MAÏDI ROTH... LA MUSIQUE POUR PARTAGE
Suivez-moi bien : Elle est née en France. A Strasbourg exactement mais a grandi au Danemark parlant danois. Elle revient en France, d’abord à Paris puis à nouveau l’Alsace. Entre temps elle réapprend sa langue natale… pour mieux aller chanter en Chine et au Mexique…et faire halte à Marseille.
Oui, raconté comme ça c’est succinct et un peu embrouillé. Alors on recommence…
Maïdi ROTH naît en Alsace. Mais pour raisons de travail ses parents doivent aller s’installer au Danemark. Et là, pour des raisons imprécises, ses parents se mettront à parler danois et donc, Maïdi suit.
Retour en France vers 8 ans et là bien sûr, problème de langue. Elle est jeune, douée mais, bon, faut s’adapter et apprendre. Enfant solitaire elle se réfugie dans le sport et dans les bouquins. Dans la musique aussi, où eller a été baignée très tôt puisque sa mère était professeur de musique.
Elle parlera très vite français et repart vers l’Alsace où elle passera un deug de lettre mais entrera aussi au conservatoire avec une formation classique à la clef. Adorant le sport elle s’intéresse vite et très fort aux chevaux. Elle en aura jusqu’à trois et deviendra dans la foulée professeur d’équitation…. Tout, je vous dis, elle réussit tout mais la musique va bientôt prendre le pas sur toutes ces passions diverses et, en réaction avec l’académisme du conservatoire, elle va se tourner vers le rock. Elle se met à composer des musiques dès l’âge de 12/13 ans mais là encore il lui manque des mots pour écrire. Elle s’essaiera au piano, à la guitare, au violon et bien sûr, même si elle apprend en traînant les pieds, elle saura se servir de ces trois instruments.
Elle est douée je vous dis..
Et belle en plus et je vous en parle en connaissance de cause puisque je viens de la rencontrer dans les studios de France 3 Méditerranée où elle venait présenter son troisième album – déjà ! – et nous parler de cette série marseillaise devenue nationale et mythique : « Plus belle la vie ». Explications dans un beau sourire et un regard bleu comme notre ciel de Provence :

« Je suis compositeur et j’adore écrire les B.O de films. Soit j’écris la musique, soit je fais ce que l’on appelle les scores, c’est-à-dire des musiques ponctuant des scènes. J’ai travaillé sur « Taxi », « La vie de Michel Muller…, « Wasabi », « On fait comme on a dit » et le court-métrage de Guillaume Canet « Je t’aim »….Parallèlement je fais des disques et je joue la comédie. C’est ainsi que j’ai tourné en 97 « Héroïne » de Gérard Krawzcyk avec Virginie Ledoyen. Puis je suis appelée pour superviser et scorer la musique de « Plus belle la vie ». Le producteur ayant vu « Héroïne » m’a alors demandé si j’étais intéressée pour jouer dans la série. J’ai accepté à deux conditions : d’abord que je disparaisse vite et surtout que je ne meure pas !
Pourquoi disparaître vite ?
Parce que c’est une expérience, ça me plait mais je ne peux pas m’installer à Marseille pour des mois car j’ai cet album à promouvoir et ma tournée à préparer. Alors j’ai suis entrée en « guest » pour deux mois et quelque 45 épisodes… J’y joue le rôle… d’une chanteuse qui vient enregistrer un disque à Marseille… Un vrai rôle de composition !
Malgré ce troisième disque, on vous a peu vue en concert alors que vous en faites avec succès… en Chine et au Mexique… Y a-t-il une explication ?
Oui bien sûr – me dit-elle en riant – Je suis allée faire une tournée chanson française en remplacement de Voulzy et ça a super bien marché pour moi. Quant au Mexique, suite à l’énorme succès du film « Héroïnes », je suis allée là bas trois fois. Trois tournées qui ont également très bien marché.
Mais ça y est, la France va me voir : Je pars en tournée à la rentrée avec un spectacle où je mêlerai musique et comédie… Il y aura du son et de l’image. Je ferai un show case le 12 juillet à la Fnac d’Aix-en-Provence. Et bien sûr, il y aura obligatoirement Marseille dans la tournée !
On a l’impression que vous avez constitué une famille autour de vous…
Je ne peux vivre qu’ainsi. J’ai ma famille disque et ma famille spectacle. Deux familles qui se rejoignent, composées entre autres de Frank Pilant, avec qui j’écris beaucoup de chansons et qui est réalisateur de mes trois albums. Il a été musicien d’Aston Vila et a travaillé avec Hubert-Félix Thiéphaine qui est devenu « la pièce rapporté » et qui m’offre une chanson dans chacun de mes albums. J’en suis très fière car il n’écrit pas beaucoup pour d’autres ! Jean Fauque, parolier de Bashung, fait aussi partie de la famille et puis, à chaque disque viennent s’ajouter des gens… La famille s’agrandit. D’autant que je ne peux travailler qu’avec des gens que j’admire et que je n’ai pas peur de taper à leur porte !
« Un peu plus que moi » est donc votre troisième album. Comment le définiriez-vous ?
Je ne le définirais pas car pour moi la Musique avec un grand M m’attire. Toutes les musiques m’attirent et m’influencent. J’ai une formation classique et jazz et pour moi la musique est synonyme de partage. Partager c’est écouter, c’est s’influencer…Et puis j’associe énormément la musique à l’image. Donc tout dépend des images que je vois ou dont je me souviens… »
En tout cas ce disque est une très jolie réussite avec des sons originaux, un peu rock, un peu jazzy… un peu Zazie aussi dont on croit sentir l’influence. Il s’y glisse une belle intimité et beaucoup de poésie dans les textes qu’elle chante avec cette voix très particulière qui fait son originalité.
C’est une co-production V2-France 3 qui mise sur cette jolie artiste et qu’on devrait entendre de plus en plus. C’est tout le bonheur qu’on lui souhaite.
Et… rendez-vous à Marseille pour le concert !
JB |