Avec Anthony Joubert, c’est une vieille complicité qui s’est créée au bord d’une piscine où j’ai mis deux heures à faire mon interview, tant, après une question-réponse, il partait plonger, alors que je l’attendais en plein cagnard ! C’est un garçon volubile, d’une grande gentillesse, qui a toujours la pêche et chaque rencontre est un vrai plaisir, surtout lorsqu’on se retrouve en plus avec deux amis six-fournais : Eddy Benalal, réalisateur et scénariste et Franck Trapelas, scénariste, de la série « Drôle de zinc » que vous pouvez retrouver sur You Tube. Avec son bel accent bien de chez nous que l’on prend du côté d’Arles, il me raconte sa vie à cent à l’heure car c’est un fada de travail et de passions qu’il enchaîne et même qu’il cumule sans jamais respirer et en dormant peu. Un vrai stakhanoviste qui passe d’un one man show à une pièce de théâtre, d’une série à la chanson… Bref, comme le furet, il passe partout avec une incroyable énergie. Je pensais qu’il était en tournée avec la fameuse reprise de la pièce iconique « Un dîner de cons « … Oui mais… Pas que !
« Alors, je viens parler d’une pièce avec toi et voilà que tu m’énumère un tas d’activités ! (Il rit)… Non… Pas tant que ça ! Mais je m’amuse surtout et j’ai plein d’envies et de projets. Alors, commençons par ce « Dîner de cons » que tu emmènes en tournée. C’est nouveau pour toi ! Ce n’est pas si nouveau que ça, car ça fait un peu plus de trois ans que je fais aussi du théâtre. J’ai commencé avec une petite compagnie. Mais j’ai toujours rêvé de jouer ce personnage de François Pignon. Tout le monde a vu la pièce ou le film et on ne peut pas faire mieux que Jacques Villeret. Il est et restera le meilleur con qui existe. Par contre, on peut nuancer le personnage. Je le voulais un peu plus naïf et à la sauce provençale. C’est un nouveau François Pignon et apparemment le public adhère. La pièce commence à devenir ancienne et je la dépoussière un peu. Par exemple, à la création, le portable n’existait pas et comme on est sur un téléphone, j’essaie de l’exorciser pour faire comprendre au public pourquoi le téléphone est là. Et plein de petits détails de ce genre pour mettre la pièce au goût du jour. C’est donc toi qui as monté la pièce ? Oui car j’étais avec une compagnie et on me la demandait un peu partout. J’ai donc demandé les droits qu’on m’a donnés. Ca a tout de suite accroché. Et ça marche ! Je suis très heureux. C’est donc une compagnie que tu as montée, entièrement provençale ! Oui, ils sont de Montpelier, d’Alès, de Marseille. Ça reste très méridional et ça marche du feu de Dieu, Nous venons de Corse où nous avons ajouté des dates, je n’ai pas le temps de m’ennuyer, d’autant que je joue aussi une autre pièce…
Raconte… C’est une nouvelle pièce que j’ai écrite, « Le sosie ». J’y ai mis tout ce que je voulais mettre dans « Le dîner de cons », que je n’ai pas pu mettre, du coup, j’ai réécrit une nouvelle histoire avec plein de clins d’œil. C’est l’histoire d‘un mec qui va se marier et qui dit à sa future femme qu’il est le meilleur ami de Ricky Jones, sorte de Johnny Hallyday. Elle veut le rencontrer et comme il ne le connaît pas, il cherche un sosie qu’il va trouver, une sorte de François Pignon et qui se trouve être un ami d’enfance. C’est pour quand ? C’est déjà parti ! On va la jouer à Alès, au Festival d’Avignon, Châteauneuf-les-Martigues…. Et tu mènes les deux de front ? Oui… Avec aussi mon one man show « A quel moment ça a merdé ? » Et puis je vais prendre un troisième spectacle que je vais jouer à Paris « La photo de mon pote » Et c’est tout ??? Quand tu as un creux, tu fais quoi ? Il y a aussi les vidéos que je fais avec mes deux potes Eddy et Franck. Et je vais retourner sur « la série « Plus belle la vie » ! Je joue un rôle à la fois drôle et touchant, qui cherche l’amour. C’est un personnage qui me correspond et qui touche les gens. Amour/Humour, ça me va bien. Mais, même si c’est quelquefois un peu fatigant, tous les jours sont différents, ma vie n’est pas monotone. C’est une passion et j’aime passer d’une pièce à l’autre, d’une série à une chanson… La seule chose qui m’ennuie c’est de ne plus avoir le temps de jouer à la Play station ! Ton one man show est toujours le même ? Oui, le personnage est un peu plus élaboré que dans la saison 2, un peu plus piquant. Il évolue. J’ai grandi, j’ai pris de l’âge et j’en parle, par rapport à ce que je faisais avant, ce que je vis aujourd’hui. A 40 ans passés, je fais un vrai bilan de vie
Eddy, Anthony & Franck
’âge a l’air de te préoccuper ! Oui, énormément. Je me rends compte qu’aujourd’hui, pour les jeunes nous sommes des darons et je me dis qu’en fait, je n’ai pas grandi dans ma tête. J’ai connu l’époque où on pouvait aller aux toilettes sans téléphone. Si un jeune ne l’a pas, il fait une occlusion intestinale !!! On est tous menés par le téléphone, on filtre avec ça. On peut rire de tout ça mais ma jeune génération, pour moi, a été la plus belle. En boîte de nuit, on sautait ensemble mais on se prenait dans les bras. Ça, c’est fini. Je me rends compte que je suis un vieux con. Du coup, j’en ai fait une chanson qui s’intitule d’ailleurs « Vieux con » Ah… Parce que tu chantes aussi ! A quand le disque ? Il est déjà sorti ! Nous avons fait six millions de vues. Je ne suis pas chanteur, je ne finirai jamais chanteur mais j’aime bien pousser la chanson de temps en temps. J’adore créer. On parle aussi de « Drôle de zinc » que tu fais avec tes deux complices ici présents … C’est une petite série qui m’a énormément plu car le producteur laisse faire le personnage, le laisse vivre. Si on ne dit pas le bon mot, ce n’est pas grave, du moment que ça reste humain et c’est ce qui est sympa. On a fait une petite séquence avec le comédien Moussa Maaskri qui a été formidable. Au tournage, il faisait tout pour me faire rire et j’aurais pu exploser mais j’ai tenu le coup.
Vous allez continuer ? On voudrait, mais le problème est qu’il faut aller à Paris car les décideurs sont là-haut ! Tu y vas quand même ? Malheureusement oui ! Bon, on a fait le tour ? Ah, j’ai oublié : J’ai deux livres en préparation ! A part ça… Heureux ? Oui, je m’amuse beaucoup et L’essentiel est de toujours prendre du plaisir et de ne pas aller au bout de ses rêves… Pourquoi ??? Pour pouvoir aller beaucoup plus loin !!! »
Toute l’équipe du « Dîner de cons »
A noter que nous ne pouvons pas vous parler de ce « Dîner de con » car dans certains salles de spectacles à Six-Fours, la presse est personna non grata. Donc, on ira voir la pièce ailleurs !
