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Marseille – Théâtre des Bernardines
Macha MERIL, lumineuse sorcière

MACHA MÉRIL

Macha la belle.
Macha l’impériale.
Macha la fantasque.
Depuis «Les années nouvelle vague», Macha Méril nous subjugue, nous charme, nous fait rire ou pleurer. Sa voix-musique, son visage de madone slave, sa grâce hiératique, son élégance et son talent font mouche au théâtre comme au cinéma ou à la télévision.
«Sorcière». Voici un titre qui lui va bien, titre tiré de textes de Marguerite Duras, l’une des plus brillantes romancières du XXème siècle, qu’elle défend seule en scène, avec l’aide de Stéphan Druet et de Michel Legrand dont elle fut l’épouse, qui sertit ces mots ciselés de sa musique somptueuse.
Au demeurant, on ne peut imaginer deux femmes, deux artistes plus dissemblables et pourtant, les mots de l’une dits par l’autre, sont en totale osmose… Elles se connaissaient.
C’est un spectacle à la fois original et surprenant.
Une femme parle, quelquefois dans la souffrance, quelquefois exaltée ou ironique et passe  d’un sujet à l’autre comme l’enfant mort, l’algérien sans papier à qui on enlève son maigre gagne-pain,  les sorcières, premières femmes qui veulent être libres mais sont brûlées, la femme qui fait les bébés, les élève, les change, les mène à l’école, entre deux lessives, trois courses et la cuisine mais qui «à part ça», ne travaille pas…  tout tourne souvent autour de la femme, de l’enfance, de l’amour maternel et puis voilà un texte iconoclaste sur… la mouche ! Qui, à part Marguerite Duras, peut écrire un tel  texte et qui, à part Macha Méril, pourrait nous l’envoyer avec un tel humour ?

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Avec ces deux femmes, l’on passe du rire au drame dans un décor on ne peut plus dépouillé (2 tapis, une chaise) au milieu duquel évolue Macha avec grâce, entre deux images et la sublime musique de Michel Legrand.
C’est à la fois du théâtre, du cinéma, de la littérature, de la musique et une sacrée performance d’actrice qui, comme une funambule, se déploie sur des textes pas toujours faciles mais qu’elle dit avec une facilité renversante… apparemment du moins.
Macha rayonne et nous subjugue.

C’est avec joie que je retrouve mon amie Macha au Théâtre des Bernardines de Marseille, pour une série de représentations jusqu’au 16 octobre. L’on ne compte plus les années d’amitié mais c’est avec un évident plaisir que je la retrouve, volubile, et passionnée, comme toujours.
«Macha, comment est venue cette idée d’un tel spectacle ?
Après la disparition de Michel, Philippe Terron, directeur du Théâtre de Poche, m’a proposé de monter un spectacle-hommage autour de son œuvre «Michel for ever». Noud étions en 2019 et nous avons juste eu le temps de le jouer avant le couvre-feu. C’est Stéphan Druet qui en avait fait la mise en scène et j’avais adoré son travail. Du coup, lorsque Phlippe a proposé un spectacle autour des œuvres de Duras, j’ai tout de suite dit oui à condition que ce soit avec Stéphan

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L’œuvre de Duras est énorme. Comment en expurger ces textes ?
Tu sais, elle écrivait romans, textes, articles de presse, réflexions et elle gardait tout. Nous avons alors pensé à «La mer écrite» mais nous nous sommes très vite rendu compte que ça n’allait pas. J’ai aimé la phrase de Stéphan : « On est à marée basse» ! Puis nous avons trouvé ce texte bouleversant «L’enfant mort» et tout est parti de là. Stéphan a fait un travail d’orfèvre.
Ca ne doit pas être facile de monter un tel spectacle !
C’est vrai, mais il a eu l’idée de lier les textes avec des images, qu’on a tournées dans les bois, qui s’adaptaient parfaitement et on y a ajouté des musiques de Michel qui viennent s’immiscer entre deux scènes.
Le texte est colossal, tu as d’infimes respirations et tu fonces !
Effectivement et c’est là que je me suis rendu compte que j’étais une grande actrice !!! (me dit-elle en riant).
J’ai horreur des spectacles où, des acteurs derrière une table, lisent un texte. C’est emmerdant au possible. Nous, nous avons fait un vrai spectacle théâtral, visuel, musical, avec des apparitions, des disparitions, je dois me mouvoir dans le noir et être à la seconde près, raccord avec les images, la musique… Je risque à chaque fois de me casser la gueule ! Mais Stéphan a fait un travail magnifique. Désormais c’est décidé : je ne fais plus rien sans lui ! C’est Michel qui nous a réunis».
Stéphan vient nous rejoindre, timide, discret et souriant à ce que dit Macha. Et il approuve !

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«Pourquoi le titre «Sorcière» ?
Le spectacle tourne autour des premières femmes qui ont voulu être libres, indépendantes, qui ont bravé les hommes ont été brûlées et c’est un texte de Marguerite Duras qui l’évoque, à la fois symbolique et d’actualité hélas. Marguerite, dans son genre, était une sorcière et je crois que je le suis aussi !
Et il y a la musique de Michel Legrand, indissociable de toi aujourd’hui !
Evidemment, Michel est omniprésent et je trouve que sa musique, à la fois classique et très peu connue, ajoute une puissance évocatrice tangible.
Alors justement, on a déjà beaucoup parlé ensemble de tous tes projets autour de Michel. Où en sont-ils ?
Ça avance, mais avec le Covid, tout a été stoppé ou tout le moins ralenti. Mais, pour marquer le coup, j’ai voulu lancer cette année, le prix Michel Legrand qui s’est fait hélas sans public. J’y ai convié dans le jury des amis, Jacques Perrin, Mathilda May, Jean-Claude Petit, Stéphane Lerouge et nous avons remis le prix à Gabriel Yared. Ça a été en fait l’année zéro. Le festival aura lieu l’an prochain dans le château de Michel dans le Loiret, autour de la fondation Michel Legrand afin d’aider les jeunes musiciens. Il s’y passera beaucoup de choses autour de la musique et de sa musique. Il y a de telles possibilités ! Avec sa maison de disques,  nous allons éditer ses œuvres classiques, j’ai retrouvé deux comédies musicales que je vais tenter de monter, il y a plein de chansons que je vais proposer à des chanteurs… Tu vois, j’ai plein de projets joyeux !
Je tiens à honorer Michel de façon vivante. Je repars donc à la charge et je crois qu’il en serait très heureux.

MACHA MÉRIL

Propos recueillis par Jacques Brachet
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Cherbourg – Théâtre de l’Arlequin
Être ou ne pas être.

