CAROLINE TRESCA : "Je suis toujours en état de création"

Une femme et son fils, une femme de ménage, un cadavre. Trois personnages confrontés dans un huis clos puisque assignés à résidence suite au meurtre. Et du coup, pour passer le temps, ils parlent et vont apprendre à se dire des choses….
C’est le thème de cette comédie un tantinet policière que Caroline Tresca emmène en tournée avec arrêt au Théâtre Galli de Sanary le vendredi 5 février.
Elle est belle, hiératique… Elle a un petit air lointain et pourtant, lorsqu’on converse avec elle, elle est pétillante, drôle, charmeuse.
Caroline Tresca ? Difficile pour le métier de la caser car, que n’a-t-elle pas fait ?
D’animatrice télé elle est passée par la peinture, la sculpture, l’ écriture, la chanson, la réalisation et bien sûr la comédie puisqu’elle se partage entre la télévision et le théâtre où elle a enchaîné en tournée quelques pièces comme « Quadrille » de Guitry, « Accords parfaits » avec Philippe Carroit, et « La règle de trois » qu’elle emmène en tournée en ce mois de février, pièce de Bruno Druart avec Geneviève Fontanel.
Lorsque je lui pose cette question elle me répond en riant :
« Que n’ai-je pas fait ? »… Eh bien, piloter un avion !!!
Ceci dit en plaisantant, j’aime tout ce qui se situe dans le domaine créatif. J’aime bien l’idée qu’un art se nourrit d’un autre. J’aime le changement et tout ce que j’ai fait jusqu’ici c’est parce que c’étaient des opportunités qui se présentaient à moi.
Ce qui veut dire que vous ne vivez pas avec l’idée d’une carrière ?
Jamais de la vie ! Je ne vis que de coups de cœurs. Si des choses qui me sont proposées ne m’intéressent pas, je refuse… Il est vital pour moi de me réaliser dans ce que je fais. J’aime découvrir de nouveaux terrains, je suis curieuse mais je ne fais que ce que j’aime ou que je sens. Par exemple, lorsque j’ai réalisé mes trois documentaires, je sentais qu’il était vital pour moi de les faire. Après quoi, l’on m’a proposé des choses mais je n’ai pas éprouvé le besoin ni l’envie de les faire !
Comme cette série animée de France 3 « Célestin » ?
Oui, bien sûr, c’était une jolie aventure car j’aime l’idée d’apprendre aux enfants de façon ludique. Le sujet était charmant et j’ai aimé chanter ces chansons et participer à cette jolie production…. Mais vous savez, même dans la vie courante je fais toujours 36 trucs à la fois… et je m’y retrouve !
C’est pour cela que vous avez quitté la télé ?
Non, j’aurais pu encore en faire mais j’estimais que ma vie ne s’arrêtait pas à la télé et à l’époque, j’avais envie de varier les plaisirs.
Des plaisirs souvent solitaire : la peinture, la sculpture, l’écriture…
Oui, parce que j’ai envie de temps en temps de me retrouver avec moi-même. Mais j’aime autant ça que de participer à une pièce de théâtre où, même si ça participe de l’intime j’aime le travail d’équipe qui est toujours très enrichissant. Ce sont des choses complémentaires et j’ai besoin de tout cela pour me réaliser.
Mais lorsque je me consacre à quelque chose, c’est à fond. En tournée, je ne pense qu’à la pièce, à mon rôle. Il me serait difficile de faire autre chose !
Pour me ressourcer, j’aime bien de temps en temps aller mûrir ailleurs !
Comme en Ardèche, par exemple ?
Ah, l’Ardèche, c’est mon havre de paix ! Je suis sur les hauteurs, à Lamastre et lorsque j’ai le temps d’y aller – ce qui est trop rare à mon goût – j’écris et je lis beaucoup. L’écriture et la lecture sont mes deux dames de compagnie !
Mais je suis toujours en état de création…. »
Propos recueillis par Jacques Brachet