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SANARY – THEATRE GALLI
OSCAR SISTO CREE UNE PIECE VAROISE AVEC DES VAROIS !

On se souvient de la fougue, de la faconde, des emportements et des traits d’humour de ce professeur de théâtre hors pair de feue « La Star Academy », j’ai nommé Oscar Sisto himself !
Si cette émission lui a apporté la célébrité, il n’en n’est pas moins un grand comédien, venu de sa pampa argentine, installé à Paris et continuant son métier d’acteur, de chanteur tout en donnant des cours dans l’école qu’il a ouverte.
Stupéfaction : le voici à Sanary, au Théâtre Galli… Pour jouer ? non. Pour chanter ? Que nenni !
Tout simplement pour mettre en scène une pièce de théâtre signée d’un Varois : Xavier Bielawski et uniquement jouée par des comédiens varois. Et c’est une création !
C’est donc samedi dernier qu’on a pu découvrir ce « spectacle tout public, incontournable, alliant le rire, l’émotion, le rêve, l’imaginaire et un soupçon de réflexion » dixit le metteur en scène qui signe également quelques chansons et la musique de la pièce.

Rencontre avec ce beau monde

D’un côté des comédiens heureux et hilares. De l’autre un Sisto en verve (quand ne l’est-il pas ?!!!) et un auteur rêveur et peu parlant… Il faut dire que pour en placer une avec l’Oscar, faut se lever tôt !
C’est pourtant Xavier qui raconte la genèse de cet événement :
« Tous les ans, j’organise des stages et des séminaires dans la région varoise. J’y invite les compagnies alentour et quelques personnalités. Oscar Sisto a accepté mon invitation et, au cours des jours, je lui ai parlé de cette pièce « J’habite dans le placard ». Il a voulu la lire et très vite, l’ayant aimée, il s’est senti prêt à tenter l’aventure avec nous. Ce qui est une chance extrême car avoir Oscar avec nous a ouvert quelques portes…
- N’exagérons rien – réplique avec (fausse) modestie, notre ami Oscar – mais si je l’ai fait c’est parce que cette pièce a réellement été pour moi un gros coup de cœur. Je l’ai tout de suite adorée car c’est un genre à part, sorte de comédie policière à la Agatha Christie, avec énormément d’humour, des répliques qui font mouche, avec au départ un trio classique : le mari –la femme - l’amant mais avec un style très anglo-saxon. J’y ai ajouté une musique, qui soutient l’action comme dans un film et quelques chansons. C’est pour cela que je dis que c’est une comédie « presque » musicale !
Et c’est ainsi que nous vous offrons une création mondiale !
Pourquoi Sanary ?
Et pour quoi pas ? Il y a du soleil, on y mange bien, les gens sont chaleureux… Je plaisante bien sûr mais quelle magnifique aubaine, pour eux comme pour moi, de créer une pièce dans un lieu aussi formidable ! Je tiens donc à remercier le maire de Sanary qui nous a offert cette possibilité ainsi qu’Edouard Leperlier, directeur du théâtre, qui nous donne ce coup de pouce et tous les techniciens qui sont tout simplement formidables ! »
Xavier est un tout jeune auteur de 35 ans qui est baigné depuis longtemps dans le théâtre :
« J’au déjà écrit une pièce qui m’a été commandée par le gouverneur militaire de la Région Sud et que avons jouée au Château St Victor à Marseille. C’était déjà une histoire de fantômes et plutôt une écriture collective…
- Là aussi – le coupe Sisto – car chacun a eu son mot à dire quand aux répliques qu’ils avaient à dire. Je pense qu’il est important qu’un acteur soit bien dans son rôle, dans sa situation et dans les mots qu’il dit et il est normal… qu’il ait son mot à dire !
Alors Oscar, pourquoi ne pas la créer à Paris ?
Oui… pourquoi ???
Mais, mon cher ami, la monter à Paris implique avoir beaucoup d’argent. Louer un théâtre pour présenter une nouvelle pièce d’un auteur inconnu avec des comédiens peu connus, c’est aller au casse-pipe. Alors que, si nous la créons ici, que le public vient et que… vous, la presse, vous nous faites des papiers dithyrambiques, on pourra alors la proposer à des théâtres parisiens mais aussi dans les théâtres de province pour la faire tourner !
- Xavier, comment avez-vous eu l’idée de cette pièce ?
-Tout d’abord le titre est venu tout naturellement grâce à l’histoire. Quant à l’histoire, l’idée de base est… le dénouement de la pièce ! J’ai fait les choses à l’envers en trouvant la fin de la pièce et en remontant peu à peu à la genèse de l’histoire ! »
Les comédiens, Antonina Sciortino, Pascal Carbon dit « le P’tit Pascal », Léon Marti, Jean-Philippe Azéma et Marie-Christine Robert, sont tous varois et heureux de participer à cette création qui, de l’avis de tous, est une belle aventure artistique et humaine. Il s’y amusent tous beaucoup et éprouvent un réel bonheur de se retrouver tous en scène car, durant trois mois, ils ont eu le temps de former une petite famille.
« Ce n’est pas – reprend Oscar Sisto – une comédie « pouët pouët », c’est beaucoup plus que ça puisque c’est à la fois une comédie policière où l’on rit beaucoup mais où on réfléchit aussi, avec de très jolis moments de tendresse. Ce n’est pas drôle à vomir, c’est une pièce qui tient la route et qui, je crois, est assez originale pour être à la fois intelligente et populaire et nous espérons très fort qu’il y aura une suite à cette représentation… Nous attendons la millième !!! ».
Il faut dire que pour l’événement, si le théâtre et la ville ont été partie prenante, la Région a également suivi et nombre de décideurs, adjoints à la culture, directeurs de salles avaient été invités et aujourd’hui bien sûr le but du jeu est que ce beau rêve devienne réalité et se poursuive dans l’avenir…. »

LA PIECE

Que vous en dire car elle est difficilement racontable tant de coups de théâtre et d’événements invraisemblables se suivent à une vitesse grand V, tant les vrais personnages se mêlent tellement aux fantômes qu’on finit par ne plus savoir qui est qui, tant l’histoire est embrouillée qu’il ne faut pas quitter le fil une seule minutes !
C’est plein d’énergie, de quiproquos, c’est à la fois drôle et débridé, iconoclaste et plein de surprises, c’est joué à un rythme d’enfer par des comédiens superbes, la troupe étant tout à fait homogène, avec quand même un grand coup de chapeau à P’tit Pascal qui joue le fantôme errant dans son château et vivant dans son placard depuis 300 ans ; la performance est extraordinaire et il prend ce rôle à bras le corps avec une jubilation sans borne. Il nous fait penser au Bossu de Jean Marais en beaucoup plus haut en couleur et avec une extrême drôlerie.
Le décor est somptueux et d’une grande inventivité, quant aux lumières, on a rarement vu pareil raffinement dans une pièce de théâtre.
On rit beaucoup, on passe plus de deux heures de fous-rires continue dans cette histoire folle, de crimes, de fantômes, de secrets, de renversements de situations, de surprises et de musique aussi car, tout comme au cinéma, de temps en temps vient en contrepoint une chanson très drôle signée du metteur en scène lui-même, j’ai nommé Oscar Sisto, qui peut être fier de son auteur, de sa troupe… et de son travail !
Cette pièce mérite de vivre longtemps !

Jacques Brachet

© 2008 Evasion Mag