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SYLVIE VARTAN « Toutes peines confondues » (Sony Music-RCA)
C’est Sylvie Vartan qui ouvre la marche de cette saison en sortant un nouveau disque, suivi aussitôt d’une tournée en toute intimité*.
Belle pochette « à l’ancienne », comme au bon vieux temps du vynile où l’on sortait lea galette noire de sa pochette, avec en prime, une photo très belle et très kitch (of course) puisque signée de Pierre et Gilles !
Disons-le tout de suite, ce disque est remarquable même s’il est chargé de tristesse et de nostalgie… Est-ce voulu ? Est-ce ce que voient, à travers elle, ce joli palmarès d’auteurs et compositeurs qui ont œuvré pour elle ?
Tous se sont donné le mot pour lui faire chanter le temps qui passe, les ruptures, les absences avec quelquefois un côté désabusé… On avait quitté une Vartan flamboyante avec les sixties, on retrouve une Sylvie pleine de mélancolie. Une mélancolie qui va d’ailleurs très bien avec ses racines slaves, à travers ces chansons aux orchestrations efficaces et discrètes qui mettent sa voix en valeur.
Démarrage tout de même avec humour grâce à Carla Bruni qui lui offre « Je chante le blues » qui n’est pas sans rappeler « 2’35 de bonheur » sur une orchestration très années 50.
Très sympathique ouverture.
Après, nous irons de ruptures en désillusions, de tristesse en « mélancolie », titre d’ailleurs d’une chanson de Didier Barbelivien. Très efficace, très inspiré, n’en déplaise aux esprits chagrins, toujours très talentueux, il lui offre aussi cette belle évocation « Signé Sagan » où l’on y retrouve des ambiances très particulières de cette époque. Il signe aussi « Ce que je suis », qui va comme un gant à l’artiste. Très émouvante est « L’amour avec des sentiments » qui raconte l’histoire d’une fille de joie dont les paroles sont d’Eric Chemouny et la musique de… Sylvie Vartan qui nous présente là un joli don de mélodiste, tout comme « Une lettre d’amour » signée aussi des deux complices.
Marc Lavoine lui fait cadeau, avec Alain Lanty de « Il me semble », très beau moment, « L’une part, l’autre reste » que Frédéric Botton et Nathalie Rheims avaient écrite pour Charlotte Gainsboug, est une belle mélodie semi-classique avec une belle envolée pianistique dans laquelle est sertie la voix de l’artiste. Très belle chanson aussi, écrite par trois grands artistes : Michel Jourdan, Jannick Top, Serge Perhatoner, qui donne le titre à l’album « Toutes peines confondues ». « A laisser ou à prendre », signée Brice Homs et Alain lanty, est encore une rupture sur un rythme plus léger.
Enfin, estocade finale, la reprise d’un tandem magique, Lama-Dona : « la chanteuse a vingt ans ». Lama l’avait sublimée, Vartan la réinvente avec une émotion qui vous donne la chair de poule. Grandiose final de ce disque qui pourrait être aussi celui de son concert, tellement symbolique du métier de chanteuse.
Bref, de la belle ouvrage qui nous donne une immense envie de retrouver Sylvie en concert.
*Théâtre Galli, Sanary, vendredi 23 octobre.
MAURANE « Ou l’espérance en l’homme » (Polydor)
La mode est aux albums-concepts avec reprises de succès ou hommages. C’est quelque chose qui plait d’ailleurs beaucoup à Pascal Nègre, président d’Universal. Et voici que Maurane s’y colle en rendant hommage à Nougaro. Est-ce une idée à elle ou une commande du patron ? Peut-être le saurons-nous en rencontrant Maurane qui passe au Théâtre Jules Verne de Bandol le 27 février.
On peut quand même être un peu surpris de ce choix – même si c’est un artiste qu’elle aime, qu’elle a côtoyé – car Croisille a fait la même chose voici quelque temps avec le très réussi « Nougaro, le jazz et moi ».
Bon, même si nous aurions préféré des chansons inédites dune de nos plus belles voix francophone, nous voilà avec ce Nougaro plus variété que le Croisille qui était plus jazzy, avec un grand orchestre où elle donne la part belle aux cuivres et aux violons, comme ces orchestres des années 40/50 ou ces musiques de comédies musicales américaines. Elle a quand même employé quatre beaux arrangeurs que sont David Lewis, Dominique Cravic, Fred Pallem et Louis Winsberg. Il faut dire que les orchestrations sont fort originales, quelquefois très inattendues et que la voix de Maurane s’y pose avec un certain bonheur. Quelques incontournables comme « Amstrong », « Le jazz et la java », « « Tu verras », « Bidonville », quelques autres moins connues comme ces très drôles chansons que « le coq et la pendule » ou « gratte-moi la tête » ou « L’espérance en l’homme » qui donne le titre à l’album et qu’elle aurait dû chanter en duo avec lui.
C’est du joli travail, c’est incontestable, même si ces albums-concept, souvenirs, hommages, clin d'oeil, duos commencent à être pléthore.
Je lui ferai un seul reproche : reprendre « Toulouse », qui colle tellement à Nougaro, que l’on ne peut oublier sa voix. Elle est presque intouchable et puis, c’est une chanson de mec !
Mais bon, ne gâchons pas notre plaisir de retrouver notre belle Maurane et attendons de voir ce qu’elle en fait sur scène avec son spectacle « Ô Nougaro » !
Jacques Brachet