Article mis en avant

Evénements

Christia Philibert évoque les maquisards varois
Chloé HENRY-BIABAUD, globe trotter de l’Humain
Solliès-Pont, le festival du chateau
Une nuit magique avec Catherine LARA

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BRIANCON
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GAP
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GRASSE
THEÂTRE DE GRASSE : 04.93.40.53.00 – www.theatredegrasse.cominfo@theatredegrasse.com
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LA CIOTAT
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LA GARDE
LE ROCHER – 04.94.03.58.62 – le-rocher@ville-lagarde.frwww.ville-lagarde.fr
LA SEYNE-sur-MER
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ESPACE ALBERT CAMUS : 04.94.23.62.06 – culture@lavalatte83.frwww.lavalette83.fr
LE CANNET
La Palestre : 04 93 46 48 88
LE PRADET
ESPACE DES ARTS : 04.94.01.77.34 – culture@le-pradet.fr
MARSEILLE
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OPERA : 04 91 55.11.10 – www.opera.marseille.fr
THEÂTRE DE LENCHE   – MINI-THEÂTRE DU PANIER : 04.91.91.52.22 – lenche@wanadoo.frwww.theatredelenche.info
LE SILO : 04 91 90 00 00 – www.lesilo-marseille.fr
THEÂTRE TOURSKY : 04.91.02.58.35 – www.toursky.org
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OLLIOULES
CHÂTEAUVALLON : 04.94.22.02.02 – www.chateauvallon.com
SANARY
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TOULON
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THEÂTRE LIBERTE : 04 98 00 56 76 – www.theatre-liberte.fr
ZENITH-OMEGA : 04.72.32.09.29 – appel@appelspectacles.com

Christian PHILIBERT
nous raconte les maquisards varois

Février 1944
Gleb Sivirine, alias Le Lieutenant Vallier, prend le commandement d’une troupe de jeunes maquisards dans le Haut-Var. Sa mission : en faire des soldats prêts à soutenir les alliés lors du débarquement attendu en Méditerranée.
Février 2024
Le metteur en scène Philippe Chuyen prend la direction d’un groupe de jeunes,
recruté auprès des missions locales du Var.
Sa mission : en faire des comédiens dans une adaptation théâtrale du journal de bord du Lieutenant Vallier. (Entretemps, Philippe est devenu maire de Monfort ! )
Voilà le making off du nouveau film de notre ami Christian Philibert, ce réalisateur brignolais dont la carrière a explosé  en 1999 avec son succès « Les quatre saisons d’Espigoule » un film tourné dans sa région, qui raconte à la manière de Pagnol, une année dans ce petit village du Haut Var, qui a ému et fait rire un nombreux public.
Réalisateur inventif, original, il passe du film de fiction au documentaire en restant dans « son pays », nous offrant un docu musical sur le groupe « Massilia Sound System », passant de « L’affaire Yann Piat »  à « Gaspard de Besse », l’inénarrable « Travail d’Arabe » ou encore « Germain Nouveau, le poète illuminé »
Couvert de prix, le revoici, pour nous présenter son dernier film « Les maquisards », un film curieux et original, mi fiction, mi documentaire, mi pièce de théâtre… écrit avec Philippe Chuyen, mi comédien, mi metteur en scène, aujourd’hui maire à part entière de ce beau village varois qu’est Monfort !
C’est avec plaisir que je retrouve à Toulon mon ami Christian que je suis depuis ses fameuses « Quatre saisons d’Espigoule »
A ce propos, je remercie Christian d’être venu au rendez-vous car quelques instants avant notre rencontre,  il apprenait que son ami Jean-Marc Ravera, le fameux patron du bar d’Espigoule venait de décéder

Le livre de Vallier
Morgan Defendente,
alias Vallier, allias Sirivine
Philippe Chuyen

« Explique-moi ce film qui mêle à la fois docu, théâtre, ballade varoise, Histoire… On s’y perd !
(Rires). C’est un film tout en miroir, qui est parti parce que je voyais arriver le quatre-vingtième anniversaire du débarquement en Provence. Je m’y été inscrit dans le soixante-dixième anniversaire « Provence, août 1944 », qui avait été largement diffusé. C’était le premier film sur le débarquement, qui a permis de populariser cet événement relativement méconnu et en partie oublié. J’avais donc créé un lien avec ça. Je me sentais une responsabilité et je voulais faire quelque chose autour du quatre-vingtième.
Et donc tu choisis un autre angle…
Oui, je ne voulais pas que ce soit le fil conducteur de l’histoire. Je voulais trouver un autre point de vue pour en parler et celui des maquisards me semblait intéressant en évoquant cette armée de l’intérieur, cette armée de l’ombre, cette armée secrète, formée pour attendre les alliés, les épauler. C’est une histoire relativement méconnue, ces maquisards ont été complètement  négligés par le cinéma français. On parle toujours du Vercors alors que dans le Var, il y a eu énormément de maquis. J’ai donc eu envie de parler de cette histoire.
L’idée, le scénario, sont nés comment ?
Des amis m’avaient parlé du fameux « Cahier rouge » du maquis, qui est le journal de bord de Gleb Sevirine, alias lieutenant Vallier, un chef de maquis exceptionnel qui a tenu un journal de bord au jour le jour. Ce cahier a été édité en 2007 mais j’étais passé à côté. En le lisant, j’ai vu immédiatement le lien avec mon film et je me suis dit qu’il fallait que je l’adapte.

Les maquisards
Les comédiens

D’autant que tout se passe dans le Var !
Oui, le livre se situe dans le haut Var, Mons, Fayence, les gorges du Verdon, Canjuers, la Verdière, on descend en diagonale à travers le Var pour aller libérer Collobrières et aller jusqu’à Hyères pour libérer la presqu’île de Giens.
Qu’est-ce qui t’a touché dans ce document ?
Ce qui m’a sauté aux yeux, c’est la présence des jeunes, ce que je n’avais pas conceptisé
à quel point c’étaient des gamins, d’autant que nous, lorsque nous les avons connus, ils étaient déjà âgés, et on ne se rendait pas compte que la majorité étaient des jeunes qui fuyaient le STO, qui ne voulaient pas aller travailler en Allemagne. Gleb Sevirine a donc été sollicité, fin 43 pour le commandement de ces maquisards. Il restera à Mons jusqu’au mois d’août 44.
L’idée d’associer des jeunes dans le projet était de passer par la fiction. Je voulais trouver des jeunes varois, les transformant en maquisards dans les collines.
Mais le projet a en fait bifurqué ?
Oui car en quelques mois il me fallait trouver un million d’Euros que je ne trouverais jamais dans les délais prévus. J’ai donc décidé de faire un documentaire sans archives ni photos ni témoins car ils sont tous morts. J’ai décidé de chercher des jeunes passionnés d’Histoire et les entraîner dans une enquête historique, pour marcher sur les traces de ce maquis. Mais je me suis posé la question : Quelle est la finalité du projet ?
Et c’est là que tu rencontres Philippe Chuyen !
(Rires) I « Monsieur le Maire »  passait par là et il avait déjà participé à plusieurs de mes documentaires historiques. Il se trouve que, depuis longtemps, ayant lu le livre, il voulait en faire un spectacle sans trop savoir comment l’aborder. Je lui propose d’entrer dans le jeu, au lieu de prendre des passionnés d’Histoire, de prendre des passionnés de théâtre et les entraîner dans une enquête historique parallèle. A quatre-vingts ans d’intervalle, comme Vallier a fait de ces jeunes des soldats, toi tu prends ces jeunes et tu en fais des comédiens.
Et tu en fais un spectacle. Mais comme il ne veut pas d’amateur, on cherche des apprentis comédiens dans les conservatoires malheureusement tous ont leurs cours et leurs examens.
On est donc allé chercher des jeunes dans les missions locales. On a fait des castings, trouvé sept jeunes sur qui s’appuyer, un n’a pas suivi, on a continué avec les six.