Erika Wicke de Haek, Laurence Goniot, Jonathan Martin, Pascal Brun, Barbara Occhini
Depuis la fin de 2021 TPM a créé le bureau d’accueil de tournages qui s’adresse à tous les professionnels de l’audiovisuel. Et depuis ce début d’année, le voici installé place Besagne et Pascale Parodi, présidente de l’association « Lumière(s) du Sud » qui vient d’être renouvelée dans sa fonction a pensé inviter les principaux acteurs de cette structure pour nous parler de ses tenants et aboutissants. Ainsi lundi dernier ont débarqué au théâtre Daudet la chef de service, Laurence Goniot, accompagnée de Barbara Occhini, Jonathan Martin et Pascal Brun mais aussi d’une personne avec qui j’ai déjà travaillé sur plusieurs tournages : Erika Wicke de Haeck, exécutive et présidente de l’association « Arts »« (Association Régionale des techniciens du Sud-Est, pour le cinéma et l’audiovisuel). Grâce à nos deux têtes pensantes Erika et Laurence nous avons appris tout, tout, tout sur ces métiers qui tournent autour de l’audiovisuel dans notre région. A noter, et on y reviendra, que se poursuit, depuis deux ans, le tournage de la série « Tom et Lola », qui a investi plein de lieux de la métropole TPM, de la Seyne à Toulon, en passant par Hyères, Six-Fours, Sanary et quelques autres beaux paysages et lieux divers et dont le QG mais aussi le studio a été construit dans l’ancien commissariat de la Seyne.
La Métropole a fait une réunion pour réfléchir sur ce que est possible d’apporter pour faire mieux connaître le territoire. La proposition de la filière cinéma et audiovisuelle a été acceptée et ce bureau a été créé en janvier 2021. Cela allait dynamiser le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, la location de matériel, et la découverte de lieux de la Métropole de Toulon. Marseille a longtemps été pour Paris la première région où se tournaient et se tournent encore des films de cinéma et de télévision, mais ici sur cette métropole il y a un potentiel énorme. Sur un territoire restreint, il y a beaucoup de variétés de paysages et de lieux. Nombre de réalisateurs sont encore attachés aux décors naturels et ma métropole a un panel très divers à leur proposer. Les lieux sont choisis en fonction de désirs et des besoins de la production et de la réalisation. Quelquefois c’est inattendu comme lorsqu’on a dû trouver une station d’épuration. C’est vrai que ce n’est pas très glamour mais il a bien fallu trouver ce décor pas banal, mais nécessaire au tournage. Et ce qui a été trouvé a fait rêver le réalisateur ! On demande souvent des lieux ou des décors atypiques, comme des bâtiments à moitié détruits. Etant donné que si une production veut s’installer chez ici, ce n’est pas pour tourner en studio ou dans des appartements même si, bien sûr, il en faut pour certaines scènes. Il faut aussi tenir compte du côté financier qui est important, car il faut souvent louer les lieux. Le bureau d’accueil de tournages propose des lieux, des décors dont la production a besoin. Il n’a pas la technicité d’un « repéreur » mais fait une recherche préalable pour commencer à débroussailler et proposer des lieux de travail. Il recherche aussi en amont les matériels et les techniciens locaux dont ils ont besoin pour le tournage et les autorisations de tournage… Il essaie de préparer leur arrivée. Plus la préparation est rapide, plus les productions gagneront du temps… Et de l’argent ! Il les mettent en contact avec les prestataires locaux dont ils ont besoin. Son but est que tout soit fluide à leur arrivée, que le tournage se passe bien car ils en parleront à d’autres qui auront envie de vouloir travailler sur le territoire. Le but du bureau d’accueil est aussi la promotion du territoire et susciter l’intérêt des professionnels. Le bureau d’accueil va dans les salons, organise des « Repertours », c’est-à-dire des circuits, afin de faire connaître les lieux, les bâtiments, l’architecture qui puissent leur donner toutes les possibilités de tournage. Il travaille aussi avec le ministère de la défense pour leur faire connaître les forts, les bases navales et aéronavales. Mais également des domaines d’exception, des villas particulières »…
Erika Wicke De Haeck, je l’ai connue sur des tournages dont deux « Meurtes à… » à Porquerolles et sur les îles du Frioul. Productrice exécutive et directrice de production, elle est à la fois la femme invisible mais partout à la fois. Je ne suis pas réalisatrice, je ne m’occupe pas du casting, je suis en fait une coordinatrice qui met en rapport tous les corps de métiers qu’exigent un tournage. Il faut savoir qu’il y en a beaucoup. Evidemment chaque film n’a pas besoin de tous ces métiers mais je dois être à même de trouver un serrurier comme un coiffeur, un technicien lumière comme un costumier si la production en a besoin. Je mets en rapport les divers réseaux et travaille avec les associations, les collectivités locales, les institutions comme la région, le département, les métropoles afin de pouvoir travailler en amont, avant que l’équipe vienne s’installer, de façon à faire avancer la préparation et qu’ils gagnent du temps sur le tournage car on sait que chaque action a un coût et grâce à ce travail nous faisons gagner du temps à la production. Il faut d’abord savoir ce qu’il va se passer, où cela va se passer, quels sont les besoins de la production et de la réalisatrice ou du réalisateur , Quels sont les techniciens, les intermittents dont ils vont avoir besoin. Il faut donc être à l’écoute des desideratas de chacun afin qu’ils aient un confort de tournage maximal. Il faut avoir une certaine éthique, beaucoup de patience, savoir improviser, réagir et répondre très vite à certaines demandes de dernière minute. Il y a aussi bien sûr, la communication, je travaille avec tous les corps de métier. Et tous ces corps de métiers communiquent entre eux pour répondre aux demandes des réalisatrices et réalisateur et des producteurs afin de pouvoir réaliser et tourner les films tels qu’il le souhaitent. Je suis en fait la gestionnaire d’une entreprise éphémère à partir du moment où commence la préparation jusqu’au clap de fin. Il faut que chaque employé soit déjà en place au départ, sans avoir un temps d’adaptation.
Les demandes que l’on peut avoir sont très vaste…. On peut me demander un château, un musée, un chantier naval, une cité, un avion, un champs, un centre de recherche, une route…. Chaque film a son propre univers et à chaque fois c’est très différent. C’est ce qui est intéressant car on découvre à chaque fois un univers qu’on ne connait pas, qu’il soit beau ou moche mais on est obligé de connaître à minima son fonctionnement afin de pouvoir cohabiter avec les personnes et pouvoir mener à bien le tournage en tenant compte des contraintes des uns et des autres.. Il faut s’adapter très vite. C’est un métier de passion même si c’est quelquefois stressant, fatiguant physiquement car il faut tout le temps être en alerte. Il faut aussi être près du réalisateur et du producteur car quelquefois le réalisateur demande des choses irréalisables et il faut aussi tenir un budget pour ne pas le dépasser. On est quelquefois entre les deux !
