Lumières du Sud : Nicolas PABAN
De Toulon à Toulon


« La rivière des Amoureux » est une histoire, enfin, une histoire, un document un peu fiction, une fiction un peu documentaire, en fait, un OVNI difficile à identifier justement mais qui a ces qualités d’être à la fois, surréaliste, poétique, un peu déjanté mais surtout plein d’humanité. Et il fallait tout cela pour qu’un film dans un quartier toulonnais pas vraiment glamour, devienne par la caméra magique de Nicolas Paban, Toulonnais vrai de vrai, un film qui surprend, qui fait rire, qui émeut, qui enchante.
Quelle belle idée Pascale Parodi, directrice de l’association « Lumières du Sud », d’avoir réinvité Nicolas car nous l’avons déjà rencontré et à chaque fois c’est une heureuse surprise.
Bien évidemment, comme chaque spectacle scolaire de fin d’année, nombre de participants et de leur famille avaient rempli le théâtre Daudet !

« Nicolas, Toulonnais pur jus !
Oui, j’y suis né et j’y ai toujours vécu.
Le cinéma est arrivé comment dans ta vie ?
Depuis aussi longtemps que je me souvienne… Tout petit j’étais déjà fasciné par les caméras, j’ai toujours adoré aller au cinéma. Je m’y suis mis un peu tard, à un moment de ma vie où je me suis dit que si j’avais envie de faire du cinéma… Je n’avais qu’à en faire !
J’ai commencé avec mes propres moyens et avec peu de connaissances au départ et j’ai appris peu à peu, sur le tas.
Tu as fait une école ?
Non et je n’ai jamais quitté Toulon, je n’ai pas fait d’école, j’ai fait du cinéma tout à fait en autodidacte. Film après film, j’ai appris de mes erreurs, j’ai continué à écrire, à tourner, peu à peu mes films ont été pris dans des festivals, j’ai commencé à avoir des prix et je n’ai jamais arrêté, pour mon propre plaisir.
Tu en es à combien de courts-métrages ?
C’est difficile de les compter, j’en ai fait beaucoup, plus d’une vingtaine je pense.
Alors, comment te débrouilles-tu pour trouver des techniciens, des comédiens et bien sûr, de l’argent ?
Tout dépend du film, là, en l’occurrence pour « La rivière des amoureux », c’est un lieu culturel « Le Volatil » qui m’a proposé de faire un film sur le quartier dans lequel ils sont, c’est donc une demande particulière, sinon, à chaque fois que je fais un film, je monte une équipe, que ce soit pour les techniciens ou les comédiens. Ce ne sont pas toujours les mêmes personnes, tout dépend de la disponibilité des gens, du hasard de mes rencontres aussi…
Mais il n’y en a pas pléthore sur Toulon ?
Détrompes-toi ! Il y a des tas de techniciens professionnels et amateurs qui ont envie de faire des films…

Il y a beaucoup de compagnies théâtrales et de comédiens amateurs, c’est là que tu vas les chercher ?
Eh bien non, ce sont souvent des gens de mon entourage. Moi-même je faisais partie d’une compagnie de théâtre, « Toutim » qui n’existe plus mais j’avais autour de moi des gens qui étaient comédiens et c’était facile pour moi d’en trouver. D’ailleurs ce sont souvent les comédiens eux-mêmes qui m’inspirent des personnages…
Ce qui implique que tu écris les scénarios ?
Oui, la plupart du temps mais je peux aussi parfois les coécrire, Ça m’est arrivé d’écrire à deux et même une fois à trois.
Ce doit être un peu compliqué, non ?
Oui, parfois mais à deux ça marche bien. Il faut seulement bien s’entendre et avoir un peu le même univers. Notamment avec Guillaume Levil , qui est venu à « Lumières du Sud » et que tu as interviewé d’ailleurs, et avec qui j’ai écrit plusieurs scénarios.
Il est Niçois. Comment l’as-tu connu ?
Dans un festival. Les festivals sont des lieux très importants pour nous car on y fait beaucoup de rencontres. On s’est donc croisé plusieurs fois, chacun aimait ce que faisait l’autre et l’on est devenu amis. On se voit de temps en temps, on s’appelle, on fait des allers-retours par mails… On fait du ping-pong ! On écrit ensemble, il n’y a pas de règle, ça dépend du désir, de l’idée de l’un ou de l’autre, on s’adapte, chacun y apporte sa patte.
As-tu pensé à faire un long-métrage ?
Oui, bien sûr. J’ai des idées, je suis justement en train de coécrire un long-métrage mais on ne peut pas l’autofinancer, il faut beaucoup de temps pour tout : trouver de l’argent, donc, passer par le cursus normal et ça demande un sacré boulot, il faut faire des dossiers, des notes d’intention, plein d’autres choses… Alors je joue le jeu mais pendant ce temps je ne fais pas de films. Tout est très chronophage mais bon, j’aime ça, donc je dois passer par là. Pour l’instant, je suis dans une bonne dynamique, donc, je fonce.

Revenons à « La rivière des amoureux »
« Le Volatil » est un collectif auquel j’appartiens. Il s’y fait tous les ans un festival de musique, danse, théâtre. Je me suis investi et Romain Berthier, qui en est le directeur artistique, m’a proposé de faire un film avec les gens du quartier Aguillon. J’aime bien ce genre de défi. On a déposé des prospectus dans les boîtes aux lettres expliquant ce qu’on voulait faire et qu’on recherchait des participants pour aider au tournage. On a eu une trentaine de réponses, on a monté une équipe et on a réalisé le film en une semaine au début juillet. Et on a fait l’ouverture au festival « Crash et décollage » qui a lieu le dernier week-end d’août. Ça a été un long travail durant tout le mois de juillet mais la projection en plein air a été un moment magique.
Donc ce film va partir dans les festivals ?
Ça a déjà débuté par le festival itinérant « Les Nuits Med », organisé par Alix Ferrari, qui se passe entre Toulon et la Corse. Puis, il y a deux semaines, il est allé aux 42èmes rencontres de Cabestany, près de Perpignan. J’avais peur qu’en dehors de Toulon il n’intéresse pas grand monde… Et il a eu le prix du jury présidé par Bernard Menez !
Donc, ça démarre bien !
Oui, d’autant qu’un film sur un quartier de Toulon, on ne sait pas si ça va plaire ailleurs. Mais il y a un très bon retour du public, donc ça augure de belles choses.
Et maintenant… Que vas-tu faire ?
Je termine un court-métrage, une comédie noire qui s’appelle : « Autres : précisez ». Il est en cours de montage et je suis en train de chercher les financements pour un film  que j’ai coécrit et que je vais coréaliser avec Guillaume Levil. Le titre c’est « Moi » et il faut beaucoup d’argent… Enfin, l’argent qu’il faut !
Mais sans ça, il se fera quand même ! »

Une partie de l’équipe avec Nicolas et Pascale

Jacques Brachet

La Valette – Théâtre Marélios
Bruno PUTZULU, magnifique rital


Bruno, c’est un coup de cœur de 20 ans…
Une rencontre faite autour du livre : lui signant son hommage à Philippe Noiret, moi signant mon hommage à Jean-Claude Brialy.
Côte à côte, ce furent deux jours de rires et de bonne humeur. Depuis, on s’appelle, on se « maile » et on se voit dès qu’il est dans les parages. Et les derniers parages étaient le Théâtre Marélios à la Valette, grâce à Anthony Verchère qui l’accueillait dans sa salle pour « Les ritals » d’après le livre autobiographique de  Cavanna, qu’il a  adapté et qu’il emmène sur les routes depuis plus de trois ans en compagnie de son frère qui signe la mise en scène et de son accordéoniste Aurélien Noël, un génie de cet instrument qui enveloppe les mots de Bruno.
Cette histoire en fait, François, Francesco alias Bruno, il le dit lui-même, ce n’est pas celle des ritals mais de son père, donc du père de Cavanna.
Bruno, durant une heure et demi, se démène, mouille sa chemise , c’est un euphémisme puisqu’il ressort vraiment trempé après nous avoir conté l’histoire de ce petit italo-français, ni vraiment italien, ni vraiment français mais qui cherche sa place entouré de parents aimants, lui tout aussi aimant de ses parents. Bruno devient ce petit garçon magnifique, à la fois tendre et révolté, drôle et émouvant mais toujours prêt à foncer pour réussir sa vie, vivant la vie difficile de ce couple qui lutte au jour le jour avec obstination.
On est très vite pris par l’histoire de ce gamin qui nous fait rire et pleurer et qui est magistralement interprété par l’ami Bruno.


