Article mis en avant

Nos années « Age Tendre »…

Alice DONA, femme & musique
Hervé VILARD… Capri n’est pas fini
Michel BOUJENAH… Une journée particulière

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BRIANCON
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THEÂTRE en DRACENIE : 04.94.50.59.59 – www.theatresendracenie.com
GAP
LA PASSERELLE : 04.92.52.52.52 – info@theatre-la-passerelle.com
GRASSE
THEÂTRE DE GRASSE : 04.93.40.53.00 – www.theatredegrasse.cominfo@theatredegrasse.com
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ESPACE ALBERT CAMUS : 04.94.23.62.06 – culture@lavalatte83.frwww.lavalette83.fr
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La Palestre : 04 93 46 48 88
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Michel BOUJENAH… Une journée particulière

Michel Boujenah, ce sont des dizaines d’amicales rencontres, toujours chaleureuses car cet homme du Sud a su garder gentillesse et simplicité.
Théâtre, cinéma, télé, il est partout et surtout au festival de Ramatuelle où il a pris les rênes en 2007 après de départ de Jean-Claude Brialy.
Cette année, le directeur artistique a décidé de monter sur ce beau théâtre pour y jouer « Toute la famille que j’aime », une pièce de Sacha Judaszko et Fabrice Donnio, mise en scène par Anne Bouvier, avec à ses côtés Guillaume Bouchède, Anne-Sophie Germanaz et Raphaëline Goupilleau , que je retrouve avec plaisir.
C’était un prétexte pour une nouvelle rencontre qui se fait chez la présidente du festival, Jacqueline Franjou, mon amie et complice depuis le premier festival.
Un repas fort sympathique réunissant les artistes et quelques sponsors fidèles du festival.
A l’ombre de la tonnelle, depuis le temps ce n’est plus une interview mais une amicale conversation qui fait dire à Michel qu’il me confie des choses qu’il ne confierait pas à tout  le monde, ce qui me fait un immense plaisir.
Un invité s’immisce durant notre entretien : Raphaël Mezrahi qui a tant fait rire, pleurer s’énerve des artistes par ses interviewes surréalistes  et qui est là pour avoir signé la veille son livre « La bande à dessiner » une BD tout aussi surréaliste… sans dessins avec uniquement des bulles à illustrer  soi-même ! Fallait y penser ! Mais quel homme adorable, simple, gentil et drôle !
C’et lui qui, à la place de Michel (Of course !) présentera la pièce en compagnie de Jacqueline. Un présentation comme il sait faire, avec humour et grincement de dents !

Alors, monsieur le directeur artistique, comment se passe ce festival ?
Pour l’instant bien. On a l’impression de quelque chose de fort dans la mesure où les gens sont vraiment contents de venir au festival alors que cette année on ressent une ambiance particulière, je ne sais expliquer pourquoi, mais le sentiment que j’ai, c’est que le festival est plus important que d’habitude pour les gens comme pour nous. J’ai la sensation d’un vrai soulagement de venir au  spectacle, comme si on avait besoin de rêver, de voir le monde différent que ce qu’on nous propose.
Les incendies n’ont pas touché ce coin ?
No, mais on vit dans cette espèce d’atmosphère anxiogène incroyable. On a vu des images abominables, tellement fortes, une atmosphère de fin du monde. Ça m’a beaucoup sensibilisé et j’en parle tous les soirs. On a vécu des trucs de fou et ça fait peur. Dans ce contexte-là, le festival est très importan. Durant la guerre de 40 on avait proposé à Churchill de réduire le budget de la culture et Churchill a répondu : « On va le doubler ». Je pense que dans ces moments-là, l’art dans son ensemble a un rôle à jouer. Bien sûr, les artistes ne vont pas changer le monde mais ils ont montré. Ce sont les peuples qui changent le monde.
Et surtout les femmes.
C’est-à dire ?
Je pense intimement que si les femmes étaient au pouvoir, beaucoup de choses changeraient. En général elles sont plus fortes que les hommes, à condition qu’elles ne veuillent pas ressembler aux hommes. J’aime les femmes qui restent des femmes. De toutes façons, j’ai toujours adoré travailler avec elles. Et ce n’est pas de l’ordre de l’amour ou du sexe, je n’ai jamais eu d’histoires avec les femmes avec qui j’ai travaillé. Ce sont toujours des partenaires de travail extraordinaires.
Donc avec tout ça on a besoin d’un tel festival !
Il joue son rôle, je suis contre l’idée du fait que c’est un divertissement. Divertir, c’est détourner l’attention des gens comme s’ils allaient oublier le monde, l’art c’est de montrer le monde autrement, il nous aide à le supporter et à le voir autrement.

Comment est-ce que tu constitues ton programme ?
Comme je peux !
Cette année, c’était un peu compliqué parce que j’étais sur scène. Mais c’est un mélange des spectacles qui ont lieu à Paris ou ailleurs et surtout qui sont libres car on est tributaire de ceux qui sont en tournée, ou parce que les artistes arrêtent ou sont sur un autre projet. Et on a surtout besoin d’un éclectisme indispensable. J’essaie d’avoir à la fois quelque chose de qualité, d’exigeant, d’élégant et de populaire à la fois. C’est ce mélange qu’il est difficile à faire. Ce n’est pas un festival élitiste, je n’ai rien contre ça, mais on essaie d’amener aux gens quelque chose qu’ils ne peuvent pas voir ailleurs, qu’ils soient régionaux ou vacanciers. Ramatuelle n’est pas Saint-Tropez. Donc c’est compliqué car ça reste du spectacle vivant.
Alors théâtre, cinéma, télé, tu es partout depuis quelque temps. Comment arrives-tu à tout faire et qu’est-ce qui fait courir Michel ?
(Il rit) Je n’y arrive pas !. C’est pour ça qu’après le festival j’arrête tout.
Mais tu vas bientôt tourner ?
Oui, c’est vrai mais à peine car c’est un film où nous sommes nombreux, qui va tourner sur un an, un an et demi, avec des arrêts fréquents. Je vais surtout prendre le temps d’écrire un scénario. Ce sera mon quatrième film en tant que réalisateur mais comme tu le sais, je suis très lent. C’est un film auquel je pense depuis très longtemps et c’est grâce à mon fils que je vais le faire. Je lui ai raconté cette histoire que j’ai dans les tiroirs depuis longtemps. Il m’a dit : « C’est ça que tu dois faire ».

Tu nous en dis plus ?
C’est un film comme si je voulais parler à la jeunesse et notamment à mon fils et à ma fille pour leur donner le courage de ne jamais abandonner ses rêves. On peut toujours s’en sortir même en partant de loin. C’est le plus beau cadeau que je puisse faire, d’abord à mes enfants mais aussi à cette génération car je vois tellement de désespoir autour de moi !
Pourquoi as-tu attendu si longtemps à te remettre sur ce scénario ?
Parce que je ne peux pas m’arrêter de jouer sur scène. Mon territoire c’est la scène même si j’adore tourner. Le cinéma est le contraire de la solitude. Ça permet de voir ce que tu as dans la tête, amélioré par les acteurs. Travailler avec des acteurs c’est magnifique car les acteurs ne sont pas des robots. Trop de metteurs en scène sont des tortionnaires avec les acteurs. On doit collaborer avec eux.
Tu dis souvent que tu es un type lent !
Parce que je suis lent et je ne sais pas pourquoi ! Mais je vieillis aussi lentement ! Ma mère m’a légué un capital génétique incroyable. Elle est parie au Paradis à 99 ans et neuf mois et deux jours avant sa mort elle était nickel-chrome ! J’espère vivre la même chose. J’ai 74 ans et les gens me considèrent toujours comme un enfant ! Je les laisse faire  même s’ils croient qu’ils ont un pouvoir sur moi. Ca les rassure. Je n’ai pas d’ego mais je n’ai plus d’angoisse sur le regard des autres.

