’exprimer, avoir confiance en soi, faire du collectif, du lien social, chacun ayant quelque chose à apporter.
Les choses se font au fil de l’eau, plein d’idées arrivent et on cherche des partenaires, du financement, un diffuseur. Le projet est en route… Et vous en avez la primeur car vous êtes la première personne à qui l’on en parle ! On espère le concrétiser avant la fin de l’année… » Eh bien Pascale… Voilà une soirée à proposer à l’association, pour la rentrée prochaine !

Propos recueillis par Jacques Brachet