Depuis des mois il est sur les routes avec cette belle histoire et, passionné  et perfectionniste comme il est, il répète chaque soir la pièce entière avant de la jouer devant le public. Bravo l’artiste. Et bravo l’ami que je revois toujours avec joie, comme un petit frère retrouvé.« Depuis quand joues-tu cette pièce, Bruno ?
Depuis 2018, avec l’arrêt forcément à cause du Covid. On en est à 230 représentations !
Pas trop fatigué ?
Non, pas du tout et heureusement car j’en ai encore jusqu’à 2025.
Mais en plus, tu joues une autre pièce ?
Oui, c’est « La lettre ». En fait, je suis associé à la Scène Nationale de Belfort où  Eléonora Rossi, la directrice nous a donné les moyens de créer cette pièce. Nous sommes partis en résidence à Belfort, mon frère Mario a écrit le texte et a fait la mise en scène. Il y a cinq comédiens sur scène. On a déjà donné quelques représentations, nous jouerons à Paris et l’on partira avec en tournée en 2025.
Dès que tu termines cette pièce ?
Non, non… On fera les deux en alternance !
Tu m’étonneras toujours ! Alors parle-moi de cette lettre…
Dans la pièce, le père meurt. La mère veut donner ses vêtements à son fils, qu’il refuse d’abord car il ne se sent pas de porter les affaires de son père. Mais il voit que ça la rend triste et finit par accepter une veste. Rentré chez lui, il trouve une lettre dans la doublure de la veste qui lui annonce qu’il a un frère en Sardaigne. Il va partir pour retrouver ce frère et en même temps sur les traces de son père. Ça se passe donc entre la France et la Sardaigne.

Encore l’Italie !
Eh oui, ça s’appelle d’ailleurs « La lettre d’Italie ». On a changé le titre.
On t’a vu il y a quelque temps dans la série « Ici tout commence » et depuis ?
Je suis très pris par le théâtre mais j’ai un projet de film avec Laurent Vinas-Raymond « Paul emploie » qu’on aurait dû faire en mars mais qui est reporté, la comédienne Emilie Dequenne étant souffrante. Ça devrait se tourner dans la Loire, à Saint-Etienne avec aussi Philippe Torreton, Bernard Lecoq, Fred Testot, Olivier Marchal.
Et la musique ?
Depuis mon album « Drôle de monde » je n’ai rien fait. Avec le théâtre je n’ai pas le temps de faire des concerts. Se consacrer complètement sur une tournée chanson, je n’en ai pas le temps, avec le théâtre c’est difficile. Mais j’aime surtout faire des albums studio…
Et passer à autre chose !
Oui, j’aime mieux jouer. Du coup, pour l’instant j’ai mis la chanson de côté. Je me contente de chanter Tino Rossi dans « Les ritals » !!!
Mais j’ai d’autres projets. Je vais commencer le festival « Culturissimo »…
Qu’est-ce que c’est ?
Ce sont des lectures organisées par les centres Leclerc qui invitent des comédiens comme moi, Pierre Arditi , Philippe Torreton. Ce sont des tournées à travers la France et en Outremer.
Dans les centres Leclerc ?
Non, dans des lieux divers, comme les églises, des médiathèques, les musées, le Frac et l’entrée est gratuite pour tout le monde.
C’est toi qui choisis les textes ?
Non, on m’a proposé de lire « Son odeur après la pluie » de Cédric Sapin-Defour. C’est une histoire d’amour entre un chien et son maître. Jusqu’au jour où son chien meurt.
Et puis je dois venir jouer à Toulon mais je n’ai pas encore de précisions ».

En tous cas, on pourra le retrouver aussi le 5 octobre à la Londe les Maures pour donner une autre lecture : » Le sillage de la baleine » de Francesco Coloane.
Evidemment on sera là !
Et voilà notre ex comédien de la Comédie Française reparti sur les routes de France avec ses ritals qui parlent du père et de l’Italie dont il est un peu issu… Quelque part, même s’il est né à Toutainville !

Jacques Brachet
Photos Alain Lafon

Jérôme ANTHONY… Un avenir radieux au théâtre !

Jérôme Anthony est une boule d’énergie, de gentillesse, de simplicité.
Depuis des années, il voyage de radios en télévisions de RTL à TF1 en passant par M6, Fun Radio, W9 pour animer des shows, les émissions les plus diverses de « La France a un incroyable talent » à « Pékin Express » en passant par « Nouvelle Star » à « Tous en cuisine » ou « Le meilleur pâtissier » et j’en passe, avec une incursion au cinéma (« On va s’aimer » d’Ivan Calbérac) , la télévision (« Meurtre à Nancy » d’où il est natif), l’écriture (« L’âge d’or des variétés ») et la chanson qui a été sa passion, avec un CD « Ma plus belle chanson ». La scène, il connaît pour avoir présenté nombre de spectacles, pour faire des concerts mais aujourd’hui, il ouvre une autre porte : celle du théâtre avec cette pièce désopilante d’Elodie Wallace « Un avenir radieux » où il partage la scène avec Géraldine Lapalus, Nicolas Vitiello, Marie-Laure Descoureaux et Roman Fleury qui remplace Manu Rui Silva.
Une pièce totalement déjantée où Arthur Leroy (Jérôme Anthony) vit entre son boulot d’entrepreneur, son pognon, sa femme et sa maîtresse. Et voilà que la voyante- amie de sa femme, Esmeralda vient lui annoncer que tout va s’effondrer. Ce qu’il ne croit pas.
Et pourtant…

Et pourtant…
Toute une série de gags, de quiproquos, de situations burlesques, avec à chacune un public qui croule de rire, Nicolas Vitiello en voyante est irrésistible et l’ami Jérôme se débrouille comme un chef.
Justement, Roman arrive ce soir-là au Théâtre Galli de Sanary. C’est sa première et les comédiens sont autour de lui pour répéter. Ce qui a failli mettre ma rencontre en péril avec Jérôme Anthony, avec qui nous avions conversé à Marseille lors d’une fête du livre et plus longuement à Juan les Pins où il présentait un spectacle. Mais la rencontre se fait quand même et je retrouve mon Jérôme toujours aussi volubile et charmant qui a décidé de profité de l’air de Sanary pour faire l’interview devant le théâtre.

« Jérôme, enfin comédien !
Oui, on me proposait des pièces depuis longtemps mai j’avoue que d’abord, je suis un peu fainéant, pas très courageux, je n’avais pas l’impression d’avoir assez de mémoire pour ça mais on m’a encouragé, convaincu, on m’a sorti de cette idée que je ne pourrais pas y arriver, du coup j’y suis allé et j’ai l’impression d’avoir 12 ans. Je suis comme un gamin, j’adore, c’est un plaisir, une bouffée d’oxygène…
Le trac ?
Pas tant que ça, car j’ai été assez bien géré. J’ai eu trois semaines de répétitions. Je ne l’ai pas vu venir en fait et pour moi c’est plus une excitation qu’un trac. Mais il paraît que le trac vient avec le talent… Alors j’ai bon espoir !
Le choix de cette pièce ?
Lorsque je l’ai lue, je l’ai trouvée très drôle et surtout, le plus important pour moi c’est que c’était de me retrouver avec une équipe très sympathique car nous faisons beaucoup de dates, nous sommes tout le temps ensemble et ce serait difficile si l’on ne s’entendait pas. Je fais beaucoup de tournées chansons avec mes musiciens, je présente « Les années 80 », j’ai l’habitude de vivre en équipe. Et là je suis avec une très chouette équipe, un bon producteur, un bon metteur en scène, Olivier Macé. Je suis dans une adéquation qui me convient parfaitement.
Vous avez débuté dans la radio très jeune… 14 ans !
Lorsque j’étais gamin, lorsqu’on me demandait ce que je voulais faire, je disais acteur et chanteur. En fait, il y a peu de temps, je me suis rendu compte que, comme j’ai grandi avec les émissions des Carpentier, j’avais envie d’être le protagoniste de ces émissions-là, divertir les gens, jouer, chanter, présenter. Je me suis nourri de cette culture de la télé, de l’animation, du divertissement,  mais aussi des émissions comme « Au théâtre ce soir ».