Donc, pas de projets pour l’instant à par ce film ?
J’ai plein de propositions pour le théâtre depuis que j’ai joué « L’avare » Les gens se sont dits « Il est balèze » ! Comme si le fait de faire des one man shows était facile. Mais « L’avare » a changé les choses. J’en suis ravi car j’adore Molière. C’est un auteur profond qui avait compris l’importance des femmes.
Tu en rejoueras ?
Ah oui, ça c’est sûr mais c’est compliqué. Il faut trouver le temps et ce sera encore avec Daniel Benoin. On s’entend très bien, j’ai fait pas mal de choses avec lui. Ce Molière était l’aboutissement d’une vraie collaboration.
Mais en dehors du fait d’écrire quelques heures par jour, je vais prendre le temps d’aller au théâtre, à la pêche avec mon bateau, de jouer aux cartes comme un dilettante que je suis.
Un dilettante qui en fait, travaille beaucoup !
Je suis un obsédé du boulot mais je fais ça pour ne pas qu’on découvre qu’en fait je n’ai pas envie. J’ai profondément honte d’être un fainéant, que je travaille beaucoup ! C’est pour me masquer, je me déguise ! Mais c’est tellement bien la fainéantise !
Alors, revenons donc à cette pièce…
C’est une pièce très drôle qui aborde un sujet grave : l’héritage. Ça m’a fait du bien de jouer cette pièce, d’abord parce que je joue avec des partenaires incroyables… Moi, à côté, je suis un petit comédien de campagne ! Ils sont impressionnants et je me sens handicapé à côté d’eux. On s’amuse beaucoup. Les deux auteurs ont beaucoup de talent. Ils ont l’art du quiproquo, de la phrase qui fait mouche, et ça marche du feu de Dieu. C’est un sujet violent : faire passer son père pour un fou afin de le déshériter avant qu’il ne le fasse lui-même.
Ce qui m’a épaté c’est qu’un avocat m’a dit que ce genre de situation se passait sur 60% des successions ! »

Et si c’est souvent un drame, ici ça devient une comédie désopilante ou les quiproquos, les jeux de mots, les coups de théâtre, les situations se succèdent à un rythme endiablé grâce à un texte percutant et quatre comédiens extraordinaires qui se renvoient la balle, non sans quelques fous-rires contenus et qui qui rend le public hilare. Quant à la tradition des coussins qui s’envolent, elle a été bien entretenue !
Quelle merveilleuse soirée nous avons passé.
Et quelle belle journée, grâce à l’accueil de Jacqueline Franjou et la gentillesse de l’ami Michel avec qui on a pu s’entretenir plus d’une heure.
Merci à eux.
Photos Cécile Giol & Jacques Brachet

Jazz à la Londe :
Un concert franco-américano-provençal !

C’est dans la pinède de l’Argentière à la Londe, les pieds dans l’eau, que le festival « Jazz à la Londe » fêtait sa dix-septième année.
Chaleur intense, heureusement la brise marine nous apportait un peu de fraîcheur sous un ciel menaçant.
Le camp de base regroupe les artistes, l’équipe  du festival et les bénévoles, les journalistes et les photographes, sous le regard du directeur artiste et fondateur du festival, néanmoins flûtiste et trompettiste émérite, Christophe del Sasso.
On y rencontre les musiciens de l’Opéra de Toulon, ceux du Big Band « Big Sud » créé par Christophe et Nicolas Folmer, trompettiste, auteur, compositeur et chanteur, tout cela dans une ambiance cordiale que l’on trouve aujourd’hui rarement dans les festivals ou tout le monde fait la gueule ou a des difficultés à porter leur melon !
Ici tout le monde rigole, parle ensemble autour d’un tiramisu « de ouf » comme disent les jeunes.

Nicolas Folmer
Christophe del Sasso
Andréa Caparros

Côté scène ça répète. Côté coulisses ça se retrouve en trinquant avec les vins de Provence.
On croise Andréa Caparros et Nicolas Folmer, buvant un verre entre amis et avec la famille. Seul Christophe se démène pour régler tous les problèmes.
Ambiance familiale et amicale donc où l’on vientde temps en temps nous demander si tout va bien… Et comment en serait-il autrement ?
Le temps de faire quelques photos, de discuter avec les uns et les autres, l’heure est à la préparation et les artistes partent se préparer.
Les partitions sont installées sur les pupitres, les musiciens, tout vêtus de noir, s’installent, seul Christophe arrive avec un polo vert !
Tout pourrait aller le mieux du monde quand un contretemps voit s’éparpiller les spectateurs comme une volée de moineaux pour aller s’abriter d’une averse impromptue.
Le concert est-il compromis ? Dans l’attente, on se retrouve au catering pour boire un verre.

Mais l’averse n’aura pas duré longtemps et, le temps de sécher les partitions, les artistes reprennent leur place et Christophe revient frapper les trois coups,  présenter les deux orchestres et le concert peut alors débuter sous la pinède où les immenses pins se colorent de rouge et de bleu, créant un décor inattendu et féerique.
Auparavant, un peu plus loin, des spectateurs avaient pu se régaler d’un « apéro jazz », assis dans l’herbe, sirotant un verre de vin blanc.
Revenons au concert. Un concert inhabituel puisque trente-cinq musiciens se mêlent dans une musique classico-jazzy, mélange des musiques venues de Broadway et… de Provence puisque nos amis ont revu et corrigé nos chants traditionnels comme « Le Coupo Sante » couleur jazzy mais en provençal ! Nicolas et Christophe ont écrits des musique qui sonnent aussi bien dans les trois langues, le français, l’anglais, le provençal. Nicols nous charme même avec ses propres compositions qu’il a créée dans le petit village des Alpes Maritimes, Guillaumes à qui il rend hommage à son château chanté par Andréa Caparros, belle sirène venue du Brésil toute de strass vêtue, à la voix ensorcelante, sous le regard de José son guitariste de père qui joue dans le Big Sud.

Ce métissage est une belle réussite et cette soirée restera un grand moment musical de ce sympathique festival fait de passion, d’amitié, de rencontres inattendues. Nougaro chantait « Le jazz et la Java », nos amis chantent « Le jazz et la Provence ».
A noter encore le talent multiple de Nicolas Folmer qui, auteur-compositeur doué, les chante avec une voix et une rythmique incroyablement ressemblantes à celles de Michel Legrand dont il est un fervent admirateur.
Et ce duo fort émouvant, le traditionnel provençal « Se canto » qu’ont interprété en provençal Andréa et la trompettiste Shekina Rodz qui a également une voix d’ange.
On se souvient de cet hommage qu’il nous avait offert l’an dernier à la Villa Simone de Six-Fours.
Malgré l’averse qui a failli tout gâcher, ce fut une éblouissante soirée sous les pins de l’Argentière.

Jacques Brachet

Hervé VILARD… Capri n’est jamais fini !

Ceux d’entre nous qui, dans les années 60 mythiques avaient entre 17 et 20 ans… Ont aujourd’hui 80 ans. Du moins pour ceux qui ont tenu le coup jusque-là car, durant ces décennies, beaucoup nous ont hélas quittés. Ceux qui restent – comme moi – ont résisté mais nous sommes de moins en moins.
Et c’est pour cela qu’il ne faut pas les oublier.
Né comme moi en 46, comme Alice Dona, Hervé est donc toujours là et c’est avec joie et quelque nostalgie que l’aime rappeler à quel point ils ont compté pour moi et pour la Chanson Française. Il ne faut pas les oublier
J’ai connu quatre de ces chanteurs en même temps : Hervé, Christophe, Michèle Torr qui partageaient le même spectacle et une certaine Nicole, alors habilleuse d’Hervé et qui devait devenir Nicoletta. Avec qui j’ai gardé des liens indéfectibles.

Première tournée
Retrouvailles avec Hervé et Nico
Tournée « Age Tendre »

Hervé a une carrière incroyable et belle dont il peut être fier car, comme quelques artistes de cette époque, il n’a jamais arrêté de chanter, en France et à l’étranger où il a toujours été très demandé. Et ce n’est pas parce qu’on ne voit plus ces artistes sur le petit écran qu’ils n’existent plus… la preuve !
Hervé, lui, a continué son bonhomme de chemin avec, en plus de ses concerts, de ses disques, l’écriture qui a toujours fait partie de sa vie mais qui, de plus l’a remis sur le devant de la scène grâce à son autobiographie qui a fait un carton.
Il est loin aujourd’hui, heureusement, le petit garçon malheureux de la DDASS, qui nous émouvait avec son premier succès « Capri, c’est fini » et qui nous a fait monter les larmes en nous racontant admirablement son enfance dans son autobiographie « L’âme seule » (Ed Fayard). L’homme est beau, souriant, chaleureux, heureux de vivre et de chanter. Il a quelquefois des humeurs de diva mais il a toujours été très près de son public… Et de la presse, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui avec les nouvelles générations.
Nous avons toujours gardé des relations amicales durant ces décennies, jusqu’au jour où il a décidé d’arrêter de chanter pour ne pas devenir un vieux chanteur pathétique.
Mais remontons le fil du temps.

Sur le Charles de Gaulle avec Charden
Avec mon parrain JP Foucaut, à Monte Carlo

Nous sommes en 2006 à la Fête du livre de Toulon.
« J’en suis à mon vingtième concert de l’été, j’en ai encore une dizaine et j’en ai déjà 30 pour cet hiver… Que demander de plus ?
Je suis toujours heureux de retrouver mon public. Je dirais plutôt « le » public car il y a plusieurs générations aujourd’hui, il y a ceux qui prennent le train en marche, le monde bouge et je suis comme un papillon. Je suis content de chanter en place publique devant ce rapprochement familial et de voir ce qui s’en dégage d’humain…
Aujourd’hui il y a un autre public qui découvre l’écrivain !
Ecrivain est un grand mot… Il se trouve que j’ai fait un livre qui s’est vendu à 200.000 exemplaires, qui a été salué par la critique et, qui plus, a été donné comme sujet de bac à Montpellier…C’est magnifique, non ?»
Recordman des ventes sur cette fête du livre, s’il y avait un stand où l’on ne pouvait plus bouger c’est bien sûr celui de la librairie où s’était installé Hervé Vilard.
40 ans d’amour avec un public indéfectible qui n’a pas cessé d’affluer durant deux jours et de patienter car Hervé est attentif à tous, a un mot gentil, un sourire, une bise pour chacun, quand ce n’est pas la photo qu’on veut prendre avec lui.
Il est d’une patience angélique et ne se donne le temps que d’aller fumer une cigarette (son vice !) pour revenir signer à tour de bras.
D’autant que « L’âme seule « , son premier livre de souvenirs, a été autant signé que son second dont le titre est  » Le bal des papillons  » (Ed Fayard). C’est dire la fidélité de son public.
Il prendra aussi un moment, qu’il me consacrera comme toujours, en souvenir de tous les galas, de toutes les tournées, de nombreux beaux moments que nous avons passé ensemble sur les routes.
« Ce virus de l’écriture, tu sais, il y a longtemps que je l’ai puisque, si j’ai pu écrire ce livre, c’est grâce à tous ces cahiers que je n’ai jamais cessé de remplir depuis mon plus jeune âge. Et ça m’a bien servi pour remettre les événements dans leur contexte et avec les dates certifiées ! Mais j’ai mis du temps à sauter le pas en me posant beaucoup de questions.

