Archives de l’auteur : Jacques BRACHET

Six-Fours – Espace Malraux
Une vie associative culturelle florissante

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De
gauche à droite : Josephe Mulé, Christiane Giordano, Viviane Thiry, Delphine Quin,
André Mercheyer, Fabiola Casagrande, Agnès Restegno, Linda Schelle, Florence Andrieux,
Afida Legheddar, Thierry Mas Saint-Guirol.

Des livres, du théâtre, des traditions, des voyages, de la musique, de la photo, du caritatif…
De la culture à tous les étages, du moins dans l’Espace Maraux en ce week-end ou Fabiola Casagrande, adjointe aux affaires culturelles, entourée de nombre d’adjoints et de conseillers municipaux, avait invité les associations culturelles à venir se présenter, se faire mieux connaître et se rencontrer tant on sait que l’union fait la force.

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Christiane Giordano (Amicale Pieds Noirs) – Delphine Quin, Gérald Lerda (Cabinet du maire) Fabiola Casagrande – L’association « Bibliothèque pour tous »

C’est ainsi que dans une ambiance on ne peut plus sympathique, chacune avait décoré leurs stands de photos, documents, affiches, livres, instruments de musique et que les six-fournais ont répondu présent et sont venus nombreux à cette réunion de «cultureux» et de membres d’associations, tous bénévoles, qui leur offrent tant d’événements au cours de l’année dans des lieux divers et variés.

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André Mercheyer, Dany Cayol (Le Téléthon) Joseph Mulé – Le Comité des Fêtes de Six-Fours –
Le Rotary de La Seyne-Six-Fours et son président Christophe Andrieux (A droite)

Ainsi a-t-on pu se rendre compte que cette commune est vivante, riche en associations, en culture qui font les joies de autochtones qui ont envie d’apprendre, de découvrir et surtout de se faire plaisir dans ces temps de bouleversements et d’événements pénibles à tous les niveaux  dont le pire fut cette année et demie de pandémie et d’enfermement.
Un bol d’air, un bol de culture, un bol rempli de sourires et de plaisir ne pouvait pas faire de mal et chacun a pu se balader à travers les allées, trouvant sa raison d’entrer dans la vie associative.
Adjoints et conseillers municipaux étaient très présents, rencontrant le public venu nombreux.
C’était samedi matin, le maire Jean-Sébastien Vialatte avait promis de se joindre à la fête l’après-midi et durant tout ce week-end chacun pourra découvrir la riche vie associative et culturelle de notre bonne ville de Six-Fours.

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Marie-Paule Martinetti (à droite) metteuse en scène et directrice  du Théâtre de Fortune et ses élèves – L’association provençale Lou Raioulet.

Jacques Brachet







NOTES de MUSIQUES

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Philippe Crettien Nonet – The North African Suite  – www.philippecrettienmusic.com
Philippe Crettien est né dans le Sud de la France. Il a surtout vécu en Afrique du Nord, en Angleterre, et aux Etats-Unis. Dès son plus jeune âge il a écouté des styles et des genres de musiques différents, ses parents étant mélomanes. Il a étudié le piano puis s’est concentré sur le saxophone alto pendant la période de ses études au Lycée Français de Londres. Suite à la découverte de John Coltrane, Wayne Shorter et Sonny Rollins il abandonne le saxophone alto pour le saxophone ténor.
Après une année en Musicologie à la Sorbonne et au C.I. M de Paris il étudie au Berklee College of Music et au New England Conservatory à Boston. Il obtient le diplôme BA du Berklee College of Music. Pour son premier contrat professionnel il est avec le Chanteur de Blues Mr. Jelly Belly.
Il fut l’un des protagonistes du succès des premiers festivals « Jazz is Toulon » dont il fut Directeur Artistique et Directeur des Ateliers du Festival de 1991 à 2000, ayant amené avec lui les Bostoniens avec lesquels il travaille et enregistre : Bill Lowe, John Medeski, Andy Jaffe, Mario Pavone, Bob Gullotti, Rick Pekham, et Dave Zinno. Philippe Crettien vit aux Etats-Unis où en plus de ses activités de musicien il est Directeur des orchestres de jazz et Directeur du Département Jazz du Conservatoire de Musique de la Rivers School à Weston (Massachussetts).
Au départ Philippe Crettien jouait du sax ténor avec un gros son et un engagement rentre-dedans, influencé par Coleman Hawkins entre autres. Depuis il n’a cessé d’évoluer pour arriver à cette maturité qui l’a vu s’engager sur les pas de Wayne Shorter et surtout de Warne Marsh, en gardant une sonorité ronde, puissante mais avec quelque chose de fragile, et parfois un son plus râpeux, plus angulaire. Une belle évolution dans l’écriture aussi, avec des arrangements soignés et personnels
Pour ce nouveau disque Philippe Crettien retrouve ses impressions d’adolescent en Afrique du Nord : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie. Les parfums des marchés. Il dit qu’il a composé les 7 morceaux de ce disque en hommage à ces beaux paysages, à ces peuples chaleureux, et à leur riche culture. Pour ce faire il joue du ténor, du soprano ou encore de l’alto, et s’est entouré de Felipe Salles (fl), Tony d’Aveni (tp, flh), Clayton De Walt (tb), Bill Lowe (btb, tba), Patrick Mottaz (g), Géraldine Bergonzi (p), Sean Farias (b, eb), Mike Connors (dm).
D’emblée, sur « Marrakesh » on retrouve toutes les qualités du ténor, et le disque démarre fort avec une introduction très coltranienne, puis une promenade avec les solos de ténor, chaleureux ; trompette très fluide ; et trombone qui arrache.
Les arrangements sont remarquables, on y sent les influences bien digérées de Gil Evans et de Gunther Schüller (celui du Nonet de Miles Davis en 1949). Le Nonet de Crettien sonne comme un seul musicien. Mise en place, distribution des solos, tout est bien huilée avec une rythmique qui tourne à merveille. Les solos sont parfois enveloppés dans de subtils voicings, ou ponctués de petits riffs, ou tout simplement reposant sur la rythmique. De la belle ouvrage !
On se fera une idée de tout cela par exemple dans « Tipaza » particulièrement inspiré sur tempo lent, un gros son, des notes bien rondes de la contrebasse, un long solo tendre, émouvant et expressif au soprano par Philippe Crettien, suivi dans la même atmosphère par le trombone de Bill Lowe. « Blues for Valentin » s’appuie sur des réminiscences Bop, Quintettes Parker ou Gillespie, puis le cool vient s’y mélanger, on a affaire à un savant mélange de ces deux moments du jazz, à noter le solo de guitare. Un curieux morceau « Mistral » qui démarre sur un rythme de marche (rappelons qu’à ses débuts à la Nouvelle Orléans, les marches constituaient un des fonds du jazz ; retour aux racines), puis on quitte la marche pour la retrouver à la fin. La mélodie pas loin de celles de Henry Mencini (La Panthère rose), à noter un beau solo à la trompette bouchée (sourdine Harmon).
La tournure des arrangements fait que le disque est réellement construit comme une suite, avec toujours le souci de la mélodie. N’hésitez pas à faire et refaire la Promenade.