Mais ce sont des émissions « de vieux » de mon âge !!!
(Il rit) J’ai 55 ans et j’ai grandi quand même avec ça ! Avec cette culture du divertissement élégant. Aujourd’hui on n’est plus dans ce délire mais je me suis nourri de ça. Donc pour faire du théâtre c’était une grosse envie car j’ai toujours eu beaucoup d’admiration  pour ceux qui en faisaient. C’est pour ça que j’ai hésité car je ne voulais pas être en dessous de ces gens que j’admirais. Le fameux problème du syndrome de l’imposteur.
Originaire de Nancy, c’est vrai que j’ai commencé très tôt A cette époque là-bas il y avait un artiste qui émergeait, Charlélie Couture. Son producteur démarrait une radio, et il m’a dit « Si tu as de la tchatche, du temps, une cagette de disques, la porte est ouverte » C’est comme ça que tout a démarré, en faisant des chroniques de cinéma avec mon œil de gosse.
Et après ?
Après il y a eu l’arrivée des réseaux radio. J’ai été débauché sur NRJ, là, j’ai appris une nouvelle manière d’animer puis tout s’est enchaîné, les radios, la télé. J’ai eu beaucoup de chance, j’ai rencontré des gens et je suis toujours surpris de voir comment les choses sont arrivées car je suis plutôt d’un naturel timide et réservé et les choses se sont plutôt bien passées… J’espère que ça va durer encore un petit peu car j’arrive seulement à l’adolescence !
Et vous avez donc choisi d’aborder le théâtre !
Oui, tout est lié.
Par contre, dès qu’on a abordé ce sujet, j’ai mis une condition : ne pas jouer à Paris, avoir tous mes week-ends de libre et ne pas avoir la pression d’une salle parisienne.
Vous ne jouerez pas à Paris ?
Pour l’instant ça n’est pas prévu et c’est vraiment un souhait de ma part. Je ne fais déjà pas de radio le week-end sur RTL pour la même raison. J’ai envie de partir le week-end, de profiter de la vie.
Du coup, les parisiens ne vous verront pas !
Ben non… Mais ils ne loupent rien… Et moi non plus !
Mais c’est un tel plaisir de se retrouver en tournée, on s’amuse bien, on passe de bons week-ends, on est heureux de jouer. De ville en ville les salles sont pleines…

Peut-être grâce à vous !
Je ne me rends pas compte, à mon avis, je ne suis pas connu tant que ça. Il faut encore travailler ! Je débute… et ça fait trente ans que je débute ! Je fais tout ça avec modestie, je fais mon métier, j’adore le public, je n’ai jamais rien fait pour de l’argent. J’ai toujours été content et fier de faire ce métier, les choses se sont passées comme je l’espérais.
Alors, la chanson ?
Je faisais de la radio à Nancy, l’été j’étais en vacances avec mes parents à Saint-Tropez. Le soir j’allais dans un bar qu’avaient loué les frères Cayatte (Blanc bleu) « Pirate Studio »,  nous allions y chanter. L’un d’eux adorant la chanson, avait fait des bandes orchestres et imprimé les paroles sur un cahier… L’ancêtre du karaoké !
Nous, les jeunes nous allions dans cet endroit et nous chantions. Le temps passe, je me retrouve dans les coulisses de « Sacrée soirée » où ma mère m’avait fait passer pour un journaliste. Là, je rencontre le producteur qui me reconnait de Saint-Tropez et me propose de lui passer une cassette. Quinze jours plus tard je passe comme candidat à « Sacrée soirée » Je gagne une dizaine de fois jusqu’à la fin de la saison et je fais un disque… avec Didier Barbelivien ! Tout de suite après on me propose de faire de la télé… C’est pas de la chance, ça ?
Puis vous avez abandonné ?
Il ne se passait pas alors rien de formidable et ça se passait bien en télé. Il y a trois, quatre ans, je vais voir Michel Drucker que j’adore, sur scène et je me dis alors : « Pourquoi se passer de ça » ? Du coup j’ai décidé de produire un album et de partir en tournée. On fait une quarantaine de dates à l’année.

Cet album ?
Il s’appelle « Ma plus belle chansons » où je reprends dix tubes essentiels de la variété française « Pour le plaisir », « Chez Laurette », « Le chanteur malheureux », réorchestrées en swing avec un big band à la manière de Sacha Distel, classe, on arrive tous en smoking. C’est un spectacle intemporel.
En fait, vous vivez pas mal dans la nostalgie ?
Pas vraiment, mais c’est vrai que j’ai grandi avec tout ça, j’y suis attaché car c’est tout ce que je vivais lorsque j’avais quinze ans. C’est une période où tout est alors permis, tous nos rêves sont encore possibles. C’est pour ça que j’ai un attachement à ces chansons, j’adore la chanson française, ces chansons qui ont un sens, les belles orchestrations. Mais j’aime aussi les chansons d’aujourd’hui. L’un n’empêche pas l’autre.
La suite ?
Toujours la radio que j’adore, la télé quand ça se présente, la chanson et puis… le théâtre, si on veut encore de moi car c’est devenu une vrai passion. Là on termine la tournée mais uns seconde s’annonce et après… On verra ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Alain Lafon



Alexandre THARAUD : Barbara, mon idole


Alexandre Tharaud est l’un de nos plus grands pianiste français, qui fait le tour du monde en offrant au public des récitals où peuvent se mêler musique classique et musiques de films.
Trois Victoires de la musique, une vingtaine d’enregistrements éclectiques puisqu’entre de musique classique, il nous offre des musiques de films ou un hommage à Barbara.
Invité au Palais Neptune de Toulon par le Festival de Musique, il a eu la gentillesse, malgré la fatigue des tournées, de venir parler à des écoliers qui, dans un silence absolu, l’on écouté jouer, parler et a répondu à leurs questions. Il était accompagné par son complice de 25 ans, le violoncelliste Jean-Guihem Queyras, avant de nous proposer tous deux le soir même un récital magnifique, « réunissant, sous le titre « L’excellence française » des œuvres de Marin Marais, Debussy et Poulenc devant une salle pleine à craquer.
En prime, il a bien voulu nous accorder un peu de son temps – trop court à notre goût ! – avant d’aller se reposer.

« Alexandre, lorsqu’on a une mère danseuse et un père qui fait du théâtre, qu’est-ce qui vous amène à 5 ans au piano ?
La musique c’est du théâtre ! Lorsque je suis au piano, j’ai l’impression d’avoir un opéra sous mes doigts, dans  l’opéra, toutes les composantes du théâtre sont là, j’ai l’impression d’avoir avec moi un orchestre de quatre-vingts musiciens. Le piano est un instrument qui imite  plusieurs instruments, les cors, les percussions, l’orgue, les instruments à vent et puis j’ai également l’impression de créer une action, j’ai l’impression d’avoir sous mes doigts des personnages que je fais vivre et que je mets en scène et pourquoi pas, même un décor. C’est toute une histoire qu’on raconte avec la musique.
Mais pourquoi le piano très tôt, puisque vous le commencez à quatre ans ?
Vous savez, lorsqu’on commence la musique très tôt, le piano ce n’est pas vraiment votre choix, ce sont nos parents qui nous mettent à l’instrument et mon arrière-grand-mère avait légué à mes parents, un très vieux piano où il y avait, comme avant, des chandeliers de chaque côté. Ma mère était professeur de danse au conservatoire du XIVème arrondissement de Paris, et elle savait qu’il y avait un excellent professeur Carmen Taccon-Devenant et du coup, elle nous y a menés, ma sœur et moi, ma sœur qui, elle, est devenue professeur de piano.
Vous avez débuté les concerts… tôt ! Dès 14 ans, je crois ?
C’est difficile à dire car peut-on dire que les auditions d’élèves sont des concerts ? Je jouais mais ce n’étaient pas des concerts entiers. A l’adolescence c’étaient des concerts où je n’étais pas tout seul.


