ZIDANE... LA B.O.F
Zidane n’est plus… footballeur.
Ce simple constat est déjà
un traumatisme, tant Zidane
fut un magnifique joueur,
au point de devenir aujourd’hui
un mythe vivant.
Son parcours fut celui d’une tragédie jouée en plusieurs actes dont l’ultime fut un déchirement shakespearien à la hauteur
du personnage : la finale
de la coupe du monde 2006.
Depuis, plus rien.
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Zidane est redevenu un homme comme un autre. Il dit lui-même avoir besoin de souffler, de se recentrer sur sa famille, de prendre le temps de s’imaginer une nouvelle vie plus calme, de construire de nouveaux projets… C’est humain !
Mais pour ceux qui ont aimé, adulé Zidane de longues années, le sevrage est difficile.
Restent quelques matches enregistrés et gardés précieusement, ultimes trésors, re-visionnés en secret ou en famille : la finale de la Champion’s League 2003 avec le Réal Madrid, la victoire en coupe du monde 1998, le championnat d ‘Europe 2000 ou la magnifique démonstration du France – Brésil de 2006…
Et puis, il y a un film, sur les écrans voici quelques semaines : « Zidane, un portrait du XXIème siècle » réalisé par Douglas Gordon et Philippe Parreno.
Là, on est si près de Zidane, que c’en est presque indécent. La caméra est en extase devant chaque geste de l’artiste, traquant ses moindres sourires, ses doutes, ses joies, ses craintes, sa quiétude, son irritation et filmant, comme on filme un songe, les instants mythiques au ralenti de l’artiste en action.
Pour servir ce « film-fantasme », jamais la part laissée à la musique n’a été si généreuse et belle. Car, pour ce film plus que tout autre, la musique se devait d’accompagner chaque geste, chaque sentiment approché et servir de piédestal, d’écrin, à l’acteur Zidane. Plus encore, Zidane étant le seul premier rôle du film, la musique devait donc se hisser au rang d’acteur, de personnage, de partenaire même pour pouvoir lui donner la réplique.
C’est ce qu’à fait MOGWAÏ.
Le groupe de Glasgow, déjà connu et apprécié pour son penchant à l’Ambiant/Rock. Grand architecte et constructeur de tourbillons sonores, de montagnes russes électriques et accidentées, MOGWAÏ développe les mélodies comme autant de rubans qui s’additionnent et s’entrechoquent (c’est selon) avec pour seul mobile de combler le silence, vide et in communicatif.
Et là, le groupe se fait violence.
Oui, MOGWAÏ a bridé ses élans tempétueux pour servir la cause Zidane. Les morceaux de MOGWAÏ se sont fait réponses, ripostes, longs monologues aériens et éthérés, beaux comme des fantômes en habit de soirée, pour habiller les mouvements, les regards, les silences du maestro Zidane.
La musique de MOGWAÏ s’est aussi faite humble, comme le maître, velours pour accompagner son pied et le résultat est magique, bouleversant.
Chaque morceau est une pièce d’étoffe faite de fils dorés qui s’effilochent dans le vent, volent haut et loin pour revenir enfin, ailleurs, bien après que votre esprit aie fini de déambuler, libre et serein, comme en apesanteur. C’est doux et beau comme un nuage, parfois moelleux, parfois tendu, prêt à éclater en orage. Mais il ne pleut pas. C’est toujours une fausse alerte.
Si le film n’a pas trouvé son public en salle, la B.O. signée MOGWAÏ devrait trouver le sien partout, tant la pureté, l’enchantement qui s’en dégagent aident à faire perdurer le souvenir du plus grand joueur de football que la France aie jamais possédé.
Alors, en attendant que sorte le DVD et que chacun puisse prolonger la communion avec le maître dans son salon respectif, procurez-vous cette bande son magistrale réalisée par MOGWAÏ, à la hauteur de l’artiste Zidane , et que s’installe une légende pour l’éternité.
Emmanuel Rastouil.
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