Et le spectacle a été joué ?
Philippe a relevé le défi, lui qui ne veut jamais d’amateurs, et ça a marché. Miracle ! Le fait aussi que ce soit des jeunes des missions locales, c’est une belle idée car ça amène une fragilité. Il y a eu vingt représentations à guichets fermés. J’ai donc utilisé la pièce pour faire le film, La pièce est devenu un élément du film.
Et les jeunes ?
Ils ont été vaillants, sérieux, ils savaient que c’était d’eux que dépendait le film. Quant à Philippe, ça l’a obligé de sortir de sa zone de confort. Ce film s’est donc fait avec une palette d’émotions diverses, on pleure, on rit on sent la cohésion entre tous. Et cinéma et spectacle se renvoient la balle, l’un jouant avec l’autre.
Tu retrouves aussi Massilia Sound System qui signe la musique du film !
Par le biais de Gilbert Kayalik, le DJ du groupe avec qui nous sommes devenus amis sur le tournage de leur film qui a un talent, une rapidité pour trouver les sons qu’il faut. Il m’avait déjà fait la musique du documentaire sur Yann Piat et je lui ai proposé de faire la musique du film. Il a vu le film je lui ai expliqué mes intentions musicales. Il a été très efficace, comme toujours.

Tu aussi rencontré la fille de Gleb Sirivine ?
J’étais en train de lire le livre et j’ai aussitôt appelé sa fille. Elle connaissait mon travail, nous nous sommes rencontrés et elle a té une alliée précieuse. Elle nous a toujours suivis et aidés, elle est venue plusieurs fois au spectacle. Elle connaissait aussi Philippe depuis la sortie du livre, car il voulait déjà l’adapter et elle nous a fait confiance.
Aujourd’hui, le livre est épuisé mais nous allons le rééditer.
Comment avez-vous écrit le scénario ? A tous les deux ?
L’écriture du spectacle devait se faire à deux, j’avais beaucoup travaillé en amont, nous avons validé les situations qu’on  trouvait intéressantes mais sur l’écriture même, on a vu qu’à deux c’était compliqué, nous n’avons pas la même façon d’aborder les choses. Chacun avait sa vision. Du coup, j’ai respecté la sienne et en fait la pièce n’impactait pas sur le film, j’ai pris ce que j’ai voulu.
Le film sort quand ?
La sortie nationale se fera en septembre. Mais j’ai voulu  où il est né. Nous faisons une vingtaine d’avant-premières dont au Six N’Etoiles le 20 mai.
Des projets en cours ?
Toujours mais cette année j’ai ce film, qui sort donc à la rentrée. Après… On en reparlera !

Jacques Brachet
Christian Philibert sera l’invité de Noémie Dumas, directrice du cinéma Six N’Etoiles de Six-Fours et de Pascale Parodi, présidente de l’association
« Lumière(s) du Sud

Notes de lectures

Matthieu DELORMEAU : Addictions (Ed Leduc – 189 pages)
Voici une autobiographie poignante, écrite par ce garçon qui avait tout pour réussir et dire merci à la vie : Il était jeune, il était beau, il était dynamique et entreprenant, devenant animateur télé, chroniqueur puis producteur d’émissions diverses où son franc parler faisait mouche. S’il n’était pas une star du petit écran, il était connu, avait son public et tout aurait pu continuer dans le meilleur des mondes. Si ce n’est que, mal dans sa peau, gay assumé, il allait d’aventures d’un soir en recherche de plaisirs sexuels de plus en plus addictifs. Jusqu’au jour où, après une soirée à trois, ses deux compagnons d’un soir lui font connaître un autre plaisir : la drogue.
Et voilà qu’il découvre l’euphorie de devenir tout puissant, choisissant la facilité de la cocaïne mêlée à l’alcool, mélange dont on ne sort pas indemne… Si l’on s’en sort un jour.
Et le voilà tombé au plus bas de ce que peut vivre un addict aux deux poisons mélangés. Il devient sinistre, mauvais colérique, imbu de sa personne, fait le vide autour de lui, et descend de plus en plus bas, de plus en plus loin, devenant une épave qui ne tient debout (quand il le peut) que par ce qu’il ingurgite de plus en plus.
Il perd tout repère, famille et amis, boulot. Il s’en rend compte lors de rares moments de lucidité, il chute, se fait soigner, rechute jusqu’au jour où il décide, au bout de deux ans de cette impasse, de reprendre sa vie en main. Même aujourd’hui, c’est toujours difficile mais il essaie de garder la tête hors de l’eau, de se reconstruire avec patience mais aussi une énergie folle pour sortir de son enfer, aidée de sa sœur omniprésente et d’un des rares animateurs qui ne lui pas tourné le dos et a eu le courage de le prendre dans son émission comme chroniqueur : Cyril Hanouna.
Un long chemin, semé d’embûches, un témoignage qu’il nous raconte avec honnêteté avec sincérité, un combat de tous les jours qu’il a écrit comme une délivrance et pour l’exemple de ce qu’une addiction peut devenir destructrice.
Un livre sincère empreint d’émotion, qui, en sous-titre est écrit « Il a suffi d’une fois ».
Une fois qui est fatale et il veut que son parcours cahotant serve d’exemple et alerte ceux qui pensent qu’une seule fois est anodine.
Il aura fallu beaucoup de courage à Matthieu pour écrire cette confession et on lui en souhaite encore beaucoup pour continuer sa route qui est loin d’être un long fleuve tranquille.

Frédérick D’ONAGLIA : La demoiselle du moulin
(Ed Presses de la Cité – Terres de France (357 pages)
Depuis plus de vingt ans l’ami d’Onaglia, ce Lyonnais amoureux de la Provence, nous offre, au fil des années, dans le village de Fontvieille, une saga où se mêlent le romantisme, le thriller, intrigues amoureuses et politiques, destins croisés dont le socle est le château dirigé de main de main de maître par Victoire de Montauban, femme implacable, prête à tout pour garder son rang, face à Armand, son fils totalement sous l’emprise de sa mère, homme aussi veule que volage, que Béatrice, son épouse, accepte pour garder un semblant de lien familial avec leurs deux enfants.
Béatrice a une amie : Cathy, fille de Phonse le primeur.
Cathy à qui va arriver une histoire singulière : Un soir de grand orage, elle se réfugie dans un moulin vétuste pour le laisser passer. Là, dans le noir, elle se retrouve auprès d’un homme qui est, lui aussi, venu se mettre à l’abri. Sans peur, ils se parlent dans le noir total pour se séparer au lever du jour. Intriguée, elle veut savoir qui est cet homme qui, malgré cette rencontre inopinée, lui a fait un certain effet.
Elle le retrouvera. Il s’agit de Selim, un magnifique kabyle qui s’est enfui de Marseille où il est recherché. Quelle est son histoire ? On la découvrira au fil des événements qui vont se dérouler en, cascade, « ce genre d’homme » n’étant pas du goût de nombre de villageois, d’autant qu’entre lui et Cathy, une histoire d’amour se profile. Son père, Victoire vont s’en mêler mais aussi l’institutrice, Viviane Plancoulène, tombée amoureuse de Selim et d’une folle jalousie envers Cathy.
Plein d’autres événements vont faire trembler ce village et Frédérick ajoute une grande histoire dans cette histoire qui contient déjà dix épisode, toujours écrite avec sa plume alerte, faite de personnages hors du commun dans une Provence qu’il dépeint de belle manière, avec amour, comme le faisait Cézanne avec ses tableaux.
Une belle grande histoire qui pourrait clore cette saga…
Mais avec Frédérick, sait-on jamais ?