En ce mois de septembre 2021 le Théâtre de l’Arlequin de Cherbourg reprenait vie avec la pièce «Être ou ne pas être» de Luca Franceschi interprétée par Gérard Picot. Mise en scène : Mirabela Vian – Lumières : Richard Croisé

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De quoi s’agit-il ?
C’est une pièce qui englobe toute l’histoire du théâtre occidental moderne en une heure vingt minutes. On pourrait se dire bigre ! Quelle prétention, ça va être un pensum des plus ennuyeux. Détrompez-vous, c’est un festival mené par un seul et incroyable comédien, tournant, vibrionnant, sautant, gesticulant, grimaçant, ou bien statique, grave, dramatique, émouvant. On rit souvent, on est touché par tout ce qui s’y véhicule sur la condition humaine, car la grande question d’Hamlet « être ou ne pas être » qu’on traduit parfois par  « être ou n’être pas » – je vous laisse réfléchir à la subtilité de sens entre les deux versions – devient « être ou ne pas pas être » pour le personnage, car tout est là, c’est le fondement de la pièce, le personnage ne peut être sans le comédien, et en retour le comédien a besoin du personnage pour être, sur scène.
En fond de scène la cabane de Guignol. Posés à gauche un réveil, un masque vénitien, et à droite un crâne; le temps de la vie avant la mort dans la lucarne de Guignol. Côté jardin un manteau « shakespearien », rouge.
Le théâtre moderne commence avec la Commedia dell’ Arte au XVI° siècle. C’est l’auteur italien Carlo Goldoni (1707-1793) qui partant de là va participer à la naissance du théâtre moderne occidental en y amenant la psychologie et la philosophie des lumières, mais sans négliger la fonction de divertissement. Confer sa pièce « La Locandiera » de 1752.
Les spectacles de la Commedia Dell’ Arte étaient en grande partie improvisés à partir d’une trame narrative sur laquelle les acteurs brodaient des dialogues et des « lazzi » : toutes sortes de plaisanteries burlesques, soit en paroles, soit en actions, des jeux de mots, des grimaces, des gestes grotesques et, et des échanges avec le public. Et les rôles sont des caractères bien définis: Arlequin, Colombine, etc. C’est là qu’est le génie de Gérard Picot : il reprend à lui tout seul toutes ces techniques, y ajoutant celles des artistes du stand up contemporain, comme ce jeu avec le gong et une spectatrice à laquelle il demande de marquer les scènes quand il fera un geste de la tête : de là toutes une série de gags du plus haut comique. Il est tour à tour – changeant de rôle en un clin d’œil – Arlequin, Polichinelle, ou bien un comédien shakespearien grandiose, ou prétentieux, ou plein de doute, et bien d’autres rôles. Le comédien dira quelques tirades de grandes pièces de Shakespeare, Hamlet bien sûr, Macbeth, Richard III… dans des tons divers ; là encore on admire la plasticité de la voix, capable d’imiter tous les tons, et nombre de sons de gorge. On admire aussi la malléabilité du visage.

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D’entrée le personnage déclare qu’il a kidnappé le comédien, qu’il l’a enfermé en lui. On y vivra aussi le rapport du metteur en scène au comédien, celui-ci d’abord humble, confiant, puis révolté devant l’emprise dictatoriale du metteur en scène. Ce ne fut certainement pas le cas avec Mirabela Vian qui assura une mise en scène solide laissant une grande liberté d’improvisation au comédien. Les relations comiques avec l’éclairagiste
C’est la lutte entre ces deux rôles, personnage et comédien, pour avoir la sensation d’exister, d’être, dans un maelstrom étourdissant de la part du comédien.
En résumé, partant de la Commedia dell’ Arte pour aller jusqu’au théâtre intellectuel d’aujourd’hui, Gérard Picot a réussi, par le corps et par le verbe à nous faire rire, nous émouvoir, et vivre toute cette histoire. Nous soumettant de plus la grande difficulté d’arriver à être du personnage et du comédien, tant l’un ne va pas sans l’autre ; et pour nous faibles humains cette même question sans réponse : Être ou ne pas être ? Mais nous étions là, au théâtre.
Souhaitons que cette pièce puisse continuer à vivre dans d’autres théâtres. Avis aux directeurs de salle, car dans la pièce Gérard Picot aborde aussi les difficultés de trouver une scène pour tout jouer.

Serge Baudot

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Gérard Picot vient du théâtre amateur, notamment de la troupe de l’Arlequin, comme quoi en art on peut être grand par soi même. Il a tourné dans des courts métrages, dont un de Stéphane Birette en 1998. Depuis on l’a vu pendant une semaine au Théâtre du Châtelet à Paris, et sur bien d’autres scènes en France. Quant à moi je l’avais déjà admiré il y a quelques années dans une comédie musicale « Le Petit Monde de Georges Brassens » de Laurent Madiot. C’est dire qu’il peut jouer.

 



ZIZE-Alain TURBAN
Quand Marseille rencontre Montmartre via l’Ardèche

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Thierry Wilson alias Zize du Panier est de Marseille
Alain Turbanovitch, alias Turban, est de Montmartre mais il a, tout comme moi le cœur en Ardèche où il avait une discothèque à Lavilledieu et où il vit en partie dans sa maison de Ruoms. Auteur du tube «Santa Monica» il a aussi collaboré avec de nombreux artistes : Michèle Torr, Annie Cordy, Michaël Jones,  Jean-Jacques Goldman, Herbert Léonard, Michou et Gilles Dreu entre autres.
Avec Zize, nous nous rencontrons souvent entre Nice et Marseille, où elle tourne avec son dernier spectacle «La famille Mamma mia»
Quant à Alain, je lui fais de temps en temps une visite à Ruoms l’été.
Tous deux sont amis de longue date et nous nous sommes tous retrouvés, il y a quelques temps au Casino de Vals les Bains où tous deux étaient jurés de «Super mamies» avec un autre complice : Gilles Dreu.
Les années passent, les amitiés restent et voici que Zize, qui a aujourd’hui conquis la France avec son bel accent bien de chez nous, se met à chanter. Et c’est carrément un CD de 15 chansons drôlissimes, énergiques et dansantes, signées… Alain Turban et Mario Santageli et arrangées par Frédéric Andrews.
On peut entendre «Faites chauffer la colle» qui évoque un nombre de chansons populaires, de «Tata Yoyo» à  «La chenille» en passant par «Le rire du sergent», «La Macarena», «Big bisou», «Le papa pingouin» et plein d’autres titres qui ont fait les beaux jours des «balettis», des mariages et des événements festifs.
Après le fameux zizi que Pierre Perret a évoqué sous toutes ses formes, voici que Zize nous parle des «Gros nénés», des bonnets A aux bonnets M en passant par les bonnets blancs ! Irrésistible.
Plus évocateur encore et très coquin «J’aime tes rouleaux de printemps». Inutile de vous préciser de quoi il est question. Emprunté chez Prévert (aurait-il apprécié, lui qui avait beaucoup d’humour ?) «Je suis comme je suis», où elle nous chante sa vie d’artiste, de «Reine des cagoles» «sexygénaire» et le CD se termine par une chanson très émouvante que Zize a composé pour parler de ce qu’elle a vécu : «Ma différence».
C’est festif, on s’éclate, on danse, on passe un bon moment de rire ensoleillé avec cet accent qu’aujourd’hui tout le monde connaît, celui de notre Zize devenue nationale.
Qu’on se le Zize !!!