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M.O.M – Louis Moutin – Jowee Omicil – François Moutin
Laborie Jazz LJ59 ) (Socadisc-Idol) – 12 titres – 55’ 28’’
Les frères Moutin sont jumeaux, tous deux autodidactes, élévés dans une famille d’amateurs de jazz qui possèdent une belle discothèque de Jelly Roll Morton à Duke Ellington.
François se met à la guitare à l’âge de 5 ans, à onze il travaille le piano et l’harmonie, à quinze la guitare basse et enfin la contrebasse. Après un diplôme d’ingénieur il choisit de devenir musicien en 1985. Il est tout de suite reconnu par le milieu et intègre l’ONJ (Orchestre National de Jazz) en 1988. En 1995 il s’installe à New York où il joue avec la crème du jazz américain.
Louis joue du piano dès l’âge de 7 ans, mais à 20 il se met à la batterie qui sera son instrument. Lui aussi va jouer avec la crème du jazz.
Les deux frères créent le Moutin réunion Quartet en 1998 avec lequel ils vont publier 5 albums, donner 450 concerts dont 22 tournées aux Etats Unis. En 2013 ils créent un nouveau groupe, le Moutin factory Quintet avec lequel déjà 3 disques et plus de 120 concerts.
Jowee Omicil est un souffleur et poly-instrumentiste, d’origine haïtienne, né à Montréal et désormais basé à Paris. Il a travaillé dans le passé avec des artistes tels que Tony Allen, Jacob Desvarieux, Roy Hargrove, Michel Martelly et Francisco Mela. Pour ce disque il joue de la clarinette et des saxophones. Pour son dernier disque « Love Matters » Laborie Jazz lui prête tant d’influences dans lesquelles on va du gospel à Monk, Miles, en passant par le funk, les chansons des îles ou d’Afrique, sans oublier Bach et Mozart, qu’en en reste confondu.
Dès les premières notes : le choc ! On connaît les grandes qualités des Frères Moutin, mais pas celles de Jowee Omicil, qui est pour moi une découverte, et quelle découverte. Ce gars là renvoie beaucoup de saxes à leur jazz. Il a tout : La maîtrise totale sur toute la tessiture, la puissance, la chaleur, le son ample, avec du grain, qui sait aussi se faire tendre, le lyrisme, l’expression, le sens de la mélodie, de l’harmonie, et le swing. Que demander de plus. Il joue un seul morceau à la clarinette «Caresse » qui fort judicieusement est une caresse avec un joli son très boisé, morceau bâti sur de petits motifs qui se répètent entre les trois instruments. De la dentelle.
François est toujours aussi lumineux à la contrebasse, et Louis un orfèvre de la batterie.
Tous les morceaux, écrits chacun par l’un ou l’autre des musiciens, sont à citer. Je privilégierai pour l’exemple « Fly with the wind » qui démarre assez déstructuré pour se restructurer et chauffer sur des phrases courtes entrecoupées de notes tenues du sax, ce qui rend le chant très vivant. Ou « Ballade à deux notes » sur tempo lent, morceau très sensible et expressif. Et puis « Cosmic dance » où Jowee Omicil fait des étincelles dans la grande tradition des saxes hurleurs de la grande époque, se baladant du grave au suraigu avec une facilité rare. Et ça swingue ! Un autre morceau qui décale un peu « Soixante-neuf » pris sur un rythme funky par la batterie, une belle mélodie, un solo de contrebasse hors des sentiers battus, et un sacré beau feeling de la part du trio.
Dans ce disque ce n’est pas une rythmique qui accompagne un soliste mais une conception globale de l’œuvre jouée en contrepoints par les trois instruments, avec aussi des envolées du sax.
Un grand disque.

The Volunteered Slaves – SpaceShipOne – Day After Music (dist : kuroneko) –
Disque enregistré de mars à septembre 2021 à Sarzeau – 11 titres –  Durée : 64’
Ces Volunteered Slaves, nommés ainsi à leur fondation à Jazz in Marcillac en 2002 en hommage à la « « Volunteered Slavery » de Roland Kirk (et Il y a du Kirk, et aussi du Coltrane dans le saxophone de Temime) s’expriment dans un creuset où se fondent l’ouverture du jazz fusion, la transe coltranienne, l’impact du rock, le feeling du funk, la force du hard bop, et la charge de l’électro, qui domine le disque: le tout dans un partage généreux et un plaisir de jouer ensemble, de s’éclater, qui vous emporte. Quand la musique est vraie, forte, expressive, belle, alors tous les clivages s’abolissent dans la communion du plaisir partagé.
Ces Volunteered Slaves réussissent ce que beaucoup essaient et ratent, le mélange des styles, des cultures dans le creuset jazz, car ils sont d’authentiques jazzmen. Ils ont d’abord beaucoup joué live avant d’enregistrer. Ils sont maintenant à la tête d’une dizaine de disques. Le groupe a un peu changé de personnel, mais l’influx, la chauffe, le délire, l’expression body and soul y sont toujours présents.
J’ai connu Olivier Temime à ses débuts à Toulon ; il m’avait déjà impressionné par ses immenses qualités, qu’il n’a cessé de développer. C’est un fou passionné de ténor. Je l’ai revu au Festival de Saint Louis du Sénégal en 1997, encore meilleur ; il allait jouer toutes les nuits dans les bars du coin. Insatiable ce mec ! Je l’ai revu encore à Jazz à Toulon en 2012 ; il accompagnait une chanteuse, heureusement qu’il était là.
Autour de lui le pianiste Emmanuel Duprey, l’organiste Emmanuel Bex (Django d’or/Victoires du jazz) – tous deux à différents claviers – le batteur Julien Charlet, et le bassiste Akim Bournane. Du beau monde s’il en est. Tous ont joué avec la crème du jazz en France et d’ailleurs. Les claviéristes manient les sons comme Jupiter la foudre.
Ça tourne, ça chauffe, ça déménage (Ursa Major)  mais ça plane aussi (Ballade pour Laïka) ;  en route pour l’espace avec ce SpaceShipOne. C’est dire qu’on décolle, et pourtant on reste fixé au sol par la rythmique béton.
N’hésitez pas à prendre place dans ce vaisseau spatial : transes et vertiges garantis pure  musique sur les 11 thèmes composés chacun par des musiciens du groupe

Serge Baudot

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La chronique de Serge Baudot