Vous avez donc fait le conservatoire, avec des prix à la clé, le premier à 14 ans d’ailleurs et plus tard, trois Victoires de la Musique, en 2012, 2013, 2021, ce qui est très rare.
(Il rit), j’avoue que je ne sais pas s’il y a d’autres musiciens ! Vous savez, il n’y a pas beaucoup de votants ! Pour les César, tous les corps de métiers, comédiens, réalisateurs, techniciens, costumiers, décorateurs, votent. Ce sont des centaines de personnes, de corps de métier. Pour les Victoires de la Musique, il y a à peu près deux cents personnes qui votent ! Ce n’est pas tout le milieu de la musique et je le regrette car ce serait plus équitable et ça nous ferait encore plus plaisir.
Votre carrière est faite de rencontres et j’aimerais parler de certaines de celles-ci. La première est Bartabas.
Oh, vous remontez à loin. C’était en 2006 et c’est vrai, j’ai fait quelques spectacles avec lui. C’était aux « Nuits de Fourvière » à Lyon. Il voulait faire un spectacle avec des chevaux et il écoutait alors tous les jours un disque de moi qui s’intitulait « Bach, concertos italiens ». Et il a dit « Je veux ça ! »
Vos autres rencontres sont en fait très éclectiques : le comédien François Morel, le réalisateur Michaël Haneke entre autres.
François Morel c’est aussi, il y a vingt ans, avec qui on a fait des trucs autour de la musique d’Erik Satie. C’est un acteur absolument incroyable. Michaël Haneke, c’est pour le film « Amour » avec Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva, Isabelle Huppert. Présenté au festival de Cannes. Là encore film incroyable, comédiens incroyables dans lequel je joue mon propre rôle. C’est un film extrêmement dur mais j’avais la chance d’être face à des acteurs superbes. J’ai d’ailleurs récidivé cette année, dix ans après, dans le film « Boléro » d’Anne Fontaine où je joue un critique musical épouvantable ! J’ai deux scènes mais ça m’a beaucoup plu. C’est mon deuxième rôle mais ce n’est vraiment pas une carrière extraordinaire !
Ça vous donné envie de continuer ?
(Il rit) Non, non, non, ce n’est pas du tout mon ambition. J’avoue que j’ai été heureux de le faire mais il y a tellement de bons acteurs qui font un travail magnifique que je le fais pour le plaisir. Et si ça se retrouve, il faudrait que ce soit lié à la musique. Anne Fontaine est une amie de plusieurs années, le film tourne autour de Ravel et c’était presque normal que j’y participe.

Il y a eu également Nathalie Dessay…
Ça a été un moment horrible et terrifiant pour moi car ça a été juste après les attentats en 2015 et on a chanté aux Invalides une chanson de Barbara « Perlimpinpin »
On arrive donc à Barbara, à qui vous avez consacré un double album…
C’est un hommage autour de ses chansons, avec plein de chanteurs que j’aime et que j’ai choisi. Je suis un grand fan de Barbara depuis mon adolescence. Ses photos parcourent les murs de mon appartement, j’en ai dans toutes les pièces et je pense à elle tout le temps. Plus de vingt-cinq ans après sa mort, elle m’accompagne dans ma vie de tous les jours, elle me console, elle me guide. Pour le vingtième anniversaire de sa mort j’ai voulu témoigner de ça de manière très différente. J’ai appelé tous les gens que j’aimais, des amis que je savais chanter Barbara avec des chemins détournés et surtout sans l’imiter : Jane Birkin, Camélia Jordana, Juliette, Vanessa Paradis, Jean-Louis Aubert, Bénabar, Luz Cazal et bien d’autres. Ce qui est incroyable c’est que ce disque-là- se vend dans de nombreux pays, ce qui n’est pas le cas des chanteurs francophones qui chantent Barbara. Or, lorsqu’on est musicien classique, on joue partout dans le monde. Il y a plein de pays où l’on ne parle pas français et où les gens me connaissent, achètent mes disques et grâce à cela, ils découvrent Barbara.
Quel effet cela fait d’entendre chanter Barbara par d’autres chanteurs ?
Barbara, c’est très difficile à chanter, ça n’est pas linéaire et sa voix est tellement liée à son œuvre car elle est une des rares chanteuses à parler de sa vie dans toutes ses chansons. C’est un autoportrait  de la première à la dernière. Sa voix était unique, nous transportait, on tombait en larmes. Chanter Barbara demande beaucoup de travail, de réflexion.


On n’a pas parlé de Juliette Binoche qui dit deux chansons de Barbara : « Vienne » et « Ô mes théâtres ». Belle rencontre encore !
Oui, elle participe à mon disque mais elle dit les textes, tout simplement. Nous avons fait une tournée qui était assez troublante car Juliette est une personne très fragile. Ses fragilités frôlent celles de Barbara. Nous étions sur scène, je jouais, nous disions des textes, seul avec elle. J’étais à l’intérieur du spectacle mais aussi spectateur  car je rendais hommage à mon idole et j’avais devant moi une immense actrice, une icône. C’était très émouvant et très impressionnant.
Dernière question : Il paraît qu’il n’y a pas de piano chez vous !
C’est vrai ! D’abord je suis très peu souvent chez moi et lorsque je suis à Paris, je travaille chez des amis ! Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Alain Lafon


Six-Fours – Bus du Cœur des Femmes
Une magnifique marraine : Nathalie SIMON


3ème épisode du Bus du Cœur des Femmes à Six-Fours et 39ème étape de l’année 24, le bus s’est installé devant l’Espace Malraux et recevra, durant trois jours, quelque 320 femmes venant « se faire voir », pour certaines, n’ayant vu aucun spécialiste depuis des années, sinon des décennies.
Nous retrouvons avec plaisir Thierry Drilhon, cofondateur de l’association « Agir pour le cœur des femmes » avec le professeur Claire Mounier-Véhier, cardiologue et médecin vasculaire au CHU de Lille. Et bien évidemment les chevilles ouvrières de cette belle manifestation, le docteur Stéphanie Guillaume, adjointe à la santé  et Béatrice Métayer, chargée de mission de politique de santé publique et évidemment Jean-Sébastien Vialatte, maire de Six-Fours qui œuvre à l’unisson avec elles et eux, sans compter les 150 bénévoles qui ont arrêté leurs activités toutes affaires cessantes durant trois jours, parmi lesquels nombre de médecins intégrés à l’équipe.
Et puis, cerise sur le gâteau, une magnifique marraine en la personne de Nathalie Simon, célèbre véliplanchiste qui est de plus journaliste, animatrice, chroniqueuse à la télé et à la radio, venue en voisine puisque vivant à Carqueiranne.
Une seule journée sur le bus mais elle a eu la gentillesse de m’accorder un instant d’entretien.

Thierry Drilhon, Jean-Sébastien Vialatte, Nathalie Simon,
Claire Mounier-Vehier, Nathalie Guillaume

Nathalie, vous venez donc à Six-Fours en voisine !
Effectivement, j’habite à Carqueiranne, à 20 kilomètres d’ici mais il faut quand même 45 minutes pour les faire !
Vous y habitez à l’année ?
Oui. C’est le lieu idéal pour faire de la planche et c’est pour ça que j’y suis installée. J’ai préféré habiter près de mes loisirs, à Paris c’était difficile !!!
Comment vous est arrivée cette passion ?
Très simplement. Lorsque j’étais en terminale, j’ai rencontré mon mari – qui est toujours le même ! – et qui était passionné de planche à voile. Il est parti travailler à Toulon, chez Décathlon. Du coup je l’ai suivi, j’ai fait mes études à Toulon et j’ai découvert la planche. En fait, on peut dire que je suis arrivée à la planche par amour ! Çà m’a déclenché une vraie passion pour ce sport mais surtout tous les sports subaquatiques fun.

Vous aviez déjà envie de faire des compétitions ?
Pas au départ car je ne suis pas une compétitrice, je suis avant tout une sportive, ce qui est différent. J’aime le sport pour ce qu’il m’apporte. Les sports nautiques m’apportent une plénitude, comme l’union avec la nature, quant à mon mari, lui, c’est un compétiteur-né ! Tout est compétition pour lui et c’est donc lui qui m’a mis à la compet’. J’avoue que j’y ai pris goût. Mais aujourd’hui je continue à faire des sports nautiques comme le wind foil mais je fais aussi du triathlon, d’autres activités, entretemps je suis partie à Paris, à Marseille, j’ai beaucoup voyagé pour les compétitions, c’était sympa, ça m’a permis de vivre et d’apprendre plein de choses, de m’endurcir et je suis revenue vivre à Carqueiranne, là où tout a commencé.
Vous dites avoir dû vous endurcir ?
Oui, j’étais une fille assez timide, comme beaucoup de jeunes de 20 ans. J’étais déjà sportive mais un peu timorée. Le sport m’a aidée à me construire, à être plus forte. Il m’a donné beaucoup de clefs, de rigueur.
Comment êtes-vous venue à cet événement  qu’est le Bus des Femmes ?
C’est Claire Mounier, avec qui nous échangions sur les réseaux sociaux. Elle m’a identifiée comme quelqu’un d’actif en tant que message, que prévention, d’essayer de véhiculer cette idée que le sport est le meilleur des médicaments et lorsqu’elle a su que je vivais près d’ici, elle m’a proposé d’être la marraine de la manifestation. Ce qui nous a donné l’occasion de nous rencontrer « en vrai » car on se parle depuis des mois sans s’être croisées. Et du coup je me dis qu’un jour le bus s’arrêtera à Hyères !


