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TOULON – Pathé Liberté : Gigi et Jeannot crèvent l’écran !

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Nous avions Bosso. Nous avions Pujol.  Nous avions Mado. Nous avions Zize…
Et puis nous avons Gigi !
Qu’ont-ils en commun ? En dehors du fait d’être comédiens, il ont l’accent que, comme le chante Mireille Matthieu, l’on prend du côté de Marseille, de Nice, d Toulon.
Et Ghislaine Lesept, alias Gigi la Toulonnaise, fait aujourd’hui partie de ces artistes qui se sont construits avec leur accent, sans gêne, sans honte, au contraire, avec force et talent, comme au bon vieux temps des Mayol, Raimu, Fernandel et bien d’autres.
Aujourd’hui, notre accent n’est plus considéré avec hauteur mais il ensoleille, non seulement notre région mais toutes les autres qui manquent sacrément de cet atout majeur.
Revenons donc à Gigi, qui est un feu d’artifice d’énergie, de rires, dont j’ai l’honneur et la joie d’être l’ami depuis ses premiers one woman shows jusqu’aux dernières pièces de théâtres qu’elle écrit et joue avec un certain Fabrice Schwingrouber… un «estranger du dehors» qui nous vient des Cévennes et qui, bien avant ce monstre étrange qu’est le Covid a fait «s’estransiner» de rire la France entière avec «Noces de rouille».
«Noces de rouille» est une pièce qui a aujourd’hui une suite «Noces de rouille 2» et une re-suite «Noces de rouille sauce thaï» que l’on découvrira ce week-end au Théâtre de la Porte d’Italie.
Et par-dessus tout ça, comme chantait un autre toulonnais Gilbert Bécaud, on vous donne en étrenne… un film !

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Et oui, Gigi et Jeannot ont franchi le pas, mis en commun leur talent, leur énergie… et leurs sous, pour nous concocter la version filmée. Ils y ont mis trois ans car faire un film est une tout autre aventure qu’une pièce de théâtre !
Après trois essais infructueux pour présenter ce film qui a été reculé trois fois toujours à cause du Covid, avec Yassine Ben-Chadli, directeur du Pathé Liberté, ils ont enfin conjuré le mauvais sort et jeudi 14 octobre, devant une salle pleine, nous avons été conviés à ces «Noces de rouille» qui n’ont pas engendré la mélancolie, loin de là !
On y retrouve cet inimitable duo mais cette fois, entouré d’excellents comédiens, dans un petit village provençal où tous se connaissent, boulangère, barman, fleuriste, institutrice, postière… Toutes ces petites gens qui font vivre un village, qui se connaissent, qui cachent des secrets de Polichinelle, qui s’aiment, se fâchent, se rabibochent…
Et au milieu, Gigi et Jeannot qui vont connaître une crise, Jeannot ayant fauté avec la boulangère, Gigi qui voit revenir son amour de jeunesse qui l’a quittée il y a 20 ans pour la fleuriste à qui il a fait un gosse… Bref, des histoires de tous les jours revues et corrigées par nos deux comédiens qui ont l’imagination débordante et l’art de faire vivre des gens de tous les jours, comme au bon vieux temps de Marcel Pagnol auquel on ne peut pas ne pas penser tant ils ont avec lui de points communs : l’art de filmer, avec des maladresses qu’on oublie très vite, une histoire qui a d’abord été écrite pour la scène mais qui, avec le génie du verbe, nous fait entrer de plain-pied dans l’histoire, les histoires, grâce aussi à de beaux comédiens qui sont venus prêter mainforte bénévolement, simplement pour le plaisir de participer à cette incroyable aventure.
Inutile de dire que le public fut enthousiaste, applaudit haut et fort et fit la queue pour se faire signer le livre tiré du film, les DVD du spectacle et du film.
Inutile aussi de préciser que nos deux auteurs-comédiens étaient heureux de voir se concrétiser avec succès ce qui leur a pris du temps, de l’argent, des frayeurs mais aussi une grande joie.

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«Tu sais – me dit-elle – au-delà de tout ça, nous avons vécu une aventure humaine magnifique. Nous étions, durant un mois, dans ce petit village à Sénas, comme dans une bulle. Le lieu était idyllique et tous les magasins dont nous avions besoin étaient autour du notre, spécialisé dans les olives dénoyautées mais… totalement faux, lui, puisque installé dans une ancienne boucherie que nous avons complètement décorée. Il faisait tellement vrai que des gens y entraient pour acheter nos olives !
Je ne te dis pas les crises de rires qui nous faisaient arrêter le tournage, au grand dam de Jacques Bigay, le réalisateur, qui s’inquiétait, car chaque arrêt était du temps perdu.
Les comédiens, comment ont-ils été choisis ? Car il y en a !
Ce sont tous des copains ou des relations mais tous comédiens professionnels*, qui, étonnés et par ce projet hors du commun, sont venus donner de leur temps sans rien demander. Nous étions tous dans le même bateau et je crois que, sans problème de cachet, il y a eu une ambiance amicale tout au long du tournage. Tout le monde était là pour le plaisir, il n’y avait aucun intérêt pécuniaire, donc on était tous soudé.
Passer du théâtre au cinéma, de deux sur scène à nombreux sur le tournage… Ça doit changer les donnes !
Evidemment puisque dans la pièce, on parle de tous ces personnages mais on ne les voit jamais. Là, tout à coup, ils prennent vie et l’on dialogue avec eux.
– Par ailleurs – intervient Fabrice – on n’a pas la même façon de jouer. S’adressant à un public, il faut porter la voix et lorsqu’il y a des rires, on doit arrêter quelques secondes. Au cinéma, il n’y a pas de public autour de nous et au départ ça n’est pas évident de jouer sans entendre les rires.
– Et puis – rajoute Ghislaine – Il n’y a pas la même façon de jouer, il y a des gros plans et il faut moduler sa voix car on ne doit pas la porter loin, sinon ça deviendrait vite caricatural.
Sans compter que faire un film a été un énorme défi, la schizophrénie n’était pas loin, on devait être à tous les postes, on était dans la réflexion permanente.
Nos métiers, c’est de raconter des histoires, les jouer et ça, on sait. Après, on entrait dans la résistance, dans l’inconnu mais en toute humilité. Et quand on voit notre travail aujourd’hui, malgré les imperfections, on se dit qu’on a réussi un petit miracle. C’est une nouvelle histoire à partager.

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Avec Yassine Ben-Chadli, directeur du Pathé Liberté

Jacques Brachet
*Parmi les comédiens : Catherine Sparte (Plus belle la vie, Sous le soleil, Caïn, Un balcon sur la mer, film de Nicole Garcia…) – Serge Guberne,  auteur de nombreux one man shows et pièces de théâtre – Anne-Marie Ponsot (Meurtre à la Ciotat, Demain nous appartient, La stagiaire, Plus belle la vie) – Edmonde Franchi (Gazon maudit – Lucie Aubrac – Camus) – Louise Bouriffe (one woman show) – Christiane Conil (Boudu – La promesse de l’aube – L’enquête corse…. avec de nombreux prix à la clé)…




Six-Fours – Six N’Etoiles
Christian PHILIBERT nous fait découvrir Germain NOUVEAU

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Ils furent trois mousquetaires : Rimbaud, Verlaine… et Germain Nouveau !
Né et mort à Pourrières dans le Var après une vie romanesque et mouvementée, Nouveau   est le plus méconnu des trois. Il faut dire qu’il était un poète fantasque qui refusait d’être édité, d’où, déjà, la cause de la méconnaissance de l’homme et de son œuvre, pourtant célébrée par les surréalistes Breton et Aragon.
C’était un personnage singulier et ambigu, se disant athée mais célébrant Dieu, vivant une histoire avec Rimbaud mais amoureux d’une certaine Valentine. Ambiguité également sur son œuvre car, les années passant et les recherches aidant, il y a des doutes sur l’œuvre de Rimbaud «Les illuminations» qui pourrait être en partie écrite par Germain Nouveau.
L’argent ne l’intéressant pas. Il voyagea dans le monde entier et vécut la fin de sa vie à Pourrières où il était revenu, vivant de mendicité jusqu’à sa mort. Il était devenu «Le poète vagabond»

DP DEF 12 (sortie oct 2021)