Tom & Lola, Dounia Coesens & Pierre-Yves Bon – Photo François Lefebvre -DEMD Production
TOM & LOLA… C’est une série qui on a commencé à tourner cette série en novembre 2023. La Métropole TPM nous a énormément aidé tout au long de la préparation et du tournage mais aussi grâce à leur fond de soutien. La production est venu sur place pour savoir ce qu’on pouvait lui proposer, car nous sommes souvent en concurrence avec Marseille. Il y avait un gros enjeu car il fallait trouver un lieu où l’on puisse rester pour plusieurs années/saisons. Trouver un lieu qu’on puisse garder aussi longtemps, n’était pas facile, mais nous l’avons trouver à La Seyne sur Mer. Le tournage d’un long métrage ou d’un unitaire ne dure quelques semaines et c’est terminé. Là, il fallait trouver un lieu qu’on puisse louer et garder d’une année sur l’autre. En fait, tout s’est bien imbriqué, grâce à l’accueil de la ville de La Seyne dans ce commissariat désaffectée, nous avons refait le nôtre et la maison de Tom et Lola dans le même lieu. C’était une grande prise de risque financier mais ça a marché .
Aujourd’hui, tous les acteurs de cette série sont satisfaits et rassurés et voici que vient de démarrer la troisième saison avec la satisfaction du succès des deux premiers… A suivre… Jacques Brachet
Gilles PARIS : L’attrape-mots (Ed Heloïse d’Ormesson – 157 pages)
Gilles Paris est un homme original : écrivain, il est aussi directeur d’une agence de presse qui défend les autres écrivains et leurs œuvres. Je connais les deux et, comme il a du flair, lorsqu’il me propose un roman, je vais le lire aussitôt. Tout comme je le fais dès qu’il sort un livre en tant que romancier car il sait comme personne décortiquer l’âme humaine et ses romans sont faits tout à la fois de tendresse, d’empathie, d’humanité et de portraits d’hommes et de femmes auxquels on s’attache. Il est même arrivé à nous faire rêver en nous offrant une « autobiographie d’une courgette », devenu un film d’animation qui a obtenu plein de prix dont deux César et un oscar ! Il faut lire « Le bal des cendres », « Le vertige des falaises », « Papa et maman sont morts », « Au pays des kangourous »pour y découvrir un homme plein de sensibilité et son nouveau roman « L’attrape-mots » (Ed Héloïse d’Ormesson ne faillit pas à la règle. C’est l’histoire d’une adolescente, Jade, marquée par la mort d’une leucémie de son petit frère Liam, omniprésent dans sa mémoire, à qui l’on découvre une maladie : une pneumopathie qui l’empêche de respirer normalement et lui provoque des évanouissements intempestifs, où qu’elle soit. Alors, elle va peu à peu s’éloigner du monde et se faire un monde à elle en tombant amoureuse d’Holden Caulfield, le héros de « L’attrape-cœur », roman de JD Salinger et en écrivant jour après jour, un journal intime où se mêlent sa vraie vie, son histoire d’amour avec ce héros imaginaire, ses souvenirs de son frère. Vérité et mensonge s’entrechoquent. Elle n’a qu’un ami, Noé, qui est amoureux d’elle, qu’elle ne peut aimer d’amour tant sa vie est scellée à celle de son héros de papier mais qui la ramène par instants à la vie réelle.
C’est un roman troublant, qui aborde le mal du siècle, la maladie mentale, mais aussi la grande solitude due à un traumatisme, la mort de son frère, sa propre maladie dont la suite est improbable, mais encore la neurasthénie de sa mère qui souffre de la mort d’un fils et oublie qu’elle a une fille vivante et mal dans son corps et son cœur, dans tout le sens du terme. Jade navigue ainsi entre rêve et réalité, dans ce monde qu’elle s’est créé, peut-être pour rester vivante. Mais, coup de théâtre. Le roman aurait pu se terminer et voilà qu’intervient Rose, la tante de Jade et sœur de sa maman décédée. Et là, c’est une tout autre histoire que nous propose cette dame et qui n’est pas du tout celle que Jade nous raconte. Et puis, voilà que revient Jade qui se prénomme alors Rubis et nous raconte sa nouvelle histoire. En fait, qui est cette adolescente… Une jeune fille mal dans sa peau. Une romancière ? Une menteuse ? Une malade mentale ? Ainsi Gilles nous emmène sur des chemins de traverse et prend plaisir à nous y perdre et l’on est tellement embrouillé qu’on ne sait plus qui croire… Comme dans tous ses romans, la plume est belle, fluide, simple, émouvante, tendre et Gilles Paris jubile en nous faisant entrer dans un monde étrange fait de contradictions et de mensonges. Et si c’était lui, le menteur ?
J’ai connu Stéphan il y a…des années alors qu’il était un jeune homme fou de cinéma et… de Louis de Funès, déjà ! Quand je dis « fou », c’est « fan » que je devrais dire. Un fan sympa, gentil, souriant mais obsédé par ce comédien qui a fait rire le monde entier. Pourquoi ? Parce que, disait-il, derrière les grimaces et le talent comique du comédien, il y découvrait un homme simple, humain, sensible, timide, réservé. A 15 ans, il s’intéressait déjà à lui. Il en a aujourd’hui 50 et il a toujours en lui ce feu pour celui en qui il a voué une admiration sans borne.
Et de ce jour, il a commencé une collection : photos de films, affiches, scénarii, objets divers et pour cela, il n’a pas hésité à frapper à toutes les portes et écrit à tous ceux qui ont approché l’artistes : comédiens, scénaristes, réalisateurs, techniciens, décorateurs, musiciens, costumiers… Bref, les abordant et les approchant, séduit pas cette admiration, chacun lui a offert quelque chose qui avait touché de Funès de près ou de loin. Et d’année en année, sa collection a grossi, entassant ses trésors qui sont aujourd’hui « de l’or, monsignor » !, des synopsis, des lettres, des photos de tournage, des maquettes de décors… Parmi tous ces gens, une personne a été touchée par cette admiration sans borne : Danièle Thompson, fille de Gérard Oury, réalisateur avec qui de Funès a tourné ses succès énormes comme « Rabbi Jacob », « La folie des grandeurs », « Le corniaud », « La grande vadrouille ».
Alexandre Doriol, maire de la Ciotat, Stéphan et Danièle Thompson, Nathalie Lainé adjointe déléguée à la culture, Jean-Louis Tixier,adjoint au patrimoine, au cinéma et à l’éducation
Danièle lui a ouvert beaucoup de portes, lui a fait connaître plein de gens ayant travaillé avec l’acteur, donné pas mal d’objets et elle l’a beaucoup soutenu dans ses pérégrinations à la recherche de documents de toutes sortes. Et voilà que la ville de la Ciotat « berceau du cinéma », d’où Stéphan est natif et où il vit, lui ouvre la porte de la Chapelle des Pénitents Bleus, où il a pu exposer ses trésors amassés durant des décennies, en présence de celle qui l’a toujours soutenu : Danièle Thompson ainsi que Jean-Louis Tixier, adjoint à la culture de la ville qui a toujours été là pour lui. Au moment de cet hommage, Stéphan est heureux et fier de pouvoir montrer ses trophées et en même temps, dans son beau regard bleu, l’on sent une tristesse aussi : « Je suis très ému et à la fois très nostalgique en ce moment car je repense à tous ces amis artistes disparus : Annie Girardot, Pierre Mondy, Michel Galabru, Gérard Oury, qui me recevait chez lui à Montmartre ou à Saint Tropez… Nous célébrerons les 20 ans de sa disparition en juillet prochain et Danièle Thompson fête les 60 ans de « La grande vadrouille »
Il faut dire qu’à force de les rencontrer, de leur écrire, ceux-là, au fil des ans, sont devenus des amis. L’expo est magnifique et on y découvre un homme, un artiste qui fait partie de la mémoire collective cinématographique et dont la carrière est éblouissante. « L’exposition est un immense succès – dit-il ému et heureux – les visiteurs sont heureux de retrouver ce grand acteur. C’était le but et c’était aussi celui de Louis de Funès de nous divertir, de nous faire rire et en ce moment, dans ce monde bien triste, on en a besoin plus que jamais. Louis l’avait compris depuis longtemps ». Merci à Stéphan de nous permettre de découvrir tous ces documents rares qui te sont chers.