Jacques Brachet

Chloé HENRY-BIABAUD, globe-trotter de l’humain

Elle est réalisatrice et s’est spécialisée dans le documentaire.
Chloé Henry-Biabaud se balade dans le monde entier, du Rwanda au Brésil, de l’Argentine a l’Egypte, du Kenya à l’Amazonie en revenant, pleine d’usage et raison vivre… à Ollioules !
Ses sujets sont divers, le handicap, la boxe, les pêcheurs mais aussi des sujets moins lointains comme les calanques ou la Bonne Mère.
Invitée par Pascale Parodi, présidente de l’association « Lumière(s) du Sud », elle nous proposait ce soir-là un film très émouvant : « La réparation », réalisé avec sa complice Isabelle Vayron, sur la justice restaurative
C’est un dispositif de justice qui met face à face des auteurs de crimes divers et des victimes d’autres crimes. Encadrés par deux animatrices qui les laissent parler, chacun peut s’épancher, dialoguer, parler de leurs peines et de leur colère pour les victimes, de leur question, de leurs regrets sur le fait que les auteurs sont passés à l’acte.
Chacun a besoin de réponse, chacun a eu sa vie détruite, sans compter les victimes collatérales, beaucoup sont dans la douleur, l’incompréhension, le déni quelquefois mais tous ont des vécus traumatisants qu’ils porteront toute leur vie.
Les dialogues sont sans jugement, chacun étant à l’écoute de l’autre et leurs témoignages sont poignants et perturbants.
Evidemment, cette justice restaurative ne règle pas tous les problèmes mais aide à la compréhension de chacun.
Ce film a été tourné dans une prison d’Auxerre, encadré par Béatrice et Catherine et ne peut laisser personne indifférent. Il met en lumière les responsabilités des agresseurs comme la peine et parfois la colère et la vengeance de ceux ou celles qui ont perdu quelqu’un de cher.
Un film poignant plein d’humanité et nécessaire afin de permettre à tous d’avancer sans jamais pouvoir tourner la page.

J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Chloé Henry-Babaud, femme pleine d’humanité, chacun de ses documentaires (et ils sont nombreux) étant empreint d’empathie, d’humanité.
« Chloé, vous avez parcouru le monde mais d’où venez-vous ?
Je suis parisienne, j’habite depuis dix ans à Ollioules, j’ai vécu neuf ans à Marseille mais c’est vrai que je voyage beaucoup.
Comment choisissez-vous vos sujets ?
J’ai bien sûr des sujets de prédilection mais j’ai vécu au début en Polynésie où j’ai commencé ma carrière et en rentrant en métropole, j’ai travaillé avec Yann Arthus-Bertrand  avec qui nous avons interviewé partout sur la planète. Il est resté l’un de mes meilleurs amis, tout comme Isabelle Vayron avec qui je coréalise beaucoup de films. On est resté un noyau soudé.
Et puis j’ai développé des contacts, des thématiques qui m’intéressaient, comme la résilience, mot que je n’aime plus du tout, tant il est aujourd’hui galvaudé. J’ai aussi vécu au Brésil avec mes parents d’où cette appétence aux voyages.
Et vos sujets de prédilection ?
Souvent, les sujets qui m’intéressent tournent autour de gens qui ont vécu des choses difficiles et les ont surmontés d’une manière ou d’une autre. Et puis, il y a des sujets environnementaux parce que, forcément, lorsqu’on voyage beaucoup, on y est sensibilisé. Mais je m’intéresse aussi à la culture et tout se fait  au gré des voyages, des rencontres…
Est-ce que vous partez pour trouver des sujets ou parce que vous avez un sujet en tête ?
J’ai beaucoup de relations dans beaucoup d’endroits mais pour faire un documentaire j’ai des idées « avant » puis il y a tout un chemin car il faut trouver la production en amont du tournage, qui va nous accompagner, il y a tout un dossier pour pouvoir le pré-vendre à des diffuseurs et là alors, on peut partir en tournage. Mais si un documentariste veut gagner sa vie, on ne peut pas aller faire les repérages « avant » et tout payer de sa poche en pensant qu’on vendra l’idée, le film.

Qui sont les diffuseurs ?
Pour l’instant, je ne travaille qu’avec les télés, France Télévision ou Arte. On leur apporte l’idée, on va écrire tout un dossier en amont même si l’on ne sait pas ce qui peut se passer sur place car ce n’est pas un scénario de fiction. On sait qu’on va filmer un dispositif qui est cadré, après, ce qui peut se passer, on ne peut pas le deviner. On écrit une note d’intention, de réalisation, les raisons de faire ce documentaire.
Est-ce que sur le tournage, ça dévie quelquefois ?
Les gens qu’on filme ne sont pas des comédiens et heureusement, on ne peut pas leur demander de faire ce qu’on a écrit, parfois nous avons de belles surprises, parfois c’est plus compliqué mais généralement, lorsqu’on va filmer quelque chose, on a une intention précise et le but est d’aller filmer cette intention du départ. Mais il faut aussi laisser place à la surprise, à l’improvisation et lorsque c’est un documentaire en immersion comme celui-ci, on ne peut pas décider à l’avance.
En dehors de grands voyages, vous faites aussides documentaires en France comme celui consacré à la Bonne Mère de Marseille !
Lorsque j’ai fait ce film, je venais d’arriver à Marseille, il y a 15 ans, et c’est une boîte de production marseillaise qui me l’a  proposé car, n’étant pas marseillaise, j’aurais un regard neuf. J’ai donc vraiment découvert la Bonne Mère et j’ai adoré car j’ai filmé carrément sur un an. Comme j’avais un regard extérieur neuf et admiratif, je découvrais.
De tous les pays que vous avez traversés quel a été celui qui vous a le plus marqué à ce jour ?
J’ai beaucoup de pays de cœur, comme le Brésil où j’ai vécu .Je parle le portugais et j’y suis allé souvent en tournage. J’y ai passé une partie de mon enfance, et j’y ai beaucoup de souvenirs. C’est sentimental. Une partie de mes souvenirs, de mes amis, sont encore là-bas.
Mais je crois que celui qui m’a le plus marqué et où je retourne souvent, c’est le Rwanda. De par son histoire terrifiante, il est resté beaucoup figé dans les médias. Pendant longtemps, il a été connu par le génocide alors qu’il a beaucoup d’autres choses. Il y a quand même un pays qui s’est relevé et il y a tellement à y découvrir. Il y a un futur très riche, une lumière incroyable.

Alors ce film présenté ce soir ?
Ce film est donc sur la justice restaurative. Ce sont des dispositifs cadrés par des associations mandatées par le Ministère de la Justice. Ça fait partie du code pénal. Auteurs ou victimes peuvent en être informés et y participer, ils sont préparés pour se rencontrer mais ce ne sont pas les auteurs et victime directs. Avec Athus Bertrand, nous avions déjà filmé des participants pour son film « Human » en Floride, qui avaient besoin d’en parler et de se parler. Ce sont des gens qui ont décidé d’eux-mêmes d’y participer. On a trouvé ça tellement
incroyable qu’on a décidé d’en faire un film.
C’est arrivé en France dans le cadre du code pénal en 2014 et nous avons eu envie de faire ce film, avec Isabelle, en faisant le mouvement inverse, c’est-à-dire qu’on a filmé le dispositif avec les animateurs, les médiateurs et les participants que nous ne connaissions pas, en immersion.
Comment réagissent les gens lorsque vous allez les voir pour leur proposer ce concept ?
Nous sommes allés en repérage dans des groupes avec des encadrants à Auxerre, on a beaucoup discuté avec Amélie et Séverine, les encadrantes qui ont été nos alliées car en fait, ce sont des travailleuses de l’ombre qui prennent beaucoup sur leur temps, qui se donnent corps et âme. A partir de ce moment-là, nous avons fait une lettre pour expliquer le but du film, qu’elles ont donnée  à ceux et celles qui étaient prêts à jouer le jeu. Ne pouvant les rencontrer en amont, elles ont été nos intermédiaires en leur précisant bien aux participants qu’ils pouvaient arrêter lors du tournage, que ceux qui ne voulaient pas qu’on les voit, peuvent être filmés de dos ou floutés. Nous avions deux ou trois caméras que nous ne bougions pas, pour ne gêner personne. Le tournage s’est fait sur un an avec trois rencontres.

C’est votre dernier film ?
C’est l’un des dernier Sybille d’Orgeval (J’adore les coréalisations !), nous avons tourné un film sur la pêche contemporaine et les problématiques liées à la pêche sur les océans, qui s’appelle « Vents contraires ». J’en termine un avec une autre amie, Coraline Molinié, pour Arte, autour des castors et tout ce qui lié aux écosystèmes autour de cet animal ».
Avec tous ces films, espérons que nous aurons encore l’occasion de revoir notre belle réalisatrice chez notre amie Pascale !