Des trois mousquetaires pourtant, c’est lui qui vécut le plus vieux (1851-1920)
Entouré d’ombres et de mystère, ce héros des mots a intrigué et fasciné le réalisateur Christian Philibert, qui, durant près de 30 ans ans, entre deux films, a continué ses recherches sur lui.
Il s’y est collé dès 1990, cherchant obsessionnellement, allant de bibliothèques en musées, rencontrant nombre de personnes susceptibles de le mettre sur des voies, jusqu’enfin à en tirer ce film remarquable aujourd’hui sur les écrans, réhabilitant cet immense poète pourtant méconnu.
Jacques Lovichi, poète et chercheur ayant écrit une thèse arguant que Nouveau avait collaboré aux «Illuminations», thèse rejetée, le philosophe Eddie Breuil, Jean-Philippe de Win et Pascale Vandegeerde éditeurs, Guillaume Zeller, co-auteur-éditeur des premiers cahiers Germain Nouveau et Cyril Lhermelier docteur ès littérature française  ont tous été rencontrés et filmés par Christian Philibert. Se sont rajoutés au film le comédien Philippe Chuyen qui a monté un spectacle autour de l’œuvre de Germain Nouveau et Jean-Louis Todisco qui a mis ses textes en musique, spectacle intitulé «Le mendiant magnifique».

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Habitué des lieux, je retrouvais l’ami Christian Philibert au Six N’Etoiles où il venait présenter son film, invité par Noémie Dumas.
«Christian, comment as-tu découvert Germain Nouveau qu’en fait peu de gens connaissent ?
Je l’ai découvert grâce à mon ami qui savait que je cherchais à faire un film sur un poète maudit. Il m’a parlé de lui, que ne connaissais pas plus que nombre de gens et lorsque j’ai lu ses poèmes magnifiques, que j’ai vu qu’il avait croisé Rimbaud, qu’il avait vécu près de chez moi, sans compter que je me retrouvais dans cette phrase qu’il a écrite : «Je ne suis qu’un rêveur. Et je n’ai qu’un désir : Dire ce que je rêve !»  Tout ça a fait que je me suis dit que ce serait lui… Il y a trente ans de ça !
Et puis, en parlant de lui avec ma grand-mère Denise, elle m’a dit qu’il y avait encore des gens qui l’avaient connu et de la famille, dans les environs. Avec mon collaborateur Patrick Barrat, nous avons commencé à assembler des documents, à rencontrer des gens…
Mais quelques mois après, nous partions dans l’aventure d’Epigoule et tout s’est enchaîné. Entre deux films, nous parcourions les musées, les bibliothèques, cherchions des gens qui pouvaient nous apporter leur aide.

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Philippe Chuyen et Jean-Louis Todisco – Christian Philibert et Noémie Dumas

Et quelques décennies après, le film est là. Quel a été le déclencheur ?
Ma curiosité de mieux approfondir la rencontre Nouveau-Rimbaud, qui me semblait un point important. Ont-ils été amants ? Rimbaud a-t-il profité de Nouveau ? Nouveau s’est-il contenté de mettre en forme les écrits de Rimbaud ? Beaucoup de questions se  posent encore. Et puis, ma rencontre – curieux hasard – avec le comédien Philippe Chuyen qui m’a dit qu’il montait un spectacle autour des poèmes de Germain Nouveau pour célébrer les cent ans de sa mort, «Le mendiant magnifique». Je me suis dit que c’était le moment, d’autant que la bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence montait une grande exposition. Tout a pris du retard à cause du covid mais expo et film sont je crois, les deux temps forts de cette commémoration, même si c’est un an après ! Entretemps, hélas, Jacques Lovichi est mort en 2018.
Un tel film, carrément documentaire, est pour la plupart du temps plus monté pour la télé que le cinéma…
C’est vrai et au départ, c’était ainsi prévu : un 90’ pour la télé. Mais le temps passant, plus j’accumulais des images, des rencontres, des interviewes, plus je sentais que j’avais de quoi faire un long métrage, surtout lorsque, après avoir filmé le spectacle de Philippe Chuyen, je pouvais en incorporer des extraits. Il faut dire aussi que mes rapporta avec la télé sont un peu compliqués et j’ai toujours mieux su m’exprimer au cinéma, où je suis totalement maître de mon film.
Et en faire un film de fiction, y as-tu pensé ?
J’y ai pensé et j’y pense encore mais c’est déjà beaucoup plus onéreux, d’autant que ce serait un film d’époque, en costume. Donc plus compliqué.
C’est un film à présenter dans les écoles car si l’on parle de Verlaine et Rimbaud, Nouveau est totalement absent des programmes !
Tu as raison et c’est en projet que de le présenter dans les lycées. D’autant qu’en ce moment la poésie revient un peu avec le slam. J’ai l’impression qu’il y a un renouveau pour la poésie.
Il serait temps que Germain Nouveau ne soit pas seulement considéré comme un poète provençal, un poète varois mais un grand poète, un poète essentiel de la langue française.
C’est ce que j’espère en ayant fait ce film.»

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Jacques Lovichi

Jacques Brachet



Toulon – Pathé Liberté
Pascal ELBE, homme-orchestre mais conteur avant tout !

PASCAL ELBÉ

Antoine (Pascal Elbé), est professeur. C’est un homme assez solitaire, qui a l’air tout le temps «à l’ouest», qui se préoccupe peu de ses élèves, qui n’a que peu de rapports avec ses collègues, semblant vivre dans une bulle. Écoutant la musique à fond, laissant sonner son réveil, Claire, sa voisine (Sandrine Kiberlain), passe son temps à monter frapper à sa porte et gueuler après lui.
Il a toujours l’aire surpris de la réaction des gens, jusqu’au jour où il découvre qu’il est malentendant. Il se fera poser des prothèses qui le font basculer dans un autre monde de bruits et de fureur.
Du coup, sa façon d’appréhender la vie va changer, avec sa mère, Angèle (Marthe Villalonga), qui a la maladie d’Alzheimer, sa sœur Jeanne (Emmanuelle Devo) avec qui se chamaille souvent, Francis, son meilleur ami (François Berléand) et jusqu’à sa voisine et sa petite fille Violette (Manon Lemoine) muette depuis la mort de son papa.
Ses rapports avec les autres vont changer mais il devra vivre une autre vie, l’appréhender et se l’approprier. Il va pouvoir entendre les autres, s’entendre avec eux.
C’est une très jolie comédie romantique comme, jusqu’ici, seuls savaient le faire les Américains.
Pascal Elbé, qui l’a écrite, qui la met en scène et s’octroie l’un des rôles titres, a su le faire avec tact tendresse, émotion et rire mêlés et de plus, il sait de quoi il parle, étant lui-même un malentendant.

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Lors de son passage à Toulon, au bord de l’eau, sous le soleil (tout ce qu’il aime !), il nous fait ses confidences.
«Pascal, c’est votre première comédie romantique en tant que réalisateur…
C’est vrai mais j’avais envie de changer de registre et l’âge passant je voulais écrire et réaliser un film plus personnel
Ca ne peut être plus personnel puisque c’est un peu votre histoire… et c’est en quelque sorte un coming out !
(Il rit), ! Effectivement, c’est une chose que je n’ai pas crié sur les toits, même si ce n’est pas honteux. Mais je suis plutôt discret. Il se trouve que j’ai eu l’occasion de lire le livre de David Lodge «La vie en sourdine» et que j’y ai vu beaucoup de similitudes. Il met les mots sur ce que je vis et je ressens. Ce sont mes fils qui m’ont dit : «Tu cherches un scénario ? Tu en as un tout trouvé, il est sous ton nez!»
Un sourd, à l’inverse d’un aveugle, ça peut prêter à des situations risibles mais aussi à des situations de rejet, de non intégration, d’exclusion. Il y avait de quoi faire une histoire sans tomber dans le drame ou le pathos.