Jacques Brachet
Avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel Pagnol, & Laurent de Funès, petit-fils de louis de Funès
Avec Gérard Oury dans sa maison de Montmartre
France Rumilly, la fameuse nonne à la 2CV du « Gendarme »
Aurélie HADERLE : Un Noel à Cameline ( Edition Terres de France : 304 pages ) Avec ce roman, l’auteure nous invite à suivre Naïs, une jeune femme psychologue qui a quitté Paris à la mort de sa mère pour reprendre l’exploitation familiale au cœur de la Provence dans un petit village juché entre le Ventoux et le Luberon. Elle se jette à corps perdu dans le travail à la ferme ainsi que dans la vie de la mairie, notamment pour l’organisation des animations du village à l’approche des fêtes de noël . Elle vit avec son amie Emilie, mère célibataire avec deux enfants mais petit à petit, la maison va se remplir d’étranges occupants, un mystérieux ouvrier, une jeune fille tourmentée ou bien encore un vieil ami avec un terrible secret. Enfin le retour d’Italie de son ami d’enfance, va rouvrir d’anciennes blessures. Ces jours d’hiver sont rythmés par leurs histoires de vie, entre révélations, rebondissements et arrivées inattendus ; faisant de ce Noël un moment riche en émotion. Ce roman s’inscrit dans la lignée des romans de terroir, avec une volonté de faire vivre la Provence et ses coutumes. Chaque chapitre s’ouvre d’ailleurs sur une citation provençale et sa traduction ! Au fil des pages, le lecteur découvre ou redécouvre les traditions provençales liées à Noel. Cela donne au livre une véritable valeur de transmission. L’auteure aborde aussi dans ce roman différents sujets de société comme le réchauffement climatique, la perte des traditions, la quête du bonheur ou encore la crise de la covid-19. Ce livre s’inscrit dans le registre des belles histoires de Noël malgré une intrigue très balisée et un peu naïve. Un noël à Caméline plaira aux lecteurs sensibles aux traditions régionales et aux récits doux et rassurants. Pour ma part, j’y ai davantage trouvé un voyage culturel qu’une expérience émotionnelle ; mais cette immersion en Provence reste, à elle seule, un intérêt certain du roman. Magali Baccino
Fawzia KOOFI (Avec la collaboration de Noor Zahaeer) : Lettres à mes sœurs ( Ed Michel Lafon – 350 pages) – Traduit de l’anglais par Cyrille Rivallan Après « Lettres à mes filles », Fawzia Koofi s’adresse aujourd’hui non seulement aux femmes afghanes mais à toutes les femmes de la planète dans un ouvrage à la lecture exigeante car il déroule de façon très précise l’histoire politique de l’Afghanistan de ces trente dernières années à travers la propre histoire de l’auteur. Cette femme intelligente et déterminée a embrassé une carrière politique pour servir son pays et la cause des femmes que les talibans veulent effacer systématiquement de toutes les sphères de la vie. Elle réussira à devenir la vice-présidente de l’assemblée afghane et à diriger le parti Mouvement pour le changement en Afghanistan. Elle participera aux réunions diplomatiques avec les talibans. Elle se bat avec courage alors qu’elle reçoit des intimidations, des humiliations et subira deux tentatives d’assassinat et alors qu’elle est assignée à résidence. Mais elle devra pour sa sécurité s’exiler en Grande Bretagne. Elle continue de lutter pour la reconnaissance des droits des femmes afghanes auprès des Nations Unies et des puissances internationales. Un livre dont il faut recommander la lecture pour que les yeux de tous s’ouvrent sur la situation des femmes en Afghanistan et sur ce qui peut leur advenir quand le pouvoir passe dans les mains de rigoristes islamistes. Jacqueline Flandin
Frédéric POUHIER & Susie JOUFFA : Perles de Truffaut (Ed Leduc humour – 189 pages) 40 ans déjà que François Truffaut nous a quittés, laissant derrière lui une vingtaine de films, de « Les quatre cents coups » en 1959 à « Vivement dimanche » en 1983, en passant par « Baisers volés », « Le dernier métro », « La sirène du Mississipi », « Jules et Jim »… Une belle œuvre et je suis heureux d’avoir pu participer au dernier de ses films tourné à Hyères. Truffaut ne parlait pas beaucoup mais c’était un homme simple, proche des gens avec qui l’on aimait discuter, d’autant que, comme Trintignant, c’était un homme plein d’humour qui, avec juste un sourire, une phrase, pouvait être drôle ou définitif. Mais il savait avoir la plume acérée, comme ce courrier qu’il envoya à Jean-Luc Godard : « Jean-Luc, pour ne pas t’obliger à lire cette lettre désagréable jusqu’au bout, je commence par l’essentiel : Je n’entrerai en coproduction dans ton film. Deuxièmement, je te retourne ta lettre à Jean-Pierre Léaud ; Je l’ai lue et je la trouve égueulasse. C’est à cause d’elle que je sens le moment venu de te dire, longuement, que selon moi tu te conduis comme une merde. » Dans ce livre, nos deux auteurs ont donc recherché la phrase qui faisait mouche, dans sa vie comme dans ses écrits ou dans ses films, comme « La vie est dure mais elle est belle puisqu’on y tient tellement » (Film « L’argent de poche »). Et cette phrase à méditer : « C’est l’idée de frontière qu’il faut abolir pour détruire l’esprit de Babel et réconcilier les hommes que séparera toujours, cependant, leur naissance ». Tout au long de ce petit livre, illustré de très jolis portraits de lui ou d’autres artistes, on navigue au milieu de ses citations, tirées de ses films ou de ses pensées. Comme « L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire ». Toutes ses phrases pêle-mêle nous rapprochent de l’homme qu’il était et peuvent nous rappeler des souvenirs de scènes de films, avec le regret que les auteurs n’aient pas ajouté aux phrases tirées des films le nom, du personnage qui les dit. Il est aussi très dur avec le festival de Cannes : « Cannes : un échec constant dominé par les compromis, les combines et les faux pas… » Allez, une dernière pour la route : « Mes 200 premiers films, je les ai vus en état de clandestinité, à la faveur de l’école buissonnière, ou en entrant dans la salle sans payer ». Ça ne vous rappelle pas « Les 400 coups » ? Jacques Brachet
Howard Zinn est l’auteur d’un immense bestseller mondial : « Une histoire populaire américaine ». Lorsque cet émigrant d’Europe de l’Est découvre l’Amérique, il désire connaître son histoire et pour lui elle n’est pas celle que les Américains décrivent et connaissent. Il décide alors de leur faire découvrir leur vraie histoire depuis Christophe Collomb : des indiens aux esclaves, des ouvriers à tous ceux qui ont souffert dans l’ombre et n’avaient pas d’avenir. C’est un énorme succès même si l’Amérique n’était pas l’Eldorado que l’on croit connaître. Alors, deux hommes, deux français, décident de rencontrer cet homme et d’évoquer son livre par une grande interview et de nombreuses archives. Ces deux hommes sont Daniel Mermet, journaliste, grand reporter, écrivain, animateur radio, et Olivier Azam, acteur, réalisateur et producteur. L’un a longuement interviewé l’auteur, l’autre s’est plongé dans les documents d’archives. Ils nous ont déjà offert un premier volet, le second vient de sortir et un troisième devrait suivre. C’est une véritable saga, aussi dense que le livre qui nous apprend plein de choses sur ce pays peut-être pas si mythique que ça. Et quel plaisir de rencontrer au Six N’Etoles, Daniel Mermet, volubile et passionnant (Tout aussi passionnant qu’Howard Zinn !) avec qui l’on aurait encore pu passer des heures !