Jacques Brachet

Jolokia, odyssée des bras cassés
Kenya, alors on danse
Malawi, les enfants du tabac

Six-Fours
«LesNuitsThéâtralesdeSimone» 2ème édition
Spectacles du 23 au 27 juin

Après une première édition réussie, la Ville de Six-Fours-les-Plages confirme son engagement culturel avec la deuxième édition de son Festival de Théâtre, installé dans le cadre naturel du Jardin de la Villa Simone.
Un théâtre de verdure en cœur de ville Installé dans le Jardin de la Villa Simone (8 000 m²), le festival propose une jauge intimiste de 250 spectateurs, en placement libre, dans une ambiance estivale unique.
Une nouvelle scène pour l’émotion La culture est une aventure collective, un espace d’échange et de découverte. Avec cette deuxième édition des Nuits Théâtrales de Simone, la Ville de Six-Fours-les-Plages confirme son ambition : inscrire durablement le théâtre dans son paysage culturel estival. Pensé comme un rendez-vous populaire et exigeant, le festival propose cinq grandes œuvres issues du Festival Off d’Avignon, reconnues pour leur qualité artistique et leur capacité à toucher tous les publics. Comédie classique, fresque romanesque, théâtre contemporain, seul-en-scène biographique ou grande comédie provençale : chaque spectacle a été sélectionné pour son audace, son énergie et sa résonance universelle.

5soirées– 5 univers
Mardi 23 juin / 21h : Saint-Exupery, « le commandeur des oiseaux ». Seul en scène biographique
Mercredi 24 juin / 21h : « Bel Ami ». Fresque romanesque. Adaptation du roman de Guy de Maupassant, sur l’ambition et le pouvoir
 Jeudi 25 juin / 21h : « Le barbier de Séville » Comédie classique. La comédie de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais revisitée avec énergie.
Vendredi 26 juin / 21h T.I.N : « A There is no alternative ». Théâtre contemporain Une création audacieuse et politique .
Samedi 27 juin / 21h : « Le Schpoutz », Grande comédie provençale. Œuvre culte de Marcel Pagnol

Accessibilité · Tarifs attractifs · Gratuité pour les plus jeunes ·
Billetterie en ligne et points de vente physiques
Les Nuits Théâtrales de Simone s’inscrivent dans la volonté municipale de développer une offre culturelle qualitative et populaire.
.Renseignements et billetterie en ligne sur : www.ville-six-fours.fr Points de vente : Espace Malraux / Six-Fours ou FNAC

Catherine LARA :
« Le violon est le prolongement de ma main, de mon âme »

C’est grâce à une animatrice géniale, Denise Glaser, avec qui j’avais beaucoup de complicité qui, un jour au MIDEM 72, m’offre le premier disque de Catherine Lara « Ad Libitum ». Connaissant mes goûts, elle sait qu’il me plaira. Alors inconnue, va lui consacrer toute une émission de son fameux « Discorama »
J’écoute et je tombe en amour de cette musique qui semble venir de très loin, avec sa voix d’ange (que la cigarette a beaucoup changée !) et son violon déjà magique.
Si je lui consacre à mon tour un papier, beaucoup de temps va passer avant que je ne la rencontre. Ce sera en 81, alors qu’elle éclate enfin en changeant, physiquement de style de musique et de voix. C’est le disque « Yohann ».
Enfin elle vient chez nous, à la Seyne, où elle chante pour la fête de l’Humanité dans les pires circonstance que peut avoir la chanteuse : les discours politiques enfiévrés, au milieu des odeurs de frites, de la poussière, de la chaleur et l’on s’assoit pour manger un bout au milieu d’un brouhaha incroyable, un chien qui aboie et une serveuse qui, toutes les minutes vient demander si « ça va Madame Lara ? » et si elle ne veut pas un peu plus de frites ! Je précise que j’enregistre l’interview ! Jusqu’à un coq sorti d’on ne sait où, qui  n’en finit pas de coqueriquer !
Il nous prend tout à coup un fou-rire inextinguible et c’est là que je découvre l’humour de Catherine. Une histoire d’amour qui tourne à l’amitié jusqu’à aujourd’hui jamais démentie.
Les tournées, dont les « Age Tendre », les galas, les émissions de télé (Dont une avec Maurane où tous trois nous somme shootés au champagne, mes deux copines aimant rigoler, avec des blagues quelquefois salaces, des contrepèteries). Bref on ne s’est jamais longtemps quittés et les retrouvailles sont toujours pleines de rires et d’amitié.
Alors, lorsque j’apprends qu’elle passe au Pasino d’Aix-en-Provence avec son dernier spectacle « Identités », je ne pouvais pas ne pas y être.
Et je l’aurais regretté car c’est l’un des plus beaux spectacle de danse et musiques mêlées auquel j’ai pu assister, avec la compagnie Kumo, quatre magnifiques danseurs venus de tous horizons, Jamson, Chichi, Corey, Viny Colby, qui nous font vibrer autour de la musique de Catherine omniprésente avec son violon jaune que je connais bien.

Difficile de définir ce spectacle de musique tribale, où tous les styles se mêlent, yiddish, tzigane, slave, classique, arabisant, hip hop… De la musique universelle où tout tourne autour de thèmes différents, la femme, la guerre et la paix, le racisme, les différences et les ressemblances, musique quelquefois planante, quelquefois sauvage, sur laquelle, nos quatre danseurs donnent tout avec une incroyable énergie. Le spectacle en noir, blanc, rouge est d’un esthétisme et d’une beauté à couper le souffle.
Catherine nous offre des fulgurance, faisant pleurer son violon, le faisant chanter sur fond de percussions et d’images en fond d’écran, virevoltant avec les danseurs, jouant avec eux sur des chorégraphies de folie sur ces musiques venue du fond des peuples, du fond des âmes.
Un spectacle fait d’humanité auquel Catherine, faute de chanter, nous dit des mots chargés d’émotion. A 80 ans, elle est plus forte, plus belle que jamais et ce spectacle nous enchante, nous ravit, nous émeut, nous prend aux tripes. Il faut voir le public se lever, applaudir, crier et en redemander.
Et  après le spectacle, on la retrouve heureuse du travail accompli et de l’amour que lui porte le public.

« Le violon – me dit-elle -, c’est le prolongement de ma main, de mon âme et  je ne pourrais pas m’en passer même si, aujourd’hui, ma musique est différente. Durant 15 ans je suis allée au fond de quelque chose, j’ai eu le temps de faire le tour de la musique classique, j’ai même monté un quatuor de musique de chambre jusqu’au jour où j’ai eu envie de passer à autre chose. Il y a eu une cassure mais elle m’a permis de prendre une autre route. Jouer Brahms, Beethoven, Schubert ne me suffisait plus, il fallait que j’exploite d’autres contrées, que je découvre d’autres formes de musiques, une autre façon de m’exprimer. Lorsqu’on découvre Léo Ferré, Stevie Wonder, Jacques Brel, Aretha Franklin, le jazz, les musiques du monde, on se dit qu’il y a d’autres musiques que le classique et que c’est toujours de la musique.

Je composais déjà pour le plaisir, le plaisir est toujours là et je suis toujours à fond.
De puis ton « Laratorio » écrit pour le spectacle d’Annie Girardot « Revue et corrigée », tu as su mêler différentes musiques…
Tu sais, écrire une belle chanson c’est aussi très difficile, mais c’est formidable de mêler les mots aux sons. Il faut un esprit de synthèse et l’on a si peu de temps pour raconter une histoire. Et puis, cette nouvelle route m’a permis de faire de très jolies rencontres, de travailler avec des gens formidables et comme je ne suis pas une fana de solitude, tout ça me va très bien. J’aime avoir des compagnons de voyage, avoir une complicité comme j’ai eu, durant longtemps avec Alain Boublil. Les rencontres, les gens, c’est aussi tout l’intérêt de ce métier. C’est pourquoi j’aime travailler avec d’autres artistes, soit pour créer des chansons, un spectacle, soit pour collaborer avec  « Les enfoirés » ou « Age Tendre » par exemple… Grâce à ce métier, ma vie est semée de merveilleuses rencontres, de moments forts, inoubliables. Celle de Barbara, c’est ma jeunesse… J’étais groupie et la rencontrer et d’avoir travaillé avec elle, ce fut un grand bonheur. Lorsque Barbara te dis :  » J’adore ce que vous faites, pouvons-nous travailler ensemble ?  » tu tombes à la renverse ! Ce furent deux mois entre parenthèses, de pur bonheur.