PASCAL ELBÉ 5

Comment fait-on un tel métier avec ce handicap ?
Je ne me suis pas laissé le choix. Comme pour tout le monde, il y a eu une phase de déni, d’incompréhension, et puis la chose acceptée, je me suis appareillé.
Vous avez un casting cinq étoiles !
C’est vrai et j’en suis heureux. Avec Sandrine Kiberlin, nous sommes amis depuis vingt ans et j’avais envie depuis longtemps de travailler avec elle. Tout comme Emmanuelle Bedos. C’est une magnifique comédienne. François Berléand, je ne le connaissais pas. J’aimais le comédien mais j’en cherchais un plus jeune. En fait, je me suis dit que ce n’était pas indispensable et je l’ai appelé. Il y a eu une complicité immédiate entre nous. Il sait tout jouer ce type ! La petite Manon, ce n’était pas mon premier choix et pourtant c’était une évidence. Jouer une petite fille muette, ce n’était pas facile mais elle a tout de suite choppé le truc. Je pense qu’on la retrouvera très vite. Marthe, je trouve qu’elle ressemble à ma grand-mère ! Elle ne voulait plus jouer mais j’ai su la convaincre. Elle joue avec finesse une femme qui a d’évidence la maladie d’Alzheimer mais qui sait en jouer quelquefois…
J’ai envie de travailler avec des personnes sensibles et d’avoir en moi cette petite musique.
J’ai envie de travailler avec des gens que j’admire et que j’aime. Former une famille autour de moi.
C’est un film qui parle de la solitude, de l’incompréhension…
C’est surtout un film qui parle de nous tous, de ces passages de vie qu’on traverse, de situations qu’on a tous eue ou qu’on peut vivre, auxquelles on a pu être confrontés. Ça parle aussi du rapport à soi-même, à sa façon d’apprendre à s’estimer, à se respecter.
Moi-même, j’ai beaucoup appris de moi, j’ai pu et je peux apprécier le silence, j’ai appris à être attentif au regard des autres.
L’aide auditive peut être très agressive. Certains ont renoncé. Tout est amplifié, même tous les bruits alentours qui sont autant d’agressions .On a du mal à s’adapter.  Il faut persister, se laisser le temps. J’ai dû mettre quelque trois mois à m’adapter.
Etre scénariste, réalisateur, comédien… Vous accumulez les difficultés !
C’est vrai qu’il y a quelques difficultés à se filmer soi-même ! Ça rend un peu schizophrène !
Mais il faut faire la part des choses : réaliser en ne pensant qu’aux comédiens, jouer sans penser à la caméra. Mais après des années de métier, c’est un pur plaisir et à chaque fois un petit miracle !
A chaque séquence tournée, je retrouvais ma place de comédien ou de réalisateur sans problème.

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Vous accumulez aussi les handicaps: un sourd, une muette, une malade d’Alzheimer !!!
C’est vrai que je charge la mule !!! Mais ce sont trois mondes de solitude où chacun est enfermé dans une bulle. Il y a beaucoup de similitudes. Mais ça crée aussi des situations où chacun se fait comprendre autrement. Entre la gamine et le type, il y a le regard, le sourire. Avec la mère, il y a cette façon de crier, de ne pas reconnaître sa maladie et de faire comprendre aux autres leur importance. Et puis, chacun aussi profite de son handicap. Antoine il n’entend que ce qu’il veut entendre et peut ainsi profiter du silence. Violette ne parle que lorsqu’elle en a trouvé la nécessité. Angèle peut se permettre de dire des choses qu’elle pense sans que ça prête à conséquence. Chacun se joue de son handicap.
Pourquoi le héros est professeur, alors que vous êtes acteur ?
Au départ ce devait être un acteur mais je le trouvais trop égocentrique. Ça pouvait devenir trop biographique. J’ai choisi un professeur car avec lui, on parle de transmission. Et j’avais envie de travailler avec des enfants
Scénariste, comédien, réalisateur… Que préférez-vous ?
C’est toujours l’histoire qui prime et, scénariste ou acteur, mon métier c’est de raconter des histoires. En fait, je suis conteur. Ecrire, faire un film, c’est une histoire à partager. Je suis en réflexion permanente et je le fais en toute humilité car un film est une aventure qui peut être ratée. Etre réalisateur, c’est entrer en résistance, ce n’est pas un travail innocent.
Aujourd’hui, j’ai des années de métier, ce qui m’a rendu confiant pour la suite. Jouer est un pur plaisir. Avant je ne savais pas, j’étais inquiet. Aujourd’hui je sais.
Lorsqu’on est à tous les postes, est-ce qu’il n’y a pas le risque de ne plus avoir de proposition ?
Ça ne m’est pas arrivé mais si c’est le cas, dommage pour ceux qui ne font pas appel à moi. Mes portes sont ouvertes, entre qui veut. Celui qui ne veut pas… Tant pis pour lui !

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Photocréations.fr




Six-Fours – Six N’Etoiles
Clovis CORNILLAC revient à la maison!

FILM SI ON CHANTAIT

Clovis Cornillac est devenu un habitué du Six N’Etoiles. Il y est d’autant plus chez lui qu’une des salles porte son nom, face à celle de Claude Lelouch !
Et chaque fois qu’il le peut, il y revient pour présenter un film.
Et le voilà, entraînant le réalisateur Fabrice Maruca que j’ai plaisir à retrouver, lui aussi, après une rencontre au Festival de la Rochelle où il présentait sa série iconoclaste et drôle «La minute vieille».
Il signe aujourd’hui son premier long métrage «Si on chantait»* dont l’un des personnages principaux est Clovis, entouré d’Alice Pol, Artus, Jeremy Lopez et Chantal Neuwirth.
On pourrait dire que c’est un film musical puisqu’il est émaillé de chansons des années 70/80 où se mêlent Julien Clerc bien sûr, qui a donné l’autorisation pour être la chanson générique du film éponyme et aussi une version chorale de nos cinq artistes, mais on y retrouve aussi Aznavour, Dassin, Pagny, Gainsbourg, Montagné, Fugain et même K Maro !
Tout démarre dans une usine en grève où quelques grévistes ont monté une petite chorale pour protester contre sa fermeture.

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Mais l’usine fermera et quatre d’entre eux (Clovis Cornillac alias Jean-Claude, Alice Pol alias Sophie, Artus alias José, Franck, alias Jérémy Lopez)  vont se retrouver à galérer pour retrouver un boulot. Jusqu’au jour où Franck, fan de chanson française, a l’idée de monter une entreprise de chansons à domicile. Le but : aller chez des particuliers chanter une chanson choisie par un ami, un intime, pour son mariage, son anniversaire ou tout autre événement. Ils vont encore pas mal galérer mais, aidés par une énergique mamie qui loge Sophie (Chantal Neuwirth) tous les cinq vont faire de cette petite entreprise, un malheur devant des milliers de spectateurs à la mi-temps d’un match de foot dans le stade de Valenciennes.
Nos cinq pieds nickelés sont à la fois drôles et attendrissants, Clovis Cornillac avec son aspect coincé de cadre moyen, barbiche, mèche tombant sur ses petites lunettes, Sophie Pol amoureuse transie d’un mec marié que se fiche d’elle, Jérémy Lopez (de la Comédie Française s’il vous plaît !) lui aussi amoureux transi de Sophie qui n’ose se déclarer, Artus, qui veut à tout prix chanter mais qui chante comme une casserole et Chantal Neuwirth,  la mamie débrouillarde qui va leur faire connaître les réseaux sociaux et qui nous offrira une interprétation de «Femme like U» de K Maro, irrésistible.
C’est un film à la fois drôle et tendre, nostalgique aussi car toutes ces chansons nous rappellent des souvenirs et l’on a envie de les chanter avec eux.
Fabrice Maruca signe là son premier long métrage après nombre de courts, de pubs, de séries comme «La minute vieille» et de scénarios pour «Un gars, une fille», «Samantha oups !» et bien d’autres.
Belles retrouvailles donc au Six N’Etoiles pour parler de ce film inclassable et qui donne la pêche.