Howard Zinn
Daniel, c’est un film réalisé à deux… Comment est venu ce projet ? Durant 25 ans sur France Inter j’ai animé une émission qui s’intitulait « Là-bas si j’y suis » qu’écoutaient chaque jour quelque 500.000 auditeurs. Dans le cadre de ces reportages, j’ai rencontré Howard Zinn en 2023. Je l’ai trouvé absolument génial. Nous avons fait avec Olivier Azam un premier film sur Noam Chomsky. Comme nous avions sympathisé avec Howard Zinn, nous nous étions promis de travailler ensemble. Nous nous sommes rencontrés à Boston pour un très long entretien vidéo. A partir de celui-ci, qui nous a servi de colonne vertébrale, nous avons réalisé un premier film, puis le second que vous venez de voir et un troisième à venir. C’est un film très dense. Très fort. Chacun fait presque deux heures. Il en avait, des choses à dire, ce monsieur ! Il évoque l’histoire des Etats-Unis et il y a de quoi dire ! Il a enseigné l’Histoire pendant des années à Boston et il y a son histoire dans l’Histoire puisque c’est une famille d’émigrés juifs d’Europe Centrale, ces petites gens débarqués au début du siècle dernier à Brooklyn. Dans sa jeunesse il devient contestataire, trop jeune pour partir en Espagne en 36, il va travailler sur un chantier naval à New-York, la guerre arrivant il va s’engager devenir lieutenant de bombardiers. Il va notamment bombarder Royan, utilisant le napalm sans le savoir. Puis ce sera Hiroshima. Marié, il est très heureux, comme de nombreux américains, du bombardement d’Hiroshima, la guerre étant gagnée… Et il prend conscience de ce qu’il a fait ? Oui, à la faveur d’une mesure prise par le gouvernement américain pour les Gis qui reviennent de guerre pour leur permettre d’entrer à l’université sans étude préalable, le GI.Bill. Il choisit l’Histoire, deviendra historien, s’engagera beaucoup. Il enseignera dans une université d’Alabama pour jeunes filles noires, lui le blanc de Boston ! Il s’engagera dans des tas de luttes, les droits civiques, le Viet Nam. Mais il reste traumatisé par cette bombe qu’il a lancée. Il en écrira un livre. C’est un magnifique professeur, un conteur formidable qui est très suivi. Il a du talent, il est très malin, très fort pour s’exprimer. Pour réaliser ce film vous avez dû faire un travail d’archives colossal ? Déjà, lui a fait des centaines de fiches à la main. En 1980, il n’y avait pas encore beaucoup d’informatique. Il avait des tiroirs pleins et c’est avec ça qu’il a écrit son bouquin sorti à cette date. Ça a été une bombe – c’est le cas de le dire ! – aux Etats-Unis où il s’est vendu à trois millions d’exemplaire et il y a eu d’innombrables traductions dans le monde. Chomsky a dit qu’il avait changé le regard des Américains sur eux-mêmes. Nous, nous étions plus loin mais beaucoup d’Américains ont découvert des choses qu’ils ne connaissaient pas, comme l’histoire de ces Indiens décimés par l’arrivée de Christophe Colomb que l’on considère encore comme un héros ! Et il y a un « Columbus Day » tous les ans ! C’est d’ailleurs la fête des Italiens américains qui considèrent Colomb comme un Italien ! Et qui n’ont pas beaucoup apprécié le livre. C’était totalement le contraire de la pacification !
Il parle aussi du soi-disant viol de deux américaines par neuf blacks, les Scottboro boys dans les années 30. Oui, et dans ces cas-là, il aurait dû y avoir un lynchage. Mais le shérif décida qu’ils soient jugés. Ce qui leur sauvera la vie, surtout après que les deux filles avouent qu’elles n’ont jamais été violés. Mais ça durera dix ans avant que tous soient libérés, malgré un tribunal entièrement blanc ! Luttes de races et luttesde classes se rejoignent ! C’est un grand mythe américain. Il y a même eu une comédie musicale ! Une chose m’a surpris dans le film : des gens comme Ford ou Lindbergh ne sont peut-être pas les héros que l’on encense ? Surtout Ford qui est un antisémite fervent, militant qui voulait la destruction des Juifs. Il avait même édité un journal pour infuser sa prose antisémite. Il était l’ami d’Hitler qui avait son portrait dans son bureau. Et ce sont des choses que les Etats-Unis ignorent… Ou veulent passer sous silence car, pour se faire oublier, il a créé des fondations Ford, c’est le premier annonceur aux Etats-Unis, il a doublé les salaires des ouvriers mais on oublie une close : c’était en échange d’aucun mouvement de grève de leur part. Il avait des milices musclées si ça ne marchait pas droit. Il y a un truc aussi qui explique pourquoi il a créé le travail à la chaîne ! Oui et ça c’est une trouvaille : le lien avec les abattoirs de Chicago qui coupaient la viande à la chaîne, ce qui lui a donné l’idée de monter les voitures et les boites de conserve à la chaîne. Il y a aussi une phrase que dit Zinn : « Celui qui tue les méchants n’est pas forcément un gentil. C’est une idée géniale, il faut l’inculquer aux gosses ! C’est tout à fait l’histoire des Etats-Unis. C’est vrai qu’ils ont tué le méchant, comme l’avaient fait les soviétiques à Stalingrad mais ça n’est pas forcément un gentil pour ça. On se souvient du film « Les sept mercenaires ». Ils tuent le méchant mais ils ont tendance à rester ! C’est toute l’histoire des cow boys et des Indiens ! Effectivement. On a toujours considéré les Indiens comme les méchants et les cow boys ont toujours été les héros. Lorsqu’on était gosse on allait voir ces films où les salauds étaient toujours les Indiens. Les premiers films qui ont inversé complètement la vision sont « Little Big Man » ou »Le soldat bleu ». Ça veut dire que pendant des générations, il y avait les bons cow boys et les sauvages, les barbares, les incultes Indiens. Aujourd’hui ça continue autrement entre les Américains et les Vénézuéliens, les Arabes et les Français
Célèbre photo de Charles Clyd Ebbets prise en 1932 au sommet d’un gratte-ciel du Rockfeller Center