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Eric Séva – Triple Roots – Résonnances (Laborie-Socadisc)
Eric Séva est un saxophoniste et un compositeur reconnu dans les domaines du jazz et autres musiques.
En 1990 il fonde le groupe « Yes Yes Yes » avant de rejoindre en 1995 le quintette de Didier Lockwood. Fort de cette reconnaissance il va parcourir les scènes et les studios pendant une quinzaine d’années, enregistrant une centaine de disques avec entre autres pour le jazz Chris Réa, Franck Tortiller, Eric Longworth, Sylvain Luc. Il fera partie de l’ONJ (Orchestre National de Jaz De 2005 à 2008).
Musicien éclectique il collabore également avec de nombreux artistes de variété, comme par exemple Henri Salvador, Jean-Michel Jarre, Michel Sardou, Les Rita Mitsouko, Maxime Le Forestier, Sanseverino, Thomas Fersen, Dick Annegarn…
Son disque Nomade Sonore a été Disque choc de l’année 2015  pour Jazz Magazine.Mother of Pearl a été noté « 4 étoiles » par le même Jazz Magazine et a reçu le « Choc » de Classica, la mention « indispensable » et Paris Move pour Jazz News
Eric Séva s’est produit en concert dans de nombreux festivals en France et à l’étranger.
Voilà qu’il vient de sortir « Résonnances » chez Laborie Jazz avec son nouveau trio composé de Kevin Reveyrand (b) et Jean-Luc Di Fraya (dm).
Musicien éclectique lui aussi, Kevin Reveyrand promène sa basse électrique et sa contrebasse depuis plus de 20 ans pour accompagner aussi bien des jazzmen (Billy Cobham, Olivier Ker Ourio, Mike Stern, Nguyen Lê) que des chanteurs (Paul personne, Patrick Bruel, Patricia Kaas)
Jean-Luc Di Fraya est un cas à part. Il est non seulement batteur, percussionniste, compositeur, mais aussi  chanteur de jazz, haute contre en musique religieuse. Il a reçu une formation solide auprès du conservatoire de batterie Giacontino, du C.N.R. Marseille Classique, de l’I.M.F.P. il est sorti Premier prix du C.N.R. Marseille Jazz promotion 98. Il est également, créateur de spectacles de rue (Compagnie Shaan), à l’origine en 2002 de « l’Odyssée de la Cannebière ». Il est musicien permanent de la Compagnie Nine Spirit de Raphaël Imbert à Marseille. Il serait trop long d’énumérer toutes ses participations et créations. Que ce soit à la batterie ou au chant c’est un musicien qui « chauffe » un groupe comme personne.
Voici donc ce nouveau disque aux triples racines (Triple Roots), un trio acoustique donc, sur des thèmes du leader, sauf « Reason And Heart » du bassiste.
Disons le d’emblée, c’est un disque magnifique, du beau, du grand jazz dans toute sa pureté, son dépouillement. Des belles et somptueuse mélodies, tendres et émouvantes, jouée avec délicatesse, subtilité sur des arrangements limpides.
Eric Séva alterne le ténor et le soprano, qui a quand même la priorité. Parfois Jean Luc Di Fraya chante à l’unisson des saxes, de l’un ou de l’autre, effet garanti. La rythmique ne se contente pas d’accompagner, ce qu’elle fait très bien, mais les trois musiciens jouent en contrepoint  comme sur « Les Roots d’Alicante ». Si on veut se faire une opinion avant d’acheter le disque écouter « Luz De Port Coton », la contrebasse chante, notes rondes, son pur pas un bruit parasite. Il y a du blues dans les saxophones, et ces enchanteurs unissons voix/sax. Ecouter aussi « Le Village d’Aloya », mêmes qualités avec un batteur qui se déchaine vers la fin.
Tous les morceaux sont du même tonneau. Un grand disque, pas du tout musique du monde, mais du pur jazz d’aujourd’hui dans ses triples racines : mélodie, blues et swing.
Erol Josué – Pelrinaj (Geomuse)
N’étant pas spécialiste des musiques d’Haïti et ne connaissant pas ce chanteur, je préfère citer un article de Publik’Art pour les présentations:
« Erol Josué invoque le patrimoine haïtien dans son nouvel album Pelerinaj. A la fois prêtre vaudou, comédien, chanteur et danseur, il provoque un bouillant télescopage des cultures et des géographies. Plus surprenant, il est également directeur général du Bureau National d’Ethnologie d’Haïti depuis 2012, de quoi le motiver encore plus à transmettre et préserver le patrimoine culturel de son pays.
« Pelerinaj » englobe le travail de pas moins de 13 années pour livrer des morceaux entre transe, musique traditionnelle et tube électronique. Le disque se laisser aller dans des directions étonnantes en y incorporant l’apport essentiel des musiques d’Haïti. Différents invités interviennent sur l’album, Philippe Cohen Solal, Jacques Schwarz-Bart, Ben Zwerin, Mark Mulholland et le producteur américain Charles Czarnecki au mixage des sons traditionnels du Bénin et d’Haïti. Le premier extrait Erzulie évoque une divinité du vaudou haïtien, déesse de l’amour et de la beauté. Erol Josué est connu pour être un des plus grands adeptes du Vaudou en Haiti. C’est le séisme de janvier 2010 en Haïti qui a été la première inspiration de cet album et l’album offre un voyage qui fait référence aux expériences personnelles du chanteur autant qu’aux mythes de son île. Né en 1974 dans une famille vaudou, Erol Josué a quitté Haïti en 1993 pour la poursuite de son étude en Histoire de l’art en France. Parallèlement à sa carrière artistique, Erol Josué est directeur du Bureau National d’Ethnologie, poste qu’il occupe depuis 2012. Ses Musiques de vaudou préférées sont les musiques d’Ogou, celles qui parlent de résistance et de force. »
Mais les titres personnels ne font pas la musique ; alors qu’en est-il de celle-ci?
C’est effectivement un voyage à travers divers styles. Le chanteur possède une voix chaude, bien timbrée, puissante ; il sait tenir la note. Il est accompagné par différents musiciens, de styles divers, selon les morceaux. Quelques exemples : « Erzulie », hymne à la déesse de l’amour, assez funk. « Rèn sobo a », très chant africain. J’ai un faible pour « Chango » et surtout « Gede nibo » avec l’excellent saxophoniste ténor de jazz Jacques Schwarz-Bart, qui prend un beau solo sur ce morceau. A noter un curieux Ave Maria intitulé « Palave Maria ».
Cet album est fait de mélanges curieux qui finalement produisent une unité par la voix et l’engagement du chanteur. A écouter sans à priori d’étiquettes, simplement se laisser porter l’esprit ouvert.
Un livret fourni tous les renseignements : musiciens, paroles, etc.

 

 

 

 

 

 


France 3 – Mardi 9 novembre à 21
Sophie Cross Série inédite – 3 x 90 min

SOPHIE CROSS

Écriture : Paul Piedfort
Adaptation et dialogues : Marie-Anne Le Pezennec
Réalisation : Franck Van Mechelen
Avec Alexia Barlier (Sophie Cross), Thomas Jouannet (Thomas Leclercq), Cyril Lecomte (Gabriel Deville), Mariama Gueye (Amina Dequesne), Oussama  Kheddam (Fred Fontaine), Wanja Mues (Alexander Brandt), Aurélien Recoing (Olivier Breton), Fred Bianconi (Maxime Lecomte), Olivier Soler (Olivier Marchand), Frédéric Van Den Driessche (Paul Renaud), Naïma Rodric (Estelle Renaud), Frédérique Tirmont (Edith Mueller)…

Sophie Cross, brillante avocate, et son fils de six ans Arthur profitent d’une belle journée dans les dunes de la mer du Nord qui bordent leur maison. Quelques secondes d’absence de Sophie suffisent pour que son fils disparaisse. Le cauchemar commence alors pour elle et son mari Thomas, pourtant commissaire de police, mais impuissant face à ce drame et anéanti de ne pouvoir retrouver leur fils.
Trois ans plus tard, Sophie et Thomas restent dévastés. Alors qu’il est convaincu qu’ils ne reverront jamais Arthur, elle se refuse de perdre espoir et, après une formation, se prépare à intégrer la police afin de retrouver la trace de son fils.
C’est dans l’unité criminelle dirigé par son mari Thomas que Sophie va devoir se faire une place parmi les membres de l’équipe plus ou moins heureux d’accueillir cette nouvelle recrue.

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Alexia Barnier & Thomas Jouannet

Episode 1
A la suite de la disparition d’Arthur, son fils de six ans, Sophie Cross brillante avocate, n’arrive plus à exercer son métier qui la conduit à devoir parfois défendre des criminels. Trois ans plus tard et après avoir passé son équivalence d’officier de police avec succès, Sophie intègre l’unité criminelle dirigée par son mari Thomas. Alors qu’il est convaincu qu’ils ne reverront jamais Arthur, elle refuse de perdre espoir et passe ses nuits à chercher la vérité.
Dès son arrivée au commissariat Sophie doit trouver sa place dans une équipe qui apprécie peu son statut de femme du patron. Sous les ordres du Capitaine Gabriel Deville et avec ses coéquipiers Amina et Fred, Sophie va se trouver rapidement projetée dans une enquête où les meurtres se succèdent étrangement.
Episode 2
Sophie a reçu par mail une photo d’Arthur qui prouverait qu’il est vivant. Méfiante, suite à de nombreuses désillusions, elle enquête en secret sur l’origine du mail sans en parler à Thomas qui pense que cette obsession est destructrice.
Le corps sans vie d’un professeur est découvert sur le parking d’un lycée par sa toute jeune compagne. L’enquête progresse difficilement : entre jalousies, mensonges et secrets de famille, l’équipe tourne en rond, ce qui provoque la colère de Deville. Sophie, à qui on reproche d’avoir joué solo, se heurte à l’autorité.
L’équipe va-t-elle pouvoir se ressouder pour trouver le coupable ? Et la piste d’Arthur va-t-elle confirmer qu’il est encore en vie ?