Il y a eu aussi Johnny Hallyday, Les musiques de films ou de télé, William Sheller et bien d’autres…
« Françoise Hardy, ce fut un coup de foudre. Lorsqu’elle a découvert ce que j’écrivais elle a même voulu me produire mais elle a pensé que, pour moi, il valait mieux que j’aille dans une grande maison de disques. Mais j’ai écrit pour elle et j’en suis fière».
Et ainsi il y a eu « Sand et les Romantiques » « Aral » dont certaines fulgurances se retrouvent dans ce nouveau spectacle, il y a eu les arrangements de « L’Arlésienne » de Bizet avec Jean Marais, le spectacle « Au-delà des murs » avec Franco Dragone, le directeur et chorégraphe du Cirque du Soleil et tellement d’autres choses…
Une autre qualité chez Catherine : la franchise !
« Je ne sais pas trop si c’est une qualité ou un défaut mais j’ai une belle ( ?) réputation de franchise et tant pis si ça me joue des tours. De toute façon, je n’ai pas envie de plaire à tout le monde. Par contre, avec l’âge, je fais peut-être plus attention aux autres, j’essaie de ne pas les blesser pour rien. J’ai envie de devenir tolérante !»

Voilà comment fonctionne Catherine Lara.
Lara, c’est un regard bleu, derrière des lunettes bleues, un regard franc, net, direct, qui vous vise droit dans les yeux, droit au cœur.
Lara, c’est la douceur cachée derrière une incroyable énergie.
Lara, c’est un caractère fort qu’il vaut mieux éviter les jours de colère.
Lara, c’est une surdose d’humour au premier, second, troisième degré.
Lara, c’est un amour inconditionnel pour la musique.
Car elle aime la musique de toutes ses forces, toutes les musiques venues d’ici et d’ailleurs. Et surtout, elle aime son public. Par contre, jamais une fois je ne l’ai entendue dire qu’elle s’était trouvée bien. C’est plutôt le genre : « Ils ont été merveilleux, ils m’ont aimée, je le leur ai rendu… Ils le méritaient ».
Et c’est ce qu’elle a fait en cette belle soirée aixoise.

Jacques Brachet
Photos Eric Bongrand, Cécile Giol, Jacques Brachet

souvenir de rigolades champagnisées !

Solliès-Pont, Festival du Château
Portrait de femme avec hommes

Déjà une chaleur estivale dans le parc du château Forbin de Solliès-Pont, où nous accueillait son maire, le docteur André Garron, Stéphanie Bovero, sa nouvelle adjointe à la Culture et l’incontournable Rabah Houia, directeur de Sud Concert qui, depuis plus de vingt ans, nous offre dans ce lieu magnifique un festival réunissant le nec plus ultra de la chanson française.
Deux revenants, deux nouveaux et, comme à l’accoutumée des premières partie révélant des artistes en devenir, c’est la recette réussie de ce festival qui, chaque été réunit un public divers et varié.
Les trois coups seront frappés le mercredi 15 juillet par le retour pour la troisième fois de Christophe Mahé qui vient de terminer une tournée triomphale et va donc la continuer au château dans ce nouveau spectacle. Nul doute qu’il va encore nous emporter dans ce monde original qu’est le sien et qui, d’un spectacle à l’autre est toujours différent et original
Le jeudi 16 juillet, et pour la première fois, le festival recevra Calogero, l’un des plus grand auteur-compositeur-interprète dont les succès, pour lui et pour ceux à qui ont eu la chance de le chanter, ne se comptent plus. Ses chansons, il a décidé de les offrir au public dans une version inédite et plus intimiste.

Elle est l’une des plus prometteuses chanteuse de sa génération. Belle Belge aux yeux bleus et à la voix de cristal, finaliste de la « Star Académie, elle réussit à rafler en un an une moisson de prix, chose rare à notre époque. Sa tournée fut un énorme succès et l’on est heureux de découvrir Héléna le 17 juillet au château Fobin.
Enfin, pour clore en beauté, voici le retour, pour la seconde fois, de Kenji Girac, le 18 juillet qui, avec ses airs et sa voix venus de sa culture « gitano » fait se lever le public pour danser sur ses musiques issues de ses lointains ancêtres.

Chacun des quatre artistes parrainera un jeune chanteur, ce qui est la moindre des choses, lorsqu’on est devenu un grand de la chanson, se rappelant qu’ils eux aussi débuté un jour et qu’ils est bon de donner sa chance aux artistes de demain.
Nous découvrirons donc avec Christophe Mahé Jules Loewert, qui a déjà tourné avec Jenifer et Barbara Pravi, nous offrant des textes engagés sur des musiques qu’il accompagne au piano.
Calogero donnera sa chance à Cobalt, arrivé en finale de l’émission « La France a un incroyable talent » et qui cartonne avec son premier titre « Trop tôt ».
Au tour de Lenaig, une lyonnaise ouvrant le spectacle d’Héléna, découverte sur les réseaux sociaux avec des titres comme « Je ne pense qu’à ça » ou encore « Vas-y ! ». Et elle y va !
C’est la rappeur Chiloo qui débutera le concert de Kenji Girac et il a déjà deux jolis succès à son actif : « Au bord de la mer » et « Tout finit par s’arranger »
Que voilà quatre belles affiches pour ce festival qui se déroulera dans ce cadre bucolique qu’est le château Forbin.
A ne pas manquer !

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

Six-Fours
Des photographes chinois à la Villa Simone 

Je vous ai déjà présenté la très belle expo photo que notre ami Henri Chich, président de l’association Phot’Azur présente  à la Villa Simone de Six-Fours, regroupant les œuvres de ses adhérents.
Et, oh surprise, voilà que dimanche dernier Henri et Francine Chich recevaient une délégation chinoise de photographes, venue découvrir l’association et l’exposition, en cette journée printanière.
Inutile de vous dire que ça photographiait à tour de bras, les chinois étant spécialistes en la matière,  et même moi, simple journaliste inconnu d’eux, je n’ai jamais été autant photographié de ma vie ! Que feront-ils de moi chez eux, je n’ose penser que je vais y devenir une star !
Cette sympathique équipe était guidée par Huang Afang, interprète et traductrice vivant dans le Var car nous ne pouvions communiquer qu’en sourires et révérences, alors qu’une collaboratrice de l’association leur présentait les œuvres affichés traduites par elle.

« Afang, pouvez-vous nous dire comment s’est faite la visite de cette association venue de ce lointain pays ?
Cette association s’appelle l’Association Photographique Culturelle et Touristique et nous vient de Tianjin. Elle se compose de photographes amateurs et professionnels, de débutants aussi et elle est présidée par Tiejun Duan.
Et vous, vous venez aussi de là-bas ?
Non, j’habite dans le centre Var, à  Flassans sur Issole, je suis traductrice, interprète et formatrice en langue chinoise.
Comment le contact s’est-il fait ?
Tout simplement parce que le Centre d’Echanges Culturels entre les entreprises chinoises et Internationales de Tianjin m’en a fait la demande. Ces photographes voulaient découvrir le Sud, rencontrer des associations photographiques et si possible pouvoir y exposer. J’ai donc contacté des clubs locaux et par chance, je suis tombée sur le numéro de téléphone de Monsieur Chich. Je l’ai donc appelé et il a tout de suite été d’accord pour nous recevoir.