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Rencontres
Il fallait bien que j’en parle avec mon marseillais et mon parigot-ardéchois Alain Turban !
Alain, dans sa campagne, ne sort que pour aller chanter en ces temps de Covid dont, me dit-il, il n’a rien à foutre et se contente de se faire tester plutôt que de se faire vacciner !
Alors, Alain, comment cette idée de faire chanter Zize t’es venue ?
Elle n’est venue ni de moi, ni de Zize. Elle est née chez Michou, qui était un ami commun et où nous nous sommes retrouvés. Et c’est Michou qui m’a lancé : «Pourquoi n’écrirais-tu pas une chanson à Zize ?». L’idée nous a plu à tous les deux et quarante-huit heures après, j’ai proposé «On peut rire de tout», que j’ai écrite avec Mario Santagelli. Zize a aimé, décidé de l’enregistrer et de fil en aiguille, l’idée d’autres chansons est arrivée. Nous en avons finalement écrit douze, orchestrées par mon ami Frédéric Andrews.
Ta version, Thierry ?
Il t’a raconté l’essentiel.
Avec Alain, on se connait depuis les années 90. On s’était rencontrés chez Michou qui était notre ami commun. C’est à l’anniversaire de Michou que celui-ci lui a dit que j’avais envie de chanter depuis longtemps…

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C’était déjà dans ta tête ?
Oui. C’est Coccinelle qui me poussait à le faire. A l’époque j’ai enregistré une chanson mais finalement ça n’a pas abouti. Du coup, Alain m’a  qu’il allait s’y coller… Et le lendemain il m’envoyait le texte de «Faites chauffer la colle» !
C’était juste pour un single ?
Au départ oui  mais on a commencé à en parler avec Alain. Je lui disais que je voulais chanter une chanson sur Marseille, j’avais quelques idées et du coup, Alain s’est lancé…
Alain, Comment s’est fait ce travail à trois ?
A deux surtout car les chansons écrites on les proposait à Zize qui avait bien sûr son mot à dire, qui modifiait quelques trucs, validait ou pas mais elle a accepté toutes les chansons que nous lui avons envoyées. Après quoi on est passé par l’enregistrement, les orchestrations, la voix.
Combien en avez-vous écrit ?
Douze… les douze qui sont sur l’album !
Thierry, en fait tout s’est fait sans vous voir ?
Exactement, moi j’étais toujours par monts et par vaux, lui était souvent en Ardèche. En fait, avec Alain, on se voit surtout à Paris où l’on se retrouve souvent dans sa belle maison avec son épouse qui est une femme adorable.
C’est toi donc, qui donnais les idées de chansons ?
Non, pas vraiment. J’attendais les textes d’Alain, je disais oui ou non, je changeais parfois des mots, des expressions que je ne voyais pas dans la bouche de Zize. Il fallait que ça aille avec le personnage.
Après quoi Mario Santagelli faisait les musiques.

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Il y avait le zizi, non pas de Zize mais de Perret et il y a aujourd’hui les gros nénés de Zize !
J’ai adoré qu’il me propose cette chanson car elle est coquine sans être vulgaire. Comme toutes les chansons car Alain est un poète et même dans des textes drôles il y a cette veine
Y aura-t-il un spectacle autour de ces chansons ?
Alain : Il faudra lui demander ! Lors de quelques dates qu’elle a faites cet été, elle terminait par une chanson. Après, elle fera ce qu’elle voudra. Mais elle a assez de matériel pour faire un mini-concert après son show.
Zize : Effectivement, d’ailleurs nous avons fait un galop d’essai cet été. Nous avons fait quelques dates avec Richard Gardet, qui est le chef d’orchestre de Michèle Torr et qui m’a proposé de faire ce tour sur quelques dates, avec son orchestre. Et ça a très bien marché.
Qui sont tes complices Alain ?
Frédéric Andrews est pianiste classique et jazz, arrangeur et il a accompagné Charles Dumont, Bonnie Tyler, Gérard Lenorman, Jane Manson…
Mario Santagelli est compositeur, arrangeur, pianiste, guitariste… Il a même été choriste.
Il a collaboré avec Bruel, Nicoletta, Charles Trenet, Sacha Distel, Herbert Léonard entre autres.
Aujourd’hui, quelle est votre actualité ?
Zize :
Je prépare un nouveau spectacle intitulé «Sexygénaire», titre d’une chanson de l’album.
Je raconterai des histoires, des choses de ma vie, du CD et j’y mêlerai des chansons de l’album car ça a l’air de plaire aux gens et ça marche. Tous les jours une chanson passe sur Radio Bleu et Laurent Ruquier adore la chanson «J’aime tes rouleaux de printemps»… Va savoir pourquoi !
Alain : Des galas, un spectacle à l’Atelier à Paris le 6 décembre qui s’intitule «Entre la terre et le ciel»
Ce sera à la fois du théâtre et de la chanson. Je viens de sortir un nouvel album intitulé «Eternelle» dont je mettrai quelques chansons dans mon spectacle. Et des concerts en Auvergne, à Lyon et bien sûr à la Ferme théâtre à Ruoms où je fais venir des tas de copains, dont Gilles Dreu. D’ailleurs, Gilles passera au Casino de Vals les Bain le 18 septembres et je viendrai chanter deux ou trois chansons avec lui dont «On chante encore» que l’on a enregistré sur son CD «Le comptoir des amis» où il chante en duo avec Lama, Barbelivien, Stone, Lenorman, Billon, Fabienne Thibault, Marcel Amont…»
Gilles Dreu, rappelons-le, est l’auteur de succès comme «Alouette, alouette», «Pourquoi Bon Dieu ?», «Descendez l’escalier», «Ma mère me disait», qu’il avait écrite pour Dalida… Montmartroise de cœur !

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Thierry, le disque se termine sur une chanson que tu as écrite et qui est très émouvante : «Ma différence»
Oui, j’y raconte ce que l’on peut vivre lorsqu’on est différent. J’avais envie de m’exprimer sur ce sujet car c’est du vécu. C’est assez fort, violent.
Tu écris donc ?
Oui, j’écris beaucoup et ce qui est bizarre c’est que lorsque j’écris mes sketches, c’est toujours drôle et lorsque j’écris des textes de chansons, c’est toujours sinon triste, du moins sérieux.
Tu vas continuer ?
Oui bien sûr, et avec Alain. Alain est un garçon talentueux qui écrit des choses magnifiques. C’est aussi un homme de cœur qui vient de faire un magnifique album.