Est-ce vrai que vous vous êtes croisées… Et que vous ne vous êtes pas parlé ?
Exactement. ! En fait, nous nous sommes croisées à la gare d’Aix, j’étais avec ma fille et mon mari, elle, avec sa famille et je me suis posé la question : « Est-elle ? Pas elle ? », J’avais un doute et je n’ai pas osé l’aborder. Elle non plus ! Elle m’a ensuite envoyé un message et j’ai dit à mon mari : « C’était bien elle ! »
Je ne suis pas quelqu’un de « rentre dedans », je laisse faire la vie et la vie fait qu’on se rencontre aujourd’hui.
Vous restez les trois jours ?
Non car en fait j’organise chez moi des séjours qui s’appellent « Les séjours vitalité » où les femmes viennent, je leur fais faire des activités physiques le matin, c’est mon mari qui cuisine, il nous restaure dans tous les sens du terme et le séjour démarre demain.
Hier j’étais à Nice pour parler à des femmes de la prévention sportive et du sport santé. Ça fait vraiment partie de l’engagement très fort qui prend de plus en plus de place dans ma vie, de prouver aux femmes que le sport est vraiment un allié de choc qui aide à grandir et – comme je dis en riant – à vieillir jeune !

L’équipe de « P’tite Parenthèse »
Inauguration du bus

Journaliste, animatrice, chroniqueuse… Comment arrivez-vous à tout concilier ?
(Elle rit) Je m’organise, c’est vrai, il y a des moments où c’est très tendu, des moments où c’est plus cool. Je me lève chaque matin en me disant qu’on peut arriver à tout faire en prenant le temps de bien faire, s’organiser bien sûr et après, s’il y a des choses que je fais moins bien, je me dis que le monde ne va pas s’écrouler. Le plus important dans notre vie c’est notre santé mentale et physique, l’une n’allant pas sans l’autre.
Je voudrais parler – puisque c’est vous qui l’avez révélé – de votre maladie : le vitiligo… Qu’est-ce qui vous a décidé à en parler ?
C’est ma fille qui un jour m’a dit : « Maman, je te vois toujours te camoufler, passer des heures à te passer des produits. Tu sais, notre génération se fiche de tout ça et à la limite, c’est une force de montrer sa différence, ce n’est pas une honte ». J’ai infusé sa remarque, j’ai réfléchi et je me suis dit qu’elle n’avait pas tort et pourquoi est-ce que je me cachais ? Aujourd’hui je fais un métier d’image mais j’ai décidé de ne plus me cacher et donc, avant tout, d’en parler.


Et le fait d’en parler a libéré en moi beaucoup de choses. Je reçois des témoignages hyper-touchants et du coup je me dis que j’aurais dû le faire beaucoup plus tôt.
Ce qui compte est de s’accepter telle qu’on est et Le vitiligo est une maladie auto-immune et, pour la première fois depuis trois mois, un traitement a été développé et il y a un formidable boulot de communication à faire auprès des dermatos et des patients, autour de ce traitement qui est une crème et bientôt un traitement oral.
Les choses arrivent !

Propos recueillis  par Jacques Brachet


Toc-toc… Entrez dans le Théâtre de Fortune !


Marie-Paule Marinetti, Nathan Teissere, Esthelle Clériot, Adam Panardie, Roxane Pauliac,
Lucie Verdier, Laurent Bolusset, Théo Tesseize, Giulia Rossetti-Boya

Toc de vérification : oblige le malade à nettoyer, tout ranger.
Gilles de la Tourette : Donne au malade des tics soudains non maîtrisés de cris et de grossièretés.
Nosophobie : Peur de tomber malade ou de contracter une contamination.
Arithmomanie : Trouble obsessionnel qui oblige le malade à tout compter.
Echolalie palilalie : Qui oblige le malade à tout répéter.
Obsession de symétrie : Obsession de rangement, de propreté. De tout ranger symétriquement.
Voilà six malades, atteints de ces obsessions, qui se retrouvent dans la salle d’attente du Docteur Stern, psychiatre,  en espérant qu’il va faire disparaître leurs tocs (Trouble obsessionnel compulsif), leurs phobies qui pourrissent leur vie.

L’attente est longue, le psy se fait attendre. En attendant, chacun se présente, raconte sa vie perturbée et apprend à se connaître. Ils démarrent même une partie de Monopoly pour passer le temps qui devient long.
On discute, on se moque, on s’engueule, on finit par s’apprécier, des liens se nouent malgré la difficulté à comprendre l’autre.
Ça donne des scènes irrésistibles, comme Marie (Esthelle Clériot) qui tout en cherchant ses clés, en ayant peur de ne pas avoir fermé gaz, eau, électricité chez elle, se signe à chaque grossièreté que Frédéric (Théo Tesseize) vocifère. Bob (Nathan Tesseire) sautille de carreau en carreau en évitant de poser son pied sur une ligne entre deux. Lili (Lucie Verdier) horripile tout le monde à répéter deux fois chaque mot ou phrase qu’elle prononce, tout comme Blanche (Giulia Rossetti) qui part toutes les cinq minutes se laver les mains et revient ouvrir la fenêtre pour chasser les microbes. Vincent (Laurent Bolusset) chauffeur de taxi, tourne toute conversation sur le mode sexuel. Ll’assistante du psy (Roxane Pauliac) qui joue les tampons et sent monter la colère des patients.

 La pièce signée Laurent Baffie est hilarante  et c’est celle-ci que notre dynamique et aventureuse Marie-Paul Martinetti, Professeure du collège Reynier, a choisi cette année de présente et mettre en scène avec ses élèves du « Théâtre de Fortune » qu’elle a créé et qui présente, tout au long des années, des pièces souvent drôles, quelquefois classiques et même déjantées.
Avec patience et passion, elle offre aux élèves qui le désirent, une énorme bouffée de culture, de théâtre et chaque année il y a des pépites dans la troupe.
Hélas, ces pépites s’envolent un jour vers d’autres cieux, d’autres études et elle a quelquefois du mal à avoir le bon compte pour ses pièces.
Aussi, originalité de cette année, elle a fait appel à des comédiens adultes, tous amateurs mais au talent certain. La preuve, dans « Toc Toc » où se mêlent, dans une totale osmose, jeunes et moins jeunes, tous épatants, drôles, d’autant qu’en deux heures de spectacle, aucun ne quitte la scène… Il faut le faire ! Et ils le font avec justesse, avec humour, avec talent et on sent le plaisir partagé à dire un texte signé Baffie qui n’est pas piqué des vers.
On s’est régalé !

Et si vous avez raté la première séance, un conseil : venez voir cette belle troupe qui rejouera samedi prochain à 19h30 dans l’auditorium du Collège Reynier et le dimanche 26 mai 17heures au théâtre de la Porte d’Italie. Je vous jure, ça vaut le déplacement !
Et encore un grand bravo à Marie-Paule qui, chaque année, avec une folle énergie, nous offre des spectacles digne de professionnels… Et qui accueillera avec plaisir tous ceux qui veulent tâter du théâtre !
Ah, n’oublions pas Adam Panardie, comédien de la troupe, qui s’est sacrifié pour faire la technique !

Jacques Brachet

Six-Fours – Le Bus du cœur des femmes…
3ème année !