Il y a une phrase de Trump : « La paix par la force »… C’est une façon de voir la paix ! Chacun a sa vision personnelle. L’Amérique a quand même une histoire de son Histoire particulière, non ? Vous savez, chacun a l’histoire qu’il veut. On dit que les peuples heureux n’ont pas d’histoire. C’est la façon dont ils vivent l’Histoire qui est intéressante. Nous, nous les prenons un peu comme des crétins, incultes… Parce qu’on est Français, on appartient à la race supérieure quoi !!! Ils ont une façon de vivre l’Histoire qu’ils s’accaparent plus physiquement que nous qui sommes très littéraires. Tant que notre histoire n’est pas écrite, elle n’existe pas. Eux n’ont pas besoin de ça, ils jouent leur histoire. Et les Amérindiens dans tout ça ? En ce moment, ils luttent pour reprendre leur place dans la société. Ils se retrouvent un peu partout et reprennent leur place. Il y a une espèce de réveil qui tâtonne pour retrouver leur culture, leur raison d’être. Ils sont des soutiens inconditionnels des Palestiniens car ils ont la même histoire. Il y a des gens qui fuient des conditions difficiles qui trouvent une terre sans peuple (Eux sont un peuple sans terre), ils ont une mission divine : « Croissez et multipliez-vous ». Il y a donc une analogie. Pour parler et montrer certaine choses, avez-eu des problèmes ? Bien sûr que nom, même si on dit du mal de l’Amérique. On n’a pas rencontré de gros problèmes. Le premier film circule aux Etats-Unis, dans les universités, ce qui nous a permis de financer celui-là et il est sorti voici dix ans et ce n’est pas à sa sortie qu’on pouvait avoir des problèmes. C’est maintenant avec la censure qui est aujourd’hui omniprésente avec Trump. Nous avons été surpris et très contents de l’élection du maire de New-York, Zohran Mamdani, qui a prêté serment… Sur le Coran ! Avec 1 million 500.000 juifs qui vivent à New-York ! Sa mère est une très grande réalisatrice qui a remporté beaucoup de prix dont la Caméra d’or à Cannes en 1981 avec « Salaam Bombay ». On voit quand même des trucs encourageants. Tout ça n’est pas foutu ! Dernière question : En sous-titre sous l‘affiche, on découvre cette phrase : « Tant que les lapins n’auront pas d’historien, elle sera racontée par les chasseurs… Vous pouvez expliquer ? (Il rit) Je vais vous dire la vérité : Figurez-vous que c’est une phrase de moi ! J’avais piqué une phrase dans un recueil de proverbes africains : « Tant que les lions n’auront pas de grillot, leur histoire sera racontée par les chasseurs ». Je l’ai adapté, transformant le lion en lapin pendant une émission sur Zinn ! J’ai fait ça pour rigoler et du coup, la phrase lui a été attribuée. Il n’a donc jamais dit ça. Comment une phrase piquée à la sagesse africaine et devient presque un proverbe. Et j’ai découvert un écrivain nigérian qui l’a également appliquée. A quoi ça tient, une phrase dite pour rigoler !!!
Et voilà. Charles Berling nous quitte une fois de plus. La première fois, c’était pour partit de Toulon et vivre sa vie d’artiste. La seconde fois pour repartir sur d’autres routes, quittant encore Toulon où il fut le directeur dès 2010 avec son frère Philippe, à l’ouverture du théâtre Liberté, puis à Chateauvallon. Comédien, metteur en scène, réalisateur, scénariste, directeur de théâtre et même chanteur… Que n’a-t-il pas fait, ce boulimique qui enchaîne pièces sur films, et qui a toujours mille projets en tête et en mène quelquefois plusieurs en même temps ! Artiste de passions, boule d’énergie, homme volubile, aujourd’hui j’aime, en restant dubitatif, l’entendre dire qu’il prend sa retraite, ce dont je ne crois pas un mot ! Il fera d’autres choses et comme le chantait Dalida, il mourra sur scène ou devant une caméra ! Magnifique artiste, il a été un magnifique compagnon de route avec qui j’ai vécu beaucoup d’aventures passionnantes dont celle de voir, grâce à lui, devenir Le Liberté et Chateauvallon scènes nationales. Il peut le voir s’éloigner heureux et fier du travail accompli et nous regretterons ses folies, ses coups de gueule, ses joies, tous ces beaux projets qu’il nous a offerts. Grâce à lui, la jeunesse a retrouvé le chemin du théâtre, confiante de savoir qu’il découvrirait de grands et beaux spectacles. Mon cher Charles, je garderai le plaisir de t’avoir connu mais je n’excepte pas la joie de te retrouver ailleurs, au théâtre, au cinéma, à la télé, car je sais que cette retraite est un prétexte pour prendre d’autres chemins de traverse. Merci pour ce que tu as fait. Merci pour ce que tu es et merci de m’avoir toujours accueilli avec amitié. Mais… N’oublie pas Toulon !
Jacques Brachet
Avec Claire Chazal
Avec Philippe, son frère et Michel Boujenah
Bonjour,
Après 15 ans passés à la direction du Liberté d’abord, de la Scène nationale Châteauvallon-Liberté ensuite, j’ai décidé de faire valoir mes droits à la retraite au 31 août 2026. Cette décision, mûrement réfléchie, m’amène à clore l’un des chapitres les plus passionnants de ma vie professionnelle. C’est en 2010 que l’aventure a commencé quand Hubert Falco, Maire de Toulon et Président de la Métropole Toulon Provence Méditerranée, nous confiait à mon frère Philippe et à moi la mission de créer le Théâtre Liberté en centre-ville. Avec une équipe jeune et enthousiaste, nous avons relevé le défi. De ces débuts bouillonnants jusqu’à la célébration des 60 ans de Châteauvallon en 2025, en passant par l’obtention du label « Scène nationale » en 2015, je suis fier d’avoir œuvré aux côtés d’une équipe paritaire particulièrement engagée et compétente, dans un climat heureux et passionné, pour donner à Châteauvallon-Liberté la place qu’elle occupe aujourd’hui : l’une des scènes nationales les plus importantes dans le paysage culturel français.
Avec Jean-Louis Trintignant
Avec Stéphane de Belleval, responsble de Chateauvallo
Fier d’avoir participé au changement spectaculaire qu’a connu la métropole toulonnaise ces vingt dernières années, fier d’avoir accueilli dans nos salles des centaines de spectacles de toutes les disciplines artistiques, fier d’avoir tissé avec les publics des liens de fidélité et de confiance, fier de laisser aux générations futures un outil exceptionnel au service de toutes et tous. Je veux exprimer ma reconnaissance à l’ensemble des partenaires publics (l’Etat, la Région Sud, le Département du Var, et bien sûr la Métropole Toulon Provence Méditerranée, la Ville de Toulon et la Ville d’Ollioules) pour la confiance qu’ils m’ont toujours accordée, ainsi qu’aux très nombreux partenaires privés, économiques, associatifs, culturels, sociaux qui sont venus rejoindre l’aventure au fil des années. Je veux remercier tous les artistes qui ont fait vivre et vibrer cette maison. Je veux exprimer aussi toute mon admiration et ma reconnaissance à l’équipe de la Scène nationale. Avec elle, nous n’avons eu de cesse de préparer l’avenir de cette magnifique institution, en la rendant la plus accessible possible à toutes et à tous, aux jeunes en particulier. Elle est prête à affronter de nouveaux défis, artistiques, culturels, budgétaires, sociaux et politiques. Il est temps pour moi de passer le relai en tant que directeur. Je poursuis ma carrière artistique et continuerai de me battre, encore et toujours, pour la culture et pour les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité.