Lesquelles ?
D’abord, il me fallait les années, la maturité car écrire sa vie c’est quelque chose de très singulier, des livres de chanteurs, il y en a des tonnes et tous ne sont souvent qu’anecdotiques avec quelques photos souvenirs au milieu.
Tant qu’à faire quelque chose, je voulais que ce soit parfait et je ne voulais pas « que » raconter ma vie. Je voulais qu’il y ait du ressenti, qu’à la limite, ceux qui ne connaissent pas Hervé Vilard puissent le lire comme un roman. Bien sûr, c’est ma propre histoire mais encore faut-il en faire quelque chose de bien, que ce ne soit pas écrit dans la douleur, que ce ne soit pas larmoyant.
Il fallait donc un temps d’assimilation et puis d’écriture, de réécriture car je suis perfectionniste… il y a quelques métaphores dont je suis content !
Heureux, donc ?
J’avoue que j’ai adoré ça.
A tel point que je suis déjà sur mon troisième ! J’ai déjà écrit quelque 250 pages que je travaille et retravaille dès l’aube, en regardant par la fenêtre. C’est un très bel exercice, un travail sur soi et je prends le recul nécessaire pour écrire et relire mes carnets…
Alors, pourquoi ces carnets ?
C’était pour passer le temps et puis, je pensais sincèrement que cette période serait éphémère, que je n’en ferais pas vraiment un métier parce que le succès était arrivé trop vite. A force, c’est devenu quelque chose d’habituel, de nécessaire. Et je continue aujourd’hui !
Dans ce second volet, il est surtout question de ce succès autour de « Capri c’est fini » et de tes premières tournées… Nicoletta, Michèle Torr, Dalida, tes amies et… Claude François qui en prend un coup !
J’ai voulu montrer les deux côtés de ce métier. Faire un parallèle, par exemple, entre Claude et Dalida, liés par les mêmes déracinements, les mêmes problèmes, heurs et malheurs mais dont le comportement était diamétralement opposé. Entre l’idole inhumaine et la femme de cœur. Entre la revanche et la passion du métier et au milieu, le public que l’un bafouait et l’autre adorait. Dalida était une personne humaine, sensible, qui s’intéressait aux gens, qui donnait une chance aux chanteurs comme moi, Mike Brant, Jean-Luc Lahaye qu’il a hébergés aux temps difficiles. Claude avait un côté inhumain, il traitait  les gens avec qui il travaillait comme des esclaves, il ne supportait pas le succès d’autres chanteurs qu’il voyait toujours comme des ennemis. En fait, il ne pensait qu’à lui. Pour Nicoletta et Michèle, c’est la jeunesse qui nous a réunis et puis la tendresse qu’on se porte toujours.

Tant qu’il aura du linge aux fenêtres, je chanterai pour ces gens et je serai fier d’être populaire.
Il faut se dire qu’on est des élus et qu’on fait le plus beau métier du monde.
Pour toi, qu’est-ce que ça représente, ce livre ?
C’est un objet. Un bel, un magnifique objet. Lorsqu’on le prend, il n’y a plus de barrière entre l’auteur et le lecteur.
Mais tout ce que je te dis, c’est de la littérature. Pour moi, l’important est qu’on soit fier de moi et c’est pour ça que pour moi, remplir un Zénith ne veut rien dire. Ça ne m’intéresse pas. Je ne critique pas ceux qui le font, je n’ai pas à juger mais je préfère faire envie que pitié.
Le petit chanteur populaire a quand même chanté Brecht, Duras, Genet…
Oui et il faut être gonflé pour faire ça, non ? Et pourtant, quoi de plus naturel que de rendre ces gens magnifiques populaires ? De continuer à les faire vivre, à faire vivre leur œuvre ? Ils sont immortels.
Avec ces auteurs, j’ai l’impression d’être allé au bout de mes convictions.
Quel plus beau cadeau que de savoir que mon premier livre devient un sujet du bac, et surtout, qui aurait pu le prévoir ?
Après ça, on peut dire n’importe quoi. Je suis à la fois bouleversé et heureux et je tâche d’être à la hauteur d’un tel honneur.
J’ai des attitudes d’hommes mais je rêve encore comme un enfant « .
50 ans après, comment vois-tu ton métier ?
Comme on le voit tous. Sans humanité. La passion, l’amour du métier ont laissé la place au marketing. On lance une chanson, un artiste, on l’appelle d’ailleurs « produit », ce qui est significatif… Et après, il ne reste plus grand chose.
Les jeunes d’aujourd’hui, pour certains du moins, ont le même désir, les mêmes espoirs que j’avais. Mais moi je me sentais épaulé, j’avais autour de moi des gens qui me considéraient, qui m’aimaient, qui m’aidaient. Alors qu’aujourd’hui on les lâche dès que ça marche moins.
On vit une époque où tout est cloisonné. A la nôtre il n’y avait pas cette ségrégation !
Je me souviens d’une rencontre avec Brassens qui me chantait  «Capri» avec joie, de Brel lorsque j’ai chanté en première partie de son spectacle, qui était là avec son corps, ses yeux… Nous étions à Rio, il y avait 40.000 personnes et je chantais pour Brel. Il m’écoutait avec sa force, sa vérité. Ferré qui était un ange avec Nicoletta… Pour ceux-là, j’essaierai de m’appliquer toute ma vie
Mais aujourd’hui, tout ça est en moi, avec moi et lorsque je fais mon 13ème Olympia au mois de mai, il y a toutes ces mères qui me portent et pour certaines… je pourrais être leur père !
Et puis je pars à Toronto, Chicago, New- York… Et j’ai cinq Carnegie Hall à mon actif !… Pas mal non, après tout ce qu’on a pu dire sur moi !… Tant qu’il y aura du linge aux fenêtres, je chanterai pour ces gens et je serai fier d’être populaire.
Il faut se dire qu’on est des élus et qu’on fait le plus beau métier du monde.
Pour toi, qu’est-ce que ça représente, ce livre ?
C’est un objet. Un bel, un magnifique objet. Lorsqu’on le prend, il n’y a plus de barrière entre l’auteur et le lecteur.
Mais tout ce que je te dis, c’est de la littérature. Pour moi, l’important est qu’on soit fier de moi et c’est pour ça que pour moi, remplir un Zénith ne veut rien dire. Ça ne m’intéresse pas. Je ne critique pas ceux qui le font, je n’ai pas à juger mais je préfère faire envie que pitié.
Le petit chanteur populaire a quand même chanté Brecht, Duras, Genet…
Oui et il faut être gonflé pour faire ça, non ? Et pourtant, quoi de plus naturel que de rendre ces gens magnifiques populaires ? De continuer à les faire vivre, à faire vivre leur œuvre ? Ils sont immortels.
Avec ces auteurs, j’ai l’impression d’être allé au bout de mes convictions.
Quel plus beau cadeau que de savoir que mon premier livre devient un sujet du bac, et surtout, qui aurait pu le prévoir ?
Après ça, on peut dire n’importe quoi. Je suis à la fois bouleversé et heureux et je tâche d’être à la hauteur d’un tel honneur.
J’ai des attitudes d’hommes mais je rêve encore comme un enfant « .

Nous nous sommes donc retrouvés comme il y a cinquante ans, sur ces tournées «Age Tendre», avec Michèle et un ami de toujours, Didier Claudon qui, fan des deux artistes, est devenu au fil des années leur ami, comme il est le mien depuis tout ce temps.
Depuis quelque tempi Hervé s’est retiré du métier après un ultime Olympia d’adieu.
J’espère qu’il coule des jours sinon heureux, du moins sereins, même si pour lui, aujourd’hui, Capri c’est fini.
Mais est-ce vraiment fini ?

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier & Jacques Brachet

Alice DONA… Femme & musique

Alice et moi est une grande histoire d’amitié.
Nés la même année en 1946 (Eh oui, ce n’est pas hier !) nous avons débuté presque ensemble, elle dans la chanson, moi dans le journalisme. Et comme en ce temps « jadis », on abordait sans problème ces artistes naissants dits « yéyé », on s’est très vite retrouvés sur le chemin des tournées et on a gardé des liens et des souvenirs à la pelle.
J’avais envie de parler d’elle et de nos rencontres si nombreuses et si amicales, en vous racontant son histoire et peut-être aussi de ne pas oublier tous ces beaux souvenirs.