Six-Fours – Le Bus du cœur des femmes… 3ème !
Le Docteur Stéphanie Guillaume, ajointe à la santé de la ville de Six-Fours, était mercredi à Cannes pour le démarrage de la tournée « Le bus du cœur des femmes » avec Thierry Drilhon, cofondateur de l’association « Agir pour le cœur des femmes ainsi que le professeur Claire Mounier-Véhier, cardiologue et médecin vasculaire au CHU de Lille.
Et jeudi l’on retrouvait le Dr Guillaume aux côtés de Jean-Sébastien Vialatte, maire de Six-Fours avec, en direct de Cannes nos deux organisateurs.
« Les maladies cardio-vasculaires – devait nous préciser Jean-Sébastien Vialatte – sont, chez les femmes, la première cause de décès en France. Plus de 200 décès par jour liés à cette maladie ».
Le Docteur Guillaume, par écran interposé, remerciait Thierry Drilhon de venir installer son bus pour la troisième année à Six-Fours. les 27, 28, 29 mars sur l’Esplanade Malraux, permettant un dépistage cardio-vasculaire, gynécologique. Plus de 300 femmes ont déjà pris rendez-vous leur permettant, pour nombre d’entre elles, d’être remises dans le circuit de surveillance de santé et de prise en charge optimale.
« Ce que je trouve intéressait – poursuivait le maire – c’est qu’on fait de la médecine préventive, qu’on en parle sans arrêt et c’est une initiative judicieuse.
A la lecture des événements actuels, de ce qu’on entend dans les médias, compte tenu des déficits des finances publiques et de vouloir faire des économies partout et même sur la santé, je pense que le meilleurs moyen d’en faire, c’est la médecine préventive. Si l’on peut éviter à beaucoup de gens d’aller à l’hôpital lorsqu’il est trop tard, on aura gagné en terme de santé publique et en terme de financement ».


Thierry Drilhon, Claire Mounier-Véhier, Dr Stéphanie Guillaume

Le Dr Guillaume devait préciser : « Sachant que dans huit cas sur dix, lors des problèmes graves de santé, la médecine préventive peut sauver des vies. Il faut donc commencer par ça ».
En direct de Cannes, Thierry Drilhon ajoutait : « Je devrais d’abord dire que nous sommes très heureux de revenir pour la troisième année consécutive dans cette ville où Stéphanie et Jean-Sébastien nous ont magnifiquement accueillis ; l’intelligence et la bienveillance collectives y sont absolument remarquables. Le bus du cœur des femmes s’est donné pour objectif la prévention. Il faut avoir en tête, que les données du nombre de décès  sont terribles : 2, 33, 200. Deux femmes par jour décèdent en France d’un accident de la route, 33 par jours décèdent d’un cancer du sein et 300 est le nombre de femmes qui décèdent de maladies cardio-vasculaires. Et c, chaque année alors que 80%, en faisant de la prévention sur le terrain, peuvent être soignées et sauvées. La prévention doit donc prendre une part de plus en plus importante. Encore faut-il avoir la bonne prévention. 
Ce qui formidable c’est qu’avec vous, toutes les collectivités, tous les acteurs du territoire, que ce soient les laboratoires biologique, les pharmaciens, les acteurs locaux, nous épaulent et c’est comme cela qu’on inverse la tendance, avance et qu’on fait changer les choses. Je souhaite en particulier remercier l’Assurance Maladie qui fait un travail formidable en suivant le parcours des malades ».

L’Assurance Maladie qui suit  depuis trois ans cette manifestation et qui tout au long des trois jours seront à l’écoute de toutes les femmes qui se présenteront
« Ce bus du cœur – précise le Dr Guillaume – c’est 150 bénévoles  et il fonctionne grâce à l’ensemble de cette solidarité. On donne tous de notre temps au service des femmes, notre engagement est important, en toute bienveillance, en toute humanité, le village santé est accessible à tous, entièrement gratuit. Par contre, il faut prendre un rendez-vous avec nos partenaires. Nos partenaires seront présents et nombreux comme le Réseau CapSein, La P’tite parenthèse, l’UPOLEP du Var, l’association Sport Adapté Santé 83, le Comité départemental Olympique et sportif du Var, le centre de bien être Alter Ego, l’association « La sclérose et moi », le Cejid, l’association France Adot, association de don de moelle osseuse, l’Amicale des Donneurs de Sang, la ligue contre le cancer, des diététicienne, des coach sportifs… Beaucoup de bénévoles avec lesquels on travaille main dans la main.
 Et nous avons cette année une marraine d’exception en la personne de Nathalie Simon, sportive de haut niveau le mercredi 27 mars ».
Ce bus du cœur c’est aussi réorienter, alerter et bien sûr agir.
C’est en cela qu’il est utile et nécessaire et, alors qu’il ne vient dans une ville que trois années de suite, le Maire émet le souhait que cela devienne un rendez-vous annuel, même si aujourd’hui il est de plus en plus demandé par les villes.
Il faut dire que l’an dernier, des vandales ont détruit ce bus à Paris et qu’aujourd’hui il renaît de ses cendres encore plus fort et plus grand, grâce à des communes comme Six-Fours qui ont largement participé à sa renaissance.
Renaissance-reconnaissance… peut-être que grâce à cela le bus reviendra chez nous !
A suivre…

Jacques Brachet

Notes de lectures

VARDA par Agnès (Ed de la Martinière – 2 tomes)
C’est un énorme pavé en deux tomes, qui regroupe tous les écrits d’Agnès Varda, décédée en 2019, personnalité hors norme du cinéma, à la fois écrivaine, scénariste, réalisatrice, monteuse, photographe… Cette femme à la coiffure de playmobil avait tous les talents et son œuvre posthume nous raconte sa vie, sa carrière, d’une richesse incroyable. Une vie qu’elle a partagé avec le réalisateur Jacques Demy car, s’ils ont des carrières diamétralement opposées, le couple a été fusionnel jusqu’au bout et elle l’admirait tant !
Plus de mille archives et documents issus pour la plupart de sa société de production Ciné-Tamaris qui regroupe sa vie, son œuvre, de son premier film qui date de 1954 « La pointe courte » avec Philippe Noiret et Sylvia Monfort à « Varda par Agnès » son dernier documentaire en 2019.
De films de fictions en documentaires en passant par des expos photo, sa vie et sa carrière sont d’une richesse incroyable.
On se souvient de « Cléo de cinq à sept », « Le bonheur », « Les créatures », « L’une chante, l’autre pas », « Sans toit ni loi » ou encore de ses documentaires « Daguerréotypes », « Jacquot de Nantes » hommage à son mari, « Jane B par Agnès V » portrait de Jane Birkin… Difficile de tout citer, ce qu’elle fait par contre dans ces albums-testaments où elle conte et raconte, dissèque, critique, une œuvre qui marque son talent, son style, son époque
Elle nous offre également un abécédaire qui va d’Agnès à Demy évidemment, de Deneuve à Bertolucci, de Calder à Fellini,  sans oublier Gérard Philippe dont elle a fait cet admirable portrait du « Prince de Hambourg » qui fut un temps l’affiche du festival de Ramatuelle.
Le livre démarre sur des synonymes d’introduction, passant de préambule à prologue en passant par bande-annonce, avant-propos, préface, poème, avertissement et même… prolégomène !
C’est une lecture passionnante, qu’on ne peut lire en une soirée tant la source d’informations est énorme… et pesante !!!
Mais c’est tout un pan de l’histoire du cinéma Français qu’elle nous raconte avec talent, humour et émotion.

Albert DUCLAZ : Les toiles de la discorde (Ed de Borée -260 pages)
L’histoire se situe dans la campagne en Haute Loire au cours de l’année 1954.
François, jeune lycéen de 19 ans, aux résultats scolaires très moyens est par contre doué pour le dessin. Son professeur parvient à convaincre les parents qui l’inscrivent à l’école d’art du Puy en Velay.  Peu après François facilite l’admission dans la même école d’Emelyne sa voisine et amie d’enfance qui partage la même passion.
Le jeune homme tombe fou amoureux d’Emelyne 17 ans.
Tout se passe bien jusqu’au moment où François prend la décision audacieuse pour l’époque, de peindre nue, sa belle avec son accord. A la découverte du tableau, les parents en colère le détruisent et leur demandent de ne plus poursuivre cet enseignement.
Les deux jeunes gens se réfugient auprès de leur professeur et de son épouse Clara, pour peindre dans le secret.
François, en présence d’Emelyne et de son professeur, peint Clara, nue à sa demande et en accord avec tout l’ensemble du groupe.
Amour, jalousie,…et art se mêlent …..dans ce roman.
Roman divertissant à l’écriture simple et fluide. Les situations ne sont pas toujours crédibles. François réussit tout ce qu’il entreprend.
L’auteur s’attache à nous montrer de très beaux paysages et mêle dans ce roman la description des premiers émois d’un jeune couple en 1954 à travers l’art .
Laurent MALOT : Monsieur Antoine ( XO Editions – 269 pages)
Monsieur Antoine, qui a 70 ans, achète une maison où il veut passer sa retraite. Il vend son imprimerie à Orsay, près de Paris et s’installe à St Ambroise, petit village dans le Jura.
Il y a beaucoup de personnes âgées dans cette campagne, qui veulent toutes s’en aller car il n’y a plus rien ; reste seulement  la brasserie de Suzy qui apporte encore un peu de vie.
Antoine va rencontrer des gens de son âge, aider les uns et les autres qui, d’ailleurs le lui rendent bien ! On se rend compte que monsieur Antoine a aussi des soucis, il cache des douleurs que le lecteur va deviner peu à peu. Dans ce petit bourg,  Il n’y a qu’une personne qui soit jeune, une jeune fille, incomprise de ses parents et que monsieur Antoine va aider énergiquement.
C’est une très jolie histoire qui nous parle  de regrets, d’amitiés, d’espérance et du temps qui passe très vite. Il n’est jamais trop tard pour l’amour et l’amitié.
Le style est simple, direct, Un très bon et agréable moment de lecture.

