SIX-FOURS - LES VOIX DU GAOU
MAXIM NUCCI « YODELICE : VIVRE LA MUSIQUE EN TOUTE LIBERTE
Après avoir écrit tout le bien que je pensais de ce beau disque intitulé « Yodelice » (voir rubrique musique », j’étais très curieux de rencontrer l’artiste… Et je n’ai pas été déçu par Maxim NUCCI car il est aussi beau que son disque !
Beau physiquement (un sourire à se faire pâmer les filles, quel que soit leur âge !) et beau intérieurement car c’est un vrai, un pur, un passionné.
Heureux d’être là, c’est peu de le dire et en plus, en première partie de Lenny Kravitz… Grand moment pour lui.

Au regard de tout ce qu’il avait fait jusqu’ici, je lui dis que c’est vraiment un virage à 180° qu’il opère avec ce nouvel opus.
Grand sourire :
« Tu trouves ? Je n’ai pourtant pas cette sensation. Je pense vraiment que c’est la continuité de ce que j’ai toujours fait jusque là avec, je l’espère, une évolution qui me semble normale pour un artiste.
J’ai toujours la même quête de la mélodie, je suis toujours à la recherche de petites équations de notes même si je les aborde différemment aujourd’hui, ce qui est dans l’ordre normal des choses.
Donc, ce virage ne me semble pas si violent que ça… Ce qu’il y a de différent, c’est que pour la première fois, je fais un album pour moi… avec moi !
C’est un moment clé de ma vie et l’enjeu est plus important…
Pourquoi avoir choisi d’appeler ce disque « Yodelice » au lieu de faire paraître ton nom qui commence quand même à être bien connu ?
Là encore, je ne me rends pas vraiment compte de « l’importance » de mon nom ! Ou alors il a souvent étéconnu pour de mauvaises raisons !
« Yodelice » est un peu comme un costume de clown. Non pas que je m’y cache derrière mais c’est un personnage que je compose et à qui je voulais donner un univers particulier. Avec mon nom, ça n’aurait pas marché.
Dans la vie, je suis assez réservé et j’ai besoin de devenir un autre personnage pour me montrer sur scène. C’est une proposition artistique qui va peut-être au-delà de la musique.
Mais je suis musicien avant tout.
Pourquoi as-tu fait tout ce disque en anglais, même si ton anglais est parfait, ce qui est rarissime lorsqu’un chanteur français se mêle de le chanter !
Il rit : J’ai quelques années de pratique ! Mais pour le disque, ce n’est ni réfléchi, ni stratégique, ni vraiment voulu au départ. Ca s’est fait très naturellement.
As-tu eu des difficultés à imposer ce disque original dans un show biz de plus en plus frileux ?
Je n’ai pas vraiment eu de difficultés. Avant que ne sorte ce disque, j’ai fait beaucoup de petits clubs avec ces chansons. Peu à peu le public a commencé à venir plus nombreux, jusqu’à ce que je fasse l’Alhambra qui a réuni quelque mille personnes. Tout cela c’est fait artisanalement, graduellement et sans disque. Depuis la sortie de celui-ci, voici deux mois, l’accueil semble vraiment favorable… Je suis, cet été, invité à de nombreux grands festivals.
Justement, ton disque est assez intimiste et faire de grands festivals avec ce que ça comporte de monde, de bruit, d’intempéries, n’est-ce pas un peu difficile ?