A Toulon avec la sœur
de Gilbert Bécaud

Il était une fois une petite jeune fille nommée Alice Donadel. Le père ayant une station d’essence à Taverny, tout en chantant, Alice servait donc l’essence aux passants. Puis elle partit sur Paris où elle rencontra celle qui allait devenir son amie : Mireille, qui dirigeait alors le Petit Conservatoire de la chanson où débuta notre jeune chanteuse qui, en cette époque dite “yéyé” enregistra très vite quelques sympathiques succès : “Demain j’ai 17 ans”, “Mon petit train de banlieue”, “C’est pas prudent”, “Les garçons”, “Il suffit d’un rien pour être heureux”…. Et elle était heureuse de ce succès Mais elle se lassa très vite de chanter du twist…
“Au départ – me confiait-elle lors d’une de nos nombreuses rencontres – j’étais ce qu’on appelait une “ACI”, c’est-à-dire auteur-compositeur-interprète, ce qui était alors très rare chez les chanteurs encore plus chez les chanteuses, dans ces années où l’on se contentait de traduire les succès anglo-saxons.
Après… je n’ai plus été qu’interprète et compositeur…
Après… je n’ai plus rien été du tout…
Après… je suis redevenue compositeur…
Après… je suis aussi redevenue interprète…
Après… je suis devenue la mère de Raphie, la coach de la Star Academy !!!
Après… je suis devenue la femme de Laurent Boyer !
Voilà comment je pourrais résumer ma carrière !”
Grand éclat de rire d’Alice, devenue Dona entre temps, qui aujourd’hui, laisse le soin à des professionnels d’écrire les textes de ses chansons :
“Je ne m’en sens plus capable ou alors j’écris des chansons interminables et je ne m’en sors plus. Je fais donc confiance à d’autres” Elle a donc été, durant très peu d’années, “la collégienne de la chanson” avant de se rendre compte qu’elle n’était pas faite pour ce genre de musique. Son mariage et l’arrivée de sa fille (La fameuse “Raphie” si contestée !), lui ont en quelque sorte donné un alibi pour arrêter ce qu’elle n’était pas satisfaite.

Explications :
“J’ai totalement arrêté la scène durant dix ans. Et j’ai totalement arrêté le métier durant trois ans car après, je me suis remise à composer, au départ, sans but précis puis en ayant de plus en plus envie d’écrire pour les autres. L’envie de chanter m’était passée. Pour que j’évolue, il fallait une cassure car j’avais cette foutue étiquette de “chanteuse yéyé” qui me collait à la peau. C’était infernal !
Au départ ça a été très dur d’aller taper à la porte des éditeurs ou des artistes car dans le métier j’étais une OVNI. Etre une femme et en même temps une vieille chanteuse yéyé… C’était rédhibitoire !”
Et il y a eu la première rencontre décisive : Claude François !
Effectivement, il y a eu la rencontre avec Claude François !
D’abord la rencontre avec Pierre Delanoë qui a écrit des paroles sur une de mes musiques de ce qui allait devenir “C’est de l’eau, c’est du vent”, dont Claude a fait un succès. Et du coup, Pierre m’a fait une réputation de compositeur “musclé… Il disait à qui voulait l’entendre : “Dona, elle écrit comme un mec !”. Alors, à force, les portes ont commencé à s’ouvrir : Vartan, Carlos, Vilard, Sheila, Mathieu, Dassin, Macias, Régine, Croisille… Tu sais, c’est très agréable lorsqu’on vient frapper à ta porte !
Mais c’est vrai que ma rencontre avec Claude a été importante, car cette chanson a été mon premier succès et puis, alors que j’étais dans ce fatal appartement du Boulevard Exelmans, en train de lui chanter ma chanson, je me souvenais que, trois ans auparavant, je criais à m’époumoner “CloClo” au poulailler de l’Olympia…
Et là, il allait me chanter !
Et puis je lui ai écrit d’autres chansons et il est devenu mon ami. Nous avons souvent travaillé ensemble et, comme je suis restée bon public, je m’émerveillais toujours autant de me retrouver avec lui… même si, quelque part, il était descendu de son socle d’idole. Mais il a toujours été formidable avec moi…”

Mais finalement, Claude, Hervé, Sylvie, Sheila et les autres… ça faisait toujours parti des yéyés !
Et c’est ce qui m’ennuyait un peu, même si j’étais ravie d’écrire pour tous ces artistes mais j’avais quand même en moi des goûts assez traditionnels, très “chanson française” et j’avais envie d’écrire des chansons moins “mode”, plus intemporelles. J’ai toujours eu une grande adoration pour Gilbert Bécaud et je rêvais d’être le Bécaud féminin… rien que ça ! Il y a plein de ses chansons que j’aurais voulu écrire. C’est d’ailleurs pour ça qu’un jour je les ai chantées…
Bécaud, je le considère un peu comme mon parrain… Et lorsque je le rencontrerai, ça marquera ma vie d’artiste….
Mais avant ça, il y a la rencontre avec Serge Lama…
J’avoue donc que je stagnais un peu avant que je rencontre Serge Lama. Et pourtant, avec lui ça n’aurait pu jamais se faire. Je le considérais comme un chanteur “Rive gauche” alors que je ne le connaissais pas… et n’avais pas envie de le connaître.
Mais voilà qu’une de mes chansons “Un jardin sur la terre” est sélectionnée pour représenter la France à l’Eurovision et mon équipe m’annonce que ce sera Serge Lama qui défendra la chanson et qu’il serait bien que j’aille le voir sur scène.
C’est donc contrainte et forcée que je vais le voir à la Villa d’Este et là, je l’avoue, ça a été le coup de foudre en quelques minutes. J’étais au premier rang, il chantait “D’aventure en aventure” et il a dû voir la tête que je faisais car il est parti d’un grand éclat de rire en pleine chanson ! C’est ainsi que je suis devenue à la fois inconditionnelle et amie avec Serge.
Et c’est grâce à lui que tu vas rencontrer un autre Serge : Reggiani.
Reggiani… Je n’arrivais pas à imaginer !
Merveilleuse rencontre… Figure-toi qu’il était une de mes idoles. C’était un comédien hors pair qui, à mon sens, n’a pas eu la carrière qu’il aurait dû avoir. Lorsqu’il s’est mis à chanter j’ai aussitôt essayé d’entrer en contact avec lui mais, aux yeux de son entourage, la petite chanteuse yéyé n’avait aucune chance… Jusqu’au jour où, après quelques succès avec Lama, ce même entourage est venu frapper à ma porte ! Comme j’aime crever les abcès, je leur ai rappelé mes tentatives… dont bien sûr, ils ne se souvenaient pas… Et c’est ainsi que j’ai pu enfin rencontrer mon deuxième Serge et que ça a superbement collé entre nous. C’était un gros nounours très attendrissant et je crois que je n’ai jamais rencontré une telle osmose entre un chanteur et un comédien…”

Et puis, retour à la scène !
Ça, c’est encore la faute à Lama !
Un jour il m’annonce : “On va faire un disque…
-Tu veux que je chante avec toi ?
– Oui… accessoirement mais surtout, tu vas faire un album !”
Je n’y croyais absolument pas mais il a fini par me convaincre en ressortant des maquettes non abouties, dont personne ne voulait et il m’a dit : “Ce sont des chansons pour toi !”
Pourquoi pas au fond… Ça me faisait plaisir de revenir dans des studios, sans plus et surtout sans autre idée que de refaire un disque. C’est ainsi qu’on a fait le 33T nommé “L’antistar”, le titre étant donné par ce fameux duo et qui alors représentait bien ce que je faisais : “Moi j’adore être derrière celui qui est devant”. Coup de bol, ça a marché…
Et du coup, retour sur scène !
Toujours la faute à Lama ! J’allais souvent le retrouver en tournée et quelquefois, il disait au public que j’étais là et je montais sur scène faire “l’antistar”… Jusqu’au jour où il m’a annoncé que je ferais la première partie de ses spectacles…
Et c’est comme ça que tout a recommencé !
Il y a eu plein d’autres rencontres….
Oui, bien sûr, comme Maurice Genevoix pour qui j’ai fait une chanson d’après un de ses poèmes “La rouquine… Brassens, si charmeur, si simple, aimant tant tous les styles de chansons et qui a accepté de chanter avec moi dans un show Carpentier ma « Chanson hypercalorique», Dalida, grâce à qui “Je suis malade” est devenu un énorme tube, et par elle et par Serge… Ces gens qui me rendent heureuse d’avoir fait ce métier. Rien que pour ces rencontres, ça aura valu le coup que je fasse ce que j’ai fait…
Tu aimes les artistes…
J’aime les rencontres, j’aime écrire pour les beaux et vrais artistes et pour cela, j’aime entrer dans leur vie et qu’ils entrent dans la mienne. J’ai besoin de connaître, d’échanger, je ne suis pas un compositeur à la mode, je ne peux pas écrire sur commande. J’écris des chansons pour qu’elles durent, qu’elles ne datent pas. La chanson, ça n’est pas toujours fait pour vous faire réfléchir mais aussi pour faire rêver, oublier les soucis quotidiens.
La chanson, on la chante en se levant, en se rasant, en allant au boulot. La vie est assez grise pour y mettre un peu de rose et je préfère considérer la bouteille comme à moitié pleine plutôt qu’à moitié vide !»

