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L'AMOUR DURE TROIS ANS... ET L'INTERVIEW VINGT MINUTES !

Déjà, il avait fallu se lever tôt pour une projection de presse... à 8h30.
Après, il a fallu attendre 12h30 pour voir arriver quatre artistes en retard d'une demi-heure, ayant plutôt envie de déjeuner que de répondre aux questions. La preuve, le jeune Gaspard Proust que l'on connaît à peine et qui dit aux photographes, alors qu'on lui demande comment se passe la tournée promo : "Pas mal, si ce ne sont les journalistes qui n'ont pas beaucoup d'imagination !".
Bonne entrée en matière.
Après quoi l'on devra encore attendre 1/4 d'heure Louise Bourgoin qui se remaquille et qui s'excuse encore car elle a un coup de fil urgent à donner à son amoureux, Joe Starr qui ne veut pas lever les lunettes pour les photos... Bref, c'est déjà un grand moment de cinéma... qui se poursuivra dans une espèce de petite salle attenante au restaurant où nous sommes serrés comme des sardines, entre toilettes et passe-plats, dans un bruit de conversations, d'assiettes et de verres qui s'entrechoquent. A tel point que cette "conférence de presse" sera inaudible pour la plupart d'entre nous, avec Louise qui arrive presque à la fin de ce magnifique entretien, Joe qui n'a pas envie de parler, Gaspard qui n'a pas grand chose à répondre... à nos questions géniales !
Heureusement Frédéric Beigbeder qui lui, se prête à l'interview.
Ce qui est la moindre des choses lorsqu'on vient présenter son premier film !
Film tiré d'un de ses romans : "L'amour dure trois ans"

FREDERIC BEIGBEDER
"Si j'ai choisi d'adapter ce roman qui a déjà 15 ans c'est que c'était le mien et que je pouvais donc me trahir sans problème. Mais d'un autre côté, j'avais l'impression que ce livre, qui est autobiographique, n'était pas terminé et je pouvais donc le réactualiser par l'image.
15 ans après, quelle est votre idée sur l'amour ?
Je crois que c'est la plus belle illusion qui existe mais ce peut être une belle illusion.
Comment aborde-t-on un premier film ?
Comme un puceau qui a une peur immense mais qui essaie de maîtriser les choses tout en étant en panique totale. Ecrire, c'est mon métier depuis vingt ans, c'est un plaisir, une passion, que ce soit un roman ou un scénario et là je maîtrise. Pour le film, je me plongeais dans l'inconnu et je me suis entouré de gens compétents et de comédiens que je connaissais afin d'être moins intimidé. Mais j'avoue qu'une fois la peur du départ dépassée, j'ai découvert de nouveaux plaisirs et je me suiqs surtout rendu compte que faire un film, ça n'était pas plus facile ni difficile que d'écrire un roman.
Pourquoi avoir choisi des musiques de Michel Legrand, que l'on voit même à la fin du film dans un duo improbable avec Joe Starr ?
Dans ce premier film, je voulais mettre tout ce que j'aimais et Michel Legrand et ses musiques font partie des choses que j'aime, de ma nostalgie. Michel Legrand a écrit des chansons d'amour magnifiques qui m'ont marqué et je trouvais normal qu'il soit dans ce film. Nombre de gens sont tombés amoureux sur une musique de Michel Legrand.
Comment qualifieriez-vous votre film ?
C'est une comédie dramatique, douce-amère, romantique mais aussi un peu trash car je ne voulais pas que ce soit un film trop à l'eau de rose. Avec aussi des moments de poésie et de surréalisme..."
Voilà donc ce qui reste de 20 minutes de rencontres dans un tohu-bohu général car tous étaient pressés de passer à table... Ce qu'ils ont fait sans nous saluer ni nous offrir un verre d'eau... Quel dur métier que le notre, quelquefois !!!

LE FILM
Marc (Gaspard Proust) est critique littéraire. Marié depuis trois ans, il divorce et vit mal sa séparation. Il ne croit plus à l'amour et ainsi écrit-il un livre assez misogyne  sous un pseudonyme. Il rencontre Alice (Louise Bourgoin), la femme de son cousin, en tombe éperdument amoureux pendant que son livre reçoit le prix de Flore. Pris à son piège, il n'ose l'avouer à Alice... Nous suivons donc cette chronique d'un homme perdu dans sa vie, dans ses mensonges, dans ses amours... Dans ses emmerdes.
C'est un film... de littéraire, pour ne pas dire d'intello. C'est très écrit, très bavard, assez décousu, avec des personnages en définitive assez convenus et des situations si téléphonées qu'elles ne surprennent jamais. Il y a quand même une belle dose d'humour et des comédiens qui ne font que passer mais qui sont parfaits, de l'éditrice qui veut un best seller à tout prix (Valérie Lemercier), à l'écrivaine divorcée, émancipée (la mère du héros, Annie Duperey) qui emmerde tout le monde, le bon copain (Jonathan Lambert) qui se veut très libertin mais passera par la case mariage, le bon gros macho (Joe Starr) qui court après tout ce qui a une jupe et finit pacsé avec un surfer, le beau naïf qui est fait cocu par son cousin bien moins beau que lui (Nicolas Bedos), le curé déjanté (Christophe Bourseiller) et le père de Marc (Bernard Menez) qui, à 70 ans, veut qu'on sache que le chapiteau monte toujours à la verticale...
On s'ennuie un peu, on sourit de temps en temps, mais on n'arrive pas à s'attacher à ces personnages qui restent assez superficiels. La littérature au cinéma, ça n'est pas toujours facile et le film se délite au film du temps... Finalement, trois ans, ce peut être très long.

JB

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