Non, c’est exaltant et le spectacle est différent, plus pêchu, même si nous ne sommes que trois sur scène : violoncelle, guitare et… guitare électrique que je joue alors qu’il n’y en a pas sur le disque ! Tout passe par l’harmonie mais ce n’est pas un spectacle théâtral, encore moins une comédie musicale, malgré nos maquillages et nos costumes, c’est un vrai concert ! »
Et il est vrai que sur scène, Yodelice prend une autre dimension avec une énergie folle très classico-rock’n roll, dans une ambiance au départ un peu glauque mâtinée d’humour car ils arrivent accoutrés de chapeaux melon et haut de forme, sont maquillés façon « Orange mécanique », Maxim a une guitare tête de mort, les cheveux mi-longs et un regard sinistre… Après le joli sourire c’est vraiment un personnage fellinien qui arrive… qui sourira à nouveau durant le concert. A trois ils font un spectacle… d’enfer, d’une folle originalité avec des musiques et des riffs à vous faire trembler et danser…
Autre style, autre ambiance, même si les musiques restent toujours le mêmes…
« On sent dans tes musiques qu’il y a une base classique…
Bien vu ! J’ai fait six ans de piano classique au conservatoire. Mais je me suis très vite tourné vers le rock et la guitare car j’avais déjà la fibre pour composer et improviser, choses qu’il est impensable de faire dans un conservatoire classique où il n’y a aucun esprit créatif. Et ça, c’était douloureux pour moi… Mais il en reste toujours quelque chose !
Que préfères-tu , le studio ou la scène ?
Je suis avant tout un musicien et faire du studio c’est réaliser un bel objet qu’est un album, une entité, un univers global et ça, ça me plaît. La scène, c’est là que je vis vraiment, et ça m’est d’autant plus indispensable qu’elle m’a manqué durant des années. Aussi, je veux en profiter à fond !
Tu es resté longtemps sans y monter ?
Une bonne dizaine d’années… J’ai commencé très jeune dans ce métier mais très vite j’ai été happé par le circuit production-réalisation. J’ai beaucoup travaillé pour les autres et je suis resté ainsi enfermé des années en studio… Aujourd’hui je veux me rattraper !*
Ce qui veut dire que tu ne feras plus de studio pour les autres ?
Pas pour l’instant et pas « pour » les autres. Peut-être « avec » d’autres car j’adore les musiciens, les compositeurs. On s’enrichit toujours à leur contact et au contact d’autres cultures et ça, je sais que je ne peux pas m’en passer. Je collaborerai donc certainement avec d’autres artistes mais autrement car les rencontres humaines sont importantes.
Tu feras d’autres disques ?
Oui et très vite puisque dès septembre je m’y attaque
Déjà ?
Oui, pourquoi pas ? Avant, les chanteurs sortaient bien un album par an. Il y avait les 45 tours aussi et les radios n’avaient pas de contraintes ou d’obligations, ils passaient ce qu’ils aimaient. Comme je ne suis pas très « single », je préfère faire des albums !
Les chansons sont-elles prêtes ? Y en aura-t-il qui ont été exclues de cet album ?
Surtout pas ! Je suis contre la récupération. J’avais 35 chansons à ma disposition. J’ai choisi les 10 que je préférais, les autres ne verront peut-être jamais le jour ! Le genre « bonus » ne me convient pas non plus… Je veux rester libre….
Sera-t-il en anglais encore ?
Peut-être, peut-être pas (rires) en tout cas, il y aura certainement d’autres langues….
Pourquoi ?
Ce disque a été fait entre Espagne et Californie et une fois fini, je me suis rendu compte qu’il en avait l’empreinte. Ce qui signifie que je suis à la fois sensible et influencé par des atmosphères, à ce qui m’entoure et comme j’aime toutes les musiques du monde, j’aimerais partir dans un pays lointain qui m’inspirerait…
Lequel, par exemple ?
J’ai des amis qui m’ont montré des photos d’Irlande. Il y a des paysages lunaires qui m’attirent alors… pourquoi pas ?
De toutes façons, ce sera toujours en toute liberté.
Tu parles beaucoup de liberté… peut-onêtre libre dans le show biz ?
Tout le monde a le choix mais la liberté a un prix. Il y a des pressions, je sais, je vis avec mais jusqu’ici, j’ai toujours fait ce que je voulais. J’ai un parcours atypique mais je continuerai dans cette direction ! »
Un reportage de Jacques Brachet
Vous pourrez voir et écouter Yodelice :
Le vendredi 27 novembre au Cabaret Aléatoire de Marseille
Le samedi 28 novembre au Théâtre Lino Ventura de Nice
Le jeudi 17 décembre à l’Oméga-Live de Toulon |