Avec Claude Lemesle & Jean-Claude Petit
Avec Catherine Lara sur les tournées « Age Tendre »

La petite fille de Taverny n’a pas oublié qu’elle a fait un peu ce métier grâce à Gilbert Bécaud.
En 2003, c’est la Ville de Toulon qui l’appelle pour venir lui rendre hommage. Elle a déjà dans la tête l’envie de rendre hommage à celui qui a si bien chanté “Les marchés de Provence” et, en attendant le spectacle qu’elle lui consacrera, elle réalise enfin son rêve : faire un disque “Merci Monsieur Bécaud”, regroupant ses chansons préférées du poète-chanteur toulonnais et voilà qu’on lui demande si elle veut bien être la marraine, aux côtés de Mme Lavieille, sœur de Gilbert, de la plaque que l’on va inaugurer sur la maison natale de Gilbert Silly.
Elle dit oui sans hésiter et en ce printemps 2003, la voici à Toulon, devant la maison de son idole, chantant avec Les Coureurs d’Océans, les succès immortels du chanteur, avec la sœur de celui-ci et le maire de Toulon M Falco…
“Ce disque – m’explique-t-elle au cours d’un ultime et charmant repas – est celui que je veux faire depuis le temps où, toute jeune, je déclarais, je te l’ai déjà dit, “Je serai Bécaud un jour” Je ne le suis pas devenue mais le disque est là…
Le choix a-t-il été difficile ?
Oui, bien sûr, j’avais envie de tout chanter car chez Bécaud, il n’y a rien à jeter ! Mais bon, il y avait d’abord les intouchables, tellement marquées de sa personnalité, qu’il n’y avait plus à y revenir. Il y avait celles qu’on ne pouvait pas mettre au féminin. Et enfin, il y avait les incontournable comme – eh oui ! – “Age Tendre et Tête de bois”, “Croquemitoufle”, qui ont bercé mon enfance, “Le mur”, “L’important c’est la rose” et celles pour s’amuser sur scène : “Alors, raconte”, “Les Tantes Jeanne”. Et puis, celle que j’aime par-dessus tout : “L’indifférence”
Cela donne un magnifique disque en hommage à l’homme à la cravate à pois, cravate qu’elle portait sur scène et qu’elle emmenait en tournée.
Elle compose, elle chante, elle joue la comédie et elle écrit. En fait, elle fait tout bien. Et la voici donc à l’écriture… de livres !
Pourquoi, tout à coup cette furieuse envie d’écrire ?
En rigolant, elle me rétorque :
 » Parce que j’étais une frustrée des mots ! J’écris de la musique et je m’y complais mais j’ai peu écrit de textes et de plus, cela ne me suffisait pas.
Quelquefois j’avais envie d’en écrire plus mais dans une chanson, on est vite limité, on ne peut pas développer. Alors, j’ai commencé comme tout le monde, c’était facile et c’était la mode, par une autobiographie  » La vie à l’envers  » (Ed Michel Lafon). Voilà, ça c’était fait. Et puis, j’ai eu envie de rendre hommage à ma petite sœur  trisomique en écrivant  » Cricri  » (Ed Anne Carrière) et je crois que c’est à partir de là que j’ai eu vraiment le pied à l’étrier. De plus, j’avais trouvé en Anne Carrière une éditrice heureuse, fidèle, affectueuse. Nous sommes vraiment sur la même longueur d’onde et elle m’a suggéré d’écrire un roman. Vivre avec ma petite fille de 15 ans m’a donné l’idée de ce premier roman « Mamie a eu 15 ans ». Enfin ce dernier  » Chanteuses ou coiffeuses  » (Ed Anne Carrière), c’est une fille qui avait le même accent que toi qui m’a donné l’idée de parler de cette expérience magnifique que j’ai vécue avec mon école. D’autant que cette question a fait tilt chez moi : Comment peut-on poser une question pareille si l’on a vraiment le feu sacré, l’envie de faire ce métier ?
Moi, très jeune, je ne me suis pas posé la question, j’ai foncé et j’ai toujours su que je ne pourrais pas faire autre chose que de la musique. Sous quelle forme, je ne savais pas mais ce serait la musique ou rien ! « 
Et la maman de  » Raphie de la Star’Ac  » et la compagne de Laurent Boyer a bien fait et ça ne lui a pas trop mal réussi puisque ses chansons, chantées par elle ou par les autres, sont aujourd’hui dans la mémoire collective.

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 » Alors aujourd’hui : Romancière ou chanteuse ?

Les deux mon capitaine, j’aime toujours autant composer et ne peux vivre sans ça, j’aime chanter et je referai disques et scène, j’aime écrire et je vais continuer et si, de temps en temps, on me propose à nouveau une pièce de théâtre, j’y replongerai avec grand plaisir. (Elle a joué en 2006  » Ce soir ou jamais  » avec Chevallier (sans Laspalès !) pièce mise en scène de Francis Perrin).
Depuis, elle a continué en alternant, concerts, écriture de toutes sortes et voilà qu’après des dizaines de rencontres, je la retrouve sur les tournées «Age Tendre» où elle a rencontré ou retrouvé des artistes amis, comme Catherine Lara avec qui elle travaille ou avec Michèle Torr pour qui elle a écrit une superbe chanson : «Diva».
Je la retrouverai aussi à la Seyne sur Mer où je fais partie d’une association qui défend la chanson française. Chaque année on trouve un thème et je propose qu’on rende hommage à Gilbert Bécaud, qui est toulonnais et à Jean Ferrat que j’ai eu la chance de rencontrer en Ardèche où nous sommes presque voisins. Du côté de mon père, je suis ardéchois et j’y ai une maison à quatre kilomètres d’Antraigues où vivait Ferrat. Et pour cela, j’appelle mes amis : Alice Dona pour Bécaud, Isabelle Aubret pour Ferrat et le mari de celle-ci, Gérard Meys, qui fut le producteur de Ferrat. Et pour lier le tout, j’invite Claude Lemesle, qui a écrit des chansons pour et avec Alice et pour Isabelle. Ce fut un week-end de rêve, fait de souvenirs, de nostalgie et de beaucoup de rires. Chacune chanta à son tour, accompagnée par Claude Lemesle et le musicien et compositeur qui a orchestré les deux artistes, Jean-Claude Petit, venu nous rejoindre.
Alice reste l’une de mes plus belles rencontres, on se retrouve toujours avec un grand plaisir et j’attends avec impatience ma prochaine fois où nos routes se croiseront.

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier & Jacques Brachet

Villa Tamaris. Alice, Isabelle, Gérard… Et moi !



Solliès-Pont – Festival du Château
HELENA & Kenji GIRAC… Deux boules d’énergie

C’est vrai que je ne m’attendais pas à ce que j’ai vu et entendu durant ces deux concerts au Festival du Château de Solliès-Pont !
En effet, pour avoir suivi « Star Academy », j’avais découvert une belle jeune femme au regard infiniment bleus, un peu tristes, un peu timides mais avec une voix forte et nuancée à la fois, qui vous donnait les frissons.
Sortie de l’émission, même si elle ne fut que seconde, son destin était là et très vite, les prix, des NRJ Music Awards aux Victoires de la Musique, ont plu sur la chanteuse.
Bien sûr, comme dans tout concours, de la « Star Ac’ » à « The Voice », on fait très vite partir les apprentis en titre en tournée, malgré le peu de chansons à leur actif et de présence sur scène. Certains ne s’en sont pas relevés mais business is business, aujourd’hui le métier exige un rapport qualité-prix immédiat.
Avant… Mais je vous parle d’un temps !… l’artiste passait en lever de rideau puis en vedette dite « anglaise » avec trois chansons, puis en vedette dite « américaine », faisant la première partie d’un artiste confirmé, puis en vedette avant d’atteindre, quelques années plus tard, le récital.

Aujourd’hui, grâce à ces émissions et aux réseaux sociaux, l’artiste est propulsée en star en quelques semaines et c’est la folie. Quelquefois, hélas, épuisés car sans métier bien solide, c’est en trois ans la fin de l’histoire.
Mais bon, ne soyons pas pessimistes et lorsqu’on voit Héléna sur scène, pleine de joie et d’énergie, sans compter une voix sublime, on se dit qu’elle est faite pour durer.
Contrairement à la fille timide de l‘émission, on découvre une femme belle, qui tient la scène avec quatre musiciens d’enfer et huit danseurs qui l’accompagnent.
Elle a un contact immédiat avec un public acquis, en majorité de filles, qui connaissent toutes ses chansons par chœur. Je dois dire que je n’en connaissais que deux ou trois de son répertoire mais toutes ses chansons sont efficaces, que ce soient des mélodies romantiques ou des chansons très énergiques. Les mélodies sont belles, les textes sont intéressants, abordant des sujets d’aujourd’hui et de sa génération… Et ça marche du feu de Dieu !
Le lendemain, autre style, autre ambiance mais un public tout aussi volcanique, pour accueillir Kenji Girac.
Là aussi, je l’avoue humblement, je m’attendais à des espagnolades et pourtant…
Pourtant, déjà il a pour lui un capital sympathie énorme. Il est beau, il est chaleureux et sa voix est superbe.

