SANARY
SYLVIE VARTAN AU THEÂTRE GALLI...
TOUS PLAISIRS CONFONDUS !

En 2011, Sylvie Vartan fêtera ses… 50 ans de carrière !
Qui peut le croire lorsqu’on la voit sur scène ou – comme j’ai eu cette chance – on la rencontre, alors qu’elle rayonne de beauté, de sérénité, qu’elle est toujours aussi heureuse de chanter, de retrouver son public avec lequel elle est « en amour » depuis tout ce temps et que, malgré les décennies, elle trouve toujours un moment pour rencontrer ses fans et surtout pour répondre, toujours aimablement, chaleureusement et patiemment, à un journaliste, qu’il soit de Paris ou de province car elle ne snobe personne et ne fait pas de différence.
Un théâtre Galli plein à craquer de fans de tous âges est réuni pour découvrir le nouveau show de Sylvie.
En fait non, ce n’est pas un show. C’est un récital en deux parties car aujourd’hui, elle peut se le permettre et elle a décidé de nous offrir ce spectacle intimiste, tout en émotion, en nostalgie, loin des strass et des paillettes.
Quelques excellents musiciens, parmi les meilleurs : Jannick Top, Serge Perathoner, Alain Lanty, une choriste à la voix d’or, Sophie Thiam et voilà notre Sylvie, blonde Ophélie en longue robe de velours noir rehaussée d’un camélia blanc. Elle est belle, elle est émue et déjà, la salle est sous le charme.
Elle démarre fort avec une chanson de Ferré qui est de circonstance : « La vie d’artiste ».
Le ton est donné, et durant deux heures elle va mêler ses nouvelles et anciennes chansons, prouvant qu’elle a à son répertoire un grand nombre de belles chansons aux textes forts… On s’éloigne vraiment du temps du rock’n roll avec « Je chante le blues » de Carla Bruni, « Par amour, par pitié », « L’araignée », « L’un part, l’autre reste », « Une lettre d’amour », « Darina », « L’amour c’est comme les bateaux », avec en prime une superbe version de « L’enfance » de Barbara que celle-ci aurait certainement aimé. Un duo plus rythmé avec Sophie, signé Mc Cartney : « Ivory and ebony » avec cette petite phrase lapidaire qui en dit long : « Si les hommes étaient aussi intelligents qu’un piano, nous vivrions en harmonie » (Allusion aux touches de couleur ivoire et ébène).
Estocade pour terminer sa première partie, la superbe chanson de Dona-Lama « La chanteuse a vingt ans » » et elle disparaît en virevoltant… Sublime !
La revoici après l’entracte, super-chic dans son smoking et c’est à nouveau le charme et la nostalgie avec l’incontournable « La plus belle pour aller danser » mais avec de nouvelles paroles qui s’adressent au public. « La Maritza », « Toutes peines confondues », « L’amour avec des sentiments » chanson oh combien émouvante qu’elle chante éclairée par un réverbère, « Aime-moi », « Aimer », « Non, je ne suis plus la même »….. La salle en délire est debout et une vague humaine se jette au bas de la scène, qui ne veut pas la laisser partir. C’est l’amour, la tendresse, la fusion totale. Et elle revient avec « La chanteuse a vingt ans » qui est décidément une très grande chanson de fin de spectacle.
Dix minutes après, je la retrouve dans sa loge, auprès de son mari Tony Scotti, fraîche, belle, souriante… comme si de rien n’était après deux heures de spectacle ! Court moment d’intimité où elle sourit, gênée par mes compliments… Décidément, elle ne changera pas !
Demain elle sera à Istanbul puis à Sofia où elle retrouvera ses racines avec toute l’émotion qu’on peut imaginer. Puis ce sera à nouveau la tournée en France, Paris…
Elle court, elle court toujours, Sylvie !
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RENCONTRE
C’est toujours avec un grand plaisir que je retrouve Sylvie Vartan en interview.
Sa façon très posée, cette voix grave, cette sérénité qui se dégage d’elle font que le moment est toujours magique.
Ce retour avec un nouvel et magnifique album « Toutes peines confondues » suivi de la tournée avec ce récital intimiste, sont des moments rares aujourd’hui dans ce monde du spectacle où les artistes « stars » poussent comme de champignons pour aussitôt disparaître.
Bientôt 50 ans de carrière et toujours le même enthousiasme, la même passion. Sylvie, comme Johnny est une artiste à part dans notre paysage musical français.
Son retour est original, d’abord parce que toutes les chansons sont belles et nostalgiques, qu’elle a enregistré sur le label de ses débuts : RCA et que la pochette est composée comme un mini-vinyle de nos belles années 60. Sans compter la touche de deux superbes artistes, Pierre et Gilles, qui ont souvent photographié Sylvie et qui signent sa pochette et son affiche :
« J’aime beaucoup leur travail – me confie-t-elle – leur univers, ce côté à la fois très poétique et imaginatif. Je leur fais confiance, je les laisse entièrement libres car ils trouvent toujours quelque chose d’inattendu et d’original. A chaque fois, l’idée vient d’eux et j’y vais les yeux fermés. !
