
Depuis la fin de 2021 TPM a créé le bureau d’accueil de tournages qui s’adresse à tous les professionnels de l’audiovisuel. Et depuis ce début d’année, le voici installé place Besagne et Pascale Parodi, présidente de l’association « Lumière(s) du Sud » qui vient d’être renouvelée dans sa fonction a pensé inviter les principaux acteurs de cette structure pour nous parler de ses tenants et aboutissants.
Ainsi lundi dernier ont débarqué au théâtre Daudet la chef de service, Laurence Goniot, accompagnée de Barbara Occhini, Jonathan Martin et Pascal Brun mais aussi d’une personne avec qui j’ai déjà travaillé sur plusieurs tournages : Erika Wicke de Haeck, exécutive et présidente de l’association « Arts »« (Association Régionale des techniciens du Sud-Est, pour le cinéma et l’audiovisuel).
Grâce à nos deux têtes pensantes Erika et Laurence nous avons appris tout, tout, tout sur ces métiers qui tournent autour de l’audiovisuel dans notre région.
A noter, et on y reviendra, que se poursuit, depuis deux ans, le tournage de la série « Tom et Lola », qui a investi plein de lieux de la métropole TPM, de la Seyne à Toulon, en passant par Hyères, Six-Fours, Sanary et quelques autres beaux paysages et lieux divers et dont le QG mais aussi le studio a été construit dans l’ancien commissariat de la Seyne.
La Métropole a fait une réunion pour réfléchir sur ce que est possible d’apporter pour faire mieux connaître le territoire. La proposition de la filière cinéma et audiovisuelle a été acceptée et ce bureau a été créé en janvier 2021. Cela allait dynamiser le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, la location de matériel, et la découverte de lieux de la Métropole de Toulon. Marseille a longtemps été pour Paris la première région où se tournaient et se tournent encore des films de cinéma et de télévision, mais ici sur cette métropole il y a un potentiel énorme. Sur un territoire restreint, il y a beaucoup de variétés de paysages et de lieux. Nombre de réalisateurs sont encore attachés aux décors naturels et ma métropole a un panel très divers à leur proposer.
Les lieux sont choisis en fonction de désirs et des besoins de la production et de la réalisation. Quelquefois c’est inattendu comme lorsqu’on a dû trouver une station d’épuration. C’est vrai que ce n’est pas très glamour mais il a bien fallu trouver ce décor pas banal, mais nécessaire au tournage. Et ce qui a été trouvé a fait rêver le réalisateur !
On demande souvent des lieux ou des décors atypiques, comme des bâtiments à moitié détruits. Etant donné que si une production veut s’installer chez ici, ce n’est pas pour tourner en studio ou dans des appartements même si, bien sûr, il en faut pour certaines scènes. Il faut aussi tenir compte du côté financier qui est important, car il faut souvent louer les lieux.
Le bureau d’accueil de tournages propose des lieux, des décors dont la production a besoin. Il n’a pas la technicité d’un « repéreur » mais fait une recherche préalable pour commencer à débroussailler et proposer des lieux de travail.
Il recherche aussi en amont les matériels et les techniciens locaux dont ils ont besoin pour le tournage et les autorisations de tournage…
Il essaie de préparer leur arrivée. Plus la préparation est rapide, plus les productions gagneront du temps… Et de l’argent ! Il les mettent en contact avec les prestataires locaux dont ils ont besoin. Son but est que tout soit fluide à leur arrivée, que le tournage se passe bien car ils en parleront à d’autres qui auront envie de vouloir travailler sur le territoire. Le but du bureau d’accueil est aussi la promotion du territoire et susciter l’intérêt des professionnels. Le bureau d’accueil va dans les salons, organise des « Repertours », c’est-à-dire des circuits, afin de faire connaître les lieux, les bâtiments, l’architecture qui puissent leur donner toutes les possibilités de tournage. Il travaille aussi avec le ministère de la défense pour leur faire connaître les forts, les bases navales et aéronavales. Mais également des domaines d’exception, des villas particulières »…
Erika Wicke De Haeck, je l’ai connue sur des tournages dont deux « Meurtes à… » à Porquerolles et sur les îles du Frioul. Productrice exécutive et directrice de production, elle est à la fois la femme invisible mais partout à la fois.
