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STUCK IN THE SOUND : Un groupe chanceux !

Vendredi 23 mars dernier, STUCK IN THE SOUND investissait l’Oméga Live de Toulon avec une ferveur inédite et déployait avec brio les chansons de leur excellent album « Nevermind The Living Dead » (DISCOGRAPH) aussi mordantes que des loups affamés, devant un public certes clairsemé mais définitivement acquis à la cause de ces quatre blanc-becs parisiens plus pros que les pros et plus anglais que nos voisins d’outre-manche !
Il est vrai que MOULOUD & THE SONIC DESTRUCTION avait déjà fait un travail de sape des grands soirs avec son bouillonnant patchwork de Rock/Funk/Fusion. Avant eux, il y eut aussi les dévoués HIFIKLUB, histoire de rappeler que TANDEM ne fait pas les choses à moitié…
Juste avant cette mémorable soirée, les quatre de STUCK IN THE SOUND (Manu, José, François et Arnaud) se laissaient aller à quelques confidences, au milieu d’une tournée française déjà triomphale et avant d’embrasser les plus grands festivals de printemps et d’été, l’Europe et les Etats-Unis…

Comment se passe la tournée ? »
Très bien. Il y a du monde de partout, jusqu’à présent on n’a pas fait de bide… (rires) C’est la première fois qu’on vient dans le Sud, à part le Cabaret aléatoire il y a 1 ou 2 ans où nous avons joué devant 10 personnes… 

D’où viennent ces influences anglo-saxonnes aussi prononcées ? 
Depuis qu’on est jeune, on n’écoute que çà ! NIRVANA, SMASHING PUMPKINS, LED ZEP puis SONIC YOUTH ou PIXIES, c’est ce qui nous a toujours nourri. C’est normal qu’on ressorte çà dans nos compos, pour nous, c’est assez naturel. Le fait de chanter en anglais n’est pas un choix délibéré, c’est juste normal… 

Vous revendiquez l’influence de groupes comme MANSUN, dans le côté Pop et Progressif de vos morceaux ? 
Ah… On ne connaît pas ! Mais on est toujours prêts à découvrir des groupes qui auraient pu être des influences ! On essaie de composer des structures complexes mais efficaces dès la première écoute, des morceaux riches qui partent dans tous les sens. On n’est pas intéressés par la Pop de base couplet/refrain… 

…mais toujours avec l’énergie qui va avec ?
Absolument ! Et puis nous sommes notre premier public, on est difficile et on se lasse vite ! On est très attentif de voir comment nos morceaux se conduisent sur scène. D’ailleurs, toutes nos chansons ont été créées sur deux ans entrecoupées de beaucoup de scène. »

Et quand s’est produit le déclic populaire ?
C’est quand notre hit « Toy boy » a été sélectionné dans le CQFD des Inrocks… Après, on a joué dans des endroits plus beaux, avec des groupes à la mode comme les KOOKS et DIRTY PRETTY THINGS, puis le festival Rock en Seine et plein d’autres concerts… 

Tout cela ne risque-t-il pas de vous enfermer dans une image de groupe à la mode ou élitiste ?
Non, on a pris le bon qui s’est présenté mais on a toujours été prêts à jouer partout, même dans la plus sordide des ville de province ! Malgré tout, on se reconnaît dans plein de groupes d’aujourd’hui comme THE STROKES, RAPTURE ou !!! 

Vous avez joué en Angleterre ?
Oui, et çà l’a fait ! On doit d’ailleurs rejouer là-bas après la tournée française, on a quelques beaux projets (même si on ne peut pas encore en parler …).

L’enregistrement de l’album, s’est-il bien passé ?
Si on veut (rires) ! Disons qu’il y a eu deux phases… 6 mois de travail tranquille, à notre rythme, et puis notre disque dur a planté et on a tout perdu ! Ensuite, on a connu une phase noire, mais on s’est vite remis au travail pour tout réenregistrer en trois mois. Ce fut un mal pour un bien car le résultat final était bien meilleur. Ce n’est qu’après avoir fini l’enregistrement que l’on a dealé un contrat avec DISCOGRAPH. En fait, nous sommes les propres producteurs de notre album (avec l’aide notre ami Romain, ingénieur du son)…

Etiez-vous réellement satisfaits du résultat ? 
Plutôt oui ! On voulait un album Rock, un peu sale, énergique, avec des morceaux de toute sorte…

Parlez-moi de la vidéo de « Toy boy » (absolument géniale d’ailleurs !), c’est aussi du travail artisanal ? 
Non, tu parles, il y a au moins 50 personnes qui ont bossé dessus ! Trois jours de tournage ! Conception des costumes et des décors… C’est d’ailleurs un décorateur de Michel GONDRY qui a voulu faire ce clip ! 

Quels sont vos projets aujourd’hui ? 
La tournée française, les festivals d’été, un concert en avril à Nashville avec THE RAPTURE… On est un groupe chanceux ! Après on enregistrera notre deuxième album… 

Vous rêvez d’un producteur en particulier ?
Andy Wallace ou Jack ANDINO… 

Avez-vous galéré au début ? 
Disons que depuis cinq ans qu’on est la tête dans le guidon, tout s’est passé assez… normalement. Les choses sont arrivées à temps, une après l’autre. Mais on l’a déjà dit : On est un groupe chanceux ! »

Propos recueillis par Emmanuel Rastouil

© 2005 Evasion Mag