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Nostalgie quand tu nous tiens…
Un nouvel album est toujours un moment important et voilà donc le nouvel album d’Alain intitulé «Eternelle», la chanson qui ouvre le bal, présenté par sa mère aujourd’hui disparue, qui reste son amour éternel, comme les chansons qu’il nous propose de sa voix feutrée, pleines de nostalgie, de souvenirs, d’intimité et pour la circonstance, il a repris son vrai nom : Turbanovitch.
Rendez-vous manqué (Quand on s’est rencontré), souvenir d’un amour (Pony), hymne à l’amitié (Dans la rue Copernic), reggae sur la différence (Je suis l’homme de couleur), hommage à son Montmartre (La nouvelle Eve sur un tempo jazzy, Le petit café), hommage à son ami Charles Dumont (Dumont et merveilles), souvenirs, souvenirs (Et le monde dansait le twist), le temps qui passe (Si c’était à refaire)… toutes sont belles, émouvantes, poétiques et nous retracent son parcours, non pas de star, mais de vrai artiste qui nous offre encore et toujours  de la vraie chanson française.

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Propos recueillis par Jacques Brachet


Fantaisie Prod… C’est la reprise !

COTTET MOINE Patrick

«C’est la reprise… du moins on l’espère», me dit en riant Jérôme Leleu, le grand maître de Fantaisie Prod, autour d’un apéro au théâtre Daudet de Six-Fours, l’un des lieux dont il s’occupe pour nous offrir des humoristes de tout bois, qu’ils soient connus ou moins connus pourvu qu’ils nous fassent rire.
«C’est vrai que depuis un an, on n’a pas cessé de programmer, déprogrammer, annuler, reporter.
Après le fesrival d’humour qu’on a présenté cet été à la Crau avec succès, Fantaisies Prod revient en force puisque nous investissons le Théâtre Daudet, le théâtre Marc Baron de Saint-Mandrier avec qui nous entamons une collaboration, le Casino de Hyères. Pour l’instant, l’Oméga live est en stand by, toujours pour la même cause qui gâche notre vie et notre métier depuis trop de mois.
Nous sommes très heureux que la ville de Saint-Madrier fasse appel à nous pour présenter un à deux spectacles par mois.
Notre programmation a toujours été éclectique, mêlant one man shows, stand up, mimes,  pièces de théâtre, mentalisme… Nous aurons, comme chaque année, des avant-premières comme Valérie Damidot qui viendra nous présenter en avant-première son one-woman show, tout comme Elizabeth Buffet, Gil Alma, qui avait été déprogrammé, revient avec son acolyte Benoît Joubert, Yves Pujol présentera deux spectacles : «J’adore ma femme» et son Best Of, Jovany, vu à la Crau revient avec son spectacle «Le dernier saltimbanque».

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Valérie Damidot – Jovany – Tandy Pastureau

Retour aussi d’Eric Collado, Benjy Dotti, Alexandre Pesle et plein de petits nouveaux qu’on aura plaisir à vous faire découvrir. Un à deux spectacles par mois seront proposés aux plus petits. Nous aurons aussi la création d’un spectacle musical de Lisa Fleur autour du roman de Pagnol «Cigalon», Audrey Vernon proposera son spectacle «Billion Dollar Baby» qu’elle a écrit alors qu’elle était enceinte. Là, elle le jouera… en scène ! Elle s’adresse à son bébé pour lui décrire l’état du monde.. Nombre d’humoristes viennent aujourd’hui des réseaux sociaux qui sont devenus un vrai lieu d’expression. Viendront des humoristes issus d’autres milieux comme  Greg le pompier marseillais, brut de langage, juste dans le propos, Tandy Pastureau, chroniqueur radio-télé,  Arnaud Demanche qui fut entre autre auteur des sketches de Canteloup, qui a une belle plume, Thomas Martin, journaliste qui est de Saint-Raphaël, qui est un vrai coup de cœur qui a une gouaille à la Audiard, très franchouillarde,  Chicandier, qui fut notaire dans une autre vie,
En tout, la saison comportera 110 spectacles éclatés sur le territoire.»

COTTET MOINE Patrick

Patrick Cottet-Moine
Et ce soir-là, c’est l’ami toulonnais Patrick Cottet-Moine qui ouvrait la saison.
Beau retour de ce mime incroyable, longue gigue au visage caoutchouté, au corps désarticulé et ce n’est pas pour rien qu’il a écrit son prochain spectacle avec le québécois Courtemanche… Qui se ressemble s’assemble dit-on et c’est le cas.
Après son spectacle intitulé «Mime de rien» étourdissant fait d’énergie, de grimaces et d’onomatopées (c’est un excellent bruiteur !) il nous proposa une série de sketches muets ou presque, tour à tour pêcheur, médecin, tennisman, Zorro, toréador qui fit crouler le public de rires.

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Je voyais ce spectacle pour la troisième fois et je rigolai tout autant que les deux autres.
Et après ça, il arrivait frais comme une fleur pour parler au public, faire des photos, donner des autographes et, avec un culot monstre, signer son livre… Où, entre deux dessins, l’on essayait de découvrir… Les dialogues du spectacle !
«Courtemanche – me dit-il – je l’adorais et j’ai eu la chance de le rencontrer au Québec. Je lui ai demandé de m’aider pour mon prochain spectacle et il a tout de suite accepté.
Il est prêt ?
Oui, je le joue. Il s’intitule «Chez lui»
Et pourquoi ne le joues-tu pas… chez toi ?
Parce que, tant qu’on me demande «Mime de rien», je le joue et je ne m’en lasse pas. Et ainsi, je pourrai revenir ici !
Même si tu as une belle musculature (on le voit quand tu joues au tennis), comment fais-tu pour garder cette silhouette filiforme ?
(Il rit) C’est dans ma nature, je mange normalement, je ne fais aucun régime mais rien que dans mon spectacle, je me dépense beaucoup. Je fais aussi pas mal de sport. D’ailleurs, demain à 13 heures, je participe au triathlon des Salins à Hyères !

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Si tu tournes dans ta région, tu es souvent invité dans de nombreux pays !
Étant donné qu’il n’y a pas de dialogues, le mime s’exporte sans problème, je suis allé jouer à Bucarest, à Pékin, en Allemagne, en Algérie, au Portugal, à Barcelone, au Québec bien sûr !
Et tu chantes toujours ?
Oui, avec les Zablocks reformés, nous proposons un spectacle humoristique et musical. Nous venons de jouer au Luc en Provence et nous préparons une tournée».

COTTET MOINE Patrick

A bientôt pour d’autres aventure Patrick !
Propos recueillis par Jacques Brachet
Photocreations.fr
www.fantaisie-prod.com





La Crau, domaine de la Navarre
Anthony JOUBERT… avé l’accent !

