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DEUX STARS AU ZENITH DE TOULON : SARDOU & ZAZIE

L’une suivant l’autre, deux artistes français se sont produit au Zénith : Michel Sardou et Zazie.
Un homme, une femme, deux styles, deux générations, un public de 5000 sexagénaires pour le premier, un public de 2000 trente-quarantenaires pour la seconde qui n’ont en commun que l’admiration qu’ils portent à leur artiste et cela s’entend, même chez les plus vieux qui, sagement assis, ont répondu à leur chanteur.
Aucun point commun entre les deux sinon la qualité d’une bonne chanson française et… un son pourri dont on ne sait s’il vient de leur « hénaurme » sono ou du Zénith lui-même.
Chez Sardou on joue dans la pompe et le luxe : Des rideaux somptueux, un escalier somptueux, des lumières somptueuses, une orchestration somptueuse (malgré le peu de musiciens sur scène), pléthore de choristes et voix somptueuse… mais néanmoins incompréhensible tant la sono est forte et les choristes donnant de la voix et surtout, Monsieur Sardou, désolé de vous le dire mais vous avez chanté faux à plusieurs reprises !
La voix est toujours là même si, par moments, elle hésite à monter mais elle est couverte par trop de musique. Certaines chansons mériteraient un peu de simplicité.
Concert de deux heures en trois parties : la première, des succès qui ne sont plus à faire, de belles, très belles chansons. La deuxième, c’est le repos du guerrier : durant une demi-heure le chanteur repose sa voix en faisant chanter carrément le public sur tous les tubes qui ont fait leur preuves. Lui, il se contente de lancer la chanson a capella et il fait travailler ses 5000 choristes qui se régalent, avouons-le. Nous, moins car on est venu écouter un chanteur  et c’est un peu longuet. Enfin, la troisième partie est une série de nouvelles chansons qu’il chante à la suite l’une de l’autre dans un renfort d’orchestration, sans transition et comme il n’y en a pas vraiment une qui se détache et qu’on n’en entend pas les paroles, on commence à s’ennuyer. D’autant que le vétéran, dans une économie de gestes, reste statique ou se promène de long en large à petits pas comptés.
Bref, tout ça est un peu poussif. Sardou nous avait habitués à mieux. A plus de rythme, à plus de puissance, à plus de chaleur car, en dehors de son long pot-pourri, il se contente d’aligner des chansons.
Le moment attendu et néanmoins toujours émouvant : la reprise de la chanson de son père « Aujourd’hui peut-être » et la voix de sa mère, toujours irrésistible, qui se termine par deux notes d’un « My way » qu’on aurait aimé en entier.
Est-ce lui ou est-ce nous qui prenons de l’âge ? Les deux mon colonel !

Public plus clairsemé pour Zazie. Mais elle avait en concurrence un match de rugby important à la télé où la France était concernée, et ça, et ça ne pardonne pas à Toulon ! Mais public plus jeune, plus dynamique, même s’il y avait du mécontentement dans l’aire. La cause : une salle partagée en trois : les fans, debout devant la scène, les places numérotées, bien au milieu, et les places non numérotées bien sur les côtés. Le problème, dû tout simplement à une différence de prix, je suppose, a fait que nombre de places numérotées sont restées vides, quant aux non numérotées… il n’y en avait pas assez. (A noter que la presse était sur des non numérotées !)
Donc colère de certains qui ne trouvaient pas à s’asseoir. Il a fallu attendre que le spectacle commence pour que les sièges cachés par des draps noirs soient libérés et ce fut la ruée générale sur ces places et… celles numérotées restées libres ! N’importe quoi !
Du coup, le jeune chanteur de la première partie chanta devant une salle mouvante et bruyante qui mit du temps à s’installer… Bravo l’organisation !
Enfin, lorsque parut Zazie, le calme était revenu… Enfin, presque parce que là, ce fut du délire et elle reçut une acclamation des grands jours. La qualité a submergé la quantité.
Fidèle à elle-même, Zazie, tour à tout mutine ou grave, sait doser son tour de belles chansons, de beaux textes que sa voix suave susurre à merveille. Elle a un sacré punch, le contact avec e public est immédiat et chaleureux. Elle leur parle, les fait chanter juste ce qu’il faut et on voit qu’elle fait corps avec un orchestre qui dégage. Le seul problème : des sons quelquefois surpuissants, distordus, discordants, poussés à l’extrême, à la limite du supportable par moments, qui empêchent de se concentrer sur la chanson. De l’entendre, tout simplement.
Malgré ça, elle une pêche, un tonus de gamine heureuse d’être sur scène et de retrouver un public solide et fidèle.

Le Zénith a bien démarré la saison.
JB

© 2005 Evasion Mag