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SYLVIE VARTAN… SOUVENIRS, SOUVENIRS

Après nous avoir composé un nouvel album uniquement composé de chansons des années 60 qui, à l’époque, lui étaient passées sous le nez parce que les CloClo, Sheila, Anthony, Jonhnny, Alamo et autres idoles des sixties étaient toutes sur le coup des mêmes adaptations, Sylvie a eu la très belle idée de faire un retour aux sources en proposant un spectacle uniquement composé de ces chansons enregistrées sur cet album intitulé « Nouvelle vague » et ses propres chansons dont on ne compte plus les succès sur quelque mille titres enregistrés.
Spectacle dont le nom est le même que celui du disque, composé de dix musiciens (et dix pointures dont Alain Lanti, Claude Angel, Serge Perathoner, Janic Top…), trois magnifiques choristes vêtues « entièrement d’époque », le tout illuminé par le génial Jacques Rouveyrollis et dans un décor ad oc constitué, pour l’essentiel, d’un superbe juke box dont Sylvie sort, enveloppée de fumée et vêtue d’or dans un smoking or on ne peut plus kitch.
A partir de là, l’idole qui a retrouvé ses longs et blonds cheveux, va nous assener, durant des heures que des succès que la foule reprend en cœur. Les siens et ceux des autres u’elle a arrangés à sa manière… Une jolie manière qui nous fait redécouvrir nos plus belles années et qui fait découvrir aux jeunes les raisons de notre nostalgie
Ici, place à la musique car, hormis le juke box, pas de décor de folie et aucun danseur entourant notre Sylvie qui arpente sans cesse la scène d’un bout à l’autre, restant rarement plus de cinq minutes en place. Elle a la forme, la santé, l’énergie, notre belle Sylvie qui rayonne sur scène pour le plus grand plaisir de ses fans en délire.
Et les tubes s’amoncellent.
Les siens d’abord : « Locomotion », « Moi je pense encore à toi », « Par amour, par pitié », « Quand tu es là », « La plus belle pour aller danser » dans une magnifique et tendre version, « Mister John B », « Irrésistiblement »….
Ceux des autres : « Nouvelle vague » et « Et je m’en vais » de Richard Anthony, « Ya ya twist » de Pétula Clark, « Dans le souffle du vent  de Bob Dylan, dans une version différente de celle d’Hugues Aufray, « Suzanne » de Léonard Cohen, version de Françoise Hardy, « J’attendrai » énorme succès de CloClo qui finit – presque ! - le spectacle et à qui elle rend hommage, « Je t’attendrai jusqu’à minuit » de Johnny, « Da dou ron ron » succès de Johnny, Alamo et… Sylvie, « Te voici » d’Eddy Mitchell… Dernière estocade : « Souvenirs, souvenirs » qu’elle chante façon gospel, version très réussie.



Entre temps, elle a fait un entracte pour revenir en robe courte turquoise constellée d’étoiles et de cascades de strass puis toute de blanc vêtue. Et elle nous offre un panel de ses « tubes » choisis par le public : « Mon père », « La Marizta », « L’amour c’est comme une cigarette », « Nicolas », sans oublier l’hommage à « son ami, son frère », Carlos, à qui elle dédie « 2’35 de bonheur » avec ses choristes. Très joli moment d’émotion, comme lorsqu’elle reprend, version gospel « souvenirs, souvenirs » avec lequel elle revient clôturer ce spectacle joyeux et émouvant qui nous a rappelé nos tendres années…
Pour « Telex » (Voir numéro du 17 mars) et Evasionmag.com, elle nous a consacré un joli moment d’interview, toujours aussi simple, belle, gentille et passionnée par ce métier auquel, au départ, on ne donnait pas un an de vie ! Le talent, la force, l’énergie, le courage (disons-le, même si elle n’aime pas ce terme !) en ont fait une vedette puis une star que le monde entier a applaudi et aujourd’hui, une chanteuse entrée de plain-pied dans la légende.
Elle en est fière et heureuse. Voici quelques extraits de cette interview que vous pourrez retrouver sur Telex.

« Sylvie, toujours sur les routes ou en studio, 40 ans après vos débuts… Qu’est-ce qui fait courir Sylvie ?
C’est toujours la musique. La passion de la musique, le plaisir de retrouver mon public, un public on ne peut plus fidèle, c’est toujours parce que j’aime ce que je fais, ce pourquoi je suis faite, la scène, les rencontres…
Vous êtes encore sur les routes pour de longues semaines ?
Oui puisque j’ai cette tournée puis Paris puis à nouveau la province et entre temps le Japon… Après il y aura des vacances !
Comment s’est fait le choix des chansons de ce disque « Nouvelle vague » ?
Il s’est fait sans trop réfléchir. Le but était de chanter des chansons que j’aurais aimé chanter mais que d’autres artistes avaient déjà repérées et enregistrées. A l ‘époque, c’était en grande partie des adaptations que nous chantions. La première qui m’est venue et qui a donné le titre de l’album et de la tournée, c’est « Nouvelle vague » de Richard Anthony car c’est la première chanson que j’ai entendue en français en arrivant à Paris. Je l’aimais beaucoup donc elle était incontournable. Ensuite est venue la chanson de Pétula Clark « Ya ya twist » que j’adorais et « J’attendrai » de Claude François que j’aurais aimé beaucoup enregistrer à l’époque. Voilà, ça s’est fait un peu comme ça, dans l’urgence et avec des coups de cœur.
Au bout de tant d’années, vous n’avez jamais quitté le devant de la scène et il ne se passe pas six mois que ne sorte un livre sur vous…
Et j’en suis à la fois surprise et heureuse puisque j’intéresse toujours les gens. J’avoue que j’adore les deux derniers. Le premier « Dans la lumière » parce que ça regroupe tous mes spectacles en souvenirs, photos et affiches. Ca retrace aussi l’amour de mon public qui a toujours été là pour découvrir ce que je considère comme « mes enfants ». Il y a dans ces spectacles beaucoup d’amour et de passion, de jolis souvenirs et c’est pour moi très agréable de me remémorer toutes ces étapes de ma carrière.
« Jour après jour » est quelque chose d’incroyable car, sans me consulter, l’auteur Didier Quinonero a reconstitué 40 ans d’agenda au jour le jour ! Je ne sais comment il a fait mais lorsque j’ai reçu le livre, j’étais sidérée car il y a un travail fabuleux, méticuleux, impressionnant ! (Voir site evasionmag.com) . C’est un très beau cadeau de pouvoir lire au jour le jour ce que j’ai fait durant des années !
La préface est de Carlos, qui est mort le jour où ce livre est sorti.
Oui, affreuse coïncidence car avec Carlos, c’est un pan de ma vie qui disparaît. Ce sont des années de bonheur, des moments très joyeux. Il était tellement gai ! J’ai toujours son sourire et sa bonne humeur en tête. On a fait tellement de route ensemble. Il faisait partie de ma famille. On avait presque le même âge et on découvrait le monde ensemble… D’ailleurs, je lui rends hommage dans ce spectacle. C’était un passage obligé de ce show car il est toujours avec moi.

Jacques BRACHET

© 2008 Evasion Mag