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Notre ami Jérôme Leleu s’exporte de plus en plus et, contre vents, marées et Covid, le voici qu’il continue à nous proposer, avec Fantaisies Prod, des spectacles d’humour où il reçoit des pointures de cet art qui prend de plus en plus de place dans le spectacle vivant, et donne la chance à des talents nouveaux.
Ainsi cet été, à la Crau, exactement au Domaine de la Marseillaise, a-t-il installé ses tréteaux pour un «Festival des p’tits bonheurs», en fait de grands bonheurs et de jolies surprises.
Ainsi, Smaïn, Gérald Dahan, Anthony Joubert, Eric Collado, Benjy Dotti, Jovani se sont-ils retrouvés en pleine canicule mais dans un cadre idyllique entre vignes et piscine et c’est là que j’avais rendez-vous avec Anthony Joubert… que je retrouve à poil (ou presque !) dans la piscine.
Cet arlésien qui a gardé l’accent que l’on garde en naissant du côté du Midi, n’arrête pas de monter depuis son passage dans l’émission «La France a un incroyable talent» et aujourd’hui, comme Rastignac, le voici qui monte sur la capitale.
En attendant, le voici qu’il plonge dans la piscine, revient se sécher, discute avec moi, prend un coup de fil, reçoit la visite de son pote Jovany qui est passé la veille au festival*, fait quelques photos avec Patrick Carpentier… Interview à épisodes qui a duré plus de deux heures à l’ombre d’un soleil écrasant, bouffé par les moustiques !

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Alors l’Arlésien, avant cette émission de télé qui a mis le feu aux poudres, qu’est-ce qui t’a fait devenir humoriste ?
Petit, j’étais d’une timidité maladive. Je passais mon temps à observer les autres, surtout les humoristes dont j’enviais l’aisance. Je m’amusais à imiter Eric Collado, Elie Kakou et je me suis rendu compte que ça faisait rire les gens, que je devenais intéressant. Du coup, je n’ai pas eu besoin de thérapie, je l’ai trouvée et maintenant, je n’ai plus peur de rien !
Humoriste, c’est devenu une vraie passion, je travaille 14 heures par jour, c’est du boulot mais j’aime ça.
Et alors ?
Alors, j’ai commencé à me présenter dans des festivals : 17 festivals, 28 prix… Pas mal non ?
Et puis j’ai eu la chance de rencontrer Eric Collado que j’admirais et c’est lui qui m’a aidé à trouver ma voie… Et surtout ma voix !
J’avais alors 17 ans, il en avait vingt de plus et il m’a conseillé d’adapter mon écriture à mon âge : «Tu ne peux pas jouer un père de famille à 17 ans, ce n’est pas crédible. Adapte tes textes à ton âge.»
Il m’a aidé à les écrire. A partir de là, j’ai décidé de me lancer. Je n’avais rien à perdre. Personne ne me connaissait, si je faisais un bide, personne ne le saurait !
C’est difficile de faire rire ?
C’est comme un matador qui doit driver le taureau et qui doit surprendre le public.
Là, devant le public, tu dois faire rire sinon tu es cuit. Pour ça, il faut foncer, bien écrire et surtout attirer la sympathie du public. Tu livres chaque soir un vrai match. Mais j’aime les défis, j’aime prendre des paris.
Ta rencontre avec Collado, en fait, a été le déclic !
Complètement. Il m’avait vu au Chocolat Théâtre à Marseille et m’a proposé de m’aider en m’écrivant vingt minutes de spectacle.
Il m’avait donné rendez-vous à Toulon, nous sommes arrivés chacun de notre côté, un peu comme Roger Moore et Tony Curtis dans «Amicalement vôtre» ! Il était déjà dans le groupe «Nous c’est nous» avec entre autres Jean Dujardin et Bruno Salomone. Il nous a écrit «Entre père et fils». C’était crédible car il a vingt ans de plus que moi et il est devenu mon père du spectacle !

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Et puis il y a eu «Incroyable talent»
Où j’étais perdu entre danseurs, trapézistes, prestidigitateurs ! Un humoriste au milieu de tout ça, c’était un peu décalé. J’étais dans mon coin quand un type m’a demandé ce que je faisais. J’ai dit : «Je jongle avec des chiens nains». Tout le monde s’est marré, on m’a mis aussitôt un micro, le producteur a aimé ça et même si je n’ai pas gagné, il m’a proposé de co-animer l’émission de l’année d’après avec Jérôme Anthony.
Et tout s’est enchaîné !
Oui et j’ai eu la chance de ne pas avoir à taper aux portes, je n’aurais pas su faire. On m’a proposé beaucoup d’émissions de télé dont «On ne demande qu’en rire» et j’ai monté mes propres spectacles.
Et tu as même fait du cinéma…
J’ai fait… un film, «Vive la France» ! C’est vrai, je reçois des scénarios mais c’est toujours pour jouer un policier ou un facteur avec l’accent qui est fan de l’OM ! Mais là, la demande est venue de Michaël Youn et même si c’était un rôle de policier, ce qui m’a intéressé c’est qu’il était homo !
Et puis il y a eu le web…
Là encore, le hasard : J’entends un parisien qui a fait une chanson sur l’OM. Je trouve ça mauvais et sans humour et je lui réponds sur sa propre chanson. Je la publie et en deux heures j’ai 800.000 vues !
Je n’y croyais pas. Du coup j’ai continué à en faire et aujourd’hui j’en suis à cinquante millions de vues et 500.000 abonnés !!! En plus il y a eu le Covid, le confinement et je m’en suis bien servi.
Tu chantes aussi !
Oui, je fais le chanteur de temps en temps, je reste dans l’humour.

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Avec son pote Jovany et… avec moi et la chemise de son père !

Tu as fait un clip avec Alex Dana ex L5.
Oui, elle est marseillaise, on se connait et elle voulait faire un duo avec moi sur la chanson «Si on devait mourir demain» de Pascal Obispo, qu’il chante avec Natasha St Pier. On a pensé, puisqu’on était en période de confinement, à ce qu’on pouvait faire si tout à coup on devait ressortir. Et ça a donné «Si on devait partir demain». On a tourné le clip à Marseille, à Carry le Rouet et à Cabriès.
En fait, tu es toujours dans le Midi «Arlésien cœur fidèle» !
Je t’avoue qu’ en ce moment je vis plutôt dans le train ou dans ma voiture. Ma voiture est devenue mon épicerie !
Mais c’est vrai que je suis fidèle à Arles. J’ai récupéré la maison de mes parents, tous les deux ont aujourd’hui disparu mais j’y ai tous mes souvenirs d’enfance, c’est la maison de mon père et je l’ai rachetée avec beaucoup de difficultés car j’ai eu des problèmes avec ma sœur qui est en fait la fille de ma mère et pas de mon père.»
Là un petit blanc au souvenir de son père… mais l’humour revient vite alors qu’il me dit : «Tu sais, mon père avait la même chemise que toi. Ça m’a fait un choc lorsque tu es arrivé !»
J’ai failli la lui donner mais comme je n’avais rien d’autre, je l’ai finalement gardée.
Aujourd’hui, notre ami se partage entre spectacles et web car il continue ses petits tournages qui ont un succès fou et il se prépare à affronter la capitale.
«Je suis un micro comédien, je suis en bas de la ligue 2, il va falloir que je m’accroche pour monter en ligue 1 – me dit-il en riant – car Paris ce n’est pas encore gagné, il y a encore beaucoup d’à priori sur les artistes avec accent mais je tiens à le garder… Et je n’ai pas dit mon dernier mot !»

Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier
* On retrouvera Jovany au théâtre Daudet de Six-Fours  le samedi 26 février à 20h30 et 22h et au Centre Culturel Marc Baron de St Mandrier le dimanche 27 février à 17h et 18h30



Sanary sous les étoiles Une chasse à l’homme déconcertante

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«Sanary sous les étoiles» c’est habituellement de la musique, du jazz, du rock, de la variété.
Pour la première fois, l’on nous propose une pièce de théâtre : «Chasse à l’homme», une pièce de boulevard où, comme le veut la tradition, les portes claquent, les quiproquos  s’enchaînent et les placardssont toujours encombrés par un personnage.
Ce n’est pas du Molière, encore moins du Duras, mais une pièce rigolote concoctée par trois auteurs : Colette Kraffe, Fabien Martin et Caroline Santini.
Vous avez vu «Tanguy» ? C’est le même principe, sauf que là, c’est la mère, Jeanne (Valérie Mairesse) qui s’incruste chez sa fille Charlotte (Caroline Santini) et qui vit à ses crochets, qui cherche un homme sur les réseaux sociaux et qui va le trouver mais dont la fille va tomber amoureuse avant de se rendre compte qu’ils demi-frère et sœur.
Ce n’est pas un hasard si Christian (Thomas Lempire) est là : c’est son père qui l’envoie pour récupérer l’argent de sa femme. S’ensuivent des situations burlesques qui font qu’on perd un peu le fil de l’histoire.

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Trois comédiens qui crient et gesticulent et s’en donnent à cœur joie.
Mais même si quelquefois ils crient très fort, ça ne couvre pas les clacksons, les bruits de moteur de voitures et motos qui passent tout à côté de l’esplanade.
Lorsque ce sont des concerts, la musique passe au-dessus de toutes ces nuisances mais sans musique celles-ci sont terriblement gênantes. Le lieu n’est pas fait pour le théâtre et c’est dommage. Sans compter le vent qui, durant les répétitions, a fait tomber un pan du décor dans un grand fracas. Heureusement personne n’était dessous !
Après, comme nombre de spectacles, un «arrêt maladie» qui a duré plus d’un an, Sanary était leur reprise et nos consciencieux comédiens ont dû faire un filage  pour se remettre texte et situations en adéquation.
Du coup, ils sont passés de la répet’ au spectacle, sans espoir de rencontre.
Ce n’était pas le public des grands jours, la pièce étant le seul spectacle payant de la saison, ce qui n’est pas habituel, mais ceux qui étaient venus ont bien ri.
Et c’est là l’essentiel.

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jacques Brachet



Francis PERRIN : Tout commence à Sète

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Pho
to TF1

En dehors du fait que notre amitié remonte à… 40 ans, nous avons deux points communs : nous avons le même âge et nous avons débuté notre carrière il y a 55 ans, moi dans le journalisme, lui dans le théâtre.
« J’ai – me confie-t-il – signé mon premier contrat le 18 juin 1966 (encore un point commun : c’est la date de mes 20 ans !) comme régisseur au théâtre Antoine, Je débutais avec Jean-Pierre Marielle, Claude Piéplu, Jean Rochefort. Depuis, je n’ai jamais arrêté, passant du théâtre au cinéma et à la télévision ».
Depuis quatre ans nous nous envoyions des SMS faute de nous rencontrer. Il se passera encore quelques mois que nous nous retrouvions sur sa prochaine tournée théâtrale.
Curieusement, ma dernière rencontre avec le confinement fut celle avec Francis Huster à Bandol, qui m’annonçait le début de la série de TF1 «Ici tout commence». Entretemps… il est mort… dans la série, rassurez-vous !
Et voilà que mon autre Francis m’annonce son entrée dans l’autre série de TF1«Demain nous appartient». Depuis quelques semaines, il tourne aux côtés de Catherine Jacob qui y joue son épouse et ils sont les parents de William (Kamel Belghazi). Ils apparaîtront courant juillet.
L’occasion de lui consacrer une interview.

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0 ans d’amitié… Tout continue… Demain nous appartient !

«D’abord la Covid. Comment l’as-tu vécu Francis ?
Le plus simplement du monde, dans ma maison du Vaucluse, en famille, avec ma femme et mes quatre enfants. Je n’ai pas à me plaindre par rapport à d’autres. J’en ai profité pour travailler et préparer la rentrée.
Avant de parler de la série, parlons de l’arrêt d l’autre série, «Mongeville» sur France 3 qui s’arrête en plein succès. Sais-tu pourquoi ?
Je ne suis pas le seul puisque mon ami Jacques Spiesser subit le même traitement avec «Magellan» !
5 millions et demi de téléspectateurs par épisode, crois-tu que ce soit normal ? Sans compter que personne n’a eu la délicatesse de nous prévenir. J’ai appris la nouvelle par la presse. C’est un tel mépris pour les artistes et les spectateurs de la part de France Télévision ! De plus, les parts de marché étaient énormes. C’est incompréhensible. Je leur en veux beaucoup.
En connais-tu la raison ?
Crois-tu qu’ils nous l’ont dit ? C’est certainement un bureaucrate qui a décidé de changer la marque…
De quelle marque parles-tu ?
(Il rit) Le produit devait devenir trop vieux ! Un artiste, en fait, est considéré comme une lessive. Perrin et Spiesser sont devenus obsolètes, il faut changer le packaging, trouver une lessive qui lave plus blanc !
Mais bon, tournons la page…

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Photo TF1

… Et passons à cette nouvelle série dans laquelle tu viens de t’installer : «Demain nous appartient»
J’ai été étonné et néanmoins heureux qu’on fasse appel à moi. Mais c’était la bonne nouvelle après l’arrêt de «Mongeville», ce qui me rassure qu’on a encore besoin de la vieille lessive ! J’y joue donc le père de Wiliam qui est chirurgien, moi je suis opticien à la retraite et, avec ma femme (Catherine Jacob), nous venons rendre visite à notre fils et à sa famille.
On ignorait tout de la famille de William !
Et ça fait partie des surprises de la série ! Mais je ne peux pas t’en dire beaucoup plus car je n’en ai pas le droit. Mais des secrets de famille vont ressurgir.
Connaissais-tu Catherine Jacob ?
Oui, nous nous étions rencontrés sur un épisode de «Mongeville». Nous nous sommes bien entendus et c’est encore le cas. De même qu’avec les autres comédiens qui constituent ma famille et je sais qu’ils sont heureux d’avoir «un vieux» à leur côté. De plus le lieu est magnifique et Sète est une très belle ville.
L’ambiance ?
Comme le temps, magnifique ! Nous nous entendons tous très bien, par contre nous travaillons beaucoup pour garder chaque jour dix minutes d’images. L’organisation est parfait, nous travaillons dans le plaisir même si les journées sont très denses car le rythme est soutenu. Mais je suis habitué à ce rythme-là. Il faut être disponible et sur le coup en permanence et j’aime ça.
Du coup, tu es installé à Sète ?
Pas vraiment car je ne suis qu’à 200 kilomètres de chez moi. Travaillant trois à quatre jours par semaine, le reste du temps je rentre retrouver ma famille.