Sur ce disque, Sylvie, vous signez plusieurs musiques…
Oui c’est vrai, ça s’est déjà fait mais j’avoue que c’est très rare…
Pourquoi ? Ce ne sont pas les moins réussies !
(Elle rit). Merci, c’est gentil… Je dois avoir de qui tirer car mon père était un merveilleux musicien, mon fils David n’est pas mal non plus ! Bon, je dois vous avouer que je suis un peu paresseuse et comme j’ai de beaux compositeurs qui font ça très bien, je ne force pas trop !
Alors, parmi les nouveaux arrivés, on trouve Carla Bruni…
Oui, on m’en parle beaucoup ! C’est vrai qu’on rencontre peu de présidentes qui composent et écrivent !
Je connais Carla depuis longtemps car David était en classe avec elle. Lorsqu’elle a sorti son premier album je l’ai vraiment adoré et j’ai eu l’occasion de le lui dire et de lui glisser que si elle me faisait une chanson, j’étais preneuse. Puis le temps a passé et pendant que je commençais à enregistrer cet album, elle m’a porté cette chanson « Je chante le blues », que j’ai vraiment aimée.
Y en avait-il d’autres ?
Non, une seule mais c’était la bonne. Et quelquefois une seule bonne suffit !
Ce disque est assez nostalgique. Est-ce ainsi que les gens vous voient ?
Mais ça fait partie de moi ! J’ai ce côté sensible qui fait que ceux qui m’écrivent des chansons s’attachent à mes mots, à mes idées et à ce qu’elles projettent. Donc ça me correspond et surtout ça correspond à ce que je voulais pour ce disque et pour ce spectacle.

C’est à dire ?
Je voulais un spectacle tout à fait différent, plus léger que ces grands spectacles démesurés que j’ai souvent faits, plus intimiste, plus théâtral avec cette nouvelle optique de scène moins grande, plus près du public. Donc ça me va tout à fait et j’avoue que c’est un de mes disques préférés. Et puis, j’aime changer car ça me permet de garder le désir et l’enthousiasme intacts.
Et pour les anciennes chansons ?
Ca a été plus difficile car il a fallu sacrifier quelques succès qu’on me demande mais qui n’allaient pas dans cet univers. Mais je chante tout de même 38 chansons en deux heures et demi !
A l’Olympia, l’on a vu le duo Johnny-Sylvie se reformer… Ca a été un moment magique !
Johnny m’avait demandé de le rejoindre au Stade de France. Ca a été fait un peu au dernier moment, du coup on a chanté une chanson qu’il avait prévu de chanter seul. Pour l’Olympia, il m’avait promis de venir et il est venu tous les soirs avec un beau smoking , ce qui est rare chez lui ! C’est vrai, ça a été un beau moment et Johnny a même regretté de ne pas faire plus souvent des salles de cette dimension car il y a une belle communion avec le public.
Nombre d’artistes dits des « sixties », ont eu des périodes de creux, certains ont été traités de ringards même si aujourd’hui ils reviennent à la mode. Vous, vous avez toujours été présente, jamais dans l’ombre, jamais démodée… Y a-t-il une recette ?
Ca se saurait s’il y en avait une et aucun n’aurait disparu, non ? Je crois que ça dépend de beaucoup de choses : l’envie, la motivation, l’énergie, le talent et surtout le fait de ne pas tout le temps coller à la mode. Même si s’est quelquefois passé inaperçu, il y a longtemps déjà, je chantais « Non, c’est rien » ou « Ne me quitte pas ». J’ai fait des chansons intemporelles. Il n’y a pas toujours eu que des tubes pour hit parades. Et je crois qu’aujourd’hui le public est avide de ça, de chansons plus dépouillées, moins rythmées, plus écrites…
Pour en revenir aux sixties, que pensez-vous de la tournée Age Tendre ? Vous-y a-t-on conviée ?
Non, on ne m’y a pas conviée mais c’est tout à fait normal… Je ne peux rien leur rapporter, ils marchent très bien sans moi, ils n’ont pas besoin de moi ! Je trouve ça formidable car ça permet à beaucoup de chanteurs de travailler et de retrouver un public, ce qui est essentiel pour un artiste.
Et le cinéma, Sylvie ?
J’ai toujours envie d’en faire mais il me faut quelque chose qui me plaise, qui m’emporte. Je ne veux pas faire de cinéma pour faire du cinéma. Il me faut une histoire forte, un vrai rôle. Je lis beaucoup de choses mais je jette beaucoup. Je deviens très difficile, tout comme pour mes chansons d’ailleurs car je choisis tout moi-même !
Votre rêve dans ce domaine ?
Une belle comédie romantique, légère, drôle… intelligente et subtile… Ca, ça me plairait vraiment ! »
Propos recueillis par Jacques Brachet
Anoter un très beau numéro hors série du magazine "Nos tendres et douces années" consacré à Sylvie Vartan.
Renseignements : 01.30.40.84.34 - ntamagazine@aol.com |