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Mariama Gueye – Cyril Lecomte – Mark Grosy – Wanja Mues

Episode 3
Désespérée par la perte de la seule piste réelle qu’elle possédait dans la recherche de son fils, Sophie se confie enfin à Thomas qui décide de l’épauler.
L’équipe est chargée d’enquêter sur la mort d’un détective privé. Aucun élément concret ne permet d’avancer jusqu’à ce que le légiste, en livrant son analyse, fasse repartir l’enquête cinq ans en arrière. Mystères, secrets, fausses pistes et IGPN ralentissent l’équipe.
Sophie et Thomas ont trouvé des informations importantes concernant un trafic d’enfants. Arriveront-ils à retrouver leur fils Arthur ?

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TPM… Silence, on tourne !

20211014 Inauguration Bureau des Congrés et Tournages TPM (c) O Pastor TPM 2

Outil de développement de l’attractivité touristique, économique et culturelle du territoire, le Bureau des Congrès et des Tournages TPM, créé le1er janvier 2021, permet l’élaboration d’une stratégie cohérente et efficace de promotion et de communication destinée aux professionnels de l’industrie cinématographique et audiovisuelle au niveau national et international, ainsi qu’aux organisateurs d’événements et de congrès. Il inscrit la destination TPM dans le nouveau tourisme d’affaires.

Le bureau des Congrès
Le bureau métropolitain des congrès et des tournages constitue une nouvelle porte d’entrée de la Métropole TPM, en complément des 12 communes, pour répondre de façon opérationnelle et accompagner la réalisation des projets sur le territoire afin de faciliter leur réussite : accompagnement adapté des professionnels en termes administratif, hôtelier, restauration, logistique…
Ce bureau est constitué d’un accueil physique place Besagne à Toulon et d’un accueil dématérialisé via un site présentant la destination TPM. Un plan de communication est élaboré et la participation régulière à des salons professionnels dédiés au tourisme d’affaires et aux tournages est mise en place.
Pour être au plus près des projets, le Bureau des Congrès offre un éventail de services sur mesure.
Promouvoir la destination auprès des organisateurs en France et à l’étranger
Être la porte d’entrée unique sur la destination en matière de congrès et d’événements et livrer du « clé en mains » aux organisateurs de tous ces horizons
Être un interlocuteur privilégié, disponible, pour faciliter l’organisation des événements en qualifiant le cahier des charges et en étudiant sa faisabilité.
Simplifier les démarches administratives
Mutualiser les compétences de tous les lieux et acteurs du tourisme d’affaires et de l’événementiel
Organiser des visites de repérage
Gestion des hébergements, restauration, transports, … un dispositif hôtelier de qualité pour les congressistes.

20211014 Inauguration Bureau des Congrés et Tournages TPM (c) O Pastor TPM

Le Bureau des Tournages
Répondant à l’objectif de développer la filière cinéma et audiovisuelle sur le territoire, le Bureau des Tournages est constitué d’un accueil physique Place Besagne à Toulon et d’un accueil dématérialisé via le déploiement d’un site présentant la destination TPM :
www.congres-tournages-tpm.fr
Ses missions sont de :
Développer et organiser l’offre de décors par la mise en place de partenariat (communes, armées, département…) – TPM est un territoire très apprécié pour ses décors balnéaires mais aussi militaires, ses maisons et demeures XIXe siècle, bénéficiant d’une grande variété de paysages à valoriser.
Faire l’interface entre les sociétés de production et les institutions et apporter une réponse rapide et coordonnée.
Développer des partenariats avec les institutions, les entreprises, les professionnels
Promouvoir le territoire au plan national voire international, via une présence dans des festivals tels que : Salon Paris Images ; Festival de Cannes ; Salon Focus London. Et organiser des «Reper-Tour» auprès de producteurs.
Début 2022, le Bureau des Tournages proposera
Un tiers lieu d’accueil des équipes de production – bureaux, stockage et ateliers ;
Un fonds d’aide à la production cinématographique et audiovisuelle doté de 100 000€ pour soutenir les tournages sur le territoire en lien avec la Commission Régionale du Film.

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TPM Terre de tournages, en chiffres
43 demandes reçues par le Bureau des tournages depuis le 1er janvier 2021 et 16 concrétisations.
Quelques réalisations :
Unitaire TV – 3 jours de tournage – 24 500 € de retombées économiques
La série suédoise Agent Hamilton – 2 jours de tournage – 4 150 € de retombées économiques
Accueil d’un long-métrage en mai au PAM à Saint-Mandrier- 13 jours – 92 640 € de retombées économiques
Film britannique d’époque – 1 mois sur le territoire cet été – Tournages au Pradet, La Seyne et Hyères – Base logistique à Toulon : mise à disposition de bureaux et du Zénith pour le stockage – Plus de 100 000€ de retombées économiques

Quelques films tournés dans la métropole
«Une autre vie» tourné  à Hyères en 2014
«Un homme idéal» tourné à Toulon en 2015
«C’est beau la vie quand on y pense» tourné à la Seyne en 2017
«Proxima» tourné à Carqueiranne en 2019
«C’est quoi cette mamie ?» tourné aux Sablettes en 2019
«Ma famille et le loup» tourné à la Seyne en 2019
«Divorce Club» tourné au Pradet en 2020



Six-Fours – CapSein – Elles sont épatantes !

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Elles se prénomment Solène, Karin, Magali, Isabelle, Hélène, Michèle.
Et elles ont osé !
Osé quoi ? Poser pour le photographe Daniel Pelcat, seins nus.
Vous me direz que de nos jours, rien de plus banal. Mais il faut savoir que ces femmes émergent toutes d’un cancer du sein.
On sait ce que cette pathologie peut accumuler de sentiments contraires, du déni au doute en passant par la peur de ne pas s’en sortir, de rester mutilée, et ce que ça entraîne de douleurs pour s’en sortir, de la chimiothérapie  à la radiothérapie, sans compter nombre de troubles et d’effets secondaires comme la perte des cheveux par exemple, pour ne parler que de l’effet le plus visible.

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Même entourée de famille et d’amis, la femme est confrontée à la solitude et c’est pour cela que Béatrice Métayer, coordinatrice du réseau CapSein, appuyée par Christine Castello qui en est la présidente et aussi par le maire de Six-Fours, Jean-Sébastien Vialatte et Stéphanie Guillaume, médecin, adjointe à la santé, se sont tous réunis autour de ce réseau.
On en a déjà parlé, celui-ci accompagne les femmes atteintes du cancer du sein dans toutes les étapes, du dépistage à la guérison. Ce qui leur donne beaucoup d’énergie pour appréhender la maladie et beaucoup de courage… et de culot quelquefois comme cette exposition au grand jour de leurs corps malmenés.
Oui, elles ont osé poser pour montrer qu’elles restent d’abord des femmes «normales» , vivantes, debout, gardant toute leur féminité dans cette épreuve traumatisante.
Vendredi soir, dans les jardins de la Maison du Cygne, l’on pouvait rencontrer ces femmes en chair, en os et ainsi qu’en photos et il était à la fois joyeux et émouvant de voir leur sourire et leur pêche.

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Un sourire de combattantes, mélange de joie, de force, de courage, d’humour aussi et de fierté pour cette lutte de chaque instant, bel exemple de résilience.
Elles peuvent être fières de cette démarche qui, pour paraphraser Neil Amstrong, est un petit pas pour la femme mais un grand pas pour l’Humanité.