FILM SI ON CHANTAIT FILM SI ON CHANTAIT

«Fabrice, d’où t’es venue cette idée originale ?
Plus jeune, dans ma commune de Quievrechain…
– Ah – le coupe aussitôt Clovis en riant – il va encore nous parler de Quievrechain ! Il ne peut pas faire une phrase sans glisser son nom. C’est une obsession !
– Bon, je reprends si tu veux bien. Donc… à Quievrechain, j’écoutais une émission de radio où les auditeurs dédicaçaient une chanson à une personne de leur choix. J’aimais beaucoup cette émission. D’un autre côté, je viens d’un milieu ouvrier et j’ai eu envie de parler de tout ça en m’inspirant de cette idée américaine d’apporter une chanson à domicile.
Le choix des chansons…
J’ai toujours aimé la variété française, le spectre est assez large puisqu’il survole les années 70/80 et même un peu plus. Et j’ai essayé de les adapter aux situations des films lorsque c’était possible. Au départ, la chanson générique était «Vous les copains» de Sheila mais je trouvais que le «Et doo wha didi…» ne s’adaptait pas au moment où tous les cinq chantent dans le stade.
Et il a préféré les «La la la la» de Julien Clarc et c’est vrai que ça s’adapte mieux à la situation et ça entraîne les gens à chanter.
Julien Clerc était d’accord ?
Oui, évidemment, il a fallu l’autorisation pour toutes les chansons qu’il y a dans le film. Et à part ceux qui sont décédés, tous ont dû donner leur accord.
Clovis, comment es-tu venu sur ce film ?
C’est une rencontre avec un producteur avec qui je travaillais, qui m’a parlé de cette histoire. Je ne connaissais pas Fabrice mais il se trouve que nous avions beaucoup de gens en commun. J’ai donc lu le scénario et je lui ai trouvé une force d’évidence, beaucoup d’originalité mais aussi une honnêteté, une sincérité et j’ai trouvé en Fabrice un vrai désir de cinéma. Il y a quelque chose de vrai dans cette histoire. C’est drôle mais ce n’est jamais du second degré. Je me suis dit : si ce film c’est ça, ce que je lis, ce sera chouette. Et c’est une belle réussite.

5 FILM SI ON CHANTAIT

Fabrice, content de ton acteur ?
De «mes» acteurs ! Quant à Clovis, il donne beaucoup de choses de lui. D’ailleurs beaucoup de choses qu’il a donné n’étaient pas prévues…
– C’est ça notre boulot – ajoute Clovis – Qu’on y apporte notre personnalité, nos idées mais qu’en même temps le réalisateur arrive à nous mener dans ce qu’il voulait.
Alors, en fait, qui chante ?
Tous chantent. Je n’avais pas besoin de chanteurs professionnels puisque dans le film, ce sont tous des amateurs. Je voulais simplement qu’ils chantent juste, ils ont été coachés, et à l’opposé, Artus a pris des cours… pour chanter faux !
Mais toutes les chansons ont été enregistrées en studio pour qu’il n’y ait pas de problème durant le tournage.
Le reste du casting s’est fait comment ?
Seuls Jérémy et Artus l’ont passé. Jérémy, c’est son premier rôle au cinéma. Il fait une merveilleuse carrière à la Comédie Française et je voulais être sûr qu’il puisse s’immiscer dans ce rôle qui est à la fois une comédie sentimentale et musicale. Je connaissais Artus par ses one man shows et je voulais savoir ce qu’il donnerait avec des partenaires.
Comment as-tu rempli l’immense stade de Valenciennes ?
(Il rit). Avec… 120 spectateurs !!! Le reste c’est du trucage. Je me faisais un peu de soucis mais lorsque j’ai visionné les rushes, j’ai trouvé ça complètement bluffant !
De toute façon, avec le Covid, je n’aurais pas pu l’avoir plein.

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Vous êtes partie sur une longue tournée avant-premières. Quelle est la réaction des gens ?
Clovis : C’est une tournée très gaie et découvrir l’enthousiasme du public est un grand plaisir.
Fabrice : Et pour moi, c’est à la fois une joie et un soulagement. C’est mon premier long métrage et en plus, ce n’est pas un sujet banal. Donc aujourd’hui je suis rassuré.
Clovis : J’ai été très étonné de voir que le public, jeune ou vieux, réagisse à ces chansons qui, pour certains, ne sont pas des chansons de leur époque. Il y a un vrai engouement pour ces chansons qui commencent à dater mais qui sont toutes dans les souvenirs des gens… et des plus jeunes qui les écoutaient avec leurs parents, je vois que chez moi, mes filles qui ont une vingtaine d’années et mon fils qui a cinq ans, adorent danser sur ces musiques… Ce qu’ils ne peuvent pas faire avec le rap.
C’est un film intergénérationnel car ces chansons traversent les époques.
Clovis, quel effet ça fait de revenir dans une salle qui porte ton nom ?
C’est top ! Et c’est aussi très touchant de voir qu’à côté des multiplex il y a des gens qui aiment le cinéma et qui, avec passion et énergie, le défendent dans de petites villes et des salles qui sont à échelle humaine.
Je me souviens, lorsque j’étais jeune, d’adorer aller dans les cinémas de quartiers. C’est dans celles-ci que j’ai découvert le ciné des années 70. Et c’est grâce à des gens comme Noémie Dumas, qui gère ce cinéma, que l’on garde le plaisir de découvrir des films, que ce soient des blog busters ou des films intimistes. Il faut beaucoup d’énergie et d’investissement et j’admire beaucoup ces gens.
J’ai une maison pas loin d’ici et j’y reviendrai à chaque fois qu’on me le demandera».

FILM SI ON CHANTAIT

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photocréations.fr
* Date de sortie : 3 novembre




Carqueiranne – Auditorium Clairval
Tom LEEB : «Je vais où le vent me pousse»

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Il est beau comme un dieu, regard bleu-vert sous la casquette, sourire carnassier et en plus… Il ne se la pête pas !
Il n’y a pas plus gentil, simple et souriant.
Humoriste, chanteur, comédien, à l’instar des américains, avec qui il a partagé quelques années, Tom Leeb sait tout faire. Et tout bien faire.
Pas encore très connu comme chanteur, il crève les écrans, petits et grands car on l’y voit partout. Trois films entre 2020 et 2021, idem pour la télé. Beau parcours d’artiste dont il va me parler après plus d’une heure de répet’ pour le concert qu’il donne ce soir-là dans ce bel amphi en plein air de Carqueiranne avec des oliviers pour décor. Si nous n’avions pas été attaqués par les moustiques, c’eut été idyllique. !

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Tom & Kevin – Avec Camille Lou dans « Pourris Gâtés » –
Avec Claire Keim dans Infidèle » – Avec Alice Pol dans C’est la vie »

Tom, tu es sur tous les fronts. Par quoi tout a commencé ?
En fait, tout a commencé en même temps. J’ai commencé à suivre des cours de théâtre aux Etats-Unis, puis j’ai trouvé une guitare chez moi, j’ai commencé à jouer et à composer des chansons, puis j’ai rencontré Kevin Levy avec qui on a commencé à écrire des textes humoristiques. Et on a créé un duo. Tout est arrivé en même temps, en 2013.
C’est ton père, Michel Leeb, qui t’as mis le pied à l’étrier, puisque tu as joué à ses côtés dans «Madame Doubtfire» ?
Oh, là j’avais 12 ans mais à l’époque j’étais attiré par le tennis où je me débrouillais bien et j’aurais pu en faire une carrière si je n’avais alors pas été centré sur moi : je faisais des trucs sur le terrain uniquement pour qu’on me regarde ! Ça n’a pas duré !
Alors ?
Alors j’ai laissé tomber et en 2014 j’ai été engagé dans la seconde mouture de la série «Sous le soleil.»
Il y a eu aussi «Section de recherches»…
Non, là je n’avais pas de rôle récurrent, j’y suis venu en guest pour un épisode.
Passant d’un art à l’autre, n’as-tu pas eu peur de t’éparpiller ?
Je crois que ça c’est très français, même si aujourd’hui ça s’estompe un peu. Des comédiens chantent, des chanteurs viennent au cinéma. J’avoue que je me suis même pas posé la question. Lorsqu’on me propose quelque chose que j’ai envie de faire, je ne me vois pas refuser sous prétexte que je suis chanteur ou comédien. Je vais où le vent me pousse.
Ton duo «Kevin et Tom» a bien marché ?
Oui, avec Kevin on a traversé la France et la Belgique. Ca fait six ans que ça tourne et c’est le Covid qui a tout freiné. On était en pleine tournée. Avec lui tout est arrivé par hasard. On rigolait bien ensemble, on se renvoyait la balle et on a commencé à écrire des sketches. Ça a marché. Avec l’arrêt, chacun est parti dans une autre direction mais ça ne veut pas dire que c’est terminé. On se retrouvera !