Tiejun Duan
Henti Chich & Florence Lunardelli, adjointe à la Culture
Henri Chich

Ont-ils vu d’autres associations ?
Oui, avant j’ai contacté un club à Marseille qui a aussi accepté de nous recevoir et d’exposer une vingtaine de photos à Plan de Cuques. Comme ils restaient quelques jours, ils en ont profité pour visiter notre région et faire connaissance avec d’autres clubs et associations. D’où notre venue à Six-Fours.
Vous êtes spécialisée dans la photographie ?
(Elle rit). Non, je peux être contactée par différentes entreprises ou associations. Quelquefois ce sont des géologues, des businessmen, des sociétés organisant des colloques avec la Chine.
A l’origine, il devait y avoir une autre association de Tianjin, le Centre d’Echanges International de Culture et d’Entreprises qui organise des sorties photos pour les amateurs et ils n’ont pas pu venir pour des délais de visas.
Comment se passe la journée en dehors de cette visite ?
D’abord, ils ont beaucoup apprécié l’accueil qu’ils y ont eu, ils ont beaucoup aimé l’exposition, le lieu et le beau temps et ont décidé de pique-niquer dans le parc ! Et aujourd’hui, ils ont envie d’y revenir pour présenter une exposition ! »

Par ailleurs, après ce pique-nique, Henri et Francine Chich leur proposait une balade au Brusc et sur l’île du Gaou, qu’ils ont beaucoup appréciée… Et photographiée !
Nul doute qu’on les reverra bientôt pour présenter leur propre exposition !

Jacques Brachet

Jean-François MUTZIG…
La passion des animaux et des hommes

Frédéric Massé, Henri Chich, Jean-François Mutzig

Jean-François Mutzig est journaliste, reporter, photographe.
Homme passionné s’il en est, après avoir travaillé sur plusieurs journaux, il passe aujourd’hui sa vie à courir le monde, afin de l’appréhender et surtout de suivre la vie des animaux car c’est aussi sa grande passion, comme les éléphants d’Asie ou les chevaux sauvages de Galice entre autres, face aux humains.
Auteur de plusieurs livres, aujourd’hui il expose un peu partout ses photos, dont certaines ont obtenu des prix, après avoir tiré longtemps les photos des autres. Photos qui furent longtemps en noir et blanc, avant qu’il ne vienne à la couleur. Ses photos ont été connues grâce à de nombreux magazine et jeudi soir, Henri Chich, président de l’association « Phot’Azur » l’avait invité pour nous présenter plusieurs diaporamas édifiants comme « Les éléphants d’Asie », en Birmanie, qui servent au débardage et sont souvent maltraités par des cornacs violents mais il faut savoir que le dicton « Avoir une mémoire d’éléphant » est véridique, un éléphant se souvenant, plus de vingt ans après et le fait quelquefois payer au cornac qu’il reconnait. Heureusement aujourd’hui des gardiens les récupèrent dans des sanctuaires pour les soigner jusqu’à leur mort.

Le second diaporama, « Pêcheurs d’Asie » nous montre comment les plus pauvres pêchent artisanalement le poisson pour leur survie alors que des chaluts raclent les fonds marins pour en faire un juteux commerce. Ils sont transformés en farines pour nourrir les bovins de nombreux pays.
Puis il nous fait voyager, avec son compère Frédéric Massé, avec qui il travaille depuis des années, en Galice pour découvrir « Des chevaux et des hommes » lors du « A rapa das bestas » qui réunit tous les ans quelques vingt-mille personne autour d’une tradition qui date du Moyen Âge et qui rassemble près de deux-cents chevaux sauvages dans l’arène afin de les soigner, de les recenser, leur couper les crinières. Plus de mille cinq cents inscrits sont rassemblés.
Retour sur l’éléphant, avec un reportage, en couleurs cette fois, « L’éléphant en fête », fête printanière au Rajasthan, où sont peints cinq cents éléphants qui promènent le public venu nombreux. Musique, processions, ballades, concours de beauté, près de mille deux cents figurants venus du Sri Lanka, de Thaïlande, du Laos, et des milliers de spectateurs venus se joindre aux fêtes. Après ces superbes images, je voulais en savoir sur ce reporter sans frontières, avec qui j’ai retrouvé des points communs, même si je suis loin d’avoir fait, ne serait-ce que la moitié de ses voyages !

Pêcheurs d’Asie
Des éléphants et des hommes

Jean-François, comment est venu cet amour mêlé de la photographie, du reportage, des animaux ?
Juste après la terminale, j’ai arrêté mes études, je n’avais pas envie d’aller en fac et j’avais déjà le désir de devenir journaliste-reporter. J’ai donc fait une école de photographie à Lille où je suis né. Puis j’ai émigré  dans le sud de la France où j’ai commencé à « piger » pour le Provençal, la Marseillaise, Nice-Matin… En 90 j’ai été professionnalisé au Dauphiné où j’ai fait toute ma carrière en tant que journaliste sur les Alpes de Haute Provence.
Vous étiez alors journaliste ou photographe ?
Je faisais les deux. Mais en parallèle, j’ai toujours voulu aller plus loin car je ne suis jamais satisfait de ce que je fais. Je voulais monter de gros projets. Donc, j’ai commencé à voyager, beaucoup en Asie, où je me suis spécialisé. Dans les années 2000, j’ai découvert l’éléphant d’Asie et c’est ce qui m’a lancé dans ma carrière. J’ai fait un gros travail sur la relation entre les hommes et les éléphants en Asie. Une relation qui se pérennise depuis plus de cinq-mille ans que l’éléphant est domestiqué en Asie.
Vous faisiez ces reportages pour le journal ou pour un magazine ?
Au départ, je le faisais pour moi et petit à petit, en 2010, on a lancé ce projet en réalisant une exposition, j’ai eu la chance d’avoir plusieurs portfolio, tout c’est alors enchaîné, entre autre les voyages. J’ai eu la chance de voir mon travail sur les éléphants, présenté au Japon où j’ai eu un prix sur le travail projeté ce soir, puis j’ai travaillé sur les chevaux de Galice en Espagne où j’ai eu aussi la chance d’être primé. Cette thématique entre les animaux et les hommes me plaît  car elle est exceptionnelle dans le sens large du terme. Les animaux, on les aime, on les chérit mais on les tue également. C’est un peu ce paradoxe que l’on peut découvrir dans mon travail et dans tout ce que j’ai pu faire ces vingt dernières années.

Au départ, ce sont les éléphants… Pourquoi ?
C’est un peu par hasard. Comme tout journaliste qui se respecte, je me documente toujours beaucoup et je me suis rendu compte qu’il y avait assez peu de travaux réalisés par des photographes, sur l’éléphant d’Asie et sur la relation homme-éléphant. J’ai donc essayé d’écrire cette histoire et d’en faire un livre, voici dix ans et de faire dans le même temps, une exposition à Monaco qui a été inaugurée par le prince Albert. Moi, l’éléphant m’a tout donné, je lui dois tout ! C’est lui qui a lancé ma carrière… C’est mon imprésario !
En dehors des éléphants et des chevaux, il y a d’autres animaux qui vous intéressent ?
Depuis une vingtaine d’années, je travaille sur cette relation homme-animal. Je me suis intéressé aux serpents, aux cochons, aux singes. Je les choisis par thématiques et par la relation qu’ils peuvent avoir avec les hommes. J’ai par exemple travaillé sur les relations entre les hommes et les singes en Thaïlande et en Inde où les singes ont carrément accaparé un quartier jusqu’à en faire partir les humains. C’est la relation ambigüe  d’un animal sauvage qui reprend le terrain.
Alors, comment l’humain que vous êtes se retrouve face à l’animal ?
J’ai une relation privilégiée avec les gens, j’ai fait ce métier pour le contact, pour rencontrer, essayer de comprendre comment ça se passe. C’est ça, je crois, le métier de journaliste, on ne comprend pas toujours mais on essaie ensuite de retracer le mieux possible au public. C’est pareil pour les animaux.
Vous avez longtemps travaillé sur le noir et blanc
Mais là, j’ai lancé un nouveau projet sur les éléphants en couleur mais c’est l’éléphant dans la fête et il était difficile de le faire en noir et blanc !
Et d’autres projets ?
Oui, en 2027… Mais on n’en parle pas encore