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Stéphanie Guillaume : communiquer, échanger, travailler ensemble.
Le lendemain, même lieu, Stéphanie Guillaume organisait une rencontre qui fera date dans la commune de Six-Fours.
En effet, elle a eu l’idée de réunir tous les médecins, praticiens, spécialistes, pharmaciens, infirmiers, tous les acteurs du médical qui viennent s’installer à Six-Fours.
«On sait – me confie-t-elle – que le secteur médical, entre autre touchant à la médecine générale, est un secteur vieillissant et que dans nombre de secteurs, les médecins se raréfient. Avec Jean-Sébastien Vialatte, maire de Six-Fours nous avons voulu réunir tous ces corps de métiers dont le public a besoin et qu’il doit souvent aller chercher loin de chez lui. Nous avons décidé de les inciter à venir s’installer chez nous en leur offrant des aides comme des mises à disposition de locaux à vendre ou à louer. Déjà nous avons reçu des propositions de gens voulant revenir auprès de leur famille et d’autres ayant envie de s’installer chez nous.
Cette réunion était surtout de mettre en rapport  tous ces nouveau venus, ces acteurs du soin, les présenter afin qu’ils se connaissent et qu’ils puissent travailler ensemble en bonne intelligence.

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Afin aussi de créer un réseau de compétence qui permettra aux six-fournais de pouvoir se faire soigner chez eux plutôt que d’avoir à se déplacer. Aujourd’hui, par exemple, de moins en moins de médecins se déplacent ce qui est un grave handicap pour les malades, que ce soient des enfants, des adultes et surtout les personnes âgées. Il nous faut aujourd’hui une dizaine de médecins libéraux dans un proche avenir. Déjà 29 médecins généralistes et 16 spécialistes  ont répondu présent et cet événement permet de les aider à s’insérer, à faire savoir qu’ils sont là et à les faire collaborer ensemble
Nous travaillons déjà avec des associations comme Sport Adapté Santé 83 animée par Cécile Limier, ou le réseau CapSein créé par Béatrice Metayer  car nous sommes tous concernés par le cancer.

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Un tel événement est difficile à mettre en place et je remercie le maire mais aussi Pierre Rayer, directeur de cabinet du maire pour leur aide ».
Passionnée par ce qu’elle fait, Stéphanie Guillaume ne peut qu’être heureuse de cette journée conviviale qui s’est déroulée dans le cadre enchanteur de la maison du Cygne et a permis à tous de communiquer, d’échanger et elle ne compte pas en rester là en envisageant de renouveler très vite cette expérience  en organisant des colloques, des rencontres sur différents thèmes.
Cette grande première est la preuve que la communication n’est pas un vain mot, permettant aux gens de se rapprocher, de se connaître, de pouvoir travailler ensemble… Qui plus est dans une ville on ne peut plus belle et conviviale.
A suivre donc, avec intérêt !

Jacques Brachet





TOULON – Pathé Liberté : Gigi et Jeannot crèvent l’écran !

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Nous avions Bosso. Nous avions Pujol.  Nous avions Mado. Nous avions Zize…
Et puis nous avons Gigi !
Qu’ont-ils en commun ? En dehors du fait d’être comédiens, il ont l’accent que, comme le chante Mireille Matthieu, l’on prend du côté de Marseille, de Nice, d Toulon.
Et Ghislaine Lesept, alias Gigi la Toulonnaise, fait aujourd’hui partie de ces artistes qui se sont construits avec leur accent, sans gêne, sans honte, au contraire, avec force et talent, comme au bon vieux temps des Mayol, Raimu, Fernandel et bien d’autres.
Aujourd’hui, notre accent n’est plus considéré avec hauteur mais il ensoleille, non seulement notre région mais toutes les autres qui manquent sacrément de cet atout majeur.
Revenons donc à Gigi, qui est un feu d’artifice d’énergie, de rires, dont j’ai l’honneur et la joie d’être l’ami depuis ses premiers one woman shows jusqu’aux dernières pièces de théâtres qu’elle écrit et joue avec un certain Fabrice Schwingrouber… un «estranger du dehors» qui nous vient des Cévennes et qui, bien avant ce monstre étrange qu’est le Covid a fait «s’estransiner» de rire la France entière avec «Noces de rouille».
«Noces de rouille» est une pièce qui a aujourd’hui une suite «Noces de rouille 2» et une re-suite «Noces de rouille sauce thaï» que l’on découvrira ce week-end au Théâtre de la Porte d’Italie.
Et par-dessus tout ça, comme chantait un autre toulonnais Gilbert Bécaud, on vous donne en étrenne… un film !

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Et oui, Gigi et Jeannot ont franchi le pas, mis en commun leur talent, leur énergie… et leurs sous, pour nous concocter la version filmée. Ils y ont mis trois ans car faire un film est une tout autre aventure qu’une pièce de théâtre !
Après trois essais infructueux pour présenter ce film qui a été reculé trois fois toujours à cause du Covid, avec Yassine Ben-Chadli, directeur du Pathé Liberté, ils ont enfin conjuré le mauvais sort et jeudi 14 octobre, devant une salle pleine, nous avons été conviés à ces «Noces de rouille» qui n’ont pas engendré la mélancolie, loin de là !
On y retrouve cet inimitable duo mais cette fois, entouré d’excellents comédiens, dans un petit village provençal où tous se connaissent, boulangère, barman, fleuriste, institutrice, postière… Toutes ces petites gens qui font vivre un village, qui se connaissent, qui cachent des secrets de Polichinelle, qui s’aiment, se fâchent, se rabibochent…
Et au milieu, Gigi et Jeannot qui vont connaître une crise, Jeannot ayant fauté avec la boulangère, Gigi qui voit revenir son amour de jeunesse qui l’a quittée il y a 20 ans pour la fleuriste à qui il a fait un gosse… Bref, des histoires de tous les jours revues et corrigées par nos deux comédiens qui ont l’imagination débordante et l’art de faire vivre des gens de tous les jours, comme au bon vieux temps de Marcel Pagnol auquel on ne peut pas ne pas penser tant ils ont avec lui de points communs : l’art de filmer, avec des maladresses qu’on oublie très vite, une histoire qui a d’abord été écrite pour la scène mais qui, avec le génie du verbe, nous fait entrer de plain-pied dans l’histoire, les histoires, grâce aussi à de beaux comédiens qui sont venus prêter mainforte bénévolement, simplement pour le plaisir de participer à cette incroyable aventure.
Inutile de dire que le public fut enthousiaste, applaudit haut et fort et fit la queue pour se faire signer le livre tiré du film, les DVD du spectacle et du film.
Inutile aussi de préciser que nos deux auteurs-comédiens étaient heureux de voir se concrétiser avec succès ce qui leur a pris du temps, de l’argent, des frayeurs mais aussi une grande joie.

