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LA GENESE DES TEMPLIERS

Ancienne commanderie templière, le Château Saint-Martin & Spa propose un cycle de conférences mensuelles parrainé par le monde des Religions. Le cycle concerne les templiers et à pour vocation d’éclairer le public sur ce passionnant sujet d’histoire. Six conférenciers se succèdent. Après l’histoiren Frédéric Lenoir (directeur de la rédaction du magazine le Monde des Religions), c’est au tour d’Alain Demurger, maître de conférence à l’université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, de dévoiler la genèse de cet ordre. Fondation, mission assignées, suppression dans la violence… autant de questions qui passionnent les experts comme le public.
Cette deuxième conférence au Château Saint-Martin & Spa a rassemblé un public nombreux. Evant un parterre attentif, Alain Demurger a permis à tous d’approfondir les connaissances sur l’ordre de templiers.
Ces derniers constituent le Premier ordre militaire (même si les hospitaliers existaient avant, ils ne furent reconnus comme ordre militaire qu'après). C'est également un ordre religieux.
Tout démarre en 1095 quand le Pape Urbain II prèche la croisade devant la cathédrale de Clermont : « Faites quelque chose d'utile pour l'église. Allez en Orient ! ». Les croisés se voyant offrir le moyen de faire pénitence et d'obtenir la rémission de leurs péchés.
Les candidats furent nombreux. Comme nous le savons, cette opération aboutira à la libération de Jérusalem et à la création des Etats latins d'Orient. Cependant, une fois la ville rendue aux Chrétiens, pour beaucoup le but recherché est atteint et nombreux sont ceux qui estiment avoir accompli leur tâche et décident de rentrer chez eux. Ce qui implique que le problème de la survie de ces Etats va se poser assez vite face aux attaques incessantes des pouvoirs musulmans des environs. D'autant plus que l'afflux de population latine s'avèrera toujours très insuffisant.
Pour assurer leur défense militaire, on disposera donc d'une force assez réduite, les principaux acteurs étant bien entendu les chevaliers (spécialistes du combat à cheval).
Rappelons qu'à l'époque, la société est clairement divisée en trois ordres : ceux qui combattent, ceux qui travaillent et ceux qui prient, pour les deux premiers.
Le concept d'ordre religieux militaire est donc tout nouveau, très particulier et même choquant à cette époque. En plus de continuer à s'entraîner au combat ses membres doivent mener une vie d'ascète et se convertir à une vie religieuse. Le concept vie religieuse et combat est imaginé par les chevaliers eux-mêmes lorsque les chanoines du Saint-Sépulcre engagent certains d'entre eux pour tenir les châteaux des villes reprises. Parmi eux se trouve un certain Hugues de Payns. L'idée est proposée au roi de Jérusalem qui donne son accord immédiatement. Vers 1120, le principe (voeux, chasteté, prière) est accepté. Il faudra attendre 1129 pour obtenir sa reconnaissance par l'église au cours d'un concile en présence d'un représentant du Pape, de Hugues de Payns, des templiers, des abbés Cisterciens et de Saint Bernard, lui-même. La règle du temple est adoptée, aucun autre ordre ne peut donc prétendre avoir existé avant cette date.

C'est à ce moment-là qu'arrivent les premières donations en Orient mais aussi en Occident. Il en résulte une accumulation de biens, de terres, de rentes, la création de maisons, de commanderies (comptant 1 à 9 maisons), de provinces (une demi-douzaine en Occident).
Les maisons d'Occident se contentent d'agir de l'arrière en effectuant le recrutement de nouveaux membres de l'ordre et en rassemblant les revenus. Il leur faut fournir à l'Orient des hommes, des armes, des vivres. Elles ont donc obligation de faire des profits car les dépenses sont importantes. Lors du recrutement, les nouveaux candidats sont mis en garde, il ne faut pas qu'ils perdent de vue qu'ils peuvent être envoyés au combat en Orient. Par la suite à lieu la cérémonie au cours de laquelle leur est remis le manteau blanc à croix rouge qui est le signe d'appartenance à l'ordre.
Qui compose l'ordre des templiers ?
Les frères chapelains sont les seuls clercs de l'ordre, les autres sont des laïques, ce qui leur permet de combattre. Ceux qui étaient chevaliers avant d'entrer sont des chevaliers de l'ordre. Les autres combattants à cheval (ceux qui ne sont pas nobles ou les nobles non adoubés) font partie des sergents. On trouve également des frères de métier qui accomplissent des activités de troisième ordre, ceux-là resteront en Occident.
A titre d'exemple, le célèbre Krak des chevaliers, qui s'élève à 2 000 hommes, ne comprend que 50 chevaliers, tous les autres, comme les archers, les artisans, doivent être payés, ce qui occasionne des dépenses importantes. Il en va de même pour la cavalerie légère, les Turcoples (ceux qui combattent comme les Turcs). L'entretien des forteresses elles-mêmes coûte cher également. Il va donc s'avérer indispensable de pouvoir effectuer des transferts d'argent. Mais attention, contrairement à l'idée répandue, les Templiers ne vont pas devenir des banquiers, même s'ils ont accepté des dépôts (pour le compte du roi, du Pape) ils ne touchaient pas à l'argent remis pour le faire fructifier par exemple.
Alors peut-on trouver des raisons à leur procès ?
On a prétendu que Philippe le Bel aurait emprunté de grosses sommes au temple mais il n'en existe aucune preuve. Ce qui paraît par contre plus crédible c'est qu'il lui fallait des sommes sonnantes et trébuchantes rapidement et que spolier les biens du temple était une solution à ce problème. De plus, le roi de France est en conflit idéologique avec le Pape, pour ternir l'image de celui-ci, il aurait souhaité faire en sorte d'obtenir la condamnation de la mémoire de Boniface VIII. Mais le Pape s'arrange pour que le procès à la mémoire de Boniface VIII lui soit confié. Finalement Philippe le Bel n'obtiendra pas l'accusation d'hérésie espérée mais la suppression de l'ordre, ce n'était pas ce qu'il voulait. Le Pape a probablement préféré sacrifier les templiers pour éviter le pire.
Si l'ordre a disparu, il n'en a pas été de même pour ses membres en tant qu'individus ; bien sûr, 71 d'entre eux sont morts sur le bûcher, d'autres en prison suite à de mauvais traitements, mais dans leur grande majorité, ils se sont dispersés, certains ont même vécu dans les maisons de l'ordre de l'hôpital.
Les réponses appartiennent à l’Histoire.

B. Alzéal

La conférence a lieu à 19h.
A l’issue de la conférence, une séance de dédicace avec l’auteur a lieu suivit d’un dîner au restaurant La Rôtisserie (à partir de 20h30).
Tarif conférence : 15 €. Réservation : 04 93 58 02 02. Tarif menu Templiers : 46 € et 59 €.
Prochaine conférence : jeudi 4 septembre à 19h « les Templiers de Provence et la mer ». Damien Carraz, maître de conférence en histoire médiévale à l’université de Clermont-Ferrand 2.

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