7 EUROVISION 2020 - SOIRÉE À LA Tour Eiffel

Et puis il y a eu le concours Eurovision… qui n’a pas eu lieu en 2020.Comment l’as-tu vécu ?
Pas si mal que ça. D’abord parce que j’étais surpris qu’on fasse appel à moi pour un tel concours alors qu’il y a tant de chanteurs qui ont envie de le faire et que ça ne faisait vraiment pas partie de mes objectifs. Et puis parce que ça a été annoncé en janvier et qu’en mars tout était annulé. Je n’ai donc pas eu grand-chose à faire sinon à présenter la chanson, «Mon alliée», ce qui m’a un peu exposé. Donc ça ne m’a pas vraiment contrarié. D’ailleurs, on m’a proposé de me représenter en 2021 et j’ai refusé. Je suis très fataliste, je me suis dit que si ça n’avait pas marché la première fois c’est que je ne devais pas le faire.
A propos du Covid, comment l’as-tu vécu ?
Du mieux possible. Je n’ai pas voulu broyer du noir et durant le confinement, j’ai eu une période très créative. J’ai écrit pas mal de chansons que je trouvais de moins en moins mauvaises et j’ai eu la chance que le label Roy Music me tende la main. J’ai enregistré, je suis sur des plateformes et je fais des concerts. J’aime la solitude donc tout s’est bien passé.
Tu chantes en anglais. Pourquoi ?
On me pose souvent la question. Ca me vient naturellement et ça fonctionne comme ça pour moi.
Et puis, en dehors de la musique,   j’ai eu la chance que, hors confinement, les tournages aient pu continuer.
A ce propos, depuis «Edmond», tu n’as pas arrêté, au cinéma comme à la télévision !
J’ai eu cette chance puisque, au cinéma, j’ai tourné «C’est la vie» de Julien Rombaldi et «Pourris gâtés» de Nicolas Cuche, avec Gérard Jugnot et Camille Lou qui sortira à la rentrée.
Et que j’ai eu la joie de voir !
Oh la chance ! Tu sais que je ne l’ai pas encore vu ! Alors qu’en as-tu pensé ? Excuse-moi, c’est moi qui fais l’interview !
J’ai beaucoup ri et ton rôle de Colombien avec l’accent est irrésistible. Tu crèves l’écran !
Merci, ça me fait très plaisir. Nous avons tourné un peu à Monaco, beaucoup à Marseille, on s’est beaucoup marrés, Jugnot est sympa et Camille Lou, en plus d’être belle, est d’une gentillesse  extrême.
Par ailleurs, e viens de tourner dans le film de et avec Dany Boon «8, rue de l’Humanité» pour Netflix, avec Laurence Arné, Yvan Attal, François Daemiens, Alison Wheeler.
A la télé, il y a eu deux séries.
Oui l’an dernier : «Infidèle» avec Claire Keim, Jonathan Zaccaï et Chloé Jouannet  et «Plan B» avec Julie de Bona pour TF1. Et là j’enchaîne en parallèle avec «L’amour (presque) parfait», une comédie romantique avec Maud Baeker, Antoine Dulery, Isabelle Vitalli, François Vincentelli, Evelyne Bouix pour France 2, et pour TF1-Netflix je tourne «Les combattantes», une épopée historique tournée dans les Vosges et en baie de Somme avec une belle distribution*
Comment arrives-tu à tout faire ?
(Il rit), il faut beaucoup d’organisation, j’ai un planning très serré et… Je m’en sors !»

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Le soir-même, tenue décontractée, casquette vissée sur la tête, savates aux pieds, en compagnie de son acolyte guitariste Romain, dit «Poc», tout aussi décontracté, en short, il nous offrit une concert tout en anglais de sa belle voix un peu rocailleuse, mi-jazzy, mi-bluesy, mi-country avec des riffs de guitare de folie, en totale complicité tant avec son excellent guitariste qu’avec le public, discutant avec l’un, avec les autres (C’est l’humoriste qui ressort !). On sent, et il l’avoue, l’influence de John Mayal ou de Chris Isaak qui sont ses idoles et dont il reprend une de leurs chansons entre deux de ses compositions.
C’est un concert intimiste qui s’accorde avec ce lieu magique et avant de partir, il revient seul avec un piano voix qui a fait se lever le public.
Inutile de préciser qu’après le concert, nombre de jeunes filles… et quelques mamans, ont voulu un selfie avec lui qui s’est prêté au jeu avec ce sourire qui en a fait se pâmer plus d’une !

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« Plan B ». (Photo François Lefebvre)

Jacques Brachet
Photos Carqueiranne Patrick Carpentier
* «Les combattantes» avec Audray Fleurot, Julie de Bona, Camille Lou (les trois héroïnes du «Bazar de la charité», Sofia Essaïdi, Sandrine Bonnaire, Laurent Gerra, Tcheky Kario, Tom Leeb…..


Six-Fours – Gérard JUGNOT : retour au Six N’étoiles

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En 2017, Gérard Jugnot nous avait fait le plaisir de venir présenter «La vie est belle» avec son ami Bernard Lecoq, au Six N’étoiles de Six-Fours.
Quelle surprise alors de retrouver ce duo complice dans le même lieu !
Mais cette fois, Bernard Lecoq n’est là qu’en tant que voisin et ami pour venir saluer son «pote» et découvrir, comme nous, le film de Nicolas Cuche «Pourris, gâtés», Nicolas qui est également présent pour présenter ce film qui a mis longtemps pour sortir, à cause, comme beaucoup d’autres films, de ce maudit Covid.

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Mais nous sommes des spectateurs chanceux puisque, le film ne sortira qu’à la rentrée et que nous en sommes les premiers spectateurs !
Francis Barteck (Gérard Jugnot) est un homme d’affaire qui a plus que réussi dans les affaires. Veuf, il a tant bien que mal – et plutôt mal, élevé ses trois enfants : Sheila (Camille Lou), imbuvable, prétentieuse, dépensière, Philippe (Artus) dépensant des fortunes en voitures et projets foireux, Alexandre (Louka Meliava) passant son temps dans le lit en bonne compagnie. Tout ce beau monde vit dans une demeure incroyable à Monaco, dépensant la fortune de papa à tour de bras.
Fatigué, déçu, le père décide, avec l’aide de son ami (François Morel) de leur donner une leçon : il leur fait croire qu’il est ruiné à cause de malversations, qu’il est recherché par la police et qu’ils doivent fuir à Marseille où Le père a gardé la maison de son enfance qui est dans un piètre état. Ils devront vivre dans une semi-ruine et surtout… travailler, un mot qu’ils découvrent à leur dépends.
Nicolas Cuche réalise là un film drôle et émouvant à la fois, énergique, truffé de scènes hilarantes, d’un dialogue percutant. Un film mené à cent à l’heure avec des comédiens formidables. Hormis les trois cités, Tom Leeb (le fils de..) est incroyable en mec haut en couleur, sans un sou, qui se la joue grand seigneur avec un accent à couper au couteau et essaie d’épouser Sheila.
Malgré une tournée-promo que Jugnot et Cuche font à cent à l’heure, avant de se retrouver le même soir à Toulon et à la Valette, nos deux complices nous ont offert un court moment pour parler de ce film.

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«Ce fait presque deux ans que nous sommes sur ce film – nous confie le réalisateur – et nous sommes heureux de pouvoir enfin le présenter. Il devrait sortir en septembre… en principe, si certains événements ne viennent pas encore perturber la sortie. Le film a été tourné à Monaco et à Marseille, deux lieux et ambiance diamétralement opposés, que l’on comprend en découvrant le film.
Gérard, heureux de vous retrouver au milieu de cette nouvelle génération de comédiens ?
Je suis un peu leur papa de cinéma, j’aime jouer avec ces jeunes acteurs qui ont un talent fou et j’ose espérer qu’ils ont aimé jouer avec ce «vieux» comédien que je suis. Et puis, après avoir joué les fils, je joue les pères et j’ai aujourd’hui l’âge de jouer les grands-pères. C’est avec plaisir que je le fais, surtout lorsqu’on me propose de tels rôles.
Justement, Nicolas, comment avez-vous choisi ces comédiens ?
Je dois dire que lorsque j’écris un scénario, je ne pense au départ à personne. Là, lorsque l’histoire a été écrite, j’ai aussitôt pensé à Gérard Jugnot. Je ne le connaissais pas et lorsqu’il a dit oui j’ai été à la fois heureux et stressé. Mais le stress est très vite passé tant il est bienveillant, attentif aux autres sur un plateau. Il a même eu l’élégance de me donner un coup de main. Sans compter qu’on s’est trouvé beaucoup de choses en commun comme le fait de traiter avec un certain humour et de recul des sujets graves.