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«Tu sais – me dit-elle – au-delà de tout ça, nous avons vécu une aventure humaine magnifique. Nous étions, durant un mois, dans ce petit village à Sénas, comme dans une bulle. Le lieu était idyllique et tous les magasins dont nous avions besoin étaient autour du notre, spécialisé dans les olives dénoyautées mais… totalement faux, lui, puisque installé dans une ancienne boucherie que nous avons complètement décorée. Il faisait tellement vrai que des gens y entraient pour acheter nos olives !
Je ne te dis pas les crises de rires qui nous faisaient arrêter le tournage, au grand dam de Jacques Bigay, le réalisateur, qui s’inquiétait, car chaque arrêt était du temps perdu.
Les comédiens, comment ont-ils été choisis ? Car il y en a !
Ce sont tous des copains ou des relations mais tous comédiens professionnels*, qui, étonnés et par ce projet hors du commun, sont venus donner de leur temps sans rien demander. Nous étions tous dans le même bateau et je crois que, sans problème de cachet, il y a eu une ambiance amicale tout au long du tournage. Tout le monde était là pour le plaisir, il n’y avait aucun intérêt pécuniaire, donc on était tous soudé.
Passer du théâtre au cinéma, de deux sur scène à nombreux sur le tournage… Ça doit changer les donnes !
Evidemment puisque dans la pièce, on parle de tous ces personnages mais on ne les voit jamais. Là, tout à coup, ils prennent vie et l’on dialogue avec eux.
– Par ailleurs – intervient Fabrice – on n’a pas la même façon de jouer. S’adressant à un public, il faut porter la voix et lorsqu’il y a des rires, on doit arrêter quelques secondes. Au cinéma, il n’y a pas de public autour de nous et au départ ça n’est pas évident de jouer sans entendre les rires.
– Et puis – rajoute Ghislaine – Il n’y a pas la même façon de jouer, il y a des gros plans et il faut moduler sa voix car on ne doit pas la porter loin, sinon ça deviendrait vite caricatural.
Sans compter que faire un film a été un énorme défi, la schizophrénie n’était pas loin, on devait être à tous les postes, on était dans la réflexion permanente.
Nos métiers, c’est de raconter des histoires, les jouer et ça, on sait. Après, on entrait dans la résistance, dans l’inconnu mais en toute humilité. Et quand on voit notre travail aujourd’hui, malgré les imperfections, on se dit qu’on a réussi un petit miracle. C’est une nouvelle histoire à partager.

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Avec Yassine Ben-Chadli, directeur du Pathé Liberté

Jacques Brachet
*Parmi les comédiens : Catherine Sparte (Plus belle la vie, Sous le soleil, Caïn, Un balcon sur la mer, film de Nicole Garcia…) – Serge Guberne,  auteur de nombreux one man shows et pièces de théâtre – Anne-Marie Ponsot (Meurtre à la Ciotat, Demain nous appartient, La stagiaire, Plus belle la vie) – Edmonde Franchi (Gazon maudit – Lucie Aubrac – Camus) – Louise Bouriffe (one woman show) – Christiane Conil (Boudu – La promesse de l’aube – L’enquête corse…. avec de nombreux prix à la clé)…




Six-Fours – Six N’Etoiles
Christian PHILIBERT nous fait découvrir Germain NOUVEAU

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Ils furent trois mousquetaires : Rimbaud, Verlaine… et Germain Nouveau !
Né et mort à Pourrières dans le Var après une vie romanesque et mouvementée, Nouveau   est le plus méconnu des trois. Il faut dire qu’il était un poète fantasque qui refusait d’être édité, d’où, déjà, la cause de la méconnaissance de l’homme et de son œuvre, pourtant célébrée par les surréalistes Breton et Aragon.
C’était un personnage singulier et ambigu, se disant athée mais célébrant Dieu, vivant une histoire avec Rimbaud mais amoureux d’une certaine Valentine. Ambiguité également sur son œuvre car, les années passant et les recherches aidant, il y a des doutes sur l’œuvre de Rimbaud «Les illuminations» qui pourrait être en partie écrite par Germain Nouveau.
L’argent ne l’intéressant pas. Il voyagea dans le monde entier et vécut la fin de sa vie à Pourrières où il était revenu, vivant de mendicité jusqu’à sa mort. Il était devenu «Le poète vagabond»

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Des trois mousquetaires pourtant, c’est lui qui vécut le plus vieux (1851-1920)
Entouré d’ombres et de mystère, ce héros des mots a intrigué et fasciné le réalisateur Christian Philibert, qui, durant près de 30 ans ans, entre deux films, a continué ses recherches sur lui.
Il s’y est collé dès 1990, cherchant obsessionnellement, allant de bibliothèques en musées, rencontrant nombre de personnes susceptibles de le mettre sur des voies, jusqu’enfin à en tirer ce film remarquable aujourd’hui sur les écrans, réhabilitant cet immense poète pourtant méconnu.
Jacques Lovichi, poète et chercheur ayant écrit une thèse arguant que Nouveau avait collaboré aux «Illuminations», thèse rejetée, le philosophe Eddie Breuil, Jean-Philippe de Win et Pascale Vandegeerde éditeurs, Guillaume Zeller, co-auteur-éditeur des premiers cahiers Germain Nouveau et Cyril Lhermelier docteur ès littérature française  ont tous été rencontrés et filmés par Christian Philibert. Se sont rajoutés au film le comédien Philippe Chuyen qui a monté un spectacle autour de l’œuvre de Germain Nouveau et Jean-Louis Todisco qui a mis ses textes en musique, spectacle intitulé «Le mendiant magnifique».

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Habitué des lieux, je retrouvais l’ami Christian Philibert au Six N’Etoiles où il venait présenter son film, invité par Noémie Dumas.
«Christian, comment as-tu découvert Germain Nouveau qu’en fait peu de gens connaissent ?
Je l’ai découvert grâce à mon ami qui savait que je cherchais à faire un film sur un poète maudit. Il m’a parlé de lui, que ne connaissais pas plus que nombre de gens et lorsque j’ai lu ses poèmes magnifiques, que j’ai vu qu’il avait croisé Rimbaud, qu’il avait vécu près de chez moi, sans compter que je me retrouvais dans cette phrase qu’il a écrite : «Je ne suis qu’un rêveur. Et je n’ai qu’un désir : Dire ce que je rêve !»  Tout ça a fait que je me suis dit que ce serait lui… Il y a trente ans de ça !
Et puis, en parlant de lui avec ma grand-mère Denise, elle m’a dit qu’il y avait encore des gens qui l’avaient connu et de la famille, dans les environs. Avec mon collaborateur Patrick Barrat, nous avons commencé à assembler des documents, à rencontrer des gens…
Mais quelques mois après, nous partions dans l’aventure d’Epigoule et tout s’est enchaîné. Entre deux films, nous parcourions les musées, les bibliothèques, cherchions des gens qui pouvaient nous apporter leur aide.

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Philippe Chuyen et Jean-Louis Todisco – Christian Philibert et Noémie Dumas

Et quelques décennies après, le film est là. Quel a été le déclencheur ?
Ma curiosité de mieux approfondir la rencontre Nouveau-Rimbaud, qui me semblait un point important. Ont-ils été amants ? Rimbaud a-t-il profité de Nouveau ? Nouveau s’est-il contenté de mettre en forme les écrits de Rimbaud ? Beaucoup de questions se  posent encore. Et puis, ma rencontre – curieux hasard – avec le comédien Philippe Chuyen qui m’a dit qu’il montait un spectacle autour des poèmes de Germain Nouveau pour célébrer les cent ans de sa mort, «Le mendiant magnifique». Je me suis dit que c’était le moment, d’autant que la bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence montait une grande exposition. Tout a pris du retard à cause du covid mais expo et film sont je crois, les deux temps forts de cette commémoration, même si c’est un an après ! Entretemps, hélas, Jacques Lovichi est mort en 2018.
Un tel film, carrément documentaire, est pour la plupart du temps plus monté pour la télé que le cinéma…
C’est vrai et au départ, c’était ainsi prévu : un 90’ pour la télé. Mais le temps passant, plus j’accumulais des images, des rencontres, des interviewes, plus je sentais que j’avais de quoi faire un long métrage, surtout lorsque, après avoir filmé le spectacle de Philippe Chuyen, je pouvais en incorporer des extraits. Il faut dire aussi que mes rapporta avec la télé sont un peu compliqués et j’ai toujours mieux su m’exprimer au cinéma, où je suis totalement maître de mon film.
Et en faire un film de fiction, y as-tu pensé ?
J’y ai pensé et j’y pense encore mais c’est déjà beaucoup plus onéreux, d’autant que ce serait un film d’époque, en costume. Donc plus compliqué.
C’est un film à présenter dans les écoles car si l’on parle de Verlaine et Rimbaud, Nouveau est totalement absent des programmes !
Tu as raison et c’est en projet que de le présenter dans les lycées. D’autant qu’en ce moment la poésie revient un peu avec le slam. J’ai l’impression qu’il y a un renouveau pour la poésie.
Il serait temps que Germain Nouveau ne soit pas seulement considéré comme un poète provençal, un poète varois mais un grand poète, un poète essentiel de la langue française.
C’est ce que j’espère en ayant fait ce film.»