Elisa SHUA DUSAPIN : Le vieil incendie (Ed Zoé – 140 pages)
Née en 1992 en Dordogne d’un père français et d’une mère sur coréenne, l’auteure dédie ce troisième roman à ses sœurs. Très certainement parce qu’elle y imagine les relations de deux sœurs Agathe et Véra. Un soir de novembre, sous une pluie battante, Agathe arrive des États-
Unis où elle travaille comme scénariste et se rend prés de Norton dans le Périgord vert. C’est là que se trouve la maison de son enfance, toujours occupée par sa jeune sœur Véra, qui y réside seule depuis que leur père est décédé cinq ans plus tôt.
Elles ont quelques jours pour vider la maison avant qu’elle ne soit rasée et que les pierres restantes servent à reconstruire le pigeonnier du château voisin détruit par un incendie.
Les deux sœurs ne se sont pas vues depuis quinze ans car quoique Agathe ait promis à Véra, qui est aphasique depuis qu’elle a six ans, de toujours veiller sur elle, elle est partie aux États-Unis pour fuir cette charge qu’elle ne supportait plus alors que leur mère avait quitté le domicile conjugal et que le père élevait seul ses deux filles.
L’auteure relate avec une écriture fine et fluide les étranges relations entre ces deux jeunes femmes et le difficile chemin que chacune suit pour vivre avec les blessures de leur enfance et de leur séparation.
Un court roman plein de délicatesse.
Stefano MASSINI : Manhattan Project ( Ed du Globe – 348 pages) traduit de l’italien par Nathalie Bauer
« Manhattan project », un titre qui implique aussitôt dans l’imaginaire du lecteur la première bombe atomique et le lecteur aura raison, c’est bien le sujet traité par ce génial écrivain Stefano Massini, mais de quelle manière !
Il commence par présenter le quatuor de savants hongrois ayant fui leur pays dès l’arrivée du nazisme. Ils ont trouvé refuge aux États-Unis et vont en effet avec Oppenheimer trouver et réaliser ce fameux Manhattan Project, la bombe atomique.
Et pour cela, il aura fallu la participation de Leo Szilard, l’homme qui n’a jamais ouvert sa valise, qui ôte ses lunettes, en nettoie les verres, sa façon de gagner du temps depuis toujours. Jeno Wigner, autre physicien, qui possédait le don du calme intérieur appris au sanatorium à onze ans. Paul Erdos, vraiment insupportable et le molosse Ed Teller, juif en fuite, hongrois également, spécialiste « du dedans du dedans de dedans », jusqu’à l’arrivée d’Oppenheimer qui résoudra le grand problème des effets de la réaction nucléaire.
Formidable, joyeuse, gargantuesque fresque de ces savants hongrois ayant fui leur pays et permis aux États-Unis d’offrir la bonne formule de ce Manhattan Project à la barbe des allemands.
Sur un mode joyeux, musical, dansant, rythmé, l’auteur offre une lecture très réjouissante en vers libres sur un sujet tellement grave.


Franck MEDIONI : Michel Petrucciani, le pianiste pressé (Ed l’Archipel – 407 pages)
Le pianiste de jazz Michel Petrucciani fut une étoile brillante et malheureusement filante.
Né à Orange en 1962 et décédé à New York en 1999, il savait ses jours comptés car il était atteint de la maladie des os de verre qui empêcha sa croissance. Il mesurait 99 cm et il arrivait qu’il se casse un doigt en jouant.
Voici une biographie hagiographique, assez bavarde, mais qui ne cache pas le côté sombre du personnage. Tout est passé en revue, les débuts à la batterie, puis les huit ans d’études du piano, la formation très dure mais efficace par le père, guitariste, des trois frères, Michel, pianiste, Louis (contrebasse) et Stéphane (guitare). Sans oublier le rôle consolateur et apaisant d’Anne, la mère.
La venue dans le Var, l’école de musique d’Yvan Belmondo à Solliès-Pont, la rencontre à Big Sur avec Charles Lloyd, le succès, l’installation aux USA, les grands concerts, les enregistrements, etc. Toute la carrière musicale défile, sans oublier la vie privée, ses épouses, ses deux garçons.
L’auteur se perd quand même dans trop de détails, à chaque musicien ou personnage cité on a droit à une notice, si bien qu’on perd de vue le pianiste. Mais enfin l’essentiel, et même plus, de la vie de musicien de Michel Petrucciani, se trouve dans les 407 pages de cette biographie.
Vincent DELECROIX : Naufrage (Ed Gallimard – 136 pages)
Une femme raconte, ou plutôt se remémore le déroulement des faits.
Que s’est-il vraiment passé lors de sa nuit de garde, durant le sauvetage en mer de cette embarcation contenant vingt-sept personnes dont une petite fille ? La mer est cruelle pour les migrants qui affrontent la traversée d’une mer qu’ils ne connaissent pas, à bord de ce qu’un passeur a pu leur fournir, et ce soir-là, le vent ne cesse de pousser cette embarcation des eaux françaises aux eaux anglaises et les secours doivent venir du pays responsable.
Ce soir fatidique, les secours tardent et le « please » du migrant à la dérive résonne dans la tête de cette femme. Interrogée par la gendarmerie maritime de Cherbourg, elle répondra aux questions et pendant toutes ces interrogations de plus en plus agressives elle se rebellera contre ces migrants qui arrivent en masse. Pourquoi ne restent-ils pas dans leur pays ? Pourquoi les millions distribués ne leur suffisent-ils pas ? Que viennent-ils faire ici quand le travail manque aussi dans notre pays ?
C’est un long et poignant témoignage d’une femme embarquée malgré elle dans ce complexe traitement des migrants. Oui, elle aurait pu, dû sauver ces gens mais c’était aux anglais de le faire n’est-ce pas ?
Un court roman qui plonge le lecteur dans la réalité et l’impossibilité de répondre honnêtement aux problèmes qu’occasionnent ces milliers de migrants, des hommes, des femmes, des enfants parfois même des nouveau-nés qui ont quitté leurs terres, personne ne les a invités mais ils sont là.
Toutes les questions sont posées dans ce court roman extrêmement poignant de Vincent Delecroix, un roman à faire lire ceux qui refusent de voir une réalité qui dérange.
Comment parler de responsabilité quand le problème vous dépasse ?
C’est le cas de cette opératrice désespérée mais aussi très en colère.
Un très beau  livre.

Loïc NICOLOFF : Un Marseillais qui tourne bien !


Il a le regard bleu Méditerranée… Normal, il est né à Marseille !
Illustrateur, scénariste, réalisateur, bientôt écrivain, Loïc Nicoloff est né dans le cinéma tout petit. Exactement à 6 ans, lorsqu’il découvre le film « L’empire contre-attaque » avec son grand-père.
De ce jour le cinéma lui est resté chevillé au cœur et au corps et aujourd’hui il en a fait son métier.
Belle idée qu’a eue Pascale Parodi, présidente de l’association « Lumières du Sud », de l’inviter pour deux jours au Six N’Etoiles pour une carte blanche, choisissant pour le public, trois films totalement différents et venus de pays différents : La France, l’Argentine, le Japon.
Installé à Aix-en-Provence où il enseigne l’écriture de scénario, ça ne l’empêche pas de tourner des films, d’écrire des BD et un roman qui ne saurait tarder de voir le jour.
Le sourire avenant et le rire sonore, il nous raconte tout sur sa vie liée au cinéma.