Ce fut, vendredi, l’apothéose d’un mois tout de rose vêtu à Six-Fours. 1300 participants, 350 bénévoles, 1.000 personnes ayant participé aux actions et… Plus de 9.300 Euros qui ont été partagées entre les deux associations partenaires : Cap Sein et La P’tite Parenthèse. Cet Octobre Rose a battu tous les records grâce, d’abord, à trois personnes : le Docteur Stéphanie Guillaume, adjointe à la santé de la Ville de Six-Fours, Béatrice Métayer, son alter ego, un duo indissociable de cette belle manifestation et bien entendu le maire de Six-Fours, Jean-Sébastien Vialatte qui leur a donné carte… rose pour organiser tous les événements et aidées au maximum pour que ce mois soit une réussite.
Bien entendu, il ne faut pas oublier tous ces bénévoles qui se donnent corps et âme et, tels les lutins du Père Noël, sont à tous les postes durant un mois de folie. Citons aussi toutes les associations qui, au travers de leurs activités, offrent tout un tas d’animations à tous ceux et celles qui sont atteints du cancer, subissent de lourdes thérapies ou sont en rémission. Evidemment, même si l’on ne peut pas toutes les nommer, nombres sont les associations qui apportent leur tribut financier pour aider tous ces collaborateurs bénévoles à offrir aux malades des moments de loisirs qui leur permet d’oublier un moment ce qu’ils subissent, s’oublier eux-mêmes pour se retrouver dans des atmosphères de joie et de plaisir comme des balades à cheval, en bateaux, en avion, des soins esthétique, de bien être, le tout encadrés de médecins divers venus eux aussi apporter bénévolement leur soutien, leurs soins, leurs dons.
La liste est longue et aujourd’hui, l’on peut dire que la réussite est due grâce à tous ces gens, cette marée humaine et humaniste, qui donnent de leur temps, de leur argent et répondent présent d’année en année. Nos trois mousquetaires peuvent être heureux du résultat qui s’est étendu bien au-delà de Six-Fours C’est au Bistro Frégate que cette soirée s’est déroulée, reçus à chaque fois chaleureusement par Gilles Pascal et son équipe. Et le tout s’est terminé en musique ! Durant un mois Six-Fours a vu la vie en rose !
Jacques Brachet Photos Monique Scaletta & Béatrice Metayer
Valérie ALAMO nous présente Alès d’Antan J’étais invité, l’an dernier, à la fête du livre de Toulon, afin de dédicacer « Toulon d’Antan » et « Le Var d’Antan », paru chez Hervé Chopin éditions. Je me trouvais aux côtés d’une journaliste, Valérie Alamo. Un nom que je connaissais et avait fait tilt pour avoir côtoyé un certain chanteur prénommé Franck… Mais qui s’appelait en fait Jean-François Grandin. Donc, aucune parenté évidemment mais Valérie écrivait des biographies qui ne pouvaient que m’intéresser, puisqu’elle les consacrait à des chanteurs comme Cabrel, Balavoine, Garou, Pagny, Souchon… Nous avions, en dehors de l’écriture, ce point commun d’aimer ces chanteurs. Je m’y intéressais donc comme elle s’intéressait à mes deux derniers livres. Et voilà qu’un an après, elle a, comme moi, viré de bord, lâchant un peu les artistes pour nous proposer son « Alès d’Antan » chez le même Hervé Chopin. L’idée avait germé dans sa tête et donné envie de faire comme moi : Parler de sa ville à travers les cartes postales des siècles derniers. Même si elle a grandi à Avignon, elle est native d’un petit village nommé Les Salles du Gardon, à dix kilomètre d’Alès. Elle est donc partie chercher son Histoire, ses histoires, à travers les iconographies des archives municipales d’Alès, nous racontant les quartiers et leur évolution, le quotidien de la vie d’alors, nous décrivant les mines et les mineurs, les magnaneries, les forges, nous racontant l’Alès des deux rives dont un quartier nommé Tamaris comme chez nous à la Seyne-sur-Mer, nous rappelant la crue de 1917, la plus forte de l’époque, lorsque le Gardon, affluent du Rhône, balaya tout sur son passage. Il y en eut tant qu’on appela ces crues « des gardonnades » ! Bien évidemment, comme dans toute la France, on retrouve un ouvrage d’un certain Vauban qui y créa un fort… Bref, un Alès comme peu de gens se souviennent aujourd’hui et qui a une histoire passionnante, grâce à la plume alerte de Valérie Alamo
Bruce TOUSSAINT, de la télé à l’écriture Bruce Toussaint est ce journaliste qu’on peut retrouver tous les matins de la semaine sur TF1 dans l’émission « Bonjour » qu’il anime avec humour, bienveillance avec la complicité d’une bande de joyeux lurons qui n’engendrent pas la mélancolie. Et malgré ses sourires ironiques, ses yeux malicieux, son air quelquefois bourru, lorsque l’animateur se met à écrire des livres, ce sont des sujets très personnels, pas du tout marrants, pleins de profondeur, le premier « Heureusement elle n’a pas souffert » qui parle de sa mère avec beaucoup d’émotion et d’amour. Le second livre « Dites-lui que je pense à elle » (Ed Stock) est encore un message personnel à sa cousine Nathalie, qui avait son âge et qui a été assassinée voici trente ans, en 1980. Ce drame l’a toujours poursuivi et un jour, il a décidé de remonter à la genèse de celui-ci, qui, à l’époque ou le féminicide n’était pas d’actualité, des histoires comme celles-ci, se sont perdues dans le silence et l’oubli. Il nous offre là un témoignage bouleversant en rouvrant ce dossier et en recherchant ceux qui ont vécu drame, surtout la mère de Nathalie qui, presque trente ans après, lui a ouvert sa porte, son cœur, cette plaie jamais refermée. Témoignage bouleversant même si quelquefois il nous met mal à l’aise de nous immiscer dans cette histoire très personnelle. Je devais en parler avec l’auteur avec qui j’avais rendez-vous à la fête du livre de Toulon… Mais il n’était pas à mon rendez-vous. Je n’ai donc pas pu lui dire… Bonjour ni parler de son livre !
De haut en bas, de gauche à droite : Andréa Coste, Ambre Masse, Hugo Bransard, Inès Mejti, Rébecca Boulanger, Pascale Parodi, Fanny Perrier, Inès da Fonsaca, Adriana, Michaéla Diaco
Ce lundi soir au théâtre Daudet, jamais Pascale Parodi, présidente de « Lumière(s) du Sud n’avait autant reçu d’invités. Des invités qui ont tous entre 20 et 25 ans, avec à leur tête leur prof, Rébecca Boulanger, qui leur a enseigné, tout au long de ces mois scolaires au Campus Educatif de Toulon, l’art d’e communiquer à travers l’écriture et la réalisation d’un film Pascale a eu l’occasion de rencontrer Rebecca lors du festival du court métrage du Fort Balaguier à la Seyne-sur-Mer et son histoire lui a donné envie de faire se rencontrer pour la première fois ces jeunes étudiants avec un « vrai » public, en présentant leur travail qui n’était pas encore sorti de leur école. Tous ont des parcours différents, viennent d’horizons différents, ont des personnalités différentes et ce melting pot a donné des courts-métrages de cinq minutes, d’une inventivité formidable, chacun ayant des univers incroyables. Ils nous ont raconté leur aventure avec passion, avec humour et qu’est-ce que c’est réjouissant de rencontrer une jeunesse qui a des idées, des envies. Une jeunesse qu’on aimerait rencontrer plus souvent. Grâce à Pacale et à Rebecca, nous avons aussi découvert de vrais talents qui sont au début de leur route et qui peut-être, seront des auteurs, les réalisateurs, les monteurs de demain. Trois équipes surquatre nous ont donc présenté leurs films, certains un peu barrés, certains un peu étranges, certains un peu baroques mais dans lesquels on découvre leur personnalité et déjà une belle maîtrise de ce qui sera peut-être leurs métiers de demain. Rebecca a fait un remarquable boulot et j’ai découvert une femme passionnée et tellement heureuse du travail accompli par ses élèves.