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Jacques Lovichi

Jacques Brachet



NOTES de LECTURES

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Catherine CUSSET : La définition du bonheur (Ed Gallimard – 348 pages)
Catherine Cusset, auteur à succès, publie un nouveau livre mettant en scène deux femme, des années 80 à nos jours. Les vies de Clarisse et d’Eve sont menées en parallèle jusqu’à ce qu’on découvre ce qui les lie.
Clarisse est une jeune femme libre et non conformiste. Traumatisée dans son adolescence, elle vit au jour le jour et cherche le bonheur en multipliant les voyages dans les pays asiatiques et en allant de bras en bras d’hommes rencontrés au cours de ses pérégrinations. Divorcée, elle vit à Paris et élève ses trois garçons avec difficulté.
Eve, mariée avec un américain, vit à New York avec ses deux filles. Elle trouve son épanouissement dans sa famille et son entreprise de recettes culinaires mais n’échappe pas à la routine et l’ennui.
A travers ce récit croisé, l’auteur aborde les multiples sujets qui concernent les femmes : viol, avortement, vie sexuelle, sensualité, éducation des enfants, vieillissement, violences conjugales, place du père. Elle associe ces thèmes aux évènements historiques des années évoquées : sida, attentats du 11 septembre, élection de Trump, coronavirus.
La narration est donc large dans un style fluide et simple. On pourra trouver l’histoire prévisible par moments, mais la question est posée : Qu’est-ce que le bonheur ? Le trouve-t-on dans la stabilité et la continuité ou dans la fragmentation des moments de la vie ?
Chaque lectrice donnera sa réponse
Charif MAJDALANI : Dernière oasis (Ed : Actes Sud – 269 pages)
Un expert libanais en archéologie oriental,e est invité par un général irakien à donner son analyse sur plusieurs magnifiques sculptures. Une fois sur place, le temps et l’espace perdent leur réalité, les jours passent, l’expertise est toujours repoussée à plus tard, l’environnement majestueux du désert agit, séduit l’expert. La figure impressionnante du général Ghadban, personnage imposant par sa taille, ses yeux clairs, rend l’expert dubitatif, puis très vite c’est l’enthousiasme qui l’emporte. La vision de la reconstruction d’un paradis terrestre dans la plaine de Ninive grâce à la vente d’énigmatiques têtes de gypse sculptées et d’une frise assyrienne, éblouit l’expert, tout en le faisant douter.
Cette oasis reculée semble hors du temps, mais est pourtant menacé par l’avancée des troupes de Daech qui clament haut et fort et à renfort d’assassinats monstrueux et médiatisés, la future et imminente installation de l’État Islamique. L’attentat qui a entrainé la mort du général Ghadban est-il le fait de Daech, des kurdes ?
Charif Majdalani analyse avec rigueur les interrogations de l’expert en mesurant la dangerosité et l’instabilité des factions sur place.
Le désert agit dans sa majestuosité, «une immense plaine bordée de montagnes elles-mêmes figées dans une immobilité séculaire, traversée par un fleuve monumental pétrifié sous le ciel éclatant, épuisant de lumière».
Un roman qui suit pas à pas la montée d’une puissance islamique qui a fait et fait toujours trembler le monde.
Un roman qui exerce sur le lecteur une attraction mais aussi une répulsion pour un univers que les occidentaux connaissent peu et donc redoutent.
Charif Majdalani développe avec brio l’idée que «l’Histoire n’avance qu’à tâtons, que ses acteurs jouent à colin-maillard avec des évènements alors que nous les croyons toujours dans une brillante partie d’échec. Nous essayons de donner cohérence aux faits en reproduisant les affabulations télévisées qui nous inondent et finissent par transformer notre manière de voir la réalité. »
A lire et à relire.
Mariam MADJILI : Pour que je m’aime encore (Ed. Seul – le nouvel Attila – 210pages)
C’est un livre à deux voi : celle de la petite fille iranienne arrivée en France dans les années quatre-vingt, installée  à Drancy dans la banlieue parisienne avec ses parents réfugies politiques, et celle de son double qui va la regarder de l’extérieur, se moquer, la juger lorsqu’elle va se confronter à ce milieu hostile si différent du sien quand on a un physique typé de brunette rondelette et qu’on se heurte à d’autres mœurs, à d’autres habitudes d’existence, à d’autres canons de beauté, à l’âge où tout doit se construire
Elle se bat, s’impose aux autres par sa vivacité d’esprit et son intelligence à vaincre les embûches. Elle explose en contraignant son corps, en stimulant sa pensée et rejoint la voie royale d’intégration : Lycée Fénelon, Khagne, agrégation. C’est la réussite intellectuelle malgré tous les traquenards que lui à imposé la vie de la cité mais dans laquelle elle se reconnait et s’épanouit.
Et c’est aussi là qu’elle va vivre et être heureuse
Belle réussite d’une battante pleine d’amour et de vie et qui se livre avec une joie pleine d’humour dans ce deuxième roman  pétillant et vivifiant.

4 5 Timothée Stanculescu

 Pascale ROBERT-DIARD – Joseph Beauregard : Comprenne qui voudra.
(Ed. l’Iconoclaste – le Monde- 162 pages)

