RENCONTRES INTERNATIONALES DE MUSIQUE MEDIEVALES DU THORONET

Les 21èmes Rencontres internationales du Thoronet placées sous le signe du chant grégorien ont accueilli encore cette année une pléthore de talents. Dans le cadre magique de l’abbaye, les artistes se sont produits pour le plus grand bonheur du public venu nombreux les écouter. Cela fait 21 ans que l'abbaye du Thoronet accueille cet évènement, qui est l'un des plus importants rendez-vous européens de musique médiévale. Placé sous la direction de Dominique Vellard qui en est le directeur artistique depuis sa création, cette nouvelle édition s'est tournée vers le chant grégorien. Un choix qui ne pouvait trouver plus bel écrin que l'abbaye du Thoronet, chef d'oeuvre de l'architecture cistercienne. Les ensembles Sequentia, Basiani, Per Sonat, Beatus et Gilles Binchois et les chanteuses Anne Delafosse et Anne-Marie Lablaude ont pu ainsi bénéficier de l'acoustique exceptionnel du lieu et exprimer parfaitement leur talent. Le public a pu entendre la première messe polyphonique complète du XV ème siècle interprétée par l'ensemble Gilles Binchois. Il s'agit d'une œuvre qui utilise le faux-bourdon ainsi que des styles de contrepoint complexes interprétés par des chanteurs maîtrisant parfaitement ces difficultés. L'ensemble Beatus a interprété le chant grégorien et polyphoniques du monastère St. Martial de Limoges un grand centre de création musicale et poétique du XIIeme siècle. Le tandem Anne Delafosse et Anne-Marie Lablaude a rendu hommage à un répertoire de chant grégorien, monodies et polyphonies médiévales qu'elles chantent depuis 20 ans au sein de l'ensemble Gilles Binchois.
Cet ensemble a interprété les manuscrits de Laon abordant par là même la tradition orale des chantres carolingiens et les nouveautés apparues plus tard en complément du chant écclésiastique. Autre rendez-vous avec le roman de la rose (XIIIeme -XIVème siècle), interprété par l'ensemble Per-Sonat. Une œuvre d'importance qui a imprégné toute la création musicale médiévale. Quant à l'ensemble Biasani, il a rendu hommage aux polyphonies géorgiennes transmises oralement depuis la nuit des temps. Des chants que l'on retrouve à chaque occasion (danses, banquets, chants épiques, berceuses...). Un concert qui a été précédé par une présentation des ethnomusicologues Simha Arom et Polo Vallejo.
Ces rencontres se sont terminées en compagnie de l'Ensemble Sequentia qui a choisi le répertoire des Voix de l'Ole santuaire, les chantres de l'Ecole Notre-Dame de Paris (XIIeme siècle et XIII ème siècle).
Un festival qui a rassemblé une nouvelle fois les formations les plus performantes et artistiques de la scène internationale. C'est pour le public l'occasion de découvrir ou redécouvrir tout un répertoire riche de nuances et de sensibilité.
Marleyne Mati
|