« Rebecca, comment le cinéma est-il venu à vous ? J’y suis venue par le biais du documentaire, le cinéma du réel à la base. Mais avant d’y venir, j’ai commencé par la presse écrite. Etudiante en histoire depuis de longues années, j’ai fait des études en polémologie, qui est une partie de l’histoire contemporaine qui traite de l’analyse des conflits d’aujourd’hui. Mon doctorat avait pour thème le sport comme force de paix et arme de guerre. Par contre, pour gagner de l’argent, j’étais hôtesse dans le domaine sportif, sur le tour de France entre autres, sur des rallyes dans le désert. Un jour, à la dernière étape du Tour de France, je rencontre Jérôme Durand, rédacteur en chef de « L’Equipe », qui m’a proposé de les rejoindre. Je n’étais alors pas journaliste, c’est lui qui m’a appris le métier. C’est un homme formidable. J’ai donc commencé à « piger » pour « L’Equipe » en faisant des rubriques que personne ne lisait ! Mais j’ai beaucoup appris. Comme je suis très sportive, j’ai continué à piger pour des magazines spécialisés. On est loin du cinéma ! Jusque-là c’est vrai mais un jour, il y a la télé belge qui m’a proposé de couvrir des événements sportifs, entre autre les événements mot, car j’en faisais, où j’ai pu réaliser mes premiers reportages audio-visuels. J’ai quitté la presse écrite et puis, la Cinquième a été créée par Jean-Marie Cavada, j’ai été engagée et là, j’ai eu l’occasion de pouvoir faire mes premiers documentaires. Ça a été la révélation pour moi. Je me suis dit que c’était ça que je voulais faire. Depuis ce temps, je n’ai pas cessé de faire des documentaires en explorant l’âme humaine, en faisant des sujets sociétaux. J’en ai fait à peu près 80 et j’ai la chance d’en vivre.
Mais ça ne s’est pas arrêté là ? Non. J’ai commencé à être formatrice dans des écoles de cinéma sur l’écriture documentaire, la réalisation, comment monter un projet. Depuis 2012, j’enseigne aux Gobelins, j’ai enseigné au Ministère des Armées pour les jeunes qui allaient en opération spéciale sur les terrains de conflits, pour leur apprendre ce qui va constituer plus tard les archives. Je les enseigne à avoir un œil de réalisateurs. Et la fiction dans tout ça ? On y vient ! Depuis deux ans, j’ai commencé à suivre des cours d’écriture et de scénarii de fiction, à Paris… J’ai aussi suivi des cours d’écriture scénaristique au conservatoire européen d’écriture audio-visuelle et là, j’ai commencé à écrire mes premiers courts-métrages de fiction. Je n’en ai, pour l’instant, réalisé qu’un seul. Avec tout ça, comment vous retrouvez-vous sur le Campus de Toulon ? Mon CV de formatrice s’est trouvé entre leurs mains et lorsqu’on m’a fait cette proposition, j’étais trop contente ! Pourquoi ? En fait, je suis née au Revest et je fais le grand écart entre Paris et le Var ! Paris, c’est parce que c’est là qu’est le travail mais je ne m’y installerai jamais définitivement. Ma région c’est sacré ! J’y reviens dès que je peux et un jour j’y reviendrai définitivement. Donc, je n’ai pas hésité longtemps à dire oui à la proposition d’enseigner l’écriture de séries et de fiction, j’ai crié : « J’arrive tout de suite » ! C’est comme ça que j’ai connu ces jeunes formidables que j’ai suivis en écriture pour le scénario et en réalisation pour mettre en scène leur histoire. J’enseigne aussi la technique de l’interview et du reportage. Je surfe entre tout ça !
Inès da Fonsaca & Michaéla Diaco ont présenté « Pièces manquantes
Inès Mejyi, Fanny Perrier & Hugo Bransard ont présenté « Reconstruction »
Andréa Coste & Ambre Masse ont présenté « La voix d’Asphodèle »
Le cinéma, c’est une passion ! Depuis toute petite, je vais au moins deux/trois fois par semaine… Quoiqu’il arrive ! Je ne pourrais pas vivre sans le cinéma, ça me donne une énergie folle Et cette expérience qui a duré sur plusieurs semaines à Toulon m’a fait rencontrer des jeunes qui ont des univers incroyables, une implication formidable, une invention magnifique. Ce sont tous de très belles personnes qui incarnent l’avenir. Quel cadeau que de les avoir rencontrés. Ils sont tellement inspirants. Je suis heureuse d’avoir partagé cette aventure avec eux. Et je suis heureuse que ce soir leurs films soient vus ailleurs que dans leur école. Dans ces équipes, qui a fait quoi ? Ils ont tout fait ! De l’écriture à la réalisation. Ils sont en fait étudiants en master 2 de communication audio-visuelle et ils ont tout essayé. J’étais là pour leur enseigner comment écrire, réaliser une histoire et après, chacun peut se retrouver soit, dans dans l’écriture, soit, dans la réalisation, soit, dans le montage ou tout autre technique cinématographique. J’ai été un catalyseur de leurs idées, de leur envie d’écrire, de leur élan créatif. Je suis là pour partager et transmettre. Je suis très fière d’eux ! »
Deux invites surprise ; Mohamed Seddiki & Christopher Caulier Suite à ces belles rencontres, Pascale nous proposait une autre rencontre, virtuelle cette fois avec Mohamed Seddiki et Christopher Caulier, deux amis d’adolescence qui se sont rencontrés au cours Florent. Depuis, ils ne se sont plus quittés, sont devenus comédiens et, virant de bord, voilà qu’ils nous offrent leur premier court-métrage en tant que scénaristes et réalisateurs : « Saint Honoré ». C’est l’histoire émouvante de Moha, qui rêve de devenir pâtissier et qui, alors qu’il va être embauché en CDI, se retrouve dans une embrouille qui pourrait lui être fatale. Un film émouvant qui leur a pris cinq ans de leur vie, le Covid ayant interrompu leurs élans mais après ces cinq ans d’attente, les voilà présentant leur film. Et bien leur en a pris d’attendre et de persévérer car leur film a été sélectionné sur trente manifestations cinématographiques et reçu une dizaine de prix. Aujourd’hui, ils sont sur un autre court-métrage et les voici déjà sur un projet de long métrage. Même si c’est par écran interposé, on est heureux d’avoir rencontré ces deux artistes dont on reparlera certainement.