Il a évidemment plus de métier qu’Héléna et l’on ne compte plus les succès qu’il a accumulés au fil des ans. Depuis sa découverte dans « The Voice » qu’il gagna haut la main, il n’a cessé de nous surprendre avec des tubes plein de punch ou des chansons plus intimistes que reprend en chœur tout le public avec lui.
On sent le plaisir qu’il a à chanter, à communiquer avec son public, sans compter qu’il a un talent fou de guitariste et que sa voix et pleine de chaleur. Un bel orchestre de cinq musiciens l’accompagne, à noter un superbe trompettiste complètement en osmose avec lui.
J’avais peur que toutes les chansons se ressemblent un peu mais elles n’ont en commun que l’énergie d’un chanteur-guitariste accompagné d’un chœur de fans qui ne cessera, d’un bout à l’autre du concert, de chanter avec lui, de crier, de lever les bras, de danser.
Bref, ce fut une véritable fête.
Dommage qu’aujourd’hui tous ses artistes très encadrés refusent toute rencontre, toute interview. La presse régionale, l’entourage ne connait pas ! Certains ne savent même pas qu’on leur a demandé une interview !
Mais les interviewes, c’était une autre époque, ma bonne dame !

Jacques Brachet



Cécile LIMIER… Retour de Martinique
avec l’association « Sport Adapté Santé

Je vous avais parlé du voyage en Martinique que Cécile Limier, enseignante d’arts martiaux et créatrice de l’association « Sport Adapté Santé » à Six-Fours, avait proposé à ses adhérents.
Eh bien, c’est fait, les voilà revenus, un peu déphasés par le décalage horaire mais heureux d’avoir découvert cette île, enchantés par les rencontres qu’ils ont faites, ravis de tout ce que Cécile leur a proposé, même si quelquefois le réveil sonnait à 5 heures du matin !
Ils ont tous résisté. Ils ont tous aimé. Ils ont tous ramené photos et souvenirs en pagaille, reçus par des gens d’une extrême gentillesse.
Avec le comité organisateur, nous avons fait un point sur leurs impressions.

Lise : Au départ de ce voyage, j’étais dans une période familiale assez difficile et lorsque Cécile a parlé de ce voyage, j’ai eu envie d’y participer car ça me permettait de lâcher prise et de connaître un pays que je ne connaissais pas.
Qu’est-ce qui t’as plu ou moins plu dans ce voyage?
(Elle rit) J’avoue que tout m’a plu !  Les paysages qui sont magnifiques, l’ambiance, les gens qui nous ont reçus et ont été très gentils, très sympathiques. J’ai tout aimé, même, à la limite, Fort de France dont on m’avait dit que ce n’était pas très joli. J’adore les bâtiments  et il y en avait de très intéressants que j’ai photographiés.
Avec la chaleur, le décalage horaire, le fait de se lever très tôt, ça n’était pas trop fatigant ?
Non, pas du tout. On dormait bien même, si c’est vrai, on se levait très tôt le matin. On se réveillait tout seul sans problème vers cinq heures du matin. Le jour où nous sommes allés tirer les filets avec  les pêcheurs, nous avons été réveillés à 4 heures sans problème, tout le monde était à l’heure. Je voyage assez souvent et le décalage horaire ne me gêne pas. Je m’adapte sans problème.


Comment as-tu trouvé l’accueil ?
Vraiment magnifique, tout le monde a été très gentil. Nous avons été accueillis de façon extraordinaire et je ne parle pas que des gens des associations qui nous recevaient,
As6tu appris à danser le bèlé ?
(Elle rit !) Oui, j’ai appris à le danser, c’était formidable ! On s’est bien amusé.
OK pour repartir ?
Ah oui ! Cette fois j’organiserai un voyage avec mon mari pour prendre le temps de visiter cette île car elle est magnifique. J’ai vécu une partie de ma jeunesse à Madagascar, à Diego Suarès, ça a fait un peu un retour à cette enfance que j’ai vécue.

Echange de cadeaux
Réception avec les maires

Gwenola : Cécile, depuis très longtemps, avait envie de nous faire connaître le pays de son mari, devenu un peu le sien.
Le but également était de nous mettre en relation avec toute l’équipe qui est l’équivalent de la nôtre, chapeautée par Luddy, de faire des activités avec elle, de sport adapté.
Qu’en as-tu retenu ?
Sur place, tout s’est déroulé comme prévu, nous avons eu un accueil extraordinaire des locaux, des associations qui nous ont superbement reçus, ils nous offraient, toujours avec gentillesse et discrétions, des acras, des fruits, des jus de fruit frais… Nous avons été très gâtés.
Ton meilleur souvenir ?
Nous avons eu un cours de bèlé où nous étions déjà très enthousiastes et au moment où l’équipe est partie, nous avons entendu de  la musique dehors et dans la nuit, nous avons vu arriver un groupe de musiciens avec plein de lumières comme si c’était Noël. C’était un orchestre de rues qui est venu jouer trente minutes sans s’arrêter. C’était l’esprit du carnaval de Rio sans les plumes et c’était extraordinaire.

Tirage des filets avec les pêcheurs… A 5 heures du matin !

Et à côté de ça ?
Nous avons partagé tous les jours,  des séances de sport adapté santé sur la plage, dans des parcs,  des massages au bord de la mer et puis il y a eu la découverte de l’île. L’important était cet échange avec les locaux. Que du plaisir !
Nous avons aussi appris leur danse et c’était très émouvant car dès les premières notes de musique, la voix de la chanteuse nous permettait de percevoir  toute l’histoire et la culture de l’île. Nous avions l’impression d’être dans les plantations. Le bèlé est très enjoué mais avec des paroles, qu’on nous a traduites, très vraies et très sincères.
C’est vrai qu’ils sont très imprégnés par leur histoire. Certaines personnes ont besoin d’en parler.
Les moments importants que tu as retenus ?
Il est vrai que, là où nous étions, ce n’était pas la partie de l’île la plus touristique mais c’était une région très vraie, très sincère, nous étions dans une zone où les plages étaient désertes C’était paradisiaque pour nous, c’était la vraie nature et je vais t’avouer quelque chose : je suis tombée amoureuse… des pélicans !
C’étaient vraiment de belles rencontres, de très beaux partages, une osmose complète
On a tous envie de revoir ces gens.

Cécile : C’est un voyage qui s’est déroulé dans une harmonie et une cohésion de groupe exceptionnelles, avec beaucoup de partage, d’expériences de pratiques, sous le sceau de la convivialité et ce voyage a permis à beaucoup de personnes de bénéficier d’un séjour clefs en main et de permettre à des gens qui ont des problématiques chroniques ou des problèmes financier de pouvoir partir.
Il y a eu beaucoup de dépassement de la part de personnes parce que nous étions auprès d’elles certaines ont pratiqué des activités qu’elles n’auraient jamais faites en temps normal et elles ont eu beaucoup de satisfactions personnelles.

Avec Luddy

Comment organise-t-on un tel voyage ?
C’est un planning qui a été élaboré avec Luddy lorsque j’étais allée sur l’île à Noël, le but étant de la visiter, de voir ses sites un peu remarquables et d’organiser des activités communes avec les gens…
Que tu connaissais déjà ?
Je ne connaissais pas tout le monde mais je les ai connus par le biais de Luddy par exemple, « Le Colibri » l’association qui organise le carnaval à pied.
Au départ je t’avais dit qu’il me semblait que le programme était très chargé !
Et on a tout fait ! Il y a eu une très belle cohésion, une belle harmonie, une belle convivialité et tout le monde a vécu un rêve éveillé. Nous avons eu de très beaux échanges, nous avons été accueillis à bras ouverts. Et maintenant… On les attend  pour leur rendre la pareille à Six-Fours.
Les infrastructures sont tout de même différentes, tout comme les avantages que vous ont apporté les sponsors !
On va réfléchir à leur venue, je n’ai pas d’inquiétude. Il ya a beaucoup de belles choses à voir chez nous, Six-Fours est une ville très dynamique, notre côte varoise est belle et riche, je n’ai pas d’inquiétude là-dessus. Et il y aura notre programme d’activités physiques.
Alors… Heureuse ?
Très heureuse ! C’est incroyable d’avoir pu apporter autant de bonheur. C’est magnifique.
Je tiens à remercier les Maires de Carbet (M Gérard-Antoine Monstin) & de Morne Vert (Mme Angèle Serbin), ainsi qu nos sponsors : La ville de Six-Fours, le Réseau Capsein – Energie Gaz & le Crédit Mutuel de Sanary.