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Ta famille dont tu vas retrouver quelques membres… sur scène ?!
Oui, puisque je monte pour la rentrée «L’école des femmes» de Molière et je serai donc entouré de mon fils Louis, ma fille Clarisse et Gersende ma femme. C’est une belle aventure que nous créerons pour 55 représentations à Lyon et qui sera suivie d’une tournée de 37 dates. Et nous pourrons nous y retrouver à Marseille, Fos, Marignanne, la Ciotat.
As-tu le temps de répéter avec le tournage ?
Oui, nous le faisons un peu à la maison mais nous nous installerons à Lyon tout le mois de juillet.
Tu enchaîneras avec Paris ?
Non. J’ai décidé de ne plus jouer à Paris. Ça ne me dit plus rien.
Ne m’avais-tu pas dit que tu ne voulais plus partir en tournée ???
(Il rit) C’est vrai mais là, c’est un beau projet qui me tient vraiment à cœur. Et qui est en famille. Mais bon… on verra !

Propos recueillis par Jacques Brachet


Toulon
André NEYTON fête les 30 ans de l’Espace Comédia !

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1921.
Au commencement était une grange achetée par Joseph Rosa. Et le Comédia, premier cinéma de Toulon allait naître.
Mais après sept ans de réflexion, M Rosa revend sa grange qui va passer dans plusieurs mains.
En 1943, en pleine guerre, une bombe le transforme en grand trou béant.
Mais il renaîtra de ses cendres en 1950.
En 1984, à l’ombre de Jacques Tati, il se dote de deux salles, trois cents places, un bar.
Et arrive André Neyton en 1991. Enseignant, fou de théâtre et de langue occitane il a beaucoup bourlingué, a créé deux chapiteaux dont l’un s’est envolé dans le mistral, a squatté au théâtre de la porte d’Italie qui n’était alors qu’un dépotoir, il a subi de nombreuses pressions, des revers de fortune, des suspensions de subventions, des problème de tous ordres, avec différents maires, dont un maire qui ne savait pas que la culture existait et encore moins la culture régionale, Maurice Arrecks, puis l’arrivée du FN…
Une grande épopée avant qu’il ne pose ses valises à ce qui deviendra l’Espace Comédia. il y crée une salle de théâtre, une salle de répétition, un atelier occitan, des pièces, monte une troupe, le Centre Dramatique Occitan et nombre d’artistes de la région vont  y naître et s’y produire, de Miquèu Montanaro à Miquela e lei Chapacans, en passant par Philippe Chuyen, Yves Borrini et Maryse Courbet, Trompette et Bourguignon,  et tant d’autres.
Mais pas que…

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André Neyton dans « Gaston Dominici »- Xal comédien, auteur, un des piliers de la compagnie,

Car André est ouvert à toutes les formes de spectacles, à tous les genres et c’est ainsi que nombre de troupes de Méditerranée viendront y jouer, des chanteurs, des danseurs, des musiciens,  et des artistes nationaux comme Rufus, Anne Sylvestre, Romain Bouteille, les frères Belmondo, l’auteur et réalisateur Paul Vecchiali (qui est né au Mourillon) qui est venu y créer une pièce… Chez lui, Molière et Brecht se sont toujours superbement entendu.
On l’a traité de fou, d’utopiste… Mais il fallait l’être pour que le vaisseau vogue sur les rives de la Méditerranée.
Il faut savoir que, jusqu’à l’arrivée des frères Berling et du Liberté, Toulon ne possédait pas de théâtre hormis celui de la Porte d’Italie et le Comédia. Oui, il y avait l’Opéra avec pour seules pièces de théâtre celles du Boulevard parisien.
Grâce à des gens comme Robert Laffont qui l’a beaucoup aidé et qui a produit pour France 3 en 85 «La révolte des cascavèus» qu’il a écrit et tourné avec la troupe d’André,  Jack Lang, qui a beaucoup aidé les théâtres en région, les langues vivantes et la langue occitane entre autres, à Jean-Louis Barrault qui a créé le Théâtre des Nations à la Sorbonne et où André et sa troupe y ont joué pour la première fois en professionnels.

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Extraits de l’exposition

Car, à l’heure où il est question (encore une idée géniale !) de faire disparaître des écoles nos langues régionales comme si ce n’était que du folklore, alors que ce sont nos racines, que l’on soit Corse, provençal, breton, basque, André et tous ces beaux comédiens ont défendu, défendent et défendront toujours notre belles langue occitane.
Toujours avec cette force de persuasion, cette volonté de défendre les théâtres, les cultures, les langues, les libertés, André Neyton a monté de grandioses spectacles hors les murs à l’instar du Puy du Fou créant en pleine nature provençale des épopées magnifiques dont tout le public se souvient encore : «Le siège de Mons», «Maurin des Maures», «Gaspard de Besse».
A noter qu’André pourrait  apparaître dans un jeu de sept familles : Vous demandez le père et André apparaît, la mère, Josyane, sa femme, comédienne, Michel son fils, technicien, éclairagiste, Sophie, la fille, comédienne, Isabelle, femme de Michel, costumière, Xavier-Adrien Laurent, dit Xal, comédien, collaborateu et ami d’André depuis 2004, qui reste un membre de la famille… La famille Comédia se porte bien !!!
Voilà donc 30 ans qu’André, comédien, auteur, metteur en scène, directeur de théâtre nous fait rêver, nous fait réfléchir et nous présente des spectacles que nous nous n’aurions pu voir nulle part ailleurs dans la région. Qu’il invite des artistes, des compagnies  qui viennent de Grèce, d’Italie, d’Algérie, d’Espagne… de tous les pays bordés par la Méditerranée…
Ça méritait un bel anniversaire et surtout ce film très émouvant,  «Le Comédia, un théâtre dans la ville» à la fois joyeux et nostalgique et qui nous rappelle 30 ans de beaux souvenirs de spectacles et d’événements, film que nous offrent XAL et son complice Hervé Lavigne.