Je ne suis pas réalisatrice, je ne m’occupe pas du casting, je suis en fait une coordinatrice qui met en rapport tous les corps de métiers qu’exigent un tournage. Il faut savoir qu’il y en a beaucoup. Evidemment chaque film n’a pas besoin de tous ces métiers mais je dois être à même de trouver un serrurier comme un coiffeur, un technicien lumière comme un costumier si la production en a besoin. Je mets en rapport les divers réseaux et travaille avec les associations, les collectivités locales, les institutions comme la région, le département, les métropoles afin de pouvoir travailler en amont, avant que l’équipe vienne s’installer, de façon à faire avancer la préparation et qu’ils gagnent du temps sur le tournage car on sait que chaque action a un coût et grâce à ce travail nous faisons gagner du temps à la production.
Il faut d’abord savoir ce qu’il va se passer, où cela va se passer, quels sont les besoins de la production et de la réalisatrice ou du réalisateur , Quels sont les techniciens, les intermittents dont ils vont avoir besoin. Il faut donc être à l’écoute des desideratas de chacun afin qu’ils aient un confort de tournage maximal. Il faut avoir une certaine éthique, beaucoup de patience, savoir improviser, réagir et répondre très vite à certaines demandes de dernière minute.
Il y a aussi bien sûr, la communication, je travaille avec tous les corps de métier. Et tous ces corps de métiers communiquent entre eux pour répondre aux demandes des réalisatrices et réalisateur et des producteurs afin de pouvoir réaliser et tourner les films tels qu’il le souhaitent.
Je suis en fait la gestionnaire d’une entreprise éphémère à partir du moment où commence la préparation jusqu’au clap de fin. Il faut que chaque employé soit déjà en place au départ, sans avoir un temps d’adaptation.
Les demandes que l’on peut avoir sont très vaste…. On peut me demander un château, un musée, un chantier naval, une cité, un avion, un champs, un centre de recherche, une route…. Chaque film a son propre univers et à chaque fois c’est très différent. C’est ce qui est intéressant car on découvre à chaque fois un univers qu’on ne connait pas, qu’il soit beau ou moche mais on est obligé de connaître à minima son fonctionnement afin de pouvoir cohabiter avec les personnes et pouvoir mener à bien le tournage en tenant compte des contraintes des uns et des autres.. Il faut s’adapter très vite.
C’est un métier de passion même si c’est quelquefois stressant, fatiguant physiquement car il faut tout le temps être en alerte. Il faut aussi être près du réalisateur et du producteur car quelquefois le réalisateur demande des choses irréalisables et il faut aussi tenir un budget pour ne pas le dépasser. On est quelquefois entre les deux !

TOM & LOLA…
C’est une série qui on a commencé à tourner cette série en novembre 2023. La Métropole TPM nous a énormément aidé tout au long de la préparation et du tournage mais aussi grâce à leur fond de soutien. La production est venu sur place pour savoir ce qu’on pouvait lui proposer, car nous sommes souvent en concurrence avec Marseille. Il y avait un gros enjeu car il fallait trouver un lieu où l’on puisse rester pour plusieurs années/saisons. Trouver un lieu qu’on puisse garder aussi longtemps, n’était pas facile, mais nous l’avons trouver à La Seyne sur Mer. Le tournage d’un long métrage ou d’un unitaire ne dure quelques semaines et c’est terminé. Là, il fallait trouver un lieu qu’on puisse louer et garder d’une année sur l’autre.
En fait, tout s’est bien imbriqué, grâce à l’accueil de la ville de La Seyne dans ce commissariat désaffectée, nous avons refait le nôtre et la maison de Tom et Lola dans le même lieu.
C’était une grande prise de risque financier mais ça a marché .
Aujourd’hui, tous les acteurs de cette série sont satisfaits et rassurés et voici que vient de démarrer la troisième saison avec la satisfaction du succès des deux premiers…
A suivre…
Jacques Brachet


































































