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STEPHANE ROUSSEAU : BEAU & COMIQUE A LA FOIS !

Avant, pour faire rire, il fallait être moche ou grimacer et tordre tout ce qu’on pouvait de son visage pour le paraître. Voyez Bourvil, Fernand Raynaud, de Funès et bien d’autres… Ce qui n’enlevait en rien leurs talents d’artistes.
Aujourd’hui être beau et comique à la fois, c’est possible. La preuve : Stéphane Rousseau !
Il a tout pour lui : l’humour, le physique, le charme et… ce bel accent qui nous vient de chez nos cousins québécois. De plus , il fait rire avec classe, avec grâce, sans une once de vulgarité… ce qui devient rare aujourd’hui chez nos comiques.Il est déjà passé deux fois en tournée dans notre région. Jamais deux sans trois : il sera au Théâtre Galli de Sanary le mercredi 19 mai à 20h45 avec son nouveau spectacle : « Les confessions de Rousseau ».
Rencontre avec l’artiste

Stéphane, en quoi ce spectacle sera-t-il différent du précédent ?
En tout ! C’est un spectacle tout à fait nouveau, il ne reste rien du spectacle précédent. Le seul point commun est que… je reste centré sur mon nombril !
Avant j’étais chez le psy, cette fois, je me confesse !
C’est-à-dire ?
Je parle de moi, de ma vie, de ma famille, je vais beaucoup plus en profondeur, c’est beaucoup moins superficiel. Je sors les squelettes du placard !
Je parle de bons et de mauvais souvenirs, de mes joies, de mes drames… de la mort de mon père… Mais ça reste un spectacle très drôle.
En quoi la mort de son père peut-elle être drôle ?
Ce n’est pas sa mort en soi qui est drôle mais tout ce qui a pu se passer autour, la réaction de certaines personnes et puis, vous savez, ces fous-rires inextinguibles qui vous arrivent dans les pires situations, que vous ne pouvez retenir. Ce n’est pas « malaisant » du tout, c’est un monologue où je mets de l’humour, où je parle de tas de gens et c’est aussi un hommage à mon père.
C’est un peu le sujet du film de Denis Arcand « Les invasions barbares » (photo 2) dans lequel vous jouiez ?
C’est tout à fait vrai ! Et c’est un peu ce film qui me l’a inspiré, d’autant que mon père est mort pendant le tournage de ce film et que je vivais derrière la caméra ce que je vivais dans ma vie. Ca a été un moment très difficile et si je peux en parler aujourd’hui c’est que j’ai assez de recul pour le faire.

Vous parlez également de votre femme Maud, de votre fils, Axel…
Oui car il nous est arrivé quelque chose de formidable : notre fils est né le jour de Noël avec deux mois et demi d’avance. Il se trouve que j’ai été charpentier… vous voyez où je vais en venir ?!! Mais ça a été un épisode important, à la fois heureux et angoissant dans notre vie et je voulais en parler.
Passons à un autre sujet : vous avez tendance à vous mettre très facilement à poil… D’où vient cette manie ?
(Il rit) De mon père ! J’ai passé douze ans de ma vie avec lui dans un camp de nudistes, été comme hiver… On faisait du ski de fond à poil ! Nous n’avons jamais eu de complexes ni de tabous à ce sujet. D’où cette facilité que j’ai à me « dépoiler ». Et puis… il doit y avoir en moi un petit côté exhibitionniste !
Ca vous arrive d’ailleurs souvent avec votre complice Franck Dubosc… Comment l’avez-vous connu ?
En France grâce à Gilbert Ozon, qui a créé le festival « Juste pour rire ». Il nous a fait nous rencontrer malgré nous pour un « mariage forcé » et ça a fonctionné ! Il s’est dit qu’avec nos deux personnalités il y avait quelque chose à faire… Et ça s’est fait. Aujourd’hui nous sommes de grands amis.
Avez-vous évoqué l’idée de faire un show, un spectacle avec lui ?
Mieux : nous avons très envie de faire un film ensemble ! Nous avons déjà réalisé quelques courts métrages et nous aimerions aller plus loin.
Qui ferait quoi ?
Oh, on n’en est pas là, il faut déjà avoir le temps de passer au moins deux mois ensemble pour écrire le scénario. Nous aimerions que le sujet tourne autour de nos deux visions différentes, de nos différences culturelles… Nous avons une belle complicité, nous sommes très complémentaires et nous aimerions tenter cette expérience… Ce serait bête de ne pas utiliser ça au cinéma !
Et puis, passer deux mois ensemble avec nos familles, à la Réunion par exemple, ça ne serait pas mal !

Le cinéma, justement… Il fait peu appel à vous !
Il faut dire que je suis très souvent sur scène et en tournée. Là encore, difficile de trouver un créneau pour tourner un film. Et puis, j’attends un projet vraiment alléchant, je ne veux pas faire n’importe quoi. Mais vous me retrouverez sur les écrans dès le 16 juin dans le film de Michaël Youn « Fatal ». J’y interprète le rôle d’un chanteur électro-pop nommé Chris Prolls … comme les biscottes ! (Photo 6)
La chanson ? Pas envie de jouer une comédie musicale ?
J’ai déjà joué dans « Chicago » qu’on a pu voir à Paris. J’ai beaucoup aimé ça mais c’est un énorme travail, il faut être disponible, il faut une sacrée discipline, c’est difficile. Mais je ne dis pas non à un projet qui me tenterait.
Et un disque ?
Je vais vous faire un aveu : chanter, ça n’a jamais été un rêve d’enfant. Enfant, je faisais déjà rire tout le monde et c’est ce que j’avais envie de faire. Je suis vraiment un humoriste à la base, c’est là que je prends mon pied !
Justement, lorsqu’on dit que vous êtes un comique plutôt qu’un comédien, est-ce que ça vous ennuie ?
Mais non ! Etre un clown, un comique, ce n’est pas péjoratif pour moi. Il y a différents calibres de comiques, bien sûr mais je pense que faire rire est le plus beau métier du monde. Vous rendez-vous compte du pouvoir que vous avez lorsque vous faites rire une salle entière ? Quelle magnifique thérapeutique pour tous !!!
Alors j’en profite. Je pense qu’en faisant rire, je fais du bien aux gens !
Aujourd’hui, être beau… et comique à la fois, c’est possible ?
La preuve !!!
Je plaisante. D’abord c’est vrai que jusqu’ici faire rire en étant beau, ça n’était pas très bien vu… Et puis quoi encore ? Mais, sans penser à moi, je trouve qu’il y a de plus en plus de comiques qui ont de belles gueules : Dubosc, Elmaleh, pour ne citer qu’eux. Je crois qu’on a un atout en plus à jouer : la séduction avec l’autodérision.
Malgré cela, je ne pense pas être si beau que ça… Mais j’en profite !!! »

Propos recueillis par Jacques Brachet

© 2008 Evasion Mag