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C’est toujours comme ça, Gérard ?
Vous savez, lorsque je suis invité chez des amis, j’aime aider, participer à la cuisine. Au cinéma c’est pareil. J’aime aider, transmettre et de plus, ce film parle aussi de la transmission. On donne, on reçoit. C’est ce que j’aime dans la vie et c’est un peu le sujet du film. Il y a aussi le fait que ce film peut toucher beaucoup de gens car on est toujours le pourri-gâté de quelqu’un.
Nicolas, on retrouve au générique Camille Lou que vous aviez fait tourner dans la série «Les bracelets rouges»
Oui, c’était son premier film et elle m’avait très vite emballée. J’avais envie de faire un bout de parcours avec elle. Mais tous sont formidables. C’est un vrai cadeau de tourner avec une telle équipe.
Aujourd’hui, vous retrouvez le public. Quel effet cela vous fait ?
Nicolas : C’est un ressenti à la fois émouvant et stressant car il nous a tellement manqué ! Nous avons eu la chance de pouvoir malgré tout travaillé. Ce film fait j’étais sur un autre film. Mais retrouver une salle pleine est une grande joie. C’est d’autant plus émouvant que ce soir c’est notre premier public.
Gérard : Voir revenir le public vers nous, qui ne nous a pas oubliés et leretrouver devant nous est, c’est vrai, un grand plaisir. Entendre des rires dans une salle pleine, ça nous a vraiment manqué».

Ces comédiens formidables donc, en dehors de Jugnot qu’on ne présente plus, sont tous des débutants ou presque.
Camille Lou , après avoir été chanteuse (Elle a entre autres sorti un CD hommage à… Sheila, dont elle porte le prénom dans le film !) elle a également enregistré un très beau duo avec Garou «La belle et la bête» du film de Disney et surtout elle fut magistrale dans la série «Le bazar de la charité». Elle fut aussi au générique du film hilarant de Tarek Boudali «Epouse-moi mon pote».
Artus est connu comme humoriste dans ses one man shows, et on l’a vu dans beaucoup d’émissions de télé avec Ruquier et Arthur entre autres.
Louka Meliava est peut-être le moins connu même si on a pu le voir dans «Camping 3» de Fabien Oteniente, «Respire» de Mélanie Laurent et à la télé dans «Les petits meurtres d’Agatha Christie» et «Infidèle»

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Nos comédiens avec Fabiola Casagrande, Adjointe à la Culture, venue saluer les artistes

Tom Leeb, comme Camille Lou, est chanteur et comédien. Débutant dans des séries comme «Sous le soleil» et «Section de recherches», il fut sélectionné pour l’Eurovision 2020 avec la chanson «Mon allié», concours hélas annulé. Au théâtre, il était le fils de son père dans «Madame Doubtfire et il était du générique du film «Edmond» d’Alexis Michalik.
Tout ce jeune petit monde joue tambour battant autour du vétéran et si l’on prend un plaisir extrême à découvrir ce film, on sent également la plaisir et la connivence qu’ils ont eus à jouer ensemble.
Merci au Six N’Etoiles de nous avoir offert ce moment de cinéma qui nous manquait tant.

jacques Brachet


Six-Fours : Cinéma en fête

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Noémie Dumas, Thibaud Jourdan, Linda Schell, Fabiola Casagrande, Pascale Parodi

Six-Fours, comme toutes les villes de France, a été privée de cinéma durant une année sans fin.
Cet été, elle a voulu mettre les bouchées doubles en proposant aux six-fournais et à tous les vacanciers, du cinéma en plein air tout azimut.
Ainsi se déploieront des écrans place des poilus au centre-ville, à la villa Nuraghes, au Six N’Etoiles évidemment et au quai de la Prud’homie au Brusc. Cela en collaboration avec la ville de Six-Fours, plusieurs associations dont l’île des Embiez qui installera elle aussi un écran sur la place, pour les iliens et les nombreux touristes qui s’y installent l’été.
Il y avait, voici quelques années, une fête polynésienne sur l’île qui, hélas, n’existe plus.
Aussi, Sous la houlette de Thibaud Jourdan et en collaboration avec le Six N’Etoiles, au milieu de nombreuses animations estivales proposées par l’île, auront lieu  huit séances de cinéma, toutes orientées vers la mer, des documentaires et des films de fiction comme «Le chant du loup (9 juillet), «L’homme dauphin», sur les traces de Jacques Mayol (23 juillet) «Tolyo Shaking» avec Karin Viard, film de Cyril Brody, réalisateur et scénariste varois qui sera présent à la projection (30 juillet), une soirée «Vin et vigne» autour du film «Ce qui nous lie» (20 août) et un film surprise le 27 août en clôture.
Le Six N’Etoiles, ayant, comme tous les cinémas, rouvert le 19 mai avec succès – espérons-le pour longtemps ! souligne Noémie Dumas – essaie de faire une programmation qui plaise à tous, malgré le grand nombre de films qui se bousculent au portillon suite à un an de fermeture,  Elle nous annonce également que début 2022, la 4ème salle, qui avance à grands pas, devrait voir le jour.
En attendant, toujours en collaboration avec nombre d’associations comme Lumières du Sud ou Amnesty International, la rentrée a été riche et l’été sera on ne peut plus cinématographe, dans et hors les murs du cinéma.
Aidée par Pascale Parodi «fille du Brusc», tient-elle à préciser et Linda Schell proposeront 4 soirées cinématographiques sur le terrain de boules du quai de la Prud’homie grâce à l’aide du Clab présidé par Didier Castillo, dont la trésorière est Delphine Quin, adjointe au quartier du Brusc. Linda et Pascale nous en offrent le programme.
Le 8 juillet «Visages, villages» en hommage à Agnès Varda, le 22 juillet «Microbe et gasoil», le 5 août «Le sens de la fête» en hommage à Jean-Pierre Bacri et le 19 août «Chico et Rita», un film d’animation.

Cyril Brody Nicolas Cuche Gérard Jugnot
Cyryl Brody, Nicolas Cuch, Gérard Jugnot

On le voit, les films ont été choisis pour un très large public pour que tout le monde puisse y trouver son compte. Linda et Pascale travaillent de concert depuis l’an dernier ensemble, l’événement a très bien marché donc elles font confiance au public qui viendra probablement nombreux encore cette année.
Fabiola Casagrande, adjointe aux affaires culturelles, totalement partie prenante de cette manifestation, est très heureuse que cette programmation concerne tous les quartiers, même si celle-ci a dû jongler avec les dates et les lieux car c’est une belle occasion de remettre à l’honneur le cinéma qui a tant souffert de cette pandémie.
Ainsi deux projections se dérouleront à la villa Nuraghes : le 28 juillet avec le film «Tazzeka» de Jean-Philippe Gaud et le 23 août «Paris pieds nus» de Fiona Gordon et Dominique Abel où l’on retrouve au générique, outres les deux scénaristes, réalisateurs et comédiens, Emmanuelle Riva et Pierre Richard.
La place des Poilus, elle, recevra quatre films : le 12 juillet «La belle époque» de Nicolas Bedos avec un beau trio de comédiens : Ardant-Auteuil-Canet. Le 26 juillet «Le meilleur reste à venir» du duo Alexandre de la Patellière et Mathieu Delaporte avec un autre duo original : Fabrice Luchini et Patrick Bruel. Le lundi 2 août «Le prince oublié» de Michel Hazanavicius avec Omar Sy et le 16 août «Judy», biopic sur la vie de Judy Garland interprétée par Renée Zellweger, film de Ruppert Goold.
Une programmation familiale très alléchante, surtout lorsqu’on a si longtemps été privé de cinéma, avec Dds films tout public.
Noémie nous annonce quelques avant-premières en attendant la rentrée : le 12 juillet «Mystère à Saint-Tropez» de Nicolas Benamou avec une affiche incroyable : Christian Clavier, Benoît Poelvoorde, Thierry Lhermite, Jérôme Commandeur, Rossy de Palma, Virginie Hocq, Gérard Depardieu, Vincent Desagnat ! Le mardi 13 juillet «Fast an furious 9», le 20 juillet «Kahmelott»
Et pour couronner le tout, le 19 juillet «Pourris gâtés » de Nicolas Cuche avec Camille Lou, Artus, Louka Meliava et Gérard Jugnot qui viendra présenter le film en compagnie du réalisateur.
Que demande le peuple ? Des films, du cinéma, du plaisir, des rires et de la bonne humeur en famille !
Bel été cinématographique grâce à une équipe qui se met en quatre pour que l’été soit beau !

Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’étoiles : Fernando TRUERA
L’Histoire d’un homme remarquable

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Colombie, années 80.
Hector Abad Gomez (Javier Càmara, magnifique) est un médecin colombien.
Ce pourrait être un homme comme les autres s’il ne se dévouait corps et âme pour son prochain, entre autres les habitants de son village, Medellin, qu’il veut sortir de la misère, combattant tout ce que le gouvernement et la mafia leur fait subir de détresse, de misère… Il refuse de se taire au péril de sa vie. C’est de plus, un homme jovial, heureux de vivre avec une famille nombreuse, aimante et soudée, où l’amour et l’humanité sont les maîtres-mots.
Cet homme a réellement existé.
Son fils, Hector Adad Faciolince, lui voue une admiration sans réserve. Au point que, lorsqu’il décèdera, il lui rendra hommage en écrivant un livre qui deviendra un bestseller mondial et aujourd’hui un magnifique film signé du grand réalisateur espagnol Fernando Trueba.
Un film à multiples facettes, d’abord un film choral où il nous fait entrer dans cette famille lumineuse entourant un homme charismatique à la fois bon, fort, idéaliste, au sourire perpétuel à croyant en l’homme avec un optimisme quelquefois un peu naïf.
C’est aussi la photographie de l’histoire d’un pays, d’un peuple marqué par la violence, la pauvreté, les inégalités qu’Hector défendra bec et ongles jusqu’à la fin de sa vie.
Les images sont belles, avec une lumière qui transpire de beauté et de sérénité.

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Lelia Saligari, distributrice de Nour Films, Dominique Gioanni de Rigal, Amnestie International, Fernando Truera, Noémie Dumas, directrice du Six N’étoiles

Rencontrer ce magnifique réalisateur qu’est Fernando Trueba est un véritable plaisir, tant il est ouvert, volubile, simple, avec une belle dose d’humour. C’est grâce à l’association Amnistie International et à Dominique Gioanni de Rigal, qui a choisi ce film pour son festival, que nous avons eu la chance de le voir venir présenter son film au Six N’Etoiles.
«J’avoue – nous dit-elle – que je ne connaissais pas Fernando. Son film nous a été adressé par le distributeur de Nour Films et il nous a beaucoup touchés pour de multiples raisons, par l’histoire, le héros et parce qu’il entre dans le droit fil des idées que nous défendons, la Colombie étant un pays de violations majeures et nous sommes là pour défendre les droits humains».
Et Fernando d’ajouter qu’il est heureux que la France, qui pour lui est le pays du cinéma, l’ait accueilli avec autant de chaleur.

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«Fernando, il semble qu’au départ vous ayez refusé de faire ce film ?
Oui, il vous semble bien – dit-il en riant – car j’ai découvert ce livre en 2007 et j’avoue qu’il m’a terriblement touché, ému aux larmes et c’est un livre que j’ai offert à toute ma famille, à tous mes proches amis car c’est un livre qu’on offre aux vrais amis, aux gens qu’on aime. Ce n’est pas un cadeau anodin. Mais je n’avais alors pas la moindre idée d’en faire un film.
Quelques années plus tard, je suis approché par l’auteur et le producteur qui me proposent d’écrire le scénario et la réalisation du film. J’avoue avoir été flatté mais j’ai refusé…
Pourquoi ?
D’abord, parce que l’histoire se déroule sur vingt-cinq ans et qu’il est difficile de concentrer une telle période en une heure et demi. Et puis, cette histoire est tellement intime que je me voyais mal me l’approprier. De plus, il n’était pas question que j’en fasse un biopic, j’ai horreur de ce genre de cinéma. J’ai donc refusé.
Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?
Tous les deux sont revenus à la charge et le producteur m’a dit de prendre le temps de relire le livre avant de dire non. Je l’avais déjà lu plusieurs fois, je l’ai relu pour lui faire plaisir… ce qui ne m’a pas fait changer d’avis !
Malgré tout, j’ai commencé à y penser. Je ne me voyais pas réaliser un film politique mais plutôt une grande histoire d’amour entre cet homme et sa famille et entre un père et son fils. Et la douleur de ce fils face à la perte de son père. Et puis…. (Silence)
Et puis ?
Je me suis dit qu’on faisait tellement de films sur des types méprisables, car les méchants ça fascine toujours. J’avais là l’opportunité de faire un film sur un homme décent.

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Javier Càmara et sa famille cinématographique – Nicolas Reyer qui joue le fils jeune et Juan Pablo Urrega qui joue le fils adolescent

Qu’appelez-vous décent ?
Un homme qui est à la fois conservateur, autoritaire mais aussi tendre et gai, rêveur et idéaliste. Un homme à la fois courageux, complexe, solaire, qui vit pour les autres, pour sa famille. Chez lui, je me sentais chez moi.
Ce n’est pas un héros mais un homme qui fait de belles choses dans sa vie. Son histoire d’amour est formidable, entre une femme chrétienne et un homme athée qui se complètent et fusionnent totalement…
Est-ce que son fils à voulu un droit de regard sur le scénario, sur le tournage, sur le casting ?
Rien de tout cela car il est d’une telle élégance !
Il était très désireux de voir se réaliser ce film mais il n’a voulu se mêler à rien. Le scénario, il l’a lu une fois fini et n’y a rien changé. Quant au tournage, pour ne pas y venir, il est parti en Italie. Le rêve pour un réalisateur !
A noter qu’il est journaliste, romancier et a traduit nombre d’auteurs italiens.
Le choix de Javier Càmara, qui incarne le père ?
C’était le comédien prédestiné ! Il avait tourné dans mon film «La reine des neiges» et j’ai aussitôt pensé à lui. J’ai quand même fait un casting mais en définitive, je suis revenu très vite à lui tellement je le voyais dans ce rôle. Je trouve qu’il lui ressemble à tous points de vue. Et quel plaisir de tourner avec lui car c’est tout le temps le cirque ! Tout en étant très professionnel, avec lui c’est la rigolade du matin au soir. Il est toujours joyeux et j’adore ça… même si ça a pu en exaspérer certains !
Mais cette façon de toujours rire et s’amuser correspond exactement à Hector».

 Ce film a reçu le Goya 2021 du meilleur film hispano-américain, sélectionné au festival de Cannes 2020 avec un grand succès, après toutes ces péripéties que le cinéma a traversé, voilà qu’enfin vous pourrez découvrir ce magnifique film qui sort le 9 juin.
Ce sera certainement l’un des films-phares de cette «rentée» cinématographique estivale !

Jacques Brachet






Six-Fours – Le Six N’Etoiles part en Live !

