SIX-FOURS – VOIX DU GAOU
TRYO… UN SACRE DUO !!!

Ils sont quatre pour un Tryo… dont nous n’avons rencontré que 2 membres : Daniel et Guizmo !
C’était aux Voix du Gaou sous un soleil de plomb où, durant quelques minutes, un requin est venu se balader au bord de l’eau… peut-être pour apercevoir ceux su show biz… Allez savoir !
Ceci dit, on s’apprête à vivre la plus grosse soirée du festival puisque Tryo a fait plus fort que Lenny Kravitz : Quelque 7000 fans sont venus s’agglutiner devant la scène.
Heureusement, un petit coin à l’ombre des pins nous est offert pour rencontrer nos deux acolytes avec pour fond sonore, la stridulation des cigales.
Deux joyeux lurons pleins d’énergie, qui aiment aussi bien rigoler (et on ne s’en est pas privé !) que parler de sujets graves qui les touchent et les concernent.
Ils sont unis dans le succès depuis dix ans. Dix ans de tournées, de joies, d’amitié pour ce groupe sympathique qui s’est formé par hasard :
« Nous étions du même quartier, de la même MJC et nous sommes partis en randonnée en montagne avec notre guitare… Le reste s’est fait autour du feu de camp ! C’est une histoire de hasard, vraiment pas prévue et le bilan est une belle, une magnifique histoire. Nous faison ce que nous aimons, les gens sont là, fidèles et nous véhiculons des choses qui nous sont chères. Le succès est venu petit à petit, grâce à ce rapport que nous avons avec le public et peut-être aussi – Oui, sûrement ! – grâce à notre talent !!!
Y a-t-il une recette pour qu’un groupe résiste ?
Nous essayons de nous renouveler, nous prenons le temps d’aller voir et nous ressourcer ailleurs. Nous avons des univers sonores différents, ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais car chacun apporte des choses aux autres. Nous sommes très soudés mais nous avons nos moments de solitude qui nous permettent de nous retrouver avec plaisir. Nous avons aussi besoin de nous épanouir seuls, chacun de notre côté, pour pouvoir ramener des histoires différentes. Ca fait 15/20 ans que nous nous connaissons et nous avons toujours le même plaisir d’être ensemble.
Et puis, le public est d’une grande fidélité, il a grandi avec nous et il en arrive d’autres.
Sans compter qu’on a toujours vécu avec l’idée que tout peut s’arrêter un jour. C’est un métier aléatoire et ça fait la force du groupe.
Alors, cette dernière tournée ?
Très intense, très physique… Nous allons la terminer superbement et dignement avant de préparer notre nouvel album… Deux dates importantes : le 22 novembre au Zénith pour Greenpeace, avec Zazie, Noah, Lavilliers que nous avons recruté. Et puis, le 16 décembre à Bercy qui terminera cette tournée. Ca sonnera la fin de deux ans et demi de tournée.
La scène, c’est ce qui nous fait grandir et c’est ce qui nous fait le plus plaisir. Sur scène, nous sommes chez nous, c’est notre terrain de jeu favori et le public y participe avec enthousiasme, avec générosité… C’est la magie… Le bonheur, quoi !
Comment pourriez-vous qualifier votre quatrième album ?
C’est une nouvelle aventure à chaque fois et avec celui-ci nous avons fêté nos 10 ans ! Non, ne dites surtout pas que c’est « le disque de la maturité »… Nous sommes matures depuis longtemps !!!
Mais à chaque fois, il nous faut avancer, trouver des terres inconnues pour enrichir notre travail. C’est à chaque fois un boulot différent et l’aboutissement d’une année de travail.

Comment fonctionnez-vous ?
Nous voyageons tous beaucoup, donc il nous vient tout naturellement des mots, des musiques d’ailleurs. Chacun arrive donc avec ce qu’il a engrangé et puis aujourd’hui, nous travaillons moins en autarcie, nous aimons les rencontres, nous nous ouvrons aux autres et chaque invité d’un album apporte sa contribution, ce qui nous permet d’innover, de faire avancer notre musique, d’ouvrir de nouvelles portes…
En fait, vous faites aujourd’hui de la word music !
C’est un peu vrai, nous prenons à chaque fois des petits virages. Nous sommes chacun une entité, nous sommes tous auteurs-compositeurs et nous avons besoin de nous exprimer et chaque fois que l’un de nous apporte quelque chose, nous sommes à l’affût… de la moindre erreur… Non , ce n’est pas vrai ! Au contraire, nous sommes à l’écoute, nous flashons sur une musique mais nous commençons toujours par les voix… Après, nous cuisinons autour ! Nous aimons nous surprendre.
Vous êtes très écologiques !
Oui, et c’est pour ça que nous avons eu envie de travailler avec Greenpeace, d’abord parce qu’ils sont dans le droit fil de ce que nous défendons et puis parce que c’est une association apolitique. A chacun de nos concerts nous emmenons le tri sélectif afin de faire réfléchir les gens sur l’écologie, nous essayons d’avoir un discours réel, ça fait partie de nos valeurs. Nous n’avons jamais soutenu un parti même si Bové et les autres essaient de nous attirer ! Ce serait le parti le moins politique mais nous sommes prudents, nous attendons de voir ce qu’ils vont faire et proposer.
Mais notre propos est dans nos chansons et nous aimons parler, échanger avec le public. Le contact, le partage et la musique, il n’y a rien de mieux pour faire passer les messages. Nous sommes pour le dialogue… C’est peut-être ça aussi qui fait que nous durons car nous restons très près du public… »
Propos recueillis par Jacques Brachet |