Propos recueillis par Jacques Brachet



Cinéma en liberté
Natacha REGNIER, une présidente de rêve

Le Festival en Liberté fêtait cette année ses 15 ans d’existence dans ce lieu magique qu’est la Tour Royale à Toulon.
Toujours une chaleur implacable l’après-midi et le froid la nuit tombante. Mais bon, c’est le lieu qui veut ça et qui fait aussi que l’on doit attendre que tombe la nuit pour que les projections se fassent. Mais ça fait partie du jeu et le public le sait.
Cette année 37 courts-métrages puisque c’est le but du jeu, même si parfois les courts-métrages se transforment en moyens métrages !
Quatorze pays en concurrence, avec des sujets très divers même si l’on y retrouve les grands classiques d’aujourd’hui : la guerre, le handicap, l’homophobie, la liberté de la femme et d’autres sujets d’actualités, quelquefois très sombres, émouvants, glauques, dérangeants, rarement drôles… Bref un panorama de ce que nous vivons aujourd’hui et qui n’est pas très réjouissant.
Nous avons découvert de beaux films, de beaux réalisateurs qui, peut-être, deviendront les réalisateurs de demain, ce qui et un peu le but du jeu de la programmation de ce festival.
Belle ambiance festive mais un seul point à revoir : la communication avec la presse inexistante. Personne pour s’en occuper, pour rencontrer le jury et les réalisateurs venus présenter le film. Même pas un point presse pour faire quelques photos avec eux.
Et si l’on veut faire des interviewes, aucun lieu loin du bruit, même pas une chaise.
Cette année, la présidente était la comédienne Natacha Régnier mais pour la rencontrer, ce fut le parcours du combattant et l’interview près des toilettes, seul lieu un peu au calme !
Heureusement que Natacha est un amour, qui vient vers nous avec une belle simplicité, une gentillesse extrême et qui, avec son beau sourire et son visage de madone, se prête au jeu malgré le lieu et le brouhaha.

2 présidente : Natacha Régnier présidente du jury, Lisa-Dora Fardelli, présidente du festival
Lisa-Dora avec l’équipe de l’association
« Lumières du Sud »

« Natacha, connaissez-vous ce festival ?
Non, j’avoue que je ne le connaissais pas. J’ai découvert, et Toulon et ce festival qui se tient dans un lieu magique. Voir des courts-métrages dans un fort et à ciel ouvert,, c’était une expérience formidable.
Et le festival par lui-même ?
La qualité était de très haut niveau, on y trouvait des films très cinéphiles comme des films plus fédérateurs et du coup, tout le monde pouvait s’y retrouver.
Et le jury ?
En fait, il y avait plusieurs jurys, les films d’animation, les films émergeants, le collectif d’acteurs qui donnait les prix d’interprétation et le grand jury. J’ai essayé de proposer que les jurys se mettent ensemble pour n’en faire qu’un afin de pouvoir tous échanger sur tous les films.
Les échanges ont été très intéressants, chacun pouvait apporter sa lumière sur les films qu’ils aimaient.
En tant que présidente, vous aviez votre mot à dire. Y a-t-il eu des sujets difficiles à aborder ?
Le problème a surtout été qu’il y avait beaucoup de films quo avait envie de primer mais le fait qu’on ait réuni tous les jurys, chacun a pu s’exprimer, ce à quoi je tenais énormément, a privilégié chaque jury dans sa catégorie mais comme on a pu débattre de tous les films, on a pu donner des prix sur des coups de cœur que pouvait avoir l’un des jurys. On a beaucoup échangé joyeusement et avec beaucoup de bienveillance !
Vous avez fait vous-même des courts-métrages ?
J’ai réalisé un court-métrage récemment, qui s’intitule « Les gens qui s’aiment » et c’est le premier. Au début de ma carrière j’ai joué dans quelques courts-métrages mais très peu car j’ai très vite était happée dans le milieu.
Pourquoi ne l’avez-vous pas présenté au festival ?
Je l’ai fait dans le cadre des talents Adami et il n’était pas encore prêt. Ça me permettra de revenir le présenter ! On ne l’a montré qu’à Cannes cette année mais il y a tout un processus, un protocole pour pouvoir le présenter ailleurs.
De réaliser ce film est-ce que ça vous a donné envie de passer au long métrage ?
Enormément. Mais je viens faire un court et maintenant il faut écrire, trouver la boîte de prod’ qui pourra soutenir le projet.
J’ai appris qu’au départ de votre carrière, on vous avait dissuadé de devenir comédienne. C’est vrai ?
(Elle rit) Effectivement, j’étais dans une école nationale en Belgique… Et j’y ai été renvoyée !
Ce que j’ai appris après  c’est qu’il y a comme ça de professeurs un peu gourous. J’étais en train de creuser mon sillon et je n’étais pas au courant de ça. J’ai rencontré une actrice qui a fait la même école et qui a eu la même histoire que moi ! Evidemment, lorsqu’on est jeune, ça marque un peu mais comme j’ai été accueillie dans le métier de manière magnifique, à un moment cette histoire devient anecdotique.

Dans ce cas, ça ne donne pas envie de laisser tomber, car c’est quand même violent ?
Pas du tout même si ça m’a rendue fragile durant un certain temps  car au début, on ne sait pas très bien si c’est votre place et ça perturbe, ça déstabilise. Et puis, lorsque tout a démarré, j’avais peur que ce soit un feu de paille car c’est arrivé très vite en 98 avec « La vie rêvée des anges » d’Erick Zonca. D’un coup sont arrivés beaucoup de projets différents.
D’un coup, le négatif est devenu positif !
Oui, je suis très reconnaissante de l’accueil du métier, des propositions que j’ai eues, Ça m’ rendue autonome en tant que femme,  ça m’a donné une colonne vertébrale psychiquement, ça m’a donné un endroit pour m’exprimer, j’ai eu toutes les couleurs en l’arc en ciel et c’est ça que je veux retenir, cet accueil extraordinaire que j’ai eu et la chance extraordinaire.
Alors vous arrivez à Cannes, et vous avez le prix de la meilleure comédienne !
C’est pour ça que je vous dis que le reste est devenu anecdotique ! Cannes est arrivé très vite derrière et ç a été flamboyant et ça m’a donné une légitimité. Du coup  je me suis dit : « Tu as été accueillie, tu es une jeune femme, tu ne sais pas encore qui tu es, tu ne connais pas le métier… Apprends, apprends, apprends… J’ai travaillé sur mon métier psychiquement, pour être solide, à la hauteur de ce qui m’a été offert.
Vous avez eu une carrière cinématographique riche et puis, la télé arrive… avec entre autres Anne Fontaine, François Ozon, Alexandre Arcady, Lucs Belvaux, Costa Gavras et bien d’autres…
J’avais déjà fait un peu de télé, avec Benoît Jacquot, Laurent Heyneman,  et puis le cinéma, et puis des propositions venues de la télé comme la série « Marseille » « Carmen », « Cassandre », « Mongeville », « Léo Mattei » Meurtres à Laguiole » récemment qui vient de se terminer… J’aime bien être curieuse, élargir ma façon de faire, je suis toujours aussi passionnée par le cinéma d’auteur mais j’aime la joie, je suis heureuse qu’on m’ait proposé des choses intéressantes à la télé, au théâtre, entre autres récitante sur des œuvres classiques…
Et vous chantez aussi !
Oui, j’ai participé à la bande du film de Yann Tiersen « L’absente », « Les oiseaux de passage » aussi, « Tu m’apprends » sur l’album d’Andrei « La femme épanouie »… Lorsque je peux le faire, je fais avec joie car c’est un autre endroit d’expression et j’aime profondément la musique lorsque j’y suis accueillie élégamment, j’y vais avec plaisir.
Alors, en dehors de ce « Meurtre à Laguiole » qu’est-ce qui va être votre choix ?
Il y a « Rockeur », un film de Fabrice Sebille. Il s’agit d’un garagiste, Laurent Almédo, fan de Johnny Hallyday,  qui chante dans des baloches. Son ex-femme a ras le bol de Johnny ! A la rentrée, je commence les répétitions d’une pièce intitulée « Nos pères, nos frères, nos amis » tiré du roman de Mathieu Palain, sur la justice restauratrice des hommes violents. Nous serons huit sur scène, c’est Philippe Chameaux qui signe la mise en scène sur une compagnie qui s’appelle « Les aventuriers.e.s » Il y aura des hommes violents, des victimes et des soignants. Ce sera en tournée qui commence en novembre puis on la jouera en avril au théâtre de la Concorde
Dernière question : Heureuse du palmarès de ce festival ?
Très heureuse, et, très important pour moi, que tout le jury soit heureux. On est très fier de le présenter ».