Ce livre est l’histoire de Gabrielle Russier, professeure de lettres à Marseille Nord. Elle fait sa rentrée pour l’année scolaire 1967-1968, elle semble émancipée pour l’époque, elle a les cheveux courts, elle fume des gauloises, elle est divorcée avec deux jeunes enfants, il y a l’avant 68 où règne l’ordre avant tout et l’après 68 où les mœurs vont quand même changer.
Elle tombe amoureuse de son élève qui n’a que 16 ans, la majorité est à 21 ans, c’est le début d’une grande passion et les parents du jeune homme portent l’affaire devant les tribunaux, la professeure est emprisonnée ! Avant son procès en appel, elle craque et se suicide au gaz le 1er septembre 1969. La France entière ne parle que de cela et se déchire.
Dans ce livre, les auteurs s’en sont tenus aux faits, avec beaucoup de témoignages de ce drame, il  y a à  la fin  des photos et des textes de Gabrielle Russier ; en 1971 un film d’André Cayatte sort avec Annie Girardot qui tient son rôle, le titre en est «Mourir d’aimer».
En fait c’est bien ce qu’on lui reproche !
« Comprenne qui voudra » est le titre de ce livre, c’est une phrase du poète Paul  Eluard, citée par  le Président de la République de l’époque : Mr Pompidou, interrogé par les journalistes sur «l’affaire». Hélas, il y aura toujours ceux qui ne comprennent pas, ceux qui n’ont pas compris et ceux qui ne comprendront jamais, la Justice peut alors devenir un instrument de torture.
Sarah DIFFALA- Salima TENFICHE : Beurettes, un fantasme français (Ed. Seuil – 305 pages)
Préface d’Alice Zéniter
Ceci n’est pas un roman mais un essai écrit par deux éblouissantes femmes : l’une chercheuse et enseignante à l’Université Paris Diderot, l’autre journaliste au Nouvel Obs. C’est une réponse à l’emploi de ce terme «Beurette» pour désigner ces femmes issues de l’immigration d’Afrique du Nord dans les années soixante et qui se sont fait une place dans leur nouveau pays.
Toutes deux s’insurgent et pensent qu’il faut revoir et remettre à sa place ce terme désuet. Elles entreprennent de revoir le parcours de beaucoup d’entre elles à travers leurs réussites intellectuelles, professionnelles, et parfaitement intégrées, occupant des postes-clés dans la vie autant que d’autres plus effacées mais bien loin des clichés de » Bimbo plantureuses » ou de femmes voilées réduites à des rôles familiaux. Ce sont les femmes d’aujourd’hui qu’elles présentent et qu’elles ont interviewé, remettant à leur place, à l’aide d’explications fondées, la vision de ces femmes mal comprises par une grande part de la population
Par cet essai elles ont pour but, simplement, de mettre en lumière les difficultés, les préjugés les non-dits, les maladresses que presque toutes doivent affronter.
C’est encore difficile et seul le temps pourra un jour rendre les choses plus naturelles.
La valeur est intrinsèque à la femme, quelle qu’elle soit.
Timothée STANCULESCU : L’éblouissement des petites filles
(Ed Flammarion – 362 pages)
Timothée Stanculescu a 30 ans. Elle a grandi en Charente Maritime et publie son premier roman.
C’est l’été à Cressac, justement en Charente Maritime. Justine, âgée de 16 ans, vit avec sa mère, divorcée. Son père réside à Tours et s’occupe peu d’elle. Elle va passer sans enthousiasme ses vacances dans ce village paumé où elle est arrivée quand elle avait 6 ans. Mais voilà qu’Océane, une jeune fille du village, qu’elle apercevait de loin au lycée, a disparu depuis quelques jours. La télé régionale s’est déplacée dans le village. Une enquête de police est ouverte, une battue va avoir lieu puis une marche blanche.
De tels évènements ébranlent la jeune fille mais c’est surtout la rencontre avec l’homme que sa mère a embauché pour des travaux de jardinage qui troublent Justine qui s’éveille à la sexualité. Dans une écriture simple et limpide, l’auteur aborde avec beaucoup de justesse et de finesse les rêves et les désirs adolescents. Les relations avec les copines, fumer ou boire en cachette, les premiers baisers, la première fois où «on le fait», l’envie de partir loin avec un garçon, le besoin d’être écoutée même si on n’est pas toujours comprise, la difficulté de passer d’une petite fille à une jeune fille : tout cela est parfaitement décrit et mis en scène avec délicatesse.

7 8 Véronique de Bure

Cécile COULON : Seule en sa demeure (Ed L’Iconoclaste – 334 pages)
Cécile Coulon vit à Clermont Ferrand. Elle a déjà écrit huit ouvrages et un recueil de poésie.
Dans ce nouveau roman, elle déroule une histoire se passant dans le Jura, qu’elle place sans doute au cours du XIXème siècle.
Candre Marchère, riche propriétaire terrien qui a perdu sa mère à cinq ans et dont la jeune épouse est morte d’une pneumonie six mois après leurs noces, cherche à se remarier. Âgé de 26 ans, c’est un homme sérieux et pieux. Il a été élevé par la servante du domaine, Henria.
A la foire aux chevaux, il rencontre Mr Deville et sa fille Aimée, âgée de 18 ans. La jeune fille accepte d’épouser cet homme dont elle apprécie les qualités. Elle part alors s’installer dans le château au cœur de la forêt du vaste domaine Marchère. L’ambiance de la demeure, la présence invisible d’Angelin, le fils d’Henria, le souvenir d’Aleth, la première épouse troublent Aimée.
Pourquoi Candre lui a-t-il menti ?Ccomment Aleth est-elle morte ? Quel est le rôle d’Henria et de son fils ?
L’auteure crée une ambiance mystérieuse et angoissante. Elle ménage un certain suspens au fil des découvertes d’Aimée, elle brouille les pistes.
Le lecteur voudrait croire à ces péripéties mais on n’est pas dans un livre de Daphné du Maurier.
Richard FORD : Rien à déclarer (Ed de l’Olivier – 375 page)
Traduit de l’américain par Josée Kamoun
Richard Ford réunit dans son recueil de nouvelles dix pépites à déguster
Ces nouvelles captent des instants où deux personnages, toujours un homme et une femme remontent dans leur passé et imaginent un futur qui aurait pu être mais qui justement n’a pas eu lieu. Aujourd’hui, ils sont tous mariés, ou l’ont été, certains veufs et très souvent divorcés. C’est l’enchainement inéluctable du quotidien, du non-dit, des personnalités parfois trop imposantes. Dans la nouvelle qui porte le titre du livre, Mc Guiness reconnait une femme éblouissante, Barbara, une femme qu’il a aimée, avec laquelle il aurait pu construire une vie stable.
Les années ont passé, c’est le constat ni triste ni joyeux d’une histoire qui ne devait pas être.
La nouvelle  « En route » remonte le temps. Cathleen va accompagner dans sa fin de vie Ricky, un garçon qu’elle a aimé ou peut-être cru aimer. C’est la fidélité à une quête de soi qui motive Cathleen, Ricky va mourir, elle doit poursuivre sa route et apaiser ce garçon qui a fui la conscription, l’a entrainée au Canada pour éviter la prison et ne pouvait que l’emprisonner à son tour. Dans   Langue seconde» Jonathan est heureux en ménage avec Charlotte mais il sait qu’il ne comprend pas tout, il accepte simplement un quotidien qu’il ne dirige pas et ça lui convient parfaitement, alors pourquoi Charlotte décide –t-elle de le quitter ?
Il y a beaucoup de clins d’œil à la littérature anglaise classique, et c’est très agréable, ainsi Tess d’Uberville et Mrs Dalloway de Virginia Woolf font partie d’un paysage fin XIXème, début du XXème, une bascule du temps chronologique qui rappelle la bascule inexorable des personnages de Richard Ford.
Tout est ciblé, en douceur, avec l’ironie de celui qui en a déjà beaucoup vu en Irlande, en Louisiane, au Canada, à New York, tout sonne juste, Richard Ford fait vivre ses « non héros » avec aisance et beaucoup de lucidité.
Véronique de BURE : L’amour retrouvé (Ed.Flammarion – 288pages)
Véronique jeune femme mariée et mère de famille entretient avec sa mère, veuve depuis quelque temps, des rapports fusionnels lors de ses visites à la campagne ou par téléphone.
Elle est pleine d’empathie pour le couple réussi qu’ils avaient formé. jusqu‘au jour où celle-ci lui fait part d’un évènement qui vient bouleverser sa vie : Son premier amoureux, perdu de vue depuis des années, se manifeste et souhaite renouer leur relation. L’amour n’a pas d’âge et les sentiments s’installent. Mais quel choc pour cette fille  qui entourait sa mère et qui va devoir prendre des distances afin de laisser la place à l’autre, celui qui prend la place de son père disparu.
S’ensuivent des heurts, des remises en questions, des places à gagner. Mais n’est-il pas normal de «refaire sa vie» plutôt que de vieillir seule ? C’est ce que l’écrivaine nous expose avec beaucoup de délicatesse, les différences entre les élans physiques du désir et les réalités de l’âge.
C’est plus un soulagement que l’autonomie de cette vieille dame qui lui laisse plus de temps pour sa propre vie de femme et de mère
Beaucoup de sentiments et de tendresse tout au long du récit, qui prouvent une relation filiale exceptionnelle.
Très beau livre plein d’amour et de justesse, parfaitement rendu par une écriture vive et spontanée. Roman qui va droit eu cœur d’une vieille mère