« D’abord, je  suis né à la maternité de la Belle de Mai… devenue la Maison du Cinéma… C’était prémonitoire, non ? nous dit-il en riant !
Alors cette révélation cinématographique à 6 ans ?
Ça a été le choc visuel, après avoir vu un ou deux Walt Disney avant… Je me rappelle de la grande salle sur la Canebière, en plus, le film finit mal, ça a remué plein de choses en moi et j’ai été tout de suite accro. Tous les lundis, journée du tarif réduit, ma mère m’y amenait. J’ai vraiment bouffé du cinéma et c’est ça qui a tout déclenché.
Tu te disais déjà que tu serais réalisateur, comédien ?
Comédien jamais, réalisateur oui, mais alors je ne pensais pas en faire et je suis tombé un jour dans une librairie à Saint-Tropez sur un hors-série de « Starfix » consacré aux effets spéciaux. D’un coup j’ai eu la vision qu’on fabriquait un film et que c’était de l’illusion. Et j’ai eu envie de faire des effets spéciaux, de raconter des histoires mais c’était un rêve, comme on rêve d’aller sur la lune. J’ai fait un diplôme d’informatique et de comptabilité mais j’ai eu la chance d’aller au premier festival des scénaristes de la Ciotat en 98. Je me suis présenté, on devait écrire un scénario de court-métrage en 24 heures et j’ai gagné ! Le prix m’a été remis par Jean-Claude Iso et c’est ça qui m’a permis d’entrer dans le milieu du cinéma.
Et alors ?
Alors j’ai commencé à rencontrer des producteurs, des réalisateurs, j’ai bossé six ans, j’ai fait tous les métiers du cinéma sur le tas… La seule chose que je n’ai pas faite est… maquilleuse ! J’ai même fait costumier ! Je me suis retrouvé en 2004 sur une énorme série télé et c’est là que je me suis dit que je voulais être réalisateur.

C’était quoi cette série ?
Elle s’appelait « Bin’o Bin ». C’était tourné à Marseille pour Canal Algérie. J’étais premier assistant, ce qui était loin de ce que je res mais ce qui m’a permis de me dire que je voulais être réalisateur et à l’origine de projets. J’ai alors fait beaucoup de courts-métrages, quinze autoproduits et cinq produits dont mon dernier « Rocambolesque » en 2016 avec Amaury de Crayencourt et Nicolas Marié. Budget de 135.000 euros, cinq jours de tournage, des effets spéciaux, des cascades, des animaux exotiques… Le pied absolu ! On a fait 70 festivals, on a eu dix prix… surtout à l’étranger. Depuis, je me consacre à mon long-métrage, on part en financement avec un producteur.
Tout ça à Marseille ?
Non, j’ai fait une parenthèse de dix ans à Paris car il faut avoir les réseaux et ils sont à Paris. Donc j’y suis parti en 2008, j’ai créé mes réseaux, j’ai rencontré celle qui allait devenir ma femme, qui était d’Aix-en-Provence et je suis redescendu en 2018. Je fais toujours des allers-retours mais depuis le Covid, on fait beaucoup de réunions en zoom.
J’ai vu que tu avais été sur la série « Nos chers voisins »…
Non, j’ai fait la BD de « Nos chers voisins ». Il y a eu quatre tomes que j’ai écrits en tant que scénariste. Et je bosse aussi sur la série « Vestiaires » depuis six ans
comment s’est fait cette BD de « Nos chers voisins » ? ?
C’était une commande très particulière : je devais m’inspirer de la série sans la copier, inventant de nouveaux gags tenant sur une planche, avec un dessinateur, les gags devant être validés par la production, les agents les comédiens. C’était quelquefois compliqué à cause de l’égo de certains comédiens. Et puis il y a eu « Léo Loden » que j’ai co-écrit avec Aleston, le créateur, à partir du tome 16. Depuis cinq ans j’écris seul les scénarios. Nous sommes sur le tome 30 qui se passe pendant la peste à Marseille en 1720.
Alors, avec ça, la réalisation ?
Je voulais réaliser un film sur Jacques Offenbach dont j’adore la musique. C’est un scénario qui se passe sur un an de sa vie, lorsqu’il crée « La belle Hélène » en 1864 mais c’est un film très, très cher qu’on n’est pas arrivé à financer. C’est un film historique, donc en costumes et en France c’est le genre de film qui ne marche pas du tout. En France, la culture histoire-musique, ça ne marche pas. Du coup j’écris un roman d’après le scénario qui me permettra peut-être de revenir sur le film… si le livre marche !

Pourquoi Offenbach ?
Lorsque j’avais 11 ans, on m’a amené voir « La vie parisienne » au parc Borelli et j’ai été ébloui. Il y avait tout ce que j’aimais : c’était rigolo, il y avait de beaux décors, de beaux costumes, de belles musiques…
Et où en es-tu avec le fantastique, qui est un genre que tu adores ?
En fait aujourd’hui je me consacre au film que j’aimerais tourner, qui est à la lisière du fantastique. Mais le fantastique est compliqué à vendre en France. Je préfère faire un film un peu plus « faisable », avec un budget raisonnable. En France, il y a quelques films fantastique qui se font, peu sont bons, peu fonctionnent. A part « Le règne animal » et « Vermine » peu s’en sont sortis. Aux Etats-Unis, il y a des moyens énormes que nous n’avons pas, le savoir-faire et le public. Notre public a une méfiance sur le fantastique Français.
Alors, parlons des trois films que tu as choisis pour cette « Carte blanche » ?
Déjà, on fait la liste au Père Noël puis il y les contingences qui font qu’on peut avoir un film ou pas.
Ce qui m’intéresse c’est que j’aime les bons films, quel que soit leur genre.
J’aime partir dans un univers, qu’on me propose un voyage. Là, ce sont trois films très différents dans la forme, dans l’expression, les thèmes mais qui m’ont à chaque fois surpris, transporté et qui proposent une vision humaine, humaniste sur trois aspecta différents.
« Ceux qui travaillent » d’Antoine Russbach est un film très simple, très linéaire. La trajectoire d’un personnage joué par Olivier Gourmet qui m’a bluffé.
« Dans ses yeux » de Juan-José Campanella a été un choc pour moi. Une thématique sur la passion déclinée, qui peut rendre heureux ou malheureux. C’est une narration d’une pureté incroyable.
« Past lives – nos vies d’avant  de Céline Song c’est une belle surprise. C’est une narration à la manière de « Quand Harry rencontre Sally » une histoire où l’on ne sait jamais où ça va, qui sort des codes. C’est un film qui m’a fasciné »

Après cette parenthèse, qui est sa première carte blanche, Loïc repart sur son roman et sur son film.
C’est une rencontre passionnante avec un homme passionné, qui aime parler de son métier, de ses métiers devrais-je dire et dont j’attends son roman su Offenbach avec curiosité… On en reparlera, on a promis de se revoir.

Propos recueillis par Jacques Brachet

Au Six N’Etoiles avec Pascale Parodi

Un avenir radieux pour Jérôme ANTHONY

Arthur Leroy a tout pour lui : une femme dévouée, une maîtresse torride, une entreprise florissante et un compte en banque bien rempli.
Mais un jour, ce businessman quarantenaire, opportuniste et sûr de lui, voit débarquer dans sa vie Isadora, la voyante extra-lucide de sa femme qui
lui prédit que tout va s’effondrer : il va faire faillite, sa femme va le quitter, ses amis vont le trahir, et il finira ruiné. Mais Arthur est un cartésien qui ne croit que ce qu’il voit, alors les salades des charlatans, il ne les gobe pas !
Sauf que… Les prévisions d’Isadora vont commencer à se réaliser les unes après les autres et Arthur va assister à l’effondrement de tout son petit monde !
Aidé de Diego, son ami d’enfance maladroit et envahissant, il va tenter d’empêcher la catastrophe.
Va-t-il y arriver ? L’avenir nous le dira… Si vous venez découvrir la comédie désopilante d’Elodie Wallace & Manu Rui Silva « Un avenir radieux », le vendredi 29 mars à 20h30 au Théâtre Galli de Sanary, menée tambour battant par Jérôme Anthony, Géraldine Lapalus, Nicolas Vitiello, Marie-Laure Descoureaux, Manu Rui Silva, dans une mise en scène d’Olivier Macé.
Rires garantis