Jacques Brachet
Un grand merci à Sandrine et à Pascale Parodi de l’association « Lumières du Sud » pour leur aide et leur gentillesse

Reem Ali
Tawfeek Barhom

Le palmarès
Prix du film émergeant : « L’homme de merde » de Sorel França (France-Brésil)
Prix d’interprétation féminine :  Reem Ali « Nul homme n’est une île » de Khalil Cherti (France)
Prix d’interprétation masculine : Tawfeek Barhom « I‘m glade you’re dead now » de Tawfeek Barhoom (Palestine-Grèce-France)
Mention spéciale : « Diego » de Mélissa Silveira (France)
Prix de la musique de film : Lucas Vernon « 2h14 » de Luciano Lepinay (France)
Prix décerné par le parrain du film Sam Bobino : Benjamin Chevalieet Tristan Lhommer « Pentest » (France)
Plume d’or du public : « Diego » de Mélissa Silveira (France)
Mention spéciale du jury : « Fort comme un lion » de Nathan Vilanneau (France)
Grand prix du jury : « La barrière » de Christophe Dera (France)

Jacqueline FRANJOU… La folle histoire de Ramatuelle

Etant ami avec Jean-Claude Brialy, nous nous rencontrions souvent lors de ses tournées théâtrales.
En 1983, je crois, il passe à l’Opéra de Toulon où nous nous retrouvons.
Là, il me dit qu’il a une nouvelle à m’annoncer : Il va créer à Ramatuelle un festival en hommage à Gérard Phillipe qui y a vécu et y est enterré.
Pourquoi Ramatuelle ?
Tout simplement parce qu’une conseillère municipale, vice-présidente de l’Office du Tourisme, nommée Jacqueline Franjou, vient lui demander d’être le directeur artistique d’un festival qu’elle veut y monter dans un théâtre… qui n’existe pas !
Il pense avoir affaire à une folle et pourtant, quelques mois plus tard elle fait surgir de terre un théâtre, deviendra présidente du festival et Biraly la suivra, y devenant le directeur artistique, avec pour marraine Anne Philipe, l’épouse de Gérard.
Il est vrai qu’ayant un nombre incalculable d’amis artistes, le programme est vite conçu, le festival démarre alors qu’il n’y a pas encore de loges et Jean-Claude m’entraîne dans l’aventure.

Le succès est aussitôt au rendez-vous, il est et reste l’un des seuls festivals à avoir tenu la route puisqu’il existe depuis plus de 40 ans !
Entretemps l’ami Jean Claude nous a quittés, remplacé par Michel Boujenah qui a repris les rênes dans la lignée de son créateur.
Jacqueline est toujours là, fidèle au poste et elle a ajouté, juste avant le festival, trois belles nuits classiques, avec des artistes prestigieux.
« Je voulais ajouter ces trois soirées parce que je pense que la musique classique est un prologue et un atout supplémentaire au festival, la musique faisant partie des arts et de la culture et je pense qu’il n’y a pas de séparation avec les autres arts. Ca ajoute même un plus au festival et je crois que Gérard Philipe et Jean-Claude auraient apprécié, tous deux aimant cette musique ».
Avec Jacqueline, on se rencontre donc au festival mais aussi en tant que présidente de l’association « L’œil en scène », où elle nous propose, avec Cyril Bruneau, de magnifique expos photos, à la Villa Tamaris à la Seyne et à la Villa Simone à Six-Fours (Voir article rubrique expos)
Encore une beau programme que nous a concocté Michel qui a dit adieu l’an dernier à Maxo, Julot, Guigui, ses « Magnifiques » adorés, au festival et revient cette année avec une pièce de théâtre qui n’engendre pas la mélancolie.
Jacques Brachet

PROGRAMME 2026

Les nuits classiques
29 juillet : 9ème symphonie de Beethoven. Opéra de Toulon
30 juillet : « Misatango/Boléro) – Ballet Julien Lestel
31 juillet : Lambert Wilson, Pierre Génisson, Bruno Fontaine : « Songbook », les incontournables de la chanson française et les grands standards américains.
Le festival
1er août : « Emmanuel 2 » Manu Payet
2 août : « Le bourgeois gentilhomme » de Molière avec Jean-Paul Rouve
3 août : « Toute la famille que j’aime »de Sacha Judszko & Fabrice Donnio, avec Michel Judaszko avec Michel Boujenah
4 août : »Dolores » de Stéphane Laporte, avec Olivier Sitruk
5 août : «  La Joconde parle enfin » de Laurent Ruquier avec Marina Karimon
6 août : « Une heure à t’attendre » de Sylvain Meynac avec Thierry Frémont & Nicolas Vaude
7 août : « Je m’appelle Georges, et vous ? » de Gilles Dyrek avec Mélanie Page et Mathieu Coniglio
8 août : Jeanne Cherhal en concert
9 août : « Ça va, ça va » de et avec Camille Chamoux
10 août : « Dans le couloir » de et avec Jean-Pierre Daroussin, avec Christine Murillo
11 août : « Douze hommes en colère » de Reginald Rose
12 août : Bénabar

Avec Cyril Bruneau



La Napoule Art Foundation reçoit
Erin Leann Mitchell & Kaitlyn Tucek

Nichée entre les roches rouges de l’Estérel et la Méditerranée, La Napoule Art Foundation offre un cadre unique où patrimoine, création contemporaine et paysage se rencontrent. Le vernissage sera également l’occasion de découvrir ce lieu de résidence et de création exceptionnel dans une atmosphère conviviale, sur les terrasses du Château face à la mer.
La Napoule Art Foundation accueille cet été une nouvelle exposition
Dans ce lieu magnifique, les expositions ne sont pas simplement installées : elles se construisent au fil des rencontres, des résidences et du dialogue avec le Château. C’est dans cet esprit qu’est née « Mise en abyme »,une exposition réunissant pour la première fois Erin Leann Mitchell et Kaitlyn Tucek, deux artistes ayant séjourné en résidence à La Napoule Art Foundation.

Présentée du 12 juillet au 20 septembre 2026 à la Galerie Blanche du Château de La Napoule, l’exposition explore les notions de mémoire, de répétition et de récits fragmentés à travers un dialogue entre peinture, textile, installation et pratiques expérimentales. Un finissage de l’exposition est également prévu le dimanche 20 septembre. 

La Napoule Art Foundation – Château de La Napoule – 06 22 38 01 36 – www.LNAF.org

La Roque d’Anthéron – Abbaye de Silvacane
« Murmures » – Alain de PONTAVICE

L’exposition « Murmures se déploie dans l’abbaye où la lumière joue avec subtilité sur les volumes et les œuvres selon la course du soleil.
Le décor épuré, marqué par l’absence d’ornement et de figures, instaure une atmosphère de sérénité qui enveloppe le visiteur dans un silence propice à l’apaisement, et à la contemplation des œuvres d’Alain du Pontavice.
Érigée à partir de 1175 à La Roque d’Anthéron, l’abbaye de Silvacane est un joyau de l’art roman cistercien.
Elle constitue l’un des joyaux architecturaux de Provence, parfois méconnu face à ses sœurs plus connues, Sénanque à Gordes et Le Thoronet dans le Var.
Elle a célébré l’an dernier son huit cent cinquantième anniversaire.

Un dialogue entre art et méditation

L’abbaye devient un espace immersif où patrimoine millénaire et création contemporaine se rencontrent, offrant un voyage intérieur, recueilli et serein, à la mesure de l’histoire et de la beauté du lieu.

Érigée entre le Luberon et la chaîne des Côtes, sur la rive gauche de la Durance, l’abbaye cistercienne offre un cadre unique pour l’exposition « Murmures », installée pour quatre mois dans ce lieu propice à la méditation. Les créations d’Alain du Pontavice entament un dialogue sensible avec le dessin épuré de la pierre et les variations de lumière. Elles apparaissent comme autant d’empreintes sensibles, évoquant les murmures de l’être et de la nature. Ces traces vibrantes éveillent des impressions intimes et vivantes chez le visiteur, invitant à une expérience contemplative où art et spiritualité se répondent.
Une quarantaine d’œuvres occupe plus de 700 m² répartis dans trois espaces majeurs : le dortoir, le réfectoire et la salle capitulaire, tandis que l’armarium est consacré à une vidéo immersive visuelle et sonore. Aux trois salles répondent trois séries de peintures à l’huile sur toile et métal auxquelles font écho des installations composées de minéraux, sable, textiles, argile et métaux.

« C’est le processus, l’immersion dans l’inconnu dans l’acte de peindre, qui est ici le plus précieux, car il a force de révélation pour moi, il ne s’enferme pas dans le seul travail des formes. La peinture ouvre en moi des territoires longtemps pressentis — propres à l’être intérieur — qui demandaient à être mis au jour.
J’ai voulu mettre en miroir l’organique à l’état brut au travers de la présence de deux monolithes extraits de carrières d’ardoise avec des stèles issues de mon imagination et d’autres cultures, créées par l’homme sur toile ou métal. »

L’artiste a investi l’armarium, cette petite salle voûtée où étaient rangés les livres de prière et d’étude, pour y proposer une expérience immersive. Quatre vidéos d’une minute projetées sur écran géant invitent à un voyage sensoriel, visuel et sonore à travers une animation de toiles Murmures et une bande son inspirée des bruits de la mer, du vent dans les feuillages, du feu et de sons d’animaux.
Artiste peintre abstrait, Alain du Pontavice conçoit la peinture comme une plongée dans un monde intérieur, une exploration des possibles infinie. Son approche intuitive et expérimentale se fonde sur une relation singulière entre matière et sensible, où le travail de la texture occupe une place centrale. Ses peintures se construisent par strates successives, parfois travaillées durant de longues périodes avant que le motif n’apparaisse. Les surfaces, enrichies de pigments et matériaux — sable, gel ou métal — ou incisées, révèlent des paysages intérieurs, des formes organiques ou cosmiques. La création dépasse l’atelier : elle s’alimente de promenades, de souvenirs et même du sommeil, se déployant consciemment ou inconsciemment au fil du temps.