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Se retrouver au Six N’Etoiles était devenu l’inaccessible… étoile…
Et pourtant nous voilà au sortis de ce cauchemar et franchir à nouveau ce lieu de l’image qui nous a tant manqué a été, avouons-le un moment de joie et d’émotion..
Dès le 19 mai donc, tout recommencera à êtrede nouveau possible et pour fêter cette première étape, nous nous retrouvions ce jeudi autour de Noémie Dumas, Paul Bertin, les deux directeurs du cinéma six-fournais, des deux co-gérants, Frédéric Perrot et jérôme Quattieri, Fabiola Casagrande, adjointe au service culturel de la ville de Six-Fours et la journaliste-animatrice de Métropolitan, le magazine interactif varois, pour un streaming autour de la culture et du cinéma de cette commune varoise.
Quel plaisir de s’y retrouver et surtout de retrouver cette salle de cinéma et pouvoir reparler de tout ce qu’on aime.
Jérôme Quattiéri avouait avoir eu du mal à entendre que le cinéma était «non essentiel» alors qu’en être privé était se priver d’une partie de la culture, cet art faisant partie du plaisir, de la connaissance et, comme beaucoup, il a souffert de cette injustice.
«Se retrouver tous autour du 7ème art aujourd’hui, c’est renouer avec le public qui nous a tant manqués, et heureusement que les réseaux sociaux ont pu garder ce lien indispensable et nous a permis de nous inventer, comme ces «live» qui ont fleuri dans quelques villes dont Six-Fours, grâce à «Métropolitan» et Caroline qui est venue occuper les lieux pour offrir au public ces quelques streaming bienvenus. Ils ont été un vrai soutien tout au long de cette année»

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Malgré  la bonne nouvelle de cette date du 19 mai, réjouissons-nous sans sauter de joie car tout peut encore arriver et il va falloir reprendre vie par échelons.
Noémie nous explique le concept qui va se dérouler en trois étapes :
«A partir du 19 mai, donc, démarre la première étape qui verra se remplir un tiers des salles où le public devra respecter les consignes : deux fauteuils d’écart entre chacun d’eux et le masque obligatoire. La contrainte sera que le public aura dû quitter les salles à 20h30 au plus tard puisque le couvre-feu sera toujours maintenu, même si ce sera à 21h. Evidemment les horaires seront adaptés à ces exigences.
La deuxième étape démarrera le 9 juin et les salles pourront être aux 2/3 remplies avec un seul fauteuil d’écart.
Enfin, le 30 juin verra les salles pouvoir se remplir… si tout va bien évidemment. Et là, ce sera la fête, tout repartira, on organisera des nuits, des thèmes, des événements.
On essaiera de combler le retard car 400 longs métrages sont en sommeil… C’est l’embouteillage total.
Comment allez-vous faire ?
Il va falloir faire des choix, ce ne sera pas facile, balancer entre les nouveautés, les quelques perles incontournable, les films qu’il faudra reprendre car certains n’ont eu qu’un ou deux jours de  programmation, il y aura les sorties nationale, les films pour enfants… Il faudra hélas faire un choix et essayer de contenter tout le monde car chacun a des goûts différents.
Nous allons retravailler comme nous l’avons toujours fait avec notre partenaire des débuts, l’association «Lumières du Sud» en organisant des débats autour de thèmes divers. Nous allons également retravailler avec les écoles  et avec la Mairie comme nous l’avons toujours fait également, le 26 mai à 17h, nous présenterons le film «L’oubli que nous serons» du colombien Fernando Trueba, avec la collaboration d’Amnistie International.
Enfin, s’annonce la quatrième salle, dont nous parle Frédéric Perrot :
Elle monte, elle monte et elle va être dotée du nec plus ultra. Avec une qualité image et son hight tech, des projections laser , un confort et un espace de fauteuils où même les plus grand pourront s’allonger ! Y sera accolée une salle de convivialité avec terrasse où nous pourrons proposer des rencontres, des échanges, des conférences de presse et nous travaillerons avec la brasserie pour organiser apéros, cocktails, … Nous allons travailler tous ensemble.
La mairie, et en particulier Fabiola Casagande, se dotent là d’un magnifique outil qui va encore faire progresser l’attraction du public.

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Gauthier Capuçon – Fabiola Casagrande

Auparavant, j’avais pu la retrouver et elle nous disait son plaisir de voir la reprise de la vie culturelle :
«Pour un adjointe à la culture, il n’y a rien de plus désolant que de faire et défaire, annuler, reporter… et ne plus pouvoir rien faire.
C’est donc avec un immense plaisir – et surtout l’espoir que nous n’aurons plus à tout annuler ! –
que je peux t’annoncer que dès le 29 mai l’artiste Chantemesse s’installera à Maison du Patrimoine, le 4 juin s’installera le Centre Archéologique du Var à la Batterie du Cap Nègre,  et une exposition s’installera à la Maison du Cygne. Suivra l’Espace de Greling mais nous sommes en train de de terminer la programmation  car on a tellement déprogrammé qu’il faut un peu de temps. Mais nous serons prêts et c’est Dominique Baviera, directeur du Pôle Arts Plastiques qui t’en offrira la primeur.
Par contre, les 4, 5 et 6 juin se déroulera à la Maison du Cygne «Rendez-vous aux jardins» manifestation nationale proposée depuis quelques années par le Ministère de la Culture. La journée du 4 sera réservée aux scolaires et nombre de manifestations, de rencontres, dont une avec  un paysagiste, d’expos, d’ateliers pédagogiques, de conférences, de concerts seront proposés durant ces trois jours.
Et côté musique ?
Nous organiserons, toujours dans ce lieu magique, «Les nuits du Cygne», quatre soirées classiques où nous recevrons de grandes pointures : le 8 juin, le violoniste Renaud Capuçon, auquel succèdera son frère, Gauthier, violoncelliste, qui était déjà venu l’an dernier et qui reviendra le 10 juin. Puis suivront deux grands pianistes : Franck Braley le 11 juin et David Fray le 12 juin. Ces concerts sont gratuits mais il faudra réserver vu le nombre de places limité.
J’imagine que notre ami Jean-Christophe Spinosi sera de la fête, cette année encore ?
Bien sûr puisqu’il organisera une fois de plus «Les nuits de la Collégiale» du 17 au 22 juillet. Trois concerts payants et deux ou trois générales gratuites où il faudra s’inscrire.
Il jouera avec l’orchestre Matheus et les spectacles tourneront autour de Vivaldi, Marin Marais, Jean-Fery Rebel, Haendel et Mozart.
J’imagine que les concerts de rock de l’île du Gaou ne seront pas programmés.
Tu imagines bien les concerts de rock se déroulant debout et la promiscuité ne le permettant pas.
Malgré tout, nous programmerons quelques concerts assis fin juillet :
Le 29 juillet, Benjamin Biolay. Le 30 juillet Morcheeba et Aaron. D’autres dates sont à confirmer».

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Voilà.
Tout recommence, la Culture reprend ses droits avec une joie non dissimulée.
Pourvou qué ça doure !!!

Jacques Brachet




Toulon – Conservatoire TPM : Silence… Ça tourne !

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Suite à notre rencontre avec Macha Makeïeff et l’équipe du Conservatoire (voir article), nous nous retrouvions dans la salle Racine où durant deux jours, s’est déroulé le tournage de ces clips créés par la dizaine de comédiens en herbe sélectionnés parmi une cinquantaine de candidats de tous âges, de tous bords, élèves, amateurs de compagnies théâtrales…
Tous ont passé le casting, chantant, dansant, disant un texte… Et s’il n’en restait que dix… Ils sont là !
La caméra se met en place pendant que Macha Makeïeff choisit le costume de chacun et revoit les scénarios qui vont être tournées. Ses recommandations sont écoutées religieusement, on se croirait dans un véritable cours de théâtre ou sur un vrai tournage professionnel.
L’ambiance est à la fois studieuse et décontractée, Macha, de sa voix douce, son sourire et son regard bleu, explique à chacun ce qu’il doit faire.

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Et la chorale se met en place.
La chorale ? Oui puisque ce clip réunit tous les artistes qui vont chanter une chanson des Beatles «Love me do», accompagnés d’un ukulélé. Tous très sérieux à part la joueuse de ukulélé qui extériorise sa joie et un choriste qui essaie de se mettre à l’avant.
Après quelques répétitions, le clap retentit et voilà que la chorale se met en branle.
Comme pour tout tournage professionnel, la séquence sera tournée plusieurs fois jusqu’à ce que chacun soit bien en place.

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Le second clip sera joué par trois comédiens : deux jeunes femmes au visage austère entourant un homme respectable qui sourit d’aise et disparait entre les deux grandes bringues… L’un à côté de l’autre, derrière une table… ça vous rappelle quelque chose ? Les Deschien,s évidemment, créés par Macha mais le sujet est différent car chacun va sortir un animal de dessous la table, le présentant aux autres, avec un coup de théâtre à la fin dont on gardera le suspense, sur une musique grinçante à la Hitchcock, jouée par l’accordéoniste de l’équipe, Baptiste Giuliano.
Entre deux séquences, le décor, de mauve est passé à jaune et chacun s’affaire dans un silence joyeux car tous sont heureux de vivre cette aventure.
Spectateur privilégié, je vais donc partir «en douce» entre deux tournages, en attendant de découvrir sur écran tous ces clips qui auront été tournés durant deux jours.

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A suivre donc…

Jacques Brachet