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Travail de recherches incroyable, témoignages d’artistes, de journalistes, de personnes ayant des liens très forts avec ce théâtre et cet homme magnifique qu’est André Neyton qui se bat corps et âme pour la culture, la nôtre, celle des autres, qui n’a jamais baissé les bras dans la tourmente qui continue à mener les combats dont un de taille qui s’annonce aujourd’hui : la vente du Comédia par le propriétaire des murs pour des raisons familiales, pour le vendre à un promoteur.
Comment empêcher qu’une telle hérésie se produise ? Détruire un tel lieu pour un simple profit de promoteurs est impensable.
Espérons que les instances politiques et culturelles vont réagir.
Fermer un théâtre alors qu’on a plus que jamais besoin de culture est une désolation !
Ses 30 ans, il les fêtera du 12 au 15 juin, en présentant ce film, et en offrant une exposition et en espérant que ce n’est qu’une étape de plus et que l’Espace Comédia continuera à vivre encore de longues années.
A suivre…

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La famille Comédia !

Jacques Brachet
Aidez à sauver ce beau lieu : http://espacecomedia.com/soutiencomedia.html

Toulon – Conservatoire TPM : Silence… Ça tourne !

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Suite à notre rencontre avec Macha Makeïeff et l’équipe du Conservatoire (voir article), nous nous retrouvions dans la salle Racine où durant deux jours, s’est déroulé le tournage de ces clips créés par la dizaine de comédiens en herbe sélectionnés parmi une cinquantaine de candidats de tous âges, de tous bords, élèves, amateurs de compagnies théâtrales…
Tous ont passé le casting, chantant, dansant, disant un texte… Et s’il n’en restait que dix… Ils sont là !
La caméra se met en place pendant que Macha Makeïeff choisit le costume de chacun et revoit les scénarios qui vont être tournées. Ses recommandations sont écoutées religieusement, on se croirait dans un véritable cours de théâtre ou sur un vrai tournage professionnel.
L’ambiance est à la fois studieuse et décontractée, Macha, de sa voix douce, son sourire et son regard bleu, explique à chacun ce qu’il doit faire.

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Et la chorale se met en place.
La chorale ? Oui puisque ce clip réunit tous les artistes qui vont chanter une chanson des Beatles «Love me do», accompagnés d’un ukulélé. Tous très sérieux à part la joueuse de ukulélé qui extériorise sa joie et un choriste qui essaie de se mettre à l’avant.
Après quelques répétitions, le clap retentit et voilà que la chorale se met en branle.
Comme pour tout tournage professionnel, la séquence sera tournée plusieurs fois jusqu’à ce que chacun soit bien en place.

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Le second clip sera joué par trois comédiens : deux jeunes femmes au visage austère entourant un homme respectable qui sourit d’aise et disparait entre les deux grandes bringues… L’un à côté de l’autre, derrière une table… ça vous rappelle quelque chose ? Les Deschien,s évidemment, créés par Macha mais le sujet est différent car chacun va sortir un animal de dessous la table, le présentant aux autres, avec un coup de théâtre à la fin dont on gardera le suspense, sur une musique grinçante à la Hitchcock, jouée par l’accordéoniste de l’équipe, Baptiste Giuliano.
Entre deux séquences, le décor, de mauve est passé à jaune et chacun s’affaire dans un silence joyeux car tous sont heureux de vivre cette aventure.
Spectateur privilégié, je vais donc partir «en douce» entre deux tournages, en attendant de découvrir sur écran tous ces clips qui auront été tournés durant deux jours.

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A suivre donc…

Jacques Brachet


Des nouvelles de Châteauvallon-Liberté

Chers spectateurs, chers amis,
La fermeture des salles de spectacle au public est prolongée et ce, jusqu’à nouvel ordre. Les représentations de la Scène nationale sont donc annulées au moins jusqu’au 9 mars :
Équinoxe — 2 février – La réponse des Hommes — 5 février – La plus précieuse des marchandises — 10 et 11 février – Birds on a wire — 10 février – Un furieux désir de bonheur — 11 février – 10 Kg — 12 et 13 février – Mute — 13 février – Exécuteur 14 — 16, 17, 18 et 19 février – Giovanni !… en attendant la bombe — 18 et 19 février – Que faut-il dire aux Hommes ? — 18 février – Double Murder — 8 et 9 mars
Notre équipe vous accueille du mardi au vendredi de 11h à 18h pour procéder aux échanges, remboursements ou dons de vos billets.
Pour joindre la billetterie par mail ou par téléphone :
Châteauvallon — reservation@chateauvallon.com – 04 94 22 02 02
Le Liberté — reservation@theatreliberte.fr – 04 98 00 56 76

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La création artistique ne s’arrête pas !
Les artistes continuent de travailler sur les plateaux. Du côté du Liberté en janvier, le groupe de musique Merci Stan, accueilli en partenariat avec Tandem s’est installé en salle Fanny Ardant. Condor d’Anne Théron a pu être finalisé et présenté devant des professionnels du spectacle vivant. Rocio Berenguer a mis la dernière main à la création de son spectacle G5, initialement prévue dans le cadre de la Biennale des Imaginaires Numériques Châteauvallon-Liberté. Émilie Rasseneur et les adhérents de l’association CAAA de Toulon ont développé leur spectacle Un voyage au cœur de ceux qui franchissent les frontières, dont une représentation au Lycée Claret est prévue le 10 février.
Sur la colline de Châteauvallon, le Collectif ildi! Eldi est venu répéter Chasser les fantômes au théâtre couvert. La Cie Pop Manuscrit a investi le Baou avec un spectacle intitulé Conversation autour d’un non-spectacle. Tiens, tiens, ne serait-on pas dans le thème de l’actualité ?
Des spectacles de la saison déprogrammés en salle ont pu être adaptés pour être montrés aux écoliers et lycéens de la Métropole toulonnaise. Après Mon prof est un troll présenté à l’école Toussaint Merle de la Seyne-sur-mer, ce sera au tour d’Exécuteur 14, le spectacle de Tatiana Vialle avec Swann Arlaud d’être joué dans des lycées : les 9, 10 et 11 février au Lycée Saint-Joseph La Cordeille à Ollioules, au Lycée Bonaparte à Toulon et au Lycée du Coudon à La Garde. Que faut-il dire aux Hommes ? mis en scène par Didier Ruiz sera présenté le 18 février au Lycée Dumont d’Urville.
Nous avons hâte de vous revoir ! Mais en attendant, on se retrouve pour les derniers lives Facebook pour dialoguer en direct avec les marins du Vendée Globe les 10 et 24 février à 19h !

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Une 7e saison pour les Courts-métrages en Liberté
Les ateliers en classe sont menés tambour battant, notamment pour les Courts-métrages en Liberté. Après l’écriture du scénario, les élèves de la 4ème Borg du collège Pagnol et les élèves de CM2 de l’école Toussaint Merle ont commencé le tournage. Sans dévoiler trop vite cette histoire, nous pouvons d’ores et déjà dire qu’il sera question de scientifiques, de bête étrange, de population inquiète et confinée… Tiens, tiens, ça ne vous rappellerait pas quelque chose