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SAINT-EXUPERY
LE PETIT PRINCE EST REVENU

Antoine de St Exupéry était l’Honnête Homme dans le sens qu’on lui donnait au XVIIIème siècle, tout en étant né aux tous premiers jours du siècles dernier.
Il écrivait - Il avait commencé à 6 ans ! – poèmes, lettres, romans, essais, pièces de théâtre.
Souvenez-vous de « Citadelle », « Vol de nuit », « Terre des Hommes », « Pilote de guerre »… sans oublier son œuvre maîtresse, une œuvre devenue universelle : « Le petit prince ».
Mais il fut aussi grand reporter, pilote de guerre, peintre, dessinateur, musicien… Que ne savait-il faire ?
Entré dans la légende parce que très tôt, à 44 ans dans des conditions mystérieuses, Jean-Pierre Guéno a voulu le faire revivre car il a eu la chance que les deux succession de cet homme magnifique, la succession Antoine de St Exupéry et la succession Consuelo de St Exupéry , lui ouvrent sa malle aux trésors. Il lui consacre un libre bouleversant, un album superbe truffé de documents, d’écrits, de photos qui nous décrit l’homme magnifique et singulier qu’il était, à la fois poète et réaliste, mélancolique souvent, heureux parfois, humain et altruiste.
Une somme de documents rares mis en scène par un Jérôme Pecnard inspiré.
Un livre rare que « La mémoire du petit prince » (Ed Jacob Duvernet) consacré à ce petit Tonnino devenu St Ex et parti trop tôt.

« Les deux successions m’ont permis d’ouvrir le grand coffre de St Exupéry. Un coffre où il amassait depuis l’âge de 7 ans, ses trésors : ses premiers écrits, des extraits de textes, ses pièces de théâtre, ses brouillons, ses carnets de notes, son courrier, des cartes postales et des photos, des objets fétiches… Une vraie caverne d’Ali Baba !
Il a d’ailleurs écrit au sujet de ce coffre : « Il n’y a que ce coffre qui ait de l’importance dans ma vie ».
Pourquoi St Exupéry, Jean-Pierre Guéno ?
Jusque là, j’avais écrit une série d’ouvrages intitulés « Paroles de… », paroles de gens inconnus, des petits, des sans grade, leurs amis, leurs parents… Toutes ces petites gens qui font l’Histoire. C’est donc la première fois que je m’adresse à « une tête d’affiche » !
Il y avait une matière tellement riche, tellement foisonnante, tellement passionnante et d’une telle actualité, que j’ai vraiment plongé dans sa vie avec bonheur.
Il a écrit nombre de livres mais « Le Petit Prince reste le chef d’œuvre, l’œuvre mythique qui a fait le tour du monde…
Oui, on peut dire que c’est son œuvre majeure car si on sait la lire, on y retrouve toute sa vie car cette œuvre balaie vraiment son existence. C’est un livre à clefs. Par exemple, il a assisté à 14 ans à l’agonie de son petit frère qui en avait 10 et qui, avant de mourir, lui dit : « J’aurai l’air d’être mort et ce ne sera pas vrai… tu comprends. C’est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps là. C’est trop lourd. Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n’est pas triste les vieilles écorces… »
Ces cinq lignes, on les retrouve dans « Le Petit Prince ». Les choses prennent alors une dimension hallucinante.
Il avait un caractère fort ?
Oui et il a toujours eu une certaine réalité de la vie. Cela vient peut-être du fait que, très jeune, au lieu de lui lire les contes de Perrault ou de Grimm, qui font peur et rêver mais finissent toujours bien et ne remettent jamais en question l’ordre social, sa mère lui lisait les contes d’Andersen qui sont souvent très tristes et finissent rarement bien… Comme souvent dans la réalité.
Pensez-vous vraiment que ça vienne de là ?
En partie je pense mais lorsqu’on perd son père alors qu’on a quatre ans, lorsque son petit frère meurt alors qu’on a 14 ans, ça forge un caractère et ça vous fait réfléchir à la réalité de la vie qui n’est pas un conte de fée. Et c’est ce qu’on retrouve dans son œuvre et je pense que « Le Petit Prince » a été écrit pour réveiller la vigilance
C’est aussi une œuvre pleine d’enseignements ?
Oui car je crois très fort que notre vie ne commence à prendre de sens que lorsque nous la trouvons par les autres, à corps perdu, à cœur perdu… »

Propos recueillis par Jacques Brachet

© 2008 Evasion Mag