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PARIS
MINE BARRAL-VERGES, ARTISTE DE L’OMBRE

Qui connaît le nom de Mine Barral-Vergès ?
Pas le public et pourtant…
Si vous êtes allés au Lido ou au Moulin Rouge, au Crazy Horse ou encore voir un spectacle de « Holiday on ice »…
Si vous avez vu le show Dalida au Palais des Sports…
Si vous avez vu Croisille, Gréco, Cordy, Barbara, Mouskouri, Belle en concert…
Si vous avez aimé le fameux truc en plume de Zizi…
Si, pour les plus anciens, vous avez assisté au dernier spectacle de Joséphine Baker…
Vous avez pu admirer le merveilleux travail de cette belle créatrice de costumes qu’elle est depuis des décennies.
C’est une femme superbe, par son talent d’abord, par son tempérament typiquement méditerranéen, son franc parler, sa verve, son énergie, son humour aussi.
Elle est – comme beaucoup de métiers du spectacle – la femme de l’ombre mais aujourd’hui la voici en pleine lumière grâce à Valérie Minetto, une jeune réalisatrice qui, comme moi et beaucoup d’autre, est tombée amoureuse et de la femme et de l’artiste et a décidé de lui consacrer un film « Mine, de fil en aiguille ». Son premier film d'ailleurs.
Durant deux ans, elle l’a suivie jour après jour dans son travail de créatrice, avec ses moments d’inspiration, ses moments de doute, ses coups de gueule mais surtout ses fous-rires, sa bonne humeur et ses dialogues croustillants avec Gréco, Croisille, Mouskouri essayant leurs habits de lumière dans son atelier qui est la caverne d’Ali Baba, dans les coulisses du Moulin Rouge où elle vient souvent, comme une petite souris, surveiller ce que deviennent ses chatoyantes créations.
Mais ces deux ans sont aussi des années charnières pour elle car la voici qui, après 40 ans de passion et de création, passe son pouvoir à son bras droit, Bruno Fatalot. Difficile décision pour Mine dont la vie est dans cet atelier mais aussi, soulagement de ne plus s’occuper de tous les problèmes autour de son travail… Elle passe le relais avec émotion mais aussi avec la joie de voir se perpétuer ce qu’elle a crée patiemment de fil en aiguilles, de rubans en paillettes, de soie en strass… et de ne pas à avoir licencier son merveilleux personnel qui la chérit.
Mais… elle n’a pas tournée la page car « l’après Vergès », c’est Vergès qui reste dans « ses » ateliers pour ne faire que ce qu’elle aime : créer !
Aujourd’hui, plus de problèmes d’intendance, seule la joie de créer sera sa nouvelle façon de vivre car il était hors de question qu’elle reste les bras croisés.
Ce film est plein de joie et de tendresse, plein de plaisir et d’émotion, plein de rêve et de beauté et Valérie Minetto a su retenir et comprendre la personnalité de cette belle artiste.
Artiste qu’on a vu pleurer à la fin du film, lorsque le public, fait de ses amis et de ses employés, se sont tous levés comme un seul homme pour l’ovationner, la féliciter, la remercier.
Parmi les artistes présents l’on pouvait reconnaître Martine Sarcey, Judith Magre, Nicole Croisille, Annie Sinigalia, Dianne Tell, le staff du Moulin Rouge… émus aussi de pouvoir ainsi remercier celle qui, comme le dit Gréco, lui offre une deuxième peau pour faire rêver les gens…
Vraiment, elle méritait ce film notre Mine !

Jacques Brachet

Photo : Mine en compagnie de Bruno Fatalot et Valérie Minetto

© 2008 Evasion Mag