VISITE AU DOMAINE DE ST JEAN DE VILLECROZE
DECOUVERTE D'UNE HISTOIRE AUSSI ORIGINALE QUE SES VINS

Le domaine de St Jean de Villecroze, perdu dans la nature, se situe dans le haut Var, sur la route de Draguignan.
Il date des Romains et s’il porte ce nom c’est que St Jean était le saint patron du domaine et qu’une rivière du même nom le délimite. Il fut la propriété des Templiers au Moyen-Age et garde nombre de vestiges de toutes ces époques dont un pont romain, un oppidum, une chapelle du XVIIIème… et trois chênes qui ont plus de 500 ans.
Puis il fut plus ou moins abandonné jusqu’à ce qu’un couple d’américains s’y intéresse pour reprendre les vignobles et… faire du bordeaux !
Faire du bordeaux en Provence… Ce ne pouvait être que l’idée… d’un américain !
C’est ce qui fut donc fait en 1973 par M et Mme Hirsh qui rachètent ce domaine et y plantent alors 20 ha de Cabernet-Sauvignon… Mais ce qui semblait alors totalement insensé et antinomique, devient une réalité et ils arrivent à produire un vin de garde rouge de très haut de gamme.
Ce domaine va donc reprendre vie jusqu’à ce que M Hirsh décède en 1980 et que sa veuve revende le domaine à un Maharadjah… qui va dépenser des sommes somptuaires pour essayer de faire un vin champagnisé jusqu’à ce que son père lui coupe les vivres. Ainsi le domaine va passer aux mains d’un groupement d’actionnaires en 1993, dont les familles Bove, Caruso et quelques investisseurs américains.
Mais là encore, malchance, Mme Bove décède, son mari se retire, le domaine est à nouveau en vente et Francesco Caruso se porte acheteur.
Francesco Caruso,50 ans aujourd’hui, avocat à Milan, faconde à la Maccione, accent ensoleillé venu de Sicile où il partage, depuis trois générations, 129 ha de domaines vinicoles et 120 ha d’oliveraies avec ses deux frères, devient donc propriétaire du domaine en 2000.
Il agrandira le domaine en achetant une parcelle de 15h du côté de Flayosc , va reconstruire et agrandir cave et lieux d’accueil, renouveler le matériel et l’équipement pour enfin commercialiser à nouveau.
Il s’y adjoint Edouard Rainaut comme directeur commercial… Plus passionné que lui, tu meurs…. Ce jeune garçon de 34 ans est dans le vin depuis l’âge de… 12 ans, âge où il commença à se passionner pour ce breuvage, grâce à son grand père et va démarrer une collection de vins et de millésimes avec les économies des fêtes et anniversaires ! Incroyable, non ? Aujourd’hui il a paraît-il une cave qui ferait nombre d’envieux… Mais chut : secret défense !
Et pourtant, ses parents lui font faire des études d’expert comptable qui – s’il l’avoue aujourd’hui – lui servent aujourd’hui, n’étaient pas sa tasse de thé… ou son verre de vin !
Il préfère alors tout arrêter et comme ses parents lui coupent les vivres, il part faire son service militaire pour mieux revenir et enfin se diriger vers ce qu’il aime. Il s’installe dans le Var, poursuit des études d’œnologie et très vite prendra la direction de caves diverses avant d’être appelé par Francesco Caruso. Deux caractères bien trempés, deux passionnés qui vont dynamiser ce domaine resté longtemps en sommeil.
Bien entendu, pas question de lâcher le vin rouge qui est aujourd’hui l’apanage de cette cave originale et qui est remarquable, mais la situation du vignoble repose sur trois terroirs différents : argilo-silicieux, limono-calcaire et argilo-calcaires, ce qui a pu leur permettre de travailler sur les deux appellation AOC : Côteaux Varois et Côtes de ¨Provence et diversifier les cépages, Ainsi rosés et blancs font aujourd’hui partie intégrante du domaine et donnent des cuvées très diverses et très riches, s’adaptant au marché, et même des cuvées dites « exceptionnelles » et « collections », qui dorment dans des barriques de bois Berthomieux fournies par Alphonse Mellot, nom synonyme de qualité.
Les médailles ont commencé à pleuvoir dans les concours jusqu’à être primés parmi les cinq meilleurs rouges de Provence.
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Il faut dire que le savoir faire de ces deux hommes qui se complètent a très vite mis le domaine sur la voie, sinon romaine, du moins royale des grands vins de Provence.
A noter une originalité, toute nouvelle mais qui devrait faire très vite des adeptes la création d’un vin rouge sublime, subtil, parfumé et léger… à boire frais en temps estival : l’Aalys, du nom d’une comtesse provençale, assemblage de Cinsault (80%) et de Grenache noir (20%) dont la finesse vient de son sol argilo-silicieux. C’est une petite merveille dont la robe violine virevolte dans les verres et va certainement faire très vite des adeptes des vins rouges trop forts pour l’été…
Voilà donc l’histoire de ce beau domaine qui mérite le détour à travers la campagne varoise.
Quelques chiffres :
3 terroirs différents
13 cuvées différentes : 3 en blanc – 4 en rosé – 6 en rouge
55% de production de rouge
Propriété de 80 ha dont 46ha d’oliveraies, des pinèdes, des chênaies et 47ha de vignes
2 appellations :
Côtes de Provence ( 16ha)– Côteaux Varois de Provence (31 ha)
120.000 bouteilles par an
Tel.04.94.70.63.07 – Fax.04.94.70.67.41
www.domaine-saint-jean.com |