EVENEMENT INTERNATIONAL A TOULON
THE TALL SHIPS’RACES 2OO7
Ce 21 juillet, la mer était d’huile, le soleil au Zénith et particulièrement brûlant.
Et c’est avec un grand ravissement que l’on vit arriver un à un, ces magnifiques voiliers venus du monde entier, voiles baissées héla pour entrer dans la rade de Toulon, mais tout aussi majestueux avec leurs mâts immenses, leurs drapeaux claquant au vent et, pour certains, tout l’équipage en tenue, montés sur les mâts et faisant une impressionnante entrée dans un grand silence juste souligné par le clapotis des l’eau qui s’ouvrait sur leur route et salués enfin par les vivats et un bagad breton qui leur rendait les honneurs.
Ce fut un beau moment pour le public qui n’avait pas encore droit à l’accès du port mais qui, déjà très tôt, s’agglutinait devant les grilles.
Et lorsque les portes s’ouvrirent, ce fut la ruée pour admirer ces magnifiques vaisseaux de la mer d’une autre époque et pourtant si présents et si beaux.
Toulon pouvait alors s’enorgueillir de recevoir, dans sa plus belles rade du monde (dixit M le maire !, pas chauvin pour deux sous !) le nec plus ultra de la flotte internationale de ces géants des mers.
Jusqu’ici, seuls en France St Malo, Bordeaux, Brest et Cherbourg avaient connu ce privilège de recevoir chez eux cette manifestations qui est née en 1956 et qui, cette année, faisait escale à Alicante, Barcelone, Toulon et Gênes.
Toulon était donc le point de mire de tous les amoureux de la mer et de la voile et le flot (c’est le cas de le dire !) d’un public venu fort nombreux n’arrêta pas de couler durant ces trois jours de fête et d’animations qui, soulignons-le, étaient entièrement gratuites.
Fête pour laquelle toutes les onze villes environnantes réunies sous la bannière de TPM (Toulon Provence Méditerranée) qui a pour but de valoriser l’agglomération toulonnaise et de promouvoir son identité culturelle, touristique, économique. Il ne faut pas oublier que e Var est le département français le plus visité et Toulon, la ville la plus ensoleillée de France !
Inutile de vous dire que toutes les personnalités varoises s’étaient donné rendez-vous à cette inauguration prestigieuse qui était « marrainée » par la championne Maud Fontenoy.
Tout autour de ces beaux géants, un village s’était installé avec des animations non-stop éclatées sur toute la ville. Les milliers de spectateurs avaient un peu de mal à avancer tant la bousculade était grande et les queues pour visiter les bateaux longues et sinueuses sous un soleil de plomb.
Une petite déception : la visite de ces beaux bâtiments consistait uniquement à y monter et à faire le tour du pont et encore, minuté vu la longueur des files d’attente !
Autre déceptions, le passage en coup de vent de Maud Fontenoy qui, peut-être, fut un peu vexée d’être reléguée, avec son bateau, son équipage et son sponsor « l’Oréal »… dans le port des anciens chantiers de la Seyne, faute de place à Toulon. Alors que la fête battait son plein et que des milliers de gens étaient à Toulon, elle se retrouva toute seule avec son bateau et quelques rares curieux… dont un mariage qui s’était perdu là pour faire quelques photos !
Par contre, cinq mois de mer en solitaire lui ont fait perdre la notion de politesse et d’exactitude car, ayant rendez-vous à 16h30 à la Seyne (Et pour revenir de Toulon à l’heure, c’était coton !) pour une interview, elle me fit poireauter ¾ d’heure et… le combat cessa faute de combattant ! Las d’attendre, je la laissai solitaire avec son bateau !
Dommage. J’aurais aimé en savoir plus sur elle et sur sa performance.
A noter que toutes les villes ont fait un grand effort pour desservir au mieux ce flot ininterrompu de spectateurs en multipliant bus et bateaux. Ce qui n’empêcha pas les multiples embouteillages. Mais le jeu en valait la chandelle et l’attente était à la hauteur de la découverte.
Le mardi 24, la mer était hélas moins calme que le premier jour. A tel point que la parade nautique prévue fut reportée au lendemain, le vent étant trop fort, la mer trop houleuse. Les beaux géants s’élancèrent quand même du port pour aller mouiller, sans voiles, vers Hyères. Le départ du Guyas, venu de l’Equateur, fut particulièrement spectaculaire : les marins, en jaunes, noir et rouge, prirent d’assaut les trois mâts jusqu’au bout du bout, saluant la foule, accompagné d’un orchestre salsa superbe ! La joie, la liesse et l’émotion se mélangeaient pour ce départ en fanfare fort réussi. Quant aux autres bateaux, chacun leur tour glissèrent du ponton vers le large sans un bruit mais avec une grâce hiératique.
Nous eûmes l’occasion de les suivre un moment mais faire des photos dans le vent avec une mer houleuse, devenait un exploit.
Mais l’on était heureux d’être du voyage, même quelque peu mouvementé et l’on pourra dire, comme des milliers de spectateurs : j’y étais !
Voilà l’événement majeur qui manquait à Toulon, ville de mer s’il en est, qui confirme dans un tel déploiement de forces, sa vocation maritime et l’on ne peut que féliciter et remercier la ville de Toulon et Toulon Provence Méditerranée entre autres, de nous avoir offert un tel spectacle… en espérant que ce n’est qu’une étape et qu’il y aura d’autres concentrations de ce types et même - pourquoi pas ? – à nouveau celle-ci ?
Jacques Brachet
Photos M & J Brachet

|