Jacques Brachet

Des chevaux et des hommes
Jean-François Mutzig & Henri Chich

Notes de lectures – Ecrits de femmes

Zoé BRISBY : Les femmes du France (Ed Albin Michel – 370 pages)
Zoé Brisby est une merveilleuse conteuse d’histoires tournant souvent autour d’héroïnes. « Hollywoodland », « La double vie de Dina Miller », « Les mauvaises épouses » qui nous emmènent dans leur monde et dans le sien.
Ce roman est l’histoire de quatre petites filles, Rose, Charlie, Jeanne, Alice. Toutes quatre orphelines, elles échappent à l’incendie de l’orphelinat dans lequel on les a oubliées. Toutes quatre vont être séparées mais ce sont fait une promesse : Ne jamais se quitter ni divulguer leur secret. Lequel ? On le saura plus tard.
Quelques années après, elles se retrouvent embarquées sur le France, qui sera, personne ne le sait encore, son dernier voyage.
Jeanne est devenue Jane, épousée par un sale mec, riche, snob et violent. Charlie est coiffeuse, Rose, femme de chambre et elles se retrouvent en secret sur le France pour tenter de retrouver Alice, qui y travaillait, mystérieusement disparue. Sur le France également, Mathieu, journaliste à l’ORTF, ancien amant de Charlie, qui va tenter de faire un reportage sur la grève qui se déclare sur le France et la disparition d’Alice qui lui donne de beaux sujets journalistiques.
Chacune des trois filles commence à recevoir des menaces de mort par un corbeau qui a l’air de bien connaître leur histoire.
On va suivre, à travers le « plus beau bateau du monde », dans les dédales de ses couloirs, de ses différents lieux, ce thriller mené, par nos trois « sœurs » pour retrouver la quatrième, sur fond de grève, ce qui nous permet par la même occasion de découvrir la vie, l’histoire de ce bateau devenu iconique, qui fut un temps la fierté de la France.
Si l’histoire est haletante elle se déroule sur fond d’événements réels, ce qui donne encore plus de poids à ce thriller haletant, qui laisse le mystère jusqu’à la fin de l’histoire. Une histoire oppressante, haletante, pleine de coups de théâtre, vécue par ces trois femmes très attachantes, aux personnalités très différentes mais unies par le cœur, par la vie, par le drame qu’elles ont vécu.
Zoé Brisby s’est beaucoup attachée aux faits réels de ce dernier voyage, en plongeant dans les archives de ce « bateau gigantesque » comme le chante Michel Sardou.
Un roman dans l’Histoire qui ne nous laisse pas un moment de répit, grâce au rythme soutenu et au suspense que lui donne Zoé Brisby.

Clémentine CELARIE : Ce feu qui me brûle (Ed Cherche-Midi – 184 pages)
Clémentine Célarié est  l’une des comédiennes les plus populaires, les plus aimée du public, grâce à son talent bien sûr mais aussi parce qu’elle est une femme sincère, à la fois fantasque et émouvante, brut de décoffrage, ce qui plaît au public.
Ce livre n’est pas une biographie mais des propos autour de son métier, qui est sa vie et sa passion, qui parle du théâtre comme une personne avec qui elle vit, qui parle au public en le tutoyant, ce public qui la guérit de tout, entre autre de sa grande solitude, à la fois recherchée et redoutée, qui reste elle-même en devenant quelqu’un d’autre et qui vit de l’amour sous toutes ses formes.
Ainsi elle nos entraîne sur des chemins de traverse, nous expliquant comment elle aborde un texte, un personnage, avec la tête, avec le cœur, avec les tripes. Et elle analyse magnifiquement le métier d’actrice.
Si elle avoue croire toujours au père Noël, elle avoue aussi qu’elle aime qu’on l’aime. Elle nous raconte comment ses loges de théâtre sont des cocons, des moments sacrés pour « avaler » son rôle et entrer en lui.
Elle parle aussi des comédiennes prisonnières de leur physique, paniquées par les premières rides, surtout au cinéma et déclare qu’il faut accepter la vieillesse, accepter son physique.
Elle nous parle aussi de son cancer, un drame qui change une femme (ou un homme) à tous les niveaux, qui permet de reconsidérer sa vie, de la voir autrement de la relativiser avec plus de joie, de recul, même si l’inquiétude est toujours là et le sera pour le reste de sa vie car on garde dans un coin de la tête qu’il peut revenir à tout instant.
Et puis, le fil conducteur est ce rôle qui l’a marquée à jamais : Celui de Gabrielle « La maman du bourreau », tiré du roman de David Lelait-Helo qui raconte l’histoire bouleversante de cette femme très catholique qui apprend que son fils, curé, dont elle est si fière, est un pédophile. Ce rôle a failli être pour Line Renaud qui l’a refusé vu le poids du texte et l’obligation de rester une heure et demi seule en scène et a fait aussi l’objet d’un téléfilm interprété par  Marie-Christine Barrault
Ce rôle, il vit avec elle, elle le joue à Paris, en province, elle le lâche puis le reprend. Difficile de s’en séparer. Il lui arrive d’en rêver et il restera l’une de ses plus grandes émotions de sa carrière.
Et une performance qui lui a valu les plus grands éloges du public et de la presse. Même si le métier l’a ignorée aux César.
Le théâtre, pour elle est un feu de l’enfance qui ne s’est jamais éteint, qui la fait vivre, qui lui a sauvé la vie et l’illumine depuis toujours.
On connaît la Clémentine drôle, primesautière, qui appelle un chat un chat. On découvre la femme sensible, attachante, émouvante, vibrante et on l’en aime encore plus

Elodie GOSSUIN : Miss à nu (Ed Leduc – 183 pages)
Une Miss France, qu’est-ce que c’est ? Un belle femme souriante, brushing et sourire impeccables, paillettes et strass ?
Eh bien non, et c’est Elodie Gossuin, Miss France 2001 qui nous le jure avec ce livre où elle dit toute la vérité, rien que la vérité, des plus belles joies aux plus sombres histoires… Elle a décidé de tout dire et elle démarre en force avec un sujet encore tabou : la ménopause, dont elle subit aujourd’hui les effets… Comme toutes les femmes.
A contrario des hommes, le corps de la femme change avec la perte de virginité, les règles, les grossesses, les mises au monde, les rides du temps… Et la ménopause qui démarre avec ses écrits. Mais ne croyez pas que c’est un livre seulement dédié aux femmes car, s’il est vrai que nous ne subissons pas tous ces inconvénients, il est bon de se rappeler que nos amies, nos compagnes vivent tous ces changement avec difficulté.
Même si, avec la volubilité et l’énergie qu’elle possède, elle grossit peut être le trait car, à l’écouter, elle est devenue vieille et moche… A vérifier !
Elle a un style bien à elle pour décrire tout ça avec de longues phases, des suites de mots, d’adjectifs, des énumérations, des jeux de mots… Quelquefois on s’y perd un peu.
Elle nous parle de son avortement à 17 ans, de ce Bob qui lui a bousillé la vie avant et après son élection, du comité Miss France qui l’a black listée durant dix ans, mais aussi de sa famille, son mari ses deux paires de jumeaux et elle en parle avec beaucoup de feu, de flamme d’étincelles, de chaleur, de cendre aussi… Car il est beaucoup question de ce feu intérieur qui l’anime.
Loin de la femme paillettes elle est maman, femme, épouse avant tout, nous parlant du déchirement de voir les enfants quitter le foyer (Les premiers jumeaux ont 18 ans). Mais elle nous parle d’amour avec sincérité, même si quelquefois elle est abrupte. Elle parle de l’UNICEF avec une grande émotion et empathie avec lequel elle a découvert des choses abominables, une détresse infinie, au Cambodge, en Mauritanie, à Djibouti, au Sénégal.
Elle déballe tout avec sincérité et, pour reprendre une chanson de Gréco, nous avoue « Je suis comme je suis »
Elle termine par une lettre d’amour chargée d’émotion à chacun de ses quatre enfants
En fait, on découvre les hauts et les bas, le joies et les drames d’une femme comme toutes les autres car si elle a été Miss, elle reste néanmoins cette femme comme toutes les autres.

Catherine CEYLAC : Intime (Ed Cherche Midi – 249 pages)
Elle est l’une des plus talentueuses mais en même temps l’une des plus discrètes des journalistes et des animatrices radio et télé. Et pourtant…
Et pourtant, voilà qu’elle se dévoile dans une autobiographie à la fois sincère et passionnante.
Et elle démarre fort en nous avouant qu’elle a avorté à 15 ans alors qu’elle était enceinte d’un homme de 27 ans !
Et puis elle devient speakerine de Radio Armorique et de FR3 Rennes d’où elle est native et sa première interview a été catastrophique. Il s’agissait de Georges Brassens qui fut des plus gentils et compréhensifs. Il faut dire qu’alors elle ne connaissait même pas son existence !
Et ce sera « A nous Paris » où elle a la chance de rencontrer Jacqueline Joubert (femme de Georges de Caunes et mère d’Antoine) qui lui propose d’entrer dans l’équipe de « Récré A2 » avec Dorothée.. Puis ce sera Radio Bleue avec Thierry Beccaro avec, là, l’interview du couple Renaud-Barrault… Avec un magnéto qui n’a rien enregistré !
Et la voilà avec Jacques Martin qui, en bon macho qu’il était, l’ignore totalement.
De radios en télés, en 1995 elle décide de proposer une émission matinale le week-end, à l’époque où la télé n’émettait pas ces jours-là. Le projet sera long à être accepté, d’autant que c’est une femme qui le propose !
Cette émission sera intitulée « Thé ou café », on connaît la suite et le succès qui durera 23 ans avec 1752 émissions à la clef où le nec plus ultra de la chanson, du cinéma, du théâtre, de la musique, de la politique, du sport se précipitera pour faire l’émission, avec cette interview « Dos à dos » iconique.
C’est tout cela qu’elle nous raconte avec des rencontres drôles, inattendues, émouvantes, sympathiques, quelques problèmes avec des stars, souvent à cause des attachés de presse quelquefois plus stars que les stars. Tous les journalistes connaissent ça !
Et puis, ses nombreux voyages, son expérience avec la Patrouille de France.
Tout cela avec un succès incroyable jusqu’au jour où, sous prétexte qu’il faut trouver de l’argent pour lancer la série « Un si grand soleil », elle apprend par hasard que l’émission s’arrête… Toute la délicatesse des chaînes dont elle n’est pas la seule victime d’ailleurs.
Aujourd’hui, elle a pris du recul avec cette trahison et du coup, la voici nous offrant cette passionnante bio qui prouve qu’on peut aller très haut jusqu’à ce qu’une poignée de personnes décide de votre vie.
Catherine Ceylac reste malgré tout une femme aussi discrète que populaire et ce livre est une belle leçon d’une femme courageuse, énergique,  qui n’a jamais lâché l’affaire et a mené une carrière passionnante.

Jacques Brachet

La Londe prépare son 17ème festival de jazz

C’est au « Canevas », un très joli et sympathique lieu au bord de l’eau, que toute l’équipe du festival de Jazz de la Londe se retrouvait pour découvrir la programmation que Christophe Dal Sasso, le directeur artistique et fondateur de cet événement – qui fêtera sa 17ème année – nous proposera du 30 juillet au 2 août.
Christophe, qui est aussi un talentueux flûtiste et trompettiste, compositeur et arrangeur, était entouré de nombreux amis musiciens avec qui il collabore, de nombreux bénévoles toujours fidèles au poste, autre fidèle, le maire, François de Cançon, la chanteuse Andréa Caparros, issue du Brésil par sa mère, le trompettiste Nicolas Folmer, la percussionniste Nadia Tighidet, …
C’est en 2009 que le festival a vu le jour et chaque année il marque un pas de plus en recevant de superbes artistes sous le soleil… et dans la nuit, la musique et les vagues faisant bon ménage.

Christophe Dal Dasso & François de Canson

« Cette 17ème édition, – nous confie Christophe Dal Sasso – s’annonce plutôt pas mal. Nous avons dû repousser la programmation plus tard, à cause des élections municipales. Pour être franc, au niveau des budgets ça a été un peu compliqué mais nous avons réussi à équilibrer. Nous attendions que passent les élections, nous n’avons pas changé de maire, il y a deux ans, nous avions dû faire sans quelques subventionnaires qui nous avaient lâchés au dernier moment, cette année nous repartons avec un budget un peu moins élevé que l’an dernier, nous avons dû compresser beaucoup de choses mais dans le prévisionnel nous arrivons à un équilibre très correct. Bien sûr, je ne désespère pas de trouver quelques sponsors avant le festival, vers mai-juin.
Le festival reste gratuit ?
Oui, c’est comme ça depuis 17 ans et il se déroulera sur quatre jours, avec les apéros à 19h avec l’association des vignerons londais, vers 21h30, le concert principal et à partir de 23h15 le jazz club recevra des artistes pour des concerts où se réussissent des musiciens en sessions…

Nicolas Folmer

Les cachets des artistes montent-ils ?
Non… Je les descends plutôt ! Je plaisante. Les cachets restent à peu près les mêmes depuis une dizaine d’années. Nous sommes, de toutes manières, tenus  par le syndicat des musiciens la SNAM. Ce qui a augmenté, ce sont les frais de transport, les frais de logement.
Le logement des artistes est à votre charge ?
Oui, nous avons des partenariats avec l’hôtel « La Calanque » au Lavandou,  des chambres d’hôtes au Château Maravenne de la Londe. Ce qui augmente aussi, c’est la restauration, la décoration pour enjoliver le site…
Vous avez combien de places sur celui-ci ?
En général la mairie installe entre 800 et 1.200 chaises et on accueille à peu près 2.000 personnes par soir, les autres s’installant avec leurs chaises, sur la plage de l’Argentière, c’est une ambiance conviviale qui se crée
Venons-en au nerf de la guerre : la programmation !
Pour les « Apéros-jazzzzz », on donne, comme d’habitude, la place aux musiciens locaux. Cette année ce sera de la musique du monde, de l’afro-jazz, avec Radio Mezcal le 30 juillet, un « Tribute to Nina Simone » le 31 juillet avec Clémence Tournemire Quartet, de l’afrio-bresilo-flamenco avec Georges Caparros Quartet le 1er août, le Suricats septet qui nous offrira du jazz des années 20, le2 août.

Et pour les grands concerts ?
Le premier soir, jeudi 30 juillet à 21h30, je vais jouer avec mon groupe… Ca fait cinq ans que je n’ai pas joué au festival et du coup, j’y viendrai deux fois cette année !Avec la chanteuse portoricaine Shekinah Rodz, nous venons de sortir un CD « Spirit of 3 » que nous jouerons.
Le second soir , le vendredi 31 juillet, nous jouerons avec une formation que nous avons monté avec Nicolas Folmer, avec Andréa Caparros intitulée « Big Sud », et l’orchestre de l’Opéra de Toulon. Nous serons à peu près trente-cinq sur scène. Ce sera une soirée événement intitulée « De Broadway à la French Riviera » un mélange de standards de jazz, avec des chansons en Provençal arrangées dans l’idée de Broadway ! Nous l’avons joué à Bandol et c’est génial !
Le troisième soir, samedi 1er août, nous recevons une formation constituée  par « Abraham Réunin », deux soeurs et un frère, Cynthia, Célia et Zachary, qui viennent du Bénin, et nous offrirons une musique afro-caribéenne, accompagnés par le batteur Arnaud Dolmen, Victoire du jazz 2025
Enfin, le dernier soir, dimanche 2 août, nous recevrons un groupe qui vient de Lyon, les Buttshakers, mené par une chanteuse américaine, Ciara Thompson pour une soirée très soul ».

Mais ce n’est pas tout, puisque, tous les soirs à partir de 23h/23h15, la formation Olivier Lalauze Trio ouvrira le jazz club réunissant musiciens amateurs et professionnels dans un esprit de partage
Le maire, tout nouvellement réélu dans ses fonctions, est on ne peut plus heureux du succès de ce festival et, avec humour, il avoue le reconnaitre au nombre de plaintes qu’il reçoit des habitants alentour : « De dix au départ, aujourd’hui c’est 150 plaintes par festival »… On progresse !!! 
Mais surtout, venez donc vous faire plaisir car ce festival a le mérite d’exister. »
C’est ce qu’on fera !

Et après un apéro, nous avons eu droit à un beau spectacle où chacun des artistes présents est venu à son tour nous offrir un grand moment de plaisir, en solo, trio et avec l’orchestre de Christophe Dal Sasso.
Bel avant-goût de ce qui nous attend durant le festival.

Jacques Brachet