
Il était l’un des cinq mousquetaires du groupe « Nous, C nous », avec entre autres Jean Dujardin, il retrouvait d’ailleurs son copain Dujardin dans « Brice de Nice il fit partie de la saga familiale « Fais pas ci, fais pas ça », sans compter les films, les séries, les one man shows où il s’illustra avec une énergie débordante et un humour décapant…
Mais n’était pas que ce personnage drôle et agité qu’on connaissait. Souvent, une fois qu’un artiste été taxé « comique », il lui est difficile de sortir de cette boîte dans laquelle le métier les ranger.
Il nous avait beaucoup émus, par exemple, dans la série « Le secret d’Elise ».
L’an dernier, on le retrouvait avec plaisir dans la série « A priori » et il était venu plusieurs fois dans la région présenter des films il était aussi venu jouer son one man show « Euphorique ». C’était en 2017. Il était également venu présenter « « Ma famille et le loup », tourné dans notre région ou encore » « La clinique de l’amour » et à chacune de nos rencontres, nous passions d’agréables moments tant il était disert, jovial, charmant,« Euphorique », c’était, en 2016, son grand retour sur scène dans un one man show, qu’il était venu présenter à Toulon.
« Ça faisait treize ans, me confiait-il, que j’avais arrêté les one man shows car je commençais à avoir ma dose ! Je voulais faire autre chose et ne pas faire de la scène pour faire de la scène ou pour faire de l’argent, et le stand up, ce n’est pas mon truc. Je voulais qu’il y ait de l’envie, de l’impulsion, avoir des choses à dire et délirer.
Et… ?
Et j’ai retrouvé Gabor Rassov qui avait écrit, avec Artus de Penguerm Le film « La clinique de l’amour » en 2012, que nous étions d’ailleurs venus présenter à Toulon. Nous sommes devenus amis et nous avions envie de retravailler ensemble sur un autre film… Qui s’est en fait transformé en spectacle !
Qui a eu l’idée ?
L’idée première était l’histoire d’un enfant qui était né en riant. Je ne voulais pas que ce soit une suite d’histoires mais une vraie histoire où le rire devient un vrai handicap, où l’on prend le type pour un débile, un démon, qui va du coup être adoré ou détesté. En fait, c’est tout ce que j’avais. C’est Gabor qui m’a aidé à faire la construction et il en a signé la mise en scène, avec un regard extérieur ».
Le départ de la carrière de Bruno s’est fait en 1994, avec cette idée de cinq humoristes qui se regroupent pour créer « La bande du Carré Blanc », nom du café-théâtre dans lequel ils jouaient. Et ils créent une chanson inspirée des boys bands de l’époque « Nous C nous ».
Ça a marché et ils sont devenus les « Nous C nous » !
« Tu sais que, même aujourd’hui on m’en parle alors qu’au départ ce n’était qu’un délire ! Ça a vraiment marqué les gens et c’est vrai que nous avons vécu un moment magique car ça fait partie de notre jeunesse, de nos débuts à tous, Dujardin-Collado-Joucla-Massot et moi. Je crois que nous avons vécu nos plus belles années. Nous en gardons comme un regard d’enfance. Et puis, on est passé à autre chose ».
Cet autre chose va arriver en 2005, lorsque Jean Dujardin va éclater avec « Brice de Nice » où il entraîne Bruno. Il y a eu un avant et un après et l’après sera ne numéro deux, qui reviendra sur les écrans en 2016… Qui s’intitulera d’ailleurs le numéro 3 !
Ça demande une explication, Bruno !
Le titre trouvé est « Brice 3, je casse le 2 » ! Les trois autres copains sont venus faire un petit rôle et le titre, c’était juste pour rigoler. D’ailleurs, beaucoup de gens nous demandent où est passé le 2 ! C’est dans la droite ligne du personnage complètement déjanté. Le tournage c’est magnifiquement déroulé, on a beaucoup ri avec le plaisir de se retrouver. Le scénario était costaud, surprenant et encore plus fou que le premier… Si c’était possible ! »
Lorsque je lui demandai si un jour il se retrouveraient tous les cinq sur une scène, il me répondait alors :
« Non, je crois qu’on a fait le tour de l’histoire des personnages et on ne voulait pas lasser le public. Alors, avant épuisement total, on a fait une belle et surprenante fin. On s’est bien amusé et on gardera de beaux souvenirs ».
Chacun est donc reparti sur des chemins différents et Bruno a continué le sien avec la série qui a cartonné « Fais pas ci, fais pas ça ».
On lui a alors proposé beaucoup de comédies où il excelle, mais le métier n’ayant pas beaucoup d’imagination, il devra attendre, malgré son succès, pour enfin atteindre des rôles dramatiques comme dans « Le secret d’Elise » ou « Meurtre sur l’île de Ré ». Mais il a aussi fait du doublage d’une web série avec Elie Semoun, avec qui il avait joué dans « Avalanche sharks, intitulée « Coquille ».
Il était venu présenter à Six-Fours « Ma famille et le loup » d’Adriàn Garcia, un tournage original, d’abord parce qu’il y a toute une horde d’enfants et que le réalisateur est espagnol… et ne parlait alors pas français ! C’est la belle comédienne espagnole Carmen Maura qui servait d’interprète à double titre !
Un film qui s’est tourné dans le Var, où l’un des comédiens, Damien Buner a vécu entre La Cadière d’Azur et Bandol et où Bruno me confiait qu’il venait en vacances à Carqueiranne et Port-Cros. Manque de chance, alors que le tournage se faisait en Juin, la pluie ne cessa de tomber !
Bruno avait adoré ce tournage :
« J’ai adoré la poésie qui se dégageait du scénario, un scénario écrit sur un sujet grave, la mort mais traité de façon très poétique et surtout vu par le regard des enfants dont j’ai aimé la maturité. Plus adultes que nous, qui faisions plus de conneries qu’eux ! J’ai l’habitude des enfants et je suis moi-même resté un enfant. On s’est beaucoup amusé, on a beaucoup ri ensemble. On était vraiment sur la même longueur d’ondes ».
Bruno Salomone avait 55 ans, un peu tôt pour nous quitter et je reprendrai la phrase d’une chanson de Jean Ferrat à la mort de son ami : « Tu aurais pu vivre encore un